Un chapitre plus court, plus un interlude dans ma trame principale :3 Courage, la suite arrive bientôt :P


Interlude - Affectation

- Je me fais chier, soupira Kah'ge.

Sah'to, Fuh'ma et Narh'su étaient partis en mission ensemble et comme il était toujours consigné dans le repaire, il ne pouvait absolument rien faire. En vérité, il avait interdiction de sortir seul. Il avait toute la région du désert Gerudo jusqu'à ses hauteurs. Mais il ne devait s'y rendre qu'en étant accompagné ! Pire idée au monde, il en avait assez d'être assisté pour tout ! Il était majeur ! Du coup cette attente était en train de le tuer à petit feu, c'était insupportable pour lui de se dire que pendant qu'il était coincé là, son Héros était en train de se rapprocher de ce Piaf de malheur.

Il ne savait pas trop jusqu'où leur relation pouvait évoluer et jusqu'où les deux se projetaient mais il n'était absolument pas d'accord avec tout ça. Enfin, en attendant, il s'ennuyait ferme. Ecrasé sur un des plateau surplombant l'entrée du repaire, il lézardait au soleil sans force, attendant le retour de ses camarades.

Une ombre se dessina sur le sol et Kah'ge releva la tête : un oiseau ? Avec cette chaleur ? Il scruta le ciel en voyant un Piaf aux ailes déployées passer par ici. Curieux, peu de gens passaient par là. Encore plus des Piafs ! Avec les plumes et tout, le désert était loin d'être leur plus grand ami. Cependant le jeune Yiga cligna des yeux quand il remarqua… plusieurs Piafs. Volant en une formation serrée. Surpris, il sauta sur ses pieds, attrapa ses talismans et se volatilisa en vitesse pour essayer de gagner un peu de hauteur : une formation bizarre de Piafs ! C'était une bonne distraction ! S'il pouvait en chopper un en plein vol, il serait refait !

Il s'accroupit à flanc de falaise et les étudia. Avant de pencher la tête sur le côté. C'était… son imagination ou… Non. Non, non. La chaleur ne le faisait pas halluciner. Ou ce serait le mirage le plus curieux de toute son existence. Sur le dos des Piafs, se trouvaient des Zoras. Des femmes certainement, cachées sous des voiles pour se protéger du soleil. Kah'ge resta bouche bée : des… Zoras… femmes… sur le dos de Piafs hommes et volant dans le désert ?! Il secoua la tête et se mit à les suivre dans la mesure du possible. Qu'est-ce que c'était que ça encore ?! Pourquoi le monde semblait marcher sur la tête depuis quelques temps !?

Arrivé à l'entrée du désert, Kah'ge s'arrêta : il n'avait pas le droit d'aller plus loin. Il hésita lourdement : c'était curieux, non ? Il devait se passer quelque chose. Il devait… il devait s'assurer de ce que c'était, non ? C'était son devoir en tant que Yiga ! Il se donna le courage d'affronter la chaleur et sauta à leur suite. Il crapahuta dans le sable, essayant de deviner leur trajectoire.

A n'en point douter, ils allaient vers la cité Gerudo. Mais… mais pourquoi les Piafs auraient besoin de Zoras ? Ce n'est pas comme s'il n'existait pas des femmes chez eux ! Il se prit la tête entre les mains et usa de ses talismans pour changer son apparence, se déguisant en voyageur lambda pour ne pas se faire repérer des gardes Gerudo : elles étaient sur le qui-vive depuis qu'ils avaient volés leur trésor !

Resta dans l'angle de la muraille, les observant de loin, troublé. Les Piafs s'étaient posés le plus près possible de l'entrée afin que les Zoras n'aient pas à trop marcher dans le sable. Et les gardes Gerudo laissèrent entrer les femmes sans rien dire, trop occupées à surveiller les hommes. Et… ce fût tout. Les Piafs s'en allèrent et les Zoras restèrent dans la cité. Sans que Kah'ge ne sache quoi que ce soit.

Dépité, il s'éloigna : c'était peut-être un moyen de déplacement rapide que de voyager à dos de Piaf. Il n'avait jamais vu ça de sa vie avant ce jour alors il s'en était étonné. Un peu déçu de cette escapade, il retourna rapidement au repaire. Où Sah'to l'attendait, clairement irrité.

- Où es-tu passé ?! s'énerva son officier. Tu n'es pas censé t'éloigner !

- Je suivais juste des Zoras perchées sur le dos de Piafs ! s'exclama joyeusement Kah'ge. J'avais jamais vu de Zoras dans ce coin, ça m'a surpris ! Mais elles sont juste parties visiter la ville… alors je suis rentré.

Sah'to écrasa sa main sur son masque et la laissa glisser dans un signe d'immense désespoir. Kah'ge haussa les épaules : il disait la vérité.

- Kah'ge… les Zoras ne peuvent pas venir dans le désert. C'est un peuple aquatique. Leurs corps ne supporteront pas les chaleurs extrêmes du jour et le froid glacial de la nuit. Le sable et le vent va aussi énormément abîmer leurs écailles. Et même les remèdes ne changeront pas ça.

Kah'ge sursauta, réalisant que son officier ne le croyait pas. Il serra ses poings et croisa les bras sur sa poitrine, boudeur. Ce n'était pas rare qu'il sorte des conneries pour faire l'intéressant ou parce qu'il voulait faire marcher ses comparses ou son chef. Et il comprenait quand son officier l'engueulait parce qu'il disait de la merde. Mais cette fois, c'était la vérité ! Il les avait vu ! Et c'était bizarre des Zoras dans le désert…

- Reconnais que c'est quand même bizarre ! s'indigna Kah'ge.

- Tellement bizarre que ça ne peut pas arriver. Ecoute, tu as été sage jusqu'à ce jour… ne recommence à tout gâcher avec ces bêtises. Tu vas bientôt pouvoir repartir sur le terrain…

- Ah oui ?! Où ça ?! En Hébra ? Ou la plaine centrale ?!

- Firone.

- FIRONE ?! M-Mais… y a rien là-bas ! Juste des Lezalfos et des ruines !

- C'est la région où poussent les bananes lames, corrigea Fuh'ma en apparaissant dans un nuage de fumée et de talismans. Puis c'est plutôt joli comme endroit, y a plein de cascades !

- Donc des octotrucs de partout, des Lezalfos et rien que d'la pluie et d'la foudre, râla Kah'ge.

- Plains-toi, soupira Narh'su en arrivant à son tour. Tu aurais pu finir sur la montagne de la mort. Sans remède.

- Ah HA ! Très drôle ! Qu'est-ce que j'vais foutre en Firone…

- Tu te tais et tu y vas, soupira Sah'to. Pour ta gouverne il y a eu pas mal de mouvement ces derniers temps du côté du domaine Zora. Certains ont vu un cortège de Piaf s'y rendre comme si de rien n'était. De plus Vah Medoh a été apaisée, ce qui ne nous arrange pas. Si c'est l'œuvre du Héros, cela compromet le retour de notre seigneur. Dans cette région, il y a une source appelée la source du courage. C'est un lieu de culte de la déesse Hylia. Tu es chargé de surveiller cet endroit. Et pas de discussions !

Le jeune Yiga se garda de faire le moindre commentaire, poussa un faible soupir derrière son masque. Voyant qu'il ne râlait pas autant que ce qu'il redoutait, Sah'to le félicita pour avoir un peu mûri et cela fit grogner Kah'ge. L'officier les laissa là, s'en allant dans le repaire. Fuh'ma se jeta sur le dos de son jeune camarade, le félicitant pour sa réaffectation et Narh'su lui offrit un cadeau pour marquer le coup (des bananes frites, délicieusement grasses et bourrées de sucre).

Kah'ge les accepta, quand même content de retourner sur le terrain et satisfait d'avoir eu un super cadeau qui se mangeait. Ils grimpèrent sur le plateau au-dessus du repaire et se posèrent au soleil. C'était sans doute obscur de s'exposer à la chaleur infernale de la journée, mais Kah'ge ne pouvait plus rester enfermé ! Puis si jamais ils avaient trop chaud, il leur suffisait de descendre au repaire pour se refroidir. Les trois discutèrent de choses et d'autres.

Enfin plus exactement, Fuh'ma raconta toute leur mission dans les moindres détails (même ceux qui n'existaient pas), meublant largement pour les deux autres (Narh'su était trop occupé à se liquéfier sur le sable et Kah'ge à manger son cadeau).

Mais alors qu'ils bavardaient, Kah'ge remarqua à nouveau ces ombres. Il se redressa brutalement, surprenant Fuh'ma dans sa description d'infiltration. Même Narh'su se redressa (et pourtant quand il était décidé à paresser, il était très difficile de le faire bouger). Les deux fixèrent le ciel, comme leur comparse. Et les deux virent la même chose : un cortège de guerriers Piaf, armés d'arcs et de lances. Ils étaient particulièrement hauts dans le ciel et inaccessibles depuis leur position : impossible de les embusquer depuis le sol. Cette fois Narh'su fût le premier sur ses jambes, les mains plaquées en visière sur son masque alors que Fuh'ma siffla de surprise.

- … J'pense pas que leur présence soit anodine, soupira Narh'su. Ils patrouillent. Leur formation et la façon dont ils quadrillent le secteur… Ils cherchent notre repaire.

- Pourquoi faire ? demandèrent Kah'ge et Fuh'ma d'une même voix.

- Qu'est-ce que j'en sais, moi ? répondit l'aîné un poil désabusé et blasé. Je ne fais que supposer. Mais Kah'ge avait raison : leur présence est totalement anormale. Et leurs mouvements aussi. Il faut prévenir maître Kohga.

- Pour faire quoi ? demanda Kah'ge. Ils vont encore dire que ça ne nous regarde pas et qu'on devrait s'occuper de nos affaires !

Narh'su ne bougea pas. Malgré son masque, Kah'ge put sentir son regard sur sa personne. Il croisa simplement les bras, le souvenir de son séjour en Akkala encore gravé dans sa mémoire. Et surtout la réaction de Sah'to. Depuis il l'avait un peu au travers de la gorge. Il estimait que ses idées n'étaient pas mauvaises mais comme personne ne le prenait au sérieux, ça l'énervait. Et cela l'énerverait mille fois plus encore que Sah'to écoute Narh'su et pas lui. Sous prétexte que c'était l'aîné ou ce genre de choses. Le concerné se détourna sensiblement, baissant simplement ses bras.

- Fuh'ma, tu as ce qu'il faut en talismans ? demanda l'aîné des trois.

- Ouaip ! T'en as besoin ?

- Moi, non. Toi, oui : tu vas te faire passer pour une femme et infiltrer la cité Gerudo. Essaie de trouver des Zoras. Si elles sont bien dans la cité, essaie de connaître le motif de leur séjour. Ensuite tu reviens sans faire de vagues.

- Okay !

Fuh'ma sortit des talismans de ses affaires et les appliqua sur sa personne pour prendre l'apparence d'une voyageuse relativement délicate. Il prit la pose et se mit à glousser stupidement, afin de tester ses charmes sur ses compagnons. Il n'y eut aucune réaction des autres. Plus exactement devant son attitude puéril, Narh'su refusa de réagir et Kah'ge haussa simplement les épaules, comme si ce qu'il venait de réaliser n'était qu'une banalité. Et s'en était une pour tout bon Yiga. Mais cela vexa profondément Fuh'ma qu'aucun des deux ne lui fasse pas un gentil commentaire. Avant même qu'il ne puisse dire ou faire quelque chose, Narh'su le frappa pour le faire taire : quand Fuh'ma était vexé, il était juste infernal ! Il parlait beaucoup trop à son goût et le tout pour essayer de susciter un sentiment qu'il n'avait jamais réussi à réveiller chez lui : du remord.

- Vous… vous faites quoi ?! demanda soudainement Kah'ge, confus.

- On t'aide à prouver que tu as vu juste, répondit Narh'su. Tu peux parfois être con comme une planche mais t'as toujours eu un bon instinct sur les embrouilles : c'est ce qui énerve le chef. Tu sens les choses mais t'as jamais été foutu de les expliquer correctement ! Alors j'accepte de te croire pour les Zoras. J'ai juste besoin de savoir ce qu'elles fichent ici. Ensuite, j'irai voir notre chef. Et s'il faut que je le frappe pour lui faire entendre raison, j'me ferai un plaisir de le tabasser !

- NYAHAHAHA ! Tu veux juste te battre contre lui encore ! s'étrangla de rire Fuh'ma.

Narh'su marqua un long temps d'arrêt, signe de sa profonde réflexion. Avant que sa main ne parte pour claquer Fuh'ma. Ce dernier esquiva le coup de justesse, sentant la main de l'autre caresser ses cheveux. Sauf que Narh'su était vif quand il était agacé : ses doigts s'enroulèrent autour de sa crinière et il tira dessus pour le ramener vers lui, le faisant gémir de douleur ! Cela avait beau être une transformation, c'était affreusement désagréable ! Il piailla de plus belle, fortement contrarié. Comprenant que Fuh'ma n'allait pas se taire facilement, Narh'su sorti un de ses talismans qu'il colla sur la bouche de son cadet (après l'avoir léché afin de dégoûter Fuh'ma) et garda ses cheveux entre ses doigts pour qu'il arrête de dire des conneries.

- Tu vas vraiment faire ça ? demanda Kah'ge, méfiant.

- Oui. Tu as ma parole.

- O-okay alors… Et moi ? Je fais quoi ?

- Tu vas dans la région de Firone. T'as eu ta nouvelle affectation mais t'es pas encore sorti de l'auberge. Nous, on peut se permettre de ne pas obéir pour le moment. Alors… va là-bas. Je te jure sur la tête de Fuh'ma que je ferai tout pour qu'ils entendent raison.

Ce dernier protesta vivement mais personne ne comprit rien à ce qu'il disait. Alors Fuh'ma s'échappa de sa prise, arracha le talisman avant de pester et de cracher, dégoûté à mort de ce que l'autre avait osé faire et râla sur la modification qu'il avait fait sur son masque qui lui permettait de tirer sa langue au travers sans avoir à l'enlever. L'autre haussa les épaules avant de pointer le désert du doigt et Fuh'ma disparut immédiatement. Kah'ge regarda Narh'su, perplexe : il avait été affecté à leur équipe et ils avaient travaillé ensemble. Mais Kah'ge ne se considérait pas spécialement proche de lui. Le voir prendre une telle initiative, cela le laissait sceptique. Il savait l'autre ambitieux. Qu'est-ce qu'il y gagnait à l'aider ?

- Pourquoi tu fais ça… ? demanda Kah'ge.

- Qui sait ?

- Réponds-moi, andouille !

- J'en sais rien, moi. J'avais envie aujourd'hui. C'est tout.

- Narsuke !

- RAH ! Mais arrêtez de m'appeler par mon prénom ! S'moche ! J'aime pas !

- Parle alors !

- Sinon quoi ?

- NARSUUUUUKE !

- MAIS CA SUFFIT OUI ?!

Il y avait bien une chose que Narh'su détestait le plus au monde, c'était d'être appelé par son prénom complet. Kah'ge l'avait découvert à cause de Sah'to qui l'appelait comme ça pour le recadrer mais Fuh'ma et lui, ils disaient ça pour rigoler. Pour l'embêter. Et il l'avait toujours pris comme une mauvaise blague, boudant beaucoup mais sans jamais lever la voix. Aussi en l'entendant crier de la sorte, Kah'ge se recula, choqué. Narh'su était super flegmatique. Il… ne s'énervait jamais et prenait tout avec un certain détachement.

C'était donc super rare de le voir se mettre en colère comme il venait de le faire. Et ce dernier n'en semblait pas spécialement fier, vu qu'il passa sa main sur son masque, exaspéré de s'être laissé à l'emportement. Encore plus quand ce dernier n'aidait pas Kah'ge à être en confiance.

- J'ai mes raisons, déclara simplement Narh'su. Va où tu dois aller. Juste… fais-moi confiance. Okay ?

- … Okay.

Narh'su approuva à son tour et Kah'ge ne sut quoi dire de plus. Alors il se glissa jusqu'à l'entrée du repaire, pensant préparer son voyage jusqu'à Firone. Il frotta nerveusement son bras quand il pénétra dans sa chambre. Il avait la sensation qu'on lui cachait des choses et cela n'était pas pour lui plaire. Il se hâta de rassembler ses affaires et cette fois, il veilla à ne pas oublier ses armes ! Sur le départ, il ne croisa ni Narh'su ni Sah'to. Ce qui lui procura un sentiment étrange : quand il avait commencé à être sur le terrain, il avait été retenu par son officier et était parti avec ses camarades.

Là… il était seul.


Et oui, y a des choses bizarres qui se passent pendant que notre Héros est en vadrouille :3c ! Merci de m'avoir lu ~! Rendez-vous très vite pour la suite !