Shikamaru soupira, il était vraiment au bord du rouleau. C'était la quatrième nuit d'affilée que lui et Kakashi passaient à travailler comme des dingues. Le prochain sommet des Kage aurait lieu à Konoha dans une semaine et ils devaient le préparer nuits et jours. Ils n'avaient pas encore fini de tout mettre en place, mais pour l'heure, Shikamaru s'en fichait. Il n'était pas rentré chez lui depuis quatre jours et tout ce qu'il voulait, c'était retrouver sa femme et son fils.

Entrant dans la maison, il prit soin de refermer silencieusement la porte pour ne pas faire de bruit. Il était déjà assez tard et il se pourrait que Shikadai soit déjà endormi, Temari par contre, il était sûr qu'elle était encore éveillée et pas de très bonne humeur.

Le Nara pouvait aisément la comprendre. Il avait l'impression d'étouffer lorsqu'elle partait passer quelques jours à Suna, comme si son absence le tuait.

Ayant fini de se déchausser, Shikamaru entra dans le salon avec l'intention de se diriger vers la cuisine lorsqu'il se rendit compte que la pièce était encore éclairée. Assise tranquillement sur le canapé, une tasse contenant sûrement du thé en main, Temari le regardait, l'air impassible.

- hey. Murmura-t-il doucement en s'approchant d'elle.

- quatre jours Shikamaru. Ça fait quatre jours. Lança-t-elle d'une voix glaciale ignorant sa salutation.

- je sais. Je suis ...

- désolé? Oui je sais que tu l'es mais ça ne change absolument rien. Shikadai n'a pas arrêté de te demander et il a pleuré toute la journée d'hier quand je lui ai dit que tu rentrerais bientôt, parce qu'il savait que j'ignorais moi même quand tu serais là. Il est encore jeune Shikamaru, il n'a que 6 ans mais il n'est pas stupide. Et ne pas avoir son père près de lui chaque jour n'est pas une épreuve qu'il devrait subir. Fit Temari en se levant. Et moi non plus je ne devrais pas avoir à subir ça, Shikamaru.

Elle le dépassa et prit la direction de la cuisine. Shikamaru resta planté là, les yeux écarquillés d'horreur. Il savait que ses absences étaient difficilement supportablespour Shikadai et Temari, bien que cette dernière avait jusqu'à présent prit soin de ne pas le lui montrer. Mais savoir que Shikadai souffrait à ce point, ça lui brisait le cœur. Mais plus que tout, il n'aimait pas cette lueur dans les yeux de sa femme quand elle lui avait dit qu'elle n'avait pas à subir ça.

Non, elle n'envisage pas..

Shikamaru avait toujours eu peur que Temari finisse par le quitter, par se lasser de lui. Elle aurait pu faire mieux, tout le monde était unanime là dessus. Elle était une princesse, elle était forte et intelligente et incroyablement belle.

Elle aurait pu avoir n'importe quel homme, mais elle l'avait choisi lui, un ninja de Konoha qui ne lui arrivait même pas à la cheville.

Ces derniers temps, Shikamaru avait peur qu'elle reste avec lui uniquement pour Shikadai et c'était peut être le cas. Elle restait sûrement parce qu'elle aimait trop son fils pour partir.

Pour quelle autre raison resterait elle de toute façon ? Il était à peine là et quand il était présent, ils passaient à peine du temps ensemble. Elle aurait tout à fait raison de partir loin de lui.

Shikamaru inspira profondément et la suivit dans la cuisine.

- Temari.

Elle était occupée à se resservir du thé et ne leva même pas les yeux quand il l'appela. Shikamaru s'approcha doucement d'elle et l'éloigna de la tasse et de la théière puis la prit dans ses bras. Elle ne lui rendit pas son étreinte mais au moins elle ne se dégagea pas, c'était déjà ça.

- ne pars pas, s'il te plaît. Murmura-t-il le visage dans son cou, peinant à retenir ses larmes. Ne me laisse pas. Dit il plus vivement en la serrant plus fort dans ses bras. Je t'aime, je t'aime tellement et je suis un crétin et tu mérite tellement mieux. Je suis désolé, tellement désolé. Mais je ne peux pas vivre sans toi, alors s'il te plaît reste avec moi, ne me quitte pas, je t'en supplie.

Shikamaru pleurait pour de bon cette fois et il n'essaya plus de le retenir. Il avait tellement peur. Peur de la perdre, de perdre Shikadai, de perdre cette vie qu'ils s'étaient construits ensemble.

Shikamaru la sentit bouger et ne put retenir le soupir de soulagement lorsqu'elle l'étreigna en retour.

- je ne vais nulle part, pleurnichard. Souffla t-elle avec un ricanement et Shikamaru ne pu s'empêcher de sourire à l'entente de ce vieux surnom qu'elle lui avait donné et il sentit dans sa voix qu'elle avait autant envie de pleurer que lui. Mais elle avait toujours été la plus forte d'eux deux. Elle ne pleurerait pas si facilement.

Ils étaient restés ainsi pendant ce qui semblait être une éternité pour Shikamaru. Il se sentait tellement bien avec sa femme contre lui mais cette dernière commença à se détacher et il reprima un grognement d'insatisfaction. Il aurait voulu la garder dans ses bras un peu plus longtemps.

- promet moi que tu passeras à la maison chaque jour, même quand tu seras occupé et même si ce ne sera que pour quelques minutes. Viens juste passer du temps avec ton fils. Et promet aussi de passer le voir avant de partir travailler. Dit Temari avec ce petit air autoritaire qu'il aimait tant.

- je te le promet. Mais je ne viendrais pas seulement pour Shikadai, je viendrais aussi pour passer du temps avec toi. Je te le jure Tem, je vais arranger tout ça. Répondît Shikamaru en plongeant ses yeux marrons dans ceux bleus/verts de sa femme. Puis il prit son visage entre ses mains et se pencha pour l'embrasser.

Dieu, qu'elle lui avait manqué.

Le baiser était tendre, doux et Shikamaru était sûr qu'il était en train de tomber encore plus profondément amoureux de cette femme galère. Il soupira contre ses lèvres et posa ses mains sur ses hanches, la rapprochant de lui alors qu'elle posait les siennes sur sa nuque. Le baiser ne resta pas innocent longtemps, alors que leurs langues se rencontraient et luttaient pour la domination. C'était si bon de l'embrasser ainsi et de savoir qu'elle ne partirait pas. Jamais.

Elle est à moi. Pensa t-il avec un grognement possessif en lui mordant la lèvre inférieure. Il l'embrassa plus fort, plus urgemment en la soulevant rapidement pour la poser sur la table de la cuisine, se pressant plus contre elle. Le petit gémissement qu'elle laissa échapper en serrant ses jambes autour de sa taille, termina d'éveiller tout ses sens.

Shikamaru ne se sentait plus fatigué pour le coup. Tout ce qu'il voulait, c'était emmener cette déesse dans leur chambre à l'étage et la faire sienne encore une fois. Ou peut être n'aurait il pas la force de faire tout ce trajet et la ferait il sienne ici. Ce ne serait pas la première fois de toute façon..

- papa? Fit une petite voix sur le seuil de la cuisine.

Temari se détacha si vite de lui qu'il lui fallut quelques secondes pour s'en rendre compte.

S'éloignant de la table, Shikamaru lui permit d'en descendre pendant qu'il s'avançait vers son fils. Ce dernier était vêtu de son pyjama et de la façon dont il se frottait les yeux, il était encore endormi il y'a quelques minutes.

Les débris d'une tasse attirèrent son attention et Shikamaru se rendit compte qu'il avait sûrement dû la jeter par terre dans sa hâte.

- salut bonhomme. Fit il en prenant son fils dans ses bras. Qu'est ce que tu fais encore éveillé?

- j'ai pensé que tu étais peut être là et je suis venu vérifié. Répondît simplement le petit garçon.

Shikamaru sourit avec fierté. Ce gamin n'était vraiment pas leur fils pour rien.

- il faut que tu te recouche, Shikadai, tu as besoin de dormir. Fit Shikamaru en commençant à prendre la route de la chambre de son fils, ce dernier dans ses bras.

- non! Protesta le petit garçon. Si je m'endors, quand je me réveillerai tu ne seras plus là ! Cria-t-il alors que des larmes commençaient à se former dans ses yeux.

- ne t'en fais pas ptit gars. Répondît Shikamaru. Je serais là. J'ai promis. Fit il en se tournant vers Temari, un sourire sur son visage.

Cette dernière sourit. Le genre de sourire qu'elle n'adressait à personne sauf lui, son fils et ses frères. Il adorait ce sourire.

- oui. Acquiesça-t-elle en s'approchant pour laisser un baiser sur le nez de Shikadai puis un autre sur la joue de Shikamaru. Papa a fait une promesse, et une promesse ça ne se rompt pas.