Merci beaucoup pour votre accueil du chapitre précédent o/ Vous êtes fantastiques, mille mercis. Merci à Akane et Tarte Cosmique pour vos commentaires, puisque je n'ai pas pu/pas eu le temps de vous remercier avant la sortie de ce chapitre. Merci à ceux et celles qui rajoutent cette histoire dans leur favoris aussi, c'est extrêmement plaisant. Sur ce bonne lecture :D
Chapitre 27 - Rencontres en Firone
- « Tu vas m'attendre ici ? » signa Link.
- Quelle que soit ton épreuve, je souhaite être là ton retour, indiqua le Piaf avec un sourire.
Link dodelina de la tête, sceptique. L'idée de laisser le ménestrel seul l'angoissait toujours, même si l'autre savait très bien s'occuper de lui-même. Les études des chants d'Asarim leur demandait beaucoup de temps.
En premier, parce que la région n'était pas hospitalière. Link avait mené plusieurs combats depuis leur arrivée. Rien qu'il ne savait pas gérer, le seul souci, c'était de s'assurer que les archers ne prennent pas le Piaf pour cible. La seconde raison : la météo ! Si la pluie, Asarim parvenait à s'y accoutumer, elle n'était pas aussi bénéfique pour Link qui se risquait à être malade avec ses vêtements trempés. Et la troisième cause : les orages ! La foudre, au cœur de la deuxième énigme, était un fléau à elle seule pour l'Hylien. Car son équipement tendait à l'attirer bien trop près de lui à son goût.
La chance avait voulu qu'au moins sur cette deuxième énigme, il était parvenu à faire tomber un éclair sur le rocher abritant le sanctuaire. Cela s'était fait dans la panique la plus totale, Link n'ayant pas prévu que l'arme ne soit éjectée très loin quand la foudre s'était abattue dessus. Il s'était perché dessus, prêt à entrer dedans quand il avait entendu la musique d'Asarim. Etonné, il s'était retourné pour voir son ami en train de jouer comme si de rien n'était. Et quand il l'avait rejoint, lui demandant pourquoi il était encore là, ce dernier avait rétorqué qu'il voulait attendre son retour.
- « Je fais vite ! » répliqua alors l'Hylien.
- Pas de précipitation, conseilla gentiment le Piaf. Si tu ne reviens pas avant la nuit, je retournerai au relais. Est-ce que cela te va ?
- « D'accord » signa Link à moitié rassuré.
Et il disparut dans la structure. Curieusement, les sanctuaires n'autorisaient que la présence du Héros. Asarim s'en était déjà approché mais leurs portes s'étaient refermées devant lui. Ne s'ouvrant à nouveau que quand Link en sortait. Pour s'occuper, le ménestrel compulsait d'autres chants ou étudiait des anciennes partitions.
Depuis leur séjour en Firone, Link s'était révélé plein de ressources. Sa capacité à suivre des pistes de gibiers, à cuisiner en toute circonstances, à prévoir le danger et éviter d'être surpris. Tout cela avait rendu le voyage plus facile pour le Piaf. Mais il s'en voulait de se reposer sur ses talents, même si ce dernier semblait s'en moquer et se souciait bien plus de sa sécurité. Quand la nuit tombait, ces choses sortaient de son corps, provoquant la détresse de son hôte. Link détestait plus que tout cette épreuve et Asarim se battait pour l'empêcher de se faire du mal !
S'il ne le faisait pas, l'Hylien se mutilait immédiatement, refusant cette présence. Il comprenait que cela soit dérangeant mais le ménestrel ne mesurait pas la gravité de ces actes : est-ce que cela serait réellement sans conséquences ? Retirer ces choses à chaque fois ne risquait-il pas de provoquer plus de mal qu'autre chose ? Aussi, il préférait l'étreindre la nuit durant et l'empêcher de se faire du mal en attendant l'aube. Car aux premiers rayons du soleil, ces étranges protubérances se résorbaient, comme pour se cacher. Elles pouvaient être exposées à la lumière mais elles ne semblaient pas avoir d'intérêt à rester en continu… en tout cas c'était son impression.
L'autre chose qu'Asarim avait expérimenté… c'était une rencontre. A dire vrai, plusieurs fois, il avait vu des Yigas. Rien d'étonnant que ces assassins soient sur les traces de Link. Le souvenir de son agression au désert Gerudo était encore là, bien que beaucoup de temps soit passé, il n'avait pas oublié. Il aurait dû prévenir Link, l'avertir de cette présence. Mais… quelque chose l'en avait empêché. Et ce dès sa première rencontre avec l'un d'eux.
C'était au bois de Romu, Link s'était absenté pour faire du repérage et Asarim l'avait attendu près d'un pont. Le bois était assez animé par la vie animale et quand un fourré s'était agité, il ne s'était pas inquiété. Mais de toutes les formes de vie existantes, qu'il n'aurait pas cru voir un Yiga sortir de ce buisson (et lutter avec ce dernier au passage). Ses pas lui faisaient suivre le chemin emprunté par l'Hylien et Asarim ne l'avait que trop vite compris : il allait l'attaquer dans le dos !
La seule chose qu'il avait trouvé logique de faire à cet instant, ce fût de jouer le plus faux possible. A part effrayer des animaux et faire sursauter cet assassin, il n'avait rien empêché de spécial. Si ce n'est récolter une menace silencieuse. Mais l'autre s'était enfui avant que le Héros ne vienne le retrouver, alerté par sa cacophonie. Laissant le pauvre Piaf fortement dubitatif. Il avait menti à ce moment, ne disant pas ce qu'il avait vu. Parce qu'il n'avait pas tout compris à ce moment et instaurer de la peur était peut-être ce que ce Yiga voulait…
Asarim dodelina du chef, perplexe : peut-être devrait-il vraiment en parler. Car la deuxième fois qu'il il l'avait remarqué, c'était au cours d'un repas. Encore une fois, Asarim avait clairement reconnu le rouge de sa tenue et s'était crispé, inquiet d'une attaque soudaine. Sa méfiance n'avait pas échappé à son compagnon et ce dernier était parti, arme en main, s'assurer qu'ils ne risquaient rien. Curieusement, l'instant d'après Link était revenu avec un régime de bananes lames.
La seule réponse à sa courte expédition, c'était qu'elles étaient apparues soudainement devant lui. Encore une fois, le Piaf avait essayé de lui indiquer que c'était suspect des fruits tombant du ciel mais la gourmandise de l'Hylien l'avait empêché d'être raisonné, s'empressant de les frire pour les déguster. Et ce contre l'avis d'Asarim. Enfin, si cela avait été empoisonné ou placé de sorte à tendre un piège vicieux au Héros, force était de constater que ce dernier n'était pas tombé malade. Et il avait même reconnu qu'il était en pleine forme et débordait d'une force renouvelée.
- Misère, soupira le ménestrel.
Depuis cet instant, il avait régulièrement remarqué cette présence autour d'eux. Impossible pour lui de savoir s'ils étaient nombreux ou pas. Ou si c'était le même individu à chaque fois. Il avait tranché au bout d'un moment qu'ils étaient plusieurs et qu'ils jouaient avec ses nerfs. Mais en dehors de leur présence, il n'y avait eu aucun incident majeur. Pas d'altercations. Juste cette présence menaçante. Et cette présence mettait les nerfs d'Asarim à rude épreuve. Pour le moment, il était le seul à remarquer car ces malfrats parvenaient à échapper à la vigilance de Link. Peut-être n'étaient-ils pas si prudents avec lui parce qu'il n'était pas une menace… ?
Il releva la tête quand il entendit des pas sur le socle du sanctuaire. Et se pétrifia d'horreur : encore… ce Yiga ? Est-ce que c'était le même ?! Ces assassins en avaient après Link ! Quand le Yiga s'agenouilla et déposa quelque chose au sol, Asarim se mit à craindre pour la vie de Link : si à peine sorti de son épreuve, ce Yiga lui tendait un piège mortel, il ne se le pardonnerait pas ! Il rangea ses partitions et allait s'y confronter même s'il ne saurait le battre. Le Yiga se tourna immédiatement vers lui quand il arriva à la hauteur du sanctuaire et poussa un soupir, clairement contrarié.
- Encore TOI ? gronda le Yiga. Mais t'es pire qu'un pot de colle ! Qu'est-ce que je dois faire pour que tu t'en ailles ?!
Asarim évita de paraître trop surpris même s'il l'était totalement : il ne semblait pas bien vieux celui-là. Un enfant ? Il n'avait pas souvenir qu'il y ait d'aussi jeunes recrues chez les Yigas mais avec le retour du Fléau, sans doute qu'ils avaient commencé à enrôler avant l'âge de raison et les empêcher de réfléchir à leurs actes, les endoctrinant à croire que leur chemin était le bon sans distinction.
- Je ne m'en irai pas, répondit le Piaf.
Le Yiga sortit une serpe de son dos et pointa l'arme dans sa direction sans que cela ne fasse reculer le Piaf. Ce dernier remarqua la présence d'herbes et de nourriture derrière le Yiga. Lui faisant pencher la tête sur le côté : il avait trouvé l'origine de ces apparitions mystérieuses de fruits et légumes depuis qu'ils étaient ici. Si Link ne s'en méfiait pas, pas assez prudent par gourmandise, Asarim était bien plus sceptique.
- Je vais devoir sévir si tu persistes à rester sur mon chemin ! gronda le Yiga.
- Je suis celui qui guide le Héros vers ces sanctuaires, c'est normal de me trouver sur ton chemin, répondit Asarim.
- JUSTEMENT ! Tu m'insupportes stupide Piaf chanteur !
Cette fois Asarim ne put masquer sa surprise : définitivement, ce garçon était bien trop jeune ! Sa façon de parler et son attitude trahissait sans doute l'adolescence mais sans certitude. Plus jeune, cela inquièterait définitivement le Piaf. Il avait sorti son arme mais n'en avait pas fait l'usage. Par prudence ou par peur ? Difficile à dire. Asarim n'était pas assez bon pour lire dans l'attitude des gens !
Les deux sursautèrent quand le sanctuaire s'anima : Link allait sortir d'un instant à l'autre. A l'étonnement du ménestrel : souvent quand il s'absentait à l'intérieur, c'était pour plusieurs heures ! Son retour prématuré était étrange et surprenant ! Le Yiga comprenant aussi bien que le Piaf que le Héros allait être là sous peu, disparut immédiatement, dans un nuage de fumée et de talismans qui virevolta dans tous les sens. Quand l'Hylien sortit, ce fût pour piétiner accidentellement les herbes posées devant et de trouver un Asarim profondément surpris.
- Tu es revenu vite, souligna Asarim. Tout s'est bien passé ?
Devant l'étonnement du ménestrel, Link lui expliqua que dans de rare cas, les sanctuaires n'abritaient pas d'épreuve, étant juste des bénédictions qu'il recevait pour l'aider dans son périple. Et il avait également obtenu un pantalon le protégeant partiellement de l'électricité. Cependant il remarqua que son compagnon était distrait et pencha la tête :
- « Et toi ? As-tu eu un souci en mon absence ? »
- Aucun.
Sa réponse lui avait échappé. Pourquoi encore lui mentir ? C'était la première fois qu'il avait un contact direct avec ces Yigas depuis leur altercation dans le désert Gerudo… il ne devait pas continuer sur cette voie ! Link s'excusa soudainement et Asarim pencha la tête, perplexe. Avant de remarquer que Link tenait les plantes qu'il avait foulé du pied. Le ménestrel écarquilla les yeux, profondément choqué : sans être expert en la matière, il reconnut dans le mélange d'herbe, des plantes d'ordre médicinale. Il leva sa main vers son bec, perplexe : ce n'était pas lui qui avait apporté ces plantes. Mais ce Yiga. Pourquoi il aurait déposé des herbes médicinales alors qu'il voulait tuer Link ? Avait-il prévu qu'il resterait dans le sanctuaire plus longtemps et qu'il comptait préparer des cataplasmes pour son éventuel combat ?
- « C'est amer ! » signa Link en tirant la langue.
- C-ce sont des plantes médicinales, elles ne se mangent pas Link ! s'exclama Asarim partagé entre amusement et dépit. Enfin pas comme « ça »…
En voyant son expression boudeuse, le ménestrel ne se sentit pas le courage de la remplacer par de l'inquiétude. Le comportement de ce Yiga était étrange. Mais tant que rien de mal n'arrivait, pouvait-il garder le silence et lui laisser un peu d'insouciance ? Il était capable de porter un secret, aussi dangereux puisse-t-il être. Et ce ne serait certainement pas le premier… Les mains de Link se posèrent sur son visage et il écarquilla les yeux, surpris. Avant de se détendre et de sourire doucement. Il devait apprendre à se méfier de ses expressions. Même s'il n'en disait rien, Link était extrêmement sensible aux variations de son humeur.
- Qu'y a-t-il ?
- « Tu as l'air soucieux » signa son compagnon. « Quelque chose te tracasse… »
« Raté ! » pensa Asarim pour lui-même avec dépit. Lui mentir était totalement inutile, il lisait ses inquiétudes alors qu'il les masquait.
- J'aurais aimé garder cela un peu plus longtemps pour moi. Enfin… te cacher la vérité est inutile, je suppose…
Alors Asarim lui raconta ces étranges rencontres. Et curieusement, l'Hylien, malgré la gravité de ses révélations, eut l'air plus étonné que choqué ou en colère. Il ne dégagea ni méfiance ni peur. Juste… cette candeur inexplicable. Encore plus quand il joua distraitement avec les herbes qu'il avait essayé de manger. Il expliqua à son tour, son séjour à la Source de la Force. Et sa rencontre avec un Yiga pas comme les autres. D'un garçon qu'il lui avait paru bien trop jeune pour qu'il ne combatte à mort. Qui s'était jeté sur sa personne, redoutant qu'il se donne la mort par désespoir.
- Il aurait essayé de te sauver la vie ? répéta Asarim, perplexe.
- « Je ne dis pas que ce Yiga que tu as croisé est le même que celui de la Source de la Force » signa Link, avec inquiétude. « En fait, ça m'arrangerait que ce ne soit pas lui. »
- Oh ? Pourquoi cela ?
- « Parce qu'il n'a absolument pas l'air méchant ! » répondit l'Hylien avec un sourire d'excuse. « Je ne connais pas bien les Yigas, ni ce qui les a poussés à renier la famille royale pour devenir des assassins… mais en le rencontrant, je réalise qu'ils essaient juste de survivre eux aussi… à leur manière… »
- Tu es indulgeant envers tes assassins, soupira le ménestrel.
- « Je n'arrive pas à les juger aussi facilement. Sans doute que mon « moi » d'avant n'aurait pas cherché à comprendre. Mais… sans mémoire, seul dans ce monde si vaste… tout m'est tellement inconnu que j'ai le devoir d'apprendre et comprendre à nouveau tout ce qui m'entoure… est-ce si mal ? »
- … Absolument pas. C'est une qualité admirable.
Asarim ouvrit ses ailes et entoura le corps de l'Hylien avant de l'étreindre tendrement. Hylia avait choisi un chevalier courageux. Même devant toutes les épreuves sous lesquelles il était confronté, il ne s'était pas laissé abattre une seule fois. Il faisait face à l'adversité. Il ne reculait pas devant la difficulté et ne tombait jamais dans la facilité.
Mais ce qu'Asarim avait le plus admiré c'était sa capacité d'analyse. Il l'avait déjà observé se percher sur des rochers et observer longuement les monstres, comme s'il cherchait… à percer des mystères inconnus de tous. La majorité des gens avaient peur des monstres, ne s'en approchaient pas ou les combattaient pour survivre. Mais Link… les étudiait. En silence. Calmement. Sans haine pour ce qu'ils étaient.
- Si nous allions nous reposer ? déclara le Piaf. Cela fait un moment que nous voyageons dans cette région sans répit. Je connais le parfait endroit pour nous refaire une santé !
Link approuva avec un sourire et les deux se mirent en route. Ils quittèrent le lac Coraï côte à côte sous l'attention d'un Yiga perché sur les hauteurs d'un arbre…
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La surprise avait privé Link de mots pendant plusieurs minutes. Car au lieu de rentrer au relais comme ils avaient l'habitude de le faire… il l'avait conduit sur les routes, le forçant à le suivre sans répondre à aucune de ses interrogations. A présent il comprenait pourquoi alors qu'il découvrait un village de pêcheur, posé sur la plage, faisant face à la mer. L'endroit était extrêmement atypique par rapport à tout ce que Link avait pu visiter ou voir et il éprouva un sentiment curieux. Il se tourna vers son compagnon et lui adressa un sourire plus que ravi. Ce dernier lui retourna et ils se promenèrent un peu dans le petit village.
La misère n'avait pas frappé ce village. En tout cas pas de la même façon que les Piafs ou les Zoras. La mer était une large source de nourriture et leurs poissons étaient vraiment bons (en tout cas pour la brochette que Link avait trouvé le moyen de se faire offrir accidentellement). Leur marché n'était pas exceptionnel mais c'était suffisant pour faire rentrer un peu d'argent. Sans le vouloir Link se mit à réfléchir sur comment relier cet endroit avec le reste du royaume. Des hameaux isolés, il en existait beaucoup. Mais en ces temps difficiles, cette isolation pouvait devenir compliquée.
Mais en voyant des villageois faire le voyage d'ici jusqu'au relais pour vendre leurs produits, Link sut qu'ils avaient appris à se débrouiller. Leur grande autonomie malgré l'apparence rustique du village démontrait qu'ils s'étaient adaptés à cette vie. Et cela fascina le jeune homme qui s'accorda du temps pour parler avec les pêcheurs, avec le chef au sujet de la mer et de ses trésors. Avec les épouses ou les enfants, curieux de savoir comment ils pouvaient avoir l'air tous autant en paix en ces temps compliqués.
Le Fléau les avait affectés mais comme ils étaient dans une région bien plus éloignée, ils avaient beaucoup moins souffert de son influence. A part les monstres qui étaient une menace commune comme pour tous les autres peuples, les rares gardiens qu'il était possible de croiser sur certaines plages, Link réalisa qu'ils avaient été très chanceux. Il n'avait pas besoin d'une économie fabuleuse pour se reconstruire. Peut-être un peu plus de touristes…
- C'est la seule région de tout Hyrule à ne pas avoir souffert autant du Fléau, expliqua Asarim quand Link le rejoignit.
- « J'ai remarqué ! » répondit Link. « C'est rare de voir des gens vivre aussi tranquillement, comme si… »
Link ne parvint pas à exprimer sa pensée mais Asarim parut saisir ce qu'il essayait de dire. Ils leur suffisaient de contempler la vie dans ce village pour que cette dernière exprime simplement ce que leurs mots ne savaient retranscrire.
- « Merci Asarim. Si tu ne m'avais pas guidé jusqu'ici, je n'aurais jamais soupçonné l'existence de ce village ! »
- Je t'en prie. Je sais… que cela t'inquiète que la nuit arrive et d'être entouré d'inconnus mais… penses-tu pouvoir le supporter sans te faire mal ?
Ce n'était pas une accusation ou un reproche. Juste une question. Link battit des cils avant d'approuver lentement de la tête. Il détestait cette sensation, il détestait cette présence sur son corps quand la nuit tombait… mais il pouvait l'endurer.
- Je me demandais d'ailleurs… la douleur que tu as endurée après avoir sauvé le Prodige Revali et Mipha… si elle n'était pas moins forte ici…
- « Pardon ? » demanda Link, perplexe.
- Le Fléau a peu d'effet ici et la corruption est liée au Fléau. Est-ce que tu n'aurais pas plus de chance de te soigner loin de son influence… ?
Link médita la question. C'était difficile à dire. Si l'éloignement pouvait affecter la rancœur du Fléau et sa matérialisation en ce bas monde… alors beaucoup d'endroits en Hyrule auraient été épargné. Mais… d'un autre côté, c'était vraiment un mystère. Asarim avait raison. Il ne souffrait pas comme ce qu'il avait pu souffrir dans les Bêtes Divines. Et même la présence des yeux était devenue tolérable bien qu'il n'aimât pas cela. Une femme du village leur apporta un repas chaud, leur souhaitant la bienvenue dans leur village et leur souhaita un bon séjour. La surprise les frappa tous les deux mais ils ne se voyaient pas refuser un tel repas.
Ils mangèrent copieusement avant de laver les plats et de les rendre à leur généreuse donatrice. Link promit de lui ramener une belle prise le lendemain pour la remercier et elle déclara que s'il faisait ça, ils seraient ses invités pour le midi. Proposition que le pauvre Hylien ne put refuser très longtemps (non sans provoquer le rire moqueur d'Asarim devant son indéniable gourmandise). Ils en profitèrent pour faire une balade sur la plage et regarder le soleil disparaître pour laisser place à la lune et ses étoiles.
Cette dernière était gibbeuse, pas loin d'être entièrement pleine. Et comme le ciel était dégagé pour la soirée, ils purent l'admirer un moment dans le bruit des vagues et des derniers oiseaux. Link trouva même le moyen de capturer quelques crabes au passage, faisant sourire Asarim qui l'interrogea sur son appétit : il mangeait beaucoup ces derniers temps et se demandait s'il connaissait la satiété. L'Hylien se mit à rougir, honteux mais refusa d'abandonner ses prises. Jusqu'à ce que son bras droit ne tremble sinistrement. Asarim le remarqua et posa son aile autour de ses épaules. Avant de relever sa manche. Et de soupirer.
- Je ne sais pas ce qu'ils ont à me dévisager de la sorte à chaque fois… c'est un peu embarrassant !
- « Peut-être qu'ils te trouvent beau ? »
- C'est un peu… enfin il… ils n'ont pas… d'expression pour vraiment… « dire » les choses, répliqua le Piaf, gêné.
A son commentaire, comme s'ils avaient une conscience pour comprendre et réagir à ses propos, plusieurs des yeux dilatèrent leurs pupilles sans détourner leur attention de lui. Cette fois Asarim écrasa son aile sur sa face, accablé alors que Link ne put retenir un éclat de rire. Alors ça, c'était cocasse ! Jamais il n'aurait cru que ces choses allaient réagir à sa réflexion. Et malgré cette « réaction », Asarim n'était pas certain de ce que c'était censé vouloir dire. Mais il chassa rapidement son embarras. Soudainement, il se mit à pleuvoir à verse, surprenant les deux compagnons. Le ciel s'était couvert extrêmement vite ! Ils n'avaient rien vu venir !
Comprenant qu'ils ne pourraient pas rester dehors plus longtemps, ils retournèrent au village et se rendirent à l'auberge (où Asarim avait réservé deux lits). Si le Piaf avait proposé cette solution, c'était parce que les lits étaient très petits et ne permettaient pas à deux personnes de dormir dessus (ou en tout cas pas avec un gabarit comme le Piaf). Le ménestrel s'en excusa mais Link le rassura : ils étaient l'un à côté de l'autre malgré tout. Et s'il se sentait vraiment seul il s'empresserait de le rejoindre et d'ignorer l'étroitesse de leur couche pour se reposer contre sa personne. Cette déclaration fit rire l'Hylien et les deux allèrent se coucher avec le sourire.
Avant que Link ne remarque une lueur sinistre flottant au-dessus de la rive, à l'opposé de l'auberge. Il n'eut pas le temps de s'attarder dessus car Asarim lui boucha la vue et il préféra ignorer cette sinistre vision…
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- Je me demandais quand j'allais te revoir.
Kilton afficha un sourire peu engageant faisant serrer les dents à son unique client de la soirée. C'est qu'il avait l'air en forme, depuis leur dernière rencontre en Akkala. Il avait un peu perdu de cet éclat hostile qui l'avait fasciné lors de leur dernière rencontre mais il y avait un quelque chose de toujours farouche dans son attitude. Son odeur aussi avait changé, perdant de ce côté sauvage et indomptable pour quelque chose de plus suave et doux. Il regarda l'Hylien s'approcher de son échoppe, le nez froncé et l'air dégoûté.
Pourtant au lieu de le menacer et de le repousser avec colère comme ce qu'il aurait dû faire, il posa simplement des restes de monstres. C'était… des crocs et des cornes principalement. Du bokoblins majoritairement, mais aussi du moblins et un peu de lezalfos. Mais également des viscères ! Oh, vu l'odeur, c'était forcément de l'Hinox ! Et vu la fraicheur, c'était comme s'il venait de l'arracher !
- Je savais que nous étions faits pour nous entendre ! déclara Kilton en prenant le tout et calculant le montant de son don pour le convertir en sa monnaie.
- « Je ne suis là pour ça ! » écrivit Link sur une ardoise offerte par Robbie (après avoir perdu l'autre dans l'eau à cause du jeune Yiga).
- Pardon, pardon, je manque à tous mes devoirs, répondit le gérant avec ce même sourire malsain. Que puis-je pour toi, mon très cher client… ?
Pour seule réponse, l'autre déposa quelque chose sur comptoir. Et Kilton écarquilla les yeux, surpris. Avant de sourire de plus belle, ses yeux roulant presque de bonheur dans ses orbites. Il ne fit aucun commentaire, se contentant de lui donner ce qu'il était venu chercher. En le voyant ouvrir son achat d'une main tremblante et d'en boire le contenu sans aucune hésitation, pour sûr, il avait usé de son unique cadeau avec une extrême parcimonie. L'Hylien toussa soudainement, ayant probablement avalé de travers dans sa précipitation mais Kilton l'observa simplement, fasciné.
- C'est miraculeux que tu aies tenu aussi longtemps avec une seule fiole. Je savais qu'elle t'aiderait, j'ignorais que ce serait à ce point.
L'autre ne répondit pas, essuyant simplement sa bouche après avoir toussé aussi soudainement et lui adressa un simple regard assassin. Kilton sentit son estomac faire des nœuds. Il avait certes perdu de sa superbe, cet éclat sauvage, unique, spécial. Mais son état actuel n'était pas déplaisant. Il y avait un quelque chose de plus doux, presque tendre. Il donnait envie de prendre soin de lui, un peu comme un animal blessé ou domestique. Avec la promesse de trancher la gorge de son généreux protecteur.
Cependant Kilton remarqua qu'il ne semblait pas dans son assiette. Comme s'il se battait silencieusement contre quelque chose. Le gérant de l'antre des monstres dodelina sa tête, pensif. Il s'était attendu à trouver un beau monstre unique et rare mais l'autre semblait combattre cette nature étrangère avec courage, ne se laissant pas dominer par la noirceur qu'il abritait en lui. C'était un peu du gâchis à ses yeux mais bon, qui était-il pour juger ? Il restait fascinant malgré tout même s'il aurait aimé voir quelque chose d'un peu plus… impressionnant. Avant de se faire une drôle de réflexion.
- Dis-moi… est-ce que tu te sens… fébrile en ce moment ?
L'autre releva la tête et le regarda avec agacement. Mais approuva silencieusement, en croisant ses bras sur sa poitrine.
- Ressens-tu une grande impatience ? Un besoin de te dépenser et de consumer un trop plein d'énergie ? Comme si la passivité allait te brûler de l'intérieur… ?
En le voyant pâlir soudainement, le regard de Kilton se fit plus doux : ah pauvre âme éplorée. Il n'avait donc encore jamais subi de lune de sang dans son état ? Intéressant. La lune n'était pas encore pleine mais d'ici demain, le gérant de l'antre était certain qu'il allait subir le paroxysme du pouvoir du Fléau de plein fouet. Il l'observa trembler furieusement, cherchant l'origine de son souci. Et serra nerveusement ses mains sur la fiole mauve qu'il tenait entre ses doigts. Kilton secoua la tête, plus amusé qu'autre chose : en venant ici, il ne s'était pas attendu à tomber sur son cher client monstrueux. Il avait envie de nouer de bonne relation avec lui…
- Tu devrais limiter ta consommation d'extrait de monstre avant la lune de sang à venir. Même si je pense que tu as commencé à l'utiliser quand ton corps a commencé à changer.
En voyant la surprise sur les traits de l'Hylien, Kilton tendit une de ses mains. L'autre hésita de longues secondes. Avant de secouer la tête, résigné. Et de soulever sa manche avant de tirer sur ses bandes. Et de dévoiler ce que le gérant n'aurait jamais cru voir un jour de ses propres yeux et d'aussi près ! Les observateurs même de la malice !
Kilton tendit sa main, fasciné mais à l'instant où il fût trop près les yeux se tournèrent vers lui et le dévisagèrent. Il n'avait rien pour traduire leur expression (s'ils en avaient) mais la fente qui leur servait de pupille indiquait clairement qu'ils n'étaient pas heureux de sa présence. En face de lui le jeune homme soupira et posa sa main dessus, comme pour les apaiser. Les yeux se fermèrent calmement pour ceux qu'il parvenait à couvrir, les autres toujours furieusement positionnés vers Kilton.
- O-On dirait qu'ils… ne m'apprécient pas… étrange. Et fascinant !
L'Hylien roula des yeux comme si son commentaire l'exaspérait mais n'en fit aucun dessus. Il avait l'air étrangement calme pour quelqu'un possédé par de la corruption et dont l'essence permettait l'existence d'une autre vie dans son corps. Était-ce une forme de symbiose ? Est-ce que ces choses protégeaient son porteur à défaut de pouvoir être indépendant ? Oh, c'était vraiment intéressant ! Kilton aurait aimé étudier ce phénomène plus longtemps mais le garçon cacha ces merveilles sous cette même bande avant remettre correctement sa manche.
- Je vais t'offrir un cadeau, déclara le gérant. Tu m'as montré quelque chose d'unique qui te vaut bien un petit quelque chose…
Il se tourna vers l'intérieur de sa « boutique » et commença à retourner les quelques coffres dans lesquels il entreposait ses affaires. Avant de sortir un de ses articles et qu'il ne se tourne pour le tendre fièrement à son client. Ce dernier écarquilla les yeux, surpris. Avant de les froncer, la perplexité et le doute se disputant ses traits. Cela fit sourire Kilton qu'il lui fourra directement dans les mains.
- C'est un masque de ma conception. Une broutille. Si tu portes ce masque, les monstres de type lezalfos ne te prendront pas pour cible. Si tu es sceptique, il y en a qui traîne sur la plage, pas très loin. Tu auras tout le loisir de me faire tes retours sur son efficacité.
Le jeune homme hésita un moment. Avant de simplement enfiler le masque, terriblement sceptique. Et de s'éloigner, toujours méfiant. Kilton le regarda dégainer son arme alors qu'il approcha l'un de ces monstres. Le lezalfos se redressa et dissipa la couleur sable pour laquelle il avait opté afin d'être invisible et s'approcha de l'Hylien. Kilton le regarda se pétrifier d'horreur quand le Lezalfos lui sautilla autour sans l'attaquer. L'autre mit un peu de temps avant de se détendre sans pour autant rengainer son arme.
Cependant quand Kilton le vit exécuter des mouvements curieux, il se demanda s'il n'avait pas perdu la tête. Pourtant en face le lezalfos exécuta à son tour une série de mouvements tout aussi curieux. Si le gérant de l'antre étudiait les monstres, il n'avait jamais vu une communication aussi hasardeuse entre un Hylien déguisé et un lezalfos tout ce qu'il y avait de plus original. Le monstre poussa plusieurs cris, comme s'il alertait des confrères avant de s'éloigner pour plonger dans la mer et se mettre à nager rapidement. Tout ceci était très mystérieux et Kilton n'en perdit pas une miette.
Il se passa quelques minutes à peine avant que le lezalfos ne revienne en courant à toute vitesse et qu'il ne lâche au sol ce que Kilton pensa être des poissons à la lueur de leur corps et les mouvements qu'ils avaient sur le sol. Il regarda le garçon faire une autre série de mouvements et le lezalfos poussa à nouveau ces cris intraduisibles avant de s'allonger de nouveau dans le sable. Kilton le perdit de vue quand il se camoufla en prenant la couleur du sable et le jeune Hylien s'éloigna. Une fois à la hauteur de sa boutique, il poussa un soupir et retira le masque. Avant de prendre son ardoise et de juste écrire « merci, il me sera très utile ». Puis de s'en aller.
« Intéressant ! » pensa le gérant de l'antre des monstres. Ce garçon n'adorait pas les monstres, il les avait en horreur. Mais pourtant il… semblait les avoir assez étudiés pour connaître leur comportement et attitude. Avait-il discuté avec ? Il ne s'était pas trompé la première fois qu'il l'avait vu : il promettait de belles surprises. Pour le moment son humanité se battait avec ferveur pour ne pas sombrer. Mais quand il cédera à la part monstrueuse en lui, que deviendra-t-il ? Kilton l'ignorait. Mais plus que jamais, il avait hâte de le découvrir.
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Link se glissa dans son lit, le cœur battant. Il… avait vécu la chose la plus improbable de sa vie et la plus intrigante aussi. Il n'avait parlé à personne de cette fiole que cet étrange marchand lui avait offerte. Ni des effets qu'elle avait sur son corps. Il s'était juré de ne jamais l'ouvrir ni de l'utiliser. Mais il avait été obligé au bout d'un moment. Sans parler de ce masque criant de réalisme de lezalfos qui lui avait permis d'avoir un échange avec un vrai lezalfos.
Il… avait d'abord cru que ce dernier avait vu clair dans son déguisement ridicule. Mais non. Sa façon de pencher la tête, marquait la curiosité, l'étonnement et l'intérêt. Mais non, le lezalfos s'était simplement intéressé à lui comme un semblable qu'il ne connaissait pas. S'étonnant de sa présence alors qu'il devait avoir l'habitude d'être seul sur son bout de plage. Alors Link l'avait interrogé. Sans aucune certitude qu'il exécutait ses mouvements correctement, sans savoir si son message allait passer. Quand le lezalfos avait crié, il avait redouté qu'il appelle des renforts. Mais non. Il était juste parti pêcher des poissons pour lui. Et Link avait accepté son offrande.
Ce n'était pas réellement le résultat escompté. Il avait reproduit les mouvements qu'il avait déjà vu chez certains d'entre eux. Il ignorait s'il avait bien agi ou pas ou si son message avait été clair. Et en réalité il n'était même pas certain de ce qu'il avait demandé à ce moment. Entre ses observations et l'exécution, il y avait un sacré fossé… Il avait obtenu quelque chose. C'était déjà cela. Il se retourna, fixant le plafond, profondément troublé.
Déjà, une chose certaine ou presque, les monstres n'utilisaient clairement pas l'Hylien pour s'exprimer. Ni aucun des langages parlés connus en Hyrule. C'était un savant mélange de cris et d'attitudes complexes. Un système de castes, avec une sorte de hiérarchie ? Ils avaient une nature sauvage et souvent c'était la loi du plus fort qui primait. Il avait possiblement eu de la chance de ne pas provoquer sa colère en l'insultant par exemple. Link était curieux de comprendre ces gestes, ces grognements. Comment les monstres communiquaient entre eux à travers tous ces signes auxquels il était étranger ?
Il retira ses bandes et les yeux s'ouvrirent, le dévisageant curieusement avant de se détourner et de fixer Asarim qui dormait à côté. Pourquoi diable étaient-ils obsédés par Asarim ? Est-ce qu'il y avait une communication chez eux aussi qu'il ne connaissait pas ? Il s'amusa à appuyer sur l'un des yeux et ce dernier se referma, pour éviter qu'il ne touche sa membrane. Et refusa de s'ouvrir tant que son doigt était trop proche. Ces choses qu'il détestait du plus profond de son être parvinrent à lui arracher un léger sourire.
C'était assez ironique que cette part monstrueuse de sa personne soit la personnification tordue de son refus de s'écouter ou de se comprendre lui-même. Pour cette nuit seulement, il accepta de ne pas les cacher, les laissant à l'air libre. L'auberge était petite et il n'était pas à l'abri des regards indiscrets. Mais il voulait voir. Comprendre. Se comprendre également. Il ignorait s'il allait retrouver sa nature d'origine un jour alors autant étudier au possible ce phénomène. Et vu qu'Asarim faisait tout pour qu'il se soigne et veillait sur sa santé, il n'avait aucune raison de se faire du mal.
Il ferma les yeux. Et essaya de se reposer pour cette nuit. Demain, ils iraient sans doute étudier le chant complexe dans le bois de Romu : ils n'en avaient toujours pas percé le sens et le secret mais Link ne perdait pas espoir. Ils trouveraient… la solution à cette énigme.
Les monstres me fascinent dans BotW. Je passe énormément de temps à regarder leurs attitudes, leurs comportements. J'ai déjà vu des Lézalfos lever leurs pattes arrières ou exécuter des mouvements curieux, sans comprendre ce qu'il se disait. Ou bien des Moblins "discuter" avant que l'un d'eux (un blanc à ce moment) ne se mettent à crier et que les deux autres lèvres leurs bras et ne l'accompagnent. Je suis persuadée qu'ils "discutent". Mais je ne suis pas en mesure de comprendre, vu que j'incarne mon petit Hylien adoré et qu'il n'a pas appris la langue des monstres. Kilton a un quelque chose de dérangeant, un peu "malaisant" mais c'est l'ambiance autour du personnage que j'apprécie. La musique, les couleurs, le fait que de ne le voir que de "nuit". Je ne le considère pas comme dangereux ou menaçant mais... vraiment, tout dans le malaise, quelque chose d'un peu dérangeant, qui ne nous aide pas à se sentir confortable. Et son obsession des monstres est sympathique à travailler :P
