Bonsoir à tous!
Je sais... vous n'y croyiez plus...ça fait tout drôle de revenir ici!
Mais j'avais promis que je finirais cette fanfiction et je vous l'annonce: c'est chose faite!
Les dix derniers chapitres sont écrits!
Entre temps, j'ai écrit un livre original, presque fini un second... voilà pourquoi vous n'avez pas eu de mes nouvelles.
Vous aurez eu la fin de cette histoire d'ici au 4 mai, et j'envisage de terminer également le journal d'une nécromancienne.
Bonne lecture!
Chapitre 131 : L'arrestation 1
- Bonjour Harry ! Lança la voix claire de Lucy par-delà les parois à mi-hauteur des bureaux des aurors.
Quelques pas qui avancent puis :
- Bonjour Savage !
- Bonjour Stansett, répondit celui-ci
Et Lucy de rejoindre son coéquipier.
- Ça fait toujours plaisir d'être invisible... lança Kécile
- Ignore-là, c'est ce que tu as de mieux à faire.
- Je n'ai surtout pas trop le choix !
- Gaunt ! Beugla la voix bien reconnaissable du chef dans la salle.
- Oui, chef ?
- Dans mon bureau !
Savage haussa les sourcils et enjoignit Kécile à obtempérer rapidement. Elle se glissa entre deux piles de dossiers qui jonchaient le sol et fila en direction de la porte grande ouverte qui semblait l'attendre de manière menaçante.
- Quelque chose ne va pas, chef ?
- Fermez la porte, Gaunt.
Robards ne semblait pas en colère et le regardait tranquillement pendant qu'elle s'asseyait, avant de lui tendre un cliché.
- Regardez cette photo. Cet homme vous dit quelque chose ?
Kécile n'arrivait pas à identifier le sentiment confus que le visage lointainement familier lui procurait.
- Oui, je le connais. Je ne sais pas où mais je le connais.
- Il porte la marque. Mais il jure ses grands dieux qu'elle date de la seconde guerre et qu'il a été enrôlé de force.
- Il était sur le champ de bataille ?
- Non.
- Raffleur ?
- On ne sait pas. Il a eu des activités louches ces dernières années mais nous n'avons aucune preuve tangible.
- S'il n'était pas sur le champ de bataille c'est que je l'ai croisé avant.
- Au manoir de Voldemort peut-être ?
- Commandant, est-ce que ça va devenir pour vous une habitude de me rappeler cette période ? Grommela Kécile.
- Gaunt, ne vous bercez pas trop d'illusions. Si je vous ai accepté dans mes rangs malgré votre nom et votre génétique c'est certes pour votre habileté au combat mais surtout pour ce genre d'informations cruciales que vous pouvez nous fournir.
- Et bien cela a le mérite d'être clair... se renfrogna-t-elle.
- Entendez bien ce que je vous dis, Gaunt, je ne suis pas en train de douter de votre intégrité. D'autres s'en chargent bien assez comme ça. Mais vous devez mériter votre place ici plus que les autres.
- De mieux en mieux, répondit Kécile d'un ton acide. Alors, votre homme, il s'appelle comment ? Dit-elle sèchement en reprenant la photo.
- Alban Cohet.
Alors qu'elle fixait le visage de l'homme, ça lui revint comme un boomerang. Les entraînements peu avant son premier meurtre.
- J'ai travaillé avec lui lors d'entraînements au manoir. Ça date... été 1992.
- Mangemort alors.
- En tout cas à cette époque, sans l'ombre d'un doute.
- Parfait. Nous allons l'arrêter et on vous demandera sans doute de témoigner contre lui.
Kécile soupira, mais acquiesça.
- Et Guhler ? Vous aviez parlé que je témoigne contre lui.
- Quand on l'aura attrapé. C'est du plus gros gibier celui-là. Vous pouvez disposer.
Kécile quitta le bureau sans un mot et traversa la Ruche pour rejoindre son coéquipier.
- Harry, tu voudrais bien m'aider, s'il-te-plaît ?
Kécile tourna brusquement la tête pour voir Lucy, une fesse assise sur le bureau de Harry qui lui tendait un parchemin.
- J'aimerais avoir ton avis... ajoutait-elle avec une voix que Kécile trouvait, peut-être de manière pas objective du tout, très niaise
Elle détourna la tête avec agacement et s'affala près de Savage qui lui tendit un dossier.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle sans entrain.
- Ta rédaction du jour.
- Génial... soupira-t-elle. Pourquoi j'ai l'impression que ça va être une journée pourrie aujourd'hui ?...
Le lendemain matin, Kécile comatait devant son chocolat, et Harry n'était pas dans un bien meilleur état, la manche de sa chemise dangereusement proche de la marmelade. Hermione, toujours lève-tôt, s'activait autour de divers papiers qu'elle avait étalés à l'autre bout de la longue table de la cuisine.
On entendit à l'étage un bruit de fenêtre qui s'ouvrait puis tout d'un coup, surgit un minuscule hibou qui voletait en piaillant dans tous les sens.
- Ron ! Hurla Hermione, faisait sursauter les deux endormis. Tu as du courrier. Et dépêche toi où tu vas être en retard !
- Il faut vraiment qu'on trouve un moyen pour pouvoir communiquer dans cette baraque sans avoir à hurler... marmonna Kécile.
- Des interphones, répondit Harry.
- Des quoi ?
On entendit le bruit de Ron qui dévalait les escaliers, les cheveux encore en bataille.
- Je ne trouve plus mon strutoscope, se plaignit-il. On fait des planques interminables en ce moment et ça permet de ne pas avoir à être aux aguets sans arrêt...
- Tu peux emprunter le mien, si tu veux, dit Harry.
- Merci, vieux.
- Tiens Ron, dit Hermione en lui tendant la lettre, alors que Dobby lui présentait une assiette pleine qu'il commença à engloutir en deux deux tout en ouvrant sa lettre.
- C'est Ginny...
Kécile se demanda ce qu'elle devenait ces derniers temps. Tout ce qu'elle savait c'était que la jolie rousse avait décroché un contrat chez les Harpies ce qui n'avait pas beaucoup plu à la matrone Weasley.
Elle avala le fond de son bol quand un drôle de bruit l'interrompit.
Ron tentait tant bien que mal de recracher les haricots qu'il avait avalé de travers.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione.
- Ginny sort avec Krum !
- Quoi ? S'étrangla Harry alors qu'Hermione ne pouvait cacher sa surprise.
- Alors ça ! S'exclama-t-elle... je n'imaginais vraiment pas que ça finirait comme ça.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? S'exclama Ron.
- Je les ai mis en relation tous les deux... Tu sais bien que j'ai toujours gardé des contacts avec Viktor, et quand Ginny est entrée dans son club, elle m'a demandé s'il pourrait lui donner des tuyaux et...
- Ben apparemment, il a fait plus que lui donner des tuyaux, grogna Ron.
- Mais c'est super, non ? Fit Kécile, qui ne voyait pas où était le problème.
- Il est beaucoup trop vieux pour elle ! Protesta Ron.
Hermione et Kécile échangèrent un regard de connivence devant tant de mauvaise foi.
Mais Harry resta silencieux.
Ce ne fut qu'alors qu'ils marchaient dans le hall du Ministère, Kécile le prit à part.
- Ça te dérange pour Ginny ?
- Non, fit-il après un temps de réflexion, mais … ça fait bizarre.
- Quoi ? Que Ginny ait un autre petit copain ou que ce soit Krum ?
- Un peu des deux, j'imagine... répondit innocemment Harry.
- Je ne vois pas ce que ça change pour toi de toute manière. Tu n'es plus avec elle alors qu'est-ce que ça peut te faire qu'elle soit avec lui ou le bassiste des Bizarr's sisters ?
- Mais c'est juste que...dis ! S'exclama-t-il brusquement soupçonneux, tu ne serais pas en train de me faire une crise de jalousie ?
- Je ne sais pas,vu ta réaction !
- Ecoute, Ginny compte beaucoup pour moi. C'est une sœur, au même titre que je considère Ron comme mon frère.
- Tu n'as pas couché avec Ron, que je sache.
- Mais ça n'a rien à voir ! S'agaça Harry. Et puis ça devrait te rassurer au contraire, puisque maintenant Ginny a complètement refait sa vie.
- Je ne sais pas, je n'ai pas l'impression que ça te fasse plaisir.
- Ecoute, j'ai juste été surpris, d'accord ! Imagine que... je ne sais pas... tiens, Severus ! Imagine que tu apprennes comme ça dans une lettre que Severus est en couple avec quelqu'un. Ça ne te ferait pas tout drôle ?
Kécile eut une grimace.
- Mauvais exemple, Harry, mauvais exemple...
Ils passèrent la porte de la Ruche.
- Harry ! S'exclama Lucy. Super que tu sois là, tu ne vas pas le croire, regarde ce que j'ai trouvé !
- Vous n'êtes pas en équipe, je me trompe ? Râla Kécile. C'est moi ? Je fais encore une crise de jalousie, ou elle est vraiment collante ?
Harry et Kécile avaient réussi à poser une journée de congés et avaient décidé de passer leurs deux jours de week-end au Clos-la-Rive pour organiser leurs fiançailles.
Kécile avait échangé des lettres avec Severus pendant quinze jours pour obtenir qu'il vienne également sur la journée du dimanche. Il s'était moqué en lui demandant si elle tenait à avoir son avis sur la décoration florale, et elle avait rétorqué qu'elle voulait son avis quant au choix des invités.
« Imagine qu'il me prenne l'envie d'inviter toute la famille Lovegood ? »
Sa menace ultime avait été qu'elle n'hésiterait pas à déplacer cette réunion et ces discussions dans les appartements même du directeur de Serpentard s'il ne daignait pas bouger ses fesses et faire preuve d'un peu de civisme.
Severus avait fini par céder.
Albus, Ludivine, Severus et les deux futurs fiancés se retrouvèrent donc en ce dimanche matin devant la cheminée du petit salon qui ronflait déjà en ce froid matin de novembre. Dehors, le brouillard en provenance de la Loire avait tout recouvert.
Il fut rapidement convenu que les fiançailles auraient lieu en petit comité au square Grimmaurd mais que le mariage aurait lieu au Clos dans le parc et dans le grand salon du rez-de-chaussée.
Kécile finit par négocier comme témoin Draco et Hermione, tandis que ceux de Harry seraient Ron et Luna.
Il aurait préférer choisir Ginny, mais Albus fut très ferme quant au fait que les deux témoins ne devaient pas être de la même famille. Le choix de Harry se porta alors aussitôt sur la jeune Serdaigle en apprentissage avec Ludivine.
- Est-ce à dire que Lovegood va nous illuminer de sa présence ? Demanda Severus
- Si tu demandes si Xenophilius sera invité, oui, il le sera.
- Est-ce que ma présence sera absolument nécessaire ?
- Severus, si tu ne viens pas à mes fiançailles et à mon mariage, je te déshérite !
Le dit Severus haussa un sourcil narquois.
- Non, mais sérieusement, tu es venu aux fiançailles de Ron et Hermione, tu ne vas pas me faire un caprice et ne pas venir aux miennes !
- Avec les Weasley, le petit comité se traduit aussitôt par 80 personnes. Il est facile d'éviter les gens indésirables.
- A se demander qui est désirable avec vous, marmonna Harry.
Ils étaient en train de fixer une date pour les deux célébrations et le mois de mai leur semblait idéal, lorsqu'on frappa à la porte d'entrée.
- M. Lovegood, annonça Tino.
- C'est pas vrai ! Gronda Severus.
- Je vais aller lui ouvrir, merci Tino.
- Tu ne peux pas passer un week-end sans qu'il te fiche la paix ! S'exclama Severus en se levant comme Ludivine.
- En quoi ça te dérange ? Ce n'est pas comme si ta présence était particulièrement remarquée au Clos. - - Il est le bienvenu tout autant que toi. Lui, apparemment, semble avoir envie de me voir.
- Il n'en pincerait pas pour toi, Ludivine ? Demanda Kécile. Un de ces quatre, il va finir par te faire une déclaration.
- Et alors, quand bien même ? Qu'est-ce qui m'empêcherait de refuser ? On ne peut pas dire qu'on me laisse beaucoup d'espoir ailleurs...
- Tu imagines, Harry, on pourrait presque faire nos fiançailles ensemble ! S'amusa Kécile.
Severus quitta la pièce à la suite de Ludivine.
- Où allez-vous, Severus ? Tenta de le retenir Albus.
- Je rentre à Poudlard. De toute manière nous avons discuté de l'essentiel, me semble-t-il.
Et il tourna sèchement les talons.
- Quel gamin... marmonna Harry dès que la porte se fut refermée derrière lui.
- A quoi est-ce que tu joues, Kécile ? Demanda Albus. Tu veux le braquer définitivement ? Demanda-t-il avec une lueur de réprobation dans le regard.
- Fais-moi confiance.
Et elle sortit à son tour.
Dans le hall, Ludivine avait ouvert la grande porte et saluait le père de Luna tandis que Severus se glissait dans l'entrebâillement, accordant tout juste un regard au visiteur.
- Bonjour M. Lovegood ! Désolée, je reviens tout de suite, dit Kécile en se lançant à la poursuite du fugitif après une brève salutation.
La porte se ferma derrière eux et Kécile dévala les marches du perron pour rejoindre Severus qui marchait à grandes enjambées le long de l'allée.
- Severus, attends-moi ! Cria-t-elle. Pourquoi est-ce que tu prends la mouche ? Demanda-t-elle lorsqu'elle parvint à lui attraper le bras.
- Je ne prends pas la mouche.
- Ta mauvaise foi est toujours un régal...
- Ça te réjouit de voir cet imbécile faire la cour à ta mère ?
- Pas plus que toi. Mais moi, contrairement à toi, je ne peux rien y faire.
- Je ne pense pas que ta mère attende quoi que ce soit de moi.
- Elle n'espère plus rien, c'est sûr, tu as fait tout ce qu'il fallait pour. Maintenant si tu crois qu'elle ne souhaite plus rien parce que tu es perpétuellement désagréable, tu te trompes. Il faut quand même être sacrément atteinte pour tomber amoureuse de toi et de ton foutu caractère... et savoir à quoi on s'engage ! Et puis arrête de l'appeler « ma mère ». J'aime pas l'appeler comme ça et ça fait vieux couple de divorcés.
Severus continuait à marcher d'un pas vif. Kécile s'arrêta brusquement.
- Bon, écoute, Severus, c'est très simple. Tu crèves de jalousie. Je sais que tu as un penchant pour l'autoflagellation, mais ça ne peut pas durer indéfiniment. Le choix est simple : soit tu restes, soit tu pars et tu peux faire une croix sur Ludivine.
- Tu veux que je reste, que je m'excuse et que je fasse des politesses . Très peu pour moi.
- On ne t'en demande pas tant, ricana Kécile. Si tu restes, Ludivine le prendra pour des excuses, et tu fais comprendre à Lovegood que c'est chasse gardée. Ça me semble beaucoup plus dans tes cordes.
Severus s'arrêta enfin.
- C'est ce que tu veux ?
Kécile leva les yeux aux ciels.
- C'est ce que tout le monde veut, s'exclama-t-elle sans cacher son exaspération : Ludivine, Albus, moi... même Harry ! Il n'y a que toi pour douter qu'on veuille de toi dans la famille.
Severus restait toujours figé, en proie à son dilemme.
- Et puis, j'ai une faveur à te demander ! J'ai déjà un taré comme père biologique, je n'ai pas envie d'avoir un illuminé d'un autre genre comme beau-père !...
Ce mardi matin, alors que Kécile traversait le bureau des aurors, elle avait un grand sourire. Ses fiançailles avec Harry auraient lieu dans 6 mois exactement comme elle l'avait imaginé : uniquement avec les gens bienveillants envers eux deux et qui comptaient dans leur vie. Elle était contente de reprendre son travail après un week-end où elle avait pu profiter pleinement d'Albus, Harry et de Severus. Quand elle pensait à ce dernier, elle ne pouvait s'empêcher d'être secouée d'un petit rire. Après le retour de Severus au salon, le spectacle avait été hilarant. Du point de vue de Kécile en tout cas.
Avec sa langue acérée et son air de ne pas y toucher, Severus avait tourné le pauvre Xenophilius en ridicule. Si le père de Luna n'avait pas compris qu'il avait là un ennemi déclaré, son cas était désespéré. Il avait au moins fini par comprendre que sa présence était indésirable car au moment de passer à table, alors que Ludivine, toujours polie et affable, lui avait proposé de rester, il avait décliné l'invitation et préféré partir loin des piques acerbes de Severus.
Ludivine avait jeté un regard de reproche au professeur qui n'avait pu empêcher un petit sourire satisfait en retour.
Harry avait avoué être très mal-à-l'aise. Surtout vis-à-vis de Luna pour qui il avait une réelle affection.
- Moi aussi j'aime beaucoup Luna, avait rétorqué Kécile. Mais excuse-moi de choisir Severus dans la bataille. Je sais bien que Mr Lovegood n'est pas méchant et bourré de bonnes intentions, mais honnêtement, écoute le parler ! Luna est une personne parfaitement rationnelle à côté de son père !
- Peut-être, mais Severus n'a pas besoin d'être méchant.
- Harry, tu as oublié l'époque des cours de potions dans les cachots ou quoi ? Il a été blessant, certes, mais pas méchant. Et puis c'est sa manière d'être quand il veut éloigner les gens.
- Ah ça, c'est sûr que c'est efficace ! Je ne pense pas que Mr Lovegood reviendra au Clos s'en s'être assuré avant que Severus n'est pas là ! J'espère vraiment que Luna ne verra jamais une scène comme celle de dimanche. C'était humiliant.
Kécile haussa les épaules.
- Il s'en remettra, va.
- Tu es vraiment sans cœur, Kécile... soupira Harry.
- Erreur, mon chéri, je réserve mon cœur à certaines personnes. C'est très différent.
Harry avait voulu l'embrasser, mais ils étaient au beau milieu de la Hall aux poudres, et Kécile s'était dérobée.
- Dis- donc, mon amour, tu sais qu'on est bientôt fiancés ? Tu ne vas pas pouvoir garder notre relation éternellement confidentielle.
- Non, mais j'ai bien l'intention de profiter de la situation jusqu'aux dites fiançailles !
Kécile salua joyeusement Savage lorsqu'elle arriva à leurs bureaux.
- Bonjour Philip !
- Bonjour Kécile, tu as l'air en forme ! Ça tombe bien, on a du boulot. Chambers et Ryan sont sur la piste d'un mangemort et ont besoin de renfort. Le chef nous a désigné. On part dans une heure.
Kécile acquiesça et passa à la réserve. Elle y retrouva Harry qui venait comme elle faire le plein auprès du magasinier et Williamson qui rapportait un des portoloins réservés au service.
- Gaunt, qu'est-ce qu'il vous faut ?
- Poudre de cheminette, dit-elle en tendant sa bourse presque vide. Mettre à jour ma carte de transports moldus, (c'était devenu plus complexe depuis que les cartes étaient devenues magnétiques et le magasinier se chargeait de les recharger tout comme les machines moldues pouvaient le faire. ) Et Savage m'a demandé de nous équiper de bracelets anti détection. Et puis je vais vous prendre un détecteur de magie noire.
- Oh là ! Vous partez chasser du lourd ? Demanda Harry alors que l'homme s'éloignait pour lui trouver ce qu'elle demandait.
- Guhler, lui souffla-t-elle à l'oreille.
Mais elle s'éloigna brusquement lorsqu'une silhouette arriva d'un pas alerte en leur direction et étreignit Harry sans crier gars.
- Bonjour Harry !
- Bonjour Lucy... fit celui-ci déconcerté.
- Ton week-end s'est bien passé ?
- Euh, oui... Alors, où en est ton enquête ?
- On espère pouvoir attraper notre bonhomme samedi prochain. Notre indic nous a informé qu'il serait de sorti. Si c'est le cas, je t'invite à manger quelque part dimanche pour fêter ça ! Tu m'as bien aidé !
- Oh... euh... de rien... mais euh... ce n'est pas la peine pour le resto, tu sais, entre collègues, c'est normal.
- J'insiste...
- Hum, hum...
- Tu as quelque chose prévu ? Demanda Lucy la mine inquiète.
- Et bien, pas vraiment mais...
Kécile eut très envie de donner une bonne claque à Lucy pour lui faire fermer son bec et une autre à Harry pour lui apprendre à savoir dire non. Elle ouvrit la bouche quand :
- Potter et Fiertalon sont avec nous ce week-end, coupa Williamson.
- Ah bon ?
- Oui, une affaire confidentielle... insista l'auror.
- Oh... une prochaine fois alors.
- On verra... répondit Harry évasif.
Le magasinier revint et les aurors se turent. Kécile attrapa son matériel, sa bonne humeur envolée remplacée par une grande contrariété.
En partant, elle jeta un regard d'avertissement à Harry puis fit un grand sourire moqueur à Lucy en disant :
- On ne sait jamais, avec un peu de chance, vous n'attraperez pas votre proie !
Et elle quitta la réserve en ignorant superbement le « connasse » qui résonna dans son dos.
Quand elle rejoignit ses coéquipiers devant la porte, Savage s'exclama d'un ton narquois :
- Et bien, où est donc passée ta bonne humeur ?
Elle lui jeta un regard noir avant de tourner son regard vers Chambers.
L'auror leur expliqua leur mission du jour. Ils allaient tenter de repérer la planque de Guhler, où il semblait qu'il retrouvait régulièrement d'autres sorciers affiliés de près ou de loin aux mangemorts.
- Tu penses qu'il peut être à la tête des attaques ? Demanda Savage
- C'est probable, dit Chambers .
Kécile émit un bruit sceptique.
- Tu n'as pas l'air d'accord, Gaunt ?
- Guhler n'a jamais été un meneur d'hommes. Il y a d'autres mangemorts influents. Rookwood et Travers par exemple.
- On n'a pas la moindre trace d'eux.
- Ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas sur le territoire ! Surtout Rookwood. C'est un maître de la dissimulation.
- Il ne nous reste plus qu'à espérer que coffrer Guhler nous mènera aux deux autres. On transplane dès qu'on est dans la rue. Ryan, tu prends Gaunt avec toi et on se retrouve dans l'usine.
Quelques minutes plus tard, ils apparaissaient dans un bâtiment moldu désaffecté qui semblait être une ancienne usine de conserves. Une odeur persistante de fer et de vinaigre imbibait les lieux. Ryan grimpa prudemment le long d'une échelle rouillée qui conduisait à une passerelle, faisant signe aux autres de le suivre. Par des fenêtres à moitié brisé, ils voyaient une rue au béton défoncé et un pâté de maisons de l'autre côté. Elles n'étaient apparemment pas inhabitées car quelques plantes rachitiques, des cordes à linge et un chien qui tournait en rond dans une courette indiquait que des gens habitaient toujours dans ce coin peu reluisant.
- C'est tout ce qu'il y a de plus moldu, constata Savage. Pas la planque idéale pour un mangemort, non.
- Guhler n'était pas anti-moldu. Ce n'est en tout cas pas ce qui l'a amené chez Voldemort, murmura Kécile. Il est sang-mêlé.
- Sérieux ?!
- Oui, Bellatrix se moquait suffisamment pour que tout le monde le sache. Il ne s'en est jamais caché.
- Ça n'empêche qu'il ne peut pas faire de magie dans le coin sans être aussitôt remarqué.
- Apparemment, ça ne le gêne pas... C'est pour ça qu'on a eu tant de mal à le retrouver. Il se sait sans doute surveillé, car il n'utilise la magie que dans des lieux bondés de sorciers. A Rome, fais comme les romains...
- Et donc, qu'est-ce qu'on attend ?
- Qu'il revienne.
- Et que tu le reconnaisses, accessoirement, ajouta Ryan à l'intention de Kécile.
- Quoi ?!
- On ne sait pas exactement ce qu'il a fait mais il a changé de physique par des techniques moldus qui nous sont donc indetectables.
- Mais comment vous savez qu'il habite ici ?!
- On a pu remonter sa signature magique. On en avait gardé un échantillon d'une affaire de 1986 et on l'a traqué depuis des mois. On a repéré sa signature dans le coin. Apparemment, il transplane régulièrement, mais il doit changer d'endroits car on ne l'a jamais vu faire.
- Donc si je comprends bien, vous avez passé des mois à traquer une signature magique sans jamais voir la tête du sorcier en question...
- Non...
- Et bien ça a dû être une sacrée partie de plaisir ! Marmonna Kécile.
- Je ne te le fais pas dire, acquiesça Ryan.
- Maintenant la partie de chat a assez duré. Donc on espère que tu vas être en mesure de l'identifier pour mettre fin à cette traque interminable.
- Mais comment ?! Vous ne pouvez pas tout simplement lancer un sort pour voir qui est sorcier ici ?
- On est sûr de le faire fuir définitivement avant de l'avoir attrapé, intervint Savage. Quand on a affaire à un loustic pareil, il vaut parfois mieux perdre quelques semaines plutôt que de l'alerter.
- Mais comment je fais, moi ?!
- Fis-toi à d'autres signes que le physique : la voix, la démarche...
- Vous en avez de bonnes, vous... ça fait quand même presque dix ans que je ne l'ai pas vu.
Les trois autres échangèrent un coup d'oeil déçu.
Kécile se renfrogna. De toute évidence, ils comptaient sur elle. Elle s'accouda au rebord en béton devant une vitre opaque et tenta de se remémorer ses souvenirs avec l'homme. C'était un homme assez effacé pour ce qu'elle en savait. Il était plus petit et plus carré que Lucius qui lui enseignait à la même époque. Mais elle ne parvenait plus à faire résonner sa voix dans sa tête. Ce n'était pas le genre d'homme à tenir des monologues ni à aimer s'écouter parler comme Lucius.
Alors la longue attente commença. Ils discutèrent en chuchotant, se relayant toutes les heures pour faire le guet à la fenêtre. Dès que quelqu'un approchait, Kécile était prévenue et venait observer le nouveau venu. Mais elle avait beau se concentrer, la vue de ces quelques inconnus n'éveillaient aucun soupçon ou aucun souvenir.
Les heures tournaient. Savage partit leur chercher à manger. Et le silence s'installa un moment. Kécile ne connaissait pas trop Chambers. Mais une réflexion restait toujours au coin de son esprit.
- Dis Ryan, lança-t-elle à son collègue qui fixait la route déserte. C'est moi qui me fait bouillir le chaudron ou Lucy fait du gringue à Harry ?
Ryan haussa les épaules, visiblement peu désireux de se mouiller.
- Je ne la connais pas, la petite Stansett, intervint Chambers, mais en tout cas ça m'en a tout l'air. Et notre Elu a l'air plus efficace pour se débarrasser de mages noires que des filles envahissantes ! On dirait qu'il ne s'est jamais fait draguer le pauvre garçon...
- Ben... non en fait... répondit Kécile
- A d'autres ! Les célébrités sont toujours très courtisées...
- Au cas où tu l'aurais oublié, il n'a pas toujours été si - populaire que cela.
- En revanche il ne l'a jamais été autant qu'aujourd'hui. Alors si tu veux mon avis, la petite Stansett n'est que la première.
- Merci Kimberley, maugréa Ryan, tu nous aides énormément, alors qu'il échangeait un coup d'oeil avec Kécile.
- Celle-ci comprit que le jeune auror avait connaissance de quelque manière que ce soit de sa relation avec Harry. Et leur coup d'oeil n'échappa pas au regard acéré de Chambers.
- Quoi ? S'exclama-t-elle dans un chuchotement tinté de rire. Tu as des vues sur lui ?
Kécile fut sauvée par le retour de Savage avec des sandwichs insipides. Et l'attente recommença.
Ce fut Chambers qui appela Kécile, alors que le soir commençait à tomber.
- Quelqu'un arrive.
C'était clairement un événement, car il y avait eu en tout et pour tout trois alertes dans la journée. L'endroit glauque n'attirait pas foule...
Kécile grimpa sur l'échelle déglinguée et glissa prudemment un œil par la fenêtre. Un homme courtaud marchait d'un pas pressé le long de la rue mal éclairée. Il était vêtu d'un par-dessus informe, typique de ce que les sorciers pouvaient porter afin de métamorphoser leur cape sans effort. Mais c'était un indice bien maigre pour supputer que cet inconnu anodin était un sorcier. Il avait une teinte châtain virant furieusement sur le gris, ce qui pouvait correspondre à un Fulbert Guhler ayant pris dix ans. Il n'avait pas de barbe comme l'ancien mangemort, cependant rien n'était aussi aisément modifiable. Les traits de son visage étaient masqués dans la pénombre.
L'homme leva le bras gauche devant lui et tira sa manche de sa main droite.
Kécile eut un flash. Ce geste, elle l'avait vu le faire des centaines de fois. Sans doute était-ce un tic qu'il avait pris au moment où il avait été marqué par Voldemort. L'homme refit ce geste un peu plus loin après avoir fouillé dans sa poche pour en tirer des clés.
- C'est lui, chuchota Kécile avec frénésie.
Les autres bondirent silencieusement de leurs positions, tandis que Kécile ne lâchait pas l'homme du regard pour observer dans quelle maison il rentrait.
Chambers et Savage se retrouvèrent à ses côtés en une seconde mais eurent à peine le temps d'apercevoir la silhouette que la porte d'entrée se refermait derrière leur proie.
