Chapitre 13 - Voie
Le voyage jusqu'à la région de Firone fût décidé mais avant de s'en aller, Link comme Asarim avaient des préparatifs à faire. Selon le ménestrel, la région était balayée régulièrement par des pluies diluviennes et des orages pouvaient aussi s'avérer contraignants. De ce fait, ne souhaitant pas finir grillé bêtement ou que son compagnon soit exposé à ces intempéries, il fût question de préparer des remèdes.
Comme leur séjour au village s'allongea, cela permit à Amali de discuter avec Link. Si au début Asarim redoutait qu'elle soit désobligeante et méchante, sa femme s'avéra agréable et gentille. Elle enseigna à Link différents remèdes qui pourraient l'aider dans son aventure, lui apprit les vertus de certaines plantes locales et quelques recettes pour des repas d'appoint quand il serait loin d'un fourneau. C'était… plus que flatteur de voir la femme et l'amant, les deux autour d'une poêle, discutant de cuisine.
Mais en dehors de ça, Amali n'autorisait toujours pas son mari à rentrer à la maison et refusait de lui parler. De ce fait, il ignorait totalement de ce dont elle discutait avec Link quand il n'avait pas le droit d'être avec eux, s'occupant alors de ses filles plus que ravies d'avoir un père et un grand copain avec qui jouer. Ce fût le coup de grâce dans la volonté d'Asarim quand il trouva un beau matin Link endormi avec ses filles autour de lui. Cela donna un tableau adorable mais cela lui prouva que le combat n'était pas l'unique chose dont ce garçon avait besoin.
- C'est un gentil garçon, murmura Amali dans son dos.
- Oui, très, répondit Asarim avec tendresse. Je n'ai jamais souhaité que son bien-être… mais je l'ai vu combattre tant de fois, revenir blessé sans se soucier de sa propre sécurité… Je m'y suis attaché.
- Lui aussi. Il s'est excusé d'être… tombé amoureux de toi. Il m'a dit ça, à moi. Le tout en me préparant un saumon énorme pour moi et les petites. Il veut ton bonheur plus que le sien. Il est prêt à renoncer à tout juste pour que je te pardonne. Je l'ai grondé, bien sûr. Et il m'a promis que jusqu'à ce que tu rentres définitivement au village, il veillerait sur toi. Que rien ne t'arriverait. J'ai… accepté sa promesse.
- Amali…
Asarim soupira faiblement et passa ses doigts sur son visage avant de se tourner vers son épouse. Elle était incroyable. C'était une femme… unique en ce monde. Un cœur d'or, une générosité sans pareille et tellement d'amour à offrir. Sans doute qu'il ne méritait pas sa compréhension et sa compassion. Mais il se sentit extrêmement fier de l'avoir à ses côtés. Elle était forte, elle était caractérielle, elle était une mère à toute épreuve. Et elle avait foi en Link.
- Je ne suis pas une guerrière, idiot. Juste une maman qui fait tout pour élever ses petites pendant que son mari batifole. Quand il m'a promis que rien ne t'arriverait, j'étais… soulagée. Je ne peux pas te forcer à rester alors que tu as quelque chose à accomplir. Et c'est celui qui a affronté Vah Medoh. Il a ouvert le ciel à nouveau pour nous. Je sais que je peux lui faire confiance pour que tu me reviennes en entier.
- Je remercie Hylia de m'avoir accordé ton amour, Amali, répondit Asarim. Je ne mérite pas encore ton pardon mais…
- Mais va chercher ces chants oubliés. Ton maître les a composés exprès pour lui. Il n'est plus alors c'est à toi que revient la tâche de les compter pour le guider.
Elle eut un sourire à moitié agacé, à moitié amusé. Elle lui pardonnait, il le savait. Elle acceptait la présence de l'Hylien uniquement comme assurance de revoir son mari. Elle avoua que sa requête était égoïste, plus motivée par le besoin qu'autre chose. Asarim le savait et il ne lui en voulait pas. Le reste du séjour se fit avec une grande complicité et un quelque chose que le ménestrel ne sut définir avec des mots. C'était… un savant mélange de quiétude, de tendresse, d'amour et de félicité. Un état de bonheur comme il savait qu'il n'allait pas en ravoir avant un moment. Alors il décida de chérir ces instants égoïstement et de penser plus tard aux complications de cette situation.
Ils apprirent que Kaneli allait rejoindre le domaine Zora. C'était un évènement extraordinaire, une première et pas sans risques : Kaneli était le doyen du village, son régisseur. S'il venait à disparaître, les Piafs seraient sans chef. Plusieurs membres de la tribu essayèrent de l'en dissuader, indiquant que la délégation se suffisait et qu'il n'était pas nécessaire que leur chef se déplace en personne mais le vieil hibou fit semblant de ne rien entendre (forçant donc Teba à lui servir d'escorte avec un autre Piaf). Asarim s'étonna de cette nouvelle, bonne mais un peu inquiétante aussi. Il apprit alors que depuis que le village Piaf était hors de la furie des canons de Vah Medoh, ils avaient noué des liens avec le domaine Zora.
L'objectif était d'aider le village Piaf et le domaine Zora à s'en sortir. Ils vivaient tous reclus, chacun dans leur coin, par peur des voyages et des monstres mais s'appauvrissant péniblement à chaque année qui passait. Il était temps de commencer à diversifier leurs activités et essayer de relancer une machinerie depuis longtemps gelée : leur économie. Zoras comme Piafs avaient souffert de l'absence de touristes. Et les menaces consécutives avaient rendu certains commerces impossibles voire obsolètes. Perdant ainsi un peu plus de leur autonomie. La discussion alla bon train et Link écouta avec attention. Il était… heureux. Asarim le voyait dans ses yeux. Et cela gonfla sa poitrine de fierté : cela avait été un beau cafouillage… mais ils avançaient.
- Doyen, je suis d'accord sur l'idée de relancer notre économie et notre activité mais… le problème reste le même : des monstres féroces qui reviennent à la vie à chaque lune de sang et un Fléau qui n'est toujours pas scellé ! s'exaspéra Teba. A quoi bon commencer tout cela alors que nous n'avons aucune certitude en l'avenir ?
- J'entends tes explications, Teba, soupira Kaneli. Cela fait cent ans que le Fléau nous menace, cent ans que nous endurons un règne de peur et d'incertitude. Pourtant quand Vah Medoh représentait une menace, tu n'as pas hésité une seule seconde sans savoir si tu avais le pouvoir de l'arrêter. Si aucun de nous n'essayons, nous ne saurons jamais ce que nous valons. Tu as prouvé ta valeur en tant que guerrier. Je veux prouver ma valeur en tant que chef de cette tribu.
Link leva son bras et le secoua énergiquement pour capter l'attention des deux Piafs. Si Kaneli le remarqua et se tut pour lui laisser la parole, Teba ne l'avait pas remarqué, continuant de protester. L'Hylien essaya gentiment de se faire remarquer, ne pouvant pas crier pour se faire entendre. Même Harth essayait de faire taire son ami d'enfance pour laisser l'Hylien s'exprimer mais ce dernier était trop enflammé pour. Agacé, Link médita une action avant de simplement plonger ses doigts dans son carquois et de tirer une flèche de foudre. Il plaça la pointe contre l'aile du guerrier et ce dernier poussa un juron de douleur et d'indignation avant de faire volte-face, furieux (sous le rire généralisé de l'assemblée).
- Qu'est-ce qu'il te prend ?! s'emporta Teba, vexé. C'est super douloureux !
- « Le Fléau c'est mon souci ! » signa Link avec sévérité. « Je ferai ce qu'il faut pour nous en débarrasser. Faites ce qu'il faut pour que quand je reviendrai victorieux, Hyrule puisse de nouveau prospérer ! »
Silence. Personne n'osa dire ou faire quoi que ce soit. Même Teba était sans voix, fixant incrédule l'Hylien haut comme trois pommes devant lui.
- Pour abattre le Fléau, il te faudra retourner sur Vah Medoh, souligna le guerrier avec beaucoup de scepticisme. L'apaiser et en faire l'allié qu'elle était censée être. Mais… pas que : Vah Ruta aura aussi besoin d'être apaisée définitivement, les flèches électriques ne la garderont pas sous contrôle éternellement !
- « Je le ferai. »
- Tu n'as rien à y gagner ! s'énerva Teba, dépité. Ton héroïsme ne va rien t'apporter, ni gloire, n…
- « Le futur. Je me bats pour notre futur, Teba. Et le leur aussi ! » signa Link en désignant les enfants en bas. « Pour que demain ne soit pas un jour de peur. Pour que le fils de ton fils ne vive pas avec ce que tu as connu. Que la paix soit enfin de retour. »
Asarim remarqua qu'il y avait énormément de douleur dans le regard de Teba. De l'espoir. L'envie de croire que ce cauchemar allait prendre fin. Mais une peur mille fois plus grande que cela n'arrive pas, de voir à nouveau tout s'écrouler. Et n'avoir que ses yeux pour pleurer. Et c'était un avis assez partagé. Les Piafs étaient fébriles, entre l'envie de croire, l'envie d'espérer mais tout en étant résignés, coincés dans ce qu'ils sont et ce qu'ils étaient. La flamme était là, si faible qu'elle pouvait être balayée d'un simple soupir.
Le ménestrel serra ses propres plumes en poing, sentant ce poids lui incomber également : un avenir où ses filles ne connaîtraient pas l'insécurité, la peur de mourir, l'angoisse de la faim. Un royaume où il fera bon vivre et où chacune pourra être heureux sans être écrasé par cette menace qu'était le Fléau. Oh. C'était un doux rêve, une illusion. Cent ans que beaucoup s'étaient résignés à subir cette situation. Personne ne se battait pour une chimère, c'était… une perte de temps.
Mais les mains de Link se refermèrent sur les ailes de Teba et il les serra doucement. Comme pour protéger ce feu fragile qui brûlait dans le cœur du guerrier. Mais au-delà de la simple protection, il essaya de le nourrir, de l'alimenter en foi et en courage. Lui donner la force de grandir. Et d'être plus fort que jamais. Pour ne pas vaciller à la première difficulté.
- Je ne veux pas regretter ! siffla Teba.
- « Tu ne le regretteras pas. Parce que tu vas accompagner le Doyen au domaine Zora. Parce que vous allez définir des routes de voyage et vous allez commencer à travailler à un vrai avenir. Le reste, c'est mon devoir. »
C'était douloureux. De voir toute la souffrance qu'apportait cet éclat si maladroit. Les larmes de Teba n'avaient rien de faibles. Elles étaient l'expression de la reconnaissance, de l'envie, du renouveau. De l'espoir fou qu'il acceptait de porter, nourrir et choyer. Link lui accorda un sourire, l'encourageant à porter ce poids et lui promettant de mille signes qu'il l'aiderait autant que possible. Kaneli descendit de son siège et s'approcha de l'Hylien avant de passer ses ailes autour de ses épaules.
- Merci mon garçon. Merci de nous aider à aller de l'avant.
- « Vous n'êtes pas seuls ! » répondit Link. « Les Zoras ont un prince qui croit en ce futur, aidez-le à le rendre réel ! Plus loin, dans le désert, les Gerudos ont une suzeraine plus jeune que moi qui a besoin de conseils avisés pour gouverner. En échange, elle saura vous proposer des guerrières d'exception ! »
- Moi qui pensais injustement que tu batifolais simplement de lieux en lieux, pesta Teba. Je suis désolé, je t'ai très mal jugé…
- « Tu es pardonné. Asarim et moi allons poursuivre notre voyage. J'ai beaucoup à faire avant de pouvoir retrouver ce que j'ai perdu. De plus… »
Link hésita un court instant. Il regarda autour de lui, comme s'il était soudainement perdu, ouvrant et fermant ses poings à plusieurs reprises. Avant de regarder Asarim. Et de sourire tendrement :
- « … Je n'échouerai plus. »
Ce fût un hululement de joie que poussèrent les Piafs en concert, soudainement galvanisés par cette curieuse tirade pour Asarim. Enfin… lui avait-il dit cela, à lui spécifiquement ? Ou bien était-ce juste une déclaration pour motiver ses compagnons ? Quelque chose clochait alors qu'un banquet fût annoncé. Kaneli rappela qu'il partait le lendemain pour le domaine et cela parut être une raison plus que suffisante pour les Piafs de faire la fête ce soir. Les guerriers se firent chasseurs et les femmes récolteuses alors que le ménestrel regarda cette agitation avec une appréhension grandissante.
Il n'eut pas le loisir de s'y attarder, devant aider aux préparatifs de cette fête surprise. Ce fût vraiment quelque chose, les Piafs se retroussant tous les manches pour préparer ce qui serait leur banquet du renouveau. L'activité était intense et rapidement tout le village embauma d'une délicieuse odeur d'épice, de nourriture et d'alcool. Le tout voyagea dans un festival de couleurs et de bruits jusqu'au relai le plus proche. Et cela attira naturellement des curieux, qui s'étonnèrent que le si morne village des Piafs était soudainement attractif avec sa musique, ses odeurs et ses couleurs.
C'était la première fois depuis des années qu'il y eut autant de bruit. Même les mariages n'avaient pas été aussi animés et il n'y avait pas un visage qui n'avait pas un sourire. Asarim, de par ses connaissances musicales, joua de bon cœur ses airs les plus gais. Cependant à la nuit tombée, il demanda à se retirer, absolument pas habitué à devoir jouer aussi longtemps. On le laissa partir et il grimpa sur les hauteurs du village pour se reposer. Il trouva alors Link, assis sur une des plateformes, regardant le ciel. Son souffle formait des volutes de fumée blanchâtre alors que ses yeux ne quittaient pas Vah Medoh.
- Ce que tu as fait est admirable, mais je devine un trouble derrière ton silence, fit Asarim.
Link se tourna, surpris. Avant de sourire et de tapoter la place près de lui. Le ménestrel s'approcha à pas lents avant de s'assoir à ses côtés. En voyant les joues et le nez rougis de son compagnon, il ouvrit ses ailes et le ramena contre sa personne pour lui tenir chaud. L'Hylien, surpris, se hissa contre son torse pour profiter de sa chaleur et se reposer en regardant le ciel. La nuit était claire. Pas un nuage. Juste les étoiles et la lune comme compagnes. D'ici quelques heures, Kaneli et Teba quitteraient le village pour le domaine Zora. Et eux, ils s'en iraient pour Firone.
Malgré l'heure tardive, la fête ne voulait pas s'arrêter et le bruit distant des chants et des instruments résonnaient jusqu'à eux. Asarim soupira faiblement : combien de temps qu'il n'avait pas connu une telle allégresse ? Les choses allaient être très difficiles, tout le monde le savait, tout le monde en était conscient. Vivoter pendant cent ans de ce qu'il leur avait été à peine accordé, ce n'était pas une vie. Et prendre des risques pour la liberté, ce n'était pas un choix facile. Asarim frotta tendrement son bec dans les cheveux du garçon dans ses bras et ce dernier frotta son front contre son épaule.
Il le vit lever ses mains et exécuter des gestes tremblants. Le regard du Piaf musicien se teignit de souffrance alors qu'il comprit ces mots.
« J'ai peur. »
Il le berça tendrement, le rassurant de mots doux et de tendresse. Il ne pouvait rien faire de plus puisque c'était son choix que d'assumer son rôle de Héros. Il ne savait pas pourquoi il avait fait ce choix, surtout aussi tôt. Mais il pensait pouvoir comprendre son choix : tous vivaient enterrés dans la misère et la peur, restant prostrés dans le confort d'une survie acceptable. C'était autant de chaînes qu'un conditionnement. Link avait essayé de briser tout cela. De les libérer de leurs propres doutes, démons et incertitudes. Mais il portait à présent le poids de tout un peuple… ce n'était… pas chose évidente.
Ils restèrent un moment lovés l'un contre l'autre, sans qu'aucun ne daigne bouger. Jusqu'à ce qu'une personne ne les rejoigne. Asarim tourna la tête et trouva Saki, la femme de Teba. Etonné de cette présence, il allait l'interroger mais elle posa simplement un plat fumant à ses côtés et s'éloigna sans un mot. Avant qu'Asarim comprenne : comme sa femme était à présent au courant, il n'avait pas fait attention que sa situation pouvait porter à confusion. Il se frappa mentalement, essayant de trouver un moyen de se justifier si on l'interrogeait avant de se pencher sur le plateau.
C'était un poisson richement préparé. De quoi remplir un estomac vide et tenir bien chaud. Mais alors qu'il allait proposer à Link de manger un morceau avec lui, ce dernier se leva et tituba. Il tremblait sur ses jambes, comme un poussin. Avant de se tourner vers Asarim, les yeux brillant d'appréhension et de signer avec une expression entre désespoir et peur panique :
- « Je dois abattre Vah Medoh ce soir ! »
- Il en est hors de question ! s'exclama Asarim, paniqué.
- « Il le faut ! Si le Doyen apporte la nouvelle de Vah Medoh apaisé, alors… alors les Zora auront le courage d'attendre mon retour ! Sidon… Sidon aura le courage de m'attendre encore un peu… »
- Il y a une différence entre motiver un peuple et agir stupidement, tonna le Piaf avec autorité, sa voix chantante sonnant grave sous sa colère. Je ne doute pas de ta force, mon jeune ami. Mais je doute que ton esprit sache gérer quoi que tu trouves dans Medoh.
Link secoua la tête, dépité. L'ombre de la créature se dessina sur le village alors qu'elle passait sous la lune ronde et basse. Son expression se fit plus dure et sévère alors qu'il signa :
- « Si tu ne mènes pas à elle, je demanderai à Teba ! »
- Tu as dit que nous devions travailler pour notre futur à tous ! Et dans « notre futur », j'espère bien que tu t'y incluais. Ne va pas mourir. Je t'en supplie. Je veux porter la flamme de l'espoir que tu vas apporter dans tout le royaume, la rendre fort et fière, chanter ton ode pour que les gens sachent que tu es là. Que tu arrives. Mais ne me brise pas par des décisions hâtives…
Le jeune homme sursauta avant de secouer la tête, attristé. Asarim le laissa se précipiter dans ses bras, refermant ses ailes contre lui pour le cacher dans son plumage, une douleur sans nom plantée dans sa poitrine. Il ne pouvait plus empêcher quoi que ce soit, il ne pouvait plus l'éloigner de ce qu'il allait devenir. Et c'était… un constat affreux. Il avait vécu ces quelques jours d'insouciance, loin de son devoir, loin de ce qu'il devait accomplir. Le renvoyer sur cette voie était un supplice. Parce qu'Asarim avait peur.
Peur que les vieilles blessures du passé, les plus hideuses et sinistres, ne se remettent à saigner. Que ce que le secret dont il a hérité de son maître ne soit une boîte de pandore… Link repoussa ses ailes pour attraper son bec et pressa mille petits baisers dessus, ses yeux rougis de larmes refoulées. Asarim pressa son bec en retour, ravagé à l'idée de le laisser partir. Il n'avait pas le choix. Mais c'était si tôt…
- Ecoute-moi bien mon jeune ami, déclara le Piaf en s'agenouillant et prenant ses mains dans ses plumes, les frottant doucement. Je crois en toi. Je sais que tu es capable d'accomplir de grandes choses. Tu te destines à sauver un royaume tout entier et ce n'est pas à la portée de n'importe qui… je ne peux pas combattre à ta place mais sache que mes prières t'accompagneront toujours…
- « Je dois vraiment y aller, Asarim ! »
- Je sais… je sais, mon ami… mais…
Link inspira profondément et colla son front contre le bec d'Asarim. Ce dernier plissa les yeux pour croiser ses yeux bleus et il sentit son cœur se serrer en voyant sa détermination. Il n'allait pas céder. Il allait y aller. Avec ou sans son accord.
- « S'il m'arrive qu… »
- Non, interrompit le Piaf en attrapant sa main. Si tu vas apaiser Vah Medoh, tu reviendras. Les Zoras attendent ton retour pour Vah Ruta. Les Gerudos ont besoin d'aide pour Vah Naboris…
Asarim le relâcha et ouvrit ses ailes avant de présenter son dos. Link l'observa silencieusement. Avant de grimper dessus et les deux s'envolèrent silencieusement. Le ménestrel chercha un moyen d'approcher la créature divine sans attirer l'attention, n'hésitant pas à voler dans l'ombre de la créature, quand elle couvrait la lune. Link passa sa main sur son cou, flattant ses plumes avant de déployer sa paravoile et d'être arraché de son dos. Asarim se retourna, le cœur serré d'inquiétude alors qu'il le vit se poser sur la bête divine. Il le suivit du regard, volant en cercle autour de l'entrée. Jusqu'à ce qu'il disparaisse dans ses entrailles.
Débuta alors une course contre la montre : le soleil se levait dans cinq heures et la délégation quitterait le village à sept heures. C'était trop peu de temps mais Asarim ne pouvait que prier pour qu'il lui revienne en entier…
Bête Divine en approche x) Un chapitre où j'ai pris plaisir à envisager la reconstruction d'Hyrule avant d'avoir libéré notre princesse nationale. Joueuse de FF14, j'ai déjà vu des cités réduites à l'état de ruines et qu'on peut reconstruire petit à petit. Et ces changements se voient progressivement. C'est quelque chose que j'aurais trouvé amusant à faire dans BotW (surtout qu'à un moment on a tellement de trucs dans notre inventaire dont on ne sert pas/plus). Ca va pas être en mode "POUF" une Hyrule toute neuve mais ça aurait été sympa (et aussi parce que je passe trop de temps dans chaque ruine, en me demandant comment aurait été la vie avec des gens tout partout). Chaque peuple a sa crise, sa position géographique, ses spécificités, ses problèmes... mais je suis sûre qu'ils peuvent tous s'unir et faire de grandes choses !
Link endosse soudainement son rôle de Héros mais exprime de la peur. Je pense à tous ces Linksona qui existent, tous ces joueurs qui ont éprouvés de l'inquiétude ou de l'angoisse devant une épreuve, un ennemi ou un mini boss. Mon Linksona est un poil barbare : j'ai fais des épreuves de forces extrêmes avec quatre coeurs parce que je voulais prouver que j'étais forte. Mais il a morflé à cause de moi. Et à chaque fois qu'il douillait, je réalisais qu'il était toujours seul. Sans personne pour l'attendre quelque part. Juste Zelda... j'ai trouvé ça un peu triste ^^' pour lui comme pour elle !
