Newt aimait sa maison familiale. A l'écart de la ville, elle était modeste, mais respirait tout simplement la nature et l'avait bercé durant toute son enfance. L'enclos avec les hippogriffes semblait toujours aussi intact, les animaux plumés l'aperçurent presque immédiatement malgré le temps passé et Newt fut touché par leur élan d'affection.

— Bonjour, bonjour… Dit-il en offrant des caresses aux plus proches et en esquivant doucement certaines serres ou coups de becs trop bruts. Vous avez été sages, j'espère ?

Bien sûr, ils ne pouvaient pas lui répondre dans la langue humaine, mais il était amusé de les voir s'ébrouer en guise de réponse.

Approchant de la maison avec précaution, il constata rapidement qu'il était le seul rentré. Son frère devait encore travailler au bureau des Aurors. Après tout, il devait avoir les mêmes horaires que Tina. Le magizoologiste se sentit chavirer à l'écho du prénom de la new yorkaise.

Je devrais lui signaler que je suis bien rentré, peut-être ?

Mais attendait-elle réellement une lettre de sa part ? Bien sûr, ils étaient amis, elle devait donc s'inquiéter, un peu, certainement ? Newt resta planté là au milieu du salon pendant quelques secondes sans rien faire, plongé dans ses pensées timides, jusqu'à ce que sa valise émette des petits grognements de protestation qui le sortirent de ses réflexions.

— J'arrive, j'arrive, petits monstres. Patience, Maman arrive.

Newt chassa la corde d'un mouvement de baguette magique. La valise dansait sur elle-même, secouée par les animaux impatients. Il ajouta en direction de sa poche : « Tu peux sortir Pickett, nous sommes à l'abri ici. »

L'étonnante petite créature verte ne se fit pas prier et se dégagea aussitôt, venant s'installer sur l'épaule de Newt en gazouillant de joie.


Le soir tombait définitivement sur l'Angleterre, mais Newt ne s'en rendait pas compte depuis sa valise. Les animaux fantastiques étaient définitivement bien excités depuis New York, si bien que le magizoologiste n'avait pas d'autres choix que de devoir jouer avec eux plus longtemps pour les fatiguer.

Newt laissa traîner momentanément son regard en direction de l'enclos de Frank avec nostalgie. Etait-il en sûreté en Amérique ? Avait-il retrouvé l'Arizona maintenant ? A vrai dire, il espérait le retrouver un jour. Cela pouvait semblait improbable et puéril, mais Newt y pensait sérieusement, car il n'en n'avait pas fini avec l'Amérique. Il n'avait pas pu y séjourner comme il l'avait souhaité à la base, et restait donc un territoire inexploité. La présidente Picquery lui avait dit attendre un rapport sur les animaux fantastiques des Etats-Unis, un de ce jours – Newt n'avait pas bien compris s'il s'agissait d'humour ou de sérieux, mais il comptait bien s'y mettre de toute façon.

En attendant, son manuscrit était déjà bien détaillé en ce qui concernait les créatures les plus connues pour ce qui y est de l'Europe … et plus exotiques ensuite avec l'Asie et l'Afrique principalement. C'était en commençant la rédaction et les observations qu'il s'était rendu compte de tout le potentiel de travail à faire. Il était impossible en un voyage de huit ans d'avoir la prétention d'estimer qu'il avait tout observé en ce qui concerne les animaux fantastiques. Il s'en était vite rendu compte : c'était l'œuvre de toute une vie en réalité.

— Pickett, arrête de bouger s'il te plaît.

Le botruc semblait chercher une position idéale sur le bureau de la cabane, tandis que Newt reproduisait un ultime croquis du petit animal pour son manuscrit. Il avertit : « Pickett… »

Mais rien à faire : Pickett était têtu ce soir. Entre eux, il était clairement moins timide. Newt soupira et sortit de sa poche sa montre à gousset, indiquant précisément 19h.

— Remontons, on doit aussi s'occuper de la maison. D'accord ?

Plus coopératif, le compère vert se hissa sur son arbre particulier et tous les deux remontèrent. Newt avait abandonné à essayer -en vain- de ramener Pickett à sa famille, car il semblerait que la petite créature se soit trouvée un nouvel arbre.


Refermant sa valise et la verrouillant soigneusement avec la fameuse corde, il l'installa dans un coin du salon. Il alluma les lumières, chassa la poussière avec sa baguette sous les yeux scarabées ébahis de Pickett. Newt imitait sa mère comme dans ses souvenirs, lorsqu'il s'agissait d'entretenir la maison. Il pensa à allumer le foyer, mais se souvint que Thésée reviendrait du ministère en passant peut-être par le réseau de cheminées.

— Voici ma chambre, Pickett. C'est là que j'ai grandi. Dit-il doucement, faisant la visite à son ami vert.

Elle était plus petite que dans ses souvenirs. Elle avait été rangée, depuis longtemps : la poussière était de retour. Il y avait quelques vieux livres, d'école ou sur les animaux fantastiques, ou encore des notes sur ses propres observations avant son voyage. Son jeune matériel de jeune magizoologiste, qu'il expérimentait sur des malheureux Horglups. La fenêtre donnait sur l'enclos des hippogriffes, où sa mère travaillait autrefois. Cela lui arracha un nouveau sourire nostalgique.

Sans sa mère, il n'aurait jamais fait tout ça. Elle était celle qui lui avait donné sa passion pour les animaux fantastiques, il était fier de lui ressembler. C'était aussi pour elle qu'il faisait tout cela, chercheur au département mais aussi le livre.

Newt s'assit devant le bureau, soudainement fatigué. Le retour de Thésée le rendait impatient mais aussi nerveux, et le poids de toutes ses années de voyage semblait lui retomber dessus maintenant. Avant d'oublier (comme s'il le pouvait), il sortit timidement un morceau de parchemin et de l'encre qui traînaient dans le bureau.

Il eut un grand soupir, l'idée d'écrire une lettre à Tina le rendait étrangement d'autant plus nerveux. Le parchemin vide ne l'aidait clairement pas à se calmer.

Bon sang, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

Ecrire un manuscrit entier ne lui prenait pas la tête comme cela, et pourtant, ce devait être un exercice bien plus dur, non ? Chaque ligne était un véritable défi, il se souciait réellement de ce que la lettre apporterait à Miss Goldstein, enfin, aux Goldstein. C'est vrai, il écrivait pour Queenie aussi. Après quelques essais sur des brouillons, Newt se contenta finalement d'une version courte et efficace :

« Novembre 1926.

Chères Goldstein,

Je vous rassure : je suis bien rentré chez moi, en Angleterre. Le voyage de retour s'est bien passé et le Ministère de la Magie m'a accueilli à nouveau, après huit ans d'exil. Londres est une nouvelle jungle pour moi, semblable à celle de New York.
J'espère sincèrement que, depuis l'autre bout de l'océan, vous et New York vous vous portez mieux, après tous ces événements.
S'il vous plaît, tenez-moi au courant des évolutions.

Votre ami,
Newt Scamander. »

Satisfait d'avoir enfin pu écrire quelque chose, il n'eut pas le temps de soupirer à nouveau qu'un grand fracas provint du salon. Newt bondit de la chaise, pliant et gardant précieusement sur lui la lettre puis rejoint son frère.


Petit mot : Je voulais vous laisser seuls avec les deux premiers chapitres, éviter d'être trop "collant" dès le début. :]
Je publie essentiellement parce qu'en attendant le 2e film, le monde des fanfictions permet de s'évader un peu dans l'univers. J'espère que ça plaira, j'ai une grande ligne directrice du début vers la fin, quelques chapitres écrits à l'avance. Ca avance plutôt lentement au début, mais on reverra tous les persos petit à petit ! J'ai fait le choix de suivre seulement le point de vue de Newt, mais parfois peut-être cela changera pour faire avancer plus vite l'action. Si vous avez des questions, n'hésitez pas... Bien que pour l'instant je conçois qu'il n'y en ait pas forcément !