Coucou,
Je sais qu'il n'y a plus que moi pour suivre cette histoire, pour lire cette histoire, mais je ne m'en formalise pas et continue de publier. Car personnellement j'aime cette histoire, je l'aime beaucoup, beaucoup ! et d'ailleurs elle sera le centre de mes mises à jour pendant quelques temps.^^
Chapitre 04: Résurrection.
« Comment Dumbledore a-t-il pu exiger de toi l'irrémédiable, l'inexcusable, son exécution préméditée et suppliée quand ton cœur, suintait d'un souffre toxique au moment de passer à l'acte. Je t'ai vu, hésitant et déchiré, et l'espace d'une micro seconde j'ai imaginé sa mort. Une torture lente et agonisante menant à son trépas, alors que dans le même temps je fomentais pour sa survie. Les humains ont la manie facile de se justifier par le bien de tous, le bien commun, le bien du plus grand nombre. Et le bien d'unique alors ? On l'écarte, on l'ignore ? Il t'a ignoré, je l'ai contré. Lui et toi, et votre complicité stupide et assassine de ton âme. J'ignorais ta réaction dans cette salle, mais j'espérais qu'avec ce mot signé de mon écriture, tu prennes enfin pleine conscience de l'importance d'unique. Une vie pour une vie, tu disais. Je riposte.
Tu es unique » !
Dumbledore vivant, c'était la preuve incontestable de la loyauté de Severus Snape.
Intouchable, il était innocent.
Harry se sentit soulagé. Rassuré parce qu'en dépit de son débâcle émotif, son cœur ne lui avait pas menti. Même hurlé à Ron comme l'évidence, Harry avait souvent douté de ses capacités à voir ou croire le vrai du faux. Il ne s'expliquait rien du meurtre de son directeur qu'il avait vu de ses yeux vus des mois auparavant. C'était Snape qui avait lancé le sortilège de Mort, lui qui avait envoyé de vie à trépas l'homme estimé comme le plus grand sorcier du monde jusqu'à le laisser gire au pied de la grande tour.
Comment ? Pourquoi ?
Les questions se bousculèrent dans l'esprit du jeune Griffondor. Il s'expatria au pays d'irréel, s'isolant dans des pensées toutes mélangées et contradictoires quand Hermione, tirant sèchement sur le devant de sa manche, l'obligea à regagner la Terre.
Innocent, se chuchota dans la salle.
Innocent ?
Harry, campé les deux pieds dans la réalité reporta son attention sur le milieu de la scène.
- Innocent, parla calmement Dumbledore magistral. Severus Snape est innocent et j'ordonne son immédiate libération !
Harry resta béat, la bouche ouverte et les yeux grands ouverts. Sa brève absence l'avait déporté plus loin que soupesé ou présagé. Il était privé du débat final, frustré, interdit de l'ultime révélation que tous les spectateurs viennent réclamer dans les théâtres. Battu, il se maudit intérieurement avant de se focaliser sur les voix au pouvoir irrécusable.
Le Ministre, levé de sa chaise de grand roi, le visage défait et le ton aussi neutre que possible, confirma, non sans mal, qu'à la vue des nouveaux éléments apportés, Severus Snape était blanchi de tous les chefs d'accusation portés à son encontre devant la Cour. Que sa libération prenait effet instamment, avec ordre de lui restituer tous ses biens personnels, y compris sa baguette mise sous scellés avant le début de l'enquête.
Dumbledore fut satisfait. Un sourire au bord des lèvres, il s'approcha du non-coupable continuellement choqué par l'inopinée « résurrection » de son mentor. Remué, celui-ci s'y reprit à deux fois avant de parvenir à se relever. Le directeur le dévisagea, aussi jovial que peut au vu des circonstances quand son regard se voila de quelque profondeur plus malheureuse. Une tristesse contenue ou inavouable marbra son ressenti. La seconde suivante, la main baladée dans l'une des longues manches de sa robe, il extirpa un morceau de papier que sans attendre il présenta à l'adresse de Snape.
Harry, premier témoin dégringola les escaliers de son cœur, chutant lourdement tout en bas.
Les yeux éperdument collés au professeur de Potions, il ne manqua rien de sa réaction. Déplié le papier, lu le papier -dubitatif au commencement-, l'homme en noir se décomposa à la fin. Certes brièvement, certes secrètement et le plus impassible du monde car Serpentard éternellement, mais Harry nota sans l'ombre d'une hésitation une souffrance absolue dans le regard de ce dernier. D'une souffrance à faire mal.
Pleurer en silence ou pleurer sans larmes, c'est pleurer plus mal encore.
Severus Snape souffrait, or le Griffondor soudain expulsé tout à l'opposé de son monde, ne sachant rien du pourquoi du comment et n'ayant aucune solution pour consoler, se frappa mentalement.
En sept ans, il n'avait jamais surpris une expression si ravagée sur le visage du Professeur. Lui, constamment infaillible, insensible, lui qui des heures durant était resté imperturbable des accusations de ses bourreaux, ignorant les injures, les menaces, le mépris… Lui toujours, qui avait su si talentueusement abuser Voldemort, cet être déclaré inabordable par les plus grands maîtres du monde. Lui si doué en Occlumencie, ne laissant personne franchir son esprit, ni entrevoir son cœur… Que pouvait-il donc se dessiner sur cette feuille au format si petit, et insignifiante d'apparence pour que les barrières que Snape s'était hissé durant presque vingt ans, volent en éclat en un instant.
Harry fut débordé d'un mal destructeur, ravagé, désemparé, et « jaloux » de ne pas être la cause de ce brusque changement chez lui. Il constatait à regret, qu'à aucun moment l'homme n'avait prêté attention à lui depuis son arrivée, ni même un signe pour suggérer sa conscience de lui à ses côtés. Harry n'était rien pour Snape et ça faisait mal.
Sur le point de quitter la salle, où le vide se quantifiait enfin, Dumbledore s'attarda un instant succinct dans la direction du jeune éconduit. Redoré de son petit sourire à demi serti d'autre chose, il sembla sur le point de lui chuchoter un mot. Harry patienta, le souffle coupé, prêt à recevoir. En vain, il fut démenti. Le directeur se détourna, puis grand et solennel, il évacua les lieux aussi théâtrale qu'avant, ne laissant personne l'approcher et lui poser les questions évidemment brûlantes qui salivaient aux lèvres curieuses des journalistes.
Les Aurors, menèrent Snape par la petite porte dérobée, comme à son arrivée, à la différence que le fardeau métallique sur ses membres avait disparu, preuve officielle de son innocence.
Ce fut le départ entendu pour les trois membres du Terrier. S'éclipsant, déambulant à travers les paparazzis qui d'une glue indécollable réclamaient les impressions du « sauveur », ils avancèrent tant bien que mal. Heureusement, Mr Weasley, bouclier émérite les para et Harry comme Hermione réussirent à se sortir du Ministère sans grande échauffourée.
Durant le trajet, Harry méjugea ses pensées. Un léger doute planait dans son esprit sur la possibilité que d'ici quelques minutes il allait se réveiller et désillusionner cette chimère. Mais les secondes, puis les minutes continuèrent au présent et au moment de franchir le seuil de la maison, il était convaincu des évènements : Severus Snape, innocent et libéré.
Au soir, tous les habitants de la maisonnée se rassemblaient dans la cuisine. Abandonnant sans regret les prérogatives habituelles, ils réunirent leurs impressions et discoururent de la journée. Tous, étaient surpris -doux euphémisme- d'apprendre la renaissance de l'ancien directeur de Poudlard et chacun voulut donner son avis là-dessus.
- Comment est-ce possible ? formula Madame Weasley en introduction. Debout, elle servit du café à son mari quand de l'autre côté, elle dressa plusieurs corbeilles de gâteaux destinés aux enfants. Nous avons porté son deuil durant des semaines. Nous l'avons cru mort durant des mois !
- Mon souci, modifia Hermione les deux mains croisées sur la table en signe de méditation. C'est de savoir si Dumbledore est Dumbledore ? Je veux dire le vrai Dumbledore, comment être assuré de son identité ?
- Je suis d'accord, accorda Ron aussi circonspect. Et si c'était du Polynectar, comme le fils Croupton en quatrième année ?
- C'est lui, contredit net Mr Weasley indiscutable avant de boire une gorgée de sa tasse nouvellement remplie. Aucun doute, croyez-moi mes enfants. Quant à toi Ron, tu devrais savoir que du simple Polynectar ne pourra jamais abuser le premier ministre. De plus, notre ressuscité Dumbledore a fourni la preuve irréfutable de son identité. Vous étiez là vous deux, adressa-t-il à Harry et Hermione. Vous avez vu, et entendu, Dumbledore est Dumbledore et Dumbledore est vivant, c'est désormais un fait avéré sur lequel il va falloir compter.
Hermione assentit oui du chef mais Harry n'affirma rien du tout. Il avait tout loupé quand il était parti converser avec Madame la Lune, juste après l'apparition de Dumbledore. Aussi ignare que les autres, frustré, il croqua dans un biscuit au chocolat pour essayer de se réconforter.
- Quelles preuves ? s'intéressa Ginny en se tortillant sur sa chaise. Pattanrond ronronnait à ses pieds, réclamant du gâteau. De la main, elle lui somma d'aller quémander ailleurs. Ce qu'il fit, non sans oublier d'arrondir le dos au préalable.
- Oui, quelles preuves, répétèrent en écho les jumeaux impatients et tapant du poing sur la table tels deux enfants capricieux.
Un caprice mal réceptionné. Leur mère, mal contente, les fusilla du regard, rouspétant silencieusement de leur comportement. Sans mot dire, elle s'installa au bout de la tablée, en arbitre de cérémonie.
- Oui, quelle preuve ? exigea Ron en dernier, inconscient et imitant ses frères. Toutes les corbeilles se renversèrent sous le fracas du poids de sa main.
Le vase déborda dans l'esprit de Molly.
- Ronald Weasley, s'écria-t-elle hors d'elle. Veux-tu bien t'arrêter !
- Mais m'man…
- Tais-toi ! Je ne veux plus t'entendre et cesse d'interrompre ton père à la fin ou je t'envoie disserter tout seul dans ta chambre avant la fin de cette histoire. Est-ce bien clair ?
- Oui maman, admit le plus jeune des rouquins en maugréant tout bas que de toute manière c'était toujours lui qui payait les torts, même quand il n'avait rien fait. Boudeur, il attrapa un biscuit et mangea pour s'assurer de ne plus rien parler.
Une initiative qui donna l'ouverture idéale au félin terré en catimini dans un recoin de la cuisine.
Pattanrond, espiègle et vengeur, profita de cet instant pour surgir au milieu de la table et voler toutes les friandises que Ginny, égoïste lui avait refusées. Téméraire, il se rua sur Ron, lui chipa son cookie à moitié mâchouillé et l'avala d'une seule bouchée. Agile, il dribbla la plus grande des corbeilles de ses deux pattes avant, faisant s'envoler un nombre indécents de trésors au chocolat loin, très loin de leur point d'origine. Course folle, il accéléra, s'enfuyant gauche, droite pour éviter une contre-attaque éventuelle quand touchant au but, il se jeta dans les airs, d'un saut impressionnant avant de regagner la terre ferme. Fier et vainqueur.
- Pattanrond ! s'écria Hermione confuse et gênée des mauvaises manières de son familier. Reviens ici !
Le chat avait disparu, sans laisser ni trace, ni gâteaux.
- Mon cookie, se plaignit Ron abasourdi en lorgnant ses mains vides. Dis à ton stupide chat de me rendre mon bien, tout de suite !
- Attention Ron, je t'ai prévenu, rehaussa sa mère le visage rouge de colère. Elle était proche d'exploser.
- Mais…
- Suffit !
- Bon, bon, bon… s'interposa Monsieur Weasley un peu confus et sentant le danger poindre à l'horizon, tandis que les jumeaux applaudissaient discrètement la prouesse artistique de Pattanrond. D'une nature tranquille, le papa des garçons était le pays neutre au milieu du continent de sa tumultueuse famille. Revenons à nos moutons si vous le voulez bien, où par Merlin je m'en vais dormir avec sous le bras mon histoire.
Un silence tomba dans la pièce, tous les Griffondors prirent acte de l'avertissement de l'homme de la maison.
»Voilà qui est mieux, congratula celui-ci un grand sourire étiré sur le visage. Vous êtes curieux je le consens mais montrez-vous patients ou vous allez manquer tout l'important. D'autant qu'il faut que je me perde en premier lieu dans la narration d'un chapitre différent. Un chapitre resté secret de la majorité car mal connu, méconnu et dans l'absolu pas véritablement nécessaire à votre appréhension de la magie en générale. Cependant, le voici indispensable dans le cas qui nous importe ce soir, alors madame, mesdemoiselles, messieurs, j'espère que vous êtes prêts ?
- Fin prêts, chantèrent en cœur l'assemblée, Madame Weasley alignée en chef de file.
- Parfait ! Que se dévoile alors L'Essence de Vie. Oui, l'Essence de Vie, vous m'avez bien compris. Voyez-vous, aussi loin que remonte notre existence, il est avéré que chaque sorcier au jour de sa naissance se voit doté d'une Essence de Vie particulière. Alors je sais, ces mots sont nouveaux, et Hermione n'as-tu probablement jamais lu aucun ouvrage relatant de leur existence mais n'oubliez pas : ce n'est pas parce que quelque chose est invisible qu'il n'existe pas. Cette Essence de Vie est strictement personnelle. Elle est individuelle, inimitable, unique !
- Ohh, ne put s'empêcher de s'étonner la brunette les neurones en ébullition. On dirait nos empruntes digitales.
- Les quoi ? coupa Ron, incrédule en face de sa meilleure amie et faisant fi du regard noir de sa mère. Quoi que non, ne me dis rien. Je soupçonne une origine Moldue et je n'ai pas l'envie de m'essayer dans la compréhension d'une chose qui ne me servira jamais.
Mr Weasley, indécrottable passionné, vira 90° à droite en direction de la jeune fille, vissant ses yeux aux siens comme un enfant surprenant le Père-Noël au pied du sapin. Il espérait des détails concernant les fameuses empruntes mais percutant la foudre exaspérée de sa femme qui atteignait le haut de la montagne, il se reprit sitôt et continua l'histoire, toussotant une ou deux fois avant pour se parer de son sérieux.
- Humm… oui… donc… je disais : deux sorciers, deux Essences de Vie, jusque là, c'est pas bien compliqué. Mais là où ça devient magique c'est que cette Essence de Vie a la capacité extraordinaire de grandir proportionnellement aux pouvoirs de celui dont elle est liée. Conséquence, plus le sorcier est puissant, plus son volume est grand. Pour schématiser, c'est comme une aura à l'élasticité infinissable. Malheureusement, ou heureusement je n'ai pas d'opinion là-dessus, elle est invisible. Totalement in-vi-si-ble, et entre nous si l'objet que je vais relater maintenant n'avait pas été découvert au hasard un jour de grande pluie, personne n'aurait jamais soupçonné son existence.
- Les lunettes ! s'extasia Hermione, un eurêka brillant dans la tête.
- Oui, les Lunettes, confirma l'homme ravi de la perspicacité chez Griffondor. Les Lunettes de Révélation. Comme indiqué, elles révèlent à celui qui les porte, la nature des êtres qui l'entourent. Ainsi donc, l'Essence de Vie et le nom.
- Le nom ? Tu veux dire qu'avec ces trucs on peut connaître l'identité des gens ?
- Oui, Ron, et je sais déjà ce qui suit dans ta bouche mon garçon. Un nom peut être changé. L'exemple en est le mariage durant lequel la femme s'approprie le nom de son époux. Mais, qu'importe. Ces Lunettes-ci, révèlent le nom de la naissance. Tu auras beau en changer, ce sera inexorablement celui baptisé à ta venue au monde qui apparaîtra. Il en va de même pour ton apparence, même modifiée par une potion de dissimulation ou du Polynectar, ces Lunettes verront le vrai toi.
- Mr Weasley, s'interrogea Hermione, pensive. Vous avez déclaré qu'elles révélaient la nature de notre essence, qu'est-ce…
- J'y viens, j'y viens, mais permettez que je finisse par Merlin.
Lutin, le père de Ron avait la bouche tirée jusqu'aux oreilles. Conteur écouté, il prenait un malin plaisir à se faire désirer. Le regard fier, il était penché sur la table, chuchotant les mots pour accentuer la concentration de son auditoire.
» Ces lunettes, murmura-t-il en confidence presque sacrée. Par-delà la magie de révéler l'Essence de Vie et le nom, offre à celui qui les porte l'avantage exclusif de lire la force magique qui parcoure et entoure entièrement le sorcier. Or comme je viens de l'expliquer, cette Aura sera équivalente à la puissance du sorcier en question. Inconscients, vous n'avez pas idée que votre Essence de Vie s'écoule continuellement en vous et au-delà. Que vous usiez de votre magie ou pas, elle est permanente. Les chercheurs ont remarqué par le passé que la couleur variait selon l'individu ou l'état d'humeur dans laquelle celui-ci se trouvait, annotant du même coup, sa vie ou sa « non-vie » pour le cas qui nous relie ici.
Tout le monde était pendu à ses lèvres, abasourdis de l'aveu merveilleux et nouveau qu'il exposait. Les Griffondors firent de monsieur Weasley, un enseignant surprenant mais apprécié.
» Hermione, désigna-t-il, comme s'adressant à une élève. Tu as remarqué qu'à peine le Ministre avait posé les Lunettes sur le bout de son nez qu'il les retirait, n'est-ce-pas ?
Un signe de tête lui répondit que oui.
» La raison est simple. Dumbledore est un sorcier très puissant qui a vécu un nombre incalculable d'années. Il est donc aisé d'imaginer la surprise de notre cher Ministre en témoignant l'Essence de Vie de son interlocuteur. Je mésestime sûrement son étendue, mais je reste persuadé qu'elle devait recouvrir toute la salle d'Audience, au minimum.
- Toute la salle ? s'étrangla Hermione, décidément plus alerte que ses camarades. Mais…et les nôtres alors, est-ce que…
- Non, ma chère, nia Mr Weasley avant qu'elle ne termine. Je prescients ton inquiétude, mais non. Quelque soit l'envergure de notre Essence de Vie, elle abhorre interférer ou se mêler avec celles étrangères. Cela engendrerait des risques importants pour les deux parties, risquant d'interagir avec leur Âme de Vie. L'Âme de vie, demeure à l'épicentre du corps. Or si par malheur, pareille dangerosité se produisait, la mort arriverait pour l'un des deux protagonistes, ou les deux. Notre instinct de préservation et de survie, nous protège de toute altercation extérieure, expulsant toute Essence de Vie autre que la notre. Même Voldemort aussi puissant était-il, n'aurait jamais pu forcer le passage sans subir de graves conséquences. Ajouté qu'il n'aurait jamais pu s'essayer, puisque seul un sorcier portant les Lunettes de Révélation peut prendre mesure de l'Essence de Vie d'un sorcier et que celles-ci sont détenues dans le quartier le plus sécurisé du Ministère.
- Pourquoi ? questionna encore et toujours la Griffondor.
- Parce qu'en dépit du fait qu'elles soient en notre possession depuis des siècles, il n'existe aucun écrit de leur fonctionnement ou de leur existence. Moi-même, je les méconnais, n'en sachant pas d'avantage. Je sais néanmoins, qu'aucun sorcier n'a pu avec sa magie révéler quoi que ce soit de sa nature. Elles sont arrivées dans notre monde, on ne sait pas trop comment, et semblent invulnérables à toute forme de magie connue. Mes informations dévoilées ce soir, ne sont que le fruit des nombreuses années de recherches entreprises dès leur découverte, et les conclusions qui en ont résulté ne vont hélas guère au delà des vôtres désormais.
- Notre monde ? Vous insinuez qu'elles seraient issues du monde Moldu ?
- Je l'ignore très chère Hermione. Elles ne sont pas nées dans notre monde tel que nous le concevons aujourd'hui, c'est une certitude. C'est aussi en cela, qu'elles ne sont utilisées qu'en cas d'extrême urgence. Et pour un laps de temps très court. Nous sommes incultivés des conséquences qu'une observation prolongée de l'Essence de Vie d'un sorcier pourrait entrainer, et bons nombres des scientifiques occupés dans ces recherches, ont déclaré dangereux de jouer avec des forces dont nous ignorions tout. Malheureusement, aujourd'hui fut différent, dans le sens où le Ministre n'avait pas le choix mais conséquence heureuse, on est assuré sans conteste possible qu'il s'agit bien de notre Directeur.
- Ainsi, Dumbledore est vivant, conclut Madame Weasley d'un ton las. A-t-il seulement fourni des explications sur sa mor… ou plutôt son absence ces derniers mois ?
- Non, aucune, répondit la première Hermione, vive et tout aussi perplexe que la matriarche Weasley. Et la suite ne nous a rien appris. Le professeur Dumbledore a érigé une Bulle de silence pour lui et la Cour. Dix minutes après, on déclarait innocent le Professeur Snape. Cependant, à en voir la tête des juges au sortir de l'entretien, Dumbledore a dû se montrer convaincant et surtout illustre dans ses propos; le peu de couleurs qu'il restait à notre éminent ministre avaient disparu.
- Snape est donc innocent de nos accusations, reconnut Ginny, dépitée et mettant le mot fin à cette histoire.
Un autre silence s'abattit dans la cuisine. Chacun médita le discours d'Arthur, ne sachant plus trop quoi penser ou que croire, à la différence qu'ils ne pouvaient plus nier la résurrection du Directeur de Poudlard, ni l'innocence de Severus Snape.
Un contrecoup violent.
Fatigués, tous les convives rejoignirent en queue leu-leu leur chambre, sans que personne ne daigna errer un seul regard sur Harry. Il leur fut reconnaissant. Il y avait trop d'informations à engranger, et tout autant de questions restées sans réponse.
Conséquence inattendue, pour la première fois depuis des jours le sauveur vécut sa première nuit sans mauvais rêves. C'est le sourire aux lèvres qu'il se réveilla au lendemain. Tel Severus Snape innocenté, Harry ressuscitait, sortant du brouillard dans lequel il était perdu depuis deux mois. Libéré d'un poids, il se montra sociable et presque vivable tous les jours suivants. Allant même jusqu'à accepter la fête d'anniversaire refusée catégorique, le dernier 31 juillet.
Les sujets de conversations étaient divers dans la maisonnée. La pluie, le beau temps, l'après guerre… Harry réapprenait à se livrer. Après tout, la vie du monde sorcier en était rendue à cette expectative, et retarder l'inévitable n'aurait pas aidé. Ce n'était pas aisé, se remémorer les morts était douloureux mais Madame Weasley affirmait que se taire serait pire encore. Parler était la thérapie pour oublier sans oublier. Alors on parlait, on se confiait, et Harry acceptait enfin d'être entouré.
Ron gardait ses distances. Quelque peu stupéfixé par les propos du sauveur au sujet de Snape, il préférait s'éviter l'obligation de le recevoir en tête à tête. Le rouquin n'était pas futé, il l'avouait lui-même, mais décortiqué la réaction de son ami décriée ce fameux jour et il avait compris. Il n'aimait pas cela. Bien-entendu, il se montra courtois et ne quittant jamais Hermione, se faisant son ombre, c'est souvent qu'ils se retrouvèrent à trois dans telle ou telle pièce du Terrier pour discuter des derniers potins de La Gazette. Dernier potins… Dumbledore pour ne citer que lui, était logiquement le sujet de la Une du quotidien depuis le procès.
Ne resta qu'une personne vers qui Harry se détournait chaque fois, si ce n'était pour les salutations d'usage, Ginny. Elle l'évitait ouvertement, il comprenait. Il lui avait promis les retrouvailles après la guerre, un amour d'éternité mais au final son cœur l'avait trahie sans vergogne pour se diriger vers ce professeur que tous les Griffondors, pour ne pas dire tous les étudiants de Poudlard, excepté les Serpentards peut-être, haïssaient depuis des générations. Il ne savait pas comment s'en justifier. Il aimait Snape, pourquoi ? Mystère. Il copia donc Ginny, évitant sa rencontre dès l'occasion possible et même s'il devinait qu'un affrontement sincère devrait tôt ou tard arrimer, il pria de toutes ses forces le tard, au détriment du tôt.
Au-delà, la vie reprit son cours.
Le jour après la nuit, la nuit après le jour, Harry passa ses journées sans craindre de l'ennui. Hermione, soucieuse, se questionnait de leur avenir. Un avenir qui les laissait de marbre, aussi bien Ron qu'Harry. A leur grand désarroi. Le ciel un beau matin de Septembre, livra sous la bienveillance du hibou familial, quatre lettres officielles. Une pour eux trois, plus une pour Ginny. Une mauvaise surprise. Leur contenu conviait sous l'écriture fine et reconnaissable de Dumbledore de leur présence à la prochaine rentrée scolaire, annoncée d'un décalage de quelques semaines, le 3 octobre pour être précis.
Dumbledore ressuscité -on ne savait toujours pas trop comment-, avait repris sa place sur le siège du Directeur et d'un génie, il décidait que les anciens 7ème année devaient refaire une année de plus et passer leurs Aspics comme tout bon étudiant diplômé de Poudlard.
Harry ne s'en formalisa pas. Lui et ses meilleurs amis, occupés à chercher les Horcruxes n'avaient assisté à aucun des cours de dernière année, c'était en soi justifiable qu'il retourna à l'étude. Mais les autres, le sauveur osa à peine s'imaginer leurs têtes en lisant les lignes stipulant explicitement que sans diplôme en main, aucune école supérieure ne leur ouvrirait les portes. Dumbledore les contraignait en quelque sorte à une… 8ème année.
D'accord. La dernière année n'avait été ordinaire pour personne. Tous les étudiants avaient de leur initiative rouvert l'AD afin de se perfectionner en sorts et attaques et ainsi être parés lors de l'ultime combat. Leur cursus scolaire délaissé, il était raisonnable de penser que c'était en réalité une première « vraie » 7ème année pour tout le monde.
Le choc n'en fut pas moins renversant pour Ron. Affiché d'un air horrifié, il déclencha un rire tonitruant dans la bouche du sauveur qui s'accordait pour dire que si Ron s'était soudain retrouvé devant la Mort elle-même, son expression aurait été égale, mais surtout, il avait sa réponse quant à la tête que devaient se représenter les autres à la lecture de cette même lettre.
- Te marre pas, interdit Ron d'un air boudeur.
- Par...pardon, s'excusa Harry avec difficulté, toujours hilare. Mais tu verrais ta tête. Sérieux, Ron, même Voldemort n'a jamais eu un tel impact sur toi.
- Mais… Tu te rends compte de ce que ça signifie ? On va être les plus vieux étudiants que Poudlard ait jamais eus. On est des, des…re…redoublants Harry !
- Je ne vois pas où est le problème, répliqua Hermione, agacée. Tu n'es pas redoublant puisque tu n'as même pas fait ta septième année !
- Mais même… râla Ron, toujours scandalisé à cette nouvelle.
Harry s'esclaffa, d'un fou rire exubérant et sonore.
- Harry, arrête, c'est pas drôle à la fin !
- Par….don.
Attirés par le tohu-bohu, George et Fred, les deux frères inséparables de la famille et occupés qu'ils étaient à la préparation de leur future invention farceuse, descendirent en cuisine pour prendre part du pourquoi de la chose. Symétriques dans le dos de leur cadet, ils espionnèrent par dessus son épaule, curieux, quand lisant la lettre qui était tenue comme la pire chose jamais inventée à ce jour, ils se rendirent complice d'Harry. Diablotins, ils pouffèrent, le ventre plié en deux et élevant le débat en énonçant haut et fort que leur petit Rony allait se retrouver dans la même classe que leur sœur. Ron en tomba de sa chaise. Il n'avait pas réfléchi ce détail.
Dès cet instant, les rapports entre Harry et Ron évoluèrent au positif. Les deux comparses, intelligents –ils partaient pour se supporter tout une nouvelle année-, signèrent la trêve dans leur dissension. Un matin, Ron réussit même à convaincre Harry de remonter sur son balai, inspiré d'une partie de Quidditch, mais sa Magie toujours proche du zéro absolu, son vol ne dépassa pas deux minutes. Une bouffé d'air frais néanmoins pour le sauveur qui apprécia la sensation longtemps oubliée, celle d'être en vie et d'adorer la vie.
Dans la dernière semaine des grandes vacances, une balade pour Londres s'organisa, en majorité pour l'achat des affaires scolaires. Harry, réactif, préféra laisser à Ron et à Hermione le bon soin de cette corvée. Il craignait d'affronter le regard des gens. Or, son ami roux refusant à l'identique, c'est Hermione seule qui se chargea des courses.
Laissés au Terrier, les deux amis se délassèrent tranquilles de leur solitude. Installés confortablement dans le jardin, ils s'amusèrent aux échecs, jeu que Ron affectionnait toujours autant. Leur silence domina presque toute la partie, mais c'était suffisant et la rancœur éprouvée l'un pour l'autre fut définitivement entérinée au retour de toute la famille.
C'est dans ces moments de vie anodine que le jour de la rentrée montra finalement le bout de son nez. Une rentrée qui angoissait de mal en pire le sauveur. Tout excité de retrouver Poudlard, qui pour la première de son existence il allait franchir sans qu'aucune menace de mort ne pèse sur lui, il s'inquiétait. Comme Dumbledore qui avait repris sa place au sein du corps professoral, Severus Snape était re-titré de son poste de Professeur de Potions et cela le stressait terriblement. Harry n'en dormait plus. Il avait peur des retrouvailles. Il était soucieux de ne plus savoir comment se comporter en sa présence et il était terrifié à l'idée que ce dernier ne remarque rien d'autre que cet éternel Potter méprisable qu'il avait eu en bouche durant sept ans. C'est conséquemment sans commune mesure qu'Hermione s'arma de toute sa patience d'ange pour venir le réveiller tous les matins.
Et quel matin que le matin redouté.
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La mémoire éteinte, Harry remua dans son lit. Rouvrant les yeux, il fit ce qu'Hermione exigeait de lui depuis une demi-heure, il se leva et s'élança dans ses derniers préparatifs de la rentrée.
Dans la Salle de Bain privée avoisinée à la chambre de Percy, il remercia infiniment Madame Weasley pour ses bons soins. Isolé des autres, il était dispensé des embouteillages quotidiens qui s'émergeaient à l'heure de la toilette, ajouté qu'il n'avait ni à croiser qui que ce soit, ni à parler. C'était parfait.
Une douche rapide, séché de même allure et coiffé en hâte, il s'habilla prestement de son uniforme. Passé la veste portant le blason des Griffondors, il pria silencieusement que cette nouvelle année soit la dernière. En retard, il attrapa sa grosse valise, vérifia son nécessaire lorsque sur le point de fermer la porte derrière lui, il observa la pièce qui avait été sa chambre durant plus de trois mois. Presque nostalgique, il s'attarda d'un regard vers la fenêtre, désireux de garder en tête les bons et les mauvais moments, puis rappelé par la voix forte de Madame Weasley qui n'attendait que lui en bas des escaliers, il verrouilla et s'éloigna. Clôturant la porte, comme en symbole d'une page que l'on tourne. Il rattrapa ses amis dans la cuisine et le cœur gonflé d'espoir, il prit la direction de la Gare de Londres. Le quai 9/4 amarrait le Poudlard Express qui d'un grondement sourd, attendait mener tous ses passagers vers un Nouveau Voyage, promis auréolé de bon nombre de surprises.
Harry voguait vers son destin. Un destin qu'il s'imaginait unique quand en réalité il était déjà lié et décidé du dernier Dragon du ciel. Bien-entendu qu'il ne pouvait s'expliquer de ses sentiments étranges concernant Snape, la réponse était à l'autre bout du monde. Porté sur une mer orageuse que même le vent sibérien ne parvenait plus à calmer, le bateau des naufragés était en train de se noyer. Harry n'était pas la réponse pour demain, sinon un jouet, une simple marionnette du passé. Le Ciel avait tiré les fils de Destinée pour que revienne sur Terre le Serpent des condamnés.
Le Ciel avait ressuscité la Terre.
