Chapitre 125 : Noël sans la guerre
Les vacances de Noël arrivèrent et Ron, Harry et Kécile partirent tous chercher Hermione sur le quai du Poudlard Express. Ils s'embrassèrent longuement, heureux de retrouver leur amie dont ils n'avaient jamais été séparés si longtemps, et ils saluèrent plusieurs anciens de l'AD avec chaleur, comme Luna, Astoria et Ginny, que Harry avait invité avec d'autres à venir passer le réveillon au square Grimmaurd. Ginny les informa que Molly comptait fermement sur leur présence le soir-même au Terrier. Puis, alors que la dernière des Weasley transplanait, ils décidèrent d'un commun accord de se rendre dans le Londres moldu pour déjeuner tous ensemble et fêter leurs retrouvailles.
Avec Hermione, il était évident que le sujet allait rouler très vite sur les ASPICs, mais Ron lui demanda gentiment mais fermement d'attendre au moins qu'ils soient rentrés.
- Je ne doute pas que tu vas corriger nos derniers devoirs, et établir un nouveau programme de révisions, mais s'il-te-plaît, essaie de profiter du mot vacances, au moins quelques heures ! Dit-il avant de l'embrasser dans le cou.
Hermione céda et la conversation se tourna vers des sujets plus légers.
Ils s'installèrent dans un pub près de Picadilly et commandèrent une volée de fish and chips, lorsqu'ils découvrirent avec effarements que Kécile n'en avait jamais mangé. Alors que les garçons parlaient Quidditch, Hermione se pencha par-dessus la table et murmura à Kécile :
- Au fait... félicitations !
- Kécile eut un petit sourire gêné.
- Depuis le temps que tu attendais ça...
- Je ne l'attendais pas.
- J'avais bien compris. C'est encore mieux non ?
- Et bien, disons que l'expression « Vivre un rêve » que je trouvais particulièrement stupide et puérile prend tout son sens, avoua Kécile en souriant.
L'estomac repu, ils descendirent le boulevard de Picadilly jusqu'à Green Park pour aller s'étendre sur les pelouses désertées par le froid. Harry et Ron s'affalèrent au beau milieu pour profiter des derniers rayons de soleil tandis qu'Hermione et Kécile préférèrent marcher le long de l'étang à observer les pélicans. Kécile demanda alors :
- Tu crois vraiment qu'on va pouvoir avoir une vie normale, maintenant ?
- Ron et moi, j'imagine... on peut l'espérer en tout cas. Toi... tu es avec Harry Potter, ne l'oublie pas ! Depuis quand quoi que ce soit est normal dans sa vie ?...
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Le soir-même, les quatre jeunes se rendirent au Terrier. Kécile n'était pas certaine d'être comptée dans l'invitation, mais Ron argua que Molly n'envisageait certainement pas qu'elle passe la soirée seule au square alors que les trois autres étaient partis.
Ils prirent donc tous la cheminée, et Kécile, vigoureusement embrassée par Molly put constater que Ron n'avait sans doute pas eu tort.
George était là, dans un coin. Plus complètement apathique, mais définitivement trop discret. Bill et Fleur dont le ventre s'était arrondi étaient également présents, ainsi que Percy qui discutait avec son père. Depuis la fin de la guerre, ses relations s'étaient nettement améliorées avec ses frères aînés même si interagir avec George restait compliqué et que Ron se contentait d'une amabilité de façade par égard pour ses parents.
C'était la première fois que Kécile revenait dans le foyer des Weasley depuis la disparition d'un des jumeaux. La dynamique en avait vraiment changé, c'était palpable même pour elle. Fred avait laissé un énorme vide et l'animation dont elle se souvenait était amoindrie par son absence. Moins qu'elle ne l'aurait imaginé, cependant.
Car Ginny et Ron semblaient se faire un point d'honneur à combler ce vide, par leur verve et leurs plaisanteries. C'était comme si l'esprit de Fred s'était réincarné en eux dès qu'ils avaient passé le seuil du Terrier, car Kécile ne leur connaissait pas ce comportement particulièrement pour Ron qui vivait au square. Ils enchaînaient pitreries, blagues et jeux de mots plus ou moins réussi et tout le monde les suivaient dans leur animation, comme pour ne pas laisser le temps de prononcer le nom qui était dans tous les esprits.
Au cours du repas, Molly faisait des plans pour les vacances, visiblement ravie de pouvoir passer un vrai Noël loin des angoisses des années précédentes.
- Ce serait vraiment bien que vous puissiez vous libérer un peu plus tôt le 24 au soir, cette année ! Disait-elle à son mari et à Percy. Après tout, ce ne serait que justice ! Vous avez tellement travaillé ces derniers mois ! Sans parler des années précédentes... Combien de fois n'êtes-vous rentré qu'à l'aurore des soirs de fêtes ?!
- Je pense que je pourrai me débrouiller cette fois. Après tout, ce n'est pas mon chef qui va me houspiller, dit Arthur en riant.
Depuis l'élection de Kingsley comme premier ministre, M. Weasley se trouvait à la tête de tout un pan du département de la justice, remanié et fusionné pour plus d'efficacité et gérait donc le personnel et les affaires de son ancien service du détournement de l'artisanat moldu, le service des usages abusifs de la magie, qui la plupart du temps concernaient des moldus, le bureau de détection et de confiscation des faux sortilèges de défense et objets de protection, et le comité d'inventions d'excuses à l'usage des moldus qui avait également été adjoint à sa responsabilité afin de fusionner toutes les affaires concernant les moldus.
- Je vais voir ce que je peux faire, dit prudemment Percy. Je suis nouveau au département, tu sais Maman... et ce n'est peut-être pas le moment de demander des passe-droits.
- Ce n'est pas un passe-droit, c'est de la décence ! Protesta Molly.
Puis elle se tourna vers Harry.
- J'ai proposé à Andromeda et à Teddy de venir également. La pauvre femme avait l'intention de passer son Noël toute seule avec le petit, tu te rends compte ?! Je lui ai dit de venir au réveillon et le jour de Noël, mais je ne crois pas qu'elle voudra... Elle est si fière ! J'espère la convaincre au moins pour le déjeuner du 25, et cela te permettra de voir un peu ton filleul.
Harry était de plus en plus embarrassé au fil de son discours, et il finit par l'interrompre :
- Euh... Molly, en fait, je ne serai pas là à Noël... Je viendrais la veille au réveillon ! s'empressa-t-il d'ajouter devant la mine de la matriarche.
- Mais pourquoi ne viendrais-tu pas aussi le lendemain ?
- Albus doit assister au repas du réveillon à Poudlard, c'est trop symbolique, expliqua Kécile. Mais à Noël, c'est Minerva qui le remplacera.
- Mais... je ne comprends pas ! Insista Molly. Depuis quand passes-tu Noël avec Dumbledore, mon chéri ? Je ne vois vraiment pas le rapport !
- Et bien... euh...
Tout le monde était silencieux, attendant une explication, à l'exception de Ron, Hermione et Kécile qui s'étaient tendus, sachant que l'annonce était à ce stade inévitable.
- Je passe Noël avec la famille de Kécile. Ma belle-famille en quelque sorte.
Molly eut un hoquet de stupeur.
- Nous sommes ensemble, finit par lâcher Harry pour éclaircir tout mal entendu.
- Toutes mes félicitations, les jeunes, lança Arthur, imité par Bill.
Les autres n'avaient pu s'empêcher de jeter un coup d'oeil à Ginny qui n'avait pas réagi. Son visage était de marbre, un peu trop impassible pour être naturel. Molly avait pincé les lèvres avec désapprobation mais n'avait plus insisté.
Harry resta un peu sur des œufs tout le reste de la soirée et poussa un soupir de soulagement lorsqu'il passa la cheminée du square Grimmaurd.
- Pfiou ! Au moins, ça, c'est fait... dit-il en s'affalant sur le canapé.
- Molly n'a pas trop mal pris la chose, commenta Hermione.
- Je ne sais pas, elle n'avait pas une mine très réjouie... grommela-t-il.
- Tu la connais, il faut lui laisser le temps de digérer, ça lui passera, intervint Ron.
- Elle s'imaginait peut-être que tu te remettrais avec Ginny ? Dit Hermione
- Je ne crois pas, rétorqua Ron. Tu sais, elle est peut-être surtout vexée que tu ne viennes pas à Noël. C'est très important pour elle d'avoir toute la famille réunie.
Harry sourit au sous-entendu, et pria intérieurement pour ne pas perdre la famille Weasley dans sa relation avec Kécile. Il savait que Dumbledore et Ludivine le considérait déjà comme de la famille, et il était reconnaissant d'être ainsi accepté. Mais ce n'était pas pareil. Etre accueilli comme il l'avait toujours été au sein du foyer Weasley était un bien inestimable et cela l'aurait déchiré d'avoir à choisir entre Kécile et eux.
Harry tourna son regard vers cette dernière qui était restée silencieuse. Elle avait pris un livre, assise sur l'autre canapé mais Harry était certain qu'elle ne lisait pas. Il vint s'asseoir près d'elle et dès qu'il l'eut attiré contre lui, elle abandonna le bouquin et vint se lover dans ses bras. Ron et Hermione se retirèrent peu après, les laissant seuls, dans un silence plein de compréhension ou leur réconfort mutuel était la meilleure arme contre leur peur du rejet.
XXX
- Non, Ron, c'est trois gouttes d'éllébore, pas 5 ! C'est un ingrédient extrêmement puissant, tu le sais tu imagines ce que ça va donner si tu mets presque le double de la dose indiquée ?
- C'est bon, c'est bon, donc 3 gouttes d'éllébores, ensuite deux tours dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, après on laisse à feu doux pendant 5 minutes...
- 7 minutes !
- Pardon 7 minutes et on ajoute les feuilles d'alycanthe en sortant le chaudron du feu. Et on laisse refroidir avant de mettre en fiole.
- Et quand on met les feuilles d'alycanthe, la potion prend quelle couleur ? Interrogea Hermione.
- Euh... vert pomme ?
- Non ! Ça c'était avant l'éllébore.
- Alors turquoise ?
- Non plus !
- Bon ben alors, j'en sais rien ! Déclara Ron.
- Orange vif.
- Mais bien sûr, Ron, orange vif ! Se moqua gentiment Harry. C'est une évolution naturelle et évidente du turquoise à l'orange vif. Et puis c'est tellement appétissant, comment as-tu pu oublier ?
- C'est ça, pais-toi bien ma tête, ça va être ton tour après ! Hermione, tu ne veux pas passer à une autre victime un peu ?
Hermione lui jeta un regard noir pour la forme, mais en réalité parfaitement indifférente à être considérée comme une tortionnaire, elle se tourna vers sa nouvelle victime et dit :
- Harry, récite-moi la potion de la goutte du Mort Vivant.
Mais Harry ne se laissa pas démonter, et s'en suivit même une discussion un peu virulente car il avait appris la recette avec les modifications du Prince de Sang-Mêlé dont il se souvenait très bien puisqu'elles lui avaient valu de briller pour la première fois devant Shlughorn.
- Arrête de l'appeler le Prince de Sang-Mêlé, Harry ! Rouspéta Hermione. C'est le professeur Rogue, personne d'autre.
- Pas pour moi. Se butait Harry. Le professeur Rogue a été un cauchemar personnel en potions, le Prince de Sang-Mêlé un allié.
- C'est complètement ridicule ! Et si tu veux voir les choses sous cet angle, je te rappelle que le professeur Rogue t'a tiré de bien des ennuis tandis que ton Prince de Sang-Mêlé n'a fait que t'en apporter !
Harry se buta alors dans un silence boudeur tandis qu'Hermione passait à l'interrogatoire Kécile.
La fin de la semaine fut studieuse pour tout le monde sous la houlette d'Hermione. Ils s'autorisèrent une après-midi à Londres pour se procurer les cadeaux de Noël et Kécile et Hermione partirent de leur côté avec Ginny qui les avaient rejointes tandis que Ron, Harry et Neville s'en allaient du leur.
Kécile fut prudente avec la cadette des Weasley dans un premier temps mais Ginny bien qu'évitant un peu son regard semblait agir assez naturellement. Néanmoins, alors qu'Hermione était plongée dans les rayonnages de Fleury et Books et que les deux filles se retrouvèrent à l'attendre en feuilletant négligemment les livres qui les entouraient, Kécile se lança :
- Ginny... je ne sais pas si je devrais t'en parler mais... pour Harry, j'espère que tu ne m'en veux pas.
Elle vit son amie se figer et se mordre les lèvres.
- Je ne t'en veux pas, dit-elle à mi-voix.
- Je veux surtout que tu saches que Harry ne t'a pas quittée pour moi.
Elle ne lui répondit pas.
- Et que je n'ai pas non plus cherché à vous séparer.
- Ça je le sais, la rassura Ginny en la regardant franchement pour la première fois.
- Mais tu n'es pas convaincue que Harry ne t'a pas quittée pour moi.
- Ce n'est pas ça... murmura Ginny.
- Mais il y a quelque chose.
- Je suppose que je n'ai pas encore tout à fait tourné la page. Dans un sens, c'est peut-être mieux pour moi que Harry se soit remis avec quelqu'un. Ça m'évitera d'espérer qu'il change d'avis. Au moins je suis sûre que c'est définitivement terminé.
Elle se tut un moment, avant de reprendre d'un ton plus énergique, comme décidé à cracher tout ce qu'elle avait sur le cœur une bonne fois pour toute :
- Non, tu vois, ce qui me gêne le plus, c'est que quand il m'a quitté, il m'a dit qu'il ne parvenait pas à laisser la guerre derrière lui. Je l'ai compris. Sauf que je ne vois pas comment il va davantage pouvoir laisser tout ça derrière lui avec toi ! Dit-elle sans parvenir à masquer une certaine rancoeur.
- Je ne devrais peut-être pas parler pour lui, mais moi en tout cas, je sais que je ne pourrais pas laisser toutes ces années derrière. J'ai plus l'impression qu'on va … panser nos plaies à deux, sans vouloir paraître trop dramatique.
- C'est sans doute ce dont tu as besoin, dit Ginny avec virulence. Mais lui ? Est-ce que tu crois que c'est ce qu'il lui faut ?
- Je ne sais pas, Ginny... Sincèrement, je ne sais pas. Tout ce qu'on peut faire, c'est faire confiance à Harry pour savoir ce dont il a besoin.
- Ils n'ont pas encore reçu l'anthologie des champignons du potionniste de O'J. Roll ! Je suis dégoûtée ! S'exclama Hermione en revenant avec les bras chargés de volumes.
- Et à qui comptais-tu offrir cet ouvrage passionnant ? Demanda Ginny les sourcils haussés.
- Au professeur Rogue. C'est une nouveauté, au moins je suis sûre qu'il ne l'aura pas et il est très attendu par le mensuel du potionniste.
- Tu vas faire un cadeau à Severus ?! S'exclama Kécile au bord du fou-rire.
- Bien sûr ! On a quand même passé des mois ensembles, on se connaît bien maintenant.
- Je ne pense pas que Ron et Harry vont voir les choses comme ça, mais bon... ricana Ginny.
- Rassure-moi, Hermione, interrogea Kécile la mine faussement inquiète, tu ne t'attends pas à recevoir un cadeau de Severus, hein ?
Elle reçut un coup des « Recettes de moldus à la mode sorcière » sur le sommet du crâne pour seule réponse.
Il était presque l'heure de rejoindre les garçons au chaudron baveur et les filles, après un tour dans le Londres moldu, reprenait la direction du chemin de Traverse.
- Je ne sais vraiment pas quoi offrir à Ludivine, soupira Kécile. Le problème c'est que je ne la connais pas ! Et moi, quand je ne connais pas les gens, je ne leur fais pas de présents ! Sauf qu'elle, elle va m'en faire un à tous les coups, poursuivit-elle en râlant, et que si je ne lui offre rien, elle va interpréter ça, et se faire bouillir le chaudron, en se disant que je lui en veux et tout le tintouin...
- Un livre ?
- Euh... tu n'as pas vu la bibliothèque du Clos... elle est plus que fournie.
- Si on en crois ses cours de divination, elle aime les pierres.
- Je ne crois pas qu'il en manque à sa collection et les pièces vraiment rares coûtent les yeux de la tête !
Ce fut en passant devant une papeterie moldu qu'elle eut l'idée de lui offrir un journal intime, en espérant qu'elle n'interpréterait pas trop ce cadeau.
Tous les jeunes se retrouvèrent et finirent la soirée chez Harry qui était toujours ravi d'accueillir ses amis chez lui, et Dobby qui était non moins ravi d'avoir un prétexte pour cuisiner des quantités gargantuesques.
- Dis-moi, Harry, lança Kécile alors que celui-ci était affairé à servir un apéritif, qu'est-ce que tu as prévu comme cadeau pour Severus ?
Une partie de l'hydromel à la framboise termina sur le tapis...
XXX
C'était le 25 au matin et après un énième transplanage, Harry et Kécile arrivèrent devant les grilles du parc du Clos-La-Rive.
La campagne tourangelle était recouverte d'une mince pellicule blanche qui laissait encore apercevoir les sillons dans les champs et les dernières feuilles mortes accrochées aux arbres.
Les arbres du parc étaient entièrement dénudés mais l'arche derrière le portail avait été décoré de guirlandes lumineuses qui paraissaient tout ce qu'il y avait de plus moldu.
Au-delà, à l'abri des regards indiscrets, le parc état transformé. Ludivine s'en était de toute évidence donné à cœur joie.
Des papillons et des oiseaux multicolores auréolaient les arbres squelettiques et d'imposantes sculptures de glace se dressaient fièrement sur la pelouse dont le givre perlé n'avait rien de naturel.
- C'est kitch, grimaça Kécile.
- C'est joli ! Rétorqua Harry.
- Je ne dis pas, mais c'est kitch quand même !
Ils n'eurent pas à frapper que Dina ouvrait déjà la porte en grand, ses oreilles s'agitant en tous sens, visiblement ravie d'organiser un Noël familial.
- Maîtresse Ludivine vous attend dans le petit salon, Maîtresse Kécile et Maître Harry...
- S'il-te-plaît, Dina, sois gentille, et oublie les « Maître » et « Maîtresse » devant chaque nom. Ça ira plus vite sans, grommela Kécile.
- Pas forcément, rit Harry. Dobby rajoute systématiquement un « monsieur » derrière, je ne suis pas sûr que ce soit un grand raccourci.
Dans le salon les attendaient Ludivine, Albus et ….
- Severus ! S'exclama Kécile dans une joyeuse surprise. Je ne m'attendais pas à ce que tu sois là.
- Je n'ai pas trop eu le choix... fit celui-ci la mine pincée. Tu connais le pouvoir de coercition d'Albus.
- Et ta mauvaise foi et ton obstination qui savent parfaitement contre-balancer, je ne m'inquiète pas trop pour toi, va... ricana Kécile.
- Potter...
- Bonjour professeur, répondit poliment Harry après avoir embrassé Ludivine et répondu à l'étreinte de Dumbledore.
- Je ne m'attendais pas à ce que tu sois là, Harry. Non que ta présence ne me fasse pas plaisir, tu le sais, bien au contraire. Mais je pensais que Molly ne céderait pas son droit à t'avoir à sa table familiale pour le repas de Noël...
- Eh bien, c'est qu'elle n'a pas trop eu le choix aujourd'hui, je ne, enfin, nous avons décidé que je devais être là cette fois-ci, déclara Harry en se tournant vers Kécile.
- Et pourquoi donc votre présence était-elle absolument indispensable ici, Potter ? Demanda Severus avec une curiosité non dissimulée.
- Mais vas-y, Harry, tu étais très bien lancé, dit Kécile en réponse à son appel au secours muet.
- Ah non ! Protesta le jeune homme d'un ton catégorique. Je m'y suis collé chez les Weasleys, alors c'est ton tour.
Leur petite dispute avait de toute évidence éveillé l'intérêt des trois autres.
- Je vois... grommela Kécile. Bon, ben, on ne va pas y aller par quatre chemins, décida-t-elle avec son tact habituel, Harry et moi sommes en couple.
Un immense sourire fendit le visage de Ludivine et Albus sembla visiblement ému par la nouvelle.
- Alors, content, Severus ? Demanda Kécile goguenarde.
- J'imagine que tu auras du mal à le croire, mais oui. Pour toi du moins.
Harry haussa les sourcils à un point qu'il pensait inimaginable, car il n'aurait jamais cru pouvoir entendre de tels propos de son épouvantable professeur de potions.
Ludivine serra à nouveau Harry contre elle en remerciant le jeune homme, imité plus sobrement par Albus.
- Mais pourquoi est-ce que vous me remerciez, protesta Harry avec gêne. On dirait que je fais une faveur à Kécile !
- Non, mais tu lui procures un grand bonheur, dit Albus, et sans doute davantage de considération pour sa personne qu'elle n'en a jamais eu envers elle-même.
- Euh, je suis là, vous savez, marmonna Kécile.
- Allons fêtez cela dignement ! S'exclama joyeusement Ludivine. Aujourd'hui, c'est doublement Noël !
Harry n'avait certainement jamais passé un Noël qui ressemblait à celui-là. On était très loin de l'ambiance effervescente des Weasely, ni de la joyeuse cacophonie de Poudlard, mais si la joie bruyante et exubérante manquait un peu à Harry, il profita du calme où on savourait la présence de l'autre. Il disputa quelques parties d'échecs contre Albus, lequel finit également par convaincre Severus de venir se mesurer à lui.
La présence du professeur déroutait un peu Harry. Il s'attendait à ce que l'homme l'ignore, mais cela ressemblait plus à l'attitude qu'il avait eu durant leurs mois d'errance commune, comme s'il avait pris son parti de la présence du jeune homme et avait décidé d'y mettre un peu du sien. Mais dans l'ensemble, Rogue se contentait surtout d'écouter et d'observer, jusqu'à ce que la conversation ne roule sur un sujet où il ne pouvait se taire.
Ludivine semblait en effet très curieuse d'entendre parler de la scolarité de Kécile et Harry et des frasques des gryffondors.
- Quelle histoire aimerais-tu entendre, Ludivine ? Demanda alors Rogue d'un ton acide. La fois où ils se sont envolés à dos de Sombrals pour le Ministère après avoir laissé la Grande Inquisitrice aux mains des centaures ? Ou bien celle où ils ont atterri en voiture volante sur le saule Cogneur ? Ou bien peut-être la fois où ils ont visité un nid d'acromantulas ? Il y a aussi l'histoire de la pierre philosophale qu'ils sont allés récupérer en passant devant un Cerbère et une série de pièges plus ou moins mortels, le basilic que Potter a affronté à 12 ans, mais remarque, c'était un an après le Troll, on peut peut-être simplement considéré qu'il avait pris du niveau.
- Ma foi, professeur, vous avez décidément une excellente mémoire.
- Et combien d'aventures plus ou moins illicites est-ce que j'ignore encore, Potter ?
- Pas tant que ça, professeur, pas tant que ça. Du menu fretin en comparaison au reste !
- Résultats de vos escapades nocturnes ?
- Entre autre...
- Vous savez, Potter, le Seigneur des Ténèbres a eu vent de plusieurs de vos exploits dans lesquels il n'était pas impliqué. Et je crois que vous lui avez donné quelques sueurs froides. Il a dû se demander s'il parviendrait à vous tuer personnellement avant que vous ne lui ayez rendu ce service vous-même...
Ludivine voulut absolument connaître le détail de toutes ces histoires. Harry et Kécile obtempérèrent, et c'était d'autant plus drôle d'avouer tout cela en présence d'Albus qui en savait moins qu'il ne pouvait y paraître et qui les regardait avec bienveillance et Severus qui rongeait son frein pour ne pas faire de commentaires à chaque instant.
- Albus, gronda-t-il à la fin du long récit entrecoupé d'éclats de rire auxquels il n'avait nulle envie de se joindre, cela mériterait au moins 500 points en moins pour Gryffondor, vous ne trouvez pas ?
- Si vous voulez, mon cher Severus, si vous voulez ! S'exclama joyeusement le directeur. Vous me faîtes penser que Gryffondor mérite bien ces 500 points pour avoir fourni un élève capable de nous libérer de Voldemort.
- Je ris, s'exclama Ludivine, mais je n'aurais pas aimé être à la place de Minerva... Tout bien considéré, je ne sais pas si je vais accepter ta proposition de prendre la succession de Flitwick quand il partira à la retraite. Je ne pensais pas que le rôle de directeur de maison puisse être aussi sportif...
