— Hé bien petit frère, quelle allure ! dit Thésée de sa grosse voix. Tu ne rentres que maintenant ?
— Bonjour, Thésée. répondit Newt gentiment. Comment vas-tu ?
Thésée prend son petit frère dans ses bras (Newt se sent écrasé) avant de tomber lourdement sur une chaise autour de la table.
— J'ai entendu tes aventures à New York. C'est tout bonnement incroyable Newt. Grindelwald ! Sous l'apparence de Percival Graves, le chef de la sécurité ! Cela faisait deux ans qu'on le pourchassait, deux ans ! Et il était là ! Tu te rends -
A vrai dire, Newt écoutait distraitement. Il observait minutieusement le visage de son frère. Ils avaient continué de discuter par lettres durant ses voyages, mais cela faisait du bien de pouvoir voir ses yeux et entendre le son de sa voix à nouveau.
— On m'avait chargé de le retrouver, mais c'est mon frère qui l'a fait ! Et le premier sorcier à capturer Grindelwald ! Le pouvoir des Scamander !
— Ce n'était qu'un pur hasard, vraiment.
— Toujours aussi modeste, à ce que je vois, cher frère ! On devrait fêter ça – et ton retour aussi !
L'auror sortit sa baguette et tapota la table : deux verres apparurent et Thésée fit venir ce qui semblait être du champagne, les coupes furent servies rapidement. Il porta un toast bref avant de goûter à la liqueur, suivit de près par Newt.
— Tu as ramené un animal ? demanda Thésée, remarquant enfin Pickett.
— Oui. C'est Pickett, un botruc. Newt ajouta alors timidement. Il semble qu'il ne veuille plus me lâcher.
Thésée tenta de faire un signe de main au botruc, mais ce dernier retrouva sa timidité et regagna la poche de son arbre. L'auror prit un air plus sérieux qui interrogea Newt.
— Beaucoup de gens ne voudront plus te lâcher Newt, crois-moi. Ils sont tous très curieux de tes voyages, ton fameux manuscrit et des événements à New York.
— Vraiment ?
— Vraiment.
Oh. Newt n'avait pas vraiment vu son retour sous cet angle. Il releva son regard en direction de celui de son frère, mais de toute évidence, ce n'était pas de l'humour. Et il craignait que les gens aient une mauvaise curiosité vis-à-vis de lui.
— Ca va aller, petit frère. Au pire, avec moi, les gens ne devraient pas trop te casser les pieds longtemps. Je peux m'en assurer.
— Non merci. Je veux dire, je peux m'en sortir. Dit-il avec un petit sourire amusé, ne doutant pas des arguments fracassants dont Thésée était capable.
Thésée alla alors dans la cuisine et lui installa la table avec ses charmes. Les voir tous les deux, à avoir à nouveau une vie familiale, lui rappela bien sûr les Goldstein. Jetant un coup d'œil à nouveau sur l'enclos des hippogriffes, Newt se rendit compte qu'il en manquait quelque uns, d'après ses souvenirs.
— J'en ai vendu. Explique Thésée une fois à table. On ne peut pas les garder indéfiniment Newt, tu le sais.
— Oui, oui, bien sûr... Répondit Newt avec tristesse.
— Demain tu as rendez-vous avec M. Worme, je suppose ? demanda Thésée, comme pour changer de sujet.
— En effet.
— Tu vas devenir un vrai homme d'affaires Newt, avec des rendez-vous plein l'agenda, si ça continue aussi bien.
Newt se crispa.
— Nom d'un hibou, non ce serait au-dessus de mes capacités.
Thésée rigola légèrement, toujours aussi surpris par le besoin de modestie qu'éprouvait son frère. Newt fronçait les sourcils, un peu vexé.
— Je doutais de toi au début en vérité, petit frère. Mais tu as beaucoup mûri, il semble, depuis que tu es parti.
Les paroles de son frère le fouettèrent, bien plus que Thésée aurait pu l'imaginer, mais en bien. Il avait changé ? Réellement ? Newt ne se rendait pas compte que son frère l'observait avec anxiété. Tout ce que Newt souhaitait, sur son travail sur lui-même depuis des années, c'était d'avancer. Les mots de Thésée étaient un doux réconfort pour son cœur.
— Merci. Murmura-t-il simplement.
Obscurus Books roulait sur l'or depuis toujours, M. Worme vivait plus que correctement sans aucun doute. Augustus Worme était une personnalité. Un bon vivant qui vous mettait à l'aise en un clin d'œil. Newt avait été présenté à son éditeur par Dumbledore, indirectement. Jeune chercheur à l'époque, et pourtant, Augustus ne semblait pas avoir douté une seule fois de lui. Aujourd'hui, il était content de revoir l'homme qui lui avait permis tous ces voyages et toutes ces rencontres.
Il était venu à son bureau au Ministère, gracieusement, mais l'avait aussitôt invité à boire un coup dans le pub de Londres, Le Chaudron Baveur, car lui-même ne semblait pas apprécier l'ambiance trop machinale des bureaux.
— Du lait, sérieusement Newton ?
— C'est encore la matinée, M. Worme. Répondit-il avec un sourire amusé.
M. Worme avait commandé, lui, un hydromel.
— Bien, très bien. Alors, comment se porte le manuscrit ?
— On ne peut mieux, Monsieur. Il sera complet d'ici un ou deux mois, je pense.
— Ce sera mon cadeau pour la nouvelle année, en quelques sortes ?
— J'espère qu'il vous conviendra.
M. Worme ne semblait pas lui reprocher l'attente, ce qui rassurait Newt. M. Burden aurait pu avoir raison après tout : huit ans, c'était beaucoup d'années pour un commercial. Surtout que le sujet des animaux fantastiques n'était pas, peut-être, le plus attrayant pour des lecteurs – Newt en avait pleinement conscience. D'un côté, c'était aussi peut-être pour cela qu'il a pu passer autant de temps sur l'écriture. Est-ce que M. Worme attendait réellement quoique ce soit de ce livre ? L'incertitude commençait à le ronger, et Augustus semblait s'en apercevoir. Il dit, d'un ton plutôt paternel :
— Votre livre sera très bien mon garçon, j'en suis sûr. Ne serait-ce que pour sa valeur scientifique. Vie et habitat des animaux fantastiques va mettre à jour des bases de données dans de nombreux domaines : santé, éducation, justice, famille… C'est pour cela qu'il m'a été commandé.
— C'est que, je veux vraiment aider et les humains, et les créatures, Monsieur.
— Et ce sera le cas, vous allez le faire, Newton. Vous avez accompli le plus dur : rassembler les notes. Finissez l'écriture et laissez-moi faire, vous verrez.
Newt enfuit sa tête dans son verre de lait l'espace d'un instant, comme s'il pouvait cacher les doutes sur son visage. Puis il demanda plus timidement :
— Si je pouvais avoir quelques premières copies, pour les redistribuer à des amis.
— Naturellement.
— Un exemplaire moldu, aussi.
Augustus haussa un sourcil, étonné, puis répondit dans un petit rire :
— Vous avez même des amis moldus ? J'aurais dû m'en douter ! Mais bien sûr, je vous le fournirai également.
— Merci beaucoup. Répondit Newt avec un sourire.
Petite note (le retour) : Merci à mes deux reviewers (-euses si je ne m'abuse :p) ! J'apprécie beaucoup !
Ce chapitre commence à dépeindre le personnage de Thésée, un personnage assez mystérieux encore dans la série... Je ne m'attarde pas sur les descriptions physiques, l'imagination travaille mieux en général.
