Alors, le voilà embarqué à nouveau. Mais Newt ne voyageait pas seul cette fois : Thésée était présent, et d'autres personnalités telles que le ministre lui-même, mais pas que. Le magizoologiste examinait la liste des invités anglais… Il y avait des théoriciens ou artistes : Bathilda Tourdesac, Adalbert Lasornette, Cassandra Vablatsky, Fifi LaFolle ou encore Magenta Comstock. Thésée discutait avec Norvel Twonk, un sorcier célèbre par ses actions en politique et sur le terrain. Ils étaient une petite dizaine au total, et avaient pour eux un compartiment réservé à chaque transport. Newt restait en général proche de son aîné, comme tout bon petit frère un peu impressionné par ce qu'il se passait… Mais il remarqua bien vite que chaque invité avait son excentricité, et il savait également que Dumbledore nouait quelques amitiés avec certains d'entre eux.
Newt se plaisait au jeu de l'observation (étant d'un naturel curieux). Il remarqua bien vite que chacun avait ses propres attributs : lui-même avait sa fidèle valise, Lasornette trimballait avec lui sans cesse des petits objets dorés magiques, dont l'utilité était peu claire (sûrement des expérimentations), Bathilda avait toujours avec elle quelques livres ou carnets, Fifi portait chaque jour un collier de cristaux différents (et très voyants)… Newt n'attardait pas son regard sur Comstock, qui semblait le dévisager depuis un petit quart d'heure avec de grands yeux ahuris.
— Moooontrez-moi votre destiiiiin ! clama Cassandra, à l'attention des frères.
Elle s'était approchée si soudainement que Newt ne l'avait pas vu venir. Thésée donna un grand coup sur l'épaule de son frère et rigola :
— Allez Newton, à toi !
Newt grommela quelque chose avant de regarder timidement la diseuse de bonnes aventures. Personnellement, il n'avait jamais cru en ce genre de pouvoirs, bien qu'il restât curieux, comme beaucoup de gens.
— Votre main ! ordonna-t-elle en s'approchant d'un pas vif.
Nom d'une licorne ! pensa le scientifique. Newt tenta néanmoins de paraître amical et en tout bon gentleman, il tendit avec un sourire cordial sa main droite, prête à l'examen. La visionnaire ne semblait pas prêter attention à ses bonnes manières, et s'empara rapidement de la main de Newt. Elle avait des doigts très fins et des ongles particulièrement longs. Sa main à lui était abîmée de toute sorte de travaux dans sa vie (entre la botanique, les potions et bien sûr les animaux), mais cela ne l'empêchait de manier délicatement sa plume d'auteur.
Cassandra avait les yeux qui parcouraient des chemins invisibles sur la main de Newt. Elle palpait également cette dernière, comme si elle pouvait faire surgir quelques mystères en appuyant sur la peau. Derrière lui, Thésée et Norvel semblaient se demander comment quelqu'un comme Cassandra avait pu être invitée à cette séance internationale.
Soudain, elle lâcha d'une voix que Newt qualifierait de « théâtrale » :
— Je vois un loooong chemin à parcourir encoooore ! Regardez : vos lignes de vie et de destin sont supeeerbes !
Newt observait gentiment, sans grande conviction, mais toujours avec cordialité.
— Merci…
— Attendez ! ordonna-t-elle à nouveau, en pointant du doigt une autre ligne. Vous aurez bien des problèmes néanmoins, votre ligne de cœur est fracturée… Vous êtes bien plus attaché aux gens qu'il n'y paraît, Mister Scamander… Vous souffrirez…
Newt se sentit un certain malaise, et il crut apercevoir pendant quelques secondes un sourire vicieux sur le visage de Cassandra. Elle lui lâcha finalement la main, secoua sa tête comme pour sortir de sa transe, puis conclut finalement avec un long soupir :
— Ouvrez votre troisième œil, vous verrez que vous êtes aveuglé !
— Tu as réussi à ouvrir ton troisième œil, petit frère ?
Newt ne répondit pas. Thésée semblait toujours se délecter de voir Newton dans des passes de timidité et d'incertitude. Les deux frères étaient assis autour d'une table, le soir, sur le bateau qui traversait la Manche. Un portoloin avait été mis en place c'est vrai, mais quelques personnalités n'avaient pas souhaité (dont Newt) ce genre de déplacement pour conserver leurs propres affaires intactes.
Thésée continuait ses commentaires :
— « Vous verrez que vous êtes aveuglééé » ! Sa phrase n'a aucun sens, cette bonne femme a perdu la tête, tout simplement.
— Elle a peut-être un don, s'il faut. Suggéra doucement le magizoologiste.
— Newt, s'il te plaît, c'est absurde.
Newt n'avait aucune idée de pourquoi il défendait Miss Vablatsky. Peut-être parce que, de par son expérience, il avait rencontré quelques gens avec des dons dans la Légilimencie… Et qu'il se sentait donc obligé de protéger ces gens-là. Pendant un instant, Newt se demanda si Miss Vablatsky aurait pu être Legilimens elle aussi… Ce serait terrible.
— Hé, petit frère, elle invente des tragédies à tout le monde, ne la prend pas au sérieux.
Petite note (le retour) : Merci aux deux followers et à vos commentaires :]
Tous les sorciers cités existent évidemment... J'ai un peu remanié à ma sauce :p
