Un chapitre spécial Bête Divine. Et celle-ci est la première que j'ai faite. Yup, l'ordre logique du jeu et ma conception de la courbe de difficulté... Je voulais remercier les personnes qui m'ont laissée un petit commentaire, c'est très gentil de votre part. Je suis contente de voir que vous appréciez mon travail au point de me laisser un petit mot. Ca m'encourage terriblement et ça motive pour la suite o/ En tout cas bonne lecture :3


Chapitre 14 - Infecté

Si Revali était tombé au combat, c'était par faiblesse. Pas qu'il ne sut pas se défendre de cette ombre qui avait pénétré le cœur de Vah Medoh, le surprenant dans son pilotage et l'empêchant de faire feu sur Ganon. Mais parce qu'il avait échoué à lui résister, à lui empêcher l'accès à son cœur. Et quand l'ombre l'avait trouvé, elle avait infecté son lien avec la créature divine. Le Prodige Piaf n'avait pas su le combattre. C'était une épreuve de volonté. Et il avait lamentablement échoué. Il avait progressivement perdu la main sur Vah Medoh jusqu'à ce qu'il ne soit juste plus en mesure de la contrôler du tout. Avant de réaliser qu'il était prisonnier à l'intérieur. Captif de cette ombre qui l'empoisonna jusqu'à sa mort.

Il était actuellement englué dans cette corruption qui l'avait fait captif il y a de cela cent ans. Incapable d'en sortir, ni de bouger. Depuis que Medoh s'était réveillée, son âme agonisait péniblement. Car l'ombre enfonçait les racines de son mal profondément en lui, s'assurant qu'il n'essaye pas de s'enfuir ou de prendre le dessus sur lui. Même mort, cette chose avait encore le pouvoir de lui nuire et de torturer son âme profondément meurtrie. Alors… quand il sentit une présence familière, Revali tressaillit faiblement. Son enveloppe corporelle était morte depuis longtemps. Il ne ressentait plus rien physiquement. Seule son âme captait cette intrusion.

- … Link ? murmura l'âme meurtrie.

Revali porta son attention dans la présence qui se déplaçait dans Medoh. Il n'avait plus d'yeux pour voir le monde comme avant mais il percevait sans aucun souci la lumière qui irradiait de la personne qui pourfendait les démons dans Medoh. Et chaque créature qu'il terrassait provoquait une douleur atroce dans tout ce qu'il restait de lui. Autant il souffrait le martyr, autant l'ombre perdait de son influence sur Medoh. Si… si Link arrivait à reprendre le contrôle sur la créature alors… alors il pouvait endurer cette agonie. Son âme n'y survivrait probablement pas, il avait été… totalement contaminé par cette erreur de la nature. Il n'était plus sauvable. Il avait failli à son devoir, il… ne pouvait que guider le Héros à finir le travail.

- J'ai connu des escargots plus rapides que ça, railla le Piaf dans un trait d'humour hasardeux, pour cacher sa détresse et son immense souffrance.

Il ne voyait pas son visage, ni ses expressions. Mais il savait qu'il était là, qu'il suivait ses instructions. Une nouvelle part de Medoh fût libérée et Revali se sentit défaillir : l'ombre agonisait. Lui avec. S'il l'emportait avec lui, il serait satisfait. Il n'avait déjà presque plus la force de parler à cet idiot de Link. Mais s'il se taisait d'un coup, il risquait de se douter du problème et s'il refusait d'achever ce qu'il avait commencé, le Piaf aurait enduré cette peine pour rien ! Alors il le taquina, aussi légèrement qu'il put, le provoqua ou souligna finalement qu'il était impressionné par ses efforts. Le poussant à continuer. Il ne devait pas s'arrêter. Il devait… l'achever. Lui comme l'ombre !

Revali fût presque ébloui quand il activa le quatrième terminal : il n'avait jamais pu voir l'éclat de son âme de son vivant, parce qu'il était aveuglé par un tas de choses. Mais alors qu'il admirait cette lumière, l'ombre se rétracta sournoisement au fond de lui, le faisant sursauter de douleur : non ! Non, non, non ! Elle ne devait pas se cacher ! Si cette ombre de malheur restait dans le terminal, Link… Link serait en danger. Revali voulut l'avertir, le prévenir de la menace qui le guettait. Mais l'ombre n'était pas idiote : elle vivait avec lui depuis cent ans. Elle savait comment le faire taire et plier. Et Revali ne put rien faire. Absolument rien. Encore une fois.

Link se rendit au cinquième terminal. Le cœur de Medoh. Là où Revali avait perdu la vie. Enfermé dedans, fusionné à cette ombre de malheur, coincé pendant cent années avec ses regrets, ses remords. Nourrissant ces choses de sa haine et de son dégoût. Il le regarda s'approcher, la tablette Sheikah à sa taille. Incapable de l'avertir. Link détacha la tablette de sa taille. Et tendit le bras pour la poser sur le socle. Revali ne put retenir son hurlement d'agonie quand l'ombre se déploya tout autour du terminal, capturant le bras du Héros dans sa corruption. Dans un élan désespéré de ne pas tout gâcher, Revali essaya de la retenir, l'empêchant d'avaler Link en entier. Il ne le voyait toujours pas, juste sa lueur vive : il n'avait pas été infecté ! Mais il devait agir et vite !

- Tue-la ! ordonna Revali. Cette chose… contrôle Vah Medoh ! Tant qu'elle existe je ne peux pas… prendre le dessus !

Revali ne put rien dire de plus, l'ombre l'avalant plus profondément dans ses entrailles jusqu'à ce qu'il ne soit plus en mesure de voir ou d'entendre quoi que ce soit de l'extérieur. Il se débattit furieusement, essayant de se sortir de là. Mais la douleur prit le dessus et il hurla de désespoir. Cela faisant cent ans qu'il endurait ce venin puissant. Cent ans qu'il avait succombé à ses propres ténèbres, incapable d'y faire face. Parce qu'il était faible. Stupidement faible…

A l'extérieur, Link avait fait face à la créature avec horreur et panique. Il avait détalé en vitesse quand l'ombre avait quitté le terminal, prenant une forme obscure pour le combattre. Elle était remplie de rage, de colère et de haine. Elle était la fureur incarnée des vents infernaux qui balayaient Vah Medoh ! Il esquiva maladroitement ses attaques, se protégeant avec son bouclier contre ses assauts sans savoir quoi faire ! Il… Il ne pouvait PAS la frapper ! Pas avec l'âme de Revali à l'intérieur ! Comment savoir s'il ne risquait pas de le blesser… ? Il encaissa difficilement une bourrasque qui finit par l'envoyer voler et il s'écrasa quelques mètres plus loin, à bout de souffle. Il essuya sa fureur avant qu'il ne voie, dans le corps difforme de l'entité, une flamme verdâtre. L'âme de Revali !

Sans réfléchir, l'Hylien avait cherché un courant ascendant avant de déployer sa paravoile. Puis s'était laissé tomber sur l'ombre de Ganon, hurlant de douleur quand son corps corrompu nécrosa à ce contact. Il planta son épée pour se faire une prise solide mais remarqua que cette dernière rouilla rapidement à ce contact : il n'allait pas tenir longtemps. Il avait visé l'œil de la créature, la faisant hurler de rage avant qu'elle ne se torde douleur et de colère, cherchant à le chasser. Mais elle se vida de ses forces, la douleur la gardant au sol. Link lâcha son arme et sans réfléchir une seule seconde, il gratta la surface presque liquide du monstre, cherchant à extraire l'âme de son compagnon !

Revali ou ce qu'il en restait, parut reprendre ses esprits.

- LINK ! hurla l'âme désespérée de Revali. ARRÊTE ! LA PRINCESSE T'ATTEND ! NE CREVE PAS EN VOULANT… EN VO… Y A RIEN A SAUVER !

La corruption était en train d'affecter tout son corps, le brûlant affreusement, ébréchant sa santé mais également sa volonté. Juste sous ses doigts, il sentait l'âme de Revali pulser vivement. Il sentit la volonté de ce dernier. Il sentait qu'il voulait qu'il vive. Il consumerait ce qu'il lui restait d'énergie pour le chasser de là s'il le fallait. Et mourir définitivement, sans pouvoir accomplir sa tâche. Ce que Link n'acceptait pas !

- Plus… je dois… m'entraîner plus…

Le Héros fronça les sourcils. Entre le vacarme du vent, les râles de l'ombre et les supplications de Revali, il avait cru entendre quelque chose sous lui. Il enfonça ses doigts dans la chair putride de la créature, lui arrachant un sifflement de colère.

Avant de voir, dans ses entrailles mouvantes, un fragment de lumière. Il passa ses doigts nécrosés et tremblants dessus. Et le regarda avec surprise. C'était… Revali. Jeune. Très jeune. Plus que quand il l'avait connu. Il s'entrainait. A voler. Ce n'était pas son vol gracieux et puissant. C'était très hasardeux, maladroit. Il manquait de confiance. Et cela se vit rapidement quand il fût dégagé brutalement par une bourrasque, le faisant s'écraser lourdement au sol. La lumière disparut immédiatement et Link battit des cils. Qu'est-ce que… c'était ?

- Ne regarde pas…

Link leva les yeux vers l'âme de Revali. Il était totalement englué dans ce miasme poisseux et il semblait sur le point de se briser. S'il… ne le sortait pas de là, il allait… il allait être détruit. Pas libéré. Juste… laissé dans un état au-delà de tout sauvetage. Link serra les dents et recommença à gratter la corruption, cherchant à sortir l'âme du Piaf de cet enfer. Il était malade de peur comme il ne l'avait jamais été dans sa vie (ou aux souvenirs qu'il avait de sa vie passé et actuelle). S'il avait tué cette chose… sans réfléchir, alors… il aurait tué Revali. Et cela l'horrifia que le Piaf n'ait pas cherché à l'en dissuader !

Une nouvelle écaille de lumière surgit des méandres bourbeux et le prodige Hylien s'épuisa à essayer de l'extraire de là. Il ignorait totalement ce que c'était mais si cela pouvait sauver Revali… !

- Tu sais que le don du Prodige Piaf n'est pas inné comme celui de dame Mipha ou dame Urbosa. Ce n'est même pas un héritage ou un talent hérité comme sir Daruk.

Link battit des cils. C'était… les gardes royaux. Peu de temps après leur intronisation en tant qu'Héritier. Revali avait entendu cette discussion. Cette rumeur. Ces gens qui parlaient de lui comme s'il n'avait aucun mérite. Et soudainement il fût pris d'une nausée violente, soudaine. Il se détourna, pour ne pas régurgiter sur l'âme de son camarade. C'était… un dégoût violent. Profond. Sinistre. Une colère froide, silencieuse. Presque douloureuse. C'était comme si un pieu de trahison s'était logé dans son cœur et le brûlait lentement, consumant quelque chose dans son être. L'Hylien sentit ses forces décroître mais également sa volonté alors que la douleur l'envahissait.

- Arrête ! hurla autant l'ombre que l'âme de Revali. Ne touche pas… ne touche pas à mes souvenirs !

Ses souvenirs ? Link regarda la lumière s'éteindre et devenir une partie de l'ombre. Avant de voir que cela semblait fragiliser l'âme de Revali. Comme si ces souvenirs étaient… c'était l'énergie de cette chose. Elle se nourrissait de la rancœur de Revali. De tout ce qu'il avait porté de mauvais en lui de son vivant, torturant ce qu'il restait de son âme pour qu'il soit réduit à ce qu'il était actuellement. Link se mit à respirer plus fort et plus vite, la colère, la frustration, la panique et le remord commençant à occuper son cœur et son esprit. Revali avait agonisé dans cette solitude impitoyable et la plus grande indifférence. Et il souffrait de cette fusion avec cette chose depuis cent ans… ?!

Il ne savait pas comment communiquer avec lui ! Est-ce que Revali connaissait le langage des signes ?! Est-ce qu'il était en état de signer déjà ?! Link ferma un œil et réalisa qu'il s'enfonçait dans le corps du monstre au fur et à mesure qu'il touchait ces souvenirs : cette chose essayait de rentrer en lui, de drainer ses émotions pour s'en nourrir et de renforcer. Il inspira profondément et ferma hermétiquement son cœur alors qu'il arracha avec plus d'acharnement son corps. Chaque part de lui qui était touchée, était brûlée, souillée et corrompue. Mais il s'en fichait ! Ce n'était rien du tout par rapport à cent ans de torture !

Un autre éclat brilla soudainement et l'âme de Revali hurla de détresse, renforçant le pouvoir de la corruption autour d'elle. Mais aussi de Link qui s'empressa d'attraper ce souvenir : il ne devait pas laisser cette ombre les dévorer !

- Stupide Hylien ! Comment ose-t-il… Et pourquoi j'ai été assez stupide pour m'entraîner à parler avec mes mains ! Il est arrogant ! Parce qu'il a sa vieille épée rouillée, il peut prendre les gens de haut ? Il ne peut pas voler, il ne peut rien faire sans l'aide de personne ! Pourquoi… !

Pourquoi le Revali de ce souvenir avait l'air aussi furieux… ? Et désespéré ? Pourquoi il le détestait à ce point !? Ses souvenirs… à lui, ceux qu'il avait de ce Piaf fier et orgueilleux… il ne l'avait jamais vu autant… souffrir. La lumière disparut et Link sut qu'il était en train d'extraire tout ce que Revali avait donné à cette chose. Le processus était pénible car la créature souffrait et…

- ARRÊTE ! ARRÊTE ! JE T'EN SUPPLIE ! TU VAS ME BRISER ! JE NE VEUX PAS ME SOUVENIR ! JE NE VEUX PAS ME RAPPELER DE TOUT CA ! ACHEVE-MOI ! DETRUIS LA AVEC MOI !

Link inspira profondément pour ne pas se laisser déborder par les sentiments de Revali. Il devait… le sauver de l'intérieur. Le sortir de ce qui avait noirci son cœur et l'avait conduit à sa perte. L'Hylien se mordit furieusement la lèvre alors qu'il plongea ses mains dans la corruption, l'éloignant des fragments de lumière qui brillaient encore dans l'âme torturée de Revali. Il devait tous les prendre. Pour que l'ombre n'ait plus aucun pouvoir sur lui. Et quand enfin, ils seraient séparés, l'âme de Revali sauvée… alors il tuerait cette chose. Avec toute la justice qui se devait d'être faite. Il avait prendre tous les remords de son ami.

Sa souffrance était une épreuve de volonté, il ne devait pas s'arrêter, jusqu'à ce qu'il ait pleinement extrait sa lumière de ses propres ténèbres. Tant pis s'il était corrompu, contaminé par sa douleur et sa peine. Link put voir, entendre et ressentir tout ce que le Piaf n'avait jamais exprimé. Ses incertitudes, sur son don, ses capacités, ses craintes, de voir que ses efforts pouvaient être balayés par un rien, ses peurs, de ne pas être à la hauteur. Son envie de nouer des liens, de s'attacher à des personnes. De ne pas être uniquement admiré. Sa jalousie envers lui, sa frustration de n'être que son suivant, une simple aide.

Les larmes coulèrent des joues de Link en voyant le Piaf s'entraîner au langage des signes Hylien, s'appliquant avec sérieux à mémoriser des gestes simples, pour saluer ou remercier. De leur rencontre, pas spécialement au meilleur moment, où Link avait refusé de répondre à ses provocations. Persuadant Revali qu'il était arrogant, imbu de son statut de chevalier servant et grand Héros de leur époque. Sa frustration de le voir sourire avec la princesse, de sympathiser avec Daruk ou Urbosa alors que leur propre relation n'évoluait pas.

Alors qu'ils… étaient profondément identiques. Deux enfants talentueux, s'étant entraîné sans relâche et fournissant des efforts monstrueux pour être à la hauteur des attentes que les gens avaient posées sur eux sous le prétexte qu'ils étaient « des génies ».

Dans un ultime hurlement, Link tira sur ce qu'il avait enfin attrapé. L'ombre poussa un gémissement d'agonie alors que Revali fût arraché de ses entrailles. L'Hylien relâcha l'âme du Piaf, un sourire victorieux aux lèvres. Mais à peine pu-t-il sortir le Piaf de là, qu'il attrapa son épée déjà hors d'usage et acheva avec un cri de rage, l'ombre. L'achevant définitivement. A bout de forces, sérieusement meurtri, Link s'écroula sur l'aile de Medoh alors que l'âme de Revali se posa près de lui. Quand il tendit ses plumes, elles ne purent le toucher physiquement. Mais l'Hylien eut la sensation qu'il était là, près de lui. Furieux. Mais sauf.

L'autre le dévisagea avec surprise, étonnement et fureur. Le Héros était dans un triste état : ses mains, ses bras, ses jambes étaient totalement noircies à cause de la corruption de l'âme de Revali. Ce dernier savait que c'était de sa faute et la lueur qui émanait de lui prit une teinte lugubre. Link paniqua et leva sa main. Ah. Signer avec ces doigts dans cet état, c'était douloureux mais il se força tant bien que mal.

- « Je n'ai aucun regret, Revali. »

- Idiot ! Crétin ! Abruti ! Je t'ai dit qu'il n'y avait rien à sauver ! La princesse a besoin de toi, pas moi ! Si tu avais… tué cette chose quand je t'ai dit de le faire… même si mon âme mourrait… j'aurais laissé mes dernières forces pour… pour que Medoh t'assiste !

- « Tu comprends bien ! » signa Link.

- C'est pas la question, pauvre fou ! Tu es corrompu à cause de moi ! Comment veux-tu que la lame te reconnaisse comme porteur légitime maintenant ?! Et POURQUOI par Hylia elle n'est pas avec toi ?! Pour ta gouverne, une contamination comme celle-ci, ça ne s'en va pas « comme ça » ! C'est une tâche indé…

Link lui souriait. Satisfait. Parce qu'il lui parlait. Revali le comprit et écrasa son aile sur sa place, dépité de voir qu'il avait fallu cent ans et sa mort pour que leur relation d'étrangers évolue un minimum. C'était ridicule ! C'était catastrophique aussi et le Piaf avait envie d'hurler de désespoir. Il n'avait déjà plus de larmes à verser et voilà que l'autre décidait sur un coup de tête qu'il… qu'il était assez important pour être sauvé. Il s'assit en tailleur à ses côtés et pesta longuement.

- Je vais te confier mon pouvoir. C'est… tout ce que je peux faire pour toi, je n'ai pas les pouvoirs des autres et surtout pas celui de Mipha. Si jamais tu comptes sauver les autres… ne… ne t'expose pas à leurs éventuels regrets ! Tu es… le dernier espoir contre le Fléau !

- Re… va… li…

- Ne me parle pas, ta voix est dégueulasse.

L'Hylien pouffa légèrement avant de grimacer. Ses mains étaient hors d'usage. Et il redoutait de pouvoir les utiliser à nouveau un jour. Revali soupira faiblement avant de concentrer ce qu'il lui restait d'énergie jusqu'à la condenser en un orbe d'un vert pâle. Il tendit son aile et l'orbe se dissipa sur la poitrine de Link. Ce dernier respira profondément en fermant les yeux, absorbant les dernières forces de son camarade.

La rage de Revali. Son don unique. Il ressentit la force du vent caresser son visage et réchauffer son âme. Les vents qui dormaient à présent en lui était le fruit de tant de sacrifices et d'efforts… Il ne pouvait plus échouer. Il ne devait pas se tromper. Il ne savait plus pourquoi il avait échappé à la mort la première fois. Mais il refusait de gâcher la vie de son compagnon inutilement. Sa conscience glissa doucement, sans qu'il ne veuille. L'empêchant de remercier Revali pour son don.

Ce dernier, voyant qu'il ne lui répondait plus, soupira. Avec ses maigres ressources, il contrôla à Medoh de se poser au-dessus du village Piaf. Et calmement, il lui demanda de se préparer pour le combat à venir.

- C'est la dernière fois que je te protège, idiot, murmura Revali en posa son aile sur les mains blessées de Link. Quand tu te réveilleras, fais-moi le plaisir d'aller voir Mipha. Dans ton état… tu mourras avant de sauver la princesse…


Le jeu ne nous dit rien sur la mort des Prodiges. Enfin, si on sait qu'ils sont morts dans leur Bête Divine, après avoir été attaqué par une des ombres de Ganon mais... c'est super vague. Lorsque le Fléau surgit cent ans auparavant, ils sont à Lannelle pour Zelda. Les Bêtes Divines sont corrompues peu de temps après une fois que leur pilote soit dedans... ? Pourquoi pas avant ? Y a pas mal de zones d'ombre pour que chacun puisse sans doute se faire sa propre idée de ce qu'ils ont vécus et/ou traversés. J'ai choisi d'explorer ces zones d'ombre :3 ! Et je pense que l'ombre de Ganon avait besoin du pilote. Pour infecter le lien entre le pilote ET la créature. Afin d'avoir le contrôle dessus. Je pense que le lien entre pilote et machine n'est pas physique, osef de l'enveloppe physique. Ils ont besoin de leur âme uniquement. C'est ma version des faits XD !

"A New Calamity" de Faith aborde la chose différemment : le fancomic expose les corps putréfiés et corrompus des Prodiges, ce qui est tout aussi intéressant ! J'aime comment ce jeu permet autant de versions et d'adaptations libres ! Chacun y voit ce qu'il veut et l'exploite dans sa portion d'histoire ! C'est fantastique !