Newt regardait fixement l'obscurus de sa valise depuis l'enclos des Veaudelunes. Le parasite s'agitait, infatigable, contre les parois de son charme. L'avoir placé dans ce paysage permettait d'éloigner les autres animaux, qui n'étaient pas friands de ce climat.
A s'approcher de plus près, la masse était plus impressionnante encore. Le magizoologiste se souvenait à quel point Jacob avait pu être attiré par l'obscurus. La colère, la frustration, la haine… Tant de mauvais sentiments semblaient s'accumuler. Comment Croyance avait-il pu maintenir ce parasite à priori incontrôlable en lui, pendant autant de temps ? De toute évidence, il allait devoir étudier les obscurus bien plus tôt qu'il ne l'avait imaginé.
Maintenant qu'il y repensait, Newt se demandait s'il avait finalement bien cherché. Il était resté une petite semaine à New York après la capture de Grindelwald, pour aider les sœurs et le MACUSA, mais aussi pour retrouver la piste du garçon, en vain. Pourtant, il était persuadé l'avoir vu, ce bout d'obscurus, avec un but précis, s'en aller après l'attaque des aurors dans le métro...
Newt en était quasi-persuadé : Croyance était en vie, quelque part. Mais où ? Sous quelle forme ? Il n'en avait parlé à personne, pas même à Dumbledore, de peur de créer une véritable chasse à l'homme. Le magizoologiste était persuadé d'avoir plus de chance de pouvoir approcher et protéger Croyance en agissant seul. Il pensait également que Croyance n'aurait pas apprécié être poursuivi par plusieurs sorciers de nouveau… Avec tout ce qu'il avait vécu, il devait être devenu très méfiant. Grindelwald était en prison, mais pas éternellement, Newt le pressentait : si le mage noir était au courant, il repartirait à la recherche de l'obscurial extraordinaire qu'était Croyance.
Les journées étaient remplies pour Newt. Le Département des Animaux était plus dynamique que jamais, ils avaient vu venir de nouveaux employés fraîchement sortis de Poudlard, ou déplacés dans le département. Le succès du livre, la promotion de la magizoologie, toutes ces choses avaient entraîné -au plus grand plaisir de Newt- un engouement pour les animaux fantastiques. Cela lui créait aussi beaucoup de charges.
— On vous attend, M. Scamander. Grognait M. Burden, trois à quatre fois par jour.
Le bonhomme semblait -temporairement, du moins Newt l'espérait- en colère devant le succès de Vie et habitat des animaux fantastiques. Depuis la sortie du livre, son patron ne l'appelait plus par son prénom mais par son nom de famille, si bien que Newt avait été surpris la première fois. Il se doutait bien que M. Burden ne souhaitait pas s'attirer les foudres « d'admirateurs » … Car Newt avait du mal à croire que M. Burden l'estime pour son livre et seulement pour son livre.
Souvent, par lettres, il s'excusait inlassablement auprès des Goldstein. Pour son absence, sa rapidité et la fatigue dans ses mots (les filles disaient le comprendre, mais Newt s'en voulait toujours terriblement). Entre le travail au ministère et le soin aux créatures toutes les trois heures environ, Newt ne trouvait que très peu de repos. Le temps des voyages lui manquait déjà, mais il devait bien « s'occuper des humains » aussi, pour renforcer la magizoologie en Angleterre et dans le monde.
Tina lui avait d'ailleurs appris que la Présidente du MACUSA, Mme Picquery, présentait en ce moment des lois concernant les animaux fantastiques. L'histoire de Frank semblait avoir touché les sorciers new yorkais, fiers de leur symbole, et la Présidente semblerait plus ouverte d'esprit lors d'une possible future rencontre.
Concernant Jacob, lui aussi semblait avoir une carrière brillante devant lui. Son commerce était tel qu'il avait employés et clients fidèles, un système de livraison et encore bien des affaires. Queenie était très fière de lui. La benjamine des Goldstein menait une vie tranquille, sans ambition, mis à part celle de pouvoir peut-être aimer librement M. Kowalski un jour. Newt ne savait pas réellement quoi faire pour eux deux… A part toucher à nouveau deux trois mots à la Présidente… Mais était-il bien placé pour ?
L'année défilait vite. Alors que Poudlard se vantait d'avoir le manuel des animaux fantastiques ultime, les autres écoles souhaitèrent se l'offrir, si bien que les traductions virent le jour en fin automne. Le livre était devenu best-seller, en moins d'un an. Newt était fier mais aussi inquiet d'autant de succès, et étonnait souvent les autres sorciers par sa modestie et sa timidité.
Il refusait bon nombre d'invitations, mais un jour ce fut l'un des hiboux du ministre de la magie lui-même qui arriva sur son bureau… Et c'était une invitation qu'il ne pouvait refuser apparemment : un espèce de « festival international », à Paris, d'ici le printemps 1928, où il représenterait l'Angleterre, parmi d'autres sorciers.
Par la barbe de Merlin.
Un festival ?... De plus, il ne s'était jamais réellement arrêté en France, encore moins en ville. Et tous ces sorciers…
— J'y suis invité aussi. Annonça Thésée au repas. Il y aura beaucoup de personnalités, de rencontres à faire.
Newt espérait pouvoir être autant optimiste. Il remuait son thé, fixant avec insistance le tourbillon qui se formait dans la tasse au milieu.
— Ce ne sera pas si difficile petit frère, tu verras. Les gens, c'est comme des botrucs.
Newt releva son regard vers son aîné, surpris d'une telle comparaison. Thésée avait sur ses lèvres un grand rictus, amusé par l'attention soudaine de son frère… et de Pickett.
— Quelques cloportes et pouf, ça te fiche la paix.
Petite note : Merci pour les reviews ! :]
L'action se tasse un peu ce chapitre-ci mais bientôt Paris !
