Chapitre 137 : 10 ans après

J'avais bien dit à Albus que l'activité peinture avec 5 enfants dont la plus âgée commence tout juste à savoir tenir une plume correctement était une activité à haut risque. J'ai fui précautionneusement dans ma dépendance laissant au grand-père gâteux le soin de gérer les conséquences de sa décision.

Quand je suis revenu, j'ai retrouvé Ludivine qui riait aux larmes, la cuisine dans un état cataclysmique à décourager les elfes les plus vaillants et un Albus dont la barbe blanche avait disparu sous un arc-en-ciel. C'était toujours moins pire qu'Adrian qui semblait avoir plongé tout entier dans un saut de peinture.

- Papa regarde !

Cérianthe me tend un dessin encore suintant d'humidité que je prends avec précaution pour épargner ma robe.

- Qu'est-ce que c'est ?

- C'est toi ! Me répond-elle comme si c'était une évidence.

Je ne vois pas en quoi le gribouillis noirâtre qui sèche sur la feuille peut me ressembler mais Ludivine vient à mon secours.

- Merci, ma chérie, c'est formidable ! On va le laisser sécher là, d'accord ?

Je n'ai jamais approuvé cette manière d'acclamer les œuvres sans intérêt des enfants. Cela a été l'objet d'une de nos rares mais violentes disputes.

- Elles sont en pleine phase de construction, bien sûr qu'il faut les encourager ! Avait protesté Ludivine. Ça n'a aucune importance le résultat final de leurs efforts, c'est le processus qui est important. Un enfant a besoin de la reconnaissance de son entourage pour s'épanouir.

- On n'a peut-être pas besoin de considérer leurs réalisations comme la huitième merveille du monde.

- Tu exagères toujours...

- C'est surtout l'émerveillement totalement hypocrite des adultes dans ces situations qui me semble exagéré.

- Comment veux-tu qu'elles s'améliorent si tu ne les félicites pas ? Ça fait partie de la construction de leur estime.

- Au rythme où cela va, elles auront une très haute opinion d'elles-mêmes !

- Tu as peut-être grandi avec des critiques constantes mais quand on voit ton propre désamour, on pourrait croire que tu ne souhaites pas reproduire le même schéma pour tes enfants !

J'avais été beaucoup plus blessé que je ne voulais le montrer par la phrase assassine de Ludivine et cela ne lui avait pas échappé lorsque je lui avais lancé une réplique du genre : « Si je suis une personne si horrible, pourquoi est-ce que tu as absolument voulu m'épouser » et Ludivine m'avait dit sèchement de changer de disque.

Je m'étais muré dans un silence rageur pour éviter que les choses ne dégénèrent. La première fois qu'on s'était disputé au sujet de l'éducation des enfants, je lui avais jeté à la figurer qu'après tout, ces gosses, c'était elle qui en avait voulu.

Je l'avais retrouvée en pleurs quelques heures plus tard et je ne pensais que pas ce spectacle me serait aussi insupportable ni que la culpabilité pourrait revenir aussi facilement. Sans parler du fait que la dernière fois que les yeux d'Albus avaient été aussi réfrigérants, c'était lorsqu'il m'avait surpris entrain de l'espionner cette tragique nuit où la prophétie de Potter et Voldemort avait été révélée.

Toujours est-il que pour éviter que ma capacité à lancer des piques venimeuses ne fassent trop de dégâts j'avais boudé toute la journée et Ludivine m'avait laissé dans mon coin toute la journée. Ce n'était que bien plus tard qu'elle était venue se plaquer dans mon dos et me câliner et avait dit.

- Ecoute, je te demande juste de ne pas les envoyer balader, d'accord ? Ne dis rien si tu ne sais pas faire de compliments que tu ne penses pas. Ça n'est pas grave. Juste... retiens tes mots d'adulte désabusé. Au moins tant qu'elles ne sont pas assez grande pour prendre de la distance. S'il-te-plaît.

Et depuis, je laisse donc aux autres adultes le soin d'encenser ces chérubins.

Mélusine me tend à son tour son dessin et cette fois-ci, il me semble que je peux deviner un cheval avec des ailes.

- C'est Eolia ?

Le sourire lumineux qu'elle me renvoie me rend beaucoup trop fier de mon effort.

La sensation ne m'est cependant pas nouvelle.

Devenir père a été un long processus, un processus même douloureux, je dois dire dans les premiers temps. Mais je l'avoue, j'ai cédé à la niaiserie parentale devant les premiers sourires, les premiers mots, les premiers pas, toutes ces premières fois de la petite enfance. Je ne me suis pas extasié pas, je n'ai pas gazouillé bêtement, mais, oui, je le reconnais, j'ai souri, j'ai été attendri, et j'ai d'autant moins cherché à masquer ces élans que je savais Ludivine qui me guettait et qui n'attendait que de voir ce bonheur sur mon visage.

Il faut dire que la vie m'a joué un drôle de tour.

Peu de temps après que je me sois accoutumé à notre couple, Ludivine ne m'a pas caché qu'elle désirait un enfant. Je pouvais comprendre son besoin de maternité après le fiasco de Kécile mais je n'avais aucune envie de m'encombrer d'un bébé braillard et pleurnichard et d'avoir plus tard un mioche stupide et impertinent à la maison. J'en supportais déjà suffisamment à Poudlard et je comptais sur Kécile pour fournir une nouvelle génération de Potter.

Mais enfin, avec la patience et la ténacité propre aux Serdaigles, Ludivine a fini par me convaincre que l'expérience pouvait ne pas être si terrible que ça.

C'est donc ainsi qu'elle est tombée enceinte et lorsque nous nous sommes rendus à l'hôpital pour le premier examen, j'étais à peu près résigné. Son bonheur compensait un peu les sacrifices que j'entrevoyais et je m'accrochais à cette idée.

Mais lorsque le médecin annonça qu'on attendait un double heureux événement, j'ai vraiment espéré qu'il nous faisait une mauvaise blague. Ébahi, et catastrophé pour ma part, nous avons appris que Ludivine attendait des faux jumeaux.

Qui se révélèrent des fausses-jumelles.

Mélusine est blonde comme sa mère et du haut de ses six ans me paraît de loin l'enfant la plus facile à vivre et la plus sage qu'il m'ait été donné de voir. Elle a toujours été sage : le genre de bébé facile et calme qui ne pleure pas beaucoup, et bambin, elle ne collectionnait pas les bêtises, contrairement à sa sœur. Cérianthe a hérité de mes cheveux noirs. Mais pour le reste, il ne faudrait pas s'imaginer qu'elle me ressemble. Déjà bébé, elle s'exprimait beaucoup trop, gazouillant, pleurant, criant de joie dans des suraïgus à frôler les ultra-sons. Depuis qu'elle sait marcher, elle collectionne les bêtises et du haut de ses six ans, elle commence à y ajouter des idées farfelues qui manquent parfois de tourner à la catastrophe comme la fois où elle s'est dit que puisqu'il n'y avait plus de neige dans le parc du Clos et qu'elle ne pouvait plus utiliser sa luge dehors, elle allait l'étrenner dans le grand escalier du manoir. Qu'on ne vienne pas me dire que je suis partial quand j'ai déjà une petite idée derrière la tête de la maison qui accueillera cette tornade à Poudlard.

Mais je dois avouer que même la turbulente Cérianthe n'a pas pu me faire dire que la paternité était une expérience traumatisante.

Et c'est pour ça que quatre ans plus tard, Ludivine a mis au monde Adrian. Je ne suis pas certain que perpétuer le nom des Rogue soit une chose dont je doive me réjouir. Et pour l'instant le malheureux héritier de mon nom ressemble à un canari et titube encore sur ses deux jambes potelées. Ludivine le prend sur ses genoux et entreprend de le débarbouiller pendant que j'en fais autant avec les deux filles tandis qu'Albus s'occuper des deux Potter.

Il y a Léolie Potter, sept ans, l'aînée de toute cette marmaille et qui a hérité du fort tempérament de ses parents et me rappelle Lily lorsque nous étions enfants, les cheveux roux en moins, et Cyrian Potter, quatre ans, que ses parents surveillent comme le lait sur le feu. Il faut avouer que c'est déjà un roublard un peu comédien qui cherche à entortiller son monde pour obtenir ce qu'il veut.

- On va aller prendre une douche, leur dit Albus. Maman ne va pas tarder à rentrer.

- Je veux prendre la douche avec Maman, dit Cyrian d'un ton péremptoire.

Le vieil homme ne s'en laisse pas compter, et embarque les deux garçons pour leurs ablutions tandis que Ludivine attaque la cuisine à l'aide de sorts de nettoyage et que j'aide les filles à ranger les armes du crime.

On entend un bruit suivi du son de quelqu'un qui trébuche et d'un juron aussitôt suivi par :

- Je vous ai déjà dit de ne pas laisser vos chaussures dans l'entrée !

- Kécile est rentrée, commente Ludivine.

Afin de faciliter ses allers-retours entre le Ministère à Londres et le Clos, Ludivine lui a fabriqué un Portoloin rien que pour elle qui l'a fait atterrir directement dans le hall.

Cette dernière surgit dans la cuisine, tenant une paire de souliers à la main d'un geste accusateur.

- A qui c'est ?

Léolie baisse la tête.

- Il faut que je me rompe le cou une première fois en arrivant pour que tu comprennes ?

Sa fille se saisit des chaussures et disparaît tandis que Kécile s'assoit lourdement à la table.

Elle a pris sa retraite des aurors lorsqu'elle est tombée enceinte de Cyrian. Depuis elle a remplacé Winchard qui a pris sa retraite comme instructrice des aspirants aurors. Avant de devoir faire une nouvelles pause avec l'arrivée d'un troisième, et l'assure-t-elle très fermement, dernier bébé.

Cela dit, Ludivine avait bien dit qu'Adrian serait le dernier, et pourtant un dernier Rogue doit arriver dans moins d'un mois. Je me surprends à être blasé...

- Severus, tu ne voudrais pas aller me chercher Severine, s'il-te-plaît ? Dit-elle d'une voix fatiguée.

Kécile et Harry ont voulu me faire plaisir, du moins Kécile, pour sûr.

C'est ainsi que je me suis retrouvé parrain de leur petite dernière qui se prénomme Séverine-Lily. Ils auraient à mon sens bien mieux fait d'inverser les noms...

Dans sa chambre, le marmot roupille et n'est pas du tout dérangé par le fait que je l'extirpe de son berceau.

C'est quelque chose qui m'a toujours fasciné chez les bébés et les enfants, cette capacité qu'ils ont à rester endormis même si on les manipule. Moi que le moindre courant d'air réveille, je leur envie ce sommeil du juste.

Ludivine s'est accommodée de mes nuits. On a dû procéder à quelques ajustements pour me permettre de trouver un peu de sommeil.

Lorsque Ludivine et moi nous sommes mis ensemble, elle a, assez discrètement, je le dois dire, élu domicile dans mes cachots à Poudlard. Je n'avais jamais dormi avec quelqu'un dans mon lit et je dois reconnaître que quelqu'un de plus susceptible qu'elle aurait pu mal prendre le fait que mon subconscient ne parvenait pas à la voir autrement que comme une menace.

On a donc procédé à quelques adaptations, comme séparer nos deux matelas, avoir chacun notre propre couverture et isolé son côté du lit du mieux possible chaque soir avant de nous endormir afin que je ne la sente pas bouger ni ne l'entende. Heureusement pour elle qu'elle n'était pas du genre à vouloir un nounours pour s'endormir. La simple idée d'avoir quelqu'un qui viendrait telle une pieuvre m'enserrer dans ses bras pendant mon sommeil me faisait frémir d'horreur.

A l'arrivée des jumelles, Ludivine a cessé une nouvelle fois d'enseigner la divination et elle est rentrée au Clos-La-Rive, je ne la rejoins que rarement dans la semaine et j'avoue avoir retrouvé mon lit solitaire avec un certain plaisir. Et nos retrouvailles le week-end sont d'autant plus... occupées.

Tino nous a préparé le dîner et nous passons à table sans attendre Harry qui fait des heures supplémentaires, pour ne pas changer.

Potter et moi avons appris à cohabiter. On ne se croise guère en dehors des repas, on a appris à ne pas se chamailler devant nos femmes, et même nos petits échanges acidulés tiennent plus de l'habitude qu'autre chose, comme une sorte de vieille connivence. Il sait que je tiens beaucoup à Kécile, je sais qu'il a poussé cette dernière à faire des efforts avec Ludivine, et que cela me plaise ou non, j'ai depuis longtemps admis qu'il fait partie de l'équilibre que notre foyer a trouvé.

- J'ai croisé Draco aujourd'hui au ministère, dit Kécile. Il vous passe le bonjour et il m'a donné un faire-part.

- Oh, Cassiopée est née ! S'exclama Ludivine que la nouvelle semblait ravir.

- Oui. Et il m'a demandé si on aurait quelque chose contre le fait que les filles aillent chez eux pour l'anniversaire de Scorpius.

- Bien sûr que non.

- Parfait, Astoria sera ravie.

Ludivine et Astoria avaient sympathisé les premières fois où Drago et moi nous étions retrouvés après la guerre. Depuis ils étaient venus régulièrement au Clos et nous avions même été invité au manoir, accompagnés de nos enfants. Mais ils n'avaient alors s'agit que des nôtres.

- Tu as demandé l'avis de Harry avant de laisser partir Léolie chez un Malfoy ?

- Je sais bien que, tout comme avec moi, Harry a accepté à supporter la présence de Draco que la guerre et le bon sens d'Astoria ont aidé à ramener sur terre. Mais de là à laisser sa fille aller dans le manoir Malfoy...

- Harry n'a aucun problème avec Narcissa. Quant à Lucius, qu'est-ce que tu veux qu'il fasse ? De toute manière, Draco m'a dit qu'il ne sort presque pas de son appartement.

- Il n'a pas retenté de se donner la mort une seconde fois ?

- Non, ça lui a passé apparemment. Enfin, il est toujours suivi. Mais je ne peux pas me retenir de penser que pour quelqu'un comme Lucius, il aurait été plus charitable de le laisser se tuer plutôt que de le faire vivre sans baguette et sous la tutelle de son fils.

- Lucius n'a pas été charitable avec les moldus et les sorciers qu'il a tués.

Kécile hausse les épaules. On ne peut pas lui en vouloir de ne pas arriver à détester Lucius qui a remplacé son père pendant sa petite enfance. Moi-même, le sort de mon ancien comparse m'inspire plus de la pitié qu'autre chose. Mais Draco a déjà dû jouer de toute son influence pour sortir son père d'Azkaban et commuer sa peine. Compte-tenu de ses crimes, je suis d'accord avec Harry pour dire qu'il s'en tire bien.

Ce qui me désole le plus dans la situation, c'est que Draco porte une lourde responsabilité. Asseoir sa place au Ministère en portant le nom de Malfoy a déjà été assez compliqué comme cela sans avoir à rajouter la responsabilité de la tutelle de son propre père qui lui a rendu la vie impossible les premiers temps.

Lorsque Harry rentre un peu plus tard, Kécile lui annonce donc que Léolie ira avec les jumelles chez les Malfoy. Honnêtement, je suis impressionné par le self-control de Harry qui se contente de plisser les yeux et de demander si Rose aussi a été invitée.

- Je ne sais pas. Tu n'as qu'à demander à Ron et Hermione.

Ronald Weasley ne travaille plus en tant qu'auror. Il a démissionné pour rejoindre son frère dans cette entreprise de malheur dont le principal but est sans aucun doute de faire piquer des crises de nerfs au corps enseignant de Poudlard, nommé les Sorciers Facétieux. Quand à Hermione Granger-Weasley, après avoir joyeusement chamboulé le département de Régulation des Créatures Magiques, elle a débarqué dans celui de la Justice et je ne doute pas qu'on ait tremblé jusque dans les plus hautes sphères en apprenant la nouvelle.

- Ma question était ironique, mon cœur... répondit Kécile. Le jour où Ron laissera sa fille pénétrer chez les Malfoy n'est pas encore arrivé.

- Je pense que tu sous-estimes le pouvoir de persuasion d'Hermione.

- Je crois surtout qu'Hermione sait choisir ses batailles.

Et il change de sujet, signifiant par-là que lui aussi sait choisir ses batailles et que Léolie ira donc à l'anniversaire de Scorpius Malfoy.

La soirée s'achève rapidement après. Albus rejoint le petit salon pour lire, Kécile, épuisée par sa reprise, monte se coucher, et Harry porte Séverine pour la remettre au lit et passer voir les plus grands.

Je monte avec Ludivine qui passe toujours surveiller que de notre côté aussi tout le monde dorme correctement. Elle borde à nouveau Cérianthe qui fait toujours tomber sa couverture tandis que dans la pièce d'à côté, j'éteins la musique du mobile d'Adrian.

Dans le couloir déserté, Ludivine m'embrasse avec autant d'enthousiasme que son ventre proéminent le lui permet, ce qui est sa manière de me remercier pour nos magnifiques enfants. Et je lui réponds avec non moins d'intérêt. Je ne pourrais jamais la remercier assez pour ce qu'elle m'a donné.

Dans notre lit soigneusement divisé, Ludivine s'endort rapidement et je reste à lire à côté d'elle, interrompant parfois ma lecture pour la regarder, et gardant l'oreille aux aguets.

Si j'ai cessé de considérer la présence de Ludivine comme une menace et que nous nous passons même des sorts d'isolation, je me réveille néanmoins au moindre bruit et j'ai conservé cette habitude de dormir peu.

Ce qui naturellement, dans une maison remplie d'enfants en bas âge n'est pas un avantage. Je suis toujours le premier à entendre le bébé qui pleure. Ludivine a à peine le temps de réaliser du fin fond de son sommeil que quelque chose ne va pas que je suis déjà levé et en route pour la chambre.

J'ai passé plus de nuits qu'à mon tour à bercer des cauchemars, des pleurs, à donner des biberons, à attendre que la potion contre les douleurs des premières dents ne fasse effet... Que ce soit pour mes enfants ou ceux de Kécile. Lorsqu'ils se réveillaient la nuit, c'était presque toujours moi qui arrivait le premier et qui extirpait Léolie ou Cyrian de son berceau bien que la plupart du temps, il ne fallait pas longtemps avec que Harry ou Kécile n'arrivent. Je leur donnais leur nourrisson et retournait me coucher avant la prochaine alarme.

Ludivine a cessé de se lever quand je lui ai dit que ça ne me dérange pas. Et c'est vrai. Je me sens à l'aise dans ce rôle-là. Je ne sais pas féliciter ma fille pour un dessin informe, mais je sais la rassurer lorsqu'elle a peur la nuit. Je ne sais pas jouer avec Adrian, mais je sais le bercer. Et je profite de ces moments-là, lorsque mon bébé s'accroche à moi, pour me dire que non, je ne suis pas un mauvais père, et garder l'espoir que mes enfants comprennent que je les aime à ma manière.