Voilà la suite, je continue mon petit bonhomme de chemin en pimentant ce qui apparaissait avant. J'aime beaucoup la fin de ce chapitre.^^
Chapitre 06: Questions sans réponse.
« Il y a dans le regard des autres, une malversation. Une déformation de la réalité et du profond en chacun. Les yeux jugent sans distinction là où le cœur n'est pas corrompu par la supposition. Tous, sans exception peuvent d'un regard fugace et superficiel, condamner et méjuger celui en face. L'œil, a ce pouvoir homicide, car pénétrant et inconscient, il ne laisse aucunement place au doute. Il est d'un mépris suprême quand il attaque, et impossible d'éluder son pouvoir quand il fait de vous sa cible. Pourtant, il a aussi la particularité miraculeuse de ramener les gens à la vie. Au milieu d'observation meurtrière et prolifique, il suffit d'un seul. Un. Différent et à l'exact contraire de ce dédain insensible, pour faire tout oublier. Adieu mal être et vive l'acceptation. Tu as accueilli mon inconnu sans mauvais jugement et de cela je te voue reconnaissance éternelle. Tu es l'œil isolé au milieu du tourbillon criminel.
Tu es mon œil ».
Une chaise libre sertie à la droite de chaque Professeur, les Assistants titularisés par le directeur de Poudlard s'organisèrent méthodiquement jusque leur réservée place. Officiant l'instant avec grâce et élégance, ils se hissèrent les uns derrière les autres, s'attablant en presque cérémonie auprès de leur nouveau collègue. Des collègues unanimes qui saluèrent l'arrivée de leur désormais double d'une poignée de main additionnée d'un sourire bienvenu.
A l'excepté d'un seul, Severus Snape.
La grâce aurait pu se colorier de bave de crapaud ou s'extasier d'artifices bariolés sur le bout de son long nez, cela n'aurait en rien dilué l'indifférence qui s'exprimait de par son attitude. Totalement hermétique à tout ce protocole pompeux, l'homme désintéressé n'avait de curiosité que pour un seul individu. Unique, Son assistante à lui, la sienne. Dernière, dressée en queue de file la jeune femme avançait pianissimo dans ce défilé. Un pas, elle gagnait l'estrade. Deux pas, elle contournait la table. Trois pas, elle dépassait les autres. Quatre pas, cinq pas… jamais son regard ne quitta le sien. Et jamais il ne dévia du sien. D'un aimant, Severus escorta sans discontinuer son évolution, se calquant sur chaque centimètre gagné comme au sortir d'un cauchemar où la peur retarde le moment d'ouvrir les yeux si terrorisé que l'on puisse être dans l'absolu noir.
Et si le rêve était réalité et maintenant une illusion ?
Autour, la salle s'animait, jouée du grincement criard des chaises et résonnée du cliquetis des fourchettes et autres couverts que tous les élèves s'empressaient de remplir avant de porter à la bouche, un vrai capharnaüm. Un contraste saisissant pour le Professeur de Potions. Le silence régnait en maître dans sa tête. Le bruit remplacé par du blanc il était sourd, même son cœur semblait s'être arrêté. Inaccessible, introuvable, il dévisageait au ralenti ce qu'il s'imaginait une hallucination. Les yeux aussi noirs que l'encre, il fixait Yenyeli avec la mort chantant au loin la victoire dans l'ombre de son obsession.
La Terre était percutée par la Lune.
Comment ? s'interrogea-t-il stupéfait. Comment peut-elle s'apparaître ici alors que je l'ai crue perdue il y a des semaines. Et Dumbledore ! Cet être enguimauvé goût citron, il savait mais il n'a rien délié, rien nié ni rassuré ? Je suis trompé, trahi, par Salazar pourquoi ?
Muet Salazar dans cet instant, le Professeur Yenyeli aborda son espace de vie et son ralenti vira tout à l'envers. Severus, la température normalement basse plongea dans un lac en fusion. Il avait chaud, trop chaud. Sa respiration se dégrada dans la douleur, irrespirable. Son cœur remis en marche s'accéléra dans un rythme fou et du silence il réentendit tout. D'un seul coup et à volume assourdissant. L'homme perdit pied, son masque d'impassible se fissura pour laisser la place à la fragilité de son âme. Il présageait sa voisine proche d'ouvrir la bouche pour l'accoster de cette voix qu'il connaissait si bien alors instinctivement il se cabra avant de se relever en reculant d'un pas. Brusquement et manquant d'un rien de basculer son siège.
Confus dans son corps, confus dans son âme, l'homme en noir pénétra de son sombre regard l'assistante qui était sienne et qui ne pouvait pas être là. Tout son être se remplit d'une jarre émotionnelle trop peu salivée dans toute sa vie pour réussir à la nommer lorsqu'au bord du gouffre, il fit volte face dans un tourbillon de robes noires toujours aussi impeccables. Expéditif, il se rua vers la petite porte de droite -qui dans ce moment était synonyme de sortie de secours- avant de se figer, ses jambes enracinées au sol d'un puits sans fond.
Fuir n'était pas sa définition. L'éviter « elle » n'était pas la prédiction de son vœu maintenant quand hier il avait modifié la route de leur deux devenus uns pour emprunter le chemin solitude. Et jamais il laisserait choir son esprit hurlant si vaillamment son exigence d'avoir des réponses. Révolté contre lui-même et sa lâcheté, il vira 180°. Le pas pressé et ferme martelant le bois de la tribune, il rallia la scène et se précipita sur sa nouvelle assistantequ'il enchaina d'un bras sans véritable douceur pourlui intimer l'ordre de se lever. Elle obéit, consentant sa sentence sans l'once d'une hésitation, elle voyait clair le volcan sur le point de fondre dans l'âme du Serpentard.
- Severus, murmura-t-elle de sa voix douce dans l'espoir de le calmer.
La main qui l'asservissait sans mal s'enroula plus lourdement, tremblants étaient les doigts du Professeur autour de son poignet.
- Severus, répéta-t-elle, brisée de le confronter si torturé à cause d'elle.
C'était sa faute, elle le savait.
- Non ! semonça le Professeur d'un froid polaire. A l'opposé, son regard brûlait d'un feu ininflammable. Pas ici, pas comme ça, viens !
Joignant geste et parole, il raffermit sa prise et tira, l'obligeant à le suivre et à sortir de cette salle où tous les regards étaient évidemment braqués sur eux depuis qu'il avait loupé peu de faire tomber sa chaise.
Quelques secondes plus tard, ils avaient disparu.
- Albus, raisonna le Professeur McGonagall inquiète sitôt la porte claquée, le couple parti. Nous devrions intervenir, je crains pour cette jeune femme. Severus est de ces personnes qui n'autorisent pas le filtre de ses émotions et pourtant je pressens sa colère, d'une colère furieuse directement ciblée sur elle. Et s'il lui…
- Ne vous méprenez pas, la conforta tranquillement Dumbledore avant de grignoter un morceau de tarte au citron qu'il s'était choisi en dessert. Il n'y a rien à craindre. Je puis vous affirmer sur Merlin que le Professeur Yenyeli est en parfaite sécurité avec Severus. Ils n'ont que le besoin de se parler.
- Mais…
- Mais il est temps de terminer votre assiette Minerva, modifia le vieil homme d'un sourire signifiant que la discussion était close. Parler n'est dangereux pour personne. Même si je doute qu'une seule discussion suffise entre ces deux là. Une réflexion navrée qu'il se garda bien de partager avec qui que ce soit. Une réflexion qu'aurait probablement voulu entendre Harry Potter.
Assis à sa table, à peine touché sa glace au chocolat, Harry comme envoûté n'arrivait plus à réfléchir dans ce moment. Snape et cette étrangère assistante se connaissaient, c'était une certitude. Dans des rapports qui paraissaient tendus en vu du réactif Serpentard. Mais le plus troublant, c'était que Snape avait réagi justement, et ce, devant tout le monde. Le cœur d'Harry bondit dans sa poitrine. Quelque chose lui échappait et il n'aimait pas cela.
- Sacha ? adressa-t-il piqué par sa mémoire. Cette femme juste arrivée et repartie avec le Professeur Snape, j'ai eu dans l'idée plus tôt qu'elle t'avait souri et que toi-même tu avais répondu gaiement à son apparition. Tu la connais ?
- Humm ! opina Sacha du chef tout en vidant sa bouche pleine de purée. C'est mon sauveur d'il y a quatre mois ! Celle dont je vous ai parlée dans mon histoire. Celle de la lettre pour Poudlard mais j'ignorais que je serais voué à suivre son enseignement ici, ajouta-t-il avec perplexité.
- D'accord et qu'est-ce que tu sais d'elle exactement ?
- En toute sincérité Harry Potter, pas grand-chose... Sacha, attentionné, rembobina son esprit sur les détails marquant de sa rencontre avec Yenyeli, la tête penchée vers la droite dans un air de penseur.
»Quand j'y pense… Elle n'a jamais évoqué les détails concernant sa vie. Certes je n'ai posé aucune question, pressentant l'interdit sur ce sujet mais je n'ai rien risqué. Durant nos discussions, je me souviens que son regard se voilait parfois d'autre chose, des ténèbres signalant l'intouchable. Un peu comme Hermione tout à l'heure à la différence que les larmes n'étaient jamais d'eau. Cette expression m'a fait mal… ici !
Sacha désigna pour la deuxième fois l'emplacement de son cœur.
Alors je n'ai rien demandé, rien osé quérir. Je refusais d'être deux dans la douleur et j'ai volontairement éludé l'énigme qu'elle me représentait et me représente encore aujourd'hui.
- Et c'est tout ? insista le sauveur insatisfait.
- Euh… oui désolé, se navra le géant. Mais pourquoi ces questions, Yenyeli t'intéresse Harry ?
- Pour rien Sacha, rétorqua franchement celui-ci déconcerté. A qu'à mettre ça sur la curiosité mal placée des Griffondors. Tu sais, elle nous commande toutes les questions, faudra t-y faire !
Il esquissa un sourire souhaité ironique, mais ses lèvres ne se contractèrent qu'en une grimace nerveuse.
- En attendant, s'interposa Dean aux premières loges de la conversation. Cette Yenyeli et Snape ne sont pas qu'une simple connaissance, c'est l'évidence signée par Griffondor en personne. Non mais vous avez vu le sursaut acrobatique de la chauve-souris dès son apparition. Et cette embardée presque brutale, une scène à tatouer dans le grand livre de Poudlard si vous voulez mon avis. Vous diriez quoi ? qu'ils sont parents ? Non car en matière de fringues, on pourrait aisément croire que l'ADN est commun. Tous les deux tout en noir de la tête aux pieds, aussi blancs que fantôme et contrastés par la couleur sacrément flippante de ses yeux à elle, c'est erk, à vous retourner l'estomac !
- N'empêche que moi, je la trouve plutôt jolie, suivit Colin des étoiles plein les yeux.
Photographe émérite, Colin Crivey avait flashé tout ce qui était passé devant son objectif depuis le début de la soirée et il s'impatientait de développer ses tabloïds.
- Ouais, si on aime le genre gothique, tu veux dire. Ou glauque, releva un autre Griffondor à la gauche de Colin.
- Hey ! Vous pensez qu'elle et Snape sont…euh…amants ? proposa timidement Neville en jouant avec sa petite cuillère.
- Ah berk ! Snape, ayant une vie sexuelle. Sérieux Neville, tu veux me faire vomir mon repas juste fini ou quoi ? Dean fit mine d'avoir un haut le cœur, si dégoûté il était. Franchement, merci pour le tableau, j'suis quasi sûr de faire des cauchemars.
Amants !
Harry percuté du mot, se raidit.
C'était possible. Plausible en un sens. Snape aussi solitaire qu'il apparaissait au reste du monde devait mener sa vie d'homme comme n'importe quel autre homme sur cette terre. Mais dans le même temps qui voudrait de lui plus qu'une nuit dans sa mauvaise humeur constante, sa rectitude, sa façon si merveilleuse de toujours considérer les autres comme des moins que rien et son physique somme toute inesthétique ? Elle ? Cette assistante à l'allure de démon dont la simple vision créait un malaise de mort, une sensation terrifiante d'avoir perdue toute lumière de vie ?
Moi, s'attrista Harry le cœur à l'envers.
Aujourd'hui, le jeune homme affirmait sans conteste possible son accord pour vérifier la virilité du Professeur et partager sa vie par-delà toute son ingratitude. Douloureux, il mit les deux mains contre son cœur. Le sauveur soudain conscient de ses mots dire rougit avant de déglutir, confronté avec violence à cette certitude totalement contradictoire de sa vie passée. Harry avait la nausée, tout se mélangeait dans sa tête. Son ressenti durant sept ans, son obsession durant plus de trois mois, ce qu'il disait, pensait, émotionnait, il finissait par se demander s'il n'était pas réellement passé fou au jour de la Mort de Voldemort. Une malédiction ? Au final, aucune réponse n'était apparue ce soir et revoir cet homme qui bouleversait son centre de gravité depuis des semaines n'avait fait que dessiner d'autres questions, toutes plus tordues et définitivement sans la moindre prémices de réponse. Harry désirait partir, disparaître et tout oublier.
Mais La Lune n'avait pas oublié, et la Lune n'oubliera jamais. Tracé la ligne du destin pour le demain de la Terre était sa décision résolue d'hier, et Harry n'était qu'un prix dérisoire à payer pour parvenir au terme de sa mission maintenant.
- En tout cas, relança Dean si fier du sujet de la discussion entamée par son génie. Je persiste à dire que les cours de Potions vont être aussi explosifs que les années passées, voir pire si le théâtre de ce soir persiste dès demain.
- Une pièce où Snape pourrait s'amouracher d'une fille tout droit sortie d'un film d'horreur, releva Ron hilare, je veux bien voir ça même pour dix heures de colles, ça va être drôle !
- Ron ! s'écria Hermione scandalisée.
- A… arrêtez ! imputa Sacha en tapant des deux poings sur la table.
Hermione se retourna, le dévisagea. Il tremblotait, assis maladroit sur son banc.
- Sacha, ça va ? Elle s'était déjà prise d'affection pour ce géant.
- Je vais très bien, mordit sèchement Sacha sans mentir, le regard plongé, déterminé vers les accusés Rouges et Or. Mais arrêtez ! Arrêtez de parler de Yenyeli comme ça. De parler d'elle et du Professeur Snape si j'ai bien tout compris comme si c'était des monstres. Arrêtez ! Vous jugez et méprisez sans savoir, simplement guidé par votre regard de la première fois, je n'aime pas cela. On ne doit pas juger de choses que l'on ignore, on n'a pas le droit c'est…
Sacha tressaillit pire qu'avant, luttant contre sa colère et sa tristesse. Colère de ces mots qui font mal, tristesse de ces gens qui blessent aveuglément sans rien savoir.
- D'accord Sacha, le rassura la brunette en lui caressant la main. On s'excuse, Ces imbéciles s'excusent. Elle jeta un regard noir en direction de Ron et Dean avant de revoir son nouvel ami. Ils parlent beaucoup tu sais mais ils ne pensent pas un traître mot de c'qu'ils disent. Ils sont juste stupides et un peu bêtes.
- Ouais, on s'excuse, augmenta Ron penaud en se grattant le haut du crâne. Il se sentait comme pris la main dans le sac. Pardon.
Sacha avait raison, ses copains et lui jugeaient sans savoir de faits qui de toute manière ne les regardaient pas. Neville, tout aussi coupable présenta ces mêmes excuses, suivi des autres, stupéfixés par la réaction franche du dernier élève arrivé dans leur maison. Le débat ainsi clos, chacun termina son repas dans un silence embarrassé, un peu honteux de s'être faits rappelés des mots qu'à peu de choses près leur directeur avait récités dans son discours de la Bienvenue. Un directeur qui trouva là l'instant rêvé pour ordonner la fin des festivités, invitant, tout ventre dodu qu'il était après son gargantuesque diner, les élèves à regagner leur dortoir dans le calme le plus grand. Une invitation reçue de grâce. Ils étaient tous si épuisés physiquement, moralement et repus que la simple idée de se prélasser dans un bon lit douillet pour rencontrer Morphée était aussi salutaire que l'oxygène indispensable aux humains.
Une surprise les réceptionna dans la salle commune des Griffondors.
Les proportions avaient changé, agrandies pareillement que la grande salle dans l'objectif de recueillir un maximum de monde. Rien n'avait échappé à la vigilance bienfaitrice des professeurs de Poudlard et tous les descendants de Godric se réjouirent de ces nouvelles dispositions. C'était les mêmes quartiers sans être les mêmes, donnant un tour nouveau à l'ensemble et les pièces comme ravivées, c'était redécouvrir ce lieu mythique une deuxième fois.
Harry, Ron, Hermione et Sacha, que cette dernière ne voulait plus quitter, se saluèrent vivement avant de se diriger vers leur chambrée. Sacha s'enchanta en constatant qu'il partagerait ses nuits avec Ron et Harry. Il redoutait cette première obscurité dans un endroit inconnu, inquiet des ombres capables de se former dans l'esprit apeuré de celui qui a peur d'être délaissé et oublié. C'est sourire aux lèvres donc qu'il se plongea dans son lit fabriqué tout spécialement pour lui.
Harry, à l'écart de cette euphorie fut le dernier à éteindre la lumière. Ereinté, il s'effondra sans même prendre le temps de se changer avant de se caler profondément dans ses couvertures de laine. Bien à l'abri et senti protégé, il tenta de ne pas cogiter ce qui le perturbait. En vain.
- Harry ! l'appela en chuchotis Sacha devin du trouble qui s'étirait dans tous les sens dans l'esprit de son nouveau voisin.
- Mmh…
- Ecoute… le Professeur Yenyeli semble te résonner d'un goût amer depuis son avènement. Pourquoi ? toi seul détiens la solution… mais même aveugle des raisons du tracas de ton âme, je pense qu'il est vain de te faire du mouron d'un chapitre dont la fin n'est pas encore écrite. Tu sais, j'ai appris par le passé, que nos pensées ont la mauvaise habitude de nous faire voir les choses du côté le plus sombre quand notre cœur se sent seul. Si vraiment tu aspires des réponses à son sujet, je suis persuadé que Yenyeli s'efforcera de te répondre avec cette franchise qui la caractérise. Je l'ai dit, j'ai volontairement évincé la curiosité de son passé mais mes questions, muettes ou formulées ont toujours trouvé échos de par sa voix. Comme un don, elle a su lire en moi comme dans un livre ouvert sans jamais mal juger ou mépriser mes doutes. Harry, on ne se connait pas beaucoup et probablement ne trouveras-tu aucun réconfort à mes mots mais je peux t'affirmer sur l'âme perdue de mon petit frère que tu peux lui faire confiance. Yenyeli est digne de confiance alors ne laisse pas tes mauvaises pensées altérer le jugement de ton cœur.
- Merci Sacha, gratifia Harry prescient de sa stupidité. Se soucier d'un rien était ridicule et infructueux. Tu as raison, ne pas se laisser déborder d'une émotion négative est le remède pour moi demain.
- Alors bonne nuit Harry Potter !
- Bonne nuit Sacha.
Mais tu sais, songea Harryaprès un moment, à l'aube des premiers ronflements alentour. Mes doutes ne sont pas que pour Snape et elle, non ! ils sont principalement issus de moi-même. Je crains vivre demain. C'est à mon cœur que je ne fais pas confiance. Depuis presque quatre mois, il se montre si contradictoire et obsessionnel, envahi de sentiments nouveaux que contrôler devient difficile, voir impossible. Je vais finir par me perdre. J'ai la désagréable sensation de me dissoudre dans un corps qui ne m'appartient plus. J'ai peur…
Harry ferma les yeux et pria de tout son cœur Merlin à l'aide. Il récita son hymne du courage « Je suis de retour à Poudlard, mon presque chez moi, je suis de retour à Poudlard, mon presque chez moi », et finalement, il s'endormit.
Pendant ce temps de l'autre côté du château, dans un coin refoulé des cachots, Severus Snape vidait sa première bouteille de scotch de l'année. Confortablement enfoncé dans le siège de son bureau il ressassait les évènements de son récent passé.
Depuis le jour de son « miraculeux » sauvetage - sauvetage où tous les détails restaient invisibles à son talent si ce n'était qu'un certain détesté Potter y était outrageusement mêlé à un degré inextinguible-, l'homme voguait de surprise en surprise. Premièrement, son réveil à l'hôpital. Puis, le procès. La résurrection inexpliquée de l'homme censé mort de ses propres mains. Son innocence déclarée. Une petite feuille de papier pour adieu. Et… quoi ? Chambardée son âme, les mots signés d'une écriture qu'il maîtrisait depuis tant d'années avaient effacé sa volonté de vivre demain. Sauf que Dumbledore entêté et dérangeur, n'avait rien écouté. Encore et toujours, il avait imploré son retour à Poudlard. Un cauchemar pour le Professeur dont la seule ambition dès lors avait été mourir et tout oublier.
Et ce soir le pompon ! Le saint Graal de Merlin l'enchanteur en personne. Une rentrée hors norme via les idées brillantes du toujours aussi sucré directeur. Un Potter au regard abruti et psychoté qui n'avait rien trouvé de plus divertissant que de le fixer durant toute la soirée et enfin, son cœur ! presque mort une deuxième fois à la révélation du visage vivant de son assistante. Yenyeli, son assistante, mais quel pion était-il donc sur le grand échiquier du monde ? Grotesque Merlin et ses idées burlesques.
Severus avait été si bouleversé, si retourné de la revoir en pleine lumière qu'exploser en pleine salle devant l'Ecole entière, -ruinant du même coup sa réputation durement acquise-, avait échoué d'un cheveu. Merci Salazar, il avait réussi d'un prodige quasi divin à préserver son masque. En majorité du moins car impossible de s'abstenir d'embarquer fissa l'assistante par la sortie de secours la plus proche jusqu'à l'enfermer dans un recoin inaccessible du monde. C'est-à-dire dans ses appartements et encellulés à deux, parler avait été le commencement de sa fin.
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- Severus, réitéra Yenyeli alors qu'il la kidnappait, leurs deux mains scellées dans le fin fond de ses cachots. Severus, je t'en prie, arrête !
Sans s'arrêtez, éludant les revendications suppliantes de sa nouvelle assistante, Severus Snape continua sa course. Il déambula impétueux dans les couloirs, la conduisant d'un décret indiscutable au lieu de son refuge. Il ne freina qu'à la porte de ses quartiers avant de l'acculer pour l'obliger d'entrer. Personne n'avait accès ici, même Dumbledore n'était plus le bienvenu. Refermant la porte de la pièce principale jouxtée de tout un tas de sorts pour qu'aucune intrusion extérieure ne puisse les déranger, Severus la libéra. Il se guida à son bureau, y attrapa le morceau de papier abandonné et chiffonné d'avoir été tenu si souvent puis volte face, il plongea son regard encoléré dans celui vairon de la jeune femme.
- Tu m'expliques, commença-t-il autoritaire en agitant de la main droite sa feuille pour la renseigner du sujet de la chose.
- Expliquer quoi, Severus ? riposta-t-elle sur le même ton.
- Ne joue pas ce petit jeu avec moi ! Tu sais très bien de quoi il retourne. Ces mots, qu'est-ce qu'ils signifient ? En les lisant, j'ai cru…
Sur le blanc papier brillaient en lettres vertes et élégamment écrites une simple phrase : « Une vie pour une vie… »
- Cru quoi ? trancha Yenyeli un sourire ironique aux lèvres. Que j'avais joué les sacrifices façon Griffondor ? Impossible ! Je suis très loin d'avoir ce genre de notion en moi je te l'ai certifié par le passé.
Il ne prêtait aucun doute de l'amusement emprunté dans l'intonation de sa voix mais discernant les traits du visage Serpentard tendus, véritablement secoués… la jeune femme comprit la gravité de la situation et d'ironie les mots parlèrent avec sérieux et soucis.
- Severus… Les ténèbres du Professeur suintaient de la mort qu'il pensait tombée sur elle. Comment as-tu pu imaginer que j'avais pu… NON ! cria-t- elle choquée du malentendu.
- Par Salazar comment voulais-tu que j'interprète quand tu n'étais pas là pour m'infirmer mon tort ? Mais je t'en prie, ajouta-t-il de son air faussement complaisant. Eclaire-moi donc de tes lumières puisqu'apparemment les miennes ont du mal.
- Jamais je ne donnerai ma vie pour personne, toi compris je t'en ai fait le serment il y a longtemps, argumenta Yenyeli amère sans reculer. Cette phrase n'était qu'un rappel de nos derniers souvenirs, te faire comprendre que sa vie à lui était la tienne désormais mais jamais non ! Non, non, non, Severus jamais ! J'ai informé Dumbledore et il m'a certifié que… Attends ! Frappée d'un eurêka, elle stoppa son plaidoyer. Dumbledore, la voilà la raison. Mais par la Lune il n'aurait pas osé ?
« Bien sûr que si », lui assura la voix belliqueuse de son âme.
Ni une, ni deux, elle virevolta, réchappant à la connexion visuelle que l'homme en noir maintenait irréfutablement. Dumbledore, ce citron sur pattes avait mal joué en détrompant Severus. Furieuse, elle désirait le confronter immédiatement, impardonnable qu'elle le condamnait dans ce moment. Il était responsable de l'état dépressionnaire de Severus Snape, sa plus belle étoile, qu'il soit jeté sur l'autel de Satan demain ! En attendant qu'il encaisse sa furie et s'explique du pourquoi du comment maintenant. En même temps, comment quitter cet homme en proie à une tempête si sinistre d'émotions. Le déferlement des vagues dévastatrices s'entrechoquait en échos dans le sang de ses veines. Severus avait mal, c'était sa faute, qu'elle soit à l'identique punie et châtiée.
- Severus, entama Yenyeli la main parée sur la sortie. Pardonne-moi. J'ai méjugé la confiance que je pouvais porter à cet homme et de cette négligence est née le doute et la douleur dans ton cœur et ta raison. Je n'avais tellement pas prévu cela, pardon.
Les mots hachés s'expulsaient avec difficulté, coupé le souffle de vie, irrespirable la sensation d'existence, Yenyeli s'époumonait du ressenti néfaste du Serpentard. Ajouté de son ressenti à elle. Trop d'émotions contradictoires la submergeaient.
»Mon retour ici, dans ces circonstances particulières doit te sembler égoïste et j'aurais grand mal de te dire le contraire. Je te mets mal à l'aise je le conçois. Mais si la chance d'un chemin différent s'était présentée pour le salut de ma mission jamais je ne me serais risquée à réapparaître devant toi. Cette promesse que je t'ai faite… je m'y tiens de tout mon être, j'y suis presque mais j'ai besoin de temps ici pour en finir. Mais si vraiment tu préfères, si tu préfères Severus que je m'efface, que je dis…
Severus ajourna l'hésitation de sa phrase. Sa main sur la sienne, il lui intima silencieusement l'ordre de se taire. Conscient en mal de ce qu'elle impliquait, il l'arrêta.
Partir encore. Adieu toujours. Non. Par Salazar, jamais plus.
Certes, la discussion prévue s'était confusément détournée. Lui si près d'hurler pour avoir toutes ses réponses n'aspirait que le vœu maintenant de l'étreindre précautionneusement contre son cœur pour se tranquilliser. Si pénible était de se convaincre qu'elle était là. Devant lui et vivante. Mais il sentait le pouls de sa vie et dans cette conclusion il s'octroya le droit de croire le rêve devenu réalité et le cauchemar une illusion. Sans bouger, il resserra tendrement leurs deux mains réunies, signifiant « reste » car nul besoin de mot à ses lèvres quand d'un simple geste ou un regard ils s'étaient toujours compris.
Plusieurs secondes parues des heures, ils se figèrent dans cette position.
Un temps interminable où Yenyeli collée dos à la poitrine du Serpentard, toucha son souffle de vie à même la peau de son cou. Oh par la déesse Lune qu'elle aimait cette sensation tant désirée, manquée et espérée mais c'était interdit désormais, elle n'en avait plus le droit.
Instaurant sa raison par-dessus son désir, Yenyeli ferma les yeux. D'une barrière, elle bannissait la possibilité de succomber à la tentation qu'il lui représentait. Pour se donner du courage, elle inspira un grand bol d'air, puis tourné et tiré la poignée de la porte, elle le repoussa. Libre, elle sortit et s'éloigna.
Quand avancée dans l'ombre du couloir le professeur enchérit de sa voix Snapienne retrouvée, acide comme elle avait adoré au premier jour.
- Tâche d'être à l'heure demain. 8h00 ! Hors de question qu'un seul de mes cours sonne d'un retard à cause d'une assistante si peu à cheval sur la ponctualité.
Elle lui fit face, sourire aux lèvres. Il lui rappelait implicitement et malicieusement son retard au dîner de ce soir. Un véritable rayon de soleil.
- A vos ordres, Professeur Snape, obéit-elle feignant le garde à vous militaire.
Au mot professeur, il la fusilla de son sombre regard mais elle ne s'en offusqua pas tout au contraire.
»D'ailleurs vous apprendrez que la faute pour ce soir en revient à mon nouvel ami qu'il faudra que je vous présente à l'occasion. A demain Severus !
Elle disparut.
Délaissé seul, le Serpentard s'emmura dans ses quartiers. Puis, dans le vœu indispensable d'aplatir toutes les émotions qui continuaient d'extrême à l'ébranler, il décida que se remplir d'alcool était une excellente idée. Il agrippa donc son… idée géniale, vif et impérial, s'empara d'un verre, et s'installant de tout son poids dans le fauteuil rapiécé de son bureau, il dégusta chaque décilitre de son scotch millésimé.
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- Foutu Dumbledore. Foutu Potter. Et foutue toi, médita-t-il en portant un dernier verre à sa bouche. Cette année risque d'être longue et éreintante et je suis épuisé d'avance. Que Salazar vous emporte tous !
Oubliant qu'au milieu de cette agitation inattendue aucune des réponses aux questions qui le turlupinaient n'avait forgé d'issue, il s'endormit, dans une inconfortable position. Le lendemain il serait courbaturé et égal à sa mauvaise humeur mais Serpentard depuis longtemps s'autorisa à dormir sans réfléchir hier mais espérer demain.
La Terre savait où se trouvait la Lune.
De son côté, Yenyeli, quitté le Potionniste mena ses pas droit vers le bureau du directeur où elle pria d'indispensable la présence de son propriétaire ou par la Lune les murs du château de Poudlard allaient pâtir en conséquence. Devant l'entrée de sa tour, elle signa brièvement de la main, formulant deux/trois mots dans son esprit avant de s'engouffrer naturellement dans le passage ouvert sans qu'un seul mot de passe ne fût prononcé.
- Dumbledore, fulmina-t-elle en balayant violemment la porte pour se porter dangereusement en face de lui. Sa voix était basse, rauque, presque bestiale. Une voix de Dragon tombé du ciel.
»Que soit maudite votre promptitude à toujours faire comme bon vous semble. Severus par votre offense a présumé durant des semaines que j'étais… Morte ? Pourquoi ?
- Mmh… maronna Dumbledore le nez perdu dans un livre à l'air passionnant mais qui d'après le titre entraperçu sur la couverture était l'exact contraire : L'art et la manière de multiplier les bonbons à partir d'un seul. Affligeant.
»Un bonbon au citron peut-être, avança-t-il du ton mielleux qui avait le don d'agacer ses interlocuteurs.
Le bonbon et le livre volèrent à l'autre bout de la pièce, si remontée était l'aura magique de Yenyeli.
- La bienséance m'ordonne un simple non mais la bienséance n'est pas mon fort, votre réponse est contre le mur, assentit-elle inamicale. Et je vous ai posé une question, répondez-moi ! Même transposé la chose dans tous les sens, je ne lis strictement rien de votre fonctionnement. Les tenants et les aboutissants sont stériles dans la terre de mon esprit. Mais seriez-vous passé fou avant d'être secouru ? Quelles étaient vos intentions en le conviant dans cette géométrie macabre ? Qu'il en finisse avec la vie ou votre seul plaisir sadique était la découverte de sa réaction ce soir, je ne comprends rien !
La jeune femme au tempérament de feu, laissa couler le temps de la réponse mais consignant que le descendant de Merlin ne cracherait rien, terré dans son silence, elle se braqua. Buste en avant elle claqua du plat de ses deux mains le bois du bureau et menaçante, elle tonifia le verbe de sa voix.
- Comment ? Mais de quel droit l'avez-vous conduit à soupçonner un seul instant que je l'abandonnerais avec pour seul adieu ce petit mot que je –vous- avais confié. Êtes-vous seulement conscient des conséquences de vos actes ou n'est-ce qu'un jeu pour divertir l'insipide de votre vie de vieil homme ?
Dumbledore, impassible, se cala de plus de confort dans son fauteuil avant de ses longs doigts graciles attraper quelques poils de sa longue barbe pour se combler du vide que privé de son livre il ressentait.
- Il faut croire… amorça-t-il d'une moue sollicitant la désolation. Que dans ma précipitation de fomenter sa libération, j'ai dû omettre de lui préciser que bien qu'encore convalescente, vous étiez parfaitement sauve quelque part sur cette terre, vous m'en voyez navrée.
- Vous éludez ma question.
Le dragon devenait dangereux, mâchoire crispée et poings serrés.
Et cessez ce ton condescendent en ma présence. Nous savons vous et moi que je méprise votre Dumbledorianisme. J'ignore ce que vous mijotez dans votre petite tête doublement sucrée mais je puis vous certifier que jamais plus l'opportunité d'utiliser Severus comme votre pion ne vous sera habilitée. Votre ascendance sur lui datant d'il y a presque vingt ans prend fin ici et maintenant. Ingénieux, vous avez modelé sa vie en forme de martyre, à la limite du suicide mais c'est terminé. Je couperai court à vos manigances. Les dégâts répercutés par cette Lily Potter sont suffisamment catastrophiques pour qu'il ne soit permis de creuser plus avant dans son inexistence. Severus est en vie et il vivra ! Me suis-je bien fait comprendre ou dois-je vous tatouer sur le front ma mise en garde avec ce substitutif d'encre au goût chocolaté qui gît dans vos tiroirs ?
- Vous êtes sûre ?
Cette fois Dumbledore était sérieux, dévisageant de ses pupilles bleues ciel l'invitée rehaussée de son courroux.
»Si ma mémoire est bonne et elle ne m'a jamais fait défaut jusqu'à maintenant, il me semble que Severus est dépossédé des éléments liés aux récents épisodes de sa vie et sa survie. Or selon ma réflexion je reste persuadé qu'ils déplairaient beaucoup à sa situation de survivant, risquant probablement de faire de lui pire qu'un… comment avez-vous dit ? Ah oui… un Martyre.
- Je vous renvoie vos mots, répliqua Yenyeli, cassante. Considéré comme le détenteur de tous les secrets par vos pairs, le puzzle dans son ensemble vous échappe, pareillement que les pièces échappées l'année dernière. Je vous ai contré Dumbledore et je recommencerai.
Son regard s'ancra dans le sien avec la fougue du ciel et de la terre.
»Alors n'essayez pas de supposer ou même d'émettre l'hypothèse de mes vœux. Vous ne comprenez rien !
- Peut-être, admit le directeur terne et monotone. Mais je voulais rappeler que vous comme Severus…
- Suffit ! rugit-elle meurtrière.
Un silence s'abattit dans la pièce.
Yenyeli prédisait les allégations vraies de Dumbledore mais elle n'en avait que faire. Pas le temps d'indécision quand sa mission touchait sa fin. Quand tout était déjà écrit de sa main. Qu'importaient les risques encourus et la probabilité certaine de perdre Severus, sa mission prévalait tout. Pour qu'hier soit oublié et que demain brille l'éternité de la Terre vue du Ciel.
Instituant qu'ils en avaient fini, désireuse de mettre un terme à cet entretien fatiguant et sans un mot supplémentaire, elle quitta les lieux. Sans même un salut elle s'en retourna dans le dédale du château.
Dumbledore, renoué avec sa solitude pensa après son départ que pareillement elle était loin de détenir les cartes du mot Destin et que cette énergie absolue engagée dans cette promesse n'était pas la solution pour eux demain.
- Avons-nous tort ? demanda-t-il désemparé. Ne rien dire à Severus n'est-il pas plus périlleux pour éviter la prophétie ?
- Hélas, votre serment vous interdit de dire quoique ce soit Professeur, surgit de nulle part une voix venue d'ailleurs. De mon côté je pense qu'il est encore trop tôt. Même si tout paraît trop tard. Le Ciel et la Terre sont réunis mais le Dragon est obstiné et aveugle, et le Serpent n'a pas retrouvé la Lune. Et puis…
- Et puis il y a Harry.
- Et puis il y a Harry en effet, mais j'ai confiance. Il aura la capacité de surmonter tout cela. Après tout il est mon fils.
- Que Merlin vous entende !
- Il m'a déjà entendu puis que je suis ici.
Dumbledore examina le visage transparent de la femme flottant à quelques mètres de lui. Son sourire un peu triste mais confiant dans l'avenir était celui qu'il avait toujours connu. C'était un fantôme revenu d'entre les morts pour aider le Ciel et la Terre. C'était Lily comme au jour de sa mort, aussi radieuse et pleine d'espoir pour demain. Nostalgique, il lui renvoya son sourire avant de tournoyer sur son fauteuil afin de contempler la lune à moitié ronde qui brillait par la fenêtre.
Il concéda enfin qu'il avait une dette envers le Ciel, envers cette jeune assistante à l'allure de Dragon. Une dette inestimable qu'il lui faudrait un jour payer.
Il existe dans le ciel et sur terre des êtres que l'on nomme des gardiens. Protecteurs ils veillent sur le destin des oubliés. Invisibles, on ne les voit pas, secrets, on ne les connait pas. Yenyeli avait toujours imaginé sa vie sur terre comme une aberration, une malédiction, isolée du reste du monde. Jusqu'à la rencontre de Severus Snape. Mais tout était remis en jeu et elle voguait pour perdre le peu qu'elle s'était construit. Heureusement, le ciel, généreux, avait tout vu, la terre, bienveillante, avait tout entendu et si demain n'existait pas, il restait encore l'espoir de protéger maintenant pour que jamais ne soit effacé hier. Le Ciel a voyagé jusqu'à tomber sur Terre mais la Terre a failli disparaître alors la Lune a changé l'axe du Soleil.
La Lune a préservé la Terre.
