Le matin suivant, Louis Sanchance était venu chercher les anglais. Il était apparemment l'auror chargé de les guider (et surveiller sûrement aussi). Peut-être pour la première fois de sa vie, Newt avait hâte de revenir à un rassemblement. Il voulait la revoir, il était sûr que c'était elle.
Tous étaient plus ou moins éveillés, Miss LaFolle restait la plus enchantée, la plus imperturbable. Les autres formaient une curieuse équipe de représentants… La plus inquiétante des personnalités restait Miss Vablatsky selon Newt, qui semblait toujours recroquevillée sur elle-même et à l'affut de la moindre catastrophe à prédire.
Selon M. Sanchance, l'important était d'être présent aux réunions du festival. Il y avait parfois quelques thèmes, Newt avait été classé chez les auteurs évidemment. Thésée, lui, se tenait toujours droit à côté du ministre. Tout ce qu'il avait à faire apparemment, c'était de protéger ce dernier et accepter de discuter avec quelques autres personnalités en bon héros de guerre. Toutes ces étiquettes sociales fatiguaient Newt, mais il était tout de même curieux de rencontrer des scientifiques d'autres pays. Ces voyages n'avaient pas été concentrés sur les rencontres humaines mais animales, alors ce serait une bonne occasion, peut-être ?
La prochaine réunion, cette fois-ci à l'Institut, était basée sur la présentation de théories magiques. Il était parfois difficile aux sorciers de faire passer leur message, l'anglais et le français n'étaient pas des langues faciles à appliquer apparemment. Cela amenait quelques bons moments.
Ils étaient placés dans un amphithéâtre, le plafond était ensorcelé, pour donner une impression d'extérieur. La mission principale de ce festival était de renforcer les liens après la guerre, mais certains pays avaient bien sûr boudé la réunion… Et les pays présents n'étaient pas toujours attentifs à ce qu'il se disait.
Il fallait dire, Newt n'était pas très concentré lui non plus. Il laissa son regard s'échapper discrètement en direction des américains. Son sourire s'élargit puis devint maladroit lorsque son regard croisa celui de Tina.
C'est bien elle ! s'enquit-il pour lui-même, son regard fuyant vers ses genoux.
Elle était habillée conformément à sa fonction d'auror, avec son habitude des vêtements amples et sobres. La sorcière semblait inchangée, malgré le temps et l'espace qui les avaient séparés. Le magizoologiste prit une profonde inspiration, puis fixa pendant un petit moment son manteau.
— Pickett, hé, Pickett. Il murmura en grattant la poche.
Le botruc sortit doucement, les feuilles pliées : il semblerait que son petit compagnon sorte d'une sieste improvisée.
— Regarde, c'est Tina, tu la reconnais ?
Il sortit son ami doucement, le plaçant sur le dos de sa main plus ou moins discrètement. Le botruc semblait suivre les yeux enjoués de Newt, sans pour autant comprendre. Tina les observait curieusement, le regard interrogateur et brillant.
— Allez Pickett, un effort.
La créature plongea ses petits yeux de scarabées à nouveau dans l'amphithéâtre, avant de pointer avec son petit bras l'auror américaine.
— Oui, Pickett, c'est elle !
— Qu'est-ce que tu fabriques Newt ?
Le botruc se faufila dans le cou de Newt à la vue du visage de Thésée.
— Oh, je…
— Chuuuuut. Siffla M. Lasornette sur le banc du dessus. C'est déjà assez difficile à suivre comme ça !
Les deux frères Scamander s'excusèrent avant de se regarder rapidement dans les yeux. Aussi étrange que cela puisse être, ce festival lui permettait de passer à nouveau du temps plein (quasiment) avec son frère, comme quand ils étaient petits. Si Thésée lui aurait répondu qu'il faut grandir maintenant, Newt lui était bien heureux de se sentir à nouveau enfant et insouciant.
— Mignonne petite créature, commenta Mme Comstock.
— Merci...
M. Lasornette les lorgna à nouveau tous, l'air mécontent.
La grande classe quitta petit à petit les rangs de l'amphithéâtre. M. Lasornette et Miss Tourdesac partageaient leurs notes respectives, Thésée suivait le ministre avec qui il partageait ses impressions, en compagnie de Norvel et Fifi. Cassandra et la peintre semblaient quant à elles dans une discussion un peu trop philosophique au goût de Newt. Il s'excusa auprès du groupe, en disant qu'il allait manger à l'extérieur seul, avant de suivre aussi discrètement que possible les américains. Le magizoologiste n'avait pas trouvé meilleur moyen pour tenter une approche, aussi étrange ce fut. Habitué à la traque, il avait gardé des habitudes peu communes.
Alors qu'il arriva enfin à les observer, il remarqua que le groupe américain se disloquait également. Newt le suivait toujours, à l'affût, son déplacement assurant une discrétion digne d'un prédateur, comme il avait pu le faire dans les plus grands endroits sauvages. Alors qu'il avançait à son rythme, une voix claire le surprit dans son dos :
— Espionnage et outrage à agent spécial ?
— Oh je… Dit-il en pivotant rapidement.
Son sourire navré se transforma en un visage empli d'émotions, rejoignant avec empathie celui de Miss Goldstein. Un lourd mais tendre silence s'installa entre eux, de petits sourires timides prenaient place, doucement. Ils étaient imperturbables, malgré la foule qui allait dans les couloirs autour d'eux.
Je ne souhaiterais avoir personne d'autre pour enquêter sur moi. Se souvenait-il. Tina s'en souvenait-elle, elle ?
Petite note : Enfiiiin ! J'ai l'impression que j'ai un peu abusé de la patience de mes lecteurs ahah
Mais tadaaam ! :] (et c'est pas fini ! /sbaff/)
