Chapitre 135 : Le dernier mangemort

Robards était assis devant son bureau, le visage posé sur ses poings joints. Kécile, encore sous le choc, était assise sur une chaise en face de lui tandis que Harry, debout derrière elle, lui tenait les épaules. Il avait refusé de la laisser. Sa mission avait été ajournée et Fiertalon avait pris la place de Leach qui avait été renvoyé chez lui.

Tout le département était en émoi. Harry pouvait entendre la rumeur sourde inhabituelle qui agitait la Ruche, derrière la porte. L'endroit bourdonnant du choc n'avait jamais si bien porté son nom.

- Vous aviez douze ans ? C'est ce que Potter a dit ?

Kécile acquiesça. Robards haussa les sourcils avec une moue désabusée et eut un geste vague de la main, comme s'il ne savait que faire de cette information qui dépassait tout ce qu'il avait pu entendre.

On frappa à son bureau. Kingsley Shacklebolt entra. Robards se leva pour le saluer et lui proposa un siège à côté de lui, en face des deux jeunes aurors.

- Harry, je vais te demander de sortir, s'il-te-plaît.

- C'est hors de question !

- Ce n'est pas négociable, Harry.

Devant le regard ferme, le jeune homme dut céder.

- Vous avez intérêt à faire attention à ce que vous dîtes, lança-t-il sèchement.

- Tu peux me faire confiance, Harry, répondit Kingsley d'un ton rassurant.

Et la porte se referma sur lui, laissant Kécile face aux deux hommes.

Robards relata rapidement la scène au Ministre, qui demanda ensuite à Kécile de leur raconter cette nuit fatidique. Elle s'exécuta d'un ton monocorde et raconta tout : la peur, la nausée, la torture, la catatonie dans laquelle elle avait obtempéré et le visage de cette enfant qu'elle revoyait dans ses cauchemars.

- Qui d'autre sait ?

- Albus et Severus.

Amelia Bones ?

- Non. La justice n'a jamais eu vent de tout cela. Albus n'en a jamais parlé.

- J'en parlerai à Amelia. Leach peut souhaiter porter plainte. Mais quelle que soit sa décision, tu n'as pas à t'inquiéter d'un envoi à Azkaban. Tu ne seras pas considérée comme responsable de tes actes. Maintenant ceci posé, la première chose c'est de faire taire les aurors qui ont assisté à la scène.

- Je m'en charge. Cette information ne sortira pas de la Ruche.

- Ceci dit, il va falloir faire preuve de courage et de patience, Kécile, car tous les aurors ne t'absoudront pas aussi facilement.

- Je vais donner ma démission, dit Kécile doucement.

- Certainement pas !

- Si, Commandant. Je n'ai pas le choix. Maintenant que tous mes collègues savent, comment voulez-vous que je sois légitime ? Et ça n'a rien à voir avec ma responsabilité dans ce crime ou non. Je ne pourrais jamais m'intégrer ici.

- Vous faites du très bon boulot, Gaunt. Savage est très satisfait et vous êtes en bons termes avec vos autres coéquipiers... si on omet Miss Stansett, évidemment.

- Mais j'ai beau essayer, je ne suis pas comme eux ! S'exclama Kécile. Rookwood ne s'est pas tué lui-même, lâcha-t-elle alors avec quelque chose de désespéré. C'est moi qui l'ai tué. D'un avada. Harry a menti pour me protéger.

Un silence consterné s'abattit dans la pièce.

Kécile ferma les yeux, au bord des larmes. Elle avait eu besoin de l'avouer. Pour qu'ils comprennent qu'elle n'avait pas sa place ici. Ça lui était sorti presque tout seul. Mais maintenant elle allait vraiment avoir des ennuis...

- Et bien je ne peux pas dire que ça me surprenne beaucoup... dit Robards d'une voix blasée qui fit relever la tête à Kécile. Deux mangemorts abattus par des sorts perdus... ça fait beaucoup.

- Tout ce que Harry et Draco ont pu rapporter d'autre est vrai.

- J'entends bien... Votre avada était un parmi tant d'autres, n'est-ce pas ?

- On ne va pas se mentir, Kécile, répondit Kingsley. On est tous très content de la manière dont Rookwood a terminé et en ce qui me concerne, de manière purement personnelle, je n'en ai rien à faire de savoir comment il est mort pourvu qu'il soit six pieds sous terre. Maintenant, le Ministre que je suis n'est pas censé balayer ce fait aussi vite et tu le sais pertinemment. La question est de savoir ce que tu veux, Kécile ? Qu'est-ce que tu cherches en nous disant cela ? Te faire virer ? Tu sais que tu risques bien plus qu'un simple renvoi ?

Kécile lui jeta un regard perdu et totalement désemparé.

- Je te propose un marché, Kécile. Moi et Robards allons oublier ce que tu viens de dire. En échange tu t'engages à rester encore au moins 2 ans en tant qu'auror et évidemment, il n'est plus question d'Impardonnables sous l'insigne d'Auror. Est-ce que cela vous semble raisonnable, Robards ?

Le Commandant acquiesça.

- Pourquoi deux ans ? Interrogea Kécile.

- Nous sommes en sous-effectifs depuis la guerre. Chaque auror nous est précieux. Dans deux ans, arrivent de nouvelles recrues... votre absence se fera moins sentir, expliqua Robards.

- Alors marché conclu, Kécile ?

Kécile soupira.

- C'est d'accord... Merlin, je ne vais jamais pouvoir regarder Leach en face... Il va me haïr à un point invivable...

- Leach est quelqu'un de pragmatique. J'aurais une discussion avec lui lorsqu'il reviendra.

Kécile se leva pour quitter le bureau lorsque la voix du Commandant l'interpella :

- Gaunt, si on veut vous garder malgré vos erreurs, ce n'est pas qu'une question d'effectif. Certains n'ont peut-être pas compris ce que ça signifie d'être élevée par Voldemort, mais nous savons à quoi nous nous sommes engagés. Faites nous confiance.

Lorsque Kécile sortit du bureau, Harry se précipita vers elle. Il avait visiblement fait le pied de grue devant la porte.

- Ça va ? Demanda-t-il.

Kécile haussa les épaules en guise réponse. Elle ne savait pas. Ça aurait pu être pire. Elle aurait pu se retrouver à Azkaban.

Kingsley et Robards sortirent à leur tour et le Commandant demanda l'attention de tout le monde.

- Le Ministre et moi-même avons entendu le récit de Gaunt. Quel que soit votre avis sur la question, pas un mot de cette histoire ne doit sortir de la Ruche et je ne veux pas vous entendre en parler non plus. La situation sera suffisamment pénible pour Leach et Gaunt. Personne d'autre que vous n'est au courant, alors si jamais j'entends parler de cet événement au Ministère, à l'extérieur ou pire dans la presse, je trouverai le responsable de la fuite ! Vous pouvez disposer.

- J'en reviens pas qu'elle s'en sorte comme ça... marmonna un auror alors que la foule se dispersait.

- Et le moindre commentaire sur notre décision qui parvient à mes oreilles vaudra à l'intéressé un week-end de permanence supplémentaire !

L'auror en question baissa la tête et fit mine de retourner à son bureau.

- Euh, s'il-vous-plaît, dit Harry en s'avançant, faisant s'interrompre le mouvement général de dispersion, tant qu'on est dans les annonces, j'en profite pour vous dire que Kécile et moi nous fiançons dans quatre mois, et que le mariage est prévu pour dans très exactement un an.

Il prit la main de Kécile et la conduisit jusqu'au coin de leurs bureaux respectifs.

Elle n'eut même pas la force de râler, elle le regarda juste désabusée en murmurant :

- Sérieusement ?

- Comme ça les gens sauront à quoi s'en tenir sur nos relations, ils vont parler et cancaner un bon coup et on n'en parlera plus...

- Ça va surtout être encore un peu plus invivable...

Ce soir-là, Kécile monta directement se coucher sans dîner. Harry ne l'interpella pas. Il passa avaler le repas préparer par Dobby en s'excusant auprès de lui avant de monter rejoindre la jeune femme dans leur chambre.

Elle était déjà couchée, tournée vers le mur opposé et ne bougea pas quand il entra.
Mais Harry savait qu'elle ne dormait pas. Il se changea et vint se glisser sous les draps tout contre elle, l'enveloppant du mieux qu'il pouvait, la tête dans ses mèches noires et soyeuses. Il la sentit se plaquer encore un peu plus contre lui et bientôt il perçut un léger tressaillement de sa poitrine et de discrets reniflements. Il resta là longtemps à embrasser son épaule nue et à caresser la chevelure de jais, à lui murmurer qu'il l'aimait, jusqu'à que la respiration plus profonde devenue familière lui indique que l'épuisement avait eu raison d'elle. Alors, il resta à son tour de longues heures les yeux grands ouverts à se demander de quoi les prochains jours allaient être faits.

Mais dans le département des aurors, on était habitué à garder ses opinions pour soi et les nouvelles ou événements à sensation étaient monnaie courante. Aussi les choses se tassèrent dans la semaine et Kécile aurait presque pu oublier cet incident si elle n'avait pas constamment l'impression de croiser Leach, et de sentir son regard peser sur elle.

Le lendemain de l'incident, lorsque Kécile arriva à la Ruche, Savage lui dit que le Chef voulait la voir.

Elle s'achemina d'un pas lourd vers le bureau et toqua à la porte.

- Entrez !

Quand elle vit qui était dans la pièce, elle eut un temps d'arrêt. Leach se tenait debout près de la fenêtre et l'air était chargé d'une tension palpable.

- Fermez la porte, Gaunt. Et asseyez-vous. Vous aussi Leach.

Les deux aurors obtempérèrent sans un regard l'un envers l'autre.

- Nous avons longuement discuté, Leach et moi. Je voudrais que vous vous exprimiez maintenant l'un envers l'autre. Gaunt est-ce qu'il y a quelque chose que vous voudriez dire ?

Les larmes montèrent aux yeux de Kécile. Qu'est-ce qu'elle pouvait dire au père de l'enfant dont elle était la meurtrière ! C'était surréaliste...

- Tout ce que je peux dire c'est que... je suis tellement désolée... dit-elle la voix étranglée. Ça ne change rien. Ça ne répare rien... et ça n'efface en rien ce souvenir... mon pire souvenir... Si je vous dis que c'est ce que je vois et ce que j'entends face à des détraqueurs ou des épouvantards, ça n'apaisera pas votre chagrin. Mais... je vous le dis quand même. Que le meurtre d'Elise n'est pas juste un événement passager dans ma vie. Ce jour-là... j'ai perdu un peu de moi-même aussi. J'ai perdu mon innocence...

Leach resta longtemps silencieux, sous le regard de Robards et Kécile.

- Je comprends... dit-t-il d'une voix sourde très contrôlée. J'entends ce que vous me dites, ce que le Commandant me dit, ce que les collègues me disent... Je sais que vous n'êtes pas vraiment responsable. Je sais que le coupable c'est Voldemort et je me répète que sa mort a été trop douce pour payer tous les crimes qu'il a commis. Mais je ne peux pas... juste oublier et faire comme si je ne savais rien.

- Je ne vous le demande pas, dit doucement Kécile.

- Je voulais aussi... J'ai eu hier des propos...

- N'en parlons plus, coupa Kécile. N'importe qui aurait réagi comme vous l'avez fait. Ces mots que vous avez prononcés... je les ai pensés de moi-même pendant longtemps alors... Je serai déjà bien contente si vous êtes capables de me regarder autrement qu'avec juste de la haine...

Leach posa enfin les yeux sur elle. Il y avait de la rage, de la souffrance aussi. Mais pas de haine. Et l'auror regarda les larmes qui dévalaient les joues de Kécile, incapable d'exprimer le tumulte qui l'agitait.

- La question maintenant est de savoir si je vous affecte à des missions séparées ou si vous pensez pouvoir travailler ensemble à la capture de Travers.

- On va le faire, gronda Leach. S'il y a bien deux personnes qui méritent de capturer cette ordure, c'est bien nous deux. Alors on va le faire ensemble.

Robards approuva d'un hochement de tête satisfait. Il se leva pour leur ouvrir la porte et serra l'épaule de Leach, fier de l'attitude de son subalterne.

Le soir même, Ryan, Chambers, Ron, Hooper et Lucy et sa coéquipière rentrèrent au bercail avec une belle prise : quatre rafleurs avaient été pris sur les lieux de leur rencontre habituelle. L'équipe de Blaise et de Neville furent mis sur le dossier également. Il ne restait que quelques heures avant que la nouvelle ne s'ébruite et il fallait faire vite si on voulait attraper les complices probables des quatre énergumènes qui refusaient jusqu'à présent de livrer des noms. Blaise et Ryan et leurs coéquipiers furent envoyés à Pré-au-Lard où l'arrière boutique de la poste était soupçonnée de servir de succursale. L'équipe de Ron, Neville et Lucy fut envoyée faire le guet près de la baraque du Chemin de Traverse avec ordre de coffrer quiconque faisait mine d'y entrer.

Le réseau de Cheminette était sous haute surveillance, huit aurors avaient été envoyés patrouiller à la hall aux poudres. Tout le département était sur le qui-vive, sentant que la fin était proche.

Harry, Kécile, Fiertalon, Savage, Williamson et Leach, encerclaient la maison de Travers. La campagne alentours était totalement isolée, et on entendait juste de loin en loin le hululement d'une chouette et le bruit d'un battement d'aile lent qui fendait l'air glacial. Cachés derrière les buissons du jardin, ils scrutaient l'obscurité avec attention en direction de la grande maison.

- Il y a des barrières, chuchota Williamson. On ne va pas pouvoir pénétrer dans le jardin, avertit-il les autres.

- On ne va pas pouvoir poser de sort anti-transplanage tant qu'on ne sera pas certain qu'il est à l'intérieur, conclut Savage.

- Si vous voulez mon avis, on ne va pas pouvoir en poser du tout, grommela Kécile. Il connaît nos techniques. Ce genre de baraque est équipée de systèmes d'alerte. Il n'aurait pas échappé pendant 20 ans aux traques sans cela.

- Gaunt marque un point, approuva Fiertalon.

- Ça veut dire qu'au moindre sort, il sait qu'on est là. Génial... soupira Harry. On fait comment alors ?

- On attend qu'il entre ou qu'il sorte. Si son attitude laisse supposer qu'il se doute de quoi que ce soit, on n'intervient pas. Il faut le prendre par la surprise la plus totale, décida Fiertalon. Quitte à ne pas le prendre aujourd'hui.

- Comme pour Guhler, quoi...

- Je ne suis pas d'accord, dit Savage. Si on l'aperçoit, il faut tenter le tout pour le tout. Si jamais il est en lien avec les Rafleurs, il apprendra très vite le coup de filet qui a eu lieu. Et là, on pourra toujours courir pour le retrouver...

Et l'attente recommença. Cachée par deux rochers entre lesquels elle était coincée dans une position inconfortable, Kécile songea qu'on s'imaginait le métier d'auror comme quelque chose de très actif et énergique. Ce qui pouvait l'être évidemment. Mais paradoxalement, elle n'avait jamais passé autant de temps dans sa vie à attendre.

Ils étaient tous postés à des endroits différents, sans aucun moyen de communiquer.

Et puis tout d'un coup dans le silence épais de la campagne autour d'eux, un craquement caractéristique résonna. Une ombre se dressait sur le pas de porte. A cette distance, Kécile n'avait pas moyen de savoir s'il s'agissait de Travers ou de quelqu'un d'autre.

Mais Leach avait déjà bondi et une flopée de sortilèges volaient déjà en direction de l'homme. Kécile vit Harry sprinter de toutes ses forces sur l'homme alors que celui-ci érigeait une barrière protectrice. Elle comprit pourquoi lorsque l'homme amorça un transplanage. Harry, dans un plat digne d'un rugbyman agrippa l'homme par sa cape et par un pied, le faisant trébucher. Travers ne put transplaner sans risquer de se désartibuler et fit pleuvoir sur Harry ses maléfices, espérant peut-être le mettre en difficulté pour avoir le temps de transplaner. Les autres aurors allaient l'acculer au mur de la maison. Kécile avait pris sa place derrière Harry et dans une technique rodée, paraît les sortilèges à la place du jeune homme qui put alors recommencer à attaquer.

Travers était fait, et il le savait. Il eut alors un geste fou, tentant le tout pour le tout. En une fraction de seconde, il s'était jeté sur Harry, l'avait empoigné par le cou et transplané. Kécile eut tout juste le temps d'agripper un bout de la cape de Harry, et se retrouva emportée par le tourbillon.

Lorsqu'ils atterrirent, ils roulèrent tous les trois. Harry se releva prestement, mais Kécile avait la tête qui tournait.

Travers avait réussi à fuir la plupart des aurors au prix d'en embarquer deux avec lui... C'était sacrément culotté. Kécile dut à nouveau rouler sur elle-même pour éviter un sort vert qui la frôla alors qu'elle était encore au sol. Elle entendit Harry qui se démenait pour lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Puis le duo fit à nouveau front commun.

Travers, la mâchoire crispée, semblait déterminé à les abattre. Il fit surgir une barrière de feu gigantesque qui les coinça dans une fournaise qui préfigurait les portes de l'enfer. Kécile ne pouvait plus se tenir derrière Harry pour les couvrir sans risquer de brûler vive. Elle bondit à sa hauteur et dut faire un brusque écart qui bouscula Harry en évitant un nouvel avada. Elle rongeait son frein pour ne pas lui rendre la pareille, alors que tous ses sens lui hurlaient d'abattre purement et simplement l'homme. Dans sa tête, une voix l'admonestait en lui disant qu'ils risquaient d'y passer si elle ne le faisait pas, et qu'il ne méritait pas mieux. Mais elle avait promis, se répétait-elle en boucle. Elle essayait d'opposer un non ferme et catégorique à chacune de ses impulsions, de ne pas écouter tous les arguments pour y céder qui tournaient dans son esprit surchauffé.

Harry réussit à faire tituber l'homme en arrière tant et si bien que son bras effleura les flammes qu'il avait lui-même produites, mais il ne broncha pas, semblant au delà de la douleur avec son regard fou qui luisait.

Une pluie de fléchettes jaillit de sa baguette, et Kécile obligea Harry à se coucher par terre. Kécile pestait. Travers ne cessait de jeter des sorts qui ne pouvaient s'éviter à l'aide de contre-maléfices. C'était habile. Et comme il avait réduit leur espace vital, ils se retrouvaient coincés et passaient leur temps à se protéger et ne parvenaient pas à l'attaquer. Travers amorça un nouveau transplanage. Mais dans un même réflexe, Kécile et Harry, à même le sol pointèrent leurs baguettes et hurlèrent :

- Impedimenta !

- Incarcerem !

Travers se retrouva projeté dans les flammes, ligoté, bâillonné et incapable de s'en échapper.

Kécile et Harry sous le choc, ne réagirent pas immédiatement. Puis ils se relevèrent précipitamment alors que les flammes autour d'eux faiblissaient puis s'éteignaient. Ils tirèrent le corps calciné et Kécile eut un haut le cœur. L'odeur de chair brûlée était insoutenable. Elle leur appliqua à tous les deux un sort de têtenbulle avant qu'ils ne transplanent pour le Ministère. On se précipita vers eux dès qu'ils apparurent dans la Ruche et il y eut des exclamations de surprise quand on vit ce qu'ils ramenaient.

- Il est mort ? Demanda Williamson.

- Je ne sais pas, dit Harry. En tout cas, il en a l'air.

Fiertalon était penché sur le mangemort.

- J'ai l'impression qu'il vit encore. Londubat, va chercher un médicomage.

Kécile et Harry furent envoyés au rapport chez le Commandant. Robards ne cacha pas sa satisfaction. Le dernier des Mangemorts connus venait d'être arrêté. Ron, Hooper, Lucy, Chambers, Neville et son coéquipier avaient arrêté trois autres Rafleurs dans la soirée. Ils n'avaient bien sûr aucun moyen de savoir combien ils étaient à la base. Mais ils pouvaient supposer que 7 membres en moins plus le leader présumé du groupe, cela allait mettre fin une bonne fois pour toutes aux attaques qui visaient toutes les personnes qui avaient été cités lors de la Cérémonie de remise de médailles, deux ans auparavant.

- Vous avez un bel avenir devant vous, jeunes gens, concéda-t-il à la fin de l'entretien. Et j'espère bien pouvoir vous mettre en duo dans deux ans lorsque vous n'aurez plus à être sous la responsabilité d'un ancien auror, dit-il avec un regard appuyé à Kécile.

Celle-ci se mordait les lèvres. Bien sûr, la nuit lui avait procuré une sacrée distraction, bien sûr, malgré le danger, elle reconnaissait que l'adrénaline du combat était toujours excitante. Mais...

- Au fait, Gaunt, entre vous et moi, cette fois, pas d'avada ?

- Non, Commandant, pas d'avada. Ce n'est pas faute d'en avoir eu envie pourtant.

- Et bien, vous voyez ? Vous apprenez. Votre cas n'est pas aussi désespéré que vous voulez le croire !

Lorsque Kécile et Harry rentrèrent chez eux, il était sept heures du matin passé. Ils s'effondrèrent sur leur lit de sommeil et dormirent toute la journée jusqu'au soir. Kécile leur fit avaler une potion de sommeil pour dormir la nuit suivante.

Le lendemain matin, lorsqu'ils arrivèrent à la Ruche, la nouvelle tomba : Travers était mort des suites de ses brûlures dans la nuit.

- Bon débarras, grommela Leach. Il échangea un coup d'oeil avec Kécile avant de se retourner.

Celle-ci partageait son avis. Elle n'allait certainement pas regretter la mort de ce fou furieux. Mais une certaine amertume perdurait : n'aurait-il pas mieux valu que le Mangemort meurt proprement et rapidement d'un avada plutôt que d'être brûlé vif ? En quoi Harry et elle-même étaient-ils moins responsables ? En quoi était-ce plus juste ?

Quand le soir même ils se retrouvèrent sur le canapé du salon du square Grimmaurd, elle finit par s'en ouvrir alors que Harry insistait pour connaître la raison de sa morosité. Elle savait qu'il veillait particulièrement à son humeur ces derniers temps.

- Je ne pense pas que ce soit foncièrement plus juste. Mais oui je pense que nous sommes moins responsables. Nous ne répondons pas avec les méthodes dont ils sont eux-mêmes coupables. Et surtout, on n'avait pas l'intention de le tuer. C'est le hasard, sa propre stupidité...Ce qui lui est arrivé est de sa responsabilité. Nos intentions n'étaient pas criminelles. . Ça fait toute la différence.

Et il l'embrassa, pour la convaincre encore et encore qu'elle était différente, digne d'être aimée et dans ses bras, Kécile commençait de plus en plus à croire qu'une vie sans l'étiquette de la fille de Voldemort serait possible un jour... lointain.


Chers lecteurs,

Comme vous le savez, la fin approche.

Le prochain chapitre sera court, uniquement destiné à résoudre le dernier point en suspend, et ce sera le dernier de l'histoire régulière. Suivront quatre chapitre en guise d'épilogue.

A très vite!