— Vous m'avez manqué, Tina, dit-il timidement. Vraiment.
Elle répondit avec un petit rire cristallin, reprenant également ses mots :
— Vous aussi, vraiment.
Newt laissa s'échapper un sourire amusé, se permettant de sonder ses beaux yeux bruns. Il ne savait pas vraiment lui-même où ils en étaient, tous les deux. Le magizoologiste se doutait depuis son départ de New York qu'il ressentait des sentiments pour Tina, et cette flamme grandissait simplement de jour en jour – Newt ne se l'expliquait pas. Mais était-ce le cas pour elle ? Il réfléchit une fraction de secondes avant de commencer à fouiller ses poches frénétiquement. Par les chaussettes de Merlin, le livre est dans ma valise ! Il toussota finalement, avant de demander maladroitement :
— Mademoiselle, vous permettez ?
Tina semblait perplexe (certainement un peu amusée aussi) mais hocha tout de même la tête en signe d'approbation. Rapidement, le magizoologiste tomba au sol pour ouvrir la mallette, après s'être débarrassé de la fameuse corde. Il sonda son bureau, se maudissant pour son désordre, avant d'apercevoir enfin l'exemplaire souhaité. Newt engouffra son bras dans sa valise, puis après quelques batailles, parvint à récupérer l'ouvrage couleur rouge et or.
— Voici, comme promis. Je suis désolé de ne pas avoir pu revenir auprès de vous plus tôt.
Newt referma la valise rapidement pour ne pas éveiller les soupçons et se releva pour offrir le livre à Tina. La douceur dans la main et les gestes de l'auror le bouleversait intérieurement, si facilement qui plus est. Il regardait attentivement les réactions de la new yorkaise, cachant son regard derrière quelques brins de cheveux auburn rebelles.
— Oh Newt. Dit-elle en tournant les pages doucement, avant de s'arrêter sur la page dédicacée.
Le magizoologiste se souvenait très clairement avoir inscrit : A mon enquêtrice favorite. A vrai dire, il avait craint que ce soit un peu « trop » excentrique... Mais Newt avait voulu quelque chose de sincère, un peu intime aussi et pas seulement « simple ». D'un coup, Miss Goldstein avait les larmes aux yeux si bien que Newt commença à s'inquiéter de son choix. Il attrapa le mouchoir planqué dans sa veste, mais Tina l'arrêta gentiment :
— Merci, votre ouvrage est tout à fait une merveille.
Newt la remercia doucement. Toutes ces années de travail semblaient bien félicitées ces derniers temps, mais le compliment de Tina était un nouveau souffle. Il repensa avec amusement à quel point, lors de leur rencontre, elle était ignorante et désintéressée par les animaux fantastiques. Il était fier d'avoir pu la transformer un peu.
— Voudriez-vous m'accompagner dehors ? Demanda-t-il nerveusement. Pour manger ?
— Avec plaisir ! Dit-elle avec un large sourire, attrapant le bras que Newt lui tendait.
Enfin libérés des regards des sorciers curieux, les voilà devenus plus communs que jamais dans la ville de Paris. Cela faisait du bien à Newt. Il observait les alentours de manière un peu désintéressé, appréciant l'ambiance sereine auprès de Tina (et Pickett, qui émettait des petits cris de joie). Parfois, le magizoologiste observait l'auror américaine discrètement du coin de l'œil, et appréciait lire sur son visage le confort, la joie. Il avait beaucoup de questions à lui poser, mais savait qu'il aurait les réponses à un moment donné, et souhaitait simplement profiter pleinement de leur retrouvaille jusqu'au restaurant.
A ce propos, il n'en manquait pas dans une ville comme Paris. Ils avaient marché dans bien des quartiers avant que Tina arrive à trancher pour eux. Les voilà donc assis à une table en terrasse, avec leur carte des menus respectifs.
— Je suis désolé si je vous ai dérangée, tout à l'heure, avec Pickett.
— Il n'y a pas de mal, assura Tina.
Newt fuyait le regard de la new yorkaise, anxieux.
— Je pensais que le grand Newt Scamander serait un scientifique sérieux et concentré sur les théories magiques, c'est tout ! Taquina-t-elle.
— Par la barbe de Merlin, non. Je n'ai jamais été très attentif sur un banc…
La conversation s'aplatit de nouveau lorsqu'un garçon fut venu prendre leur commande. Tina tapota avec dynamisme la table de ses deux mains, ce qui amusa Newt. Elle non plus ne semblait pas apprécier l'attente sur une chaise. Un jour, il se promit de transcrire toutes ses observations sur Miss Goldstein dans un carnet. Cela pourrait lui être utile, on ne sait jamais.
Newt hésita avant de demander à voix basse :
— Le MACUSA a déplacé des aurors en Europe malgré l'incarcération de Grindelwald ?
Tina hocha la tête en signe de réponse. Elle ajouta finalement :
— Les partisans rôdent toujours, nous ne voudrions pas perdre nos célébrités et intellectuels.
Etait-elle venue parce qu'elle avait été choisie, ou peut-être l'avait-elle souhaité délibérément ? Newt n'osa jamais poser la question.
— C'est la première fois que vous sortez de New York, n'est-ce pas Tina ?
— Oui, admit-elle timidement. C'est quelque chose de nouveau pour moi.
— Je ne me suis jamais arrêté dans des villes aussi grandes pendant mes voyages... Sauf pour New York.
Tina sourit puis après un moment de silence ajouta :
— Alors Paris est quelque chose de nouveau pour nous deux.
— Ce sera bien, assura Newt en rougissant.
