Ceci est mon nouveau all human , en fait ça fait longtemps que l'idée me trottait en tête inspiré par un roman lu dans ma jeunesse et qui m'a beaucoup marqué , bien sûr il y aura des similitudes avec ce roman mais je vais pas en faire un simple copier coller , n'ayez crainte.
pov Bella
J'étais réveillée depuis longtemps quand sonna l'heure habituelle pour me lever. Je me déplaçai pour le faire taire et me remis à ma partition. je griffonai une note puis fermai les yeux pour faire courir un archet imaginaire sur un violon tout aussi absent. On ne tarda pas à frapper à ma porte.
- Hé debout là dedans !" grogna la voix de mon frère.
- Je suis déjà debout , j'arrive Emmett !"
- Dépêche toi sinon je dévore ton petit déjeuner"
Je passai en vitesse sous la douche et enfilai ce qui me passait sous la main, à savoir un jean et un pull en laine rose. Le décolleté laissait voir la naissance de ma maigre poitrine. Une paire de baskets vint compléter la tenue et je dévalai les escaliers pour m'attabler autour du petit déjeuner.
- Tu as prévu quoi aujourd'hui ? " demandai-je à Emmett qui était juste en face de moi en train de boire du café et de lire le journal.
- La même chose que d'habitude. Tout d'abord emmener mon petit génie de sœur au lycée, puis me rendre au garage pour travailler comme un forçat... Ah si, ce soir il y a Edward qui passe la soirée à la maison. Il y a un match de baseball."
A peine eut-il prononcé le nom d'Edward que je faillis m'étrangler avec ma gorgée de thé. Ainsi, Edward allait venir ce soir ! Mon cœur se mit à battre la chamade.
Edward et Emmett étaient amis depuis le jardin d'enfants. Ainsi il avait toujours fait partie de nos vies. Je dis "nos" mais, à ses yeux, je ne suis que la petite sœur de son meilleur ami.
D'ailleurs on peut se demander comment un grand gaillard comme Emmett, passionné de mécanique, peut être le meilleur ami d'un garçon aussi différent de lui. Edward, en plus d'être un merveilleux pianiste, est aussi le premier de sa Fac, passionné de littérature et de sport, avec ses yeux cheveux cuivrés et ses merveilleux yeux verts émeraudes... Est-il vraiment nécessaire de préciser que je suis amoureuse de lui depuis que je suis capable de prendre conscience de la nature de mes sentiments ?
Je pris une nouvelle gorgée de thé pour me donner une contenance. Emmett, qui était bien plus perspicace qu'on pouvait le croire, avait deviné depuis longtemps ce que je ressentais et il s'en amusait souvent à mes dépends. Je suppose qu'il prenait ça pour une amourette d'adolescente.
- On va être en retard , mon cher frère !"
- T'inquiète pas pour ça, va "
Il m'invita à monter dans le monstre qui lui servait de voiture et que nos parents lui avait dégoté pour ses seize ans. Comme toujours il roulait à toute allure. Mes doigts se crispèrent sur l'accoudoir et je fermais les yeux. Mais la voiture se faufilait avec une certaine élégance à travers la circulation grâce à la dextérité de mon grand frère.
Il se gara rapidement devant le lycée après un dérapage contrôlé.
- Allez, dépêche-toi gamine !" dit-il en ébouriffant mes cheveux.
- Emmett, j'ai 17 ans. Il serait temps que tu cesses de m'appeler "gamine" !"
- Tu seras toujours ma petite sœur."
Je soupirai et tournai les talons pour me diriger vers ma première heure de cours. Cependant je n'avais pas vraiment la tête à me concentrer. La présence d'Edward chez moi ce soir m'obnubilait.
La journée me sembla longue et je la terminai par un cours de biologie. Enfin, la sonnerie de fin des cours retentit. J'allais ranger mes livres dans mon sac quand j'en fis tomber un au sol. J'allais me baisser pour le ramasser mais Mike, un de mes camarades de classe, me prit de vitesse et me le tendit avec un grand sourire.
- Tiens Isabella !"
- Combien de fois devrai-je te dire que je préfère simplement Bella ?"
- Pardon..." s'excusa t-il piteusement.
Je rangeai. énergiquement mon livre dans mon sac et me dirigeai vers le parking où Emmett m'attendait déjà, je posais mon sac sur la banquette arrière.
- Alors, cette journée ?" me demanda joyeusement mon frère.
- Comme une journée ordinaire, dans une vie tout aussi ordinaire et soporifique."
- Je vois que c'est un bon jour. J'aurais cru que la venue d'Edward te mettrait de bonne humeur."
Je me sentis rougir et essayai de dissimuler ça derrière mes cheveux, tout en ayant le regard fixé sur la route. Emmett passa mes cheveux derrière mon oreille.
- Où est ma sœur à la langue bien pendue ? Tu comptes rester muette comme une carpe devant ce pauvre Edward ?"
Je lui donnais une tape ,furieuse, sur l'épaule ce qui le fit rire aux éclats.
Il me déposa devant la maison et retourna à son travail, roulant toujours à vive allure. Une chose que lui avait toujours reproché nos parents, en particulier notre père Charlie. Il avait pris beaucoup en maturité quand il nous avait quittés et qu'il avait dû s'émanciper pour pouvoir m'élever mais il n'avait pas perdu cette habitude.
Je montai déposer mes affaires. Heureusement, ce soir là, je n'avais pas de devoirs. Je redescendis pour me mettre à la cuisine. En mettant le nez dans le frigo, je me rendis compte qui restait de quoi faire un ragoût. Je me lançai rapidement dans la préparation de ce plat simple et laisser le tout mijoter. Après avoir dressé la table, je descendis avec mes partitions et continuer ma composition.
J'étais en pleine concentration quand on frappa à la porte. Je fis un tas avec mes feuilles que je glissais dans mon classeur et ouvris la porte. Je tombai nez à nez avec Edward.
- Salut !" lança t-il en plantant ses splendides yeux verts dans les miens.
Il se pencha pour me faire la bise et mon cœur manqua un battement. Je me poussai pour le laisser entrer. L'odeur de son after-shave me caressa les narines.
- Emmett n'est pas encore là." dis-je en essayant de maîtriser les tremblements de ma voix.
- Je sais. Il m'a dit qu'il ne tardera pas à arriver. Il parait que c'est toi le chef ce soir ?" demanda t-il en s'asseyant élégamment sur une chaise dans la cuisine.
J'essayai de calmer mon cœur et pris place en face de lui.
- Ça se passe bien, la fac ?" demandai-je le plus naturellement du monde.
- C'est pas simple tous les jours, surtout que je dois jongler entre mes cours, mes devoirs et mes répétitions de piano."
- Je ne me fais pas trop de soucis pour toi, tu as un vrai don." dis-je timidement.
Ce fut ce moment que choisit Emmett choisit pour faire irruption dans la cuisine. Il donna l'accolade à son ami et, après avoir lavé ses mains couvertes de cambouis, il se laissa tomber lourdement sur la chaise libre qui grinça sous son poids.
- Alors qu'avons nous à déguster ce soir, chef ?"
- Oh juste un ragoût…" dis-je, gênée, en entortillant nerveusement une mèche de cheveux autour de mon index.
Edward avait sûrement l'habitude de goûter des mets bien plus raffiné d'ordinaire. Surtout qu'Esmée, sa mère, était un véritable cordon bleu.
- Je suis mort de faim !" lâcha mon frère.
- Comme c'est surprenant." le taquina son ami.
J'avais le nez plongé dans mon assiette, essayant de me faire la plus discrète possible quand une phrase attira mon attention.
- Oui, on m'a proposé d'organiser et de participer à un récital dans quelques mois. Un concerto pour piano et violons."
Je faillis tomber de ma chaise : Un concerto pour piano et violons ? mon cœur battit de nouveau à mes oreilles.
- Oui… je cherche encore quoi jouer et avec qui." son regard me brûlait comme de la braise.
Emmett se racla la gorge et je détournai le regard.
- Je vais vous laisser les garçons. Mettez tout dans l'évier, je m'en occuperai plus tard."
- Tu ne regardes pas le match avec nous ? " proposa Emmett.
- Je préfère vous laisser entre mecs."
Je ramassai mon classeur à la va vite sur la table basse et montai les escaliers quatre à quatre. Une fois dans ma chambre, je fermai la porte derrière moi et me laissai tomber sur le sol.
Comment avoir l'air d'une idiote… Un concerto pour piano et violons... Pourquoi a t-il fallu que ce soit piano ET violons ? Allez, ressaisis toi, remets toi à tes compositions !
Je rouvris mon classeur, attendis que la clameur monte du rez de chaussée pour attrapper mon violon. Je passai quelques minutes à vérifier qu'il soit bien accordé. Une fois mes partitions étalées devant moi, je pris une profonde inspiration et fit glisser l'archet sur les cordes. Les premières notes s'envolèrent et je me laissai emporter par la mélodie que j'avais imaginé pendant des semaines, des mois, essayant d'imaginer le piano se mêler à mes notes.
Je me rendis compte que j'avais perdu la notion du temps quand on frappa à ma porte. Je sursautai, déposai mon violon sur le lit et ramassai rapidement mes partitions pour les cacher sous mon oreiller. Je dévérrouillai la porte, me retrouvant pour la seconde fois de la soirée en face d'Edward Cullen.
- Euh… je fais trop de vacarme ?" demandai-je, rouge des pieds à la tête.
Edward eut un sourire qui me fit fondre intérieurement.
- Je peux entrer…? "
- …oui " hésitai-je.
Il prit place sur mon lit et ramassa mon violon avec délicatesse. Je sentis mon estomac se tordre douloureusement.
- Tu oses appeler ta musique du vacarme ?" me demanda t-il sans vraiment me regarder.
- Je… eh bien… enfin, comparé à…" je laissai ma phrase en suspens, trop gênée pour la finir.
- Je n'ai pas reconnu la mélodie ?" continua t-il sans relever.
- Je…c'est une composition personnelle." murmurai-je le plus bas possible.
- Vraiment ?" le regard d'Edward me transperça.
- Oui… C'est une ébauche… C'est pas grand chose." dis-je en essayant de calmer le rythme de ma respiration.
La tête d'Emmett émergea de l'embrasure de la porte, une canette de soda à la main.
- Hé mec, le match va reprendre !"
- J'arrive tout de suite !" dit-il en se levant.
Il attendit que mon frère eut disparu pour me tendre mon instrument.
- J'ai comme l'impression qu'il manquait quelques chose ?"
- Il manquait quelque chose à quoi ?" demandai-je en me maudissant d'avoir parlé.
- A ta mélodie."
Je me sentis rougir de nouveau. Je me tordis les mains.
- Hé bien… C'est que c'est un morceau pour violons et piano…" ma voix faillit flancher même si j'essayais de fuir son regard.
- Je dois retourner avec ton frère mais, ça te dirait qu'on se voie au diner samedi pour que tu me montres tes partitions ?"
Je me laissai tomber sur mon rocking chair pour ne pas tourner de l'œil. Il était vraiment en train de me proposer de jeter un œil à mes compositions ?
- Oh tu sais ce n'est que…" tentai-je d'éluder d'un revers de la main.
- Ne te dénigre pas… On en discute samedi ? " demanda t-il en se tenant sur le seuil de ma chambre.
- D'accord , on se voit samedi..." bredouillai-je.
Il disparut en fermant la porte derrière lui. Je fus tout à fait incapable de reprendre le violon. Je le rangeai dans son étui et décidai d'écrire les derniers événements dans mon journal intime. Il contenait tous mes secrets, y compris évidemment mon amour presque secret pour Edward Cullen. Sur de nombreuses pages, je m'étais simplement contentée d'écrire de petites mélodies ou des poèmes. Ça, Emmett n'était pas au courant et j'espérais bien que ça resterait ainsi.
Je rangeai le tout dans le tiroir de ma table de chevet et y rangeai également mes partitions. Nous étions mercredi. Il me restait donc un peu moins de trois jours pour me préparer à cette entrevue avec l'homme de mes pensées. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine.
Il va forcément trouvé ça pitoyable… Comment pourrait il en être autrement ?
Je déglutis puis je me relevai pour attraper un de mes livres favoris sur une étagère. Je me laissai tomber dans mon rocking chair pour me plonger dans la lecture d'Orgueil et préjugés, un classique de Jane Austen. Mais l'amour tumultueux entre Elizabeth et Monsieur Darcy me ravissait à chaque nouvelle lecture.
Je dus finir par m'endormir car ce fut la sonnerie de mon réveil qui me fit sursauter dans le rocking chair. Je jetai le livre sur mon lit et me précipitai dans la douche.
Quand je pris place face à mon frère, il me dévisagea d'un œil amusé.
- Alors, tu as rêvé d'Edward toute la nuit pour avoir une tête pareille ?"
- Tu as toujours le mot pour faire plaisir, tu sais ? Non je me suis endormie en lisant un livre."
- Tu m'étonnes, vu les bouquins qu'il y a sur tes étagères !"
- Tu n'y connais décidément rien, mon pauvre ami !"
Il éclata de rire puis me regarda avec sérieux :
- Alors, je me suis laissé dire que tu avais un rencard avec Edward ?"
- Cesse donc de dire des anneries ! C'est un rendez vous de musicien à musicien."
- Et pourquoi ça ?"
- Il m'a entendu jouer hier soir." marmonnai-je.
- Il veut sûrement te faire comprendre que tu devrais abandonner le violon. Enfin quelqu'un qui s'en rend compte !"
Je ne répondis rien, plus touchée que je ne l'aurais cru par cette remarque. Je croquai dans un toast pour cacher mon émotion, ce qui fit aussitôt taire mon interlocuteur. Il y eut un long silence puis Emmett toussota.
- Bon, eh bien, il est temps d'aller au lycée, petite tête !"
Je ne répondis rien pour bien lui faire comprendre qu'il m'avait vexée et me contentai de le suivre sans rien dire.
La journée se passa sans incident et je consacrai ma soirée à mes devoirs, dont un devoir de biologie assez prenant.
Le samedi fut vite là, Edward, par l'intermédiaire de mon frère, m'avait donné rendez-vous pour midi. Je m'étais levée de bonne heure pour choisir comment m'habiller. J'avais passé en revue la moitié de ma garde robe et je n'arrivais pas à porter mon choix sur une tenue en particulier. Tout me semblait affreusement banal. Finalement, après une longue réflexion, je portai mon choix définitif sur une petite robe verte et une paire de ballerines noires.
- Si tu veux que je t'emmène à ton rencard, dépêche-toi de descendre !" cria Emmett du rez-de-chaussée.
- Ce n'est pas un rencard !" criai-je à mon tour.
J'attrapai un sac en bandoulière et y glissai mon paquet de partitions avant de dévaler les escaliers.
Emmett me déposa devant le diner et m'invita à lui envoyer un message quand mon entrevue avec son ami serait terminé. je poussai la porte du restaurant non sans une certaine appréhension. Je sentais mon cœur battre à mes oreilles et ça ne s'arrangea pas quand j'aperçus Edward assis à une table à l'écart. Il semblait plongé dans les pensées des écouteurs enfoncés dans ses oreilles. Je poussai un profond soupir pour maîtriser mon trouble mais le ricanement des filles que j'identifiais comme des camarades du campus d'Edward ricanaient à mon passage. Je priai de toutes mes forces pour ne pas trébucher sur mes propres pieds. J'avançai sans leurs jeter un regard et pris place face au jeune homme qui leva aussitôt son regard vers moi et retira ses écouteurs.
- Bonjour bella."
- Bonjour Edward." mon cœur battait toujours à tout rompre, je n'arrivais pas à croire que j'étais pour la première fois en tête à tête avec l'homme que j'aimais.
- Je t'offre quelques chose ?"
- Ce n'est pas la peine de…"
- Allons Bella, je peux bien t'offrir quelques chose à boire ? Nous sommes là pour travailler."
Je sentis une boule tomber au fond de mon estomac. Oui, nous sommes là pour travailler... C'est la faute de cet andouille d'Emmett et de ses histoires de rencards !
- Hé bien… Un thé earl grey fera l'affaire !" dis-je aussi normalement que possible.
Il passa la commande et son regard se posa de nouveau sur moi.
- Tu les as apportés ?"
- Oui…oui bien sûr." dis-je en tirant le paquet de feuilles de mon sac pour les lui tendre.
Sa main effleura la mienne et je ressentis une décharge électrique remonter le long de mon bras. Il passa de longues minutes à examiner ma création et j'avais porté ma main à ma bouche pour me ronger les ongles. Pour ne rien arranger, j'entendais toujours les pimbêches ricaner dans mon dos.
Enfin, après ce qui me sembla être une éternité, le regard émeraude se posa de nouveau sur moi.
- C'est pas mal pour un début… je te conseillerais de retravailler certaines parties…."
Il fut interrompu par la sonnerie de son téléphone :
- Allo ?... Alice ? Qu'est qu'il se passe ?…. Très bien je rentre."
Il raccrocha et sortit son portefeuille pour régler la note.
- Je suis désolée, Bella. Il s'avère que ma sœur veut absolument que je rentre. Mais on pourra se voir pour discuter de ton travail à la fête que je donnerai dans deux semaines. J'y ai invité Emmett et, bien sûr, tu es la bienvenue aussi. On pourra discuter. C'est du très bon travail pour commencer. Et, avec un peu plus de travail, je pourrais envisager de le proposer pour ce concert dont j'ai parlé l'autre soir."
Mon cœur manqua un battement et je dus me retenir à la chaise pour ne pas m'affaler par terre. Il me tendit mes partitions et me salua d'un geste de la main. Je me retrouvai comme une idiote au milieu de jeunes filles plus âgées que moi et qui suivaient toutes Edward du regard. Je pouvais deviner assez facilement ce qu'il se passait dans leurs têtes.
Je m'empressai de sortir pour attendre Emmett à qui je venais d'envoyer un message. J'étais sur un petit nuage quand je m'installais dans l'habitacle de sa voiture.
- On peut savoir ce que nous vaut cet air béat ?"
- Je n'ai pas un air béat… Mais, si tu veux tout savoir, Edward voudrait qu'on discute plus sérieusement de mes compositions…à la fête qu'il organise dans deux semaines."
Emmett ne répondit rien et se contenta de m'ébourrifer les cheveux, faisant fi de mes protestations.
Je passai les deux semaines qui suivirent à travailler sans relâche mon concerto, annotant ça et là ce que je pensais devoir retravailler. A vrai dire, ça m'empêchait même de dormir la nuit.
Une nuit, il devait être deux heures du matin quand j'entendis la porte de ma chambre s'ouvrir.
- Bella ? Qu'est ce que tu fous encore debout à cette heure là ? Demain il y a cours !"
- Je travaille…"
- Et on peut savoir sur quoi tu travailles ?" s'agaça t-il en se grattant la tête.
- Je… Je travaille mes partitions."
Il s'approcha de moi et m'arracha les feuilles des mains :
- Ça suffit maintenant. Tu vas aller te coucher illico presto."
- Emmett…"
- Il n'y a pas de "Emmett" qui tienne. Tu vas te coucher immédiatement. Ne crois pas que je n'ai pas remarqué que tu veilles tous les soirs et je ne suis pas d'accord avec ça !" cria t-il
- …Mais je fais bien ce que je veux !" criai-je à mon tour.
- Je suis responsable de toi, petite sœur, et tu vas faire ce que je te dis !"
- Très bien !" fulminai-je en lui arrachant les feuilles des mains et en les fourrant dans mon classeur.
- Je te préviens, si tu n'es pas couchée dans dix minutes,…"
- Si tu voulais bien sortir de ma chambre, c'est ce que je ferais." dis-je en lui claquant la porte au nez.
Je me changeai rapidement pour me mettre en pyjama et me laissai tomber sur mon lit où je ne tardai pas à m'endormir.
Le lendemain, la tension était encore palpable entre nous et aucun de nous n'osa parlé.
Ce fut Emmett qui rompit enfin le silence.
- Je sais que la musique c'est important pour toi, d'autant plus si Edward rentre dans l'équation... Mais, à partir de maintenant, tu te couches à des heures décentes."
- Très bien…très bien... Excuse-moi de m'être emportée hier soir. Je sais que je n'ai pas été raisonnable mais, tu comprends, c'est la première fois que quelqu'un s'intéresse à mes compositions..."
- Je comprends, moi non plus je n'aurais pas dû m'énerver. Mais on est d'accord ?"
- Oui… maman."
Il éclata de rire et me jeta un regard en coin.
- Tu sais que la fête chez Edward approche ?"
- Maintenant que tu le dis, j'avais pas remarqué !" ironisai-je.
- Il y aura de l'alcool mais je compte sur toi pour ne pas y toucher."
- Tu me prends pour qui ? Si je viens, ce n'est pas pour m'amuser mais pour discuter avec Edward."
- Je me doute…que c'est autre chose qui va t'occuper l'esprit."
- Emmett !" protestai-je tandis qu'il se garait devant le lycée.
Enfin arriva le jour de la fête. Je m'étais levé la boule au ventre. J'avais demandé à Emmett de m'emmener faire du shopping à Port Angeles où j'avais choisi une petite robe noire simple mais élégante et même un peu sexy au grand dam de mon grand frère.
Je passai l'après-midi à me préparer. je me maquillai légèrement et attachai mes cheveux en queue de cheval haute. Je chaussai mes habituelles ballerines et complétait le tout par un grand sac en similicuir noir pour y fourrer mes partitions.
- C'est l'heure gamine !"
- J'arrive !"
Emmett me dévisagea quand il me vit descendre les escaliers.
- C'est quoi cette tenue ?!" s'exclama t-il en prenant ma main.
- Il y a un problème ? Je suis ridicule ?" m'inquiètai-je.
- Pour ça non, tu es magnifique. Un peu trop à mon goût."
- Ce qui veut dire ?"
- Que je vais te garder à l'œil pendant la soirée… Tu es pas un peu trop jeune pour porter ça ?"
- Emmett, je suis une grande fille !"
Il marmonna quelque chose dans son coin et me reprit la main pour me faire grimper dans sa voiture. Nous passâmes le trajet en silence quand, enfin, il se gara devant la villa des Cullen.
C'était la première fois que j'y venais depuis longtemps. Elle était aussi splendide que dans mes souvenirs. Visiblement, les parents d'Edward n'étaient pas là au vu du volume sonore qui s'échappait de la maison et du nombre de personnes qui trainait dehors, un verre d'alcool à la main.
Emmett me poussa devant lui à l'intérieur de la maison. Je remarquai aussitôt que je devais être la plus jeune et de loin dans cette fête. Tous les regards se posaient sur moi et je ne savais pas bien comment les interpréter. Bientôt, je perdis de vue Emmett qui disparut dans la foule. Je me retrouvai donc seule au milieu d'inconnus dont certains me toisait comme si j'étais une intruse.
Je finis par trouver un endroit un peu à l'écart, juste à côté du piano de la famille. J'en caressai le couvercle puis pris place dans un grand fauteuil club qui se trouvait là. Je cherchai mes écouteurs pour faire passer le temps, en espérant apercevoir Edward à un moment donné.
J'écoutais une balade irlandaise quand je le vis faire irruption devant moi. Il me fit signe d'enlever mes écouteurs. Il était magnifique. Il portait un jean brut et une chemise blanche cintrée qui laissait deviner les courbes de son corps. Je déglutis et essayais de ne pas le dévisager. Il tira un siège et vient s'assoir en face de moi, si près que nos genoux se touchaient.
- Désolé, j'ai mis du temps à me frayer un passage et surtout à te trouver… Pourquoi t'es tu isolée ici ?"
- Je dois dire qu'au milieu de tous ces inconnus je ne me sentais pas très à mon aise…"
- Et si on se mettait au travail ?" demanda t-il comme pour changer de sujet.
- Avec joie."
Une fois de plus je lui tendis la liasse de feuilles froissées qui faisait office de partition. Il les lut attentivement et esquissa un sourire.
- C'est bien mieux. Je vois que tu as modifié certains passages."
Nous passâmes un bon moment à discuter de ma composition, de ses points forts et de ses points faibles, chacun défendant ses positions. Bientôt, j'entendis une voix féminine appeler Edward. Elle fit son apparition, un verre à la main. Elle était à couper le souffle dans sa robe moulante rouge. Je reconnus aussitôt Lauren pour l'avoir déjà vu.
- Qu'est ce que tu fais ici tout seul ?" demanda t-elle en feignant de ne pas me voir.
- Je ne suis pas tout seul, je suis en train de travailler avec la sœur d'Emmett."
Lauren éclata d'un rire cristallin et me fusilla du regard sans que le jeune homme entre nous ne se rende compte de rien. Elle prit les partitions des mains d'Edward et les jeta sur mes genoux qui tremblaient de rage.
- Viens donc t'amuser avec nous ! Après tout c'est une fête. Pourquoi t'occuper de travailler avec la petite sœur d'Emmett ?" dit-elle en appuyant bien sur le mot "petite".
Elle tira Edward par le bras et l'entraîna dans une autre pièce en lui glissant un verre entre les mains. Edward me lança un regard désolé et disparut. J'entendis tout de même Lauren lui demander ce qu'une gamine comme moi faisait ici. Je sentis le sang bouillir dans mes veines et mon visage virer au cramoisi. Je me sentais humilié. Il fallait à tout prix que je trouve Emmett pour lui demander de me ramener.
Il était en pleine conversation et je remarquais avec soulagement que lui ne buvait pas d'alcool. Me sentant de nouveau de trop, je me réfugiai dans un coin et attendis qu'Emmett me propose lui-même de rentrer, les écouteurs vissés aux oreilles.
Je ne vis pas réapparaître Edward de la soirée. il devait être dieu sait où dans la maison en grande " discussion" avec Lauren ou une autre... Comment lui en vouloir ? Après tout, comme elle l'avait dit, je n'étais que la petite sœur d'Emmett.
La soirée était bien avancée quand je vis apparaître mon frère. Il me tira vers lui et me cria pour couvrir le bruit ambiant.
- On y va. Il est temps que tu ailles te coucher."
- Tu es sûr que tu ne veux pas rester plus longtemps ?"
- Ne t'en fais pas, je reviendrai après t'avoir déposé à la maison."
- D'accord." répondis-je tandis qu'il me tirait par la main pour me conduire dehors, ce qui nous prit un certain temps, vu qu'il était accosté par de nombreux amis sur le trajet.
On croisa rapidement Edward qui nous salua d'un geste de la main. Je sentis mon cœur se serrer en constatant qu'effectivement il était toujours avec Lauren. Alors que nous nous dirigions vers la voiture, Emmett me posa la question qui ne fallait pas.
- Comment ça s'est passé avec Edward ?"
- Il n'y a pas grand chose à en dire." dis-je pour couper court à toutes autres questions.
Emmett roulait encore plus vite que d'ordinaire ça ne l'empêchait cependant pas de contrôler parfaitement le véhicule. Il s'engagea dans un virage, zigzaguant entre les voitures quand, soudain, une voiture arrivant en sens inverse fit une embardée.
- Putain merde !" grogna mon frère.
Il donna un violent coup de volant qui nous envoya contre le rail de sécurité. La voiture se mit aussitôt à faire un tête à queue. Bientôt ce fut le chaos total. Emmett essayait de reprendre le contrôle de la voiture. Il donna un autre coup de volant. Il avait perdu tout contrôle et la dernière chose que je vis avant que mon front heurte le tableau de bord fut un gros chêne.
Puis ce fut le noir total.
J'étais toujours dans le noir, je flottais entre deux eaux. Où étais-je au juste ? Etais-je morte ? J'entendais quelques part le clapotis de l'eau. L'eau m'engloutissait petit à petit. Elle était glacée. Je cherchai à retenir mon souffle mais je me rendis compte que je ne suffoquais pas. C'était ça, la mort ? Se laisser couler lentement ?
Si j'étais morte, qu'en était-il d'Emmett ? Avait-il pu s'en sortir ? Je l'espérais de toutes mes forces.
Le temps semblait suspendu. Pourtant, peu à peu, une douleur lancinante fit son apparition. Elle envahit mon crâne. Je ne pouvais donc pas être morte. Je ne sais pas combien de temps passa ainsi mais bientôt je ressentis le besoin urgent de remonter à la surface.
J'étais encore dans le noir mais j'entendais des chuchotements autour de moi. Qu'était il en train de se passer ? J'essayais de parler, ce qui me demanda un effort surhumain.
- Emmett ?" demandai-je la voix tremblante.
Ce fut une voix connue qui me répondit avec le plus grand sérieux.
- Vous êtes réveillée, mademoiselle Swan ?" constata le docteur Cullen.
- Comment va mon frère ?" fut la première question qui franchit laborieusement mes lèvres.
- Je vais bien, je suis là, petite sœur !" me répondit sa voix apaisante en me serrant la main
- Tu vas bien ?" m'inquiétai-je.
- Ne t'en fais pas, un peu de casse mais sinon je suis en pleine forme, ma puce."
Ça faisait une éternité qu'il ne m'avait pas appelé comme ça. La douleur me vrillait toujours le crâne. Je sentis un bandage entourant le haut de mon visage. Aussitôt, l'accident me revint en mémoire.
- Qu'est-ce que j'ai ?"
- Ton front à heurté le tableau de bord…. Tu es devenue aveugle." intervint calmement Emmett sans me lâcher la main.
- Cécité provisoire." corrigea le médecin "Nous avons du résorber quelques hémorragies mais il n'en restera pas la moindre cicatrice."
- Depuis combien de temps je suis ici ?"
- Depuis 15 jours." lança timidement mon frère.
- Tu étais dans le coma." ajouta le médecin, pragmatique.
- Combien de temps vais-je devoir garder ces bandages ?"
- Je ne sais pas encore " avoua le père d'Edward.
Ça avait le mérite d'être clair. Je repris mon souffle essayant de calmer la douleur dans mes tempes.
- Je vais vous laisser, les enfants. Emmett, essaie de ne pas trop la fatiguer. Elle a besoin de repos."
J'entendis la porte se fermer et nous nous retrouvons enfin seuls.
- Dis-moi la vérité. Comment tu vas ?" demandai-je à Emmett.
Je le sentis s'assoir sur le rebord de mon lit :
- Rien de grave." me rassura t-il à nouveau en embrassant mes doigts, un élan de tendresse inattendu venant de sa part. "Tu voudras que je te ramène quelque chose ?"
- Oui, mon lecteur mp3."
- Pas de problème. Maintenant, une bonne nouvelle derrière cette porte. Il y a quelqu'un qui meurt d'envie de te parler."
- Je ne veux recevoir personne !" tranchai-je.
- Même pas Edward ?"
- Surtout pas Edward !"
Emmett fut étonné mais il n'essaya pas de me convaincre et je lui fus reconnaissante. Je ne sus s'il se sentait coupable de me voir dans cet état ou s'il ressentait ma honte.
