Coucou à toutes ! Je vous avais promis des OS en attendant ma fic à chapitre, voici le premier.
Mais d'abord, réponse aux review anonymes de mon dernier chapitre, si jamais vous passez par là.
Pat :
Merci pour ta review, j'écris certes des histoires d'amour, mais ce n'est en général pas la trame « principale ». Ce qui m'intéresse quand j'écris c'est comment ils vont se mettre ensemble, pas quand ils le sont déjà, même si je comprends ton sentiment.
Roseblanche :
Merci à toi pour tous ces compliments qui me touche beaucoup, je suis ravie que cela t'ait plu, j'espère te retrouver sur d'autres histoires qui je l'espère, te plairont aussi. Je regrette aussi que ce soit fini, mais il le fallait bien ! Merci aussi pour tes review !
Apfeltorte :
Haha, je suis ravie que ça te plaise. Oui, je pense que c'était évident pour Rosalie, mais c'est parce qu'elle connaît bien Bella ! Je pense que tu apprécieras le chapitre final.
Merci à Kaname20 pour l'idée de cet OS. Elle m'a demandé une Bella avec un sens en moins, c'est ce que vous allez découvrir.
Cette histoire n'a été relue que par moi, si jamais il reste des fautes et des tournures de phrases, je m'en excuse, je suis vigilante, mais je ne vois pas tout !
J'ai aussi un compte instagram où sera mis l'image de cet OS. C'est gwen . who (sans les espaces)
Bonne lecture !
-Putain de merde, je rage en me cognant dans le coin de mon lit.
Je me penche pour tâtonner avec ma main et trouver ce qui me gène. Je contourne le lit en faisant bien attention de ne pas me cogner dans la commode ou la chambranle de la porte qui sépare ma chambre du séjour. Il me faut encore du temps avant de m'habituer à mon nouveau chez moi, je n'y habite que depuis une semaine, mais c'est quelque peu compliqué de débarquer dans un nouvel endroit, avec une nouvelle disposition des pièces et des meubles lorsqu'on ne voit rien. Ce qui est mon cas.
Je suis aveugle depuis ma naissance, mes yeux fonctionnent mais l'information électrique ne parvient pas jusqu'à mes cortex visuel, c'est donc le noir complet. Je m'y suis faite, non, en fait, je n'ai pas eu besoin de m'y faire puisque je n'ai jamais connu autre chose. Je sais me déplacer avec une canne, j'aurais bien aimé avoir un chien mais je n'ai jamais osé faire les démarches pour. Je veux dire, je pense qu'ils sont plus utile aux personnes qui ont perdu la vue au cours de leur vie ou pour les personnes qui se sentent plus seules. Ce n'est pas mon cas, je veux dire, j'ai un boulot que j'aime bien, c'est pas le plus fun, mais j'aime ce que je fais. Je suis traductrice en braille. Je traduis des livres écrits normalement, en braille, ça perd un peu en attractivité depuis l'avènement des livres audios, mais j'ai toujours mon travail.
Et puis, j'ai de super amis, en tête il y a Emmett que je connais depuis l'école et aussi Rosalie. J'ai jamais pu les voir, mais je sais exactement à quoi ils ressemblent, merci à eux deux pour leur description très détaillée, parfois, trop. Lorsque j'avais demandé à Emmett si je pouvais toucher son visage pour le voir, nous étions en CE2 et il avait rigolé. Depuis ce jour là, il est comme mon frère. J'ai rencontré Rosalie à la fac, pas que nous étions dans la même section, mais j'avais fait tomber mes écouteurs et je n'arrivais pas à les retrouver, elle m'a aidé et de fil en aiguille, nous sommes devenues amies et elle sort avec Emmett.
La première fois que les deux s'étaient rencontrés, ça avait été explosif mais tellement drôle. Je ne vois peut-être pas, mais j'arrive à bien déterminer les intonations dans la voix. Ils se sont plu au premier regard, les entendre me fait toujours rire. D'après mon ami, Rosalie est la plus belle fille qu'il ait jamais vu et d'après ce que j'ai touché, je confirme qu'elle est magnifique. Avec ses longs cheveux, naturellement ondulés et toujours doux. J'ai de la chance que mon amie aime qu'on lui touche les cheveux. Mais surtout, elle est d'une gentillesse incroyable, au début, elle marchait un peu sur des œufs avec moi, mais elle ne m'a jamais traité de manière différente à cause de mon manque de vue.
Mais je m'égare. Je continue mon chemin jusqu'à la porte d'entrée, où je récupère ma canne et où je vérifie que j'ai bien tout dans mon sac et dans mes poches. J'enfile une petite veste avant de quitter mon appartement et de refermer la porte derrière moi. Je me dirige jusque vers l'ascenseur sans ma canne tout en rangeant mes clés dans une petite poche de mon sac.
C'est ma première erreur, je devrais le savoir, faire deux choses à la fois c'est avoir la certitude de mal les faire, me répétait mon grand-père, j'aurais dû l'écouter. Surtout que marcher sans y voir et ne pas prêter attention à mon environnement est une mauvaise idée, très mauvaise idée. C'est comme ça que je me retrouve à me cogner dans quelque chose, ou plutôt quelqu'un vu le râle de mécontentement que j'entends.
-Vous ne pouviez pas regarder où vous alliez ? Aboie une voix masculine.
Une voix qui pourrait être agréable, voir même séduisante si elle était moins agressive.
-Je ne vous ai pas vu, je lui réponds avec un sourire. Rigolant intérieurement à ma propre blague.
-Ça vous fait sourire ? Me demande l'inconnu. Vous trouvez ça drôle de foncer dans les personnes ?
J'essaye de tourner mon visage vers lui, je ne suis pas certaine d'y arriver, mais tant pis. N'empêche qu'il est gonflé celui là ! Si il avait voulu éviter la collision, il aurait pu le faire, puisque lui, au contraire de moi, voit !
-Je veux bien m'excuser, je commence, cependant, vous aussi, vous me devez des excuses. Puisque vous aussi, vous ne regardiez pas où vous alliez, probablement sur votre téléphone ou autre, je suppose, alors qu'il s'apprête à m'interrompre.
-Ouais, c'est ça, faites gaffe la prochaine fois, me dit-il alors que je l'entends s'éloigner.
-Levez les yeux aussi, je lance tout en reprenant le trajet jusqu'à l'ascenseur.
Je n'entends pas sa réponse alors que je m'engouffre dans l'appareil, mais une porte claque un peu plus fortement que nécessaire. Génial, cet inconnu est mon voisin. Une fois sortie de l'immeuble, je déplie ma canne et je mets un écouteur avec un plan de la ville. Je ne suis pas encore totalement familière avec le trajet jusqu'à mon travail. Mais l'avantage que j'ai par rapport à l'appartement que je partageais avec Rosalie, c'est qu'avec le mien, je peux me rendre au travail à pied, sans avoir besoin de prendre le métro qui s'avère un cauchemars en heure de pointe. Mais, j'avais pris l'habitude.
Je passe la journée à taper en braille tout en écoutant la version audio du livre. J'ai appris à taper assez rapidement depuis le temps, même si il m'arrive de devoir réécouter un passage, ou de chercher les touches.
C'est fatiguée que je sors du bureau et que je reprends le chemin de mon chez moi. C'est la première fois que je vis seule alors que j'ai 26 ans, j'ai vécu avec ma mère, puis avec mon père et ensuite avec Emmett et Rosalie s'est ensuite jointe à nous. Mais ces derniers étant fiancés, c'était normal que je prenne mon indépendance. Rosalie et Emmett ne m'ont pas foutu à la porte, loin de là, mais je ne voulais pas les embêter plus longtemps. Dans quelques mois, ils seront mariés et auront ensuite envie de fonder une famille, je ne voulais pas être un poids ou un frein à leur vie de couple.
Et j'ai trouvé mon appart, on peut dire que j'avais eu un coup de coeur pour lui, il était situé près de mon travail, pas très loin de chez mes amis et assez proche d'un super marché, que demander de mieux ? Et surtout, il était pile dans mes prix pour le loyer !
J'avais donc appris par coeur la disposition des pièces et des meubles, ce qui n'empêche pas que je me cogne encore dedans, mais ça va venir. J'avais plusieurs fois fait le trajet entre l'immeuble et le travail ou jusqu'à l'ancienne coloc ou le supermarché, accompagnée par Rosalie et Emmett. Rosalie, qui est ingénieure, m'avait développé un programme sur mon téléphone pour qu'il enregistre les différents trajets et me guide selon ma position. Un outil incroyable, qui a bien changé ma vie. J'en avais déjà un avant, mais il était beaucoup moins performant.
Avec le développement des technologies et des reconnaissances vocales, ma vie est devenue plus simple et je peux affirmer que c'est un peu plus facile à vivre aujourd'hui, qu'il y a 30 ans, c'est certains. Même si cela reste une énorme contrainte. La « chance » que j'ai eu, c'est que je n'ai jamais connu que ça. Mon téléphone me permet de savoir de quelle couleurs sont mes vêtements et grâce à la liste que m'a faite Rosalie, je peux deviner si mon haut est assorti à mon bas. C'est des trucs tout bêtes, très simples pour les personnes voyantes, mais ça ne l'est pas pour moi.
Une fois dans l'immeuble, je fais bien attention aux bruits qui m'entoure avant de replier ma canne. Une fois sur mon pallier, je croise les doigts pour ne pas croiser mon voisin, le même que ce matin. Et même si il a été désagréable, au moins, il ne marchait pas sur des œufs avec moi, je doute même qu'il se soit rendu compte de mon handicap, ce qui me va très bien finalement.
Je referme la porte derrière moi sans avoir croisé l'inconnu et je me débarrasse de ma veste que je suspend sur le porte manteau situé à côté de la porte. Je laisse mes clés dans la serrure, ce qui a l'avantage de m'éviter de les chercher et surtout, si j'ai besoin de sortir rapidement, je sais où elles sont. Je pose mon sac sur le comptoir de la cuisine tout en récupérant mon téléphone. Je me dirige d'un pas presque assuré vers ma chambre où je mets mon téléphone en charge avant de retourner dans la cuisine pour me faire réchauffer un reste de gratin de courgette. J'adore ça.
Après avoir manger, je prends une douche avant de m'installer sur mon lit pour lire un moment. Je passe ma journée avec des livres, on pourrait croire que je voudrais faire autre chose une fois chez moi, mais j'aime la lecture, même si c'est avec mes doigts et non pas avec mes yeux. Soudain, mon téléphone qui est toujours en train de chargé, sonne à côté de moi. A la sonnerie Bare Necessities (Il en faut peut pour être heureux), je reconnais que c'est Emmett qui m'appelle.
-Allo Em ? Je réponds après avoir débranché mon téléphone.
-Belly ! Comment ça va ? Tu as combien de bleus ? Demande mon ami avec un sourire dans la voix, même si j'entends une pointe d'inquiétude.
-Pas beaucoup, je le rassure. Je me suis cognée contre mon lit ce matin, mais je n'ai pas mal alors, je ne pense pas que j'en ai un. Et puis, ce n'est pas comme si je pouvais le voir, je lui rétorque en rigolant.
-Bien envoyé Belly Beans, ricane Emmett à son tour. Sinon, ça se passe bien, tes voisins sont sympas ? Si ils ne le sont pas, tu me le dis, je viendrais les terroriser.
-Emmett, tu ne ferais pas de mal à une mouche, c'est même le contraire !
-Ou je pourrais les jeter tête la première dans un feu, m'ignore Em.
-Mais oui, fait donc cela, j'ironise.
Emmett est un grand gaillard, tout en muscle et pompier de profession. Il a une assez grosse voix mais les gamins l'adorent et il y a quelque chose quand il sourit, il a des fossettes. Il sourit souvent et ses fossettes sont adorables, je les ai touché ! Et Rosalie me les a bien sûr décrit en long, en large et en travers au début de sa relation avec mon meilleur ami.
-Oh ça va, ronchonne Em, si quelqu'un te faisait du mal, je serais capable de devenir très méchant, tu le sais !
-Bien sûr Emmy Bear, mais même si je n'ai rencontré qu'un seul voisin pas vraiment sympathique, je lui ai rentré dedans, soit dit en passant, je ne pense pas qu'il soit méchant, je lui explique.
-C'est pas une raison ! Non mais ! Ronchonne-t-il encore plus.
-Sinon, tu appelais pour une raison particulière ? Je lui demande.
-Tu n'as pas oublié que samedi, on fête nos fiançailles avec Rose. Je voulais savoir si tu voulais que l'un de nous vienne te chercher chez toi, ou si tu viendrais toute seule ?
-Em, vous faites ça chez vous, je connais le chemin, je viendrais toute seule comme une grande, ce serait vraiment gaspiller du temps si l'un de vous deux venait jusque chez moi, pour repartir ensuite chez vous.
-Okay, mais on voulait être certain que ça irait pour toi.
-Je sais, je lui réponds.
Parce que c'est le cas. Je sais qu'ils ne font pas ça parce qu'ils me pensent incapable de faire le trajet, non, ils font ça parce qu'ils s'inquiètent, parce qu'ils tiennent à moi, et moi aussi, je tiens à eux. Ils sont ma deuxième famille.
-Sinon, des mésaventures amusantes à me raconter sur les habitants de cette bonne ville de Boston ? Je l'interroge.
-Il y a encore ce monsieur qui nous a appelé pour son chat, il était encore coincé dans un arbre, c'est la deuxième fois en mmmh… en 10 jours, ricane Emmett. Ce monsieur essaye de laver son chat plusieurs fois par semaine et comme tu t'en doute, le pauvre animal n'apprécie pas alors il s'enfuit et grimpe sur un arbre mais il est incapable d'en descendre tout seul, rigole mon ami et je fais la même chose.
-Je parie que tu lui as dit de laisser ce pauvre animal en paix, je rigole.
-Bien sûr que je l'ai fait, c'est qu'il a de sacré griffe ce matou !
-Bien sûr qu'il en a, je me moque. Au moins, ça te fait une anecdote.
-Bien sûr, même si je vais devoir expliquer à Rosie d'où viennent ces griffures, un vrai petit fauve ! Il ne se laissait pas faire, mais il était mignon avec ses grands yeux verts.
-Tu vas demander à Rose pour en avoir un, n'est ce pas ? Je ricane.
-Comment t'as su ? Me demande Em.
-Pas à moi, je te connais pratiquement depuis toujours, je sais comment tu réagis ou comment tu penses. Tu es un vrai livre ouvert mon cher, je le taquine. Mais je supposais simplement, maintenant, j'en ai la certitude.
-Oh la vilaine, tu prêches le faux pour savoir le vrai, c'est pas bien ce que tu fais ! Me sermonne faussement le grand gaillard.
-J'ai jamais prétendu être sage, je lui rétorque. Sinon, ta fiancée n'est pas encore rentrée ? Je lui demande.
-Nope, elle travaille tard en ce moment, elle est sur un gros projet. Elle a rien voulu me dire, mais elle doit rendre le final dans pas longtemps et de cette façon, elle pourra vraiment profiter de son week-end.
-Tu n'es pas de garde toi ? Je l'interroge.
-Nope, j'ai échangé avec un collègue, je bosse lundi à la place. Ça ne gêne pas Jasper.
-Tant mieux, vous allez pouvoir vous reposer dimanche, même si ce n'est pas un gros truc que vous faites samedi.
-Exactement. Tu voulais parler avec Rose ?
-Seulement pour savoir ce que je dois porter samedi, elle me l'a déjà dit, mais j'ai déjà oublié, je lui dis.
-Je lui ferais passer le mot, elle t'enverra un message.
-Tu es un amour, je lui réponds. Bon, il commence à se faire tard et on doit se lever demain. Embrasse Rosalie pour moi. A samedi Em.
-A samedi Belly, dit Emmett avant de raccrocher.
Je remets mon téléphone en charge avant de récupérer mon livre que j'avais posé sur mon lit, à côté de moi. Je marque la page et je le pose sur la table de chevet avant de m'allonger pour dormir.
Toute la semaine se fut la même chose, je croisais mon voisin désagréable, mais pas tant que ça, le matin quand je partais au travail et lui rentrait chez lui. Je pouvais l'entendre sortir de l'ascenseur alors tous les matins, je le saluais et il me répondait en retour. Fort heureusement, je veillais toujours à bien ranger mes clés dans mon sac avant de commencer à marcher, ne voulant pas reproduire l'incident du début de semaine, cela aurait été fâcheux. Je ne sais pas si il a deviné que je ne le vois pas, il n'a fait aucune remarque et son ton est tout juste poli, mais très souvent fatigué. Il doit sans doute travailler de nuit.
En ce vendredi matin, je suis assez guillerette, c'est le dernier jour de la semaine avant un week-end bien mérité et surtout avant la soirée de fiançailles de Rose et Emmett. Je range mes clés alors que j'entends le ding dong de l'ascenseur et des pas étouffés par la moquette. Je relève la tête en direction de mon voisin.
-Bonjour, je lui lance.
-Bonjour, me répond-t-il. Tiens, il a l'air plus fatigué aujourd'hui, mais j'imagine que la semaine a été longue pour tout le monde. Non, Alice, ce n'est pas à toi que je dis bonjour, reprend mon voisin et je le devine au téléphone. Ma voisine me dit bonjour, je lui réponds, dit-il. Oui, je viens tout juste de rentrer chez moi, je suis dans le couloir, en fait…. Poursuit-il alors que j'entends des bruits de clés. Ne voulant pas me montrer indiscrète, je marche un peu plus vite que d'habitude pour quitter le couloir.
C'est étrange, je ne devrais pas me laisser perturber par la voix de mon voisin, même si elle est séduisante mais ce n'était pas la première fois qu'une personne a une belle voix. Ça doit être parce que je ne le connais pas, je me console.
La journée a été longue et harassante, seulement ponctuée par une réunions sur les prochains livres à traduire et je ne suis pas mécontente d'enfin rentrer chez moi.
Et enfin la fête en l'honneur de Rose et Emmett arriva ! Après avoir fait la grasse matinée, je me suis levée et j'ai vaqué à mes occupation en faisant un peu de ménage. Puis lorsque mon alarme que j'avais programmé sonna, je pris une douche et je me changeai pour enfiler la robe que Rosalie m'avait aidé à choisir.
La matière est douce et légère, bien que je n'ai aucune idée à quoi elle ressemble, mais Rosalie avait vivement approuvé cette robe, bleu pale. Elle descend tout en fluidité jusqu'à mes genoux et c'est agréable, je me sens belle dans cette robe.
Pour la coiffure, je laisse mes cheveux dans mon dos, bien contente qu'ils ondulent naturellement, même si c'est plus désordonné que les cheveux de Rosalie. Je prends une mèche de chaque côté de mon visage que je tresse avant de les attacher ensemble à l'arrière. Je me rends un peu plus tôt que prévu, Rosalie m'a promis de me maquiller un peu et toute seule, le seul truc que je sais mettre, c'est du mascara, mais j'ai envie d'un peu plus aujourd'hui, surtout pour faire plaisir à mes deux meilleurs amis.
Je fais le trajet un peu plus lentement que d'habitude à cause de mes chaussures, qui comporte des talons un peu plus haut que ce que j'ai l'habitude de porter, mais je suis contente, je n'ai pas vraiment beaucoup d'occasion de m'apprêter ainsi.
Lorsque j'arrive chez Emmett et Rosalie, ça me fait étrange de devoir sonner alors que j'ai vécu ici pendant plusieurs années, pendant 8 ans. C'est Rosalie qui ouvre la porte, j'entends ses talons qui résonne sur le sol et son pas est plus léger que celui d'Em.
-Oh Bella, je suis contente de te voir ! S'exclame Rose.
-Moi aussi Rose ! Je lui dis alors qu'elle m'entraîne dans une étreinte.
-Tu feras attention Bella, on a dû modifier l'agencement des meubles pour la soirée, mais les canapés ont été poussé contre les murs et la table ne se trouve plus dans le coin comme d'habitude mais un peu plus en avant, m'explique ma meilleure amie alors que je la suis.
-Ça va, vous n'avez pas trop changé, je devrais pouvoir me repérer, je lui réponds.
-Bon, je m'occupe de ton maquillage avant que tout le monde n'arrive. Tu veux quelque chose de naturel ? Me demande mon amie alors que je la suis dans la chambre qu'elle partage avec Emmett, ce qui n'a pas changé.
-A ton avis ? Je lui rétorque avec un sourire alors que je tâtonne pour trouver le tabouret et m'asseoir.
-Je préfère demander, rigole Rose. J'aime beaucoup ce que tu as fait à tes cheveux, me dit-elle alors qu'elle m'applique une crème hydratante avant de s'occuper de mon teint.
-C'est gentil et toi, qu'est ce que tu as fait aux tiens ?
-Je les ai simplement bouclés un peu plus que d'ordinaire, je n'avais pas envie de me casser la tête dans une coiffure trop compliqué.
-Tu as raison, tes cheveux sont tellement beaux quand tu les as sur le dos, je lui réponds.
-Tu ne peux pas le savoir, se moque Rosalie.
-Oh que si, si Emmett était du genre à écrire des poèmes, il aurait écrit des dizaines d'ode, rien que sur tes cheveux et en plus, je les touche et je sens qu'ils sont beaux !
-Si tu le dis, répond Rose avec un sourire dans la voix, je peux l'entendre.
-Sinon, Emmett m'a dit que tu étais sur un gros projet au boulot, tu l'as terminé ? Je l'interroge.
-Oui, j'y ai mis la touche final hier soir, même si je dois le présenter lundi mais je suis satisfaite, ça valait le coup de faire des heures supplémentaires. Et toi, ça se passe bien au boulot et dans ton nouvel immeuble ? J'ai pas eu le temps de te le demander. Em m'a dit que tu avais un voisin pas très agréable ?
-Non, enfin, c'était lundi. Depuis, je l'ai croisé tous les matins et il n'est pas si désagréable, mais pour sa défense, je ne faisais pas attention et lui non plus et nous nous sommes rentrés dedans mais depuis il est courtois.
-A ton avis, jeune ou vieux ? Me demande Rosalie avec un brin de malice dans la voix.
-Mmmh, peut-être la trentaine, il ne paraît pas beaucoup plus vieux que nous, pourquoi cette question ? Je lui demande alors que je ferme les yeux l'entendant grabotter dans ses pinceaux à maquillage.
-Par curiosité, répond Rose. Tu sembles prête à le défendre.
-Ne dis pas n'importe quoi, je rectifie simplement ce que j'ai dit.
-Mais oui, ricane la blonde. Ne bouge pas tes yeux, dit-elle alors qu'elle est penchée au dessus de moi à appliquer de l'ombre à paupière.
-De quel couleur est l'ombre à paupières ? Je l'interroge.
-Marron-dorée, répond Rose. Ça va faire ressortir tes yeux tout en restant discret.
-Merci, je lui dis en tendant ma main pour trouver son bras où j'exerce une légère pression.
-Avec plaisir Bella, en plus, je ne veux pas que ma demoiselle d'honneur soit fâchée contre moi si je ne respecte pas ses choix !
-Ta demoiselle d'honneur ? Je m'étrangle presque. Oh, c'est tellement gentil, je lui dis alors qu'elle pose son pinceau pour m'enlacer.
-Je sais bien que tu connais Emmett depuis plus longtemps que moi, mais il accepté que je te pique à lui, et il demandera à Jacob pour être son témoin, me confie Rosalie alors que nous nous détachons l'une de l'autre.
Elle s'occupe de mon deuxième œil alors que nous continuons de papoter. Emmett vient nous voir et me taquine, sans oublier de me faire un compliment. Je tends mon bras pour le « voir » à mon tour et j'en profite pour creuser avec mes doigts ses fossettes alors qu'il sourit.
Les invités de mes deux amis arrivent peu de temps après et la soirée est agréable et les gens sympathique. Je m'amuse assez et je ne ressens presque pas mon handicap et les personnes en face de moi ne me font aucune remarque, ce qui est génial.
Ce qui l'est moins en revanche, c'est que quelqu'un a fait tomber soit un gilet, soit un pull du canapé et que personne ne l'a vu, ce qui est moins génial, c'est que puisque je connais l'appartement et que j''arrive à me localiser avec le bruit, je ne me sers pas de ma canne, alors je ne remarque pas le gilet ou le pull par terre et je me prends les pieds dedans, je me sens tomber et dans ma chute, je me cogne contre le pied du canapé.
Putain ma tête ! Je me suis étalée de ton mon long sur le sol, j'en ai conscience et ma tête mais aussi mon bras me font mal.
-Bella, Bella ! J'entends Emmett et Rose qui s'affolent et qui viennent vers moi.
-Qui est le crétin qui n'a pas ramassé son gilet ? Demande sèchement Rosalie.
-Tout va bien me demande Emmett, plein d'inquiétude.
-J'ai mal à ma tête et à mon bras gauche, je l'informe alors que je tente de me redresser pour m'asseoir mais même si je suis entourée par le noir en permanence, je sens ma tête qui tourne et qui bourdonne. Je ramène mon bras près de mon torse alors que je le soutiens grâce à mon bras droit.
-N'essaye pas trop de bouger, m'indique Emmett. Ton bras est peut-être cassé et tu as sans doute une commotion. Tu as la tête qui tourne ? Me demande-t-il.
-Un peu, je lui avoue, alors que j'entends des murmures autour de nous tandis que Rose met tout le monde dehors.
-Je suis désolée de gâcher votre fête, je lui dis piteusement.
-C'est pas ta faute Belly, c'est la faute au crétin qui a laissé son putain de gilet par terre.
-J'ai appelé les pompiers, nous dit Rosalie. Ils ne devraient pas tarder.
-Non, enfin, c'est pas la peine, je lui dis alors que je sens toujours que ça tourne autour de moi, et que la douleur ne fait que devenir plus forte dans mon bras.
-Si Bella, il faut que tu passes une radio pour ton bras et probablement un scanner pour ta tête.
Je gémis en entendant ce qu'il me dit. Je sais qu'il a raison, mais c'est embarrassant. C'était leur moment à eux et moi j'ai tout gâché avec ma stupide cécité. Je n'ai pas besoin de me voir alors que je sens mes joues qui chauffent de honte et d'embarras.
-Je suis tellement désolée, je leur dis doucement.
-C'est pas ta faute, me dit gentillement Rosalie tout en me caressant doucement les cheveux, ce qui m'apaise un peu.
Au loin nous parviennent déjà les sirènes de l'ambulance. Emmett se lève pour aller les accueillir alors que Rose reste avec moi.
-Qu'est ce qu'il se passe ? Demande le pompier d'une voix calme.
-Je me suis prise les pieds dans un gilet, j'explique, et je suis tombée en me cognant la tête contre le pied du canapé et puis contre le sol. J'ai essayé d'amortir ma chute avec mon bras, mais ça n'a pas vraiment fonctionné, je continue alors que je tiens toujours mon bras douloureux contre moi.
-Elle a probablement une commotion, renchérit Emmett. Et elle a besoin d'une radio pour son bras.
-Je sais Em, je connais aussi mon métier, lui répond le pompier alors que je l'entends qu'il s'approche.
-Elle est comme ma sœur, je m'inquiète, se défend mon meilleur ami.
-Je comprends mais là, tu es son ami, pas un pompier, laisse moi faire. Mmmh, vous allez devoir suivre la lumière me dit le pompier alors que j'entends un clic.
-Ça va être compliqué, je lui avoue. Je suis aveugle.
-Effectivement. Je vais demander à mon collègue d'apporter le brancard, dit-il après m'avoir prit ma tension et poser quelques questions. Et on va vous amener aux urgences pour qu'ils vous fassent plus d'examens, d'accord ?
-J'ai pas trop choix, de toute façon, je lui rétorque alors que le bourdonnement dans ma tête se calme enfin. Ça tourne toujours, mais un peu moins qu'avant.
Je n'ai pas envie de vomir, c'est déjà ça, je me console. Le pompier et son collègue me mettent sur le brancard alors que je tends le bras droit pour récupérer mon sac avec tout mes papiers et ma canne, que Rosalie me tend.
-Je monte avec vous, déclare Em. C'est non négociable Jasper, dit-il au pompier.
-Je vous retrouve là bas, rajoute Rosalie alors que je suis montée dans l'ambulance.
Tout au long du trajet, Emmett me tient la main alors que le pompier, Jasper, me pose des questions pour voir si je reste cohérente et pour éviter que je ne m'endorme. Ce ne serait pas bon, si c'était le cas.
-Pas vraiment la soirée de fiançailles de tes rêves ? Demande Jasper à Emmett.
-Tout allait bien… Je trouve l'abruti qui a laissé son gilet par terre et je l'encastre, menace Emmett.
-Calme toi Em, je lui dis. Il n'y a pas mort d'homme.
-Non, mais tu es blessée ! Et tu as une sale mine.
-Tu sais parler aux femmes, j'ironise alors qu'un nid de poule sur la route me fait grimacer puisque mon bras meurtri sursaute contre mon torse. Vous m'emmenez où au fait ? Je demande à Jasper. J'ai pas écouté quand vous l'avez dit plus tôt.
-Au Massachussets General Hospital, répond le pompier, visiblement amusé par ma répartie à Emmett.
Et ce n'est rien comparé à quand je suis en forme.
-Vous êtes sûre que vous ne voulez pas un cachet pour la douleur ? Me demande le pompier.
J'ai refusé plus tôt pour garder les idées claires et surtout parce que je n'aime pas prendre de médicaments. Je ne suis pas de celle qui pense qu'ils ne servent à rien, bien au contraire, mais je n'aime juste pas en prendre, pas quand je peux éviter en tout cas.
-Non, de toute façon, ils vont sûrement m'en donner à l'hôpital et de cette manière leur diagnostic sera plus efficace que si je suis abrutie par un médoc.
-On arrive dans deux minutes, annonce le pompier qui conduit.
-Vous avez entendu ça ?
-Ouais, je suis aveugle, pas sourde, je lui lance.
-C'est ce qu'il me semblait, ricane le pompier.
L'arrivée aux urgences est très bruyante, ça ne l'est pas tout de suite lorsque les portes de l'ambulance s'ouvrent, ça le devient alors qu'on me sort du véhicule alors que je suis toujours allongée sur le brancard. Jasper et son collègue font en sorte que je ne sois pas trop secouée pour préserver mon bras et je leur en suis très reconnaissante. J'entends Em qui saute de l'ambulance et après un brouhaha m'entoure alors que les deux pompiers poussent le brancard et qu'un médecin doit sans doute pas tarder.
-Qu'est ce qu'on a ? Demande une voix qui me semble familière mais c'est difficile à dire avec tout ce bruit.
Au moins dans l'ambulance, le bruit était atténué et même la sirène hurlante n'agressait pas autant mes tympans. Manquerait plus que je devienne sourde. Je sais que j'exagère un peu, voire même beaucoup, mais avec mon mal de tête, ça n'arrange rien.
-Bella Swan, 26 ans. Elle a fait une chute et s'est cognée la tête avec suspicion de commotion, bien que ses pupilles soient réactives à la lumière. Elle est aussi tombée sur son bras gauche avec un risque de fracture, énonce Jasper. Sa tension est bonne et elle est cohérente.
-Bien, Bella, je suis le Dr Edward Cullen, c'est moi qui vais vous prendre en charge, il dit alors que je suis transférée du brancard vers un lit d'hôpital, comme si je ne pouvais pas tenir debout !
-Mmmh, on se connaît ? Je lui demande. Nous sommes voisins ?
-Vous êtes bien cohérente, confirme le docteur. Nous sommes bien voisin, dit il alors qu'il me prend le bras et qu'il le touche.
Je grimace parce que j'ai mal alors qu'il le tord un peu, je suppose que ça fait partie de l'examen, mais c'est pas agréable ce truc.
Des pas s'éloignent et je suppose que les deux pompiers repartent alors que j'entends toujours Emmett respirer à côté de moi.
-C'est grave doc ? Demande d'ailleurs mon meilleur ami.
-Je vais devoir vous faire passer un scan cérébral et une radio pour votre bras, répond le Dr Cullen. Mais sinon vous me sembler aller plutôt bien. Mais avant, veuillez signer l'autorisation, et certifier que vous n'êtes pas enceinte. Le scanner et la radiographie émettent des rayons X, ce qui pourrait être nocif si vous êtes enceinte.
-Hum, non, je ne le suis pas, je réponds. Emmett, tu veux bien me dire lire cette feuille ? Je l'interroge. Ça ira plus vite que si je prends mon téléphone.
-Bien sûr Bells.
-Désolé de demander mais j'ai peur de ne pas comprendre, pourquoi vous auriez besoin de votre téléphone ? Demande le médecin.
-Je suis aveugle, je lui explique, alors si vous avez la même feuille en braille, ça m'irait aussi, mais je doute que vous ayez ça en stock, j'ironise.
-J'ai pas ça en stock, plaisante le médecin.
Emmett me lit rapidement l'attestation et m'indique où je dois signer avant que je ne rende le papier à Edward Cullen.
-Bien, un brancardier va venir vous chercher pour vous amener faire vos examens, je reviendrai vous voir quand j'aurais vos résultats.
-Très bien, je lui dis.
Le docteur repart sans doute toute de suite après que je lui ai tendu l'attestation signée. J'entends des pas rapides qui se rapprochent de plus en plus.
-Alors Bella ? Tout va bien ? Tu as vu un médecin ? S'inquiète Rosalie.
-Ça va, je lui réponds. Le médecin vient de repartir et je dois passer quelques examens, mais ça va, je la rassure.
-Il a quand même dit que tu avais une fracture et une commotion, intervient Emmett.
-Probablement, c'est pour ça qu'il veut que je passe des examens, je rétorque alors que je me repose sur lit d'hôpital.
Je ne sais pas si c'est le choc à la tête ou le contre coup, mais je me sens plus fatiguée maintenant que plus tôt. C'est sans doute aussi lié au bruit des urgences. Heureusement, un brancardier arrive rapidement pour me faire passer en priorité un scanner. Emmett et Rosalie doivent rester dans la salle d'attente, ce qui n'enchante pas mon meilleur ami, et il ressemble d'avantage à un papa poule qu'à un meilleur ami mais c'est pour ça que je l'aime.
Tout de suite après, je passe la radio pour mon bras avant d'être ramenée dans un box des urgences, où Rosalie et Emmett me rejoignent. Nous discutons un peu avant que le Dr Cullen ne reviennent avec les résultats.
-Alors doc ? Demande Emmett.
-Vous n'avez pas de commotion, annonce le docteur. Ce qui est une bonne nouvelle, cependant vous avez une double fracture au niveau de votre avant bras, une au radius et une autre sur l'ulna. Par chance, encore une fois, nous n'avons pas besoin de vous opérer pour vous mettre des broches. Donc, vous porterez juste un plâtre pendant 3 semaines puis vous reviendrais dans trois semaines et nous en mettrons un moins volumineux.
-Il n'y a pas besoin de prendre des précautions particulières pour son choc à la tête ? Demande Rosalie.
-Idéalement, il faudrait que quelqu'un reste avec elle cette nuit, au cas où mais les risques sont infimes.
-Vous savez quand même que vous parlez de moi ? Je demande en secouant la main droite pour leur prouver que je suis toujours là.
-Oui, pardon Bella, s'excuse Rose. Tu restes dormir à la maison ce soir.
-Quoi ? Non, mais j'ai déjà assez perturbé votre soirée comme ça, c'est votre soirée de fiançailles, vous devriez faire ce que font les couples, pas vous occuper de moi.
-Votre amie a raison, intervient Edward. Ce serait plus prudent. Sinon, si vous voulez vraiment rentrer chez vous, je passerai vous voir au moins une fois.
-Quoi ? Comment ça ? Demande Rose.
-Ah oui, tu as loupé ce passage, lui indique son fiancé. Le doc est le voisin de Bella.
-Le voisin ? Demande Rose avec un drôle d'intonation dans la voix.
-Finalement, je vais aller chez mes amis, ce n'est pas que je n'ai pas confiance en vous, mais depuis hier, vous avez une voix fatiguée et je veux bien que ce soit votre job, mais une fois chez vous, vous méritez d'être tranquille.
-Très bien, dans ce cas, on va venir vous chercher pour vous poser le plâtre et vous pourrez rentrer chez vos amis.
Mon cas n'étant plus préoccupant, j'attends plus longtemps pour me faire plâtrer mais deux heures plus tard, je sors en compagnie de mes amis. L'air s'est rafraîchie et Emmett me guide jusqu'à la voiture où Rosalie met le chauffage, ce qui me réchauffe grandement. On passe rapidement par chez moi pour récupérer des affaires pour la nuit et nous rentrons à l'ancienne coloc. Je ne doute pas que ce soit un vrai bazars et ça m'embête de donner du boulot en plus à Rose et Em, ils ont autre chose à faire que de me babysitter.
Je retrouve mon ancienne chambre que le couple a transformé en chambre d'amis. C'est étrangement familier et aussi nouveau et déconcertant. Je ne m'attarde pas sur ce sentiment et je me prépare pour dormir, mais pas facile d'enfiler un haut de pyjama alors que j'ai un plâtre qui englobe mon coude et emprisonne mon bras en positon plié. J'y arrive enfin, non sans mal mais sans l'aide de Rosalie. Je me couche et j'essaye de repenser à cette journée qui avait pourtant si bien commencer.
Je suis intriguée aussi par le Dr Cullen, mon voisin. Je comprends maintenant pourquoi il était désagréable lorsque nous sommes rentrés en collision, mais il a été gentil et prévenant. Mais l'est il avec tous ses patients ou juste moi parce que je suis aveugle ?
J'ai toujours refusé que mon handicap me définisse mais pourtant, c'est la première chose dont les gens se rendent compte et invariablement leur comportement change. Comme si j'étais une pauvre chose fragile ou une victime. Je suis une victime de la vie, mais comme tout le monde au final. Qu'il me manque un sens ou non, ça ne me définit pas, ça ne définit pas mes capacités intellectuelles, je ne suis pas plus bête qu'une autre. Oui, je ne peux pas faire certaines choses et d'autres me sont plus compliquées et alors ?
Toute la nuit, j'ai entendu Emmett ou Rosalie qui venait voir si j'allais bien, l'avantage en étant aveugle c'est qu'ils ont pu laisser la lumière allumée et peuvent donc me voir parfaitement. L'autre avantage, c'est que je n'ai pas besoin de lumière alors mes factures d'électricité ne sont pas élevées. Je sais que c'est un brin cynique mais je préfère voir le bon côté des choses et en général quand je dis ça, il y a toujours une personne qui semble choquée. Je suis aveugle mais de toute façon, c'est métaphorique !
Le dimanche, Rose et Emmett insistent pour que je passe une partie de la journée avec eux, et c'est agréable de passer du temps avec eux. Mais je ne suis pas mécontente quand je rentre enfin chez moi. Ça va être un peu compliqué les prochaines semaines à cause de mon plâtre mais heureusement, je suis droitière alors ça va.
Le lundi matin, je ne croise pas Edward et sans savoir pourquoi, je me sens un peu déçue, pourtant je ne le connais pas. Mais j'aurais aimé le remercier pour samedi, et de s'être montré gentil. C'est son travail, je le sais bien, mais n'empêche que je suis déjà tombée sur des médecin moins sympas.
La journée du lundi est monotone sauf que je suis plus lente pour faire mon travail, heureusement que ma cheffe, Tanya est compréhensible et elle adapte mon emploi du temps, surtout que je lui ai donné mon certificat médical.
Je rentre exténuée de ma journée mais contente de pouvoir continuer de travailler. Mes parents m'ont tous les deux appelés pour prendre de mes nouvelles dimanche, parce que Emmett voulait que je les prévienne. Ils étaient inquiets mais je leur ai assuré que j'allais bien, et il ne m'ont cru qu'une fois qu'Emmett a pu leur confirmer. Comme si j'allais mentir pour les rassurer. Bon, c'est déjà arrivé, mais une seule fois !
Le mardi matin, alors que je ferme ma porte, j'entends des pas et je suis un peu étonnée et effrayée à l'idée que je puisse reconnaître les pas d'Edward.
-Bonjour, je lance alors que j'essaye de mettre mes clé dans mon sac et que j'y prends ma canne.
-Bonjour Bella, comment allez vous ? Me demande-t-il.
-Ça va bien, je lui réponds en essayant d'orienter ma tête en sa direction, je sais que ça peut être perturbant pour mon interlocuteur si je ne le fais pas. Et vous ? Je demande à mon tour.
-Je vais bien, vous n'avez pas de mal de tête ? Votre bras vous lance-t-il ? M'interroge le jeune homme.
-Tout va bien, je suis plus solide que j'en ai l'air, je lance en ricanant. Je voulais aussi vous dire merci pour samedi.
-Je n'ai fait que mon travail, répond le médecin modestement.
-Quand même.
-Hum… Je veux m'excuser pour mon comportement avec vous, la semaine passée.
-Non, ne le faite pas ! Je m'exclame. En fait, c'est vrai que vous aviez l'air un peu d'un abruti, je dis en rigolant et je suis contente qu'il ricane aussi. Mais au moins, vous vous êtes comporté comme avec n'importe qui. Bien souvent les gens me perçoivent différemment parce que je ne vois pas, mais c'est pas agréable.
-Je comprends, mais je m'excuse d'avoir été un abruti, j'avais eu une longue garde et vous aviez raison, je ne regardais pas où j'allais.
-Voilà un point de régler !
-Sinon, vos amis me regardaient bizarrement quand vous avez dit que nous étions voisins.
-Hum… Oui, je leur ai parlé du voisin qu'il m'était rentré dedans, je lui explique tout en sentant mes joues s'échauffer.
-Ah, voilà pourquoi !
-Et j'ai aussi mentionné que vous aviez une belle voix, je ne peux m'empêcher d'ajouter.
-Ah bon ? S'étonne le médecin.
-Oui, enfin, je ne vois pas mais j'entends. Vous devais être plutôt jeune, mais plus de 28 ans si vous êtes médecin, mais la voix en général s'accorde avec le physique de la personne ou sa personnalité.
-Vous êtes douée, commente le médecin. J'ai 29 ans.
-Oh, oui, j'étais pas loin, je souris. Mmh, désolée, je dois vraiment y aller si je ne veux pas arriver en retard au travail, je m'excuse alors que j'ai pris quelques minutes pour discuter avec mon voisin.
-Oh, désolé, je ne voulais pas vous retenir. Mmh, dites, ça vous direz de… mmh dîner avec moi un de ces jours ? Me demande Edward. Je ne veux pas paraître insistant ou psychopathe mais ça me plairait d'apprendre à vous connaître.
-Moi aussi, j'aimerais bien, je lui dis. Je peux vous donner ma réponse demain ? Je l'interroge. Comprenez que j'ai besoin d'y réfléchir même si un dîner ça n'engage à rien, je lui explique.
-Bien sûr, aucun soucis ! Répond Edward, compréhensif.
J'y ai réfléchi toute la journée et j'ai même appelé Rose pour avoir son avis. Selon elle, Edward paraît digne de confiance, au moins pour un dîner. Alors le lendemain, lorsque je le croise, je lui dis oui. Je sens que je vais passer un bon moment et c'est le cas, j'apprends à connaître un peu plus mon charmant voisin qui s'avère plein d'humour et fin lecteur. Et nos dîners deviennent régulier, jusqu'à ce que nous posons des mots sur ce qu'il se passe. Nous sortons ensemble. Et Emmett en bon grand frère, tout comme Rosalie lui font passer un interrogatoire digne du FBI, qu'il réussi. C'est donc ensemble que nous nous rendons au mariage de Rosalie et Emmett. Et je ne suis pas tombée !
Je suis aveugle, mais l'amour n'a pas d'yeux alors ce n'est pas bien grave, n'est ce pas ?
Voilà, j'espère que cela vous aura plu. N'hésitez pas à laisser un petit mot.
Si vous aussi vous voulez lire une situation particulière, un évènements particuliers ou même un couple, n'hésitez pas à demander, je serais ravie d'écrire un OS dessus.
Amicalement,
Gwen who.
8/05/2020
