Aujourd'hui était le jour du tournoi de basket local. Rachel était heureuse car cela tombait un jour où son Hans était présent. En effet, elle ne participait pas s'il n'était pas là. Du coup, cela faisait trois ans qu'elle n'avait pas participé. Elle ne pouvait pas jouer sans lui, elle ne se sentait pas à l'aise. Elle l'avait fait une fois et elle avait sorti le pire match qu'elle ait jamais fait parce que oui, faire une ligne de stats à 2 points dont 0/12 au tir et 2/8 aux lancers, 3 rebonds, 1 passe décisive, 12 ballons perdus est un très mauvais match. Elle se souvenait qu'elle l'avait appelé ce jour là tellement elle était déçue d'elle-même et il avait su trouver les mots pour lui remonter le moral. Parce que Hans Friedrich n'était pas le genre de personne à essayer de consoler par des mots gentils. Non, il était le plutôt le genre à réveiller la flamme sommeillant en chacun. Cette flamme qui fait la différence en se transformant en glorieux phénix pour les gens bons ou en incendie ravageur pour les gens mauvais.

Ils se levèrent vers huit heures du matin, le tournoi commençant à midi. C'était en cinq contre cinq mais ils usaient de la tactique du pick & roll (NDLR : un joueur pose un écran, celui qui a la balle le contourne et celui qui a posé l'écran part au panier) tous les deux. Hans posait des écrans de grande qualité avec sa taille et sa robustesse, Rachel, elle, usait de sa vitesse et de son agilité pour attaque vite le panier. Elle avait également une excellente qualité de tir. Et que dire de sa qualité de passe. Elle trouvait Hans les yeux fermés, que ce soit avec une passe avec rebond, passe en aveugle, passe main gauche, passe main droite, passe laser (NDLR : une passe ultra rapide et toute droite dans un trou de souris). Quand elle jouait avec Hans, il y avait comme un aimant qui faisait que ses passes étaient toutes parfaites pour lui. Et même si elle était mauvaise en défense, il lui donnait des conseils pour tenir au maximum ses adversaires malgré sa faible puissance. Elle était confiante car elle savait que même si elle se faisait passer, son Hans était derrière prêt à renvoyer l'adversaire chez lui d'un contre puissant.

« -Alors meine kleine Kartoffeln, demanda Hans, tu es prête ?

-Toujours avec toi, répondit t-elle en l'embrassant. »

Ils arrivèrent au tournoi à onze heures et demie. Hans était habillé en jogging et en maillot des Los Angeles Clippers. Rachel, elle, était aussi en jogging, plutôt moulant d'ailleurs, et avec un maillot des Detroit Pistons. Soit dit en passant, elle ne pouvait s'empêcher de le mater. Ils regardèrent ceux avec qui ils sont mis : une jeune adolescente plutôt petite et fine, s'appelant Jolène, un jeune homme un peu plus grand mais tout aussi fin, qui s'appelle Léon et un homme d'environ quarante ans plus grand et plus costaud, qui s'appelle Jim. Du coup, ils se mirent rapidement d'accord : Jolène en Meneur, Rachel en Arrière, Léon en Ailier, Jim en ailier fort et Hans en pivot. Hans prit la parole pour les motiver.

« -Bon. Défense défense défense avant tout ! Vous me tenez ces joueurs ! Vous me les tenez tous ! Et votre physique ne vous ne le permet pas ou si vous ne savez pas défendre, essayez au moins de les ralentir. Et en attaque... Laissez Rachel et moi-même faire. Du Pick & Roll. Evidemment, on ressortira si l'un de vous est démarqué. Des questions ? »

Jolène leva la main et Hans lui donna la parole.

« -Bah... Je ne sais pas tirer...je suis une novice, dit-elle d'une petite voix.

-C'est pas grave, la rassura Hans. Tu prends les tirs, quitte à tirer à mi-distance. Si tu rates c'est pas grave, ce qui compte, c'est que tu défendes. »

Ils jouèrent leur premier match face à une équipe composée de jeunes sur-athlétiques jouant visiblement ensembles depuis longtemps. Le match commença mal. Seuls Hans et Rachel tiraient leur épingle du jeu mais Léon notamment était totalement dépassé en défense. Il n'arrivait pas à tenir le marquage face à la vitesse de ses adversaires et l'équipe de Hans et Rachel était menée de dix points à la mi-temps. Leur équipe se reprit en second mi-temps avec une Rachel de feu en attaque et une Jolène qui se révélait être une redoutable passeuse. Elle et Rachel distribuaient le jeu et attaquaient de manière royale, Jim faisait très bien le travail de l'ombre, Léon s'était quelque peu réveillé et défendait un peu mieux et Hans faisait son travail de pierre angulaire à la perfection. Ainsi ils remontèrent l'écart rapidement. A un moment, Rachel se prit un ankle breaker (NDLR : Briseur de chevilles en français, cela correspond à un dribble qui déséquilibre totalement le défenseur, voire le fait tomber.) et l'adversaire marqua sans problème. Hans l'aida à se relever et lui dit.

« -Reste plus sur tes appuis. Ne cherche pas lui piquer la balle des mains. Cherche juste à l'orienter vers moi. Et sois plus concentrée sur les mouvements de son centre de gravité. Lui, contrairement au ballon, ne ment jamais. »

Elle approuva d'un signe de tête avant de se replacer. Elle était beaucoup plus concentrée en défense et bien plus appliquée une fois les conseils de Hans appliqués.

Mais tout se joua en fin de match. Jim perdit un ballon sur une passe pour Jolène et un adversaire remonta la balle. Rachel et Hans était en défense. L'adversaire prit son élan et entreprit de postériser (NDLR : Cela signifie dunker sur quelqu'un, cela est une humiliation pour le joueur en dessous et cela peut parfois être dangereux.) Rachel. Elle ferma les yeux pour ne pas voir le joueur adverse lui sauter par-dessus. Mais elle fut poussée et vit Hans se placer sous le panier avant d'être assommé par un genou trop haut. Hans fut projeté en arrière, sa tête heurtant le sol assez violemment. Le tir est manqué. Victoire. Rachel se précipita vers lui. Il était inconscient.

« -Hans ! Hans ! cria t-elle. Hans ! »

Celui-ci ne répondit pas. Elle vérifia si sa respiration et son pouls étaient toujours là et elle fut soulagée de les voir toujours présents. Le joueur adverse vint prendre des nouvelles et il fut décidé d'emmener Hans à Princeton afin de voir s'il n'y avait pas de blessure profonde à la tête. Rachel l'accompagna. Elle était très inquiète. Autant elle n'était jamais inquiète pour un patient, autant quand il s'agissait de son Hans, elle était toujours inquiète. Surtout au vu de la tendance de celui-ci à la jouer kamikaze en défense, prêt à sacrifier son corps pour arrêter une tentative. Une fois à l'hôpital, celui-ci se réveilla après quelques dizaines de minutes dans une chambre.

« -Que... On...gagné ? Demanda Hans d'une voix un peu absente.

-Tu es surtout à l'hôpital, répondit Rachel qui faisait les cent pas.

-Quoi ? Mais pourquoi ? Y a eu quoi ?

-Tu ne te souviens de rien ?

-Juste d'un joueur sautant et c'est tout. »

Un médecin vint rapidement contrôler si Hans réagissait bien et il partit après quelques minutes après avoir levé le pouce vers Rachel en signe que tout allait bien. Celle-ci était partagée entre : l'inquiétude qui n'était pas retombée après avoir vu son Hans inconscient, l'envie de le serrer dans ses bras de soulagement, l'envie de le tuer pour lui avoir fait peur comme ça et l'envie de le bouder pour lui faire comprendre qu'il n'avait plus intérêt à faire un truc pareil. Elle était occupée à faire les cent pas quand Hans l'interpella.

« -Tu m'en veux ? demanda t-il d'une voix calme.

-Je sais pas, répondit-elle sèchement. Je suis partagée entre l'envie de te tuer pour m'avoir fait peur comme ça et l'envie de te bouder pour te faire comprendre de ne plus jamais faire un truc pareil.

-Mais...

-Y a PAS de mais. Tu as fait l'idiot en prenant des risques. J'ai vraiment eu peur.

-On a gagné ? »

Sa colère prend le dessus devant la décontraction de Hans devant la situation

« -LA GAGNE LA GAGNE LA GAGNE ! hurle t-elle. Y A QUE ÇA QUI COMPTE ?! TU AURAIS PU Y RESTER ET TOI TU NE PENSES QU'AU FAIT D'AVOIR GAGNÉ ?!

-Bah...Euh... dit-il tout timidement. Je me suis placé sur le dunk adverse pour te protéger parce que j'avais vu son genou partir...Et puis je voulais juste savoir le résultat...

-Hans Friedrich... POURQUOI TA PASSION SEMBLE ÊTRE DE ME RENDRE FOLLE ?!

-Mais non mais...C'est pas ça c'est que... Je pensais bien faire... répondit-il d'une voix toute désolée. »

Elle courut le serrer contre elle. Elle n'arrivait jamais à lui en vouloir plus de vingt-quatre secondes, même quand il la rendait folle comme ça. Elle savait qu'il avait fait ça pour la protéger du dunk qui aurait pu la blesser et qu'il n'avait pas pensé à mal. Elle posa sa tête sur le torse de son Hans. Elle savait qu'il avait ce besoin de protéger et les gens et surtout elle et en définitive, c'était comme qu'elle aimait le défenseur de son cœur. Elle l'embrassa amoureusement pour le remercier et puis tout simplement parce qu'elle aimait cela.

Quelques heures plus tard, alors qu'elle était restée avec lui, vint le joueur qui avait envoyé Hans à l'hôpital. Il avait apporté le ballon du match.

« -Désolé M'sieur, dit-il en baissant la tête. »

Hans éclata de rire.

« -T'inquiète c'est pas grave, le rassura t-il en lui tapant dans la main. Tu n'as pas fait exprès je le sais. Et puis c'est moi qui me suis placé sur la trajectoire. T'en fais pas, je vais bien. Qui a gagné le tournoi ?

-Merci Monsieur... répondit le jeune homme en souriant un peu timidement. Euh... Je ne sais plus... Si vous voulez je me renseignerais.

-Appelle moi Hans. Pas de « Monsieur » avec moi, j'ai horreur de ça et pas non plus de vouvoiement. On est camarades de balle. The ball never lies and the ball never dies.

-Je m'appelle Billy. Vous...euh tu voudras qu'on aille taper une partie ou deux ensemble ? Avec ta compagne bien sûr !

-Quand il sera rétabli, intervint Rachel. Et après une période de repos. Oui Hans, de RE-POS.

-Mais...Mais enfin chérie... Tu... »

Il ne dit rien devant le regard noir que lui envoya Rachel.

« -Ok chérie... Quand je serais à 100%. »

Après que le jeune homme fut parti, Rachel replaça sa tête sur le torse de son Hans.

« -Promets-moi de ne plus faire de bêtises pareilles... lui murmura t-elle.

-Ah ça, ça ne va pas être possible. Tu me connais...

-Tu promets où c'est trois mois de sèche complète, période interrompue durant ton absence évidemment.

-Trois mois ?! Hum... Voilà qui impose réflexion... »

Elle rigola. Qu'elle pouvait aimer son Hans ! Et qu'est-ce qu'il pouvait la rendre folle parfois !