Le petit groupe britannique arriva finalement à Paris, capitale du romantisme.

La ligne de cœur, hm ? Ressassa ironiquement Newt, fixant au loin la fameuse tour Eiffel.

Les rues de Paris étaient à la fête, les français savaient s'amuser apparemment. Comme partout, c'était tout d'abord le jazz qui ressortait des bars bondés, venu tout droit d'Amérique. Des artistes nombreux à l'approche du cœur de la ville… Si bien que l'on pouvait se demander s'il y avait eu la Grande Guerre un jour chez eux.

Il y avait aussi l'atmosphère industrielle des grandes villes, mais Newt semblait se plaire un peu plus ici. Il lui semblait que le ciel était bien plus pur qu'à Londres, les espaces verts plus grands. Pickett, jusqu'alors très discret, semblait vouloir profiter lui aussi de ce beau temps, sortant sa tête de la poche. Heureusement, le botruc passait assez inaperçu, et au pire, ressemblait à un simple bout de verdure : les gens n'y prêtaient absolument pas attention.

A force de marcher, un représentant français arriva finalement à la rescousse, au point de rendez-vous.

— Bonjour, et bienvenue à Paris ! Je suis Louis Sanchance, auror pour notre Institut National de Sorcellerie Française. Dit le nouveau venu avec un terrible accent anglais.

Fifi LaFolle, dégoutée par le nouveau venu, s'accrocha au bras de Newt (le seul homme proche d'elle) comme si cela pouvait la protéger de l'auror français. Le ministre salua M. Sanchance dignement et le groupe continua sa marche. Malheureusement pour Newt, l'auteure de Rencontres enchantées (son roman best-seller à elle) ne semblait pas vouloir le lâcher. Et en tout bon gentleman, il se voyait mal repousser une dame… Autre coup terrible pour lui, car il semblerait que la tenue si rose et excentrique de Miss LaFolle ait des vertus pour attirer les regards dans toute la rue.


L'auror Sanchance les promena encore dans quelques quartiers, même à Montmartre. Ici, la fête était d'autant plus forte que nulle part ailleurs dans Paris. Chaque membre du groupe britannique avait le regard perdu dans les fantaisies moldues du lieu. Si bien que l'auror semblait extrêmement fier de présenter quasiment chaque endroit (toujours avec le même accent anglais terrible). Pour un auror, il était bien loin d'être sérieux et discret. Newt jeta un coup d'œil vers son frère, qui semblait tout aussi interloqué par le français.

Finalement, l'auror se décida à les amener au bâtiment principal après avoir marché encore un temps :

— Voici l'Institut ! Entrez, messieurs dames.

Comme pour New York, le choix s'était porté sur un grand bâtiment moldu plutôt qu'un ministère souterrain : ici, le palais du Luxembourg. Beaucoup de touristes semblaient entrer et sortir, profiter des jardins. C'était tout à fait remarquable, et reflétait à merveille l'idée que l'on se faisait du « goût français ».

Newt arriva à se dépêtrer de Miss LaFolle, qui s'était approchée pour voir de plus près encore l'architecture. A y réfléchir, peut-être était-elle celle qui avait le goût le plus prononcé pour les châteaux et jardins français, ce ne serait pas étonnant… Miss Tourdesac semblait elle aussi intéressée, mais sûrement pour d'autres raisons (elle était une historienne de la magie après tout). Le reste du groupe était impressionné, mais surtout dans l'attente d'entrer enfin dans le fameux monument, côté sorcier.

A l'instar de Poudlard, c'était aussi des tableaux qui gardaient certains passages du côté enchanté, le tout caché par des sortilèges invisibles aux yeux des moldus. L'institut, comme apparemment tous les monuments sorciers, semblait tout d'abord posséder un grand hall, qui menait vers d'autres salles via des couloirs. Le style renaissance classique était appliqué, rappelant l'art romain – tout est parfaitement ordonné de manière géométrique. Le portrait du président français était aussi affiché.

— Par ici, vers vos quartiers.


Newt avait sa chambre juste en face de celle de son frère. Ils étaient tous les uns à côté des autres, et furent visités par un sorcier français qui leur remis un emploi du temps des trois jours du festival. Ce soir était le premier rendez-vous, à 18h, dans l'un des cabarets sorciers L'Abraxan Rouge, pour fêter la première réunion internationale. Le magizoologiste se sentait décidément de plus en plus à l'étroit dans ce festival, ce n'était clairement pas sa tasse de thé.

Avant d'être de nouveau dérangé, Newt plongea dans sa valise s'occuper des créatures. Il n'y avait décidément qu'ici qu'il se sentait réellement à l'aise, et était content d'avoir pu venir au festival avec. Alors qu'il prenait soin des habitats de chacun, il s'arrêta devant le terrier du niffleur. Ce dernier s'affairait avec de nouveaux objets brillants (des gallions), que Newt lui avait confié un peu avant l'arrivée à Paris. Fixant la créature dans les yeux, celle-ci se mit à l'entrée de sa tanière, prête à protéger son butin durement amassé.

— Je te préviens, vilain voleur, je ne veux pas te voir ne serait-ce qu'essayer de sortir de la valise. C'est clair ?

Le niffleur pencha la tête.

— Ce serait une catastrophe si tu sortais, et je ne pourrais pas te défendre devant un comité international. Tu comprends ?

La petite créature sombre posa ses pattes sur son trésor avec assurance. Newt continua de fixer le niffleur, yeux dans les yeux pendant quelques secondes, avant de briser le contact pour lui offrir un peu de nourriture.