Bonjour!
Oui ça fait longtemps, pourtant j'ai des chapitres en avance
Je vais donc les poster en profitant de l'élan du confinement et en espérant que ça me donne envie de m'y remettre!
CHAPITRE SIXIEME
Labyrinthique
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Samedi 23 septembre 2023
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Après la répartition des groupes de répétition, Raiponce craint que la troupe n'explose. La cohésion est importante mais la pièce beaucoup trop longue pour qu'ils continuent de répéter toujours tous ensemble. Hiccup a fait de son mieux, maintenant c'est son tour.
En tant que représentante des célébrateurs, elle est responsable de la communication avec Stoïck. Son rendez-vous avec le maire a eu lieu en début de semaine. Il ne s'agit que d'une formalité en fait, elle a déjà donné les dates de toutes les fêtes à la mairie en début d'année.
Stoïck a accepté qu'ils renouvellent l'évènement labyrinthe. C'est un des évènements préférés de Raiponce. Maintenant qu'il est officiellement d'accord, elle a réuni ceux qui devaient participer à l'évènement. Ce n'est jamais une obligation et elle fait toujours attention de mélanger les membres des célébrateurs avec des personnes choisies pour leurs talents.
Cette année, la liste des organisateurs des jours du labyrinthe est composée des personnes suivantes : Raiponce (évidemment), le "Chapelier Fou", Onceler, Lilian Wiggins, Griffin Flowerdew, Sleepy, Fanny Larson, Nanaka et toute l'équipe du théâtre. Ils n'ont pas tous répondu présents mais la plupart d'entre eux pourront venir au moins l'après-midi pour couper et préparer les haies ou pour peindre les plaques de bois. Et quelques uns resteront pendant la nuit pour installer le labyrinthe.
Raiponce est heureuse. Jack et Hiccup resteront le soir.
Elle connaît tout de leur histoire. Après l'accident de Jack, elle était la seule à pouvoir parler à Hiccup de son ami. Il était venu la voir de lui-même pour avoir des nouvelles de Jack et cela avait été leur premier lien. Puis ils s'étaient rapprochés lentement.
Elle l'apprécie beaucoup.
Alors savoir que leur histoire n'est pas finie lui fait plaisir.
- Si tu es prête Raiponce, j'allais partir.
Lumière se tient dans l'encadrement de la porte et l'attend. Il lui a proposé de la déposer à l'école active avec tout son bazar et elle a accepté. Elle oublie parfois que certaines des personnes qui vivent avec elle sont les domestiques d'Adam : ils sont tous tellement gentils, c'est comme une grande famille.
Raiponce transporte beaucoup trop de choses et son allure de tortue enthousiaste lui attire le regard amusé d'Heather qui passe dans le couloir en chaloupant, son plumeau à la main. Lumière fait un clin d'œil à la femme de chambre qui se contente de le narguer pour l'instant et Raiponce lève les yeux au ciel.
Dans les escaliers, Lumière lui prend son carton à dessins et ils croisent Elsa.
- Tu viens avec nous, je te dépose aussi si tu veux.
- Je veux bien, merci. Je prends mon sac.
Raiponce et Elsa ne parlent pas beaucoup. Mais elles se sourient. La voiture de Lumière les attend juste devant les marches. Quelques étudiants qui vont à la bibliothèque les croisent et se dépêchent de se rendre dans la partie publique de la demeure pour ne pas déranger les habitants.
Lumière aide Raiponce à ranger tout ce dont elle a besoin dans le coffre puis Elsa les rejoint et prend place à l'arrière. Elle n'aime pas trop parler alors elle les laisse faire la discussion sur tout le trajet.
Quand ils arrivent près de l'école active, Lumière fait le tour sous les directions de Raiponce pour se garer dans la cour arrière, à quelques pas du local d'art. Eugène les attend assis sur les marches, profitant du temps encore agréable. Il se dirige directement vers la voiture et ouvre le coffre avant d'y avoir été invité pour sortir les affaires de Raiponce.
- Salut Lumière !
- Bonjour Eugène, bonne chance pour votre machin d'art.
- T'en fais pas, avec Raiponce aux commandes, y a aucun souci à se faire.
En entendant le compliment d'Eugène, Raiponce rougit un peu et salue rapidement Lumière pour le faire disparaître. Le majordome lui fait un clin d'œil avant de se remettre en route. Il va déposer l'albinos chez sa professeure de chant, en bordure de la ville avant de passer faire quelques courses à la grande ville pour Adam.
Une fois la voiture hors de vue, Raiponce reprend les commandes et entraîne son petit ami dans le local d'art :
- Eugène on bouge ! Les autres vont nous attendre !
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Ils n'ont qu'une petite heure devant eux, le temps d'organiser le matériel et de grignoter un sandwich. À une heure tapante, les premiers participants débarquent. Il s'agit de Hiccup, Merida et Pascal. Ils se sont croisés en arrivant dans les couloirs.
Sans distinction entre ses anciens ou nouveaux amis, Raiponce se lève et les enlace tous un par un avant de les embrasser sur les deux joues. Hiccup sourit, Pascal lui rend son étreinte et Merida rougit légèrement. Raiponce refait un compliment sur sa nouvelle coupe alors qu'elle lui en avait déjà fait un en la croisant en cours et Merida la laisse passer ses doigts sur la partie rasée. Eugène se contente de se retourner pour les saluer. Il est déjà en train de déplacer le matériel à l'extérieur, commentant sur le beau temps qui les arrange bien.
La salle d'art est une des plus grandes salles de l'école active. Les artistes sont du genre à s'éparpiller. C'est une des rares salles qui ouvre des deux côtés de l'aile, d'un côté sur la cour intérieure, accessible par la route, et de l'autre sur le parc extérieur. À cinq, ils mettent une dizaine de minutes à finir d'organiser le local et les différents espaces de travail. À une heure et demie, tout le monde arrive. Deux équipes se forment ; juste devant la salle, à naviguer entre celle-ci et la pelouse, les responsables du labyrinthe en panneaux de bois qui vont devoir les peindre et les cirer pour les protéger, et dans le parc, les responsables du labyrinthe feuillu.
Dans l'équipe 1 se trouvent Raiponce, Eugène, Audrey la rousse et Audrey la brune, Sleepy qui a pris son jour de congé spécialement pour venir, Onceler, Hiccup et Jack, Hans qui ne restera pas pour la nuit mais a libéré un peu de son temps pour faire acte de présence, Tatiana et sa sœur Babette que tout le monde appelle Baby Tooth, Tuffnut, Kat la sœur de Jack, Jamie et Ruffnut.
Dans l'équipe 2 se trouvent Lilian Wiggins, Nanaka, Fanny Larson, Kristoff, Astrid, Guy, Bunny et Merida, Eep, Max qui est venu à la demande de Raiponce et qui ne peut rien refuser à sa meilleure amie et Bob Stabbington que personne n'attendaient et qui pourtant est là, prêt à aider.
Il y a aussi Ralph et Pascal qui vont naviguer entre les deux groupes soit par peur de casser quelque chose et se sentant utile seulement pour soulever des trucs soit pour surveiller l'avancement du projet. Et aussi le Chapelier Fou qui possède les idées et Quasimodo qui a créé de belles statues pour le labyrinthe. Le groupe des créateurs de fées va donner un peu de son œuvre à certaines parties du labyrinthe mais n'arrivera que bien plus tard.
Ils ont l'après-midi et la nuit, demain à 7h le parc ouvrira ses portes sur un labyrinthe en bon état de marche.
Raiponce regrette l'absence d'Elsa qui n'a pas pu venir à cause de son cours de chant. Mais elle sait qu'il y aura d'autres occasions de l'inclure au groupe.
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En deux heures, les trois quarts des panneaux de bois qui vont redessiner l'intérieur et l'extérieur de l'école active ainsi que la cour du lycée/collège sont peints et en attente d'être vernis.
Même si tous les membres du groupe théâtre ne sont pas présents, Raiponce est contente parce qu'elle a réussi son objectif. Ils se rapprochent les uns des autres. De minis batailles de peinture émergent à l'instant où Merida vient voir comment les peinturlureurs se débrouillent et qu'elle attaque Eugène par derrière. Heureusement que tout le monde a bien pensé à amener des vêtements usés et jetables. Eugène sursaute et pousse un cri étranglé quand le pinceau plein de peinture verte s'écrase sur sa joue.
Quand il riposte, Merida bouscule Audrey la brune qui fait beaucoup trop d'efforts et n'a pas confiance en son potentiel artistique du tout. Agacée et couverte de peinture, Audrey se tourne vers Merida, prête à riposter. Eugène s'esquive, bien content d'être oublié et les deux filles se poursuivent jusque entre les haies, armées de rouleaux de peinture. Elles passent à côté de Quasimodo qui donne la dernière touche à certaines de ses sculptures. Et d'Alice qui aménage sous une bâche (au cas où il pleuvrait) un magnifique décor qui servira de boutique de thé au Chapelier. Bob aide Wiggins à déplacer ses haies au fur et à mesure que la jeune personne les taille. Il est pris un instant entre les deux filles qui tournent autour de lui en essayant de s'atteindre.
- Oh hé, attention là ! il grogne en stabilisant la licorne, véritable œuvre d'art de Wiggins.
Ce·tte dernier·ère se contente de rire, son grand sécateur dans les mains. Les autres qui s'occupent des haies n'ont en réalité pour travail que de retailler les grands blocs pour qu'ils soient beaux à regarder. Ils se doivent aussi de piquer de fausses fleurs un peu partout, ce qui est le plus amusant. Nanaka en tout cas, s'amuse comme une folle, oubliant son âge et toute prudence, elle monte dans les haies qui semblent se plier sous ses doigts.
- Ah, les jeunes ! soupire Wiggins à cheval sur une échelle pour finir son éléphant de verdure.
Du haut de ses 26 ans, ille fait largement partie des "vieux" du groupe. Fanny lui jette un regard peu impressionné avant de sectionner une branche récalcitrante. Celle que tout le monde appelle Féline participe activement à beaucoup de projets de ce genre et elle s'entend très bien avec Wiggins. Ils sont tous les deux dans le club de lecture et peuvent passer des heures ensemble sans même se parler. Ille lui sourit depuis son perchoir.
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Du côté des peintres, Hiccup, Jack et Toothiana tentent de discuter normalement alors qu'ils sont tous les trois gênés de la présence d'un des deux autres. Toothiana ne peut pas s'empêcher de penser que Jack peut encore lui échapper. Elle a peur de ne pas être exactement ce qu'il lui faut et que lorsqu'il s'en rendra compte il retournera auprès de ses anciens amis.
Hiccup n'est pas tranquille non plus. Jack est à côté de lui, beaucoup trop près, et il peint de magnifiques arabesques vertes sur ses panneaux de bois, rajoutant un peu trop de bleu. À sa droite, Tooth peint sans pinceau, créant une fresque aux allures de jungle, parsemées de fleurs violettes et roses. Malgré les efforts de Jack, Tooth ramène sans arrêt la discussion à des personnes que seuls elle et lui connaissent ou à des situations qu'ils ont vécu seulement tous les deux, excluant Hiccup.
Quand à Jack... Il commence à s'ennuyer un peu. Il est resté sérieux déjà longtemps et a peint dix planches. C'est beaucoup pour lui. Tooth est trop concentrée pour qu'il ose l'embêter mais...
- Jack !
Il se contente de sourire avec innocence alors qu'elle tente d'essuyer la tâche de peinture bleue qu'elle a sur la joue, le fusillant de ses yeux indigo. Le dessus de ses mains, qui était resté vierge de toute trace de peinture, est maintenant tâché.
- Si tu as du mal à être concentré, va faire un tour mais ne m'embête pas.
Son ton est grognon mais elle plisse les yeux en souriant légèrement. Il ne l'embête pas vraiment mais elle veut faire de son mieux et n'a pas envie de jouer. Elle pose une main couverte de bleu et de vert sur le torse du jeune homme et le repousse malicieusement. Trop heureux de la distraction, Jack tombe au ralenti dans les jambes de Hiccup et se saisit d'un pinceau. Le metteur en scène porte un vieux bermuda qui dévoile entièrement sa prothèse et c'est la première fois que Jack le voit si peu vêtu.
- Jack, qu'est-ce que tu fais ?
Le murmure mi-choqué mi-amusé de Tooth n'arrête pas Jack qui a réussi à récupérer un pinceau et commence à peindre la cheville artificielle apparemment dans l'indifférence la plus totale. Après un regard à Hiccup qui ne réagit pas et continue de peindre de façon mécanique, Jack se concentre sur son travail plutôt que sur celui du jeune metteur en scène. Ses planches sont toutes des copies presque exactes de celle que Raiponce a peinte en avance pour servir de modèle. Belles mais peu originales. Le côté peinture ce n'est pas son truc mais il aime aider et puis, Raiponce et les autres lui renverront l'ascenseur de toute manière.
S'il met si peu d'efforts dans la créativité, c'est parce qu'il est en train d'imaginer une scène, se répétant le texte et y ajoutant les déplacements. Il a vu Jack mais a décidé de ne rien dire. Il n'y a rien de cohérent qui pourrait sortir de sa bouche de toute manière. Alors il revient à sa mise en scène, là les répliques sont déjà écrites.
Allongé de tout son long sur le sol, ses jambes gênant Tooth et enroulé autour de celles de Hiccup, Jack crée une vraie œuvre d'art sur la prothèse. Il pique quelques touches de rose et de violet sur la palette de Tooth. Profite du jaune qui passe par là. En moins de deux minutes, il a fini et se recule pour admirer son travail.
- Je peux savoir ce que tu fais ?
C'est la voix de Tuffnut qui attire l'attention de Jack. Le blond était venu embêter sa sœur et est couvert de feuilles. Une brindille est coincée dans ses longs cheveux remontés en queue de cheval et ses sourcils sont froncés. Hiccup ne réagit toujours pas, regardant du coin de l'œil la réaction de Jack. Par défiance, celui-ci embrasse la jambe sans le quitter du regard. Incapable d'avoir une réaction, Hiccup tourne la tête vers son meilleur ami, attendant qu'il réagisse à sa place. Trop rapide pour que quiconque réagisse, Jack glisse pour se remettre droit et s'échappe, pieds nus, bien trop conscient qu'il vient de dépasser les bornes.
Sans rien dire, Hiccup regarde Tuffnut alors qu'il lui passe à côté, armé d'un pot de peinture rouge à moitié plein, à la poursuite de Jack. Tout le monde s'écarte sur leur passage, protégeant comme il le peut son panneau. Hiccup ne bouge pas. Jack réapparaît dans son champ de vision, le voit, lui sourit de toutes ses dents et saute en levant les bras pour le faire rire. Hiccup sourit. C'est quelque chose de très lent et de très doux que Toothiana regarde avec intérêt.
L'étincelle est très légère mais bien présente. Hiccup rit. Il n'y a aucun son qui sort de sa bouche mais il rit. Il trouve Jack drôle. Trop fier de lui et du sourire qu'il vient de récolter, ce dernier ne voit pas Tuffnut qui le rattrape enfin et lui vide presque l'intégralité du pot de peinture sur la tête. Noyé sous la peinture rouge, Jack suffoque quelques secondes avant de pouvoir respirer. Le rire satisfait de Tuffnut parvient à ses oreilles.
Pendant de longues secondes angoissantes qui lui semblent une éternité, Jack est aveugle. Il touche quelqu'un sans savoir qui c'est, un visage, avant qu'on ne l'arrête. Puis un tissu très doux dégage ses yeux. C'est Hiccup qui l'aide, épongeant la peinture avec sa manche déjà tâchée.
- Le rouge n'est vraiment pas ta couleur.
Quand il peut à nouveau y voir clair, Jack tente un sourire. Devant lui, Hiccup fronce les sourcils envers Tuffnut. Le grand blond n'a pas l'air de s'en soucier et se contente de hausser les épaules d'un air bourrin. Jack revient sur Hiccup. Il a une grande marque rouge en travers du visage qui cache ses tâches de rousseur. Jack ne sait pas pourquoi mais il panique d'un coup.
- Hiccup ça va ?
Il parle trop fort, il s'en rend compte trop tard.
- Oui pourquoi ?
Il a mal à la tête. Mais il fait semblant de rien, relâche la pression. Pascal s'approche de lui avec des chiffons et propose de l'accompagner pour qu'il prenne une douche s'il le souhaite, puisque la salle d'art géante en possède une derrière un petit local et que s'il veut il peut même rincer partiellement et sécher vite fait ses vêtements. Il n'a aucune raison de rester là alors Jack accepte. Le regard de Hiccup le suit alors qu'il s'éloigne avec le meilleur ami de Raiponce. Le jeune homme a l'air perplexe.
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Dans les douches de la salle d'art, Jack se débarrasse de la peinture agglutinée dans ses cheveux. Il entend Pascal qui rince ses fringues et les sèche dans le petit local à côté. Il sort avec une serviette tâchée de peinture autour de la taille et le regard globuleux du brun se tourne vers lui. Pascal a suspendu le tee-shirt et le short de plage de Jack, qui avait vraiment trop chaud aujourd'hui pour porter quelque chose de plus, sur une corde et les attaque au sèche-cheveux.
Au bout de cinq longues secondes, il se retourne à nouveau. Jack récupère son caleçon, tentant de ne pas être gêné par la présence de l'autre alors qu'il se change. Toujours en silence, Pascal finit de sécher les vêtements puis range le sèche-cheveux. Jack en profite pour se rhabiller complètement. Il va pour sortir et retrouver Hiccup à l'extérieur quand la voix beaucoup trop rare de Pascal se fait entendre. Il lui fait remarquer sur un ton plat que ses lentilles ne sont plus en place.
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Légèrement paniqué, Jack attend que sa sœur le rejoigne. Il est un peu à l'écart du groupe et peut voir de loin Tuffnut faire l'imbécile pour se faire pardonner auprès de Hiccup. Ça a l'air de fonctionner. Tant mieux. Il ne veut pas que sa panique irrationnelle ne perturbe l'amitié d'Hiccup et Tuffnut. Au bout de cinq minutes, Kat le rejoint en trottinant. Pascal derrière elle fait un signe discret à Jack qui le remercie d'un hochement de tête. Il ne sait pas comment l'autre sait pour ses lentilles mais il lui est reconnaissant.
- Jack, ça ne va pas ?
Le ton inquiet de sa sœur énerve Jack. Il s'en veut immédiatement de l'avoir fait paniquer. D'un sourire il la rassure.
- Tout va bien Katie, j'ai juste perdu mes lentilles alors je vais rentrer me changer et j'en profite pour prendre mes affaires pour ce soir... Du coup je te laisse rentrer avec Baby Tooth, ça ira ?
- Tu peux me ramener mon sac ?
Elle formule sa requête d'une petite voix. Ils n'habitent pas loin de la famille Hummingbird et il était prévu qu'ils rentrent ensemble chercher leurs sacs avant que Kat dorme chez son amie et que Jack rejoigne les autres. Son grand frère lui sourit encore et embrasse sa joue.
- Bien sûr que je te ramène ton sac. Je reviens dans une petite demi-heure. Tu préviens Baby T ?
Elle approuve d'un signe de tête et il disparaît, ses baskets encore humides produisant un léger bruit alors qu'il marche vers la station de tram. Il entend Tooth l'appeler mais se contente de la saluer de loin. Il ne veut pas que les gens le voient. À cette heure-ci, il n'y a personne dans les transports mais il garde quand même la tête baissée. Il ne veut pas que ça se sache...
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- Katie ?
Kat sursaute. Avec un prénom composé aussi long que Emma-Katherine, elle ne peut échapper aux surnoms. De toutes les formes. Emma, Katherine, Em, Kat. Dans l'ordre ceux-là sont donnés par ses parents, sa mère, ses amis, à peu près tout le monde. Mais pas Katie. Katie est spécial. Il n'y a que son frère pour l'appeler ainsi. Son frère et aussi...
- Hiccup ?
Il ne se formalise pas de son ton étonné. Ses mains s'agitent seules dans le vide avant qu'il ne prenne la parole.
- Jack va bien ?
- Oui, il est juste parti se changer.
- D'accord.
Et il repart comme si de rien n'était. Après l'accident de Jack, Hiccup a arrêté de parler à Kat d'un coup. Ça lui a fait un peu mal mais elle a préféré ne rien dire. S'il ne voulait plus rien avoir à faire avec leur famille, elle pouvait comprendre et elle ne lui en voulait pas. Il avait bien plus souffert qu'elle au final : Jack ne se souvenait même pas de lui.
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Oubliant où elles étaient et sans se rendre compte du micro-drame qui se déclenchait du côté des peintres, Merida et Audrey avaient couru entre les haies rangées serrées, se faufilant entre les branches sans se soucier ni l'une ni l'autre de s'écorcher les bras ou les jambes.
Audrey est la seule à avoir encore de la peinture et un rouleau. Celui de Merida est tombé quand elle a enjambé Sleepy qui faisait la sieste au milieu du chemin. Elle court maintenant pour empêcher Audrey de mettre encore plus de bleu dans ses cheveux déjà bien recouverts de peinture. Son short est couvert de terre de son travail dans la recoupe de haies. Son débardeur qui était rose pâle (une horreur achetée par sa mère il y a beaucoup trop longtemps) est maintenant vert et bleu.
- C'est pas la peine de courir Merida, je vais t'avoir !
Oh elle y compte bien. Le jeu l'amuse. C'est la première fois depuis longtemps que le jeu l'amuse. Et qu'elle s'en fout. Quand Audrey apparaît d'un coup face à elle au détour d'un virage, la rouquine prend le temps de l'observer pendant la seconde suspendue qui les empêche toutes les deux de bouger. La brune porte sa salopette de travail, tâchée de cambouis et maintenant de peinture, et un débardeur blanc qui a été trop porté. Son éternelle casquette a été perdue pendant la course et ses cheveux ramenés en arrière dévoilent son visage à peine plus que d'habitude.
Le temps se remet en route avec un claquement violent dans l'air et Audrey se rue vers elle. Merida est beaucoup trop lente et glisse en se retournant. Elle sait tomber et ne se fait pas mal mais Audrey s'empile sur elle immédiatement et Merida se retourne pour tenter de se défendre. Elles crient comme des idiotes et sont toutes les deux plus que conscientes de retenir leurs forces. Nouveau claquement, comme un crépitement dans l'air, un coup de tonnerre qu'elles sont seules a percevoir. Leurs corps s'immobilisent, tendus. Celui très légèrement plus petit d'Audrey au-dessus de celui de Merida. Puis d'un coup elles se détendent.
Audrey sourit doucement et elles sont proches de s'embrasser, d'un coup, parce qu'elles en ont envie et que pourquoi pas après tout ? Le charme passe, elles ne font rien et c'est trop tard. Merida se relève avec un sourire et sa main s'attarde autour de la taille d'Audrey quand elles repartent ensemble vers les autres. Quand elles reviennent, ils sont en train d'aligner toutes les planches de bois peintes pour les protéger de la pluie et les sécher correctement.
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Aux alentours de 19h, la préparation est terminée et quelques uns rentrent chez eux. Hans est déjà parti, il avait prévenu qu'il ne pourrait pas rester toute la nuit mais ses planches sont magnifiques. Peu imaginatives mais magnifiques. Babette et Kat rentrent toutes les deux. Jack a bien pensé à ramener le sac de sa sœur quand il est revenu changé et lavé. Onceler et Audrey la rousse font le trajet du retour avec Kristoff et Eep. Les deux premiers ont promis aux filles de Gru qu'ils seraient là ce soir pour manger avec elles. Ruffnut aussi rentre chez elle, elle n'a pas envie de rester debout toute la nuit et elle a dû négocier avec ses parents pour venir de toute façon : ses résultats en classe ne sont pas assez bons pour qu'ils la laissent faire ce qu'elle veut de son week-end. Ralph soulève Alice et la pose sur ses épaules alors qu'elle baille. Ils retournent au refuge avec Nanaka.
Tous ceux qui restent ont prévu de dormir à l'école active, sauf pour Fanny et Bob.
Presque timidement et couvert de terre après avoir déplacé des branches coupées et des haies sculptées tout l'après-midi, le grand roux est venu demander si on avait besoin de ses muscles encore un peu. Il n'a pas parlé à grand monde de tout l'après-midi, seulement à Wiggins qui lui donnait toutes les indications nécessaires. Du coup, il est allé jusque dans les cuisines pour poser sa question à Lilian Wiggins.
Après le premier départ, Raiponce et Lilian Wiggins ont dansé ensemble jusqu'aux cuisines de l'école active et ont pris possession des fourneaux et la responsabilité de faire des spaghettis bolognaise pour tout le monde. Fanny les a suivi et à sa demande la sauce est séparée des pâtes. Elle est en train de faire cuire quelques légumes pour ceux qui ne voudraient pas de viande. L'apparition de Bob Stabbington dans la cuisine éclairée et emplie de musique ne jette pas un froid.
Il reste les bras ballants dans l'embrasure de la porte, presque surpris du sourire que lui lance Raiponce.
- Lilian trésor ! Je crois que Bob veut te poser une question.
Le ton n'est pas moqueur, ni sarcastique. Lilian se tourne vers Bob et sourit à son tour. Ille repose sa cuillère dans la sauce tomate et remue une dernière fois la viande avant de s'approcher du rouquin. Bob a l'air mal à l'aise mais tente de ne pas le montrer. Déhanché·e sur le côté, portant un tablier rose par-dessus sa tunique, et ses longs cheveux attachés en chignon, Wiggins n'est pas le genre de personne avec qui Bob parle la plupart du temps.
- Est-ce que... vous allez encore avoir besoin de moi ?
Lilian se tourne pour interroger Raiponce du regard qui réfléchit à peine avant de secouer la tête négativement.
- Non c'est bon, réponds alors Wiggins avec un sourire pour Bob. Tu nous as déjà beaucoup aidés tu sais.
- Ah bon... Et bien tant mieux alors, je vais rentrer.
- Tu veux rester manger avec nous ?
La proposition sort de nulle part mais elle n'en est pas moins sincère. Bob est sans voix, et prend le temps de regarder Wiggins qui sourit devant lui comme s'ille venait de proposer quelque chose de tout à fait normal, puis Raiponce derrière cellui-ci qui sautille pieds nus sur le carrelage, dansonnant sur la chanson qui passe en fond. Enfin, il s'attarde sur Fanny. La jeune femme à la peau halée ne semble pas faire attention à lui mais quand il la fixe, elle se tourne légèrement. Avec un petit sourire, elle lui assure que s'il veut, il y a un même un menu végétarien.
Alors il accepte. Et parce qu'il ne se sent pas particulièrement à l'aise avec les autres et que ces trois-là ne le regardent pas comme le jeune délinquant qui est arrivé à Nethertown pour échapper à la maison de correction parce que ses parents sont riches et qu'ils ont réussi à lui éviter ça... il reste dans la cuisine le temps que le repas finisse d'être préparé.
Quand tout est prêt, les marmites sont posées sur un chariot et l'équipe de cuistots se dirige vers la salle d'art. Pendant la préparation du repas, les autres ont fini de vernir les planches de bois du labyrinthe et ont dégagé la salle d'art. Le froid est tombé et ils ont fermé les grandes portes vitrées. C'est Bob qui pousse le chariot de nourriture et il est accueilli par des exclamations de joie. Il n'a pas l'habitude.
Avec Wiggins ils se chargent de servir la vingtaine de personnes qui défile devant eux en tendant leur assiette. Quand tout le monde est assis au sol, les conversations reprennent comme si de rien n'était.
Jim est arrivé pendant la préparation du repas, plus que prêt à faire sa part du travail. Sleepy est à moitié allongé et picore dans son assiette à la romaine, les yeux mi-clos. Après le repas, un groupe vaisselle se détache, Audrey, Merida, Jamie, Astrid, Tuffnut et Max, et les autres restent à comater en attendant de digérer.
Hiccup, sans Tuffnut, reste un peu à l'écart et écoute Raiponce parler avec Wiggins et Féline. Jack l'observe de loin pendant que Toothiana fait la conversation seule. Le regard à nouveau entièrement bleu du faux albinos s'attarde sur le metteur en scène. Silencieux et attentif, Hiccup sourit quand même un peu. Ses cheveux auburn tombent un peu sur ses yeux. Ses bras maigres sont enroulés autour de ses genoux. Il est maintenant pieds nus et sa prothèse peinte contraste étrangement.
Jack sourit devant ses dessins que Hiccup a gardé. Il veut lui poser des questions, lui demander comment il a perdu sa jambe, ce qui le fait sourire et pourquoi il porte des jupes parfois. Il aimerait osez lui demander quelle relation ils avaient avant parce qu'il a l'impression qu'il devrait connaître la réponse à toutes ces questions...
Et voilà! Je relis le prochain et le posterai dans la semaine prochaine, n'hésitez pas à me laisser vos commentaires (et à me relancer si je ne vous ai pas répondu!)
