Merci aux personnes qui me laissent des petits commentaires, c'est adorable ! Je suis contente de voir que ma fic touche quand même les gens et qu'elle vous donne envie de continuer à la lire. Donnez tout votre soutien à Link, il en a bien plus besoin que moi ! XD Sur ce bonne lecture :3
Chapitre 17 - Jalousie
Bazz somnolait à son poste. Les journées étaient particulièrement longues depuis la visite du chef des Piafs et de sa délégation. La surveillance du domaine avait été renforcée à la demande du roi et le capitaine de la garde avait géré cette situation exceptionnelle du mieux qu'il pouvait. Mais c'était épuisant de devoir gérer l'étrange euphorie des gens et de devoir s'assurer que tout allait bien en même temps. Il comprenait la réjouissance. C'était une excellente chose que leur peuple se rapproche de celui des Piafs. Il s'étira péniblement, massa sa nuque : vivement la fin de son service, qu'il aille dormir un peu.
- Vous avez l'air épuisé chef ! déclara Tottika en arrivant à sa hauteur. La relève arrive, vous allez pouvoir vous reposer !
- Tu débordes d'énergie, toi, remarqua Bazz avec amusement ;
- Héhé, il faut que vous puissiez compter sur moi en toutes circonstances. Je prends mon poste, vous avez qu'à faire votre ronde et allez vous reposer.
- D'accord, je te laisse gérer pour ce soir.
Tottika approuva et Bazz eut un sourire amusé : c'était plaisant de voir des recrues motivées. Il était jeune, fougueux et plein de bonne volonté, l'arrachant de ses ruminations. Il le salua et commença tranquillement sa ronde. Vu l'heure tardive, la plupart des gens étaient couchés. Il y avait bien quelques couches-tard mais c'était principalement les mêmes : des ouvriers Zora qui travaillaient sous la tutelle de Trello et le concerné. Lafrat aussi tendait à travailler à pas d'heure et il ne lui était pas rare de la croiser, les bras chargés de documents ou en train de se parler à elle-même alors qu'elle allait probablement se coucher. Et parfois il croisait le prince Sidon.
Depuis leur dernière… « discussion », Bazz évitait toute interaction avec lui. Sa présence le rendait nerveux et il préférait souvent éviter de juste le croiser (ce qui était compliqué d'un, en tant que garde et de deux, en tant que capitaine de ladite garde). Encore plus parce qu'il avait osé le remettre à sa place, sans réellement respecter la sienne. Aucune sanction n'avait été encourue contre lui malgré cet incident mais il n'avait pas l'esprit tranquille pour autant. Surtout qu'il pouvait sentir son regard sur sa personne quand il traversait la place. Il ne lui adressait pas la parole mais… il y avait « quelque chose ». Clairement.
Il savait que le prince éprouvait quelque chose pour son ami Hylien. Et en un sens, Bazz se sentait fier : il ne pouvait pas souhaiter mieux pour Link. Le prince était quelqu'un de bien, à n'en point douter. Mais dans l'attitude de Sidon, quelque chose avait empêché Bazz d'approuver cette attirance. Il regarda la statue de la princesse Mipha alors qu'il descendait les escaliers sur la place principale. Il éprouva un pincement au cœur alors qu'il s'arrêta pour la regarder.
Il avait été moins réfractaire avec la princesse Mipha. Probablement parce qu'elle… était venue le voir un jour. Comme Sidon, elle avait remarqué ses sentiments pour l'Hylien. Mais elle avait été sans doute plus fine dans son approche. Et peut-être le fait qu'elle soit une femme, Bazz n'avait pas eu à réagir stupidement, comme un mâle blessé dans sa fierté ou une connerie de ce genre. Il avait été flatté par sa demande. Et honoré en un sens qu'elle accepte de prendre en compte les sentiments d'un inconnu. Il n'était même pas capitaine de la garde à cette époque. Juste le fils de Seggin. Une recrue avec un avenir prometteur. Mais la princesse avait ignoré tout cela pour juste sans doute se confier. Et trouver le courage de faire face à ses propres sentiments.
Il ne pourrait jamais oublier ce jour où elle avait osé, avec toute la timidité du monde, lui demander s'il cela le dérangeait qu'elle confectionne pour Link, une armure Zora. Bazz était bien plus jeune à cette époque et la requête l'avait tellement surpris qu'il n'avait pas réussi à répondre immédiatement. Avant de réaliser à quel point la princesse était amoureuse de l'Hylien. Et ce que sa demande soulevait. Il n'avait… pas éprouvé d'animosité ou de frustration. Il avait été sincère : si c'était elle, il ne pouvait que leur souhaiter tout le bonheur du monde. Et cela avait été la vérité !
Il avait apprécié passer du temps en sa compagnie, de la voir progresser lentement mais sûrement dans son entreprise. Il l'avait encouragée et soutenue. Elle n'avait jamais eu l'air aussi heureuse que ces quelques mois passés à la conception de cette armure. Et Bazz n'avait jamais été aussi ravi de voir quelqu'un se donner à ce point pour son ami Hylien. Mais… Link était devenu chevalier. Et quand il était revenu au domaine… Mipha comme lui… ils eurent un choc. Le garçon plein de vie et à l'immense sourire était devenu… un adulte froid, distant. Il refusait de parler et surtout, il avait cessé d'être… complice.
Bazz détourna les yeux : il n'avait jamais eu la volonté de se déclarer. Parce qu'autant il avait aimé Link et continuait de l'aimer… autant il devait répondre aux attentes de son père. L'amour avec un Hylien et homme de surcroît n'était pas possible. Alors il avait fermé son cœur et avait préféré encourager Mipha. S'il ne pouvait pas avoir son affection, alors autant que son ami soit avec quelqu'un de bien. Comme la princesse Mipha. Si seulement il pouvait comprendre ce qui l'irritait au sujet du prince ! Il se détourna de la statue après lui avoir accordé une prière et reprit sa ronde.
- Pas encore couché ? demanda Rivan quand il arriva vers l'entrée du domaine.
- Je finis ma ronde et je finis mon service pour aujourd'hui, répondit Bazz avec un sourire.
Rivan pencha la tête sur le côté. Son expression était bienveillante mais le capitaine remarqua la lueur d'inquiétude dans son regard. Il détourna la tête, prétextant surveiller les alentours ce qui fit soupirer son ami.
- Tu as l'air nerveux ces derniers temps, Bazz. Un souci ?
- Pas vraiment, mentit le capitaine. La fatigue je pense et le fait qu'il y ait eu beaucoup d'agitation.
- Bazz. Tu peux me parler. Dunma est partie se reposer, on est seuls. L'occasion idéale pour m'expliquer pourquoi tu as cette insupportable odeur sur les écailles.
- Odeur… ?
Spontanément Bazz releva son bras et renifla ses écailles, perplexe. Il ne négligeait pas son hygiène, alors le fait que Rivan lui fasse remarquer une possible odeur sur lui, c'était dérangeant et gênant. Il entendit son ami ricaner et il releva les yeux. Il hésita un moment, cherchant s'il se moquait ou pas. Et en voyant la lueur malicieuse dans les yeux de Rivan, il sut qu'il l'avait à moitié moqué. Alors le capitaine frappa le bras de son garde et ce dernier se mit à rire franchement, lui faisant comprendre que son attitude était suspecte et que s'il en était rendu à devoir vérifier devant lui, c'était plus que douteux.
Bazz lui fit savoir son point de vue en le bousculant, n'appréciant pas sa blague. Les deux se chamaillèrent comme deux enfants avant de se calmer. Bazz réalisa seulement à ce moment qu'il n'avait pas vraiment eu d'occasions pour se détendre ces derniers jours. Aussi de juste plaisanter et rire avec Rivan le soulageait énormément. Il inspira profondément et expira dans un lourd soupir. Il le remercia de l'aider à se changer les idées et l'autre s'inclina simplement : c'était normal d'aider un ami. Mais comme Bazz n'avait pas l'air de meilleure humeur, Rivan frotta sa nageoire, perplexe.
- Ceci dit, ça ne me répond pas. Cette odeur… c'est un peu primaire mais on dirait que tu essaies de… marquer quelqu'un. Ou de faire fuir un prétendant.
- Ow. Vraiment ? s'inquiéta Bazz.
- Ca va, c'est discret. Tu as tendance à beaucoup refouler tes sentiments, c'est rare de les percevoir aussi « directement ». Un rival amoureux ? demanda alors Rivan avec un clin d'œil. Ton père sera heureux d'apprendre la nouvelle.
- Je… doute que mon père cautionne le fait que je sois en « rivalité » avec notre prince et que je l'ai remis à sa place sans aucune forme de respect. Encore plus qu'il apprenne qui est le « prétendant ».
Cette fois Rivan perdit son sourire et manqua même de lâcher sa lance sous la surprise. Comprenant que le problème était sans doute moins drôle que ce qu'il essayait de faire croire, son expression se fit plus inquiète, soucieux même. Pas sans raisons, il était comme Bazz : il savait qu'il encourait une lourde sanction pour ce qu'il venait de dire. Cependant le capitaine de la garde, sentant son camarade et collègue pâlir soudainement, balaya sa main dans le vide, comme pour chasser un problème qui n'avait pas lieu d'être. Ce que l'autre ne parut pas accepter si facilement.
- Bazz, murmura Rivan. Tu dis toujours que tu ne veux pas te déclarer… pourquoi prendre ce risque inutile alors ?
Cette question il se l'était posée beaucoup trop de fois. Et il n'avait toujours pas la réponse. Il joua distraitement avec une de ses nageoires, mal à l'aise. Avant de simplement fuir la discussion, ne sachant pas quoi répondre à Rivan. Ce dernier tenta de le retenir, mais Bazz sortait du domaine (sans doute pour l'empêcher de le suivre car il finissait sa journée et pouvait faire ce qu'il voulait sur son temps libre). Bazz refusait de retourner dans la ville dans son état. Il ne voulait pas avoir à se justifier !
Il sursauta quand une flèche se planta quelques mètres devant lui et il se mit immédiatement en garde. Il releva la tête et scruta les abords du pont, sceptique. Avant de voir une silhouette sur les hauteurs de la muraille. Il plissa les yeux, arme en main, prêt à se défendre. Mais quand la silhouette signa, Bazz sursauta : Link ? Ce dernier disparut derrière les murs et le Zora hésita : il l'invitait à le suivre ? Il se pencha sur la rambarde avant de voir son ombre se glisser sur les remparts. Où allait-il ? Sans attendre, le capitaine de la garde se retourna dans le domaine, dépassa Rivan sans s'arrêter et emprunta les allées annexes.
Il s'arrêta à mi-parcours, cherchant l'ombre du Prodige Hylien. Ce dernier l'attendait. Caché. Mais présent. Il s'éloigna à nouveau et Bazz resta perplexe : pourquoi diable Link se cacherait-il ? Pourquoi ne pas venir directement dans le domaine… ? Surtout qu'il n'avait attiré que son attention à lui. Il l'avait observé, il avait attendu qu'il soit isolé pour essayer de prendre contact avec. Il avait refusé d'impliquer Rivan !
Sentant que son ami avait besoin de lui mais qu'il cherchait de toute évidence une certaine discrétion, Bazz décida d'une approche différente. Sa panique risquait d'attirer l'attention et en tant que capitaine de la garde, il risquait de mettre tout le monde sur le qui-vive. Autant agir autrement. Il observa les déplacements de Link, comprenant très bien qu'il ne comptait pas approcher le domaine ou se laisser voir par qui que ce soit. Comme il courait sur les remparts, ces derniers n'avaient que deux points de connexion avec les chemins supérieurs : l'entrée est et l'entrée ouest. Et vu où il allait, Bazz devina qu'il se rendait vers l'entrée ouest.
C'était une bonne chose : l'entrée est était gardée par Gaddison. Même si elle ne serait pas regardante sur sa présence, il voulait éviter d'éveiller toute suspicion de sa part.
Il continua sur l'allée d'eau qu'il avait empruntée. Avant de sauter sur les escaliers qui menaient vers l'esplanade au niveau de la salle du trône là où les deux chemins se rapprochaient puis continua de monter. Au lieu d'aller vers le dortoir, il emprunta le pont qui menait vers l'entrée est. Comme il s'y attendait, il trouva Link au bout du chemin, poursuivant silencieusement sa route et Bazz le suivit, sans se presser. Son attitude était curieuse. Mais il avait certainement ses raisons.
Quand il arriva à la cascade il ne trouva pas immédiatement son camarade d'enfance. Il s'approcha doucement. Avant de trouver la silhouette de Link au bord du lac bordant la cascade.
- Maître Link… ?
L'Hylien s'était enveloppé dans une cape épaisse, dont la capuche était lourdement rabattue sur sa tête. Il avait l'air d'avoir fait un long voyage car sa tenue était couverte de boue et semblait usée. Il n'avait même pas sa tenue bleue de Prodige. Signe qu'il refusait vraiment d'être identifié. Bazz s'arrêta à mi-chemin. Attendant que Link l'autorise à approche. Ce dernier se tourna vers lui. Tête basse. Le Zora remarqua ses mains tremblantes et bandées, comme si elles avaient été gravement blessées. Mais surtout l'épée qu'il portait. L'épée de légende. Celle dont il avait été reconnu comme étant l'unique porteur. Il était parti la chercher ? Oh, avec cette arme, Bazz était certain qu'il pourrait défaire le Fléau sans aucun problème !
- Maître Link… dites-moi ce qu'il se passe. Je suis seul. Ni Rivan ni Gaddison ne sont au courant. S'il v…
Les mots de Bazz moururent sur ses lèvres quand Link releva enfin sa tête et repoussa sa capuche. Le côté gauche de son visage était… différent. Sa peau, normalement pâle, avait pris une teinte inquiétante, entre le noir et le violet. Son œil était injecté de sang et surtout… il avait l'air horriblement malade. Sans attendre d'explications, Bazz franchit les derniers mètres qui les séparaient et tendit ses bras. L'Hylien s'écroula avant qu'il ne soit à ses côtés et le Zora le rattrapa difficilement. Il le ramena contre lui et passa une main sur son visage, constatant qu'il était probablement fiévreux. L'Hylien repoussa faiblement sa main avec une horrible expression de douleur au visage. Inquiétant profondément Bazz.
- Vous avez besoin de soins ! Immédiatement ! s'indigna ce dernier. Il faut que je vous ramène au domaine !
- « Non ! » signa Link. « Comment tu vas expliquer ça ? »
Il tira alors sur les bandes qui couvraient ses mains, essayant de les libérer rapidement et Bazz retint alors un cri de stupeur. Il souleva alors Link, laissant sa tête reposer contre son épaule alors qu'il prit ses mains dans les siennes, choqué et plus inquiet que jamais. Elles étaient noires et raides. Nécrosées. C'était même un miracle qu'il parvienne à encore les utiliser ! Mais alors qu'il les étudiait, il remarqua le liquide noir poisseux qui suintait à la surface de sa peau et fronça les sourcils. Avant qu'une sorte de pustule ne se forme bien trop vite et n'aie la taille d'une bille. La matière se déchira soudainement et un orbe jaune se dessina sous la membrane visqueuse.
Bazz retira ses mains, s'empêchant de toutes ses forces d'hurler d'horreur et de détresse. L'orbe jaune n'était rien d'autre qu'un œil à la pupille en fente qui le regardait avec insistance. Link poussa un grognement alors qu'il posa son autre main sur l'œil. Et sans aucune forme de tendresse pour son propre corps, il arracha l'organe parasite avant même que Bazz ne puisse protester. Une gerbe de corruption noire et sordide mélangée à son sang jaillit de la blessure et il serra les dents, sifflant sa douleur.
Le Zora le garda contre lui, l'empêchant de se débattre dans la mesure du possible afin qu'il n'empire pas sa blessure et passa ses mains sur son visage pour essayer de l'aider à supporter la douleur que ce parasite devait provoquer. Il savait qu'il devait limiter son contact avec mais vu l'état de son ami, il se doutait que l'infection l'avait gravement touché ! Quand est-ce que c'était arrivé ? Et pourquoi ? Il était le Prodige Hylien, le chevalier de la princesse d'Hyrule ! Il était aussi fort physiquement que mentalement ! Cela n'aurait jamais dû se produire !
- Vous avez été infecté par la corruption du Fléau, murmura Bazz. Comment ? Par Hylia, je… je ne sais pas quoi faire maître Link…
- « De l'eau » signa l'Hylien. « Bénie par un prêtre Zora… pour soulager la propagation ! »
- D'accord, je vais vous trouver ça. Mais la cascade Sera est facilement accessible, je ne pourrai pas vous cacher ici…
- « La Pointe du Risque-Tout » répondit Link. « Il y a un Lynel sur le Mont de la Foudre. Personne n'ira me chercher là-bas… »
- Et vous comptez y aller comment dans votre état… ?
Link le regarda avec une supplique dans ses yeux. Et Bazz sut déjà ce qu'il lui demandait son aide. Il n'hésita pas une seule seconde. Même si cela s'avéra être extrêmement difficile de hisser le long d'une cascade avec l'Hylien sur son dos, Bazz se moqua des efforts à fournir. Il dû s'y reprendre à plusieurs reprises, car il nageait très mal en portant quelqu'un. Mais tant bien que mal, il l'amena sur le Mont de la Foudre.
Passer sur le territoire du Lynel fût… terriblement périlleux, la créature ayant senti leur présence bien avant de les voir. Ses grognements de menace mirent les nerfs de Bazz en pelote, car il ne saurait pas se battre et protéger Link dans son état. D'autant plus que le monstre possédait des flèches de foudre capable de le blesser grièvement ! Par chance ou par miracle, difficile à dire, à aucun moment le Lynel ne chercha à les traquer. Au soulagement de Bazz, qui put déposer son ami à la pointe du risque-tout.
Une fois certain que Link était à l'abri, il se hâta de retourner au domaine, une première fois pour récupérer de quoi offrir à son ami un séjour temporaire (de quoi dormir et faire un feu mais également de la nourriture). Il demanda même à Kodah si elle avait un sac de couchage, ce qui étonna la demoiselle mais elle lui en céda un sans souci (un voyageur qui avait oublié ce dernier), mais il fit également un crochet au dortoir pour demander à Kapson de lui bénir une fiole d'eau du domaine. Une requête qui étonna le prêtre mais qui lui concéda sans poser plus de questions (même s'il était profondément sceptique, personne ne demandait de bénir de l'eau sans une excellente raison).
Repasser près du territoire du Lynel l'angoissa profondément mais la créature semblait toujours menacer de loin, sans s'approcher. A l'étonnement de Bazz : les Lynels n'étaient pas réputés… dociles ou distants. Ils étaient farouches et agressifs. Intelligents, c'était de fiers combattants qui ne reculaient jamais devant un combat. La seule façon de faire reculer ces créatures, c'était de les défier et de les tuer…
Il rejoignit Link et lui offrit tout ce qu'il avait apporté. Ce dernier demanda l'eau en premier et retira péniblement le vêtement qu'il portait. Bazz l'aida à s'en défaire et en voyant l'état de ses bras, de ses épaules et de son dos, il retint une lamentation. Il était sérieusement infecté. La contagion se propageait doucement mais sûrement et en voyant d'autres pustules essayer de se former de ci et là, Bazz se demanda depuis combien de temps il endurait cet état sans y succomber.
L'Hylien prit l'eau bénite par Kapson et la fit couler sur son corps directement. Le contact avec sa peau contaminée fût… violente. La corruption ne parut pas apprécier l'eau sacrée, se rétractant légèrement et n'essayant pas se s'étendre sur le reste de son corps. Cependant ce mouvement avait l'air de faire souffrir à mort le pauvre Link qui se forçait à se laver avec cette eau. Bazz le regarda contenir avec une volonté exceptionnelle sa douleur et sa souffrance, acceptant cette ablution sacrée dans un silence presque miraculeux.
Quand la fiole échappa des mains de Link, Bazz s'approcha doucement et le prit dans ses bras. Le Héro se débattit furieusement avant d'abandonner son combat silencieux et de juste se reposer sur lui. Il signa cependant un message, lui demandant d'arracher les yeux qu'il ne pouvait pas atteindre. Bazz resta silencieux, conscient que cela allait lui faire affreusement mal. Mais il comprenait sa démarche et péniblement, il retira ces parasites non sans éprouver du dégoût à les sentir éclater entre ses doigts. Avant de se laver avec le reste d'eau sacrée afin de ne pas se contaminer.
Après un tel effort, Link s'écroula de fatigue. Il avait probablement plus perdu connaissance mais Bazz le veilla en silence, jusqu'à ce qu'il soit certain qu'il aille mieux. Même si cela impliquait de rogner sur son temps de sommeil : rien n'était plus important que son ami à ce moment. Il trouva le moyen de s'endormir malgré lui et se réveilla en sursauta à cause des premiers rayons du jour. Link était toujours inconscient et il hésitait vraiment à le laisser là, exposé et affaibli. Il attendit alors encore un peu. Son tour de garde n'allait pas tarder à reprendre. Mais Tottika saurait gérer le temps d'arriver…
Quand Link ouvrit les yeux à nouveau, le jour était grandement entamé. Et Bazz était resté à ses côtés, ignorant son devoir de garde. Ce qui ne fût pas au goût de l'Hylien qui le chassa de là et lui fit promettre de ne pas recommencer à abandonner ses obligations pour lui. Bazz dû promettre, à contre-cœur et retourna au domaine où il dû s'expliquer sur son absence. C'était bien la première fois qu'il était en retard et cela avait inquiété sa pauvre recrue (qui était parti alerter Rivan en panique). Ce dernier aussi lui passa un savon : il l'avait vu disparaître sans explications dans les allées et d'apprendre qu'il n'était pas rentré, il avait craint pour sa vie ! Bazz le rassura et reprit son poste en soupirant.
Ce fût… terriblement compliqué de devoir gérer sa vie de capitaine de la garde et ses escapades. Surtout qu'il n'en parla à personne, à la demande de Link. Pas même Rivan ou Gaddison. Cependant cela l'usa malgré lui. L'état de Link était préoccupant et sa contagion semblait empirer avec le temps. Outre les apparitions de ces yeux à des endroits aléatoires de son corps corrompu, il semblait en état de souffrance perpétuel. De plus, il ne pouvait pas demander à Kapson de bénir des fioles tous les jours, ce serait plus que suspect. Regardant alors le soir venu, l'état de Link se dégrader car il n'avait rien pour enrailler le processus.
Au troisième jour de son séjour, Bazz quitta à nouveau le domaine et retourna à la pointe du risque-tout pour retrouver l'Hylien. Au moment de passer sur le territoire du Lynel, Bazz se pétrifia de terreur. Link… Link était perché sur un rocher. L'épée de légende à la main, sortie de son fourreau. La lame ne brillait pas. Pire encore, elle semblait faire affreusement souffrir son porteur. Pas sans raison : elle semblait se battre avec la corruption dans les doigts de Link ! Pourtant ce dernier trouva la foi et le courage de la garder en main et de rester droit, sans faillir.
La raison étant que devant lui, se tenait le Lynel du Mont de la Foudre. Ce dernier était là, arme au poing. Il grondait, grognait. Ses sabots martelaient le sol avec violence, dans une tentative d'intimidation. Mais Link ne bougea pas. Rendant le Lynel encore plus nerveux et agacé. Ce dernier commença à faire des vas et viens. Sans jamais engager le combat. Il… y avait quelque chose. Un rapport de force inversée. Incompréhensible.
Link leva son épée et le Lynel rugit de rage, ses pattes fléchissant comme sur le point de le bondir pour frapper. Mais finalement il se rétracta. A contre cœur. Clairement contrarié. Link rangea sa lame et sauta de son perchoir avant de se diriger vers son abri. Bazz sursauta et le rejoignit rapidement, ne sachant pas si le Lynel serait aussi clément avec sa personne. Sur le chemin, Link se retourna et lui adressa un sourire fatigué. Bazz lui rendit et le rejoignit en trottant.
- Vous domptez les Lynels maintenant ? demanda-t-il.
- « Non » répondit Link. « Je ne peux pas le combattre avec mon épée de légende… elle ne réagit qu'au Fléau et les monstres infectés par son aura. »
- Mais il ne vous a pas attaqué…
L'Hylien médita sa question, cherchant un moyen d'expliquer ce qu'il venait de se passer. Finalement il signa simplement que le monstre sentait sa présence, qu'il dérangeait son territoire. Mais il n'était pas assez intrusif pour qu'il le chasse mais assez contraignant pour le gêner. Bazz était admiratif : son ami avait eu le temps d'étudier ce Lynel et d'en comprendre le comportement ? En si peu de temps et malgré son état ? C'était impressionnant !
Les Zoras étaient effrayés par cette créature dont les flèches de foudre étaient un problème pour eux. Même lui ne pourrait pas le défier aussi simplement. C'était juste impossible. Link indiqua également qu'il ne devait pas rester trop longtemps : si le Lynel ne parvenait pas à se débarrasser de lui mais qu'il restait quand même, il risquait de migrer d'une façon ou d'une autre. De plus il chasserait les autres monstres qui seraient eux-mêmes forcés d'aller ailleurs. Et donc tout cela risquait de mettre en péril la sécurité du domaine. Bazz le remercia pour ces précieuses informations et lui demanda comment il avait pu deviner tout cela. Link fût ravi d'échanger ses quelques observations avec lui.
La conversation dura toute la nuit, jusqu'aux premiers rayons du jour. Bazz regarda le ciel, sceptique : cette fois encore, il ne dormirait que quelques heures à peine. La journée promettait d'être longue, surtout avec si peu d'heures de sommeil au compteur. Il sentait qu'à vivre ainsi, il était en train de s'épuiser et qu'il risquait de manquer de vigilance dans son travail. Cependant il n'était pas seul. A l'entrée sud, il y avait Rivan et sa fille, Dunma : les deux étaient dignes de confiance et il ne craignait rien à ce sujet. A l'entrée est, se trouvait Gaddison. Sérieuse et impliquée, elle tiendrait son poste sans faillir. Puis il avait sa jeune recrue, Tokkita.
Alors qu'il s'apprêtait à partir, Link signa une simple phrase :
- « Bazz, je dois aller dans Vah Ruta. »
- Dans votre état ? s'exclama le Zora, inquiet. C'est de la folie, vous risquez de succomber à votre infection ou pire, de mourir à l'intérieur de la bête divine !
- « Le temps presse. Je ralentis le processus mais je ne guéris pas… tu le sais aussi : mon état empire. Je ne peux pas… attendre plus longtemps. Je dois sauver Mipha. Pour qu'elle puisse me soigner… avant… avant qu'il ne soit trop tard… »
Bazz resta interdit plusieurs secondes. Personne ne savait ce qui était arrivé à la princesse depuis que la Bête Divine avait été détournée de sa tâche. L'idée qu'elle soit restée prisonnière ces cent dernières années sans possibilités d'en sortir… c'était une image bien affreuse pour lui. Car personne n'avait été en mesure d'approcher la bête divine en cent ans. En premier, parce qu'elle s'était immergée et était restée en catatonie pendant cent ans. Ensuite parce qu'à son réveil, elle ne s'était pas laissée approcher. Alors l'idée que Link puisse la sauver et peut-être même la ramener avec lui… Bazz ne pouvait rien dire à part espérer du fond de son cœur qu'il puisse réaliser un tel miracle. Et son rôle n'était pas de le freiner. Mais de l'accompagner.
- … Je comprends. J'aimerais énormément vous aider mais… je… ne suis pas le meilleur en nage. Surtout si je dois porter quelqu'un… Rivan se débrouillerait mieux…
- « J'irai seul. C'est mon rôle, pas le vôtre. D'accord ? »
Bazz pinça ses lèvres et laissa les yeux. Il comprenait. Il comprenait qu'il risquait de le ralentir ou de le gêner. Link n'avait pas besoin de ça. Le Zora le savait. Il le connaissait depuis si longtemps que c'en était presque douloureux d'aussi bien le comprendre. Il approuva faiblement, ne sachant pas comment l'aider ou l'assister. Alors l'Hylien se glissa à ses côtés, un air désolé au visage. Il plaça ses mains sur ses joues, le força lentement à se mettre à sa hauteur et colla son front contre sa protection. Bazz le fixa, troublé. Et ferma simplement les yeux, lui rendant toute l'émotion qu'il lui offrait.
- « Je le sens. Je sens ce lien entre nous mais… je ne me souviens pas… de ce que j'ai promis. »
- Vous avez fait une promesse d'être un frère de nageoire, répondit Bazz avec un léger rire. Ce qui est un peu étrange vu que nous en n'avez pas. Mais vous avez ravi l'enfant que j'étais à accepter cette promesse. Vous avez partagé cette promesse avec Rivan et Gaddison aussi.
- « Mais c'est différent pour Rivan. »
- Oui, il est marié et père. De ce fait, ses obligations le tournent vers sa famille puisqu'elle remplace le lien des frères de nageoire. Vous… merci de vous être souvenu de ça. C'est vieux !
Bazz eut un léger rire, nerveux. La promesse des frères de nageoire… il avait presque oublié qu'il avait fait ce serment d'être la famille de Link et de ses amis Zoras envers et contre tout jusqu'à ce qu'il fonde sa propre famille, lequel cas il devra les protéger et les aimer de tout son cœur. Bien des années plus tard il n'avait toujours pas de famille aimante. Ni femme ni enfant. Alors Link et Gaddison restaient ce qu'il avait de plus précieux. Il repoussa gentiment Link et indiqua qu'il allait rentrer. Ce dernier approuva et indiqua qu'il comptait voir Vah Ruta dès demain, à l'aube du jour. Ce qui laissait une journée donc à Bazz pour réfléchir à comment lui être utile.
Le capitaine de la garde quitta la pointe du risque tout en se jetant du haut de cette dernière, plongeant gracieusement dans le lac du barrage. En temps normal, il ne se risquait pas à des sauts aussi haut mais il refusait de repasser devant ce Lynel pour aujourd'hui. Il avait la sensation qu'il n'aurait pas de chance s'il s'y risquait. Et il faisait confiance à ses intuitions. Il nagea jusqu'à la berge, surveillant nerveusement Vah Ruta : il avait entendu dire que la créature générait des blocs de glace qu'elle lançait sur les imprudents qui passaient à proximité !
Une fois en sécurité sur la terre ferme, il descendit les escaliers pour gagner l'entrée est. Par Hylia qu'il avait besoin de dormir ! Il ne voulait pas être surpris en train de somnoler pendant son tour de garde.
- Qu'est-ce que… tu fiches ici, capitaine ?
Le concerné releva la tête et trouva Gaddison en train de surveiller l'entrée est. Ah. Il avait oublié qu'il ne passait jamais par là pour éviter justement qu'elle ne lui pose la moindre question.
- Je… m'assurais que tout allait bien au barrage. Je vais me reposer avant de prendre mon tour de garde.
- Ton tour de garde est dans moins d'une heure, tu ne vas te réveiller si tu te couches maintenant, souligna la jeune femme, sceptique. Et je suis chargé de la surveillance de ce secteur, pourquoi viendrais-tu fouiner ici ?
Outch. Elle n'avait pas tort. Et sa façon de démonter ses arguments. C'était détestable. Elle se pencha sur lui et renifla l'espace entre eux. Spontanément Bazz plaqua ses mains sur ses écailles, se demandant si l'odeur dont lui avait parlé Rivan était encore perceptible ! La demoiselle eut un regard terriblement sévère et le capitaine sut qu'elle serait très difficile à convaincre s'il lui venait à l'idée de lui mentir.
- Rivan m'a dit que tu puais le mâle dominant. Je m'attendais à quelque chose de plus insupportable.
- Sérieusement ? s'exaspéra Bazz.
- J'vais pas te faire un cours dessus parce que j'ai bien assez d'envie de meurtre envers le sergent démon Seggin qui me bassine sur mon âge et le fait que je sois toujours célibataire… mais à ton âge, c'est logique que tu aies cette odeur si tu trouves ta partenaire. C'est juste… trop faible, trop discret. Personne ne va te prendre au sérieux avec une odeur aussi faible !
- Paaardon ? Je ne veux pas puer le mâle dominant ! rétorqua le capitaine de la garde, mal à l'aise. Je n'ai personne de toute façon, tu le sais très bien !
- C'est pas ce que ton corps dit. Tu veux revendiquer quelqu'un mais tu le brides. Je peux même dire que tu t'es frotté à un potentiel rival vu comment tu essaies de tout dissimuler. Je ne suis pas Rivan, je ne me laisserai pas balader avec des excuses bidons. Alors crache le morceau ou je m'assure de te frapper assez bien pour que tu veuilles parler.
Son expression était tout ce qu'il y avait de plus sérieux et Bazz se sentit déglutir avec peine. Sa fatigue était en train de s'envoler devant la sourde panique que la demoiselle était en train de faire naître en lui. Gaddison était effrayante. Elle n'était pas du tout coulante comme Rivan et si elle décidait qu'elle avait à intervenir dans un problème, elle n'y allait jamais avec le dos de la cuillère. Bazz savait que son père la bassinait sur son célibat et qu'il espérait qu'elle accepte d'épouser l'idiot qu'il était (selon les dires de son paternel) mais elle avait toujours refusé. Sans que Bazz ne le prenne mal ou autre, elle était une petite sœur dans son cœur, il n'éprouvait rien pour elle et inversement.
- J'étais certain que Rivan… avait déjà tout balancé, soupira Bazz en passa sa main sur sa nuque et la massant. Mais j'ai oublié qu'il savait garder sa langue dans sa bouche alors… juste… peut-être, je dis bien peut-être… que le fait de revoir maître Link a ravivé de vieux souvenirs… et potentiellement de vieux sentiments. Je… ne peux pas me déclarer à lui, pour plein de raisons mais tu te doutes que mon père est la principale. De plus : le prince en pince pour lui. Et… je l'ai… un peu remis à sa place… en lui disant de ne pas lui faire de mal et d'aller faire autre chose que de me harceler. Satisfaite ?
L'expression de la demoiselle était toujours sévère. Elle s'approcha de lui, laissant reposer sa lance contre elle alors qu'elle leva ses mains vers son visage. Bazz sursauta quand elle attrapa ses nageoires de chaque côté de sa tête et tira dessus violemment, le forçant à se pencher. Mais il n'eut pas le temps de poser la moindre question car la demoiselle écrasa sans aucune forme de pitié sa tête sur la sienne. Bazz se retint de jurer lourdement sous le choc avant qu'elle ne le jette au sol d'une simple prise. Elle fit tournoyer la lance de son capitaine et la plaça sur sa gorge, le gardant fermement clouer au sol. Elle avait l'air furieuse !
- T'es vraiment un imbécile, déclara-t-elle. Quand Rivan m'a dit que l'odeur était à peine perceptible, je me disais qu'il se trompait, qu'il avait un odorat de merde. Mais… en te reniflant, j'ai compris qu'il avait raison. Tu te caches, Bazz. Depuis toutes ces années, tu as refoulé tes propres sentiments. Et maintenant tu pues la frustration. C'est dégueulasse.
Elle retira la lance et tendit son bras pour l'aider à se relever. Bazz refusa et se releva tout seul, perplexe. Il savait que Gaddison était une excellente combattante. Mais elle ne l'avait jamais maîtrisé à ce point, même pendant leurs entraînements communs !
- Merci de ta sincérité, déclara le capitaine. C'est appréciable. Puis-je te demander pourquoi ça t'importe tant que ça, Gaddison ?
La demoiselle écarquilla les yeux, surprise. Avant d'avoir l'air encore plus contrariée que jamais. Comme si sa question n'avait pas lieu d'être. Et Bazz sentit qu'il allait regretter la réponse. Il regretta surtout qu'elle soit si prompte à le frapper et massa son ventre douloureux après le coup de poing qu'elle donna sans réfléchir : bon sang ! Quelle violence !
- Parce qu'on est frères de nageoire, s'indigna Gaddison. On a prêté serment de s'aider et de se soutenir. J'étais peut-être un gamin à ce moment mais j'ai jamais été aussi heureux de toute ma vie. Parce que vous avez accepté que je sois différent. Et vous m'avez aimé comme j'étais. Maître Link a l'air d'avoir oublié que… je ne me sens pas femme, que je suis né dans le mauvais corps. Mais cent ans, c'est très long pour un Hylien. C'est sans doute logique qu'il ne puisse pas se rappeler de quelque chose d'aussi stupide… c'est pour ça que j'étais furieux contre toi, quand tu lui as rappelé ce « détail ». Pourtant… une nouvelle fois, il a accepté ce que j'étais. On a passé du temps ensemble et il m'a traité comme avant. Sans jugement. Ce serment n'a peut-être plus aucun sens pour toi, Bazz. Mais moi, il régit ma vie depuis toujours !
Le capitaine de la garde regarda incrédule la demoiselle passa ses mains sur ses joues pour chasser ses larmes. Depuis toutes ces années qu'ils étaient amis, il ne l'avait jamais vu pleurer. Enfant, sans doute, quand elle était moquée pour son choix de se faire passer pour un garçon. Mais pas une fois devenue garde. Elle avait endossé son rôle et agissait de façon rude et franche depuis.
- J-je… Gaddison, je suis désolé ! Je ne voulais pas te blesser ! Ce serment est cher à mon cœur aussi ! Je ne l'ai pas oublié !
- Alors pourquoi tu as cette odeur sur toi ? Pourquoi tu veux soudainement t'approprier ce qu'on partageait sans jalousie ni convoitise avant ? Tu… tu reproches au prince tes torts, crétin ! Oui, le serment que nous partageons tous les quatre nous a permis de partager un lien très fort et surtout il a évité toute jalousie ou sentiment d'abandon. Maître Link, bien que très jeune, a su nous offrir à Rivan, toi et moi la même affection ! Sans jamais préférer l'un de nous !
- Je… considère le prince Sidon comme une menace à notre serment !
- M-Mais bien sûr ! s'énerva la demoiselle en le frappant une nouvelle fois (dans les côtes cette fois). Tu es jaloux du prince parce qu'il n'est pas la princesse Mipha ! Et il ne le sera jamais ! Tu penses qu'il va te voler maître Link car aucun serment ne l'oblige à nous respecter, nous ses amis. Mais je ne suis pas stupide au point de le crier au prince en personne ! Je te rappelle notre place, Bazz : nous sommes ses gardes. Je serais très heureux si le prince pouvait aimer notre ami ! Il sera bien traité et surtout, il ne lui fera jamais aucun mal ! Le prince n'éloignera jamais maître Link de nous… il… n'a aucune raison de le faire… s'il veut le bonheur de celui qu'il a choisi d'aimer… alors… alors il ne fera rien qui le rendra malheureux… Pourquoi faut-il que tu sois aussi con, merde !
Gaddison continuait de le frapper mais ses coups avaient perdu en force et en intensité. Elle était ravagée par le chagrin que sa jalousie avait provoqué. Et elle pleurait sa stupidité. Bazz se sentit profondément con pour le coup. Parce qu'il avait bafoué les sentiments de sa petite sœur et précieuse amie. Mais également parce qu'il avait lui-même transgressé sa propre promesse. Il passa ses bras autour de ses épaules et essaya de la consoler.
Par Hylia, que l'amour rendait stupide. Il comprenait à présent pourquoi Gaddison refusait d'être amoureuse. Outre son souci à se faire accepter comme homme dans son corps de femme, elle avait aussi fait le souhait de ne pas être aussi stupide que lui. Contrariée de se montrer aussi émotive et sensible, elle lui mordit furieusement le bras, le faisant sursauter de douleur et d'indignation. Alors qu'il allait la reprendre sur son attitude, les deux firent un bond quand ils entendirent le hurlement de Vah Ruta. Les deux se tournèrent vers le barrage. Avant de se regarder. Et de se précipiter vers ce dernier.
Le cœur de Bazz rata un battement : la créature ne s'agitait uniquement si quelqu'un s'en approchait. Link avait dit qu'il irait le lendemain, au lever du jour ! Il s'arrêta soudainement, Gaddison lui rentrant dedans vu qu'elle le suivait. Elle pesta et lui demanda pourquoi il s'arrêtait soudainement. Il se retourna, livide et plaqua ses mains sur les épaules de son amie, fou d'inquiétude et de panique :
- Va chercher le prince Sidon immédiatement, dis-lui que c'est de la plus haute importance ! Maître… maître Link est en danger : il est parti affronter Vah Ruta seul !
Fait amusant : durant ma partie, à un moment Bazz allait remonter les escaliers et Sidon les descendait au même moment... et avant qu'ils ne se croisent, les deux ont fait demi-tour. J'ai... vraiment eu un long temps de réflexion avant de me dire que soit, vraiment, les IA m'ont fait un truc étrange, soit qu'ils ne peuvent vraiment pas s'encadrer.
J'adore Gaddison. Elle n'a rien de spécial à part que je l'ai réellement prise pour un homme la première fois et quand j'ai découvert que c'était une femme, j'avais envie de lui faire un énorme câlin d'excuse. Elle agit et se comporte de façon rustre, bourrue. J'ignore "pourquoi", y a pas d'explications sur son attitude. Aussi, j'ai voulu jouer de ma confusion et de ma perception de ce personnage.
La promesse des frères de nageoire c'est un truc inventé sur le tas, je les voyais bien partager quelque chose avec une très forte symbolique, le genre de promesse qui ne se brise pas "comme ça". Vu que Seggin, le père de Bazz, traîne aux côtés de Gaddison dans le jeu, je l'imagine tellement lui rabâcher tous les jours qu'elle est en âge de se marier, qu'elle devrait fonder une famille, qu'il a un fils qui est célibataire et qu'elle connait. Je crois qu'elle doit parfois rêver de le balancer par-dessus le pont... X'D
J'aime beaucoup étudier les monstres, leur comportement, leur attitude et leurs mouvements. Que ce soit passif ou agressif. De ce fait, le Link de mon histoire a hérité de ça : observer, analyser, comprendre. Les Lynel sont méga agressifs. Ils repèrent les intrus de super loin et se défendent immédiatement en tirant des flèches (même à l'aveugle, quand on est perché sur des hauteurs ! Ils savent nous trouver !). Avec un masque, le Lynel est "tolérant" mais pas "patient". Au bout d'un moment, la présence de Link l'irrite et il devient agressif. J'adore observer le comportement des Lynel ! C'est fascinant :3 Tous les mobs sont fascinants je trouve !
Merci de m'avoir lu. Je suis toujours curieuses des avis des autres, n'hésitez pas à partager vos impressions sur le jeu ou expérience, c'est toujours plaisant à lire :3
