Bonjour, pour occuper les dernier jours de confinement voila le chapitre 3 de ma fanfiction oublié! Très bonne journée à vous!


CHAPITRE 3

Trois jours été passés depuis l'incident de la grande salle. Les jumeaux Weasley avaient écopés de deux mois de punition à nettoyer la volière et les chaudrons du professeur de potion. Punition qui n'était pas à la hauteur de leurs actes selon ce dernier.

Severus fulminait quand il pensait à cette réprimande bien légère face aux vraies conséquences sur sa vie. Il était dans l'obligation de vivre avec la jeune étrangère fraîchement arrivée à Poudlard et on ne pouvait pas dire que c'était une réussite. En effet, l'homme avait toujours vécu seul et avait géré l'habitude de partager son quotidien avec quelqu'un.

La jeune fille n'était pas très envahissante, étant muette et la plupart du temps plongée dans la lecture mais sa simple présence suffisait à déranger le maître des potions. Après sa conversation avec le directeur de l'école, il était parti se réfugier dans ses appartements, l'adolescent le suivant de près.

Arrivée devant la porte de la jeune fille s'arrête nette, refusant catégoriquement de rentrer dans sa demeure. Elle fit demi-tour dans le couloir et emprunta le chemin vers la bibliothèque. Severus ne s'attendait pas à cette réaction et essaya de la rattraper pour la convaincre de rentrer chez lui mais rien n'y est en forme. Elle était déterminée à reprendre d'autres piles de bouquin car elle avait vraisemblablement déjà fini les siens. La mort dans l'âme, Severus l'accompagna dans l'antre du savoir. Il regarde l'adolescente vagabondait une dizaine de minutes dans les rayons prenant au hasard certains ouvrages. Elle revint vers le professeur de potion, les bras chargés de livre lui montant quasiment jusqu'au visage.

Mme Pince observa avec méfiance la pile de livres puis le maître des potions. Severus dut se porter garant de la bonne restitution des ouvrages, omettant au passage de mentionner l'annotation précédemment faite par la fille de Severus dans l'un d'eux. S'il lui avait avouait maintenant cet acte, la vielle femme interdirait l'accès au lieu à la blonde et Severus ne savait pas comment celle-ci allait réagir. La bibliothécaire accepte néanmoins la requête après de longues secondes à scruter le masque imperceptible du professeur. Le père et la fille refirent ensemble le même chemin pour retourner au cachot et cette fois ci l'adolescente acceptaée de rentrer après quelques instants d'hésitations.

Ils entrèrent sur un salon de taille moyenne très fonctionnel et impersonnel. La partie droite de la pièce était composée d'une estrade avec un grand établi remplie des chaudrons, des éprouvettes et des papiers. Des rangées d'étagères étaient collées contre le mur et le bois semblait craqué sous la masse importante de livres, de boucaux, d'ingrédients et d'ustensiles de toute sorte.

En regardant sur la gauche, on pourrait apercevoir deux fauteuils vert bouteille encadrant une cheminée et une petite table juste assez grande pour poser un plateau à thé. L'endroit était sommaire et tout porté à croire que l'homme qui vivait ici était un bourreau de travail. Seule une photo trônait sur le haut de la cheminé, on pouvait y voir deux jeunes adolescents: un garçon aux longs cheveux noirs avec un petit sourire timide qui regardait une jeune fille à la chevelure flamboyante qui, elle, arborait un sourire franc.

Au fond du logement se trouvait deux portes dont une que Severus n'avait jamais vu et qu'il supposa être la chambre de sa nouvelle colocataire. Il ouvrit la porte pour vérifier la pièce récemment créée. Elle était composée d'un lit double à baldaquin qui prôné les couleurs de Serpentard, d'une petite armoire pleine de vêtement adapté à la jeune fille et d'un bureau. Une porte ouverte au fond de la pièce laissée voir une salle de bain aussi grande que la chambre.

«C'est ta nouvelle chambre. Tu peux t'installer ici » annonça Snape d'une voix morne. Il était trop fatigué pour se battre ou même s'énerver.

La jeune fille entra dans la chambre sans même jeter un coup d'œil à la pièce et s'assit par terre dos au lit pour dévorer un autre livre en l'occurrence , Les Noms célèbres du monde magique contemporain. Le professeur la laissa faire et vaquât à ses occupations ne voulant pas rester près d'elle plus que nécessaire. Il alla directement se coucher après une bonne douche n'ayant plus la force de corriger des copies d'élèves pour la plupart illettrés. Il avala une potion de sommeil sans rêve et en quelques minutes il sombra dans les bras de Morphée bien loin de cette réalité plus qu'absurdes.

Le lendemain matin avait été plus difficile à gérer pour le directeur Serpentard, il avait traversé la grande salle en compagnie de sa «fille» après un passage évident à la bibliothèque pour renouveler son stock de bouquin.

Tous les regards des élèves et des professeurs s'étaient tournés vers eux, au grand dam de Severus qui avait horreur d'être le centre d'attention. La jeune fille, elle, ne semblait pas perturbée, plongée dans son exemplaire des Contes de Beedle le Barde.

Ils parcoururent la salle pour finalement s'asseoir à l'estrade des professeurs. Le maître des potions est servi une tasse de thé et s'apprêtait à feuilleter le journal en face de lui quand celui-ci fut subtilisé par l'adolescent. Elle avait apparemment fini son livre et commençait déjà à lire dans Gazette du sorcier. Snape voulut lui reprendre des mains mais voyant que l'assemblée scrutait sa réaction, il se ravisa et bu son thé, fulminant intérieurement. Il pourrait entendre le ricanement des jumeaux Weasley face à sa frustration.

En cinq minutes, la jeune muette fini sa lecture et rendit le journal au professeur de potion puis se leva brusquement à l'étonnement de tous pour rejoindre la table des Gryffondor. Elle s'installa entre le binôme roux et profita de leur stupeur pour leur emprunter leur Chicaneur puis leur édition du Quidditch à travers les âges.

Après un rapide coup d'œil à leur professeur qui les regardait sournoisement avec une lueur de défi, ils préférèrent ne rien dire et de laisser la jeune fille prendre ses aises.

Dumbledore profita de cet instant pour discuter avec Severus :

« -Alors, comment se passe la cohabitation ?

-Ai-je vraiment mon mot à dire ? demanda-t-il d'un ton sanglant.

Pour toute réponse, il eut le droit à un sourire énigmatique et Albus poursuivit la conversation.

-J'ai montré les chiffres à Septima, elle ignore aussi leur signification. Vous aurait-elle donné autre chose ?

Sans un mot, il sortit de sa poche un petit papier avec les annotations qu'avait inscrit la jeune fille dans la tour d'astronomie et le tendit au directeur de l'école. Celui-ci lu un court instant le bout de papier et fronçât les sourcils d'incompréhension.

-Une idée ? demanda Albus.

-Non, mais vous êtes plus habitué aux énigmes que la plupart des gens.

-Haha ! Oui, il est vrai que j'adore ça mais je dois bien avouer que celle-ci me rend bien perplexe. Nous devrions avoir une petite conversation après le dîner pour en savoir plus.

-Bien, je vous laisse. Il semblerait que cette gamine a fini par épuiser les livres des Gryffondors. »

En effet, la jeune fille s'était levée de la table et partait avec hâte de la grande salle. Severus marcha d'un pas plus rapide qu'à l'accoutumée pour éviter de perdre de vue sa fille. Il l'a rattrapa dans les couloirs et il réussit tant bien que mal à la diriger vers la salle de classe en prenant comme appât un livre qu'il sortit du sac abandonné plus tôt par la jeune fille près de lui. Une fois arrivé dans la pièce, elle s'installa avec automatisme près de l'unique étagère de manuel.

Le Prince de Sang Mêlée l'observa avec lassitude, l'adolescente lisait compulsivement. Il avait l'impression que depuis son arrivée, la jeune fille s'était peu à peu renfermée. Il lui était difficile de lâcher des yeux les pages des livres. En vingt-quatre heures, elle avait déjà dû feuilleter une soixantaine de bouquins et à ce rythme-là dans un mois elle aurait fini tous les ouvrages de Poudlard.

Les élèves entrèrent dans la salle de classe et malgré leurs étonnements sur l'arrivée de la nouvelle venue, ils firent semblant de rien et laissèrent le cours se passer dans l'habituelle terreur des cachots. Le reste de la journée se passa entre les remarques méprisantes du professeur de potion, le bruissement des feuilles des livres que lisait la muette et les râles désespérés des élèves.

Après le diner, tous les enseignants se rejoignirent dans le bureau du directeur de l'école. Severus était bien évidement accompagné par sa fille qui devait être le grand sujet de conversation de la réunion. Une fois tout le monde réunit, les discutions s'agitèrent :

« -Est-ce une sorcière ou une Cracmol ? Demanda Sibylle Trelawney

-Combien de temps va-t-elle rester ici ? Sa présence perturbe les élèves.

-Ils n'ont pas besoin de ça pour être perturbé, Pomona. Ria Remus.

-Quand aurons-nous des réponses ? Il faut que cette enfant rentre chez elle.

-Il faut commencer à penser à la manière forte ! Intervient soudain Bibine

-A la manière forte ? De quoi parlez-vous ? C'est une jeune fille handicapé pas un dangereux mangemort ! S'offusqua McGonagall

-Severus est un très bon Legilimens, il ne lui sera pas difficile de recueillir des informations sur elle.

-Nous n'avons aucune idée des conséquences du Legilimens sur un esprit malade. Paniqua Minerva

-Avant de penser à ça, nous devrions peut être posé quelques questions à cette petite. Finit Albus

L'assemblée se tourna alors vers la jeune fille qui s'était installée près de la porte du bureau. Le directeur s'approcha d'elle et lui tendit un petit carnet.

-Bonjour, je sais qu'on discute de ton avenir sans que tu ai ton mot à dire mais avant d'arriver à des extrémités, est ce que tu pourrais nous dire s'il y a quelqu'un à contacter ?

La jeune fille prit alors le carnet qu'on lui tendait et nota quelque chose sans même quitter des yeux les pages de la Grandeur et décadence de la magie noire. Dumbledore lut à voix haute l'inscription :

-0080 0332 048 7490. Il soupira en le lisant mais continua à interroger l'enfant. Très bien, est-ce que tu pourrais me dire la ville où tu habites ?

L'adolescente récupéra le calepin et continua le même manège.

- 35.4141274 139.4210057. Bien, il semblerait que nous n'ayons plus vraiment le choix. Severus, mon ami, je crois que le moment est venu. Il est temps de lire dans l'esprit de votre fille.

Devant le rictus, déstabilisé, presque imperceptible du professeur de potion, le directeur encouragea son ami et collègue d'une tape sur l'épaule.

-Elle est ici depuis bien trop longtemps, regardez la, il est évident qu'elle a besoin de soins qu'on ne peut lui fournir ici. C'est pour son bien, Severus.

-Très bien, mais sortez. Il y a trop de monde pour se concentrer correctement. Accepta l'homme sans rien laissé paraître de son désaccord.

Les professeurs obéirent et sortirent du bureau, seul restaient Remus, Minerva et Albus. Prétextant une mesure de sécurité mais ce qui leurs permettait d'assouvir leur curiosité mal placée. Snape consentit au petit groupe de rester à condition d'avoir un silence absolu. Il observa la jeune fille, toujours accroupie près de la porte. Elle n'avait pas bougé lors du départ de la majorité des personnes de la salle, changeant tout juste de bouquin.

Severus attendit quelques instants pour être sûre que l'adolescente ne partirait pas. Il espérait au fond de lui qu'elle se mette à parler, lui évitant ainsi de faire ce geste si envahissant mais seul le bruit des pages venait troubler le silence pesant de la pièce. Un dernier regard aux autres adultes lui indiquât qu'il ne pouvait plus reculer. Le maître des potions sortit sa baguette, un peu anxieux et jeta le sort à contre cœur.


Dès les premières secondes, Severus comprit que quelque chose n'allait pas. Il n'y avait pas de flot de souvenirs comme habituellement. Avant même de réaliser ce qui se passait, il fut comme happé par l'esprit en face de lui.

Il lui fallut un moment pour reprendre le cours de ces idées et observer son nouvel environnement mais rien. Seul l'abysse l'entourait et il commença à paniquer. Rien de tout cela n'était normal, il avait sondé des dizaines d'esprits à la demande de Voldemort et de Dumbledore mais jamais il n'avait vu quelque chose d'aussi invraisemblable. Il tourna frénétiquement la tête à la recherche de lumière, d'un signe, d'une réponse… Puis il la vu.

La jeune fille blonde était assise en tailleur dans le noir absolu semblant ignorer la présence d'une personne étrangère à son esprit. Elle faisait des gestes de la main dans le vide, traçant ainsi une suite de chiffre à l'infini qui finissait par s'estomper et disparaître comme la fumée d'une cigarette. Severus put ainsi apercevoir quelques nombres : 25 45 0800.

Il s'approcha de l'adolescente, subjugué par ces caractères qui s'envolaient dans le néant.

-Où sommes-nous ?

Cette question le surpris autant que la jeune fille. Il l'avait posé sans se rendre compte et il s'en voulut immédiatement d'avoir brisé le silence religieux de cet endroit. D'un geste de la main, l'adolescente balaya ces inscriptions qui n'étaient plus qu'un mince filet de fumée. Elle se leva et fit face à l'homme.

Ce fut la première fois où la jeune fille regarda Severus dans les yeux. Ce geste perturba l'adulte qui ne s'attendait pas à cette réaction. Son regard le transperçait et il avait la désagréable impression qu'elle pouvait lire son âme. Il parla pour masquer sa gêne et détourner l'attention de la jeune fille.

-Où sommes-nous?

L'adolescente le regarda en haussant les sourcils mais ne prononça aucun mot. Elle lui intima silencieusement de continuer.

-Je… Je suis venu pour t'aider… A te ramener chez toi. Dis-moi quelque chose ou tu seras obligée de rester ici.

La jeune fille réfléchit quelques secondes avant de faire apparaître du bout de ses doigts les chiffres qui étaient un véritable casse-tête aux yeux du professeur.

35.414174 139.4210057

D'un simple mouvement, elle fit glisser la suite de nombres sur le côté. Une sorte d'écran telle une mappemonde apparue à la surprise de l'homme qui ne montra rien. Devant lui, la carte s'attendait et au fur et à mesure qu'il l'observait, le point de vue se déplaçait et se rapprochait du but final. Sans surprise, ils survolèrent le Continent asiatique pour se préciser sur le Japon, puis vers la ville de Tokyo où ils descendirent jusqu'à un immeuble désaffecté. Tout s'arrêta devant une bâtisse délabrée et la jeune fille pointât du doigt l'endroit d'où elle venait.

Avant qu'il ne puisse dire quoique ce soit, les vapes du Legilimens le ramenèrent vers le bureau du directeur de Poudlard. Il s'apprêtait à crier sur la personne qui avait osé le sortir de sa transe quand il se rendit compte que toute son énergie l'avait quitté. Il était allongé à même le sol et les adultes présents au-dessus de lui semblaient vraiment inquiets.

«- Severus, est ce que tu vas bien ? S'enquit Remus.

-Oui… Il se redressa pour lui prouver ses dires. Je suis parti combien de temps ?

-Près de quinze minutes. L'informa Minerva. Nous avons été obligés de vous sortir de là quand vous êtes tombé à la renverse.

-Vous avez pu en apprendre plus sur cette enfant ? Intervint Albus.

-Rien qui puisse nous aidez, malheureusement. Mentit le professeur. »

Snape refusait de dévoiler ce qu'il avait pu découvrir dans cet esprit surprenant, se doutant que le directeur l'obligerait à la renvoyer d'où elle venait. Il était hors de question de ramener l'adolescente dans cet endroit sordide où personne ne l'attendait. Severus se dit qu'il trouverait une solution viable pour la jeune fille autre que la rue. Car il s'agissait de ça, sa fille était sans domicile fixe. Cette idée réveillât en lui une grande tristesse.

Non seulement, il était incapable de se souvenir de sa mère mais en plus son enfant handicapé vivait seul dans la rue depuis une période qu'il ne pouvait estimer. Il regarda la jeune fille qui s'était arrêtée en plein mouvement laissant sa page entre ses doigts, les yeux perdus dans le vide.

Severus eu très honte à cet instant. Même si c'était pour son bien comme l'avait annoncé Dumbledore, le doute le submergea en voyant ainsi sa fille. Quels dégâts avait eu le sort de Legilimens sur son esprit déjà malade ? Il se promit de ne plus jamais réitérer cette expérience bien qu'il fut secrètement heureux du mince contact qu'il avait eu avec elle.

Le regard de la jeune fille le hantait encore. Elle n'était pas la même personne dans la réalité que dans sa conscience et cet aspect de sa personnalité l'intriguait. Peut-être, un jour il pourrait rencontrer cette personne dans la vraie vie mais pour cela il devait la protéger de ce monde. Entre Dumbledore, le Ministère, Lord Voldemort et sa fonction d'agent double, cette tâche s'annonçait des plus délicates.

Le directeur le sortit de ses pensées :

« -Je suis vraiment désolé que cette méthode extrême n'a pu arriver à ses fins, Severus. Nous rediscuteront de son avenir, ici, demain mais pour l'instant il faut que vous vous reposiez. Demain est un autre jour et nous trouverons une solution pour elle. Annonçât-il d'une voix rassurante.

-Je vais le raccompagner, Albus. Il est trop fatigué pour rentrer seul. Expliquât le lycanthrope qui tendait déjà sa main pour aider le professeur de potion à se relever.

-Je vais bien, Remus. Je n'ai pas besoins d'aide, crachat il en frappant la main tendue. »

Il se redressa avec difficulté gagnant un mal de crane en prime. Le sortilège l'avait épuisé plus qu'il ne pensait mais sa fierté était plus grande que son malaise. Il se dirigeât vers la porte et tint la poignée. Voyant le manque de réaction de la jeune fille qui se trouvait à ses pieds, il annonçât sommairement qu'il rentrait. Elle resta immobile et cela brisa le cœur de Severus. Il décidât de partir sans elle, elle finirait bien par le suivre ou, il l'espérait, rentrer dans ses appartements.

Il eut raison car dans les couloirs du château, l'adolescente finit par le rattraper. Le poids dans l'estomac du professeur diminua un peu en présence de la jeune fille. Elle ne lui en voulait peut être pas pensât-il optimiste. Ou peut-être qu'elle n'avait pas d'autre choix que de le suivre réalisât-il sombrement.

Ils rentrèrent ensemble dans les appartements du maître de potion et sans un regard l'un pour l'autre, ils partirent se coucher. Entre les émotions de la soirée et celle qu'on leurs réserver pour le lendemain, ils méritaient amplement une bonne nuit de sommeil. Tous deux étaient exténués et incapable de se l'avouer.

Quand Severus se réveillât au troisième jour de l'arrivé de sa fille, il découvrit cette dernière dans le petit salon entrain de l'attendre sur l'un des confortable fauteuils. Elle avait déjà revêtu de l'uniforme de l'école, mit à sa disposition dans sa chambre et lisait Les mystères architecturaux de Gringotts. A ses pieds, elle avait préparé un sac avec plusieurs livres.

L'adolescente avait déjà dû faire son tour à la bibliothèque et était désormais prête à entamer sa journée. Severus fut quelque peu étonné mais se souvient que la jeune fille s'occupait d'elle-même depuis plusieurs années. Il lui adressa un rapide mouvement de tête en guise de bonjour et sans plus attendre ils partirent prendre leur petit déjeuner dans la grande salle.

Une fois arrivés, la jeune muette s'installât directement à la table des Gryffondor entre les jumeaux et en face du trio d'or. Malgré la surprise générale, personne n'osa contredire le geste de l'étrangère et Severus s'assit sur l'estrade sans un mot. Les discussions reprirent de bon cœur :

« -Deux jours d'affilés à la table des Gryffondor… Commença Fred.

-On va finir par croire que tu nous apprécie. Finit Georges à l'attention de l'adolescente incrustée entre eux.

-En même temps qui aurait envie de rester entre Snape et McGonagall, c'est une torture dès le matin. Dit difficilement Ron entre deux bouchés de pudding.

-Ne parle pas la bouche pleine, Ron ! Tu en mets partout ! S'exclama Hermione en essuyant les traces de pudding sur son manuel.

-Pardon mais c'est vrai !

-En parlant de Snape, vous avez vu la façon dont il nous regarde ?

La bande se tourna d'un seul homme vers leur professeur de potion. L'homme les dévisageait d'un air menaçant et tout son corps était tendu. Il n'avait aucune confiance en ces Gryffondor sans cervelle.

-T'inquiètes, Harry. Il a peur pour sa fille chérie. Plaisanta Fred.

-Je dirais même qu'il a peur qu'elle nous aime plus que lui !

-Je dirais surtout qu'il nous le fera payer. Et je n'ai pas envie de passer le reste de ma scolarité avec vous à nettoyer tous les chaudrons de l'école. Finit Harry en se levant de table. J'y vais, on a la première heure avec lui, j'aimerais éviter les ennuis autant que possible.

-C'est nouveau ! En rirent les jumeaux.

Harry leur tira la langue en réponse et il partit en compagnie d'Hermione. Ron finit d'engloutir son petit déjeuner avant de se jeter à la poursuite de ses amis.

-Bon, fillette ! Ce n'est pas que tu es de mauvaise compagnie mais on va devoir y aller nous aussi. A plus tard. Dit Georges voyant son frère partir vers leur prochain cours.

La jeune fille n'avait pas levé la tête de tout le repas et ne semblait pas affectée par le départ des étudiants. Quand Severus s'approchât de la table, elle se redressa rapidement et le suivit jusqu'aux cachots.

Les élèves attendaient déjà devant la porte de la classe. Gryffondor et Serpentard de chaque côté, s'abstenant de se regarder dans l'espoir d'éviter une confrontation matinale. Le prince de sang mêlé fit entrer les adolescents dans la salle et tous s'installèrent à leur place respectives.

La blonde s'assied près de Ron et Harry qui étaient sur une paillasse derrière celle d'Hermione et Neville. Le rouquin allait protester quand Harry lui donna un violent coup de coude dans les côtes désignant avec un mouvement de tête entendu le professeur. Celui-ci regardait sa fille avec étonnement mais préféra se taire. Après tout, il n'avait aucun moyen de contredire les actes de l'adolescente.

Le cours commença dans un calme et tout le monde vaqua à la réalisation de la potion demandée par leur professeur. Au bout d'un moment, la muette ferma bruyamment son livre faisant sursauter quelques élèves concentrés. Avant qu'elle ne puisse se baisser pour récupérer un autre bouquin dans son sac, Hermione se tourna vers elle et lui tendit un ouvrage.

« -Tient, je suis sûre que ce livre t'intéressera. Dit-elle avec un large sourire. C'est mon livre préféré. »

La brune attendit que l'autre jeune fille prenne son édition de L'Histoire de Poudlard. Elle le fit timidement et Hermione retourna à sa potion tandis que l'adolescente commençait sa lecture. Severus avait suivi l'échange au loin et un mince sourire s'étendit sur ces lèvres. Il ne l'avouerait jamais à voix haute mais il remercia intérieurement la Miss-je-sais-tout.

A la fin de l'heure, l'adolescente vint vers la Gryffondor pour lui rendre son livre.

« -Merci, tu as aimé ?

Le visage toujours tourné vers le sol, elle fit seulement un hochement de tête pour montrer son approbation.

-Génial, je pourrais t'en prêter d'autre si tu veux. Sourit la brune.

Elle continua sa tirade après un autre signe de tête.

-Très bien, on se voit plus tard. Je dois encore aller au cours de botanique. »

Hermione lui fit un geste de la main et partit rejoindre ses amis qui la regardaient étrangement.

Le reste de la matinée fut partagé avec les Serdaigle et les Poufsouffle de deuxième année. A part un ou deux chaudrons qui explosèrent tout se passa dans un calme relatif. L'heure de midi sonna comme une délivrance pour les étudiants affamés qui se ruèrent vers la grande salle.

Les élèves de Gryffondor furent de nouveau enchantés par la présence de la fille de Snape. Elle s'était incrustée entre Hermione et Harry sous la mine boudeuse de Ron. Les jumeaux, eux, plaisantaient sur le fait qu'ils étaient délaissés par elle. Tous rirent à cette remarque, ils commencèrent doucement à appréhender la jeune fille malgré son mutisme. Hermione avait grandement aidé à l'intégration de la blonde en dépit des remarques de ces meilleurs amis. Les discussions étaient légères et joyeuses.

C'est pour cela que personne ne fit attention à l'adolescente qui ferma son livre plus brutalement qu'à son habitude. Harry ne comprit pas d'où venait la force qui l'avait obligé à se lever mais il sentit son bras se bloquer fermement dans son dos et quelque chose de froid pressé sur sa jugulaire. Les élèves toujours dans leurs conversations mirent plusieurs secondes à réaliser ce qui était en train de se passer sous leurs yeux.

La jeune muette avait pris en otage Harry Potter dans la grande salle de Poudlard et menaçait de lui trancher la gorge avec un coteau pris sur la table des rouge et or. Certains adolescents crièrent d'épouvante en réalisant le carnage qu'elle pourrait faire.

La jeune fille se tourna vers l'estrade des professeurs, obligeant au passage Harry à en faire de même. Elle planta son regard, déterminé et sans peur, dans les yeux effarés de Severus. Elle resserra sa prise sur le bras du Survivant et pressa un peu plus la lame sous sa gorge faisant gémir ce dernier.

L'adolescente ne quitta pas des yeux le directeur de Serpentard malgré les protestations de Dumbledore. Snape comprit ce qu'elle voulut : repartir chez elle et pour cela elle était prête à tout.

« -J'ai compris, dit-il levant le bras pour lui intimer de lâcher l'élève. Je vais te ramener mais il faut que tu le libères.

Au vu du glapissement qu'émis Potter, elle n'était pas d'accord.

-Je peux te ramener. Albus, pourriez-vous me donné un Portoloin afin de ramener cette jeune fille chez elle ?

Il demanda cela sans quitter des yeux sa fille ayant peur qu'elle ne commette l'irréparable. Devant l'urgence de la situation, Albus passa outre les anciens mensonges de son collègue et demanda le lieu pour enchanter le premier objet qu'il avait sous la main, en l'occurrence une carafe d'eau. Snape lui annonça la ville de Tokyo et après quelques gestes de sa baguette Albus tendit l'objet au professeur. Celui-ci le prit et marchât doucement vers l'adolescente qui gardait toujours son emprise sur Harry.

« -Ceci, il désignât la carafe, est un Portoloin. C'est un objet qui nous permet de voyager partout dans le monde mais il faut le tenir fermement où les conséquences pourrait être dramatique. Avoir un otage n'est pas conseiller pour voyager ainsi. Lâche-le et nous pourrons partir. »

Chacun de ces mots aurait rapproché de la jeune fille et une fois devant Potter, il s'arrêta regardant le jeune homme pour s'enquérir de sa santé. L'adolescente envoya alors brusquement le garçon au sol pour se jeter vers l'objet tant convoité.

Elle lança un dernier regard vers son père et ils disparaissent de la grande salle aussi vite qu'elle était apparue dans leur vie.


A suivre...