Chapitre 8 - Révélation
- Sev ?
A l'entente de la voix du plus jeune Malfoy, le maître des potions se raidit et pris conscience de la personne lui faisant face. Paniquant intérieurement sur le comportement de sa partie créature, il adressa un signe de tête mécanique à sa moitié, et se retint de faire demi-tour quand il l'aperçu s'avancer dans sa direction.
De son côté, Draco n'avait jamais vu son parrain aussi crispé, l'avait-il surpris à ce point ? Ou bien était-il en mission et le blond l'importunait ? Le plus jeune avait toujours été très soucieux de la manière dont Severus le voyait. Il voulait rendre son parrain le plus heureux possible, et il l'avait toujours voulu. Il s'inquiéta donc plus que de raison sur la crispation inhabituelle du plus vieux.
- Comment vas-tu ? S'enquit l'ancien étudiant.
- Comme un détraqueur à Askaban.
- Absolument comblé alors ? Rit l'héritier de Lucius.
- Absolument...
La terreur des cachots se détendit en ne ressentant qu'un contentement de voir Draco et la satisfaction de le faire rire. Sa partie créature lui laissait les rennes, consciente qu'il fallait que le sorcier accepte sa moitié afin qu'ils puissent être réunis. Quant au blond, il fut heureux de voir le relâchement des muscles de son vis à vis, et du micro sourire, indétectable pour toute personne ne connaissant pas son directeur de maison depuis plus de 10 ans, qui étira ses lèvres.
Ils entrèrent chez l'apothicaire en discutant doucement, l'Espion avouant qu'il travaillait sur des potions inhibitrices, et le dernier Malfoy qu'il manquait simplement d'ingrédients basiques. Ils profitèrent ainsi de l'après-midi, Draco confiant son inquiétude vis à vis de Narcissa à l'oreille attentive du brun et ce dernier mettant en garde son filleul par rapport à Dumbledore.
- Il cache énormément de choses importantes, et notamment aux premiers concernés. Je savais que c'était un grand manipulateur, mais depuis la fin de la guerre c'est comme s'il n'avait plus rien à perdre et...
- Une bête acculée est capable du pire.
Le brun dirigea un regard de fierté vers son compagnon, qui se sentit traversé par les orbes obsidiennes. Jamais il n'avait pris conscience du regard hypnotisant de son professeur, il se perdait dans la contemplation de celle-cis, tandis que Severus esquissait un sourire attendri. Il redirigea doucement la conversation vers l'accueil dont faisaient preuve la population concernant les "Enfants Espions", et écouta l'avis mitigé son filleul qui n'arrivait pas à se sentir à l'aise mais pas complètement exclu non plus, et la frustration que cela engendrait.
- Les sorciers britanniques sont si influençables, s'en es pitoyable. Mais après des années à être gouvernés par un gouvernement corrompu et à se faire engloutir sous des tissus de propagande, pas étonnant que notre monde soit dans cet état...
- On aurait pu penser qu'un mage noir et une guerre impliquant la nouvelle génération leurs auraient ouvert les yeux...
Le potionniste coula un regard triste sur son compagnon, se rappelant cette époque lointaine où il pensait encore le monde sorcier britannique capable du meilleur avec de la volonté et de l'entraide. Draco se reprit finalement en se rendant compte que si une guerre avait eu cet effet démoralisant sur lui, il était en droit de se demander ce qui restait de la confiance que le plus vieux accordait au peuple après deux guerres. Le regard voilé de son vis à vis le conforta dans sa volonté de changer de le rendre heureux, en commençant par changer de sujet.
- Sinon Sev, tu as encore un peu de temps avant la pré-rentrée non ? Que dirais-tu de venir au manoir quelques jours ?
- Tu veux simplement ne pas être le seul à affronter le courroux de ton père n'est-ce pas ? Ne pense pas que je vais lui servir de bouc émissaire, jeune insolent. Ricana l'ex mangemort.
- Allez Parrain, tu ne vas pas laisser ton pauvre filleul en détresse seul face au meilleur ami de la terreur des cachots ? Rigola franchement le serpentard.
- Mon adorable filleul aurait-il peur de défaire son impeccable brushing face à une petite colère de son paternel ?
Dès sa phrase finie, le potionniste se crispa, la regrettant déjà. Il se flagellait mentalement quand un rire cristallin l'enveloppa. Toute son attention focalisée sur sa moitié, il eut l'impression que le blond rayonnait d'une douce chaleur. La violente envie de le prendre dans ses bras l'aggressa soudainement et il dut se faire violence pour ne pas déployer ses ailes et fuir loin de tout, son aimé accroché à son torse.
- Attention Sev, si tu critiques encore mon brushing je vais te forcer à te laver les cheveux !
Le plus vieux grimaça à ses mots. La première fois quand le fils Malfoy avait 8 ans lui avait suffi, le gamin l'avait presque noyé avec son aguamenti approximatif. La tension avait définitivement quitté ses épaules et ils reprirent leur discussion légère. Severus rassuré de la non réaction de son filleul et Draco heureux d'avoir changé les idées du brun ainsi que de l'avoir vu rire.
