Aomine Daiki était un garçon plutôt simple, se satisfaisant de peu de choses.

Mais pour les grandes occasions, on pouvait toujours compter sur lui.

Sa mémoire était plutôt sélective, particulièrement dans le domaine scolaire, mais pour les choses qui lui tenaient à cœur, elle était infaillible.

C'était par exemple le cas en amour.

Huit mois.

Déjà huit mois qu'ils étaient ensemble.

Comme le temps passait vite.

Et il était bien décidé à marquer le coup d'une manière ou d'une autre.

Parce que c'était sa relation amoureuse la plus longue jusqu'ici et... oh je vous vois venir, mauvaises langues que vous êtes ! Oui, certes, c'était également sa TOUTE PREMIERE relation amoureuse, mais il ne pensait pas qu'il était nécessaire de s'attarder sur une telle broutille. Après tout, ce n'était pas représentatif de leur amour mutuel, qu'il savait sincère et puis... il s'agissait également de la première fois pour sa moitié, d'après ce que Kagami lui avait affirmé le jour où Aomine lui avait demandé de sortir avec lui. Parce que OUI, il avait pris les devants, aussi incroyable que cela puisse paraître ! Et il avait fait les choses BIEN !

Il se souvenait encore, ému, et avec une précision surprenante de tous les détails qui avaient émaillé cette soirée magique à plus d'un titre.

Le cadre, tout d'abord.

Ils s'étaient retrouvés comme à leur habitude, après les cours, sur leur terrain de street ball fétiche. C'était devenu une sorte de rituel pour eux au fil du temps, un rituel bien établi qu'aucun des deux fauves n'aurait bouleversé pour rien au monde. Sans compter qu'une fois, en stage d'été... heu... après un one on one passionné dont eux seuls avaient le secret (aux yeux d'Aomine, ça ressemblait d'ailleurs davantage à une parade nuptiale version grands félins, qu'à une vraie compétition, tant ils multipliaient inutilement les contacts en tous genres, du frôlement au vrai rentre dedans, en passant par des collisions moins brutales. Mais bref, il est temps pour moi de refermer cette parenthèse qui s'étend déjà beaucoup trop en longueur !), Kagami lui avait confessé trouver cet endroit excessivement romantique ! Cette déclaration avait surpris Aomine sur le coup, mais dans le même temps, il avait pris la décision irrévocable que la sienne aurait lieu ici-même, lorsqu'il s'en sentirait le courage.

Le temps, ensuite.

C'était un vendredi, le 10 mai, précisément, (ce qui était assez ironique, puisque le numéro de maillot du rouge à Seirin se trouvait être le « 10 », tandis que le sien était le « 5 », ce qui faisait régulièrement dire à Kagami et en particulier lorsqu'il perdait, un peu comme si cet état de fait pouvait le dédouaner d'une quelconque manière : « Laferme ! Tu n'es que la moitié de l'homme que je suis ! » Ce qui n'était pas faux d'un point de vue strictement mathématique, pour le coup.) à 18h54 tapantes.

Puis, venait la météo.

Il faisait grand soleil et le ciel était sans le moindre nuage. L'air était sec et la chaleur était presque étouffante, les forçant à transpirer plus qu'à l'accoutumée.

Et enfin... il y avait Kagami.

Kagami qui, pour l'occasion, avait revêtu un bermuda en tissu léger, rouge à bande blanche sur les côtés. Et un débardeur blanc. Qui avait tendance à devenir complètement transparent au contact de l'eau. Or, Aomine avait bien calculé son coup, puisque le tigre avait oublié sa gourde, mais en revanche, la panthère avait apporté une bouteille d'eau. Pour deux. Oui, oui. Et il était connu de source SÛRE (grâce à Tetsu son indic' personnel !) que Kagami ne SAVAIT ABSOLUMENT PAS BOIRE propre au goulot. L'américain s'était donc rapidement retrouvé aussi mouillé qu'une danseuse dans un clip de R'N'B, laissant par la même occasion apercevoir son corps parfait à travers le mince tissu détrempé. Merci. Merci Dieu du Basketball !

Aomine en avait donc profité pour se rincer l'oeil, tandis que Kagami se rinçait autre chose, lui, au sens plus littéral du terme.

Et tomate cerise sur le Mc Do, ils étaient SEULS sur le terrain !

En bref, les conditions optimales étaient toutes réunies.

Aomine avait longuement tourné et retourné en boucle dans sa tête la phrase qui serait potentiellement idéale, afin de faire sa déclaration. Alors oui, on pourrait arguer pendant des heures du fait que le bleu était un peu beauf' sur les bords et même au fond de lui, mais ça ne l'empêchait pas de vouloir faire les choses BIEN ! A un moment donné, il avait même envisagé écrire une lettre d'amour, sous forme de poème à son bien-aimé. Néanmoins, il s'était rapidement ravisé, incapable de faire rimer « cul d'enfer » avec quoi que ce soit. Hélas, n'est pas Baudelaire qui veut !

Mais bon, Aomine s'était figuré que peu importe la manière de véhiculer son message, tant que celui-ci était parfaitement sincère, il parviendrait tout de même à destination !

Et puis... même s'il en avait un peu honte, se sentant blessé dans sa fierté, il devait bien avouer que c'était Kagami qui avait en quelque sorte fait le premier pas, tant lui était trop occupé à le reluquer sans aucune vergogne là par contre...

« T'as fini d'me mater putain ? Ca carrément d'vient creepy là ! » Lui lança le tigre, agacé de sentir un regard tout sauf innocent sur lui.

« Ca veut dire quoi « crépi » C'est du papier ? » Marmonna le coupable, sans toutefois détourner son attention des pectoraux saillants de Kagami.

« Ca signifie « malaisant » ! Alors arrête, for the fuck's sake ! »

« Héhé, c'est marrant, quand tes énervé, t'as souvent tendance à parler anglais j'ai remarqué. Un peu comme Jean-Claude Vandamme ! »

« Ah ouais, il parle en anglais quand il est soulé lui aussi ? » Fit son acolyte en clignant des yeux, visiblement pas convaincu.

« En français, je crois. Ou c'est p'têtre bien l'inverse, il parle en français d'habitude et quand il monte sur ses grands chevaux, il le fait en ricain... Mais bon, c'est pareil, hein. »

« Heu... nan, c'est pas DU TOUT pareil, m'enfin... » Il haussa un sourcil avant de soupirer. « Bon, t'as fini, oui !? Parce que j'te jure qu'tu vas t'la prendre dans la gueule cette maudite bouteille, si tu continues ! »

« Awww come on ! » Lâcha la panthère avant de se reprendre. « AH ! Tu vois la mauvaise influence que tu as sur moi ! Moi aussi, j'me mets à baragouiner dans ta langue de sauvages maintenant ! »

« Tsss... whatever ! Now, stop that ! »

Kagami essaya bien de se tourner sur le côté pour se protéger du regard perçant de son agresseur, mais cela ne fit qu'empirer le problème...

« Hey !? What the fuck are you doing !? »

Aomine s'était littéralement collé à son dos et c'était loin d'être agréable, vu qu'ils suaient tous les deux comme des gorets suite à leur séance de sport pour le moins intensive.

Mais surtout, le brun venait de lui agripper amoureusement les pectoraux à pleines mains !

Et comme si cela ne suffisait pas, il s'amusait maintenant à les presser dans ses paumes...

« Tellement moelleux... et fermes à la fois... et gros. Comme des seins de nana... et encore, j'en connais plein qui seraient jalouses... » Rêvassa t-il à voix haute, l'écume au coin des lèvres.

Le rouge eut beau lui envoyer de bons coups de coude dans les côtes, rien n'y fit. La panthère noire ne lâcha pas sa proie. Au contraire, il en profita même pour poser son menton sur l'épaule de Kagami, yeux clos, avant de murmurer tendrement.

« … Hmm... t'es tout chaud... sors avec moi s'teuplé... »

« Quoi !? » S'empourpra l'autre garçon, faisant presque concurrence à ses cheveux.

« Heu, j'voulais dire, j'parie qu'tu peux même faire le fameux « Boobs challenge ! » Tu sais, celui où il faut faire tenir une canette en équilibre sur ses nichons ! »

« J'sais pas si j'suis capable de faire tenir quoi qu'ce soit en équilibre, mais toi en tout cas, t'es un sacré déséquilibré, alors arrête de m'peloter comme un gros pervers ! »

« Ohh... laisse-moi encore les toucher un peu... j'me tairais, promis.. »

Kagami roula des yeux, demandant mentalement aux dieux du Basketball ce qu'il avait bien pu faire de mal pour mériter un boulet pareil. Mais une fois un peu tranquilisé, il réalisa que cette proximité physique imposée par Aomine n'était pas si désagréable tout compte fait, non-obstant les gouttes de sueur qu'il sentait couler dans son dos...

Une sorte d'atmosphère douce sembla alors s'installer entre eux, mais elle fut de courte durée...

« … Qu'est-ce que t'as dit tout à l'heure... ? » Demanda t-il plus calmement.

« ... »

Pas de réponse.

Cela suffit à lui faire voir rouge de nouveau.

« Ao...mine... ! » Tonna t-il dangereusement.

« Quoi encore ? J'suis pourtant resté silencieux comme promis pendant le câlin ! »

« Mais j'avais pas dit oui à c'que j'sache ! »

« Hmpff... faudrait savoir ! »

« Bon, t'as dit quoi au juste tout à l'heure ? »

« Bah que tu avais des pectoraux de folie et là, je m'imaginais justement touuuuuut ce que je pourrai faire avec, alors laisse-moi à mes rêves et à mes espoirs ! J'étais tranquille et j'emmerdais personne là, en plus ! »

Ce qui n'était pas entièrement faux, puisqu'Aomine avait cessé de le tripoter, préférant passer ses bras autour de la taille de Kagami...

« Oh bordel... je saisis à présent toute l'ampleur de l'expression « avoir quelqu'un sur le dos » maintenant et c'est grâce à toi... Enfin non, pas « grâce », mais plutôt « à cause ! » Se ressaisit l'as de Seirin. « Mais bref, n'essaie pas de jouer au plus malin avec moi, j'veux savoir c'que t'as dit juste avant ça... »

« J't'ai demandé si tu voulais bien sortir avec moi, pretty please ? »

« … C'est marrant à quel point tu peux devenir bon en langues quand ça t'intéresse... »

« Et encore, t'as rien vu... je sais faire plein d'autres trucs avec ma langue et j'me ferai une joie de te les montrer une fois qu'on sera ensemble... » Susurra t-il sensuellement droit à son oreille.

Et à cet instant, il aurait pu jurer qu'il avait senti son tigre frissonner dans ses bras, preuve que Kagami ne lui était pas aussi indifférent que ce qu'il aimait bien clamer.

Mais hélas, ce fut rapidement la douche froide.

« Nan merci, j'y tiens pas spécialement. » Lui asséna le garçon de ses pensées, sans la moindre diplomatie.

Aomine eut l'impression que son cœur venait de se faire écrabouiller sous une enclume. Ou un trente-trois tonnes, il ne savait pas très bien. Mais en tout cas, ça faisait, très, très mal de se faire repousser ainsi, alors qu'il venait de mettre ses sentiments sur la table, à la merci du cruel Kagami.

Cependant, tandis qu'il avait commencé à lâcher sa prise autour de la ceinture abdominale de Kagami en signe de défaite, ce dernier cru bon d'ajouter à son grand étonnement :

« … J'parlais de tes cours de langue douteux hein... ! Pas pour le reste. Quoique... puisqu'on va sortir ensemble à partir de maintenant, j'serai pas totalement contre en recevoir quelques uns quand même... » Rougit à nouveau l'adolescent.

Attends...

QUOI !?

Kagami venait-il d'accepter sa proposition ou est-ce que le basané était en train de rêver !?

Naaan, il était sûrement victime d'une HALLUCINATIIIIION COLLECTIVE (comme dirait ce cher bon vieux Hooper.). Ouep, c'était la seule explication plausible. Son cœur rata un battement, ou peut-être même deux et le brun se décolla de sa proie pour venir poser une main sur sa poitrine, feignant une douleur cardiaque. C'est qu'il était encore en train de réparer les dégâts occasionnés par le précédent rejet de Kagami !

« Oi, t'es pas drôle, enfoiré ! Ca n'se fait pas d'jouer comme ça avec les sentiments des gens sensibles ! »

« Enfoiré !? Hey mais tu sais quoi ? JUST GO FUCK YOURSELF ! »

Cette fois, c'était la goutte (de sueur) qui faisait déborder le vase (déjà bien plein) mental du tigre ! Il se leva et attrapa ses affaires, tournant des talons pour quitter le terrain. Non mais ! Il n'était pas venu ici pour souffrir ok !? … Heu... ni pour se faire manquer de respect par un gamin capricieux qui clamait l'aimer pour mieux l'insulter la seconde d'après !

Cependant, cette attitude fit réaliser à Aomine qu'il était PEUT-ÊTRE éventuellement, hypothétiquement, allé un peuuuuuu trop loin dans sa réaction de joie...

« Ahhh Kagami, je souuuuuuffre ! J'ten prie me laisse paaaaas ! » Pleurnicha t-il en se roulant par terre à la manière d'un gosse qui fait une crise dans un supermarché pour que sa mère lui achète le dernier jouet à la mode au sein de la cour de récré. « En plus, c'est trop paaaaas sympaaa d'me dire d'aller me baiser moi-même, comme si j'en étais physiquement capable, d'abord ! Parce que crois-moi que si j'étais assez souple, j'le ferai sans hésiter, tellement je suis beau ! »

Le rouge s'écrasa une main sur le visage. Mais qu'il était con çui-là aussi raaaah ! (dédicace à la « Boîte à Mocky ») Soupirant de lassitude, il revint presque trop docilement auprès d'Aomine, le toisant de haut (vu qu'il était debout, lui.) l'espace d'un instant. Le brun cligna des yeux, surpris une fois encore par ce revirement inattendu de situation en sa faveur, quand, soudain...

… Il sentit un truc lourd lui comprimer la face.

L'OMBRE QUI LE SURPLOMBAIT VENAIT DE LAISSER TOMBER SON SAC DE SPORT SUR SON TRONCHE !

Son sac de sport anormalement LOURD, à croire qu'il y entreposait des haltères de plusieurs kilos et pas seulement ses chaussettes sales !

Manquant d'étouffer et sentant sa vie en péril, Aomine se débattit pour se débarrasser de ce qui entravait le bon fonctionnement de sa respiration, puis il se redressa prêt à en découvre avec son agresseur...

…. jusqu'à ce que le sac mal fermé de Kagami ne déverse son mystérieux contenu sur le goudron...

Des bouteilles d'eaux REMPLIES.

Plein.

Ce mec était un chameau ou quoi !?

….

!

Mais alors... Ca voudrait dire que... ? Quand Kagami lui avait emprunté sa bouteille pour boire tout à l'heure en prétextant qu'il avait zappé de prendre sa gourde... KEUUUUUAAAHHH CE N'ETAIT DONC QU'UN VIIIIIIL MENSONGE !? Une fausse déclaration sur l'honneur visant à échanger ses fluides salivaires avec lui !? MAIS POURQUOI DIIIIIIIIABLE KAGAMI AURAIT-IL FAIT CELA !?

Un stratagème pareil, ça dépassait l'entendemennnnnnnnt ! (dédicace à Benzaie cette fois.)

Et en comprenant finalement de quoi il retournait grâce au petit sourire en coin de Kagami, Aomine sentit toute sa colère s'envoler instantanément, comme par magie. Même s'il était à peu près certain que ce couillon d'Amerloque venait de lui péter le nez...

Mais bon. En vérité, ça ne le dérangeait pas plus que ça, étant donné ce que lui prévoyait de lui péter en retour... Hihi, c'était de bonne guerre après tout et Aomine n'avait rien contre l'idée plutôt séduisante de se faire justice lui-même.

A charge de revanche, donc.

...

… Mais là ça devenait urgent, parce que faisait quand même HUIT PUTAINS DE MOIS qu'ils étaient ensemble et le brun n'avait toujours pas mis sa vengeance à exécution !

PIRE, non seulement il n'avait rien cassé à Kagami (en dehors de lui casser les bonbons, sauf que ça, il le faisait déjà bien avant leur mise en couple...), mais il n'avait même encore fait QUOI QUE CE SOIT au roux, en dehors de l'embrasser et de le caresser un peu...

… Et jamais en dessous de la ceinture.

Or là, notre vaillante panthère commençait sérieusement à perdre patience. Oh bien-sûr, elle adoooooooorait profondément son tigron et passer du temps avec Kagami était toujours satisfaisant quelle que soit l'activité à laquelle ils se livrent ensemble, mais il fallait bien avouer que leur relation progressait dans une direction pour le moins... et bien... CHASTE.

CA MANQUAIT GRAVE DE CUL !

Et cela peinait Aomine d'avoir à le reconnaître...

Bordel, HUIT MOIS ! Presque le temps de mettre au monde un enfant et toujours rien !

Entre eux, sur le terrain, c'était EXPLOSIF, alors ça l'avait mené à croire – peut-être à tord – qu'il en serait de même dans la chambre. Mais que nenni mes amis ! C'est-à-dire qu'ils en étaient arrivés à un tel point dans leur morne routine de déjà vieux couple dans l'âme, qu'à côté d'eux, des moines bouddhistes auraient pu passer pour de vrais dépravés. Et ça n'avait rien d'agréable, bien au contraire, Aomine le vivait extrêmement MAL. Un peu à la manière d'une défaite personnelle. Après, il fallait bien admettre qu'à sa décharge, Kagami était réputé pour être « difficile » (du genre à vous coller un pain sans hésiter si vous tentiez quelque chose de déplacé à ses yeux) et il y avait aussi le fait qu'Aomine (et croyez-moi, il en avait pourtant parfaitement conscience) ait tendance à un peu trop idolâtrer son chéri, le cataloguant dans une pureté angélique qu'il n'osait pas souiller...

MAAAAAAIIIIIISSSS !

Comme le disait souvent Tetsu : « Un match n'est jamais perdu avant le coup de sifflet final ! Tout peut encore changer, c'est pourquoi il faut se battre jusqu'à la dernière seconde et ne surtout pas baisser les bras ! » Aomine s'était toujours allègrement moqué de cette utopie simpliste, mais disons les choses clairement, le basané commençait à en avoir MARRE de rester coincé au stade des petits bisous timides, dignes d'écolier ! Mince, quoi ! Il était carrément certain que s'il avait une petite sœur en primaire, elle s'en sortirait mieux que sa piètre performance et verrait même le loup avant lui, au rythme où ils allaient avec Kagami ! Car Aomine ne demandait qu'à passer à la vitesse supérieure avec son petit-ami, aussi, la philosophie de son ami fantomatique avait trouvé un nouvel écho plus favorable à ses oreilles, une fois sortie du contexte sportif.

Par conséquent, Aomine avait élaboré un plan COMPLEXE de séduction, dans l'espoir de faire craquer Kagami une bonne fois pour toutes ! Certes, sa manœuvre était risquée et connaissant la susceptibilité légendaire de son tigre, il y avait d'ailleurs de fortes chances pour qu'il le prenne mal, mais tant pis, Aomine n'avait plus le choix, il était acculé, ce qui était assez ironique alors que lui ne demandait plutôt à se faire encul...

Enfin breffff... vous voyez l'idée générale !

IL DEVAIT FAIRE QUELQUE CHOSE POUR SAUVER SA VIE SESSOUELLE, AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD !

Parce que si son couple se portait bien, il en allait tout autrement du délaissé Daiki Junior, qui semblait avoir perdu sa joie de vivre... même les magazines les plus débridés de Mai-chan ne suffisaient plus à le faire se dresser aussi fièrement... Il semblait même à Aomine que sa taille avait diminué et qu'il cherchait presque à se recroqueviller, comme s'il essayait de rentrer dans son urètre à la manière d'un escargot tout flasque dans sa coquille...

C'est ainsi que bien décidé à inverser la vapeur en sa faveur avant de devenir définitivement impuissant, Aomine s'était saisi de son téléphone portable, avait enclenché le mode « photo » et... avait immortalisé en gros plan son glorieux braquemart (mis à nu pour l'occasion) chargé à bloc après une séance de masturbation frénétique et l'avait donc envoyé à son amoureux.

Ou du moins...

C'était ce qu'il croyait naïvement...


Momoi Satsuki était la plus vieille amie d'Aomine.

Elle avait fait sa connaissance au jardin d'enfants et depuis, ils étaient devenus inséparables. Bien-sûr, du fait de leur grande proximité, qu'elle soit amicale ou géographique, (Momoi étant la voisine du basané.) la rose avait sans doute la plus marquée parmi tous leurs amis communs, par la phase de dépression qu'Aomine avait traversé, seul. Parce que si elle avait toujours été à ses côtés, force était de constater que Momoi s'était retrouvée totalement impuissante pour aider Aomine à lutter contre ses idées noires. Heureusement, par chance, leur route avait croisé celle du fauve de Seirin et depuis qu'Aomine avait été battu par Kagami, il semblait être redevenu égal à lui-même. Enfin, du point de vu d'un œil non averti, disons. Car ces choses là prennent du temps et on ne guérit pas d'une dépression aussi profonde en deux coups de cuillère à pot, mais au moins, Aomine essayait d'aller mieux. Il faisait des efforts, ça se sentait. Et ce qu'au début Momoi avait pris pour une forme d'obsession pas forcément très saine envers le tigre était en réalité... de l'amour.

Enfin, ça y ressemblait très très fort, en tout cas, même si la rose avait encore quelques réserves (pas nécessairement fondées) à ce sujet.

Au départ, elle avait été surprise, oui, quand son meilleur ami lui avait confessé être amoureux de Kagami. A vrai dire, elle ne savait même pas qu'Aomine était... enfin... qu'il était attiré par les garçons. Ca avait d'ailleurs un peu été un choc pour elle. Oh ! Pas qu'elle soit homophobe ou quoi, mais bon... Aomine aimait UN PEU TROP les grosses poitrines féminines pour ne pas être au moins bisexuel.

Car elle était bien LA la véritable obsession du bleu !

Et le fait de se mettre en couple avec Kagami n'y avait strictement rien changé. Momoi le prenait souvent la main dans le sac (ou le froc) à reluquer les filles les mieux... « équipées » de leur lycée et pas franchement de manière discrète ! Heureusement que Kagami n'était pas là pour voir ça, parce qu'il y avait du motif valable de rupture dans l'air ! Combien de fois la belle manager avait-elle raillé son boulet de meilleur ami à ce sujet d'ailleurs ? C'était... un cercle sans fin. Un cercle vicieux, mais pas autant que ce pervers d'Aomine !

Parce que quand il ne parvenait pas à avoir sa dose de matage pour la semaine, il trouvait encore régulièrement l'occasion de venir lui taxer son argent de poche, afin d'aller se ravitailler au rayon « érotique » de la librairie située à côté de leur établissement. Las de sacrifier des économies qu'elle ne reverrait sans doute jamais, Momoi avait pris la décision de ne plus prêter d'argent au bleu. Il en allait de la survie de son porte-monnaie. Mais hélas, cela n'avait pas eu l'effet escompté puisqu'Aomine avait immédiatement trouvé une autre victime sur laquelle se rabattre, en la personne de ce pauvre Sakurai...

...

Pour autant... et pour être tout à fait honnête, ce n'était pas le fait que les poitrines de femmes bien développées puissent faire saliver Aomine qui chiffonnait réellement Momoi.

Après tout, elle connaissait le brun pour ainsi dire depuis toujours et son comportement, aussi vulgaire et pitoyable soit-il, ne la surprenait plus guère. Avec le temps, elle avait appris à ne plus y faire attention, même si elle continuait à faire croire le contraire parce que ça lui donnait surtout une bonne occasion pour pouvoir tirer les oreilles de son ami.

… non, en réalité, Momoi était un peu... « jalouse » de toutes ces filles plantureuses qui fascinaient tant son cher voisin...

Oserai-je même dire que d'une certaine façon, elle aimerait bien... être à leur place ?

Argh... c'était tellement honteux à avouer ! Et pourtant...

Elle donnerait tout pour qu'il la remarque également, au même titre que toutes ces vaches à lait et...

Raaah que c'était pénible et perturbant, mais sa fierté de femme était en jeu ! Cela vexait qu'Aomine ne s'intéresse pas à son gros bonnet à elle ! C'était presque comme s'il y avait un bug dans la matrice, une anomalie dans le système, qu'elle vivait comme une insulte personnelle !

Pourquoi les autres et pas elle ? Qu'avait-elle de moins ? Oh, pas qu'elle tienne spécialement à faire l'objet des attentions pervers d'Aomine, mais elle n'arrivait pas à expliquer le POURQUOI de ce désintérêt et ça la FRUSTRAIT horriblement ! Plusieurs fois elle s'était posé la question, sans succès, sans jamais oser demander directement au principal intéressé. Trop humiliant. Parce que s'il venait à comprendre qu'elle faisait une fixette sur quelque chose d'aussi trivial, il ne manquerait pas de la taquiner A VIE là-dessus et Momoi ne pouvait donc décemment pas prendre le risque de devenir la proie des moqueries acerbes d'Aomine.

Plusieurs fois également, elle s'était retrouvée nue, face au grand miroir de sa salle de bain, à s'observer sous toutes les coutures, à soupeser ses seins, à mesurer le diamètre de ses mamelons, chaque veine, chaque grain de beauté et chaque pore qui composait la surface rebondie de ses seins. Etait-ce une question de forme, peut-être ? Elle voulait simplement comprendre pour sa poitrine à elle, spécifiquement, ne trouvait pas grâce aux yeux de l'expert auto-proclamé en la matière...

Elle avait la désagréable impression que ses seins n'étaient presque pas assez bien pour Môssieur le Gros Dégoûtant et c'est ainsi que la rose avait commencé à faire une fixette dessus...

Parce que si quelque chose clochait à ce niveau, elle préférerait le savoir... disons que ça pourrait hypothétiquement lui être utile pour la suite de sa vie amoureuse !

Aussi, cet après-midi là, lorsqu'elle reçut deux SMS, le premier venant de Kagami, elle ne prit pas la peine de l'ouvrir tout de suite, choisissant directement le second... dont l'expéditeur n'était autre que celui qui tourmentait ses pensées...

Ce qu'elle vit s'afficher à l'écran la laissa sans voix.

Elle qui était tranquillement en train de faire ses devoirs comme la bonne élève qu'elle était, se redressa d'un seul sur sa chaise de bureau, les yeux presque exorbités par l'effarement !

Horrifiée, elle porta une main à sa bouche.

Non... ce n'était pas possible...

Il y avait forcément une erreur !

Pourquoi lui envoyait-il cela à elle ?

La colère prit rapidement le relais et elle commença à pianoter un message assez salé sur son téléphone. Non mais comment osait-il lui transmettre une photo de sa... Et en gros plan en plus ! C'était sûrement encore l'une de ses blagues de mauvais goût dont seul lui avait le secret ! Bien décidée à lui faire comprendre de quel bois elle se chauffait, elle s'interrompit soudainement.

Attends une seconde...

Ca n'avait pas de sens de se mettre en boule pour si peu, enfin du moins, pas avant d'avoir tiré cette affaire insensée au clair.

« Réfléchis Satsuki... »

Il n'y avait pas le moindre message sous la photo, pourtant, la rose était persuadée qu'elle ne lui était pas destinée. Et puis... il y avait autre chose qui était bizarre : le SMS était groupé ! Sans doute Aomine était-il passé par l'application de tchat qu'ils utilisaient tous pour discuter et prévoir leurs réunions sur Tokyo. Ouais, le connaissant, ça n'étonnerait pas Momoi, le brun avait en effet tendance à toujours aller au plus facile. L'ennui, c'est que s'il avait bien inclus tous les anciens de Teiko dans son envoi (sans doute par erreur...), il avait néanmoins oublié une personne CRUCIALE, puisqu'il s'agissait ni plus ni moins que de son petit-ami, sans doute LE véritable destinataire de cette photo osée !

Oui, c'était l'explication la plus rationnelle.

A moins que...

La rose referma le SMS d'Aomine et elle consulta par curiosité celui de Kagami, étant donné qu'ils étaient arrivés presque en même temps pour ainsi dire. Il y avait donc peut-être un rapport entre les deux, qui expliquerait la source de l'erreur.

… Bon, non, apparemment, aucun lien direct, mais néanmoins, un indice : le rouge les conviait tous à une réunion « de crise » ce soir sur l'appli. Tous, SAUF Aomine. Que s'était-il passé entre eux ? De toute évidence, le rouge souhaitait leur faire part de quelque chose en privé... et pas besoin de sortir de Todai pour savoir que cela concernait sa tendre moitié.

Momoi soupira et alla s'allonger dans son lit, s'accordant une petite pause bien méritée dans ses révisions, dont on pouvait dire qu'Aomine l'avait sauvée. Elle posa son téléphone (rose évidemment), sur la table de chevet et elle fixa le plafond un instant, puis, elle s'autorisa à fermer les yeux un petit moment pour les reposer.

Sauf qu'au lieu de voir apparaître des formules de mathématique dans sa tête, ce fut plutôt un défilé de kikoutes ! Enfin plutôt la seule et unique kikoute de son meilleur ami multipliée par dix ou vingt en terme de nombre.

Soupirant de désarroi, elle attrapa son téléphone et elle ouvrit à nouveau cette photo aux dessins bien mystérieux. Si cela se trouvait... ce n'était pas une erreur, mais bel et bien une omission volontaire que d'exclure Kagami de la boucle. Peut-être en effet le brun attendait-il une sorte de... validation de leur part à tous... ? Et aussi bizarre que cette explication puisse paraître, elle semblait pourtant étonnamment plausible aux yeux de Momoi...

Après tout, c'était de Dai-chan qu'on parlait là...

Et par expérience, elle le savait capable de toutes les excentricités. C'est qu'il avait une façon de réfléchir... peu commune. Propre à lui-même quoi et il n'était pas toujours aisé de le suivre dans ses cheminements (ou plutôt ses errements...) intellectuels, d'ailleurs.

Alors peut-être que tout ça dans le fond, ce n'était pas un hasard mais bel et bien quelque chose de calculé de la part de l'as de Too.

Sans doute était-il à la recherche de gentilles paroles rassurantes à propos de son physique ? Un peu comme elle, finalement...

Les yeux rivés sur son écran comme pour mieux s'imprégner de l'image mentale de cette... bite... Momoi les ferma ensuite et elle laissa son esprit dériver.

Sans s'en rendre compte, elle se mit un peu plus à l'aise dans son lit, remuant doucement en sentant une douce chaleur au creux de ses cuisses, ce qui eut pour effet de faire remonter légèrement sa jupe.

Elle s'imagina ensuite donner libre cours à ses fantaisies bien trop souvent contenues, car Momoi Satsuki était une jeune fille sage... en apparence. Elle n'avait jamais eu de petit-ami, mais cela ne voulait pas dire qu'elle n'y pensait jamais ou qu'elle n'en voulait pas. Et peut-être que prendre un peu plus confiance en elle pourrait l'aider à conquérir Kuroko, qui semblait se désintéresser complètement de ses atouts féminins.

Mouais, non.

Tout compte fait, à qui espérait-elle faire avaler cela... ?

Ca n'avait absolument PAS besoin d'être Kuroko... Elle avait essayé de s'en convaincre pendant des années, mais puisque le fantôme prenait un malin plaisir à la rejeter quand il ne l'ignorait tout simplement pas, autant passer à quelqu'un de plus réceptif à ses charmes... Tant pis pour lui, elle lui avait pourtant largement laissé sa chance ! De toute manière, elle n'aurait sans doute pas trop de mal à en trouver un si elle se mettait vraiment en quête d'un amoureux. Après tout, elle était assez populaire au collège et comptait même de nombreux admirateurs à cette époque. On la surnommait d'ailleurs « La Beauté de Teiko », alors pas de raison que ça ait changé en l'espace d'une toute petite année !

Mais l'heure n'était pas à se trouver un potentiel prétendant digne d'elle.

Non, l'heure était plutôt à se faire du bien... et à se donner du plaisir.

Elle se négligeait trop en ce moment, oubliant de prendre soin d'elle. C'est que le Club de Basket du lycée lui prenait l'essentiel de son temps libre... c'est pourquoi cet après-midi, elle ne s'occuperait que de son bien-être à elle en priorité.

Et puisqu'Aomine n'aimait pas ses seins, elle allait lui prouver (au moins mentalement) à point il avait tort...

La jeune fille se représenta son meilleur ami complètement nu, étendu sur son matelas et à sa merci totale. Pour éviter qu'il ne bouge, elle lui aurait attaché les poignets au préalable à la tête du lit. Oh elle l'entendait bien grogner contre elle, mais elle s'en moquait. Aujourd'hui, c'était elle qui avait le pouvoir et Aomine n'était qu'un instrument dédié à son plaisir personnel. Elle n'écouta donc pas ses complaintes et elle s'installa sur lui, à califourchon et, détail qui a son importance, seulement à moitié dénudée. La moitié supérieure de son corps uniquement. Elle portait encore sa jupe d'écolière et ses collants, même si elle s'était déchaussée.

Aussitôt, elle tourna le dos à son meilleur ami et elle pencha son buste vers lui, salivant abondamment au dessus de cette verge déjà douloureusement tendue. Elle semblait si succulente, mais le but n'était pas de s'étouffer avec, non, non. Alors elle se contenta de le masser un peu à l'aide de la crème pour les mains qu'elle gardait toujours posée sur son chevet. Ses badigeonnant bien les paumes avec, elle entreprit de conférer une belle forme à son jouet et lorsqu'elle fut en satisfaite, elle coinça bien cette hampe de chair délicieuse entre ses deux coussins mammaires bien chauds et moelleux. Puis, elle la fit coulisser entre eux, les tenant bien rapprochés avec ses mains, comme pour tenter de retenir sa proie de s'enfuir.

Brusquement, le brun cessa de se débattre et ses plaintes se transformèrent en gémissements de plaisir. La situation excitait énormément la rose, surtout de savoir qu'elle pouvait aller à son rythme et lui faire tout ce qu'elle désirait. Elle se cambra bien de manière à ce qu'il ne puisse pas voir ses mouvements, continuant à le masser voluptueusement pour commencer, mais très vite, elle s'acharna sur le chibre de son meilleur ami, en l'écrasant plus fort contre sa lourde et volumineuse poitrine. La pression ne devait pas être agréable, pas plus que le rythme imposé d'ailleurs, beaucoup plus lent tout à coup.

« Alors, mes seins ne sont-ils toujours pas à ton goût ? Hein, Dai-chan ? Qu'est-ce que tu en penses maintenant ? »

« Sa... Satsuki... »

« Et bien vas-y je t'écoute ! Je veux t'entendre dire qu'ils sont beaux et que tu les aimes à présent, sinon je te préviens, j'arrête tout... »

Et comme la rose n'était pas du genre patiente, elle cessa son massage sensuel pour lui faire comprendre qu'elle ne plaisantait pas.

Sauf qu'Aomine avait à l'esprit de lui prouver que le plus têtu des deux, c'était bien lui. Et de loin. Alors il profita de la position avantageuse de son amie d'enfance pour plonger sa tête entre ses cuisses et venir mordiller ses lèvres un peu humides à travers le tissu de ses collants fins, puisqu'elle ne portait aucun sous-vêtement.

Prise au dépourvu, Momoi ne put contenir un petit cri de surprise et dans le monde réel, elle s'arqua sur son lit, tandis que ses doigts avaient trouvé le chemin qui menait à sa petite culotte.

Elle n'avait qu'une envie : se venger en le giflant avec ses seins et franchement, il y avait de quoi le mettre K.O. vu son gabarit mammaire digne d'un poids lourd de la boxe ! Cependant, elle se retourna pour lui faire face et le fusiller du regard, mais encore une fois cela ne se déroula pas comme prévu. D'un coup de bassin, il lui fit perdre son équilibre déjà bien précaire et à cause du poids de sa poitrine, elle bascula en avant, sur lui.

Et là, honnêtement, elle ne fit pas la fière, craignant déjà de l'avoir étouffé à mort entre ses deux gros ballons ! Mais elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter car déjà, elle sentait une langue curieuse et chatouilleuse contre son aréole gauche. Momoi se redressa lentement pour essayer d'échapper à la bouche de son meilleur ami, mais celui-ci aspira alors entre ses lèvres la pointe rosée qu'il malmenait un peu plus tôt.

Et déjà qu'elle avait trouvé la friction fort agréable, lui faisant comprendre par la même occasion que sa poitrine était une zone très érogène chez elle, cette fois, Momoi abdiqua complètement. La lycéenne s'abandonna au soins d'Aomine qui mordillait la perle de chair de façon à la faire rougit et gonfler sous ses attentions buccales. C'était tellement bon qu'elle passa possessivement ses bras autour de la tête du joueur de basket, comme pour mieux le gardé blotti contre elle et lui interdire d'arrêter ce qu'il était en train de faire.

« Aaaahh... d-dis-le Dai-chan... Dis que tu aimes mes seins... et qu'ils sont... parfaits comme ça... »

Apparemment, le brun avait réussi à lui filer de sacrés complexes, bien plus profonds qu'elle n'avait pensé de prime abord...

Et pour l'encourager à parler (et ce, bien qu'elle n'ait eu aucune envie qu'il délaisse ses seins pour pouvoir s'exprimer.), elle souleva son bassin et vient le frotter de manière très aguicheuse au sexe toujours érigé de sa proie.

« Hmm... dépêche-toi... allez, reconnais juste qu'ils te plaisent... »

« Evidemment que je les trouve géniaux... » Avoua t-il en haletant. « Mais j'pouvais juste pas te le dire, parce que t'es ma meilleure amie et que je t'ai vue grandir. T'es presque comme une sœur pour moi et ça n'se fait pas d'fantasmer sur sa sœur ! »

Alors c'était ça la vraiment raison ? En tout cas, c'était celle que l'inconscient de Momoi était parvenu à fomenter. Et à bien y réfléchir, c'était la possibilité la plus logique, en effet. Bien-sûr que c'était ça, ça ne pouvait être QUE ça, finalement ! Et quelque part, ça la rassurait de se savoir être... non difforme. C'est qu'elle était venue à en douter, mais plus maintenant. C'était fini...

Mais tout à coup, alors qu'elle s'apprêtait à se laisser aller à un orgasme bien mérité, son téléphone vibra, la faisant sursauter. Elle le prit donc pour regarder qui l'appelait et...

Oh mon Dieu.

C'était AKASHI !

Aka le « Chef des Gremlins », comme aimait le surnommer (jamais en sa présence, bien entendu...) Kagami.

Momoi s'empressa donc de décrocher, essayant tant bien que mal de reprendre son souffle et de paraître « normale » au téléphone. Il ne manquerait plus qu'Akashi s'en rende compte. Et à ceux d'entre vous qui penseraient qu'elle aurait très bien pu esquiver l'appel et se concentrer sur le fait de franchir la ligne d'arrivée du plaisir, c'était bien mal connaître le rouge.

Personne ne dit non à Akashi.

Sous peine de représailles.

Alors, oui, ok, il avait changé et s'était un peu calmé. Mais juste un peu, alors Momoi ne voulait pas tenter le diable.

« A-allô Sei-kun ? »

« Satsuki, est-ce que Daiki est près de toi ? »

Aïe... mauvaise nouvelle : l'utilisation des prénoms ne laissait aucun doute quant à l'état de nerf dans lequel se trouvait très probablement Akashi. C'était toujours un mauvais indicateur pour la suite, lorsqu'il n'appelait pas les gens par leur nom de famille...

« Non, je suppose qu'il doit être chez lui, on n'avait pas d'entraînement aujourd'hui après les cours. »

Calme-toi Satsuki, respire, il ne va pas te manger, ne sois pas ridicule...

« J'espère pour toi que tu n'es pas en train de le couvrir. »

« Oh que non, crois-moi Sei-kun, j'aurai plutôt envie de l'étrangler... » Ou de l'étouffer entre ses seins... « … en ce moment même, oui ! »

« Dans ce cas, tu as du deviner l'objet de mon appel. »

« J'ai bien ma petite idée, oui... Est-ce que ça aurait par hasard un rapport avec le contenu de son dernier mail ? »

« Précisément. Tu comprends donc je l'imagine, l'ampleur de mon désarroi. »

C'était sûr que tout le monde n'allait pas « aussi bien » le prendre qu'elle... Il fallait s'en douter. L'attitude d'Akashi ne la surprenait donc pas, même si elle aurait préféré qu'il l'appelle genre... trente secondes plus tard, le temps qu'elle ait eu son orgasme.

« Je suis présentement en train d'assister à la castration mon précieux cheval et je me dis que finalement, celui qui mériterait de se faire priver ses organes génitaux n'est pas celui des deux qu'on croit. »

« Ah oui... hmm... et bien je... sois assuré que je lui transmettrai le message si d'aventure je le recroisais ce soir. »

Et si vous vous posez la question : non, elle ne le recroisa pas ce soir-là.

En revanche, Aomine fut très surpris de trouver un soutien-gorge en satin rose (de taille impressionnante) dans son casier le lendemain matin. Bien-sûr, il essaya d'en trouver la propriétaire, fantasmant déjà sur son identité potentielle, en arguant qu'il se sentait comme le prince charmant à la recherche de sa Cendrillon, grâce à l'unique pantoufle de vair qu'elle avait oublié lors du bal...

Malheureusement pour lui son sens de la déduction n'était pas aussi aiguisé chez lui que celui de la métaphore.

Ce qui l'empêcha naturellement de comprendre pourquoi Momoi lui fit la gueule pendant tout l'après-midi...


A vrai dire, Akashi Seijuro ne se souvenait même plus comment il était devenu ami avec Aomine Daiki. Pourtant, il éprouvait une certaine considération pour lui, emprunte de sympathie. Sans doute s'étaient-il rapprochés durant leurs années passées au collège de Teiko, au sein du Club de Basketball. En effet, le bleu était leur as et en tant que capitaine, Akashi avait bien était forcé de reconnaître son efficacité presque effrayante sur le terrain. Hélas, il en allait tout autrement dans son parcours scolaire et plusieurs fois, Akashi ainsi que Midorima, en particulier, s'étaient retrouvés à devoir lui dispenser des cours de rattrapage, afin qu'il ne soit pas mis sur la touche par leur entraîneur.

Mais bon, même s'il était ennuyeux de devoir s'évertuer à faire rentrer (parfois aux forceps) un minimum de plomb dans la cervelle d'Aomine Daiki, Akashi reconnaissait que le basané était fort et c'était bien tout ce qui comptait. Le reste n'avait finalement que peu d'importance et disons qu'Akashi saurait s'accommoder du manque de matière de grise de son coéquipier, tant que celui-ci continuait à leur faire gagner des matchs.

En dehors de cela, pas grand chose à signaler sur lui, si ce n'était l'attirance notoire qu'avait Aomine pour les grosses poitrine féminines. Il n'y avait qu'à voir à quel point son casier débordait de ces fameuses revues de mauvais goûts pour le comprendre. Mais une fois encore, cela ne dérangeait pas Akashi outre mesure. Chacun ses petits défauts après tout et justement, tout le monde n'avait pas eu la chance ou les moyens de recevoir une aussi bonne et stricte éducation que la sienne.

En bref, oui, Akashi était un privilégié, mais s'il était né avec une cuillère en OR MASSIF dans la bouche, il n'en demeurait pas moins être un travailleur acharné visant la perfection, rien de moins. Peu de gens parvenaient à le comprendre et encore moins de personnes supporteraient la pression qu'on lui mettait, sans compte celle qu'il s'imposait lui-même. Mais sous ses extérieurs et ses manières raffinés, le rouge était un jeune homme simple au quotidien.

Tiens, par exemple, connaissez-vous sa seconde passion après le basketball ?

Et bien il s'agissait de l'équitation.

Oui, parfaitement, c'est un hobby simple, je n'vois pas où est l'problème ! Ok, ok, l'activité en elle-même était peut-être assimilée aux riches et aux couches les plus aisées de la population, mais Akashi n'en avait cure. Il ne faisait pas du cheval pour répondre à une quelconque obligation de statut, mais bel et bien par plaisir et pour la sensation de liberté que monter lui procurait.

Aussi, quel déchirement pour lui ce fut de devoir prendre la douloureuse décision de faire castrer son étalon, Yukimaru.

Yukimaru était un magnifique cheval blanc comme la neige qui avait la particularité (en plus d'être un pur sang Arabe à 80 %, ce qui était déjà en soi très rare...) de partager la même date de naissance que la sienne. Oh non, il n'était pas allé jusqu'à pousser le vice de naître la même année que l'Empereur, mais cette coïncidence fortuite pesait beaucoup dans l'attachement que le rouge vouait à son précieux canasson.

Mais il n'avait hélas pas d'autre choix que de soulager Yukimaru de son appareil reproducteur, parce qu'en atteignant le noble âge de trois ans, le cheval avait commencé à devenir sacrément désobéissant et c'était un trait de caractère que son maître ne pouvait tolérer. Bien-sûr, il aurait préféré que sa perle des neiges reste entière, mais de toute évidence le jeune étalon souffrait de son célibat imposé.

Grosso modo, il les avait pleines et ne pouvait malheureusement pas les vider.

En cela, cet animal le faisait penser à Aomine.

En effet, lorsque l'Empereur avait rencontré son camarade, celui-ci n'avait pas paru spécialement intéressé par la gent féminine au départ. Mais en gagnant de l'âge hélas, son comportement était devenu déviant et Akashi l'avait attribué à un pic de testostérone mal résorbée.

Or, et malgré le fait qu'Aomine se soit récemment acoquiné de Kagami Taiga, sa surproduction de spermatozoïdes ne semblait pas avoir diminué.

Et la photo qu'Akashi venait de recevoir à l'instant ne faisait que le confirmer.

Le vétérinaire avait justement fait le déplacement aujourd'hui afin de castrer son cheval favori et le cavalier y vit un signe. Il s'empressa donc d'appeler Momoi Satsuki pour que cette dernière lui fasse la commission de sa part et informe Aomine de ce qu'il risquait pour avoir ainsi osé souiller son regard impérial. Parce qu'il était plus que clair que le basané méritait une punition exemplaire pour son outrecuidance !

A vrai dire, Akashi avait également cru à une blague en découvrant le contenu du mail.

Il avait d'abord pensé qu'Aomine se moquait de lui, ayant sans doute appris le sort que le rouge souhaitait réserver à son étalon. Le brun lui aurait alors envoyé par ironie une photo quelconque trouvé sur un internet d'un membre appartenant à l'espèce chevaline.

Sauf qu'à y regarder de plus près, Akashi eut tôt fait de comprendre que ce sexe en érection était celui d'un homme et non celui d'un équidé ! Et puisque la couleur de ce ramage se rapportait à son plumage, le président des élèves de Rakuzan ne tarda pas à identifier avec certitude la propriétaire de cet appendice caverneux.

Mais l'Empereur était un être supérieur, magnanime. Son code d'honneur lui imposait de toujours tirer un coup de semonce à l'attention de ses adversaires, avant de se lancer à l'abordage s'il n'y avait aucune reddition.

En général, les tentatives d'intimidation suffisaient. Mais parfois, comme ici, certains se plaisaient à défier son autorité toute puissante et Aomine Daiki était de ceux-là. Combien de fois avait-il essayé de les faire tourner en bourrique avec plus ou moins de succès, il fallait bien l'admettre, lui et Midorima au collège ? Ils avaient toutes les peines du moindre à le contraindre à venir aux entraînements et pour ce qui était des révisions, le constat se révélait même PIRE. Cependant aujourd'hui, ils n'étaient plus des enfants et le rebelle de la forêt méritait donc un châtiment exemplaire.

« Inoue-sensei, vous n'aurez qu'à me faire quérir par ma servante lorsque vous en aurez terminé avec Yukimaru. »

« Que se passe t-il Akashi-sama, c'est la vue du sang qui vous est insupportable ? » Plaisanta le vieux vétérinaire.

« Au contraire, j'ai bien peur qu'elle n'aiguise mon appétit encore davantage... » Lança t-il énigmatiquement avant de se retirer, laissant derrière lui un soigneur circonspect.

En effet, c'est que le rouge avait déjà fort à faire face à son propre afflux de sang dans une partie bien précise de son corps... Il devait donc s'en débarrasser au plus avant que quelqu'un ne s'en aperçoive. C'est ainsi qu'il traversa l'immense domaine, puis le jardin Japonais pour aller se réfugier dans l'écurie, le tout, sans dévier de sa trajectoire, ni de son objectif principal.

La bonne odeur du foin et de la paille fraîchement coupés lui embauma les poumons et il prit de profondes inspirations afin de se calmer. Lorsqu'il était enfant et qu'il avait besoin de réfléchir ou de s'isoler, il venait souvent se réfugier ici. En général, l'endroit était désert, étant donné que le rouge insistait pour s'occuper lui-même des tâches manuelles de l'écurie. Cela avait un petit côté apaisant, mais surtout, c'était le prétexte parfait pour pouvoir s'adonner... à un autre type d'activité manuelle... Et ce n'était guère de sa faute, n'allez pas croire que l'Empereur avait développé un fantasme malsain pour le crottin de cheval, mais il était surveillé dans ses moindres faits et gestes par son père et ses domestiques, même jusque dans sa propre chambre ! Mais ici, c'était son jardin secret, son espace personnel d'expression, l'endroit où jamais personne n'osait venir le chercher ni même le déranger. Et Akashi l'avait très vite compris. Aussi, lorsqu'il ressentait la nécessité de satisfaire disons... certains besoins... il avait très vite pris l'habitude de venir le faire ici, à l'abri des regards indiscrets.

Tout d'abord, le rouge s'approcha du box de son cheval. Dommage qu'il soit déjà propre du matin même, parce qu'Akashi était persuadé que pouvoir le nettoyer à cet instant lui aurait fait un bien fou ! Ca l'aurait DETENDU en quelque sorte et permis de DECHARGER son trop plein d'énergie dans une activité constructive. Hélas pour lui, sa trop grande méticulosité lui jouait encore une fois des tours pendables... Et Kami-sama, que son pantalon devenait serré ! Il décida donc de l'ouvrir un peu pour se sentir moins comprimé, tandis que ses doigts couraient sur le cuir rugueux d'une selle.

Que lui arrivait-il tout à coup ?

Il ne s'attendait pas à une telle réaction, c'était comme si un feu dévastateur venait de se réveiller au sud... Etait-ce la fatigue accumulée de la semaine ? L'angoisse liée à la castration de son animal de compagnie ? Ou peut-être... la vision de ce sexe d'homme aux proportions plus qu'honorable et gorgé de désir qui l'émoustillait ?

Ca n'avait pas de sens, il lui avait suffi de voir cette maudite photo, qui ne lui était même pas destinée en plus, pour immédiatement sombrer dans les affres de la luxure !

Quoiqu'il en soit, il avait besoin de soulager à présent.

Empoignant sa virilité boursouflée il opta pour s'accorder un moment de répit.

Son imagination vagabonda jusqu'à la cause directe de son état, c'est-à-dire Aomine lui-même. Maudit Daiki... pourquoi fallait-il toujours qu'il le défie ? Ne pouvait-il pas se soumettre bien gentiment à son autorité comme (presque) tous les autres ? Akashi le visualisait à quatre pattes, un mords en métal dans la bouche, tandis que le rouge était assis en amazone sur son dos, tenant bien les rênes.

« Et maintenant avance. Plus vite que ça, sinon je te fouette. »

Et pour lui montrer qu'il ne plaisantait pas, Akashi fit sèchement claquer dans l'air sa cravache neuve.

Mais son pauvre cheval n'en menait pas large, à croire qu'il était bon pour l'abattoir... Il ne marchait même pas droit et en plus, son mouvement inadapté rendait la balade inconfortable.

Akashi descendit donc de sa glorieuse monture à contre cœur.

« Non, non, non, ça ne va pas du tout cette position... Redresse-toi. » Ordonna t-il, ses yeux écarlates se teintant d'une lueur dangereuse.

Mais cette fois, Aomine refusait de bouger. Quoi, il était déjà fatigué après avoir seulement fait trois pas ? Autant dire que cette perspective ne plaisait pas DU TOUT au redoutable empereur.

« J'en ai maté de plus durs, Daiki. Crois-moi, il est dans ton intérêt de coopérer. »

Et face au nouveau refus d'Aomine, le roux n'eut plus le choix : sa cravache siffla dans les airs avant de venir flirter avec le fessier nu de son petit âne Trotro. Bon, ok, « petit », peut-être pas, mais monté comme âne oui, assurément.

S'approchant de lui, il se plaça dans son dos au niveau de ses épaules, le long desquelles il fit courir la partie plane de sa cravache.

« Puisque tu ne veux pas me porter sur son dos, on pourrait essayer tes épaules, qu'en dis-tu ? Ah mais bien entendu tu ne peux pas me répondre... »

Il lui enleva donc le mors et Aomine toussa de la salive avant de venir se masser la mâchoire.

« Bordel de merde Akashi ! Ca fait un mal de chien ton truc ! » Protesta Aomine, décidemment pas fan de la badine.

« Tu es censé t'adresser à moi en m'appelant « Maître », sinon, je me verrai dans l'obligation de te fouetter encore une fois. »

Et en voyant à quel point la fesse d'Aomine était devenue rouge, impossible qu'il ne ressente pas la moindre douleur. Le brun grimaça et se la frotta mais il ne pipa mot. Akashi soupira. Ca avait plutôt tendance à l'arranger d'un côté qu'on soit assez fou (ou inconscient) pour défier son autorité car ça lui donnait carte blanche pour élaborer une sanction mémorable. Mais pour cette fois, il préféra céder temporairement. Il attrapa les rênes de son beau cheval-humanoïde et il le tira.

« Allez viens, allons te faire faire quelques tours de piste. »

Ca allait sûrement les détendre. Tous les deux.

Akashi emmena donc son canasson en ville et il parmi tous les autres propriétaires bienheureux il croisa...

« Tetsuya !? »

Le jeune fantôme était accompagné de sa propre monture, sur les épaules de laquelle il trônait d'ailleurs.

« Bonjour Akashi-kun. Tu promènes Aomine-kun ? »

« Ah oui, il a grand besoin de se dégourdir les sabots comme tu peux le voir... »

Les deux jeunes hommes se toisèrent alors, ainsi que leurs animaux respectifs. Et comme je le rappelle nous nous trouvons toujours dans le fantasme d'Akashi, naturellement, les deux garçons qui tenaient le rôle de chevaux étaient... totalement nus.

« Je vois que tu n'as toujours pas fait castrer Aomine-kun. Quelle hérésie, les hongres sont bien plus dociles que les étalons. » Tacla le sixième joueur de Teiko.

« Mon Daiki est pourtant très obéissant, je puis te l'assurer. » Mentit Akashi, vexé que l'on critique aussi frontalement ses méthodes éducatives.

« Alors comment se fait-il que tu ne te trouves pas sur son dos en ce moment même ? Eprouverais-tu quelques difficultés à le monter ? »

« Mais pas du tout, je le laisse juste se reposer de sa semaine de dur labeur. »

« Ecoute Akashi-kun, j'ai traversé la même phase que toi l'an dernier avec Taiga-kun. Au départ, j'hésitais comme toi mais finalement, je suis ravi de l'avoir fait. Taiga-kun n'a jamais été aussi volontaire et discipliné que depuis que je lui ai fait couper les testicules ! »

Or, Akashi n'était pas dupe, il avait bien remarqué qu'une partie essentielle de l'anatomie du rouge lui manquait. Rouge qui avait d'ailleurs le regard éteint, rien à voir avec le fier étalon qu'il fut jadis et qu'Akashi aurait également pris énormément de plaisir à dompter si jamais... on lui avait confié. Car nul doute qu'entre ses mains expertes, il aurait pu faire quelque chose de Kagami, quelque chose de très grand même, contrairement à cet âne bâté d'Aomine qui était beaucoup trop têtu pour son propre bien.

Cependant, cette rencontre fortuite lui fit réaliser une donnée essentielle qui lui manquait jusqu'alors...

En effet, jusqu'ici, l'Empereur n'avait tenté que la méthode du bâton avec son cher bipède... Mais peut-être était-il temps d'essayer celle de la carotte... ?

Car au fond, tout ce qui comptait, n'était-ce pas le bien-être de son ami à quatre pattes... ? Il lui semblait tout à coup tellement égoïste de le priver de ses attributs masculins son merveilleux pur sang blanc de lignée européenne !

« Hmm... ! »

Brusquement, quelque chose de chaud et de collant gicla dans sa main droite, le sortant de sa torpeur.

Haletant, les pupilles dilatées, Akashi s'essuya la main sur une motte de paille et il s'empressa de se rhabiller, traversant ensuite le jardin à la vitesse d'une fusée, tel un possédé ! Il venait d'avoir LA révélation ! Oui, en pleine séance d'onanisme et alors ? Chacun son truc, on ne juge pas !

Se plantant devant le vétérinaire, il exigea alors que celui-ci s'éloigne de son précieux Yuki-chan.

« J'ai changé d'avis, je ne veux plus le faire stériliser ! » Prévint-il.

S'interposant cette fois physiquement entre son cheval anesthésié et le professionnel de la santé animal pour montrer son sérieux. Il n'était pas encore trop tard, il le savait. Sa petite séance de... détente... n'avait pas pu durer plus de dix minutes et impossible que le Docteur Inoue ait eu le temps de s'occuper de Yukimura pendant ce court laps de temps. Dix minutes, ce n'était même pas suffisant pour que le sédatif fasse entièrement effet !

« Mais Akashi-san... C'est pour son bien... » Essaya vainement de le convaincre le vieux binoclard. « Il souffre d'être ainsi réduit à l'isolement. »

« Et bien je le léguerai à un haras où il pourra vivre en troupeau avec pléthore de juments et de hongres et y couler des jours paisibles jusqu'à sa mort, si je ne peux vraiment plus le monter. Je ne veux que son bonheur et puis un trouver un étalon de cette qualité actuellement est pratiquement impossible au Japon. Je suis certain qu'il sera plus judicieux de le garder entier. » Affirma Akashi tout en caressant tendrement le front de son équidé favori.

De toute façon, des chevaux dociles, il en trouverait bien et en posséderait bien d'autres. Ce n'était pas un problème pour lui, après tout, dès qu'on a de l'argent on peut tout acheter avec. En tout cas pour Akashi, c'était décidé : il enverrait son pur sang dès demain dans un des haras les plus prestigieux de la région pour reproduction et passerait le voir pour s'assurer de son épanouissement dès qu'il aurait un moment de libre.

Et c'est ainsi que sans le savoir, Aomine fut à l'origine du sauvetage des glorieuses couilles de Yukimaru « Prince » Von Aegir Stahffel 1er du nom.

Aussi, lorsque le jeune homme reçut par la poste un mystérieux colis contenant … un mors en métal destiné à l'équitation, il en resta pour le moins circonspect... Bon, il avait bien une petite idée de son utilité, mais pas sûr que Kagami apprécie qu'il le teste sur lui... Mais, on ne sait jamais, ça valait quand même le coup de demander !


« Ok tout le monde, cinq minutes de pause ! Beau travail ! »

Kise allait attraper sa bouteille d'eau pour pouvoir se rafraîchir lorsque le directeur de la photographie l'attrapa le premier. Lui hein, pas sa bouteille.

« Takamaki-san ? »

« Ecoute Kise-kun, je sais que tu es encore jeune, tu es d'ailleurs le plus jeune sur le plateau aujourd'hui... » Et en guise de « plateau » l'homme à la casquette voulait bien entendu parler de la plage de sable blanc sur laquelle le blond prenait la pose aujourd'hui. « … mais... il va falloir faire mieux que ça... »

« Comment cela ? »

Kise cligna des yeux, pas certain de comprendre ce qu'on attendait précisément de lui. Il était pourtant certain de poser comme d'habitude, comme on le lui avait appris et surtout comme il avait vu des centaines d'autres mannequins le faire sur les pages glacées des magazines de mode. Et puis, sans vouloir se vanter, le blond avait commencé le mannequinat dès le collège, il commençait donc à bien connaître et maîtriser son métier !

« Et bien... » Reprit Takamaki, un peu gêné. « Tu poses pour une nouvelle collection de maillots de bain et le directeur commercial de la marque a été catégorique à ce sujet : il veut quelque chose de sexy et de provocateur. Tu es très beau, bien-sûr, mais j'ai bien peur que ça ne suffise pas cette fois. »

Alors là... ce fut la douche froide ! C'était bien la PREMIERE FOIS que Kise entendait une chose pareille ! Lui, pas sexy ? C'était presque... insultant ! A tel point qu'il en resta coï, ce qui constituait un petit exploit en soi pour la pipelette blonde. Mais franchement, il ne savait pas quoi répondre sur le coup. C'était tellement soudain... Et Takamaki crut bon d'en rajouter une couche, comme si cela était nécessaire...

« Je veux dire... tu ne poses pas pour un de ces magazines pour midinettes dont tu as l'habitude... Le public cible est... différent. Il va falloir que tu t'adaptes, et rapidement, parce que là, en l'état, je ne peux absolument pas proposer tes clichés au directeur de la marque. C'est bien trop décevant... et même si ce n'est pas entièrement de ta faute, j'aurai du me douter que tu étais trop jeune pour cette campagne, quand on t'a recommandé à moi... »

Wow ça faisait mais genre, tellement MAL d'entendre ça ! Dire que Kise attendait tellement de ce shooting photo ! Son agent lui avait SURVENDU la séance en lui martelant que c'était l'occasion parfaite d'entrer dans la cour des grands ! Sauf que voilà, apparemment, il ne faisait pas l'affaire... et le joueur vedette de Kaijo n'avait pas pour habitude de jeter l'éponge, mais... il voyait mal comment devenir « sexy » en juste cinq minutes ! C'est qu'il avait beaucoup travaillé pour gagner cette image lisse de gendre idéal auprès des parents des jeunes adolescentes qui constituaient l'essentiel de sa fanbase... Et là, c'était comme si on lui demandait de tout effacer pour repartir de zéro. Sauf que Kise avait beau être plein de ressources, là, il se sentait aussi peu inspiré que piégé par le temps !

La boule au ventre et se sentant particulièrement vexé, il dissimula cependant ses états d'âme derrière un sourire de façade et il s'éloigna un instant pour aller... se rafraîchir et... réfléchir tranquillement à un moyen de redresser la situation. Attrapant machinalement son téléphone afin de faire quelques recherches sur Internet à propos de la marque – qui sait, cela pourrait lui donner quelques idées de ce qu'ils souhaitaient grâce à de précédentes publicités... - sa tentative de renseignements s'en trouva prématurément avortée, lorsqu'il remarqua qu'il avait reçu un mail... d'Aominecchi.

Bizarre.

Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? Il était rare en effet que le basané passe par ce biais pour le contacter.

Mais bon, sur le coup, Kise n'y vit pas le moindre mal, au contraire, il avait bien besoin de réconfort, alors il se précipita pour l'ouvrir.

Aussitôt fait, un énorme chibre chocolaté tout gainé de veines lui sauta pratiquement à la tronche. Ou plutôt : « Et soudain, une kékette sauvage apparaît ! » comme le dirait son petit neveu de sept ans. Mais en parlant d'un Pokemon, hein...

Kise ne put s'empêcher de loucher sur l'engin, pour la science, évidemment ! Mais... il devait bien admettre qu'il en avait rarement vu d'aussi... gros. Ca méritait donc, selon lui, le coup d'oeil. Un tout petit et innocent coup d'oeil un tantinet appuyé, évidemment. Rien de sale. Rien de suspect. Et surtout rien... d'excitant... ni même de... tendancieux. D'ailleurs, ça n'était pas du tout en train de lui filer une érection monumentale...

Et flûte ! Lui qui était justement dans un short(Y) de bain tellement minuscule qu'il peinait à lui couvrir plus d'une seule fesse, ça allait être coton de cacher ça. Hmm... mais peut-être avait-il encore le temps d'aller se « soulager » ni vu ni connu derrière un rocher, juste avant que la séance ne reprenne et...

« Tout le monde à son poste ! On y retourne, la pause est terminé. »

Flûte.

De.

Flûte.

Et rien à voir avec la forme phallique de l'instrument. Quoique, si, peut-être un peu quand même. Kise essaya de se calmer, inspirant et expirant profondément. Après tout, il était mannequin PROFESSIONNEL et les érections impromptues composaient le lot quotidien des mannequins, non ? Malheureusement, ce n'était pas la croix qu'il avait choisi de porter.

Mais ce qui l'inquiétait réellement était que la seconde partie de la séance devait se dérouler avec toute une équipe de natation masculine, qui avait spécialement fait le déplacement depuis Iwatobi pour l'occasion. Apparemment, cela aurait à voir avec le fait que la marque souhaitait également se donner une image plus « pro »... m'enfin, ça n'arrangeait pas du tout Kise ! Car même si le blond était également attiré par la demoiselles, celles-ci lui faisaient en général moins d'effet que les hommes, sans doute parce qu'il était moins habitué à poser avec ses comparses masculins...

« Reste calme Ryota, tout va bien se passer. Tu n'auras qu'à penser à un truc vraiment laid comme par exemple... un vilain-mille pattes géant tout poilu ! » Murmura t-il dans sa barbe fraîchement rasée, dans le but d'essayer de se dégoûter.

Et cela sembla fonctionner... environ... dix secondes.

Jusqu'à ce qu'il voit passer l'une des armoires à glace qui composait l'équipe de natation...

Un mec carré et musclé, exactement comme Kise les préférait.

Raaaah maudite soit cette séance ! Son honneur et son avenir en tant que mannequin étaient sur la sellette. Et s'il se loupait sur un aussi gros contrat publicitaire, il pouvait dire adieu aux suivants ! Secouant la tête, il tenta de se ressaisir. Tout ça, c'était de la faute d'Aominecchi ! Comme d'habitude, avait-il presque envie de dire... En effet, le brun avait la fâcheuse tendance à lui attirer toutes sortes de problèmes depuis le collège et Kise ne comptait plus le nombre d'heures de colle qu'il avait récoltées à cause d'Aomine ! Car non, ce n'était jamais de la faute du joueur de Kaijo ! Lui, ne faisait que suivre le grand basané dans ses délires borderlines ! Comme par exemple le concours de branlette improvisé sous la paillasse du cours de SVT en quatrième... Le tout, à la discrétion du professeur, bien évidemment. (se faire choper en flagrant délit ne comptait pas...)

« Kise-chan, tu viens ? » Demanda le grand brun aux yeux clairs... Sousuke c'est ça ?

Bon, ils étaient tous en position, alignés en rang d'oignon, du plus grand au plus petit. Quelle discipline ! Ca laissait rêveur... HEU NON, qu'est-ce qu'il racontait comme conneries, déjà ? Bref... Kise prit une dernière bouffée d'oxygène et il s'empressa d'aller les rejoindre, parce que le jeune homme comptait bien ne plus respirer jusqu'à la fin du shooting. C'était le meilleur moyen de (tomber dans les pommes.) ne pas bouger et... ne rien faire de terrible. Et puis, s'il manquait d'air, peut-être que son érection allait retomber plus vite ? Bon, par contre, le violet ne lui allait pas du tout au teint, mais c'était la seule solution à peu près viable que le blond était parvenu à trouver en si peu de temps.

Faisant vaguement comme si de rien n'était, bien qu'il tira au moins trois fois sur son shorty (dans l'espoir de cacher un tant soit peu la misère) pendant les quelques mètres qui le séparaient du reste de l'équipe, Kise se plaça devant les autres garçons, tous presque aussi grands que lui. Bon, ça allait, tant qu'il restait dos à eux, ils ne pouvaient rien voir de son émoi...

… L'objectif photo, en revanche, c'était une autre histoire...

Et dès qu'il réalisa le regard circonspect que posa le photographe sur lui, le blondin s'empressa de se retourner vers les garçons pour poser de manière à dissimuler son GROS problème, qui tendait le maillot de bain comme un piquet de tente !

Hélas, entre la peste et le choléra, son choix final ne s'avéra pas forcément plus judicieux.

« Kise, il faut que tu regardes par ici et tiens-toi droit ! On ne vois pas assez le logo de la marque sinon ! » Le houspilla ce vieux briscard de Takamaki.

C'était un cauchemar ! Si ça continuait ainsi, tout le monde allait voir son érection en page double d'un magazine porno et il deviendrait alors la risée du mannequinat !

Mais soudainement le châtain du groupe, peut-être le plus baraqué (Makoto ?), se colla à la chute de reins de Kise et il lui murmura : « Ne t'en fais pas Kise-chan, on va super bien s'occuper de toi. On mourrait tous d'envie de poser avec toi, nous sommes tes plus grands fans... »

Et vu ce qu'il sentait contre ses fesses, Kise pu bien comprendre toute l'adulation dont il était l'objet malgré lui ! Or, ce serait mentir que de dire qu'il y était insensible. Il ferma donc les yeux et décida de se laisser aller. Après tout, tant pis. Si les photos n'étaient pas bonnes, Takamaki trouverait quelqu'un d'autre pour le remplacer et puis voilà, ce n'était pas un drame ! Oui, voilà, il devait tenter de relativiser au maximum son futur échec et...

C'est alors que brusquement, cela fit « tilt » dans sa charmante tête blonde :

Cet homme ne lui avait-il pas dit que son client recherchait justement du « sexy » ?

Et bien Kise allait lui en donner !

L'ancien joueur de Teiko adopta des positions plus aguicheuses les unes que les autres, celles qui mettaient le plus en valeur son petit boule tout moulé dans son shorty, ainsi que l'avant de celui-ci, bien évidemment ! Le genre de positions qu'il avait déjà vues dans les magazines de lingerie qu'apportait souvent Aomine au collège. Finalement, ce n'était pas si différent de poser pour des sous-vêtements ou des maillots de bain ! Ni pour quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs ! Le principe restait le même : donner envie au client d'acheter. Or, comme le répétait souvent son pépé : « On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. »

Et pour achever de se rendre le plus désirable possible, Kise s'imagina Aomine à la place de tous ces garçons. Que des Aomine, plein d'Aomine rien que pour lui. L'un d'eux le prit dans ses bras, l'autre l'éclaboussa, le blond riait il était heureux et épanoui de se sentir ainsi désiré ! Oh, pas que les nageurs ne lui plaisent pas, bien au contraire, mais c'était Aomine le responsable de son état, alors Kise tenait à lui rendre hommage à son manière. Des Aomine... nus. Tous à ses pieds. Qu'est-ce qu'il aimerait que cette grande crapule lui lèche les petons, d'ailleurs... Il commencerait par le haut du pied, sa langue s'attardant longuement entre chaque doigts, avant de finir par lui en chatouiller la plante. Et peu importe s'ils étaient à la plage, peu importe si Aomine avalait du sable... Kise s'en moquait bien et il trouvait même ça étrangement sensuel.

Son sexe le tirait si douloureusement que son prochain fantasme fut en accord avec cette sensation proéminente.

Un Aomine lui saisirait les hanches et Kise se cambrerait vers son bassin pour lustrer discrèèèèètement l'entrejambe de son agresseur avec ses deux rondeurs bien fermes. Il entendrait l'as de Too lâcher un gémissement de surprise et la langue de l'Aomine qui s'occupait de son pied remonterait alors le long de sa jambe galbée. A ce moment-là, son maillot de bain deviendrait trop encombrant et pas que le sien d'ailleurs...

Kise se sentait de plus en plus comprimé dans le minuscule morceau de tissu pas assez élastique pour contenir toute sa... fougueuse jeunesse ? Et à ce stade, il se contre balançait que tout le Japon puisse avoir un aperçu de sa virilité dans un magazine, qu'il soit people ou publicitaire ! De toute façon, c'était la faute d'Aominecchi, Kise n'aurait donc qu'à lui mettre toute sa faute sur le dos !

« Tu nous donnes tellement chaud Kise-chan ! » Gloussa celui au sourire de requin, Rin, apparemment.

Les positions que Kise et les autres garçons prenaient semblaient avoir échappé à tout contrôle à présent et surtout, à eux-mêmes. Ils n'étaient plus que luxure, suivants l'impulsion du blond hypnotique. Même le directeur de la photo ne faisait plus le moindre commentaire ni pour donner des indications, ni pour critiquer. Les flashs crépitaient, Kise se sentait mitraillé... comme s'il s'agissait en réalité de coups de butoir. Jamais il n'avait ressenti une telle effervescence sur aucun plateau auparavant.

Pour la première fois de sa vie peut-être, Kise se sentait réellement désiré. Au sens purement sexuel du terme et c'était étrangement... grisant. Très plaisant. Pour parler franchement, ça valait même le coup d'écorner un peu son image trop lisse en se livrant complètement et en devenant la proie des objectifs les plus libidineux du marché. Le blond se sentait enfin fier de son corps, chose qui ne lui était pas encore arrivée jusqu'alors. Certes, il se savait beau et désirable, en parfaite condition physique, mais il y avait une étincelle de luxure qui brûlait dans tous ces regards braqués sur lui. C'était une sensation dévorante, presque intrusive, mais terriblement jouissive surtout. Un sentiment de puissance auquel Kise pourrait rapidement devenir dépendant.

« Bravo Kise-kun ! C'est ça qu'on veut voir ! De la PASSION débridée ! Et c'est ça qu'on attendait de toi ! Encore, encore, refais-moi ce sourire coquin ! Joue avec l'objectif, séduis-le ! » L'encourageait le directeur.

A la fin de la journée, le blond avait bronzé sans même s'en rendre compte et lorsque Takamaki le convoqua pour venir voir les clichés réalisés, Kise sentit son cœur s'emballer plus que de raison. D'un côté, il était impatient de voir le résultat, ce qui le sortit un peu de sa transe, mais de l'autre, il appréhendait d'être allé un peu trop loin en multipliant les poses un peu trop... adultes, pour parler de manière euphémique. Sauf qu'à sa grande surprise, les clichés avaient tous un certain cachet, suggestifs bien sûr, mais sans être vulgaires. Takamaki n'avait du conserver sur les plus... inoffensifs. Mais n'était-ce pas à cela qu'on reconnaissait un grand photographe justement ? A sa façon de capter l'essence de son modèle et de le mettre en valeur. Pour le coup, c'était réussi, le résultat était épatant !

« Je t'enverrai également par mail les autres clichés plus... enfin... ceux que je ne peux pas transmettre à la marque pour des raisons... évidentes. » Lui glissa l'homme d'âge mûr, une fois à l'abri des regards indiscrets.

Kise sentit aussitôt ses oreilles chauffer et ses joues s'empourprer.

« Nul doute que le président de la marque va être très content de ta prestation légendaire en tout cas ! »

Mine de rien, Kise ressentait une forme de fierté, comme s'il avait franchi un cap ou un palier dans sa jeune carrière. Et cette progression fulgurante, il la devait à Aomine...

« Kise-chan, tu viens te changer avec nous ? » Demanda Haruka en venant le chercher.

Et vu les regards libidineux à peine voilés lancés par ses équipiers, Kise devina quel sort tous ces beaux garçons lui réservaient... Ce qui, en toute honnêteté, n'était pas pour lui déplaire, loin de là. Il avait même plutôt hâte de s'abandonner à leurs bras musclés.

Et encore une fois, la partie de jambes en l'air mémorable qui suivit, il la dût à Aomine...

Or, Kise n'aimait pas se sentir redevable, aussi décida t-il de payer sa dette envers le brun en lui faisant parvenir un petit cadeau... personnel.

Une photo de lui dédicacée. De lui à moitié nu, évidemment.

Accompagnée d'un petit mot : « Grâce à toi Aominecchi, j'ai participé à mon premier gang bang et c'était génial, merci encore ! »

….

Information dont se serait bien passé Aomine, pour parler en toute franchise...

Parce que... ce que Kise faisait avec son cul, le basané n'en avait cure ! Cependant, il ignorait à quoi il avait échappé de justesse : l'envoi de son shorty de bain « usagé » après ledit gang bang...

Comme quoi, au final, Aomine était peut-être plus chanceux qu'il ne le croyait de prime abord...