Disclaimer : Harry Potter et son univers ne m'appartiennent pas, je ne gagne aucun argent à traduire cette fanfiction, seule cette traduction est mienne, tout ça tout ça. Les passages en italiques sont soit des pensées des personnages, soit marquent l'emphase sur un mot ou un groupe de mots.
Ceci est donc une traduction de l'OS de Lomonaaeren, "Outrages so hideous" ( s/13342558/1/Outrages-So-Hideous ), qui lui appartient. Je n'ai pas sa permission de la publier, je la retirerai donc si elle me le demande. L'histoire se déroule des années après la fin du septième tome. Attention, univers un peu sombre, mentions de violences.
Des outrages si hideux.
« Le meurtre en série peut, en fait, être un phénomène bien plus vieux que nous ne le croyons. Les histoires et les légendes, qui se sont réduites aux sorcières, aux loups-garous et aux vampires, ont peut-être été une façon d'expliquer des outrages si affreux que personne dans les villages très soudés d'Europe et de la jeune Amérique ne pouvait comprendre les perversités que nous tenons aujourd'hui pour acquises. Les monstres devaient absolument être des créatures super-naturelles. Ils ne pouvaient pas être comme nous. » John Douglas, Mindhunter : Inside the FBI's Elite Serial Crime Unit.
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Harry savait que ses parents seraient déçus de lui. Sirius. Dumbledore. Hermione, surtout. Snape hocherait peut-être la tête de satisfaction d'avoir bien deviné, mais le Gryffondor ne le pensait pas. Rien de ce dont il suspectait Harry n'avait quelque chose à voir avec ça, après tout.
Pourtant, ils ne pouvaient pas être plus déçus de Harry qu'il ne l'était de lui-même.
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- Ils croient vraiment que toutes ces morts sont connectées ?, demanda Ron en levant les yeux du livre de Potions qu'il lisait à la recherche de nouvelles idées.
George semblait se contenter de lui confier cette tâche, dernièrement, peut-être parce que la dernière fois qu'il avait brassé une potion expérimentale à la maison, petit Fred s'en était mêlé et avait été malade pour le reste de la journée. George n'allait rien faire qui pouvait mettre la vie d'enfants en danger.
- Oui, confirma Hermione en lançant un regard noir à la Gazette, le teint verdâtre. Mais d'un autre côté, ils n'ont que le fait que tous les morts sont d'anciens Mangemorts ou des collaborateurs de Voldemort pour les relier. Toutes les victimes sont mortes de façons différentes.
Elle déglutit et leva les yeux vers Ron par-dessus le journal. Ses yeux qui étaient injectés de sang, remarqua le roux avec mécontentement.
- Ombrage… a explosé, reprit la brune. Mais Lucius Malfoy est mort d'une crise cardiaque dans son sommeil, et Ignatus Parkinson s'est étouffé dans son vomi, et Cornelius Fudge…
- Ouais, grimaça Ron.
La mort de Fudge s'était produite juste avant qu'il ne démissionne de son poste d'Auror pour aider George dans sa boutique, il avait dû voir le corps, et il avait été un peu impliqué dans l'affaire. L'ancien Ministre avait l'air d'avoir été mis en pièces par une bête géante. Son corps était vraiment en trois morceaux presque de même taille, et ses intestins et ses organes paraient toutes les décorations de la pièce. Ron n'allait pas oublier de sitôt la vue du cœur de Fudge reposant dans un délicat plat en cristal probablement utilisé pour des bonbons sur un comptoir.
- Donc il pourrait n'y avoir qu'un seul tueur, mais pourquoi les tuerait-il tous d'une façon différente ?, interrogea-t-elle en rassemblant ses cheveux en arrière d'une main tandis que l'autre ne lâchait pas la Gazette.
Le roux se leva et contourna le canapé, pour masser gentiment ses épaules, ne répondant que lorsqu'il sentit un peu de tension relâcher ses muscles.
- Parce qu'il ne veut pas être attrapé ?, proposa-t-il, la réponse lui semblant évidente.
- C'est le problème, Ron ! J'ai lu plusieurs livres moldus sur les tueurs en série…
- Évidemment, intervint le rouquin en se penchant pour déposer un baiser dans la courbure de son cou.
Il obtint un petit sourire, mais Hermione ne renonça pas pour autant :
- Tais-toi Ron, c'est sérieux. Les tueurs en série moldus peuvent changer quelques trucs dans leur façon de tuer, mais pas tout. Normalement, il y a un bout de la scène de crime qui doit rester identique pour qu'ils puissent en tirer de la satisfaction. Et s'ils n'en tiraient pas une certaine satisfaction, ils ne continueraient pas à tuer, non ?
- Non, c'est logique, dut admettre Ron en secouant la tête.
- Donc.
Hermione braqua de nouveau son regard lugubre sur le journal. Le rouquin détourna soigneusement son propre regard. Il ne voulait pas de nouveau voir l'explosion qui avait arraché le ventre d'Ombrage et l'avait laissée, morte, répandue dans l'Atrium du Ministère.
- Où est la signature ici ?, poursuivit la jeune femme. Qu'est-ce qui doit rester identique ? J'ai l'impression que rien n'est pareil. Certaines victimes meurent dans leur sommeil, d'autre violemment, et Ombrage est même morte en public, sans personne à proximité. Je n'ai pas la moindre idée de ce qui se passe.
- Et y es-tu obligée ?, s'enquit Ron. Je veux dire, tu m'as aussi dit que tous ces tueurs moldus dérapent à un moment ou à un autre. Tu n'es pas une Auror. Tu n'as pas à les attraper.
- « L'attraper », corrigea Hermione d'un air absent. Presque tous les tueurs sont des hommes. Peut-être que je n'y suis pas obligée, Ron, mais je veux le faire. Je veux que le monde soit sûr de nouveau. Et ce n'est pas comme ça que nous allons guérir les blessures de la guerre, peu importe ce que pense cet homme.
- Eh bien, il devient de plus en plus audacieux, j'ai l'impression, fit remarquer le rouquin en récupérant le journal et le pliant de façon à ne pas voir la photo. Ce qui veut dire qu'il prend plus de risques. Il va devenir négligent, et ils l'attraperont.
Hermione soupira, puis se détendit de nouveau sous les mains masseuses de Ron en murmurant :
- J'espère que tu as raison.
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Harry avait des standards. Il ne semait jamais d'indice (il se souvenait de Sirius). Il essayait toujours de passer par la voie légale d'abord, et ce, toujours après une investigation stricte. Il pouvait mépriser certaines personnes, comme Draco Malfoy, mais il n'y avait pour autant aucune indication qu'elles étaient retournées aux idéaux de pureté du sang ou au crime après la guerre. Draco semblait se satisfaire de prendre des vacances indéfinies à Paris et y vivre une romance avec une Serpentarde nommée Astoria Greengrass. Harry pouvait l'ignorer en toute sécurité.
Cependant son père donnait de l'argent aux candidats du Ministère qui prévoyaient de faire campagne pour exiler les élèves Nés-de-Moldus du monde magique. Lucius Malfoy avait passé du temps à Azkaban, et un peu plus consigné à domicile. Il n'avait rien appris.
Harry avait tout eu en sa possession : des lettres de la main de Lucius concernant ses plans, des confessions de gens à qui il avait graissé la patte, des souvenirs de Pensine d'un Auror infiltré qui se prétendait acquis à leur cause rencontrant Lucius, et même des documents traitant de transactions sur des comptes en-dehors de Gringotts qui montraient le flux d'argent du compte de Lucius à celui des candidats.
Et Lucius était libre. Parce qu'il payait encore plus de pots-de-vin.
Harry ne pouvait pas laisser ça continuer.
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- Tu savais qu'ils l'appellent le Tueur Silencieux ?
- Non, je ne savais pas, répondit Ron en accrochant sa cape à la patère et ôtant ses bottes après une longue journée à la boutique, notamment parce que George avait testé une variété de Poudre d'Obscurité du Pérou qui causait une cécité permanente sans en avoir l'antidote, et surtout sans l'informer. Pourquoi ça ? Certaines de ces morts sont plutôt bruyantes.
- Ils n'arrivent pas à comprendre comment il s'y prend, expliqua Hermione en faisant les cent pas devant la table de la cuisine.
Le rouquin eut un petit sourire quand il vit les lasagnes et le soufflé que sa mère avait envoyés. Elle avait la gentillesse de cuisiner pour eux quand ils étaient tous les deux trop fatigués.
- Je veux dire, comment a-t-il fait pour rendre la mort d'Ombrage publique comme ça, sans être près d'elle ?
- Mais c'est évident, ça, non ?, remarqua Ron en sortant assiettes et couverts avant de s'asseoir à table et de se servir des lasagnes.
- Non, fit la brune en s'arrêtant. Qu'est-ce que tu entends par « c'est évident » ?
- S'il a causé la mort d'Ombrage sans être près d'elle, soit il a placé un sort à retardement sur elle, soit c'était une potion.
Hermione s'assit brutalement sur sa chaise de l'autre côté de la table.
- Pourquoi est-ce que je n'y ai pas pensé ?, murmura-t-elle. Bien sûr. Si tu ajoutes un peu de poudre de pierre de lune à la Potion de Lave-Intestins…
- Ça te les retourne sans problème !, claironna Ron, et il dut esquiver la tape derrière les oreilles que sa compagne essayait de lui administrer depuis sa place. Désolé. Cela dit, j'ai probablement pensé à ça juste parce que je n'ai pas arrêté de lire des livres sur des potions que George veut garder hors de portée de Fred.
Le sourire d'Hermione se teinta de cette petite pointe de tristesse, comme à chaque fois que quelqu'un mentionnait le nom de Fred. Le rouquin baissa le regard sur son assiette pendant une bonne minute, pendant qu'elle se servait.
- Bref, reprit-elle après quelques minutes passées à manger en silence. Mais je ne vois pas comment certaines morts auraient pu être causées par des potions. La crise cardiaque de Lucius Malfoy, peut-être. Mais les autres ? C'est forcément une bête qui a tué Fudge. Ou un Animagus.
- Pas forcément, contredit Ron.
Lequel leva les yeux au ciel lorsqu'Hermione lui adressa un regard noir parce qu'il parlait la bouche pleine. C'est elle qui n'arrêtait pas de mettre sur le tapis des façons dégoûtantes de tuer pendant qu'ils mangeaient.
- Si quelqu'un a pu faire une variation sur une potion qui a tué Ombrage, pourquoi ne pourrait-il pas inventer un truc qui a fait ce qui est arrivé à Fudge ?
- Il faudrait un génie des Potions, commença la brune sans poursuivre. On est sûrs que le professeur Snape a été enterré, n'est-ce pas ?
- Oui. J'en suis sûr, grogna le roux. J'ai vérifié moi-même qu'il était mort avant les funérailles. Deux fois.
- Ron ! Tu avais dit que tu allais lui présenter tes respects !
- C'est ce que j'ai fait. En m'assurant qu'il recevait bien les derniers hommages.
Hermione leva les yeux au plafond, mais ils étaient mariés depuis cinq ans, elle savait qu'il était inutile de le réprimander. Ils mangèrent un moment en silence, puis Ron reprit la parole, repoussant le soufflé.
- Tu ne m'as pas dit pourquoi ils l'appellent le Tueur Silencieux.
- Parce qu'ils n'arrivent à trouver aucune trace de sa présence, développa sa femme, qui reprit quelques bouchées. Pas juste avec Ombrage. Il n'y a de traces de personne près de Malfoy, ou Parkinson, ou Fudge. Ils auraient dû trouver quelque chose. Si tu as raison à propos des potions, ils auraient dû trouver une manière dont le tueur aurait pu les introduire dans leurs systèmes. Peut-être qu'il leur a envoyé des douceurs, ou une lettre dont le parchemin serait imbibé d'une potion. Mais non, ils ne trouvent rien. Et il reste silencieux sur ses objectifs, aussi. Beaucoup de ce genre de tueurs s'en vanterait dans les journaux, ou à quelqu'un qui pourrait aller voir les Aurors. Mais pas lui.
- C'est un vrai problème, acquiesça pensivement Ron du chef. Et la théorie des potions n'est qu'une théorie, souviens t'en, Hermione. Ça ne prouve rien.
- C'est une bonne théorie, argumenta-t-elle en tendant la main pour serrer doucement la sienne. Je voudrais juste qu'on puisse résoudre cette affaire.
Le roux considérait que ce n'était plus son travail, mais pour Hermione, il caressa doucement ses jointures avec son pouce, et agréa :
- Moi aussi.
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Parkinson kidnappait et violait des filles dans le monde moldu, utilisant sa magie pour s'assurer que tous les témoins qui auraient pu voir quelque chose se retrouvait la cible d'un Sortilège de Confusion ou de Mémoire. Et il appuyait la législation dans le monde sorcier pour réduire les loups-garous à pas grand-chose de plus que des bêtes de foire.
Harry avait trouvé un témoin qui avait échappé à Parkinson. Il l'avait amenée au Ministère, et il s'était trouvé que, parce qu'elle avait un cousin distant qui était Crakmol, elle était déjà au courant pour la magie et était volontaire pour témoigner.
Les Aurors avaient refusé de lui parler.
Parce qu'elle était moldue, qu'ils ont dit. Harry avait mentionné que ça créerait un précédent concernant l'écoute des Moldus dans les cas de trafic de Moldus, sans quoi la plupart du temps ils ne sauraient pas ce qu'il se passait.
Les Aurors avaient simplement secoué la tête en souriant à Harry, lui disant qu'il comprendrait quand il serait plus vieux.
Parce qu'il aurait accepté sa part de pots-de-vin d'ici là, disaient ces sourires. Parce qu'il aurait baissé les bras à propos de changer radicalement les choses, et se serait confiné à faire taire les outrages les plus bruyants contre le bon sens et la décence.
Harry ne comptait pas arrêter de s'en soucier. Il ne comptait pas arrêter de refuser des pots-de-vin.
Il ne comptait pas arrêter.
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- Il y a une nouvelle victime.
Il fallut un long moment à Ron pour détacher son regard de la lettre que sa mère lui avait envoyée, annonçant que Fleur était enceinte de leur troisième enfant (et sous-entendant fortement que lui et Hermione devraient s'y mettre).
- Quoi ?, articula-t-il alors que sa femme traversait la Cheminette et jetait sa cape sur le sol.
- Le Tueur Silencieux. Il a encore frappé, annonça-t-elle essoufflée, les cheveux hérissés autour de sa tête pendant qu'elle venait vers lui et s'asseyait en face de lui. Cette fois-ci il a tué Rodolphus Lestrange à Azkaban.
- Azkaban ?, éructa Ron. Je veux dire, les Mangemorts et les autres prisonniers d'Azkaban meurent tout le temps. Ils sont sûrs que c'est lui ?
- Oui, affirma Hermione en se tordant les mains. À moins que tu ne penses que les Mangemorts à Azkaban se font régulièrement empoisonner par une morsure de serpent.
- Une morsure de serpent ? Sérieux ?, s'ébahit son mari en secouant la tête. Je suppose que ma théorie des potions ne tient plus la route alors. Je ne connais aucune potion qui peut conjurer des serpents.
- Oui, agréa la brune en s'avachissant dans le canapé, le visage désespérément chafouin.
- Qu'est-ce qu'il y a, mon amour ?, demanda-t-il aussi doucement que possible. Pourquoi est-ce que ça te touche autant ?
Il songea à se glisser derrière elle pour lui masser la nuque de nouveau, mais elle ne le supportait d'habitude que lorsqu'elle était sur le point d'aller se coucher. À cet instant, ils étaient en plein milieu de l'après-midi et elle était clairement trop agitée pour dormir.
- Je pensais que nous reviendrions à la normale, après la guerre, murmura-t-elle en penchant la tête, ses cheveux tombant sur son visage. Je veux dire, oui, il y a encore des gens qui ont des préjugés, et d'autres qui n'ont pas passé assez de temps à Azkaban, mais nous pouvions les combattre. Voldemort n'est plus. Les Sang-Purs n'ont plus tellement de pouvoir maintenant. Ce Tueur Silencieux est en train de massacrer des gens, et il va remuer les ressentiments et donner le mauvais rôle à notre côté.
Ron s'assit sur le canapé à côté d'elle, la câlinant en émettant des sons apaisants. Pourtant, il ne dit rien qui soutenait vraiment son point de vue, parce qu'il ne le pouvait pas. Il pensait qu'elle avait tort à propos du Tueur Silencieux leur donnant le mauvais rôle. Pas en se basant sur le sourire vicieux de George quand il avait entendu à propos de la mort de Malfoy, et tous les gens discutant de la mort méritée d'Ombrage à voix basse dans la boutique.
En vérité, le Tueur Silencieux accomplissait ce que bien des personnes aimeraient pouvoir faire.
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Ombrage n'avait jamais été poursuivie.
Harry n'arrivait pas à croire à ça, en particulier. Il y avait eu tellement de témoignages de ce qu'elle avait fait pendant la guerre, y compris la torture de Nés-de-Moldus avec le Cruciatus, qu'il avait tenu pour certain qu'elle serait jugée et incarcérée. C'était tellement acquis, pour lui, qu'il s'était davantage concentré sur les Mangemorts capturés plus tardivement.
Mais il s'était trouvé que, eh bien, poursuivre Ombrage aurait signifié poursuivre tellement d'autres gens qui avaient travaillé au Ministère pendant la guerre, et collaboré avec le gouvernement de Voldemort. Cela aurait été compliqué. Cela aurait été source de confusion. Cela aurait impliqué des personnes « innocentes », dont le « seul » crime était d'avoir subi l'Imperius.
- Mais, monsieur, avait souligné Harry à Kingsley Shacklebolt d'un ton aussi contrôlé que possible. Ombrage admet qu'elle n'était pas sous Impérius.
- Et d'autres gens prétendent que si, avait soupiré Kingsley. Nous devons accepter certaines dépositions, Harry, ou bien les gens vraiment innocents qui étaient vraiment soumis à ce sort, comme Pius Thicknesse, auront plus de mal à se défendre.
- Vous savez tout aussi bien que moi à quel point Ombrage est mauvaise, Kingsley, avait insisté le brun en posant ses mains sur le bureau de son interlocuteur, pour que celui-ci ne puisse pas louper l'inscription « je ne dois pas dire de mensonges » qui y était gravée. Comment pouvez-vous ignorer ses crimes comme ça ?
- Je sais, mais nous avons un plus gros problème en ce moment, Harry, s'était justifié Shacklebolt avec un regard d'excuse avant de retourner à ses papiers. Et cela inclut de s'assurer que les innocents ne sont pas condamnés. Je m'intéresse plus à libérer les innocents qu'à punir les coupables.
- Ce serait aussi mon cas, s'il y avait une garantie quelconque que les coupables n'allaient pas retourner leur veste et punir les innocents dès qu'ils le peuvent !
Kingsley avait secoué la tête, éludant la plainte et, plus tard, renvoyant Harry de son bureau.
Ombrage avait continué ses méfaits depuis la fin de la guerre, se vantant de ce dont on l'avait acquittée, refusant de rendre les baguettes qu'elle avait personnellement prises aux Nés-de-Moldus, crachant sa propagande Sang-Pur insensée que les Nés-de-Moldus avaient volé les baguettes et la magie de Sang-Purs.
Harry avait soigneusement choisi sa mise à mort. Si elle mourrait en public, et violemment, répandant des entrailles, bien entendu que les gens s'en souviendraient plus facilement.
Et si quelques personnes qui pensaient comme Ombrage changeaient d'avis ou reculaient sur leurs convictions…
Cela pourrait signifier qu'il aurait moins de travail.
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- Avez-vous un moment, M. Weasley ?
Ron resta bouche bée devant Kingsley Shacklebolt pendant une minute avant de poser l'argile électriquement chargée qu'il testait pour faire des pots à farces. Pas une des idées les plus brillantes de George, il devait dire.
- Bien sûr, M. le Ministre. Je suis désolé, je n'ai aucun siège à vous offrir…
La salle de développement de produits à l'arrière de la boutique était recouverte de piles vacillantes de coffrets, papiers, bois, encore plus d'argile, des bocaux fermés, des boîtes marquées d'un « Fragile », et ce que Ron savait être un authentique piège à ours.
- Ne vous inquiétez pas, le rassura Kingsley avec un sourire qui s'assombrit aussitôt. Je voulais vous parler d'une conversation qui prend davantage de sens à la lumière de la mort de Mme Ombrage, même si elle n'en avait pas à l'époque. Saviez-vous que Harry la haïssait ?
- Eh bien, bien sûr qu'il la haïssait. Je veux dire, elle l'a torturé, lui et les autres élèves quand elle était Directrice, et elle était une collaboratrice enthousiaste de Voldemort. Je ne pensais pas que c'était nouveau ?
- Je suppose que je n'ai jamais su que c'était si personnel pour lui.
Shacklebolt observa la salle de production tout autour de lui comme s'il s'attendait à ce que la réponse jaillisse de derrière les boîtes.
- Saviez-vous que Harry voulait qu'elle soit poursuivie pour ses crimes ?
- Il m'en avait touché deux mots. Mais… enfin, monsieur. Vous pensez vraiment que Harry l'a tuée ?, demanda le rouquin, qui avait envie de rire. Harry ne sait pas mentir ! On lit tout le temps ses émotions sur son visage ! Comment pourrait-il être le Tueur Silencieux ?
- Je ne sais pas si Harry est un tueur, contredit Kingsley d'une voix calme qui contrastait avec celle de Ron, envahissant la pièce et apaisant son hilarité, lui faisant penser des choses auxquelles il ne voulait pas penser. Mais je sais qu'il était impliqué dans les investigations sur Lucius Malfoy et Ignatius Parkinson, et il avait des raisons de haïr Ombrage.
- Et Fudge ?, argumenta le roux avec un scepticisme évident. Vous pensez que, quoi, il a introduit un autre hippogriffe dans la maison de Fudge et l'a laissé en liberté ?
- Je ne sais pas comment il s'y est pris, fit Shacklebolt avec un sourire qui n'atteignait pas ses yeux. Mais nous avons l'obligation de mener une enquête sur lui, vu tous les liens. Et il a été abusé par Fudge quand il était enfant lorsque Fudge a refusé de le croire à propos de Voldemort, a participé à cette ridicule campagne de diffamation à son encontre, et à cette audience toute aussi ridicule. Est-ce que Harry tuerait à cause de ça ?
- Non, jamais, rétorqua Ron sans même avoir besoin d'y penser. C'est le truc, monsieur. Harry pardonne très facilement. Il s'entend presque bien avec Malfoy maintenant, Draco, je veux dire. Et c'était un connard envers Harry pendant toute notre scolarité. Harry a pardonné au professeur Dumbledore de ne l'avoir jamais prévenu qu'il devrait marcher vers sa mort. Il a même parlé de nommer un de ses enfants Albus Severus quand il en aurait ! Et vous savez ce que le professeur Snape lui a fait.
Kinglsey fronça les sourcils pour la première fois.
- Oui, je dois admettre, ce point me dérangeait dans tout ça. En-dehors du fait que Harry n'est pas un bon menteur, je veux dire. Cela ne lui ressemble pas de tuer ses ennemis personnels. Il n'a même pas vraiment tué Voldemort, en vérité. Pourquoi le ferait-il maintenant, pour des rancœurs personnelles ?
- Il ne le ferait pas, trancha Ron. Et Rodolphus Lestrange ? Il ne rentre pas dans le cadre, lui non plus. Il a torturé les parents de Neville, pas ceux de Harry.
Pourtant, alors même que sa bouche s'activait, le roux réfléchissait. Harry pouvait pardonner à ses ennemis personnels tant que ça lui chantait. Cependant, il avait été prêt à tuer Sirius Black pour avoir trahi ses parents. Il avait lancé le Cruciatus sur Amicus Carrow, et avait essayé sur Bellatrix Lestrange, pour ce qu'ils avaient fait au professeur McGonagall et à Sirius, pas pour ce qu'ils lui avaient fait, à lui. Il avait dit très précisément à Hermione qu'il n'avait pas pardonné à Malfoy de l'avoir traitée de Sang-de-Bourbe, parce que c'était à elle de le pardonner ou pas du tout.
Il avait tué l'ombre du journal quand Ginny avait été menacée. Il était prêt à mourir pour empêcher Voldemort de s'emparer de la Pierre, et Quirrell était mort, lui. Et les Lestrange avaient torturé les parents de Neville jusqu'à ce qu'ils deviennent fous, et Harry et Neville étaient devenus bons amis depuis la fin de la guerre.
- Ron ?
Il revint à la réalité et regarda le Ministre droit dans les yeux.
- Je ne vois vraiment pas comment il aurait pu s'y prendre, affirma-t-il.
Et il était parfaitement sincère. Il y avait toujours la question de la façon dont Harry aurait menti et gardé ça secret de tout le monde, et la façon dont il aurait accompli tout ça. Des potions ? Sans laisser de traces derrière lui ? Harry n'était pas bon à ça. La mort de Fudge ne rentrait pas dans le cadre non plus. Ses crimes étaient véritablement contre Harry lui-même.
- Bon, très bien, conclut Shacklebolt en se levant. Nous devrons mener l'enquête sur lui, bien sûr, et ce sera probablement un choc et une déception pour beaucoup de gens. Je voulais vous prévenir avant, et voir ce que vous saviez.
- Harry est une des meilleures personnes que je connaisse, fit Ron en secouant la tête. Le Tueur Silencieux doit être fou, non ?
- Ne serait-ce que parce qu'il aime voir les gens souffrir, oui, confirma Kingsley, l'air perturbé. Je suppose que c'est une chose dans cette affaire qui me rend perplexe. Une folie aussi évidente devrait être, eh bien, évidente. Pourquoi n'arrive-t-on pas à le trouver ?
Le roux secoua de nouveau la tête, et observa le Ministre sortir de la boutique avec un bourdonnement nettement troublé dans la tête.
Pourtant… ça ne pouvait pas être Harry, si ? Comment ? Comment s'y prendrait-il ? Pourquoi ?
Il lui fallut un temps infini pour se remettre au travail.
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Fudge était un parfait exemple de quelqu'un n'apprenait juste pas. Harry ne lui aurait jamais prêté aucune attention en premier lieu s'il n'avait pas décidé de fourrer de nouveau son nez dans la politique. Il y avait plein d'autres gens qui méritaient davantage d'être ses cibles. Mais Fudge avait décrété qu'il devait restaurer sa réputation après la guerre. Et il le faisait en clamant très haut et très fort son soutien aux Mangemorts comme Lucius Malfoy. Il donnait des interviews dans lesquelles il affirmait être certain qu'ils étaient innocents, qu'ils avaient été sous Impérius, et qu'ils ne méritaient pas d'aller en prison.
Cela s'était avéré inefficace pour Lucius, qui s'était retrouvé à l'ombre car trop de gens l'avaient vu à la Bataille de Poudlard. Mais cela avait permis aux Avery, aux Nott, aux Crabbe, et à plusieurs autres familles Sang-Pures de n'avoir aucun de leur membre à Azkaban, et Walden McNair avait quasiment été libéré avant que le Wizengamot ne soit presque assailli de souvenirs de Pensine le montrant à la Bataille de Poudlard.
Fudge avait aussi travaillé à la liberté de Parkinson. Il était responsable des trois viols commis par Parkinson entre la fin de la guerre et maintenant. Il était responsable de l'agression de cette fille Sang-Mêlée, qui en était presque morte et que, apparemment, Gregorian Goyle n'avait pas assez torturé pendant la guerre, et voulait finir le travail. Maintenant, Gregorian était à Azkaban, mais il y avait une petite fille qui portait des cicatrices sur son corps et son esprit, et une jambe en bois, une petite fille qui n'aurait pas eu à supporter tout ça si Fudge n'avait pas prononcé un discours devant le Wizengamot assurant que Gregorian était un « innocent » détourné du droit chemin par Voldemort.
Harry trouvait que la mort de Fudge, qui donnait l'impression qu'il avait été déchiqueté par un hippogriffe, était poétique. Après tout, il avait été parfaitement satisfait de ne rien faire et laisser Buckbeak être exécuté.
Ce n'était pas ce qui s'était produit, bien entendu. Mais Harry savait que beaucoup de gens le pensaient.
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Ron regardait fixement, en silence, les épaisses pages du livre de Potions, collées ensemble. Apparemment, le bouquin avait été recouvert plus d'une fois par des filtres expérimentaux lorsque George et Fred -pas petit Fred- avaient ouvert la boutique. Il y avait là trois potions, proches les unes des autres, qui faisaient empirer le bourdonnement dans sa tête, présent depuis que Kingsley l'avait prévenu de l'enquête sur Harry à propos de la mort d'Ombrage.
L'une était une potion qui retournait le sang d'un sorcier contre lui. Son but était purificateur, nettoyant, la plupart du temps, pour éradiquer une infection aussi vite que possible, mais il y avait une note de d'avertissement indiquant que dans des chaudrons expérimentaux, elle pouvait impliquer l'explosion des organes et l'effondrement du corps.
Une autre était un poison qui attendait, invisible, dans l'estomac de la victime jusqu'à ce que celle-ci mange un repas complet. À ce moment-là, elle devenait prise de l'envie de vomir et en même temps incapable d'éjecter le vomi par leur bouche. Elle finissait immanquablement par mourir étouffée. Bien sûr, les ingrédients avaient été bannis des siècles auparavant.
Et la troisième provoquait chez la victime des hallucinations sur l'animal qu'elle craignait le plus. Une autre note d'avertissement statuait que, alors que c'était la plupart du temps une potion pour faire une blague inoffensive, si le sujet était laissé seul suffisamment longtemps et ne prenait pas l'antidote, les « animaux » pouvaient infliger des dommages létaux. Dans l'essence, l'esprit de la victime et sa magie prenaient le contrôle de son corps pour manifester les blessures.
Est-ce que Rodolphus Lestrange avait peur des serpents ?
Ron ferma les yeux. Le hic était que, si Fred et George avaient eu une copie de ce livre, il était donc probablement commun. N'importe qui pourrait trouver ces potions et les utiliser. Ce n'était pas obligatoirement Harry. Et juste parce que les jumeaux avaient eu ce bouquin, ne voulait pas dire qu'ils auraient brassé ces potions, ou du moins, pas la variante dangereuse. Donc Harry pouvait l'avoir en sa possession et ne pas en faire usage, non plus.
Harry n'est même pas bon en Potions. La seule raison pour laquelle il a tellement impressionné Slughorn en sixième année, c'est parce qu'il avait le livre du Prince de Sang-Mêlé.
Ron sentit sa respiration se calmer. Oui, bien sûr que c'était ça. Cela demandait un génie de Potions pour expérimenter et trouver une façon de rendre ces potions mortelles, pour certaines d'entre elles. Et il y avait aussi le problème de l'administration de ces poisons aux victimes en premier lieu. La plupart devaient être ingérées, bien que la Potion de Lave-Intestins, dont le rouquin suspectait qu'elle avait servi à tuer Ombrage, pouvait avoir pénétré le flux sanguin par contact de la peau. Harry n'était même pas près de ces gens quand ils étaient morts. Grands dieux, par trois fois -les soirs où Malfoy et Fudge étaient morts, et le jour où Parkinson s'était étouffé dans son vomi-, Harry avait été avec eux, Ron et Hermione, dans leur maison ou au Chemin de Traverse avec eux, riant et plaisantant.
Le livre du Prince de Sang-Mêlé avait brûlé dans le feu qui avait embrasé la Salle sur Demande.
Bien sûr, ce n'est pas comme si le roux avait vu une copie brûlée ou quoi que ce soit. Mais c'était logique. Le Feudeymon détruisait tout. Il aurait tout annihilé dans cette pièce. Le professeur McGonagall avait bien dit que, lorsqu'elle était retournée tester la Salle, celle-ci fonctionnait normalement, mais elle n'avait tenté d'invoquer les tas de babioles.
Il n'y avait aucune raison de penser…
Ron sentit un picotement désagréable remonter le long de son échine. Pour une raison inconnue, il revit le résultat des BUSEs de Harry. Il avait eu un Effort Exceptionnel en Potions. Et c'était en comptant cinq ans de l'enseignement horrible de Snape et les devoirs pitoyables de Harry. Lequel avait passé ses ASPICs, en privé, au Ministère après la guerre, puisqu'il n'était jamais retourné à Poudlard. Le rouquin n'avait aucune idée de son score.
Arrête ça, se réprimanda Ron en refermant le livre et le reposant. Préviens Kingsley pour le livre et dis-lui que tu penses que ce sont des potions. Mais tous les autres problèmes se posent. Comment Harry ferait ingérer le poison aux victimes ? Comment parviendrait-il à le cacher ? Ce serait un énorme changement dans sa personnalité. Il est avec nous, il sourit et rigole comme d'habitude.
Harry ne ment pas.
Au bout du compte, ce fut ce dernier argument qui le convainquit. Harry n'était juste pas bon à cacher des trucs quand il était en colère. D'accord, il parlait beaucoup de son travail, et à quel point il détestait rassembler des preuves, et voir un autre Sang-Pur péteux s'en tirer sans dommage, mais ça ne semblait jamais être la boule de rage bouillonnante nécessaire pour commettre ces crimes.
Ce n'était pas lui. Ce n'était pas Harry.
Avec cette pensée réconfortante, Ron retourna à la sculpture de ses pots d'argile.
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Rodolphus Lestrange, pendant qu'il était en liberté après la guerre et que le Ministère repoussait sa traque parce qu'ils avaient « des choses plus importantes » à faire, avait tué une famille moldue et s'était caché dans leur maison pendant cinq jours. Il avait massacré les enfants, et torturé la mère jusqu'à la mort. Il l'avait fait nonchalamment, ainsi que le découvrit Harry lors de son enquête personnelle. C'était lui qui avait véritablement traqué et attrapé Roldolphus.
Lequel n'avait jamais été jugé pour son crime. Les Moldus n'étaient pas importants comparés à son inculpation pour évasion d'Azkaban pour laquelle il avait été mené devant le Wizengamot. Et grâce à une faille du système de justice sorcier, cette inculpation avait remplacé les originales, y compris celles d'être un Mangemort et avoir torturé les Londubat jusqu'à la folie. S'évader d'Azkaban n'était plus puni aussi sévèrement, puisque cela n'avait pas de précédent jusqu'à ce que Sirius le fasse. Rodolphus aurait été relâché de la prison après sept ou huit ans.
Harry n'avait aucun doute que Rodolphus y aurait survécu. Il n'y avait plus de Détraqueurs à Azkaban maintenant, et il était -il avait été- un homme entêté, déterminé, un Mangemort loyal. Certes, il aurait probablement tué quelqu'un d'autre en s'échappant de prison, et y aurait été jeté de nouveau aussitôt, mais combien d'innocents devaient mourir parce que le Ministère s'en fichait ? Pour la chance non-existente qu'un homme se repente ?
Harry était heureux qu'il soit mort dans la peur.
Et il était content que sa capacité à se faire des amis parmi les elfes de maison n'ait pas péri avec Dobby. Kreatur lui était dévoué. Il pouvait rentrer et sortir des maisons, même lourdement protégées par les sorciers, avec peu voire aucune difficulté. Il pouvait imbiber un parchemin d'une potion de contact. Il pouvait dupliquer un sort de soin très pratique trouvé par Harry qui envoyait une potion directement dans l'estomac d'une personne.
Les sorciers prêtaient tellement peu d'attention aux elfes de maison. Ils les maltraitaient. Ils ne remarquaient pas quand il y en avait un de plus dans les cuisines. Ils ne remarquaient même pas quand le goût de leur nourriture n'était pas comme d'habitude, du moment que le reste était assez riche.
Kreatur s'était même rendu dans la Salle sur Demande pour lui, et lui avait procuré un certain livre très important qui, après tout, n'avait pas brûlé avec le reste de la pièce. Bien que Harry était sûr qu'il serait parvenu à ses objectifs sans, c'était pratique de l'avoir. Certaines notes de Snape sur des potions sans aucun rapport avaient fait progresser ses expériences bien plus vite.
Combiné au Manoir Black au square Grimmaurd et sa collection de livres de Potions, ses ingrédients bannis des siècles auparavant stockés sous un charme de préservation, et sa complète intimité…
Eh bien. Harry n'était pas surpris qu'ils ne l'aient pas attrapé.
Cela le rendait un peu triste, parfois, que même ses meilleurs amis aient une image si immuable de lui dans leurs têtes. Tout le monde savait que Harry Potter n'était pas bon en Potions, parce que le Maître des Potions de Poudlard l'avait détesté. Tout le monde savait que Harry Potter explosait de colère et ne saurait pas mentir même pour sauver sa vie.
D'un autre côté, elle lui avait été très utile dans son travail, cette image. Harry préférait en fait que les gens ne se souviennent pas à quel point il avait bien réussi ses BUSEs, contre toute attente, et à quel point il n'avait fallu qu'un peu d'aide du Prince pour augmenter ses performances dans la classe de Slughorn. Il préférait largement qu'ils ne sachent pas qu'il avait obtenu un Optimal à son ASPIC de Potions.
Il préférait qu'ils ne se souviennent pas que mentir par omission n'était pas la même chose qu'un mensonge direct. Il n'avait jamais parlé à personne des Dursley, pas directement, pas même aux jumeaux et Ron, qui avaient vu les barreaux à sa fenêtre l'été avant sa seconde année, et qui avaient passé beaucoup de temps à le cuisiner à ce sujet. Il n'avait pas parlé des cauchemars dont il souffrait, et du désespoir qu'il ressentait face à la direction qu'avait prise la société sorcière depuis la guerre, et s'il ne le mentionnait pas, le sujet n'apparaissait pas dans la conversation.
Le public voulait croire que leur parfait petit héros n'avait pas tant souffert que ça pendant la guerre, parce que c'était plus pratique comme ça. Ses amis voulaient le croire aussi parce qu'ils voulaient qu'il soit heureux.
Harry était conscient que l'investigation sur la mort d'Ombrage commençait à mener vers lui. Peut-être que, dans un jour proche, les Aurors surgiraient au square Grimmaurd et pour l'en débusquer et lui faire avaler de force du Véritaserum.
Encore que, les protocoles légaux pour avoir la permission d'utiliser du Véritaserum étaient tellement compliqués. Ce qui était une des raisons pour lesquelles tant de Mangemorts étaient restés en liberté, aussi bien après la première que la seconde guerre.
Et parmi les potions que Harry apprenait à brasser, il y avait un antidote au Véritaserum. Il n'avait pas encore réussi à le maîtriser, mais qui était le plus rapide ? Lui, ou les enquêteurs du Ministère, qui étaient si entravés par leur propre détestation d'Ombrage et leur incapacité à le voir tel qu'il était vraiment ? Kingsley rencontrait déjà de la résistance juste pour lancer cette investigation.
Harry savait que ses parents seraient déçus de lui. Sirius. Dumbledore. Hermione, surtout.
Il se décevait lui-même.
Mais pas assez pour s'arrêter.
Et quant à savoir s'ils allaient l'attraper…
Qui sait ? Pas le Tueur Silencieux.
Ils seraient obligés de voir.
FIN.
« L'Éventreur n'a jamais été attrapé, malgré les fervents efforts de Scotland Yard, et son identité est restée un sujet d'intenses spéculations depuis. Comme l'identité du « vrai » William Shakespeare, le choix des suspects en révèle souvent davantage sur les gens qui spéculent que sur le mystère en lui-même. » John Douglas, Mindhunter.
