Coucou !
Je continue mes corrections, mes modifs et j'enchaîne. Ah, quel plaisir je ressens désormais à la relecture de ces premiers chapitres, et il paraît que c'est bien de se faire du bien.^^

Bonne lecture !


Chapitre 07: Premier réveil, premiers émois.

« Le ciel de la nuit est étrangement sombre et inaccessible quand les étoiles sont mystérieuses d'apparence, imperceptibles. Quand dans le bleu des ténèbres cet espace devient vide et insaisissable, tel le néant avant la création du monde. Isolation totale, l'horizon s'étend à l'infini, se confondant sur la terre et au-delà. Egaré, on a l'illusion désagréable d'inexistence, comme si tout à coup la mort avait tout emporté. Le silence devient pesant et assourdissant, on expire la fin. Mais une petite voix chuchote dans notre esprit, chantonne des notes lumineuses, nous remémorant avec influence que le jour se lève inexorablement après la nuit, et qu'alors, le ciel brille de milles feux.

Tu es ma voix ».


Au lendemain, Harry ressuscita avant les autres, 5h30 n'avait même pas sonné à la grande horloge de la tour ouest de l'école.

Ouvert les yeux, il remercia Merlin et sa prière, aucun mauvais rêve n'était venu le hanter. Dans la chaleur de son sommeil, il se sentait apaisé, avant de se remémorer l'office dont il s'était mandé pour cette première journée. De là, la peur le pénétra, jaillissant dans sa poitrine et l'aube sur le point de fendre le ciel suinta d'un goût désagréable en bouche. Mais il s'était promis, et une promesse de Griffondor était comme nombre d'Or, impossible à brouiller ou à recalculer. Ajouté qu'en son fort intérieur il n'avait plus l'envie : fuir et conjurer.

Revigoré de son courage, il poussa les couvertures et quitta son lit. Direction, la salle de bain où la douche fut aussi froide qu'expéditive. Du froid pour réveiller le corps, du gel pour s'éveiller la tête. Séché et habillé, il médita comment occuper cet instant de précoce liberté, peu entrain de se plonger dans l'un de ses livres lorsqu'arrimé à sa grande malle, il s'étonna de surprendre Sacha aussi délaissé par Morphée qu'il ne l'était. Debout et égaré dans ses pensées, le jeune homme installé sur le rebord de la fenêtre, contemplait la lune visible du ciel à cette heure et cette époque de l'année.

- Bonjour Sacha, chuchota Harry pour ne pas réactiver ses autres copains.

- Bonjour Harry, lança Sacha aussi modéré au sortir de ses réflexions.

- Tu es levé tôt ! Tu as bien dormi ?

- Je suis levé pareillement que toi Harry Potter, contra le géant la bouche étirée d'un sourire. Mais pour faire grâce de ta curiosité ou celle des Griffondors selon ta défense d'hier, j'ai très bien dormi, je te remercie. Juste… je ne dors pas beaucoup. La nuit m'angoisse, je suis terrorisé de ne plus pouvoir me réveiller alors j'écourte mes nuits et je renvoie Morphée bien avant qu'elle fasse de moi son prisonnier.

Son prisonnier ? se répéta Harry ébahi. Mais quel étrange garçon.

Un garçon qui parlait en effet de drôles de pensées. Un garçon qui reflétait singulièrement le souvenir du passé hors du commun du survivant. Un jeune homme qui rebondissait comme l'enfant qu'Harry avait été à Poudlard durant sept ans. Sacha semblait dans cette solitude, finalement aussi normal que lui et par défaut il en fut rassuré. Et confiant.

- Bon, faut que j'y aille, écourta-t-il en s'emparant de sa robe de sorcier pour s'en draper.

- Tu sors ?

- Yep. Je pars en visite d'un ami avant le début des cours. –il fouilla dans ses affaires, vérifia son emploi du temps, double cours de potions pour bien commencer la journée, et dénicha livres et papiers qu'il cercla de sa vieille ceinture de cuir noir avant de caler sous le bras- Alors excuse-moi mais avant que mon courage ne me fasse défaut inéluctablement, je me dépêche. Préviens Ron tu veux ? Dis-lui bien que je suis chez Lupin.

- Entendu.

- A tout à l'heure Sacha.

- Au revoir Harry.

Passé catimini la porte de leur commune chambre, puis le tableau de la grosse dame, Harry hâtif, s'engagea dans les couloirs tamisés de l'école aussi discret qu'un vif d'or en plein vol durant un match. Il lui était inenvisageable de risquer se faire intercepter par quelque Professeur assidu durant sa ronde. C'était appris et retenu qu'aucun élève n'était permis d'aventure dans le château à une heure où le soleil brillait à l'autre bout du monde.

Harry avait résolu que puisque Merlin le levait avant l'heure espérée et que de plus, il n'avait rien à faire si ce n'était se tourner les pouces, rendre visite à Lupin était inespéré. Il souhaitait s'alléger du poids qui continuait de comprimer sa poitrine depuis sa lâcheté au Terrier. Tout comme il rêvait de retrouver cet homme considéré avec Sirius comme sa plus proche famille.

Traversé plusieurs étages, dérivant gauche, droite, et bénissant Griffondor et Merlin pour n'avoir croisé personne et surtout pas Rusard et sa maudite chatte, Harry toucha au but, quand devant la porte close il hésita. La peur au ventre il n'osa pas faire le dernier geste de toquer et d'attendre que Remus lui réponde.

Est-il seulement debout ? se demanda-t-il proche de faire demi-tour.

Pas le temps des réponses ou d'esquive, la porte s'ouvrit pour laisser paraître dans l'embrasure l'ami fidèle, tout sourire qu'il était même après tous ces combats.

- Stupide, stupide, Harry, il t'a entendu bien sûr, se disputa le jeune Griffondor en silence. N'oublie pas que son côté animal lui donne certaines caractéristiques bien supérieures à l'Homme.

- Bon…bonjour, bégaya-t-il tête basse, l'air coupable et tentant comme peut de ne pas comparaître plus stupide qu'il ne l'était déjà.

- Bonjour Harry, l'accueillit chaleureusement le Professeur Lupin. Je t'en prie, entre !

D'une main tendue, il signa le chemin de ses appartements où Harry s'incrusta avec mauvais scrupule.

- Cela fait longtemps qu'on ne s'est vus, tu as l'air d'aller bien.

Lupin referma la porte mais le bruit sourd qui résulta dans cette action résonna comme le craquement d'un mur longtemps érigé autour d'Harry.

- Je… euh… tu sais…

Trifouillant ses deux mains, le jeune homme n'arrivait pas à parler, les mots refusaient de se dicter de par sa bouche quand dans son esprit tout s'embrouillait comme du lait troublant la couleur noire du café.

En face, l'homme le regardait, le dévisageait, lisant son malaise et sa manière gauche de lui démontrer son envie de retour dans sa vie. Alors bienveillant, comme d'un père à son enfant, il effaça d'un pas le mètre qui les séparait et audacieux il l'entoura de ses deux bras, faisant tomber le poids de son corps contre le sien dans une étreinte voulue d'absolution.

- Tu m'as manqué Harry, murmura Remus ému à son oreille.

Ce fut le dernier écho d'avant la fin. Entièrement brisé, le mur qu'Harry avait formé entre lui et cet homme, entre lui et le monde s'effondra dans un râle de poussière étouffante qui se manifesta en larmes contre la chaleur de son ami le loup. Un véritable réconfort, un remède miraculeux qui se répandit d'une jolie lumière dorée jusqu'à son cœur. Toute l'appréhension cumulée s'évapora en un instant et soulagé, il se laissa aller, resserrant à faire mal l'union de leurs deux corps qui vibrait toutes les notes du mot « pardon ».

Pardon hier, pardon maintenant, pardon demain, pardon.

L'instant suivant, les deux amis étaient assis sur le canapé rouge du salon, côte à côte, deux verres d'eau servis sur la table basse. Le silence était maitre de cérémonie.

Harry, obsédé d'exprimer son ressenti et justifier l'éloignement volontaire administré envers Remus cherchait où commencer quand observateur l'homme patientait révérencieux qu'il donne l'accord de la conversation. Mais amener le sujet précis était douloureux dans le cœur du sauveur qui battait à tout rompre. Se rappeler… se remémorer le pourquoi du comment chambardait les quilles instables de son désir de vivre demain. Un nouveau geste de Lupin fut la solution. Encouragé par la main forte et rugueuse du loup bercée par-dessus la sienne, Harry lâcha prise et déballa tout, jetant d'une seule pierre son cœur à la pleine générosité de l'homme. Regard noyé dans le sien, les lèvres s'articulèrent chancelantes au début pour bouger vives et nerveuses après quatre phrases. Harry ne se laissa le temps d'inspiration que pour reprendre son souffle.

Il commença évidemment par la nomination de Tonks, pleurant désolation et regret. Harry s'était senti si malheureux en apprenant la mauvaise nouvelle dans cette chambre d'hôpital que la peur avait suivi. La peur d'être jugé coupable, si terrorisé qu'il avait été en s'imaginant rejeté par Remus. Tonks n'était plus, c'était sa faute, sa responsabilité. Tellement nombreux étaient ceux morts à cause de lui, il avait été si doué de ne sauver personne alors que tous parlaient de lui en héros. Harry avait échoué, perdant ces vies à tout jamais. Pire, il avait laissé mourir la précieuse vie de Nymphadora Tonks lors du dernier combat. Quelle abomination et supplice que cette perte irremplaçable. Remus devait lui en vouloir, le détester, le maudire et le renier alors lâche il avait fui et il n'avait rien dit. C'était pour cela qu'il s'était caché, encore et encore et aujourd'hui il en était là, les yeux dans les siens mais si tremblant d'y lire rejet et colère.

Remus démentit.

Aucune rancœur dans son sourire, aucun mépris dans son regard, il écoutait Harry sans rien médire de ses mots, sans rien rire de ses cris si bien que ce dernier ne s'arrêta pas là et qu'au-delà, il s'engouffra plus loin dans le trouble de ses émotions. Evoquant Severus Snape et sa position d'extrême le concernant depuis la mort de Voldemort. Il révéla ses fantômes venus d'ailleurs et nés ce jour ou son cœur avait hurlé : « Ne laisse pas mourir Snape » ! Effacée la douce Ginny et effacés aussi ses sentiments d'avant comme si quelqu'un lui avait arraché le cœur pour lui greffer un étranger et incontrôlable. Loti de son vocabulaire d'adolescent, Harry confia son désarroi, et cette nouvelle maladie qui semblait l'empoisonner et dont les symptômes suppuraient du désir de Snape, encore et toujours Snape. Pour lui seul. Une abomination et un miracle merveilleux qui dans le noir brillait comme mille étoiles du ciel. Harry était perdu.

La douleur au paroxysme, sa voix diminuée et étranglée pleine poitrine, le sauveur se mit à pleurer toutes les larmes de son corps. Sans plus savoir comment cesser.

Prévenant, Remus se contenta du silence pour le réconforter, regardant son jeune invité en proie à un péril inconsolable. Remus avait tout entendu, tout écouté avec assiduité et maintenant il comprenait. Il comprenait avec une note amère l'état de profonde détresse dans laquelle vivait Harry depuis des mois et des années. Dans cette conclusion en larmes, l'homme s'éclaira, il prit conscience que c'était peut-être bien leur faute, à eux les adultes, si Harry en était réduit à cette reconstruction de sa vie.

Sans calculer les conséquences, ils avaient déposé entre les mains d'un enfant la responsabilité du monde, le fardeau du mot héros. Harry n'était qu'un enfant dans un corps de jeune homme. Un simple gosse dont l'esprit avait grandi trop vite, forcé d'apprendre et de comprendre. Une âme entachée du goût du sang dans un âge où l'innocence et le jeu auraient dû être l'unique oxygène. Mais mal de décision, sous-estimé l'engendrement de la guerre, Harry buté au bout du chemin s'estimait l'artisan des maux du monde. Comment changer cela ? Comment étayer ses doutes pour que vivre demain soit naturel et chassé de tous les fantômes ?

Remus, affligé, se sermonna intérieurement, serrant les poings avant de les rouvrir.

Irradié par l'instinct protecteur et soucieux de taire les mauvaises pensées du si grand Sauveur, l'homme quitta le canapé pour se recueillir à ses pieds. Puis, deux mains apposées sur les siennes il déclara, rassurant et malheureux dans la voix.

- Harry, j'espère que tu m'écoutes… Jamais ô pas Merlin jamais, tu entends ? je ne t'ai considéré une seule fois coupable pour Tonks. Avant de partir au combat, elle et moi avions pleinement mesuré les conséquences de nos actes. Et c'est pareil pour les autres. Harry tu n'as pas démérité, courageux tu as bravé tous les dangers sans rien te plaindre alors ne te meurtris pas à tort. Conforte-toi d'avoir mis fin à un cauchemar de plus de vingt ans et profite du temps demain. Du temps maintenant. Oh bien-entendu les larmes sont ton droit légitime et pleurer est nécessaire pour se vider le cœur en peine, mais ne les laisse pas entraver le goût de la victoire. Les morts sont un souvenir qu'il faut garder précieux dans un recoin de son âme. Cependant, vivre au passé ne rime à rien et voir de dos n'est pas la voie pour toi demain. Est-ce que tu comprends Harry ?

Incertain d'être auditionné au milieu de l'absence invisible que se représentait le Griffondor dans cet instant, Lupin prit son visage en coupe pour le contraindre du regard.

- Est-ce que tu m'as bien compris Harry, réponds-moi !

- Je… bredouilla Harry au bout d'un moment un peu flou dans sa tête et légèrement vertigineux dans son corps. J'ai… compris Moony. Il signa plusieurs fois « oui » du chef. J'ai compris ce que j'avais déjà compris.

Comme il se l'était récité devant la plaque commémorative des murs du Châteaux, mais…

»Mais se l'entendre dire tout haut fait terriblement mal. J'ai mal ici et partout. Il désigna l'emplacement de son cœur avant de s'entourer tout le corps de ses deux bras. Je…

Les yeux humides, sec en bouche, Harry s'efforça de comprimer sa peine, si ému était-il de la gentillesse intarissable de cet homme à moitié loup.

- Ça va aller Harry, le rassura Remus en essuyant de sa manche les dernières larmes de son presque filleul. Tu vas voir, tout ira bien. Je suis là pour toi et je le serai toujours. Et pour Snape…

Harry tressaillit.

»Si j'ignore à ton image l'origine de la mutation de ton cœur et qu'à l'heure de notre discussion je suis incapable de t'apporter les réponses, j'ai remarqué ta joie quand tu as prononcé son nom. Tu sembles t'habiter de lumière quand tu parles de lui alors peut-être bien que c'est ta solution. Cherche ton bonheur Harry et saisit-en avec acharnement dès qu'il se présentera en face de toi. Quelque soit sa forme et sa manière d'interagir dans ta vie ne le laisse pas filer, car le bonheur est éphémère et unique.

- Mais si j'avais tort, riposta Harry angoissé. Si je comprenais mal ou tout à l'envers ?

- C'est ce que tu crois ?

- Mais je n'en sais rien justement ! Je l'aime et c'est tout.

- Mais c'est tout l'essentiel, solutionna Remus sourire aux lèvres. Crois-moi c'est tout l'essentiel. J'aimais Tonks sans comprendre et si je ne m'étais pas buté à faire croire le contraire, à raisonner différent… Si j'avais permis mon cœur à s'exprimer par-delà la stupidité de ma tête alors j'aurais profité plus longtemps et apprécié chaque instant. Comme je te l'ai juste dit je suis incapable d'expliquer le changement brusque opéré par ton cœur mais si ton vœu le plus cher rime Severus, ne te forge pas de chaînes sans importances. Dans tous les cas, on démêlera l'intrigue ensemble, tu n'es pas seul Harry, n'en doute jamais.

Un clin d'œil et l'homme se releva, attiré par sa petite horloge qui chantait en cadence 7h.

Il était temps pour les deux amis de se quitter si le plus jeune désirait manger avant le début des cours.

- Merci Moony, loua Harry requinqué et consolé. Il agrippa ses affaires et d'un élan il se remit debout. Merci pour tout. J'aime bien parler avec toi tu sais, est-ce que je pourrais revenir ?

- Bien-entendu, accorda sitôt l'homme d'une main chaleureuse à l'épaule pour donner plus de poids à ses mots. Tu es le bienvenu tout le temps, ici ou ailleurs. Et puis, faudra que je te présente officiellement mon petit Teddy à l'occasion. Tu verras, c'est tout le portrait de sa mère. Il resplendissait. Visage marqué de cicatrices, il venait de rajeunir de dix ans, si fier qu'il était d'être père, si comblé par son fils.

Oui, Remus Lupin avait gardé son sourire même après tous les combats mais celui dessiné maintenant n'avait d'égal couleur que l'intensité lumineuse d'un diamant au milieu de la nuit, aussi brillant et chaud qu'un coucher de soleil au mois d'Août.

Harry, témoin, l'absorba, y puisant force et courage. Moony avait trouvé sa nouvelle forme de bonheur car la vie est comme ça. Elle enlève et donne à la fois. Un poison et une bénédiction.

- Ah Harry j'oubliais, l'interpella l'homme une dernière fois. Bonne nouvelle ! Le ministère a enfin consenti à rouvrir le dossier Sirius Black. Dossier que les deux parties sont parfaitement instruites de l'erreur qui le compose. Je te fais grâce des détails évidemment mais sache que Sirius est proche de sa libération.

Harry rayonna.

Sans nouvelle de son parrain depuis le jour de sa deuxième arrestation dans la salle des mystères à la fin de sa cinquième année, ce bulletin inattendu fut un émerveillement. Un petit bonheur éparpillé dans le fin fond de son cœur. Si joyeux qu'il en oublia les cris et les bousculades des élèves empressés qui s'intercalèrent tout le long du chemin de son retour. Parvenu à la Grande Salle, où se tortillaient Ron, Hermione et Sacha, il rejoint sa place, affamé comme jamais et prêt à affronter n'importe qui.

- Wouah ! Harry t'as l'air en forme, ça fait plaisir, salua Hermione attentionnée.

- 'lut 'mione, contra Harry béat.

- Yo, marmonna Ron la bouche pleine.

- Alors dis-nous !

Hermione n'était pas d'une nature très patiente, mais pas pressé de se confier Harry fit mine de chercher ses mots tandis qu'il se servait un plein verre de jus d'orange.

- Allez quoi… Dois-je supposer de par ta quiétude que l'entretien s'est bien passé ?

La jeune fille plissa les yeux comme pour lire en son ami et comme ami il était et pas très doué pour garder les secrets bien longtemps, il approuva de la tête avant de boire d'un trait ses vitamines.

- Oh Harry, je suis tellement contente pour toi !

- Merci Hermione.

- Bon ok, intervint Ron sceptique entre deux bouchées et la cuillère tendue vers son copain. Dans ce geste il éclaboussa la table de dizaines de gouttes de lait. Tu t'es expliqué avec Lupin, c'est une bonne chose, mais ça ne justifie en rien pourquoi tu t'affiches de cet air heureux et presque stupide ce matin. Sérieux mec, ça fout les jetons.

- Ron ! l'incendia Hermione, deux yeux noirs de reproche.

Pour une fois qu'Harry semblait heureux, quelle idée grotesque de le lui faire remarquer. Imbécile !

- Laisse… temporisa ledit Mr Joyeux. Je suis stupide et j'assume. Ron, souligna-t-il avant de s'enfourner un gros morceau de brioche grillée et tartinée de confiture dans la bouche. Il mâchouilla, saliva et avala.

»Si je transpire comme ça maintenant c'est qu'au-delà de ma réconciliation avec Lupin j'ai appris que Sirius allait être libéré, ajouté du fait …

- Oh Harry…, s'extasia Hermione sur le point de se jeter dans les bras rouge et or quand percutant qu'il n'avait pas fini elle se retint. Oups, pardon, mais je t'en prie continue.

Le sauveur sourit, amusé par l'honnêteté simpliste d'Hermione qui en sept ans qu'il la connaissait n'avait pas changé dans son comportement avec lui. Authentique et légère voilà ce qu'elle était, il l'adorait.

- Je disais donc, reprit-il sans se frustrer. Si d'autre part je me réjouis de cette journée c'est que Remus s'est montré très libéral concernant vous savez qui.

Le menton pointé vers la table des Professeurs démontra le vous savez qui.

»Indulgent, il n'a pas mal jugé ou nié et même si comme moi il comprend rien, il m'accepte comme je suis.

- Harry… s'aventura Hermione en se penchant sur lui et pas spécialement ravie que les voisins curieux entendent le nouveau sujet de la conversation.

- T'en es encore rendu là Harry, s'effaroucha Ron après avoir recraché ses céréales à moitié mâchées.

- Oui, Ron, j'en suis encore là. Harry était exaspéré. Et crois-moi, je n'ai plus l'intention de laisser qui que ce soit me dicter ma conduite, n'en déplaise à certains.

Ses yeux se perdirent sur l'ensemble des élèves, amis compris.

»Si cela vous répugne ou vous met mal à l'aise, je prendrai mes distances, ne souhaitant absolument pas subir vos sarcasmes constants à ce sujet. J'ai bien assez de mal à définir ce qui se passe dans mon cœur pour supporter votre mécontentement au quotidien.

Le silence s'abattit dans l'espace de la rencontre.

Hermione et Ron, habitués du comportement du sauveur toutes ces dernières années interprétèrent sa décision comme ferme et définitive. Ça allait voler de mal en pire, c'était pressenti mais redoutant ses réactions soupe au lait à l'image de celle entrefaite dans la cuisine du Terrier, la réflexion s'imposa d'elle-même. Penser les mots avant de les parler, s'imaginer l'idée avant de la créer.

- Harry, argumenta la première Hermione au bout d'un moment, guidée par ses instincts maternels. J'essaie depuis des semaines de comprendre ton mal-être, en vain. Je m'évertue de dissocier l'Harry d'avant d'avec l'Harry d'aujourd'hui et même si je suis persuadée que tes sentiments ne sont pas les tiens et que tu n'es plus vraiment toi, je n'ai pas l'intention de te fermer ma porte, au contraire. Mais par Merlin, ne condamne pas nos doutes quant à cette possible relation. Tu sais comment il est, il ne sera pas aisé de t'immiscer dans sa vie. Surtout si l'on aspecte vos positions respectives. Il est ton professeur Harry et…

- Et pas n'importe quel professeur, non, le plus enfoiré et détesté de tout Poudlard, toutes générations confondues !

- Ron, tu n'aides pas là !

- Bon ok, se corrigea ce dernier peu envieux de se faire tué par le courroux de sa meilleure amie. Mais c'était juste pour consigner que si cette histoire vient à se savoir, la conciliation pour beaucoup sera inexistante ! Tu risques de te faire lyncher Harry t'en es conscient ?

- Oh Ron! s'enchanta Hermione en se jetant à son cou. Vive, elle saisissait dans cette déclaration le pardon du jeune homme et sa future complicité.

- Ouais 'mione, j'suis pas stupide au point d'abandonner un ami, enfin plus maintenant. Harry est mon meilleur pote et même si je comprends rien et je dis bien rien du tout à cette débâcle amoureuse et que mon esprit vrille d'autre chose par moment, je reste avec vous. Mais par pitié Harry, ajouta-t-il suppliant. Ne me demande pas d'apprécier Snape.

- Promis Ron, s'enthousiasma celui-ci trop heureux par l'accord tacite qu'ils venaient de signer tous les trois.

- Euh…. pardonnez mon interruption, s'engagea à l'improviste Sacha muet jusqu'ici mais écouteur malgré lui de l'entière discussion. Je ne voudrais pas paraître grossier ou mal élevé au milieu de vos secrets mais s'il l'on tarde plus longuement à cette table, nous risquons d'être en retard au premier cours.

- Mince, tu fais bien de nous prévenir, réagit Harry en s'enfilant son deuxième verre de jus de fruits. De la manche il s'essuya la bouche, puis repoussant assiettes et couverts il se releva.

»D'ailleurs je pense à un truc Sacha.

- Hum… maugréa celui-ci déjà debout à attendre les autres.

- Tu nous as révélés hier qu'en pratique tu n'y connaissais strictement rien dans la magie, ta nature révélée récemment te laissant sans réelle culture de notre monde mais malgré tout te voilà dans notre classe, dernière année… comment c'est possible ?

- C'est possible avec des cours de soutien auxquels je vais devoir assister tous les jours Harry Potter. Combler mes lacunes est ma principale préoccupation maintenant. De plus, seuls les cours dits théoriques et sans risque me seront dispensés, et ceux obligatoires évidemment.

- Comme si c'était possible de combler quoi que ce soit en Potions, se navra le rouquin dépité et déjà démoralisé de la salle vers laquelle il se dirigeait au ralenti. Quant à certifier que c'est sans risque suffit de demander à Neville et de compter ses cicatrices.

- Ron, gronda encore et toujours Hermione.

- Bah quoi ? Aurais-tu oublié les propos de Snape à notre égard. Nous ne sommes qu'une bande d'incompétents juste assez doués pour lacer ses chaussures, et m'est d'avis que c'est pas prêt de changer. M'enfin, d'un autre côté c'est tout bénef pour Sacha.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Voyons Hermione c'est simple. Aucun effort ne lui sera nécessaire pour rejoindre ce niveau inexistant qui est nôtre !

Harry éclata de rire, suivi par Ron, satisfait de son esbroufe.

Celui-ci avait raison, les cours de Potions rimaient l'échec avant même d'avoir mis un seul ingrédient dans le chaudron. Être Griffondor était une tare pour Serpentard et comme Snape en était le descendant, c'était couru qu'au final ils n'apprendraient toujours rien.

Pourtant, quand il avança dans les couloirs, une certaine impatience mal contenue l'envahit. Il avait hâte de cette première confrontation. Ne restait qu'à savoir si le K.O ne lui serait pas frappé dès le premier round.

En arrière, dans la Grande Salle et à l'écart des gêneurs indésirables, Severus Snape rongeait son frein sur son estrade. Son petit déjeuner terminé depuis vingt minutes – thé sans sucre accompagné d'un habituel Scones -, il fixait l'horloge avec l'obsession d'un fou et de cet air méprisable qui n'infirmait en rien sa réputation.

Tic tac : 7h42.

Il attendait.

Tic Tac: 7h43.

Il l'attendait elle.

Sa nouvelle assistante, cette petite effrontée qui au premier jour se permettait de le fâcher avant même le début de leur obligée contribution commune. Elle aurait dû être là, sevrée d'un minimum pour se tenir en forme toute la journée mais non.

- Ciel, mais qu'est-ce qu'elle fiche, s'agita-t-il intérieurement sur sa chaise, tapant du pied sur le sol en un son aigu et énervant. Cette petite tête de lune est encore en retard. Si elle ose oh par Merlin si elle ose me tester dans ce sens aujourd'hui, je jure sur mon sang de lui faire avaler l'aiguille du temps avec toute la force dont je suis capable. Yenyeli, montre-toi !

Tic tac, 7h45.

Ce fut trop.

Las, exaspéré de maltraiter sa serviette dans tous les sens il s'avoua vaincu et quitta son altitude. Précipité dans l'allée de la salle, précipité dans les couloirs, il chargea tel un centaure en furie droit devant, guidé par la vision de son tourment. Ni une, ni deux, il cavala en direction des appartements de l'assistante qui d'une aubaine griffée Salazar se situaient dans un recoin de ses cachots.

Pointé au but avec moins de temps qu'il n'en faut pour avada-kadévariser un Mangemort, Severus, sans préavis d'annonce – sûr qu'il serait toujours bienvenu ici- entra d'un bond avant de s'orienter fissa vers la première porte entre-aperçue à droite du salon.

- Pas de chance, s'énerva-t-il agacé d'échouer entre le lavabo et la douche.

Demi-tour, il examina d'un regard d'aigle l'ensemble de la pièce principale, une seule autre porte figurait à l'inventaire. Ne s'encombrant guère d'autres détails, il fonça sur elle et persuadé cette fois-ci d'y surprendre l'origine de sa mauvaise humeur, il s'infiltra sans la moindre retenue dans la cellule privée de sa collègue.

- Yenyeli ! hurla-t-il intempestif. Le lit disposé au milieu, il l'aborda et souleva les couvertures. Tu…

Personne. Mal deviné, la femme n'était pas là.

Severus s'échauffa, excité du mauvais tour que le ciel jouait pour lui en cette stupide rentrée. Prêt de s'en retourner passer en revue tous ces quartiers à la consonance proche du labyrinthe de Poudlard puisqu'apparemment il était incapable d'y dénicher sa proie, une voix l'intercepta.

- Severus… quel bon vent t'amène si tôt et de si bon humeur en ces lieux refoulés ?

L'homme fit volte-face. La porte de l'armoire était moitié ouverte au fond de la chambre, il s'y pressa et brusque il la referma d'un claquement sourd. Yenyeli terrée derrière boutonnait son chemisier noir à manches courtes sur lequel elle avait noué une fine cravate tout aussi noire.

- Euh, soit, accorda-t-elle légèrement bouche-bée. Bonjour à toi aussi. Elle haussa les épaules. M'enfin un peu bruyant tu ne trouves pas ?! Alors que puis-je pour toi ?

Un pas en avant, un sourire plein le visage, elle affronta sans crainte le Serpentard.

- Tu…

Severus haleta, le souffle coupé par le sourire éblouissant esquissé sur le visage de son assistante. Plus de deux ans qu'il ne l'avait pas vu, il n'avait plus l'habitude. Mais Serpentard il restait et aussi sec il se marbra d'impassible et le verbe aussi toxique que du venin de vipère il détona.

- Par tous les plus grands sorciers réunis sais-tu l'heure qu'il est ? Tu vas faillir par être en retard !

- Faillir, Severus, seulement faillir, nuança Yenyeli intouchable du ton rêche qu'il instituait sur elle. D'ailleurs, si je n'étais pas divertie par quelque Professeur impatient maintenant, je serais déjà en marche vers ta salle de classe. Je te retourne donc ton accusation : tu vas finir par nous mettre en retard Severus, somma-t-elle dans une parfaite imitation de ce dernier.

Elle le dépassa.

Sans lui laisser l'instance de riposte, elle s'évada de la chambre pour enter dans la salle de bain où elle se rafraichit le visage avant de se servir un verre d'eau. Seul liquide que son estomac insoumis acceptait à une heure si tôt du jour.

Le Potionniste, silencieux, l'avait suivie, et adossé au chambranle de la porte, il observa avec l'application dispensée au plus coûteux de ses ingrédients toute l'exposition qu'elle lui représentait.

Elle n'avait pas changé, aussi bien dans son physique que dans son comportement avec lui, - usant infiniment de ce talent rusé de la controverse avec lui- si ce n'était peut-être cette nouveauté singulière qui se coloriait dans son regard. Poussé par son culot il approcha, barrant sa route, quand régné par l'inconscience de leur passé il colla sa vision à la sienne, s'incrustant avec force et envie pour ne former plus qu'un. Main droite il flotta et virevolta, effleurant de quelques doigts et avec une douceur insoupçonnée chez le reste du monde, l'œil gauche paré de cette couleur d'Or qu'il ne lui connaissait pas avant hier. Quand il pensait Yenyeli, c'était rouge, entièrement rouge.

- Ah… traduit celle-ci embarrassée en se détournant. Elle tremblait sous le toucher du Serpentard. C'est nouveau je sais… mais je ne peux rien y faire. Pardon Severus, je peux le cacher au besoin, avec un bandeau façon pirate j'suis sûre que ça m'irait. Elle se força à rire avant de se renfrogner plus acerbe.

»Je sais ce qu'il engendre chez l'Homme, j'ai perçu leurs craintes. Ce nouvel œil comme l'autre ne suscitent que la peur et le dég…

- Magnifiques, abrégea Severus sans bouger. Voilà tout ce qu'ils m'inspirent alors laisse les autres aller au diable.

Yenyeli se rehaussa, intriguée. L'onyx pur et sincère ne mentait pas, ne déviait pas, jamais, elle encaissa, soulagée d'être acceptée à jamais par cet homme. Magiques ce moment, le temps s'arrêta. Une caresse plus prononcée, des doigts plus entreprenants, l'homme se métamorphosa en papillon de nuit, butinant la lumière de la lune quitte à se brûler les ailes. Téméraire, il coiffa quelques mèches gênant son ascension, ondulant à se perdre dans cette vallée au reflet du ciel. Finalement il se cala, le pouce grippé au sommet d'une bouche juste rose. Il se pencha majestueux, et de sa voix serpentine et emplie de cette envie que Yenyeli avait délicieusement appris à découvrir dans leur passé, il chuchota à son oreille.

- Ils sont tous les deux magnifiques Yenyeli, ne conjecture jamais du contraire.

Souffle brûlant contre la peau, Yenyeli se statufia, les joues colorées du rouge du feu qu'il avait ravivé dans son corps, ce corps qu'il avait su dompter avec tant de prouesse au temps passé. Incapable de bouger, brumeuse du rêve interdit de se laisser entièrement fondre contre cet homme pas comme les autres, elle déclina naturellement la tête, comme d'un baiser, une étreinte candide entre sa joue et cette main qui refusait de la lâcher. Il n'y avait décidément que lui pour voir du beau là où tous témoignaient l'horreur et le dégoût. Les yeux fermés, elle respira de cette odeur inimitable dont Severus était le parfum au quotidien. Eperdue, elle s'abreuva de cette brise qu'il expirait en revenant doucement à ses lèvres lorsque choquée par sa faiblesse et rappelée à l'ordre pas l'une de ses petites voix « Petite imbécile, tu n'as plus le droit, éloigne-toi ! » elle rouvrit les yeux.

- Sev… Severus…

Echec flagrant, les mots restèrent imprononçables. Concentrée, elle s'obligea, rompant une fois de plus et en premier l'union de leurs deux corps. Main sur la sienne elle l'éloigna, le repoussa à contre vœu loin… très loin de sa position puis elle le contourna. Dans son salon, elle accrocha ses affaires préparées pour les cours, proche de partir. C'était sans compter sur la curiosité du Serpentard.

- Tu as découvert qui tu étais, interrogea-t-il à l'autre bout de la pièce.

Silence. L'atmosphère intime qui était leur dans ce grain de sable du temps baissa en température.

Un Serpent tentait de lire la face cachée de la Lune.

- Découvert ? répéta Yenyeli la voix glaciale sans se retourner. Mauvais mot Severus, disons plutôt que ça m'est tombé dessus comme une bombe. Certes, j'étais résolue mais je n'étais pas préparée ou mieux j'ai sous-estimé les conséquences. M'enfin je ne regrette rien, c'était mon choix. Mon choix pour toi, ajouta-t-elle pour elle seule.

Le choix de la Lune vouée au Serpent, la promesse du Ciel pour la Terre.

- Et… insista le Maître des Potions intraitable.

- Et rien du tout. Ou si ! Une confirmation.

Virée 180°, transfigurée de son air imperturbable elle continua aussi polaire que le vent au plein hiver.

»La certitude que certaines choses feraient mieux d'être enterrées dans les ténèbres et oubliées à tout jamais de nos vies. Il est bon, préférable serait plus juste de laisser le passé au passé pour vivre aujourd'hui et demain. C'est une aberration que de vouloir se comprendre d'un temps qui de toute manière ne nous appartient plus. Ce qui est fait est fait, on ne peut rien muer ou moduler. Cependant...

Sa voix la trahissait. Comme toujours quand Severus s'affichait comme son miroir. Il était là, à un mètre de la retoucher, son encre impénétrable rivée sur elle, à analyser le moindre de ses mots et c'était difficile.

- Cependant ? répéta l'homme pour lui porter secours.

Elle le regarda, avant de sourire nostalgique.

- Cependant j'y ai entrevu une forme de lumière. Quand on ne sait rien sur rien des sentiments humains et qu'on s'échine à simplement différencier les mots, il est doux et agréable d'apprendre que d'un chemin différent on aurait pu être… comment dîtes-vous déjà ? Ah oui, aimé. Et choyé. Ajouté que cette aventure m'a enseignée le contrôle de moi-même et qu'au final je suis ressortie plus forte et accompagnée d'un ami inimitable.

Nouveau silence.

Le Serpent observait la Lune de la terre mais le ciel était sombre et nuageux, un véritable brouillard sans lumière.

- Tu ne prêteras rien pour ton œil, n'est-il pas ! conjectura Severus assimilant la conclusion pour cette histoire. Tu garderas sa source et son secret.

Elle confirma d'un signe de la tête.

- Pas maintenant, pas encore…

- Et bien soit, mais garde-toi bien aussi de mémoriser que cette affaire est à mille lieux d'être close. Je n'en ai pas fini avec toi !

Severus n'avait pas oublié hier et si maintenant était trop tôt il s'entêta à discourir demain. Quelques pas il s'ajusta à sa hauteur, puis ouvrant la porte et lorgnant Rouge et Or il conféra solennel.

»Hier soir, distrait, j'ai manqué d'impact sur toi mais la nuit trouve lumière au milieu de l'esprit. J'ai constaté à mon réveil que tu avais escamoté l'énigme dont je t'avais commandée la résolution, même si je déduis aisément que Dumbledore a manigancé dans ton dos. D'autre part, je te tare sans la moindre incertitude du mot coupable concernant les derniers évènements de ma vie. Mais comme je te suspecte peu encline à répondre mes questions je retarde l'inévitable. Je repousse ton examen pour un temps. Néanmoins, précisa-t-il le visage peint de toute l'opiniâtreté de Salazar. Je mènerai mon enquête avec ou sans ton accord. En conséquence de quoi, ne t'étonne pas si je parviens à mes fins avant ton consentement. Sur ce, dépêchons-nous ou nous allons vraiment finir par être en retard et ces idiots incapables vont y voir là l'opportunité pour s'enfuir.

Enveloppé de la vivacité tourbillonnante de sa cape tandis qu'il s'évaporait dans les couloirs du château, Yenyeli, ramenée dans la réalité du présent –et se préparant psychologiquement à affronter une bande d'incompétents de 7ème année- l'espionna, réjouie de le retrouver comme au passé. D'un coup sec, elle claqua la porte de ses appartements et trottant derrière lui, un sourire espiègle aux lèvres, elle médita l'expression moldue à propos du naturel inné des gens.

- Serpentard un jour, Serpentard toujours, que soit béni ce que tu es Severus !

Côte à côte, l'un bougon, l'autre égayée en dévisageant le premier dans sa mauvaise humeur, aucun des deux ne remarqua l'étincelle transparente qui n'avait pu s'empêcher d'épier les premiers pas du Ciel et de la Terre.

- Quel concours étrange que la vie, chuchota Lily rieuse et à demi cachée derrière l'armure vide d'un chevalier de pierre. Ne penses-tu pas Severus ? Toi qui maudis Griffondor et ses couleurs du plus profond de ton âme, voilà que Rouge et Or se composent de notes mélodieuses dans l'écho de ton cœur. L'étoile pour toi demain brille désormais Rouge et Or dans l'ombre de ta Lune alors faisons en sorte que l'éphémère devienne éternité et que soit démentie la prophétie d'hier.

Prophétie, destinée, existe-t-il une différence pour les décomposer ? Quelqu'un avait prédit la fin du Ciel et de la Terre mais plusieurs rêvaient leur destinée d'unique. Severus et Yenyeli dans les circonstances d'hier avaient déjoué les lignes du destin, s'engageant dans des chemins différents par simple raison de faire le bon choix et de tenir une promesse. Or maintenant ne se traçait qu'une voie sans issue, emprunte de morts et de chagrin. Severus détenait la clef, mais aveuglé par le voile de ses cauchemars, inconscient que la vie est un pari et les dangers d'hier des vœux pour aujourd'hui, impossible de déverrouiller l'accès pour eux demain. Et Yenyeli, si inexpérimentée des sentiments humains, si mal évalué le noyau cœur de son Soleil, avait pipé les dés par présomption personnelle de le maintenir en vie. Si seulement Ciel et Terre avaient parlé deux pour n'être plus qu'un

Ils auraient guéri Ciel et Terre.


Voilà, mention spéciale pour Remus même si je crains fort que ses conseils concernant Snape ne soient pas réellement la solution d'Harry. Il va s'en mordre les doigts, même Lily l'a compris.

SssnappeD++