Chapitre 123 : Trouver sa place
Dans les jours qui suivirent, Kécile réalisa que l'animosité de Lucy ne lui était pas uniquement destinée. La fille snobait clairement les cinq nouveaux. Ryan était plus neutre, mais il n'était pas du genre très expansif non plus.
Quelques deux semaines après leur rentrée, Harry et Kécile étaient en équipe contre Ryan et Lucy durant l'une des habituelles après-midis de duel, et ces deux derniers en prenaient malheureusement pour leur grade face aux deux gryffondors qui s'amusaient comme des petits fous.
- C'est bon, vous avez fini de crâner et de vous pavaner ? Cracha soudain Lucy après que son partenaire l'ait pour la énième fois redressée.
- Quoi, c'est quoi ton problème ? Demanda Kécile non sans une certaine agressivité.
- Mon problème ? Mon problème ?! Explosa Lucy. La situation entière est un problème, figure-toi ! Mais toi évidemment, ça t'arrange, hein ?!
- Mais qu'est-ce qui te prend ? Demanda Harry avec autorité.
- Il me prend que vous débarquez frais comme des roses en dernière année, sans diplôme, sans formation et qu'en plus vous jouez les matadors et prenez un malin plaisir à nous humilier. Mais nous on a bossé pour en arriver là ! Éructa-t-elle. On n'a pas bénéficié de passe-droits, ni de putains de relation avec le ministre !
Les autres s'étaient interrompus au son de la dispute qui avait éclaté.
- Tu es complètement folle, s'exclama Ron. Tu crois qu'ils l'ont obtenu comment ce niveau-là, en copiant des lignes, peut-être ?
- Laisse-la dire, Ron, soupira Kécile en se détournant pour couper court à la dispute. Elle est juste jalouse.
Mais Lucy ne l'entendait pas de cette oreille et l'attrapa violemment par l'épaule pour l'obliger à lui faire face.
- Et toi ! Cracha-t-elle. Toi, tu es la pire. Quand je pense qu'ils veulent laisser quelqu'un comme toi intégrer les rangs des aurors, ça me révulse. Ton niveau, justement, tu l'a obtenu comment ? En t'entraînant sur les victimes de ton « papa » ? Dis-moi, tu as tué combien de moldus ?
- Ça suffit, coupa Harry fermement. Tu n'as pas conscience de ce que tu dis. Sinon j'ose croire que ça ne franchirait pas tes lèvres.
- Tu la défends, hein ? Mais c'est vrai que toi aussi, tu as tué après tout. Tu l'as forcément fait sur le champ de bataille. Ça t'a plu ? Tu espères peut-être avoir l'occasion de recommencer sous la protection de l'insigne, Potter ? Pour te sentir encore important ?!
Harry l'attrapa violemment par le col et la poussa rudement contre le mur, le regard dangereusement fixe.
- Tu n'es qu'une petite idiote irresponsable, siffla-t-il furieusement. Tu n'étais pas sur le champ de bataille. Tu ne parlerais pas comme ça si tu y avais été. Tu fais partie de ceux qui sont sagement restés chez eux pendant que d'autres se battaient pour leur liberté et de ce fait tu n'as absolument AUCUN droit de nous juger. On a affronté des dangers que ta petite personne égocentrique ne peut même pas imaginer. Notre puissance, on l'a acquise dans les larmes et le sang. Pour protéger ceux qu'on aime. J'ai vu ceux que j'aime tomber, les uns après les autres, années après années, sans savoir quand ça s'arrêterait, sans même savoir si je m'en sortirais. Cette puissance, on l'a acquise pour survivre. Pour mener à bien notre tâche. Pour sauver votre peau, tout en croyant qu'on ne sauverait pas la nôtre. Alors j'interdis quiconque de mettre en question nos actes durant toutes ces années et sur ce champ de bataille. Et spécialement, une pimbêche dans ton genre qui se permet de juger sans rien savoir.
Harry finit par lâcher Lucy et se détourna, le souffle court de fureur contenue, fourrageant rageusement dans ses cheveux.
Les autres le regardaient avec surprise, et Ron posa la main sur son épaule en guise de soutien.
- Bien, vous avez fini de vider votre sac ? Demanda alors Winchard qui avait assisté silencieusement à la scène. Potter, la prochaine fois que vous voudrez faire vos petites mises au point, ce sera en dehors de mes cours. Quant à vous Stansett, je vous suggère de davantage faire marcher votre cerveau que votre orgueil. Vous allez tous devoir travailler ensemble, que cela vous plaise ou non. Vous serez sans doute amené à travailler en équipe une fois que vous aurez rejoint les rangs des aurors et laissez moi vous dire que ça ne s'arrangera jamais avec quatre gryffondors d'un côté et 3 serpentards de l'autre.
- Serdaigle, marmonna Stansett.
- Et bien montrez-moi donc l'intelligence de votre maison !
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Le dimanche suivant, Harry et Blaise étaient tous deux de permanence à la Ruche. Robards leur avait expliqué leur mission qui consistait surtout en de la paperasse, des rapports à recopier à n'en plus finir, et répondre aux appels d'urgence afin d'aider à la répartition des aurors de garde.
Face à face sur un même bureau, ils grattaient tous les deux leurs parchemins, lorsque Blaise releva la tête et regarda Harry avant de dire :
- Tu sais, Ryan m'a dit que Lucy ne pensait pas ce qu'elle a dit jeudi dernier. Elle a juste du mal à accepter de voir des première année mieux réussir qu'elle.
- Je m'en fiche, dit Harry sans s'interrompre. Et puis moi je pense que si au contraire, elle le pensait.
- C'est un peu énorme, tu ne crois pas ?...
- Les gens sont capables de croire beaucoup de choses. Surtout quand ça les arrange.
Blaise soupira et retourna à sa tâche avant de s'interrompre à nouveau :
- Ça veut dire que d'autres vont avoir la même réaction.
- Très certainement, répondit platement Harry.
- C'est dingue quand même... Après tout ce que vous avez fait, on pourrait s'attendre à ce qu'ils comprennent.
Harry arrêta enfin d'écrire et ancra son regard dans celui de Blaise.
- Comment veux-tu ? Ils n'étaient pas là.
- Je ne sais pas, je n'étais pas là, moi non plus. L'AD n'était pas là pendant que vous meniez vos missions secrètes, que vous vous entraîniez à on ne sait pas trop quoi. Mais pour autant, ça ne me viendrait jamais à l'idée de te reprocher des morts ou de craindre ta puissance...
- Parce que tu étais sur le champ de bataille. Vous étiez là. Vous l'avez vu. Vous avez vu la folie et la mort avec les Mangemorts. Pas eux.
- Ça doit vraiment être insupportable des attitudes pareilles.
- Va falloir que je m'y habitue... marmonna Harry en recommençant à gratter.
Blaise resta un instant silencieux avant de dire :
- Kécile a l'air de s'en foutre royalement...
Harry s'interrompit à nouveau la mâchoire contractée.
- Kécile ne s'en fiche pas, elle l'accepte. Pire, elle pense même qu'elle mérite cette réaction.
- Ça n'a pas de sens... murmura Blaise confus.
- Pour elle, si. C'est pour ça que je supporte d'autant moins qu'on nous attaque. Moi, ça ne m'atteint pas, mais Kécile...
Harry soupira.
- Personne ne peut comprendre...
- C'est ce que dit Drago.
Harry redressa brusquement la tête.
- Comment ça ?
- Il dit que seuls ceux qui ont été auprès de Voldemort peuvent comprendre ce qu'il a vécu quand il était espion. Il n'était pas très bavard sur le sujet, pas vantard pour le coup... Mais il avait une manière de décrire Voldemort comme si le simple fait de l'approcher, c'était mettre le fil de son existence à proximité des ciseaux de la troisième Parque, lunatique et imprévisible.
Harry ne répondit pas. Mais Drago avait raison. Ça lui écorchait la bouche de le reconnaître, mais hormis Kécile, il n'y avait que Drago qui savait exactement ce que c'était que de se retrouver face à Voldemort. Drago et Rogue... Merlin !...
XXX
- Qu'est-ce que tu fais, Ron ? Demanda Harry ce soir-là à son ami qu'il trouva entouré de bouquins à noircir un rouleau de parchemin.
- Devoir de métamorphose, répondit laconiquement celui-ci sans se départir de sa concentration.
- Oh... fit Harry.
Il ne dut cependant pas parvenir à masquer sa surprise car Ron finit par lever la tête.
- Quoi ?
- Non, rien, c'est juste... surprenant. Je pensais que tu te contenterais de réviser la théorie, comme moi.
- Je ne vois pas en quoi c'est surprenant. Dois-je te rappeler que j'ai une fiancée dénommée Hermione Granger ?
- C'est elle qui va les corriger, j'imagine ?
- Tu imagines bien. Et toi, tu en es où ?
- Ça va, j'ai pas mal avancé. Défenses et Sortilèges, même la théorie, ça ne m'a jamais inquiété. Mais même en potions, je crois que j'ai pas mal avancé. Je dois juste m'entraîner à fabriquer celles que j'ai apprises.
Kécile vint s'asseoir à coté de Ron avec sa propre pile de bouquins.
- Je crois que je vais utiliser l'ancien laboratoire de Rogue pour ça.
- Tu n'y penses pas ?! S'exclama Kécile. Sans surveillance ?!
- Quoi ? Demanda Harry d'un ton revêche. Je n'ai jamais fait exploser les cachots quoi que Rogue en dise. Ni même un chaudron quand Malfoy ne venait pas mettre son grain de sel.
- Tu n'as qu'à le faire avec lui, remarqua Ron. Toi aussi, tu passes les potions, non ?
- Oui, mais j'avais plutôt prévu de demander à Severus de me faire une session intensive pendant les vacances, expliqua Kécile
- Il est hors de question que je travaille avec Rogue.
- Severus, Harry ! Severus ! Vous avez passé 6 mois ensembles sous une tente, bon sang.
- Et bien c'est Severus quand on parle de ces 6 mois, et Rogue quand on parle de potions, si tu veux bien.
Kécile leva les yeux au ciel, mais abdiqua.
XXX
Un mois après le début des cours, les sept élèves de la classe des aurors eurent un invité surprise. Robards vint assister à leur cours de duel.
- Qu'est-ce qu'il fait là ? Chuchota Ron
- On nous avait prévenu qu'en dernière année on aurait la visite du chef, répondit Ryan. Mais je ne pensais pas que ce serait aussi tôt.
- Devine à qui on doit cet honneur... siffla Lucy.
Winchard donna les instructions et ils commencèrent l'entraînement, sous le regard aigu du commandant. Les deux hommes discutaient à voix basse, et parfois, l'instructeur lançait un ordre ou une remarque à l'un d'entre eux, avant de retourner à leurs messes basses. Toutes les formules y passèrent, en individuel, en duo, à un contre plusieurs. Les jeunes gens, habitués, adaptaient leurs stratégie et faisaient de leur mieux, ignorant les menues blessures qui arrivaient immanquablement. A la fin d'un duel contre Neville et Ryan, Harry avait attrapé une vilaine coupure qui saignait abondamment à la base du cou, mais il l'ignora et parvint à faucher Ryan. Malheureusement, Neville profita de l'instant pour le stupéfixier.
- Bien joué, Londubat.
Celui-ci réanima Ryan et lui tendit une bouteille d'eau, tandis que Kécile libérait Harry du sortilège.
- Fais voir, dit-elle en écartant le col de son ami. Ta chemise est foutu, remarqua-t-elle en découvrant le sang qui avait imbibé le tissu.
- Je suis sûr que Dobby connaît quelque chose pour récupérer ça.
- Arrête de gesticuler, tu veux, dit Kécile en posant sa baguette sur la blessure. « Salveo ».
- Merci.
- Potter ! Gaunt ! Lança la voix de leur instructeur. Je vous veux l'un contre l'autre.
Les deux jeunes tournèrent dans un accord parfait la tête vers Winchard. Il ne leur avait encore jamais demandé de s'affronter mutuellement seuls à seuls.
- Bien, monsieur, répondit néanmoins Harry en se relevant, attrapant la main que Kécile lui tendait.
Ils se positionnèrent face à face et Kécile eut un sourire réjoui. Derrière eux, Ron et Neville prenaient les paris.
- Comme au bon vieux temps, murmura Kécile.
Les minutes qui suivirent furent chaotiques. Ils ne perdirent pas de temps à se tester, se connaissant par cœur et se sachant de forces égales. Ils se jetèrent l'un sur l'autre dans une pluie de sortilèges et de maléfices, mais de toute évidence ils s'amusaient.
- Je n'ai encore jamais réussi à les voir vraiment à fond, soupira Winchard. Pas qu'ils ne se fassent pas faucher eux-aussi. Mais je n'arrive jamais à savoir ce que ces deux-là ont vraiment dans le ventre, jusqu'où il peuvent aller quand ils se poussent à bout.
- Tu sais, ces deux là ont affronté directement Voldemort. Et ce sont eux qui en sont sortis vivants. Tu vois ce que je veux dire... A mon avis, le jour où on les verra vraiment à fond, ce sera sur le terrain. Sauf si tu arrives à les mettre vraiment en rogne. D'après Shaklebolt, il faut deux ou trois aurors pour venir à bout de Gaunt quand elle explose. J'imagine que Potter doit être du même acabit...
Celui-ci venait justement de mettre à terre Kécile qui haletait furieusement, mais surtout parce qu'elle riait encore à moitié, victime d'un bête rictumsempra de son adversaire. Harry s'avança vers elle, avec un sourire victorieux et attrapa sa baguette, mais au même moment, il sentit ses jambes se dérober sous lui, victimes du maléfice de jambencoton. Il s'effondra peu élégamment sur Kécile dont le rire redoubla.
- Petite vicieuse ! Depuis quand tu sais faire ça sans baguette ?! S'indigna-t-il.
- Qu'est-ce que tu veux Harry, s'exclama Kécile. A toi les informulés, à moi la magie sans baguette ! Bouge de là, tu m'écrases !
Ils échangèrent un sourire de connivence et Harry se sentit heureux de voir la mine épanouie de Kécile. Cette vue lui réjouissait le cœur.
Les paroles de Ludivine lui revinrent en mémoire. « Rends la heureuse. Si tu le peux. » Il ne savait pas s'il le pouvait. Mais en cet instant, il n'avait aucun doute. Il le voulait.
XXX
Le soir même,lorsqu'ils rentrèrent tous les trois au square, ils commencèrent par foncer sous la douche.
- Je vais dîner chez Maman et Papa, ce soir, annonça Ron. Vous voulez venir ?
- Merci, j'ai du travail, répondit Kécile. Je dois rendre ce dossier pour demain au bureau, dit-elle en sortant une pile de parchemins d'un tiroir et je ne l'ai toujours pas fini. C'est d'un ennui ces perquisitions, soupira-t-elle.
- Harry ?
- Non, c'est gentil, mais je vais rester à travailler aussi pour mes examens, déclina-t-il.
- Comme tu veux, fit Ron en haussant les épaules. Tu veux que j'emporte ta chemise ? Maman pourra sans doute te la récupérer.
- Surtout pas ! S'exclama Harry. Je ne voudrais pas me mettre à dos Dobby !
Les deux autres éclatèrent de rire et Ron leur souhaita bonne nuit avant de prendre la cheminée.
Harry sortit ses livres, mais ne fut pas très productif ce soir-là. Son regard glissait constamment sur Kécile.
La certitude s'était imposée avec lui. Mais il n'avait jamais été très doué avec les filles... c'était un euphémisme. Avec Cho, ça avait été un désastre. Avec Ginny, c'était cette dernière qui avait pris les devants. Il ne fallait pas compter sur Kécile pour en faire autant. Elle était tellement différente.
Il observait son profil penché sur les parchemins les sourcils à peine contractés. Elle avait la peau diaphane. Il pouvait apercevoir le long de son cou le tracé délicat des veines bleues sous la peau translucide. Ses cheveux lisses attachés en un chignon lâche n'en paraissaient que plus noirs. Ses dents trituraient constamment ses lèvres minces quand elle réfléchissait.
Il eut brusquement envie de se lever pour aller embrasser la nuque penchée sur la table et ainsi offerte.
Harry ferma les yeux, et s'admonesta. Ce n'était pas lui, ça. Et il savait que ce n'était définitivement pas une bonne manière d'agir avec Kécile. Elle aurait été si prompte à croire qu'il se moquait d'elle. Non, décidément pas une bonne idée, se morigéna-t-il avant de respirer profondément, et de s'obliger à retourner son attention sur le texte insipide qu'il avait sous les yeux.
Durant les jours qui suivirent, il guetta la moindre opportunité de parler à Kécile, mais il ne trouvait jamais le moment adéquate. Plus les jours passaient et plus la colère contre lui-même montait. Bon sang, il avait affronté des dragons, des hordes de mangemorts, Voldemort, sa propre mort, et il se trouvait incapable de prendre son courage à deux mains et d'aller dire à Kécile qu'il l'aimait.
Il se promit que le dimanche qui arrivait au plus tard, il emmenait Kécile dîner quelque part et se jetait à l'eau. C'était vu et revu comme manière de faire, mais après tout pour une fois, on ne pourrait pas lui reprocher de ne rien faire comme tout le monde.
XXX
Entre temps eurent lieu les élections qui devaient départager Kinglsey Shacklebolt de Felslee. L'ex-auror l'emporta avec une marge que ses partisans auraient espéré voir plus importante. Le lendemain, le nouveau ministre fraîchement confirmé passa dans tous les services pour remercier les uns, encourager les autres, et faire passer la pilule aux derniers.
C'était samedi, et les sept aspirants aurors étaient à la Ruche lorsque Kingsley vint serrer les pinces. Il salua chaque élève, en leur rappelant combien la Société comptait sur eux.
- Félicitations, Kingsley, dit sincèrement Harry. C'est rassurant de savoir que ça va être vous notre patron.
- Oui, quand on pense que l'autre imbécile a failli passer... Les gens n'apprennent donc jamais ! Il ne valait pas beaucoup mieux que Fudge, approuva Ron.
- Honnêtement, je ne sais pas si je serai restée avec quelqu'un comme ça à la tête du ministère. Je n'aurais peut-être pas pu d'ailleurs... encore un qui se serait empressé de me juger sans avoir été sur le champ de bataille.
- Tu n'as plus à t'inquiéter, Kécile, dit Kinglsey en posant une main rassurante sur son épaule. Amelia et moi avons fait effacer votre casier judiciaire à tous les deux, dit-il en regardant Harry. La bêtise et la folie paranoïaque de Fudge n'apparaîtra plus.
- Alors ça, c'est une bonne nouvelle, s'exclama Harry visiblement ravi.
Kécile eut un pincement au cœur en songeant qu'effacer sur le parchemin son séjour à Azkaban ne le ferait pas disparaître de sa mémoire pour autant. Mais elle reconnut le geste du nouveau Ministre à sa juste valeur. Kingsley, qui avait participé à la tirer de cet Enfer effaçait les traces de cet emprisonnement aux yeux de la société à défaut de sa propre mémoire.
- Merci Kingsley, dit-elle avec toute la sincérité dont elle était capable.
Lorsque le Ministre fut parti, Lucy lança d'un ton acerbe à haute et intelligible voix.
- Et bien au moins on est fixé...
- De quoi tu parles ? Demanda Blaise.
- C'est évident, non ? Particulièrement pour ces deux là... Non, mais sérieusement, vous appelez même le Ministre par son petit nom... Si on avait un doute après ça...
- Lucy, arrête, demanda Ryan.
- Ce n'est un secret pour personne que Kinglsey a fait parti pendant des années de l'Ordre du Phénix, dit Savage.
- On a été les instructeurs des élèves résistants à Poudlard, ajouta Williamson. Kingsley en faisait partie.
- On le connaît depuis des années, insista Ron. C'est normal qu'on l'appelle par son prénom. C'est presqu'un ami.
- Je vois, dit Lucy sèchement. Et c'est dans les habitudes du nouveau Ministre d'accorder des passe-droits à tout va ? Il faut s'attendre à ce que tous ses amis voient leur casier judiciaire effacé ?
- En tout cas, il y a des choses qui ne s'effacent pas, intervint un auror resté silencieux jusqu'à présent.
- Ça veut dire quoi, ça ? Demanda abruptement Harry en fixant l'homme l'œil étincelant de colère.
L'auror désigna du menton Kécile qui était restée obstinément silencieuse.
- Ce n'est pas parce que ça n'apparaît plus sur son fichier que les gens oublieront qu'elle est la fille du Lord noir et ce qu'elle a fait.
- Ce qu'elle a fait ?! Éructa Harry. Comment pouvez-vous savoir ce qu'elle a fait ?!
- J'étais sur le champ de bataille, dit-il en plantant un regard implacable dans les yeux de la jeune fille. J'ai vu sa manière de combattre, de vaincre l'ennemi, de le tuer. Ces sorts de morts qu'elle utilisait...
- Les impardonnables sont autorisés en pleine guerre, défendit Neville.
- Oui. Mais ce n'est pas une débutante que j'ai vu. Ce n'était pas sa première fois.
Kécile finit par détourner le regard sans un mot.
- Peu importe ce qui a été effacé, conclut l'auror. Ça restera dans son sang.
