Bonjour ! Petite précision : cette histoire se passe dans la même chronologie que les autres que j'ai posté sur ce fandom ! Il faut donc, pour réellement comprendre l'histoire et ces aboutissants, lire les précédents écrits ! Afin de vous aider à vous situer, je mettrais, à chaque fois que je poste une nouvelle histoire, à jour mon profil pour décrire la temporalité !

Il est aussi tout à fait possible de les lire en tant qu'OS indépendant ! Quoi qu'il en soit, profitez bien de cette histoire !


« Non. » dit Louie, d'un ton assez tranchant. Webby, qui se trouvait à côté de lui, le regarda sévèrement.

« Si ! Allez, lève-toi ! » rétorqua-t-elle, se positionnant devant le canapé, bouchant ainsi la vue de Louie sur la télévision. Il soupira lourdement.

« Non ! Laisse-moi regarder la télé ! » grogna-il, penchant légèrement la tête sur le côté, essayant de capter les images sur l'écran plat. Il aurait pu se déplacer, mais il était sincèrement trop fatigué pour ça.

« Ne me force pas à te tirer. » menaça Webby, posant ses mains sur les hanches, menaçantes. Il grogna de nouveau.

« Pourquoi tu ne vas pas demander à Huey ou à Dewey ? » fini-t-il par dire, mécontent.

« Parce qu'Huey et Dewey sont dehors entrain de profiter du soleil ! » gémit-elle, s'avançant vers lui « Et puis, je veux y aller avec toi. »

« Mais je n'aime même pas les fêtes foraines ! » se plaint-t-il, alors qu'elle lui prit le devant de son pull, afin de le relever de force. Malgré son effort pour peser le plus possible, elle le souleva rapidement, le redressant sur ces pieds, comme si de rien était. Maudit soit sa force.

« Tu adores Funso Fun Zone ! » s'exclama-t-elle, alors qu'elle éteignait la télévision, ce qui fit grogner Louie.

« Ce n'est pas pareil ! » dit-il, alors qu'il essayait de récupérer la télécommande. Evidemment, Webby arrivait facilement à l'éloigner de lui et il abandonna rapidement. Il croisa les bras « Les fêtes foraines, c'est une arnaque ambulante qui te font payer des divertissements beaucoup trop cher avec des jeux truqués ! »

« C'est ton élément, du coup ? » ironisa Webby, avec un petit sourire qui lui apporta un regard électrique de la part de Louie. Elle soupira « Oh, allez, on va bien s'amuser ! C'est la première fois que j'ai l'occasion d'y aller, je suis sure que ça va être génial ! »

Elle le regarda, son sourire rayonnant autant que le soleil en cette belle journée d'été, ces yeux pétillants d'une lueur enjouée. Louie fit son possible pour faire arrêter son cœur de battre la chamade et pour garder un masque d'indifférence sur son visage. Il mit les mains dans ses poches, adaptant une pose détendue et cachant ces mains tremblantes de canalisation d'émotion.

« Et tu pourrais très bien y aller avec Huey ou Dewey. » continua-t-il, insistant sur ce fait « Ou avec Lena et Violet ! Je suis sûr qu'elle serait ravie d'y aller avec toi ! Alors pourquoi me faire sortir par cette chaleur insoutenable alors que j'avais prévu un marathon télévision ? »

Webby le regarda longuement, semblant déstabilisée.

« Je te l'ai déjà dit, il me semble. » répondit-elle, doucement « C'est juste parce que j'ai envie d'y aller avec toi. »

Il la regarda, alors qu'elle se caressa le bras, triste.

« Tu ne veux vraiment pas y aller avec moi ? » dit-elle, maussade, et le cœur de Louie se pinça.

Il resta un long moment indécis, ne voulant pas lui expliquer la véritable raison pour laquelle il ne voulait pas partir qu'avec elle mais fini par soupirer, voyant le visage de son amie se contracter de chagrin.

« Bon, d'accord, on y va. » soupira-t-il, ramenant la joie et la bonne humeur sur son visage.

« Oh, merci ! » s'exclama-t-elle, le prenant dans ces bras. Il leva les yeux au ciel.

« Webby, s'il te plait. » dit-il, ramenant la jeune fille sur Terre.

« Oh, pardon ! » dit-elle en s'éloignant, en faisant un petit sourire gêné « J'avais oublié que tu n'aimais plus les câlins. »

Elle le regarda un moment, son sourire toujours sur les lèvres avant de finalement sautiller sur place avant de courir vers la porte d'entrée. Il soupira et la suivit, bien moins enchanté.

Il faisait extrêmement chaud et même l'eau de la piscine lui semblait exténuante. Louie n'était pas le genre de canard à craindre la chaleur, mais le fait qu'il ne puisse pas sortir sans se sentir moite de sueur lui déplaisait énormément. Il avait dû amener plusieurs ventilateurs afin d'être bien installé dans le manoir pour son marathon télé, et le cocon qu'il s'apprêtait à quitter lui manquait déjà, alors qu'il arrivait dans le hall. Sa mère, Della, se tenait là et était en train de ranger différents objets qu'elle avait trouvés dans le grenier.

Celle-ci portait un t-shirt blanc avec un short, alors qu'elle semblait autant que lui souffrir de la chaleur. Elle soupira, passant une main dans ces cheveux et grimaça quand elle sentit la sueur sur son cuir chevelu. Elle soupira avant de se retourner vers le nouvel arrivant de la pièce, avec un grand sourire.

« Oh, Louie ! » dit-elle, enjouée, même si son visage était légèrement crispé. Louie répondit à son sourire de la même façon, ne voulant pas ramener en avant que cela faisait deux heures qu'ils s'étaient disputés.

Depuis qu'il avait atteint l'âge de treize ans, ils se disputaient de manière de plus en plus fréquente, et ceux malgré l'effort qu'ils mettaient tous les deux à se comprendre. Ils avaient passé le cap de la connaissance et Louie avait accepté sa mère dans sa vie. Cependant, le fait qu'elle veuille rentrer dans le moindre détail dans ces décisions, quitte à remettre en doute tous ces raisonnements entraînés des tensions tumultueuses. Della n'arrivait pas à comprendre son fils comme celui-ci n'arrivait pas à la comprendre. Il avait toujours l'impression que les dix ans d'absences ne se résoudraient jamais, en plus d'un autre blocage qu'il ressentait de sa part. A ces yeux, elle le traitait différemment qu'elle ne le faisait avec Huey et Dewey, ce qui n'arrangeait pas leur relation.

« Alors, que fais-tu ici ? Il me semblait que tu voulais te faire un nouveau marathon ? » dit-elle en se redressant. Il soupira.

« Webby a insisté pour que j'aille avec elle à la fête foraine. » dit-il, en grognant légèrement. Il regarda sa mère qui levait un sourcil, avec un petit sourire en coin. « Quoi ? »

« Non, rien. » répondit-elle en regardant son pull « Si j'étais toi, je me changerai cependant. Si tu dois marcher, tu vas avoir très chaud avec ton sweat. »

Il regarda ces vêtements et grimaça, se rendant compte qu'elle avait surement raison.

« Si tu vois Webby, dis-lui que je suis allé me changer. » dit-il, en s'éloignant. Elle ricana.

« Elle est aussi partie se changer, tu sais ? » s'exclama-t-elle, entraînant un regard interrogateur de la part de son fils.

« Pourquoi ? » demanda-t-il, un peu surpris. Les vêtements habituelles de Webby ne tenait pas si chaud que ça.

« Va savoir ! » ricana Della, en prenant un des cartons « Par contre, puisque tu n'es pas là, je vais profiter de ta superbe installation de ventilateurs ! »

Il se retient de dire qu'elle aurait pu venir plus tôt, même s'il était présent, mais il se tut, ne voulant pas ranimer une nouvelle braise de dispute. Il se dirigea rapidement vers sa chambre afin de prendre un haut plus léger. Il fut surpris de retrouver Dewey et Huey en train de fouiller dans leur affaire, Dewey dans son tiroir et Huey dans leur coffre de rangement. Louie leva un sourcil alors que Dewey se retourna vers lui.

« Oh, Louie ! » dit-il, courant vers lui, les mains en position de prière « Pitié, dis-moi où est ton brumisateur ! »

« Pourquoi tu veux mon brumisateur ? » demanda Louie, alors qu'il rentrait dans la chambre pour fermer la porte derrière lui.

« Huey veut que je l'aide à préparer une sorte de chasse au trésor pour la chorale » dit Dewey en soupirant « Mais avec cette chaleur, je ne vais jamais survivre ! Il me faut ton brumisateur rechargeable ! »

« On l'aurait déjà retrouvé si tu rangeais tes affaires. » grogna Huey, en se redressant, l'air renfrogné « Franchement, Louie, tu peux être très désorganisé. Regarde-moi ça ! Comment ça se fait que je retrouve des chaussettes dans tes livres de cours ?! » s'exclama-t-il, soulevant des chaussettes propres de la caisse de rangement.

« Ah ben, elle se trouvait là ! » dit Louie, se dirigeant vers son frère aîné, récupérant ces chaussettes, un petit sourire en coin. Il regarda Dewey, en levant un sourcil « Pourquoi tu n'es pas venu directement me demander ? »

Dewey lui fit un petit sourire timide.

« Disons que je sais que tu n'aimes pas être dérangé après … enfin, tu sais. » dit-il, timidement.

Louie le regarda quelques instants et soupira, avant d'enlever son pull. Il n'avait aucune gêne à se retrouver nu devant ces frères et cela ne les dérangeait pas non plus. La notion d'intimité était quelques choses de très complexe, surtout pour eux. Ils avaient passé leur vie ensemble, comme les mêmes doigts d'une main. Le pouce n'allait pas rougir de voir l'annulaire sans une bague, après tout. Il fouilla son tiroir à vêtement, à la recherche d'un t-shirt ou autre, tout en disant à Dewey.

« Il est dans le tiroir de Huey, juste à côté de sa collection de pierre. » dit-il, entraînant un cri de protestation de la part de son frère aîné.

« Mais pourquoi diable il est dans mon tiroir ?! » s'exclama-t-il, indigné.

« Pour pas que Dewey le trouve. » ricana Louie, trouvant enfin un t-shirt vert avec marqué dessus « Million dollars boy ». Il l'enfila et se retourna vers Huey qui fulminait alors qu'il allait voir dans son tiroir. Dewey laissa faire son frère aîné, sachant qu'il ne devait absolument pas toucher au précieux tiroir. Il pencha la tête sur le côté en regardant Louie.

« Pourquoi tu te changes ? Je pensais que tu avais fait exprès de mettre plein de ventilateur pour éviter d'enlever ton pull ? » demanda Dewey alors que son benjamin rajoutait un petit veston en toile vert foncé par-dessus, afin de pouvoir mettre ces mains dans les poches.

« C'était l'objectif. » soupira-t-il « Mais Webby a bousculé mes plans. Elle m'a demandé d'aller à la fête foraine avec elle. »

Il soupira encore une fois avant de se retourner vers ces frères, qui le regardaient étrangement. Enfin, pas si étrangement que ça. Dewey avait un sourire en coin explicite, le regard taquin alors qu'Huey le regardait comme s'il voyait un petit louveteau sortir de sa tanière pour la première fois. Il ne put empêcher le rouge de lui monter aux joues.

« Ce n'est qu'une sortie entre amis, rien de plus, rien de moins. » chuchota-t-il, se frottant les joues, voulant retrouver une teinte plus normal, son ton devenant mélancolique « Elle avait surement personne d'autre avec qui y allait. La connaissant, elle a dû savoir que tout le monde était occupé. »

Il vit la lueur d'amusement disparaître des yeux de ces frères alors qu'ils devenaient plus inquiets. Ils partagèrent un regard qui énerva Louie au plus haut point. Il voulut répliquer qu'il ne voulait pas de leur pitié mais il fut coupé par la porte qui s'ouvrait d'un coup. Il sursauta, laissant un petit couinement de souris sortir de sa bouche alors qu'il se retournait vers la porte.

Webby se trouvait dans l'encadrement, souriante, portant une belle robe rose légère. Louie écarquilla les yeux, voyant le détail de celle-ci, les épaules tombantes, la ceinture qui marqué la poitrine et le doux tissu volage qui s'envolait délicatement au gré de ces mouvements. Elle avait coiffé ces cheveux en un petit chignon tenu par une broche avec en jade, qui lui avait offert il y a des années de cela. D'ailleurs, la robe était elle aussi un de ces cadeaux. Sur son épaule pendait un petit sac violet, assez grand pour contenir que deux trois objets.

Il la regarda longuement alors qu'elle s'avançait vers lui, souriante.

« Je me suis changée parce que j'avais peur d'avoir trop chaud ! » dit-elle, joyeuse « Par contre, je pense qu'il faut que l'on prenne ton brumisateur ! »

Elle le regarda et fronça les sourcils, le voyant pas réagir. Bloqué par la stupéfaction et engourdi par ces émotions, il fut reconnaissant quand Dewey détourna son attention.

« Il m'a dit que je pouvais le prendre ! » gémit Dewey, faisant se retourner la tête de Webby vers lui « Je vais devoir faire une chasse au trésor pour les gens de la chorale et je crains énormément la chaleur ! »

« On va être dans les bois, tu sais ? » grogna Huey, croisant les bras «Il y fait toujours plus frais. »

Dewey tourna la tête vers son frère aîné, une impression choquée sur le visage.

« Tu te moques de moi ? » s'exclama-t-il « On était dans les bois i peine 5 minutes et il y faisait hyper chaud ! »

« Surement moins chaud qu'en ville ! » protesta Huey, lui faisant signe vers le brumisateur « Ils en auraient plus besoin que nous ! On peut toujours prendre plus de bouteilles d'eau ! »

Dewey se retourna vers Webby, qui lui lançait un petit sourire amusée devant son expression désabusé.

« Il va me tuer. » déclara-t-il, sombrement, alors que Huey levait les yeux au ciel «Il ne prend même pas ma défense alors que je l'aide gracieusement ! »

« Si tu ne veux pas m'aider, rien ne t'oblige à le faire ! » dit Huey, en levant un sourcil « Et puis, si tu m'aide, c'est juste pour pouvoir t'en vanter auprès de Christina. »

Dewey foudroya Huey du regard, mais celui-ci ne flancha même pas. Louie aussi savait que c'était clairement la raison pour laquelle Dewey l'aidait, et ce à partir du moment qu'il avait entendu le mot « chorale ». Ayant repris ces émotions, et évitant de regarder Webby, il s'adressa à Dewey.

« Tu peux garder le brumisateur. » dit-il, finalement « On va en ville, je suis sûr qu'on va pouvoir en acheter d'autres. »

Dewey le regarda, les yeux reconnaissant et lui tendit son poing. Louie se contenta de lui faire une pichenette, ce qui ne sembla même pas déranger son frère en bleu.

« Toi, tu es un vrai frère. » dit-il, solennellement, enclenchant un soupir de la part d'Huey.

« Bon, tu as fini ton cinéma ? » fini par dire le frère aîné, attrapant le col de ce dernier, qui poussa un petit gémissement de protestation « On a beaucoup de travail ! »

Il se retourna vers Webby, un sourire sincère sur les lèvres.

« Amusez-vous bien ! » dit-il, provoquant un grand sourire de la part de la jeune fille.

« Merci, Huey ! » répondit-elle, alors qu'elle tapait le poing de Dewey avec le sien.

Huey lança un petit regard en biais à Louie, histoire de lui faire un clin d'œil avant de traîner Dewey en dehors de la pièce. Ils laissèrent les deux jeunes adolescents dans la chambre, qui les regardait avec amusement.

« C'est un sacré duo, quand même. » fini par dire Louie, en secouant la tête incrédule. Il attira le regard de Webby sur lui.

« C'est vrai. Mais je dois t'avouer que c'est en trio que vous marchez le mieux ! » dit-elle, en lui faisant un clin d'œil. Il prit une petite inspiration indétectable afin de canaliser le rouge qui lui montait aux joues et il poursuivi.

« Bon » dit-il, sa voix ferme « On fait quoi en premier lieu ? On va acheter le brumisateur ou on va à la fête foraine en espérant qu'il y en a là-bas ? »

Webby sembla réfléchir avant d'hausser les épaules.

« Ecoute, sur la route, on trouvera surement des supérettes ou autres ! Autant se diriger vers la fête foraine et s'arrêter dès qu'on en voit ! »

Louie fronça les sourcils.

« Launchpad va quand même pas s'arrêter tous les 4 mètres pour ça. Ça serait une perte de temps. » dit-il, provoquant un regard malicieux de la part de Webby.

« Qui a dit que Launchpad nous accompagné ? » demanda-t-elle, entraînant une protestation immédiate de la part de Louie.

« Attends, tu veux qu'on y aille à pied ?! » s'écria-t-il, alors qu'elle riait vers la porte.

« Allez, ne fais pas ton paresseux ! On va bien s'amuser ! » dit-elle, en se retournant vers lui, une expression taquine sur le visage.

« Tu vas finir par me tuer. » grogna-t-il, en levant les yeux au ciel, ce qui fit plus rire la jeune fille. Il soupira et la suivi, grommelant dans sa barbe.


Quand il arriva à la fête foraine, il était exténué. Cela faisait deux heures de marches entre là-bas et le manoir, et la chaleur avait rendu cela interminable. Il posa ses mains sur ces genoux, reprenant sa respiration, alors que Webby sautillait sur place, regardant le spectacle qui s'offrait devant ces yeux.

Il s'agissait d'une très grande fête foraine, avec beaucoup d'attraction gigantesque, tel que des grandes roues, des grand huit et autres. Elle passait à Duckburg une fois par an, allant directement à son emplacement désignait, à l'opposé de la ville. Du manoir, il était possible de la voir de l'autre côté de la baie, majestueuse organisation féerique que les enfants comme les adultes aimaient voir s'illuminer.

Pour Louie, la voir chaque année ramenait un goût amer dans sa bouche. Faisant parti des meilleures fêtes foraines du monde, elle faisait aussi parti des plus cher et, même si l'entrée était gratuite, le fait de pouvoir rentrer dans une attraction était extrêmement coûteux. Quand il était petit, ses frères, Donald et lui venait souvent se balader dans les différentes allées afin de voir les nouveautés, sans pouvoir les tester. Ils étaient trop pauvres pour pouvoir se le permettre.

Il se redressa doucement lorsque Webby revenait vers lui, les yeux brillants de toutes les nuances possibles.

« Mon dieu, regarde-moi ça ! » s'exclama-t-elle, tournant sur elle-même « Ça va faire des années que je la vois de ma chambre et je peux enfin y mettre les pieds ! C'est merveilleux ! »

« Oui, fantastique. » grogna Louie « J'adore aussi l'odeur de la sueur et des ordures, les rues dégueulassées par des gens incapables de jeter leurs détritus dans les poubelles, le hurlement incessant des passants … »

« C'est génial ! » s'exclama Webby, en lui prenant la main, le tirant dans les différentes allées de la fête foraine.

Il eut beaucoup de mal à l'admettre, mais le temps passa très rapidement. Webby avait le don de faire oublier les points négatifs et de s'extasier sur le moindre petit détail, ce qui apporter un peu de fraîcheur dans cette journée exténuante. Louie la suivit et lui présenta les différentes attractions, les classiques des classiques. Lorsqu'ils eurent fini le premier tour, Webby lui annonça une grande surprise : elle avait réussi à avoir beaucoup d'argent de la part de sa grand-mère, ce qui voulait dire qu'ils pouvaient faire beaucoup d'attraction. Il s'était soudain senti extrêmement mal à l'aise, puisqu'il n'avait même pas pensé à prendre son porte-monnaie : il avait tellement l'habitude de ne pouvoir rien acheter qu'il ne prenait même plus la peine de prendre quoi que ce soit.

Webby avait été généreuse et, malgré que ce soit elle qui avait l'argent, avait insisté pour qu'il choisisse ce qu'ils allaient faire. Ils avaient donc alterné entre des attractions plutôt calmes et des manèges à sensations fortes, Louie choisissant la première catégorie pour lui et la seconde pour Webby. Malgré le fait qu'il criait plus fort que la majorité des gens, il s'amusait énormément, oubliant complètement ces états moroses du début de journée. Le fait de partager ça avec Webby était la cerise sur le gâteau. La voir aussi heureuse, aussi flamboyante de bonheur et de simplicité l'éblouissait littéralement.

Il pensait sincèrement que ces sentiments pour elle était une tare dont il devait se débarrasser, une anomalie qu'il devait soit contourner soit éradiquer. Cependant, à chaque fois qu'il avançait dans ce deuil métaphorique de ces émotions, elle revenait en force, telle une lumière blanche indescriptible qui ramenait ces sentiments à la vie. Aujourd'hui était l'un de ces jours-là. Elle était si belle, si pure, qu'il avait l'impression que chaque fois qu'elle le touchait, elle le brûlait. Il n'arrivait pas cependant à trouver cela désagréable. Il était comme un fou qui aimait sentir le bûcher l'engloutir, le carbonisant à petit feu.

La fin de journée arriva rapidement et la nuit commençait à tomber. Il était bientôt 22h et il n'avait pas vu l'après-midi passait. Il regarda le ciel, dur rappel à la réalité mais fut coupé de sa contemplation par la main de Webby qui lui attrapa la sienne. Quand il se retourna vers elle, elle lui fit un autre sourire rayonnant qui lui, sembla-t-il, creusa la rétine.

« Il faut qu'on aille sur la grande roue pour voir le coucher de soleil ! » dit-elle, le tirant doucement vers l'attraction phare de l'endroit.

A sa grande surprise, il n'y avait pas beaucoup de queue et ils rentrèrent dans les derniers dans la grande roue. Il était un peu gêné, au début, en se rendant compte que les autres occupants étaient principalement des couples, mais il poussa le sentiment dans un coin de son esprit. Il ne fallait pas penser à ça. Quand celle-ci démarra, il eut un léger à-coup qui le fit avoir un petit couinement, ce qui fit rire Webby. Il rougit immédiatement, regardant son amie qui l'observait tendrement.

« J'adore quand tu fais ça. » dit-elle, doucement.

« Quand je fais quoi ? » demanda-t-il, un peu surpris.

« Ça ! » dit-elle, en désignant sa bouche « Ce petit couinement. C'est vraiment trop mignon ! »

Il la regarda, les yeux écarquillés, avant de se détourner, et de regarder devant lui.

« Te moque pas de moi … » grogna-t-il, enclenchant un rire de Webby. Ils arrivèrent finalement vers le haut de l'attraction et il eut le souffle coupé.

La vue était magnifique. Le soleil couchant se reflétait sur l'océan, colorant l'eau d'une nuance d'orange et de bleu unique, prenant les couleurs d'un ciel nuancé. Le manoir trônait sur leur gauche, bâtiment magnifique et surplombant la baie, comme un phare guidant les bateaux à bon port. Il regarda la scène, son cœur en paix. Il ne remarqua que plus tard que Webby ne faisait que le fixer. Quand il redescendit, il se tourna vers elle, un petit sourire en coin narquois.

« Alors, tu as profité du paysage ? » demanda-t-il, ce qui entraîna un petit sourire de la part de Webby.

« Disons que j'ai vu aussi quelques choses d'agréable. » répondit-elle, et il supplia son cerveau de ne pas chercher de double sens. Il soupira et s'appuya sur le siège, la regardant.

« Qui a à voir avec la raison pour laquelle on est ici ? » demanda-t-il, ce qui fit soupirer Webby.

« Tu ne lâcheras pas le morceau, hein ? » dit-elle, alors qu'elle était penchée sur la barre de protection.

« Nope » dit-il, avec un petit ton amusé. Webby le regarda un moment avant qu'il ne poursuive « Pourquoi as-tu insisté pour que je vienne avec toi ? »

« Tu n'arrives vraiment pas à croire que c'est juste parce que j'avais envie de passer du temps avec toi ? » demanda-t-elle, impuissante. II secoua la tête.

« Tu te serrais pas changé, je n'aurais peut-être pas eu la puce à l'oreille. » dit-il, attirant un regard étrange de la part de Webby. Comme si elle attendait la suite des événements.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda-t-elle, bien qu'elle avait l'air de voir où il voulait en venir.

« Cette robe et cette broche, ce sont des cadeaux que je t'ai offert » dit-il, simplement « Comme si tu voulais me montrer que tu les portais et que, je pense, ils étaient important pour toi. En plus, comme par hasard, tu as suffisamment d'argent pour faire plein d'attraction et, au lieu de faire toutes celle que tu voulais, tu m'as laissé entièrement le choix, comme si tu voulais me faire plaisir plutôt que de découvrir un monde que tu ne connaissais pas. »

Elle lui fit un petit sourire, alors qu'il arrivait doucement vers la conclusion qui lui venait en tête.

« Tu voulais me changer les idées, après la dispute que j'ai eu avec Della, n'est-ce pas ? » demanda-t-il et il la vit tiquer sur le nom de sa mère. Il savait qu'elle n'aimait pas quand il l'appelait ainsi. Elle soupira finalement, bien que ces yeux fussent remplis d'amusement.

« Je suis une piètre menteuse, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle, faisant hausser les épaules de Louie.

« Je ne dirais pas ça. » dit le jeune adolescent. Elle ricana, regarda le paysage qui revenait, s'étant un peu plus assombri.

« Je déteste quand tu es dans ces états. » dit-elle, doucement, attirant son regard sur elle « Quand tu vas te morfondre sans le montrer, agissant normalement alors que tu es chamboulé. »

Il la fixa, silencieusement, alors qu'elle continuait.

« Je pense que ta mère ne le voit pas parce qu'elle est elle-même trop occupé à cacher ces émotions. Sur ce point, vous vous ressemblez beaucoup. Mais, que ce soit elle ou toi, ces disputes ne vous plaisent pas. Je ne comprends pas pourquoi vous n'essayez pas autre chose. »

Elle dessina des figures sur la barre de sécurité, le regard pensif.

« Je n'ai jamais connu mes parents. Ils sont mort bien trop tôt, de tel façon à ce que je ne me souviens rien d'eux. La seule figure maternelle que je connaisse, c'est ma grand-mère. Et bien que je lui sois reconnaissante et que je la considérerais à jamais comme la personne la plus importante de ma vie, je ne peux pas m'empêcher de vous envier. »

Elle se retourna vers lui, les yeux mélancoliques.

« Votre mère est revenue. Elle est là, à côté de vous, alors que vous pensiez l'avoir perdu pour toujours. Ma mère ne reviendra jamais. Je ne pourrais jamais ressentir ces bras autour de moi. Mince, je ne me souviens même pas de sa voix. Et toi, tu l'as à côté de toi, tu peux l'entendre, la toucher. Et là seule chose que tu fais, c'est te disputer avec elle. »

Il eut un silence entre eux et Louie commença à se sentir mal, voyant à quel point les gens ne le comprenaient pas. Il voulut prendre la parole mais Webby le coupa involontairement.

« Au début, j'étais en colère contre toi, car j'avais ce sentiment de jalousie qui m'aveugler. Mais avec la dispute de ce matin, je me suis rendu compte de quelques choses. Quand vous vous êtes disputé, j'étais cacher dans la cage d'escalier et elle t'a fait la leçon. Mais une leçon qui ne te correspondait pas. Elle t'a traité d'égoïste alors que tu ne l'es plus. Elle t'a dit que tu devais arrêter tes combines alors que ça va faire un moment que tu as passé ce cap. Et je me suis rendu compte qu'elle te reprochait des choses qui n'était plus comme si elle n'avait pas vu tous les efforts que tu avais fait pour t'améliorer. Et j'ai compris que, à tes yeux, ta mère était aussi éloigner de toi que la mienne était éloigner de moi. »

Les yeux de Webby étaient tristes et il sentit ces propres yeux se remplir de larmes. Il détourna le regard, essayant de réhydrater sa gorge sèche et d'éviter de sangloter. Il avait physiquement mal à la poitrine. Il sentit une tête se poser sur son épaule et il frissonna.

« Je suis tellement désolée, Louie » dit Webby, doucement « Je suis tellement désolée de ne pas avoir compris ta détresse plus tôt. J'espère que j'ai réussi à me faire pardonner. »

Il dégluti difficilement. Il sentit une main doucement se poser sur sa joue pour tourner sa tête vers la sienne. Elle s'était éloignée mais son visage sembla prendre tout son champ de vision.

« Louie, on a tous vu tes efforts. » dit-elle, avec un sourire fier « On a tous vu que tu avais changé. Et ta mère le verra aussi, je te le promets. On l'a vu parce que tu es important pour nous et que tu fais partie intégrante de la famille. »

Il la regarda longuement, résistant à l'envie de l'embrasser. Au lieu de ça, il s'avança et l'enlaça, cachant son visage dans son épaule, refoulant les larmes qui voulaient couler de ces yeux. Elle se laissa faire, le serrant aussi dans ces bras, alors qu'elle lui caressait le dos. Ils restèrent ainsi un long moment, alors que le manège continuait à tourner. Il se dégagea finalement, alors qu'il reprenait une expression neutre qui le définissait maintenant.

« Je te remercie, Webby. » dit-il alors qu'il se tendit quand il sentit des lèvres se poser sur sa joue.

« La prochaine fois, au lieu de t'enfermer dans une pièce seule, vient me voir. » dit-elle, sérieusement « Je ne veux plus te voir dans cet état. Je te promets que je trouverai un moyen de te redonner le sourire. »

Il l'a regarda, le rouge aux joues, alors que la lumière de ces yeux éclairait les moindres recoins de son âme. Cela faisait mal. Cela faisait extrêmement mal. Mais tel Icare, il ne put que sourire.

« D'accord » répondit-il, sentant déjà ces ailes fondre.

Elle lui sourit en réponse. Il se rendit compte qu'il était déjà en train de chuter.


Quand ils arrivèrent enfin au manoir, il faisait nuit noir. Ils étaient partis directement après être sorti de la grande roue mais il leur fallait deux heures de marche pour revenir chez eux. Louie était épuisé, mais au moins, la nuit était plus fraîche que le jour. Ils auraient pu appeler Launchpad pour venir les chercher, mais ils avaient décidé d'un commun accord qu'il préférait marcher : c'était plus sur après tout.

Quand ils arrivèrent au niveau de la fontaine, ils virent que Della les attendait au niveau des escaliers. Elles les avaient appelés il y a de cela deux heures et, quand ils lui avaient dit qu'ils voulaient revenir à pied, elle leur avait promis de s'occuper du cas Beakley. Quand elle les vit, elle se releva, un grand sourire sur les lèvres et s'approcha d'eux.

« Alors, comment c'est passé le rendez-vous ? » demanda-t-elle, taquine, et Louie rougit instantanément. Il voulut protester, mais Webby le dépassa.

« Très bien ! » dit-elle, en sautillant vers la porte d'entrée.

Ces deux mots figèrent Louie de stupéfaction et il hurla à son cerveau de ne pas chercher de double sens. Ils étaient parti tous les deux, seul, à une fête foraine. C'était une sortie entre amis, pas un rendez-vous. Webby ne devait pas voir la différence, c'était tout.

Il regarda sa mère qui lui faisait un sourire taquin et il détourna rapidement le regard.

« Merci de nous avoir laissé le temps de revenir à pied. » dit-il, mettant les mains dans les poches de son veston.

« Il n'y a pas de soucis, Louie » dit-elle, lui passant distraitement une main dans ces cheveux. Les yeux du fils se reposèrent un instant sur ceux de sa mère, un peu surpris par ce geste d'affection. Elle le fixa longuement, et il détecta cette lueur qu'elle n'avait qu'en le regardant. Il n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce que c'était. Il n'eut cependant pas le temps de lui demander car elle lui fit un sourire.

« Bon, c'est le moment d'aller te coucher ! Tes frères doivent être impatients d'entendre ton aventure ! » dit-elle, enjouée.

Il resta silencieux un moment avant de sourire en coin, narquois.

« Dewey est toujours en vie ? Ça, c'est la plus grande surprise de toute. » dit-il, malicieux. Cela provoqua un rire franc de sa mère.

« Ça a été difficile, apparemment. » répondit-elle « Quand il est rentré, il est directement allé se doucher, en hurlant dans tout le manoir que, non, il ne faisait pas plus frais dans la forêt. »

Il ricana un peu. Il la regarda un instant avant de soupirer.

« Bon, je vais y aller. Bonne nuit. » dit-il, simplement.

Elle le regarda et elle hocha la tête.

« Bonne nuit, mon trésor. » répondit-elle, le laissant s'éloigner vers la porte d'entrée, la laissant seule dans la nuit fraîche d'été.

Son visage se décomposa doucement alors qu'elle regardait son plus jeune fils fermait la porte derrière lui. Elle se prit dans ces bras, le regard triste, alors qu'elle soupirait.

« Tout serait plus simple si tu ne ressemblais pas tant à ton père, Louie. »