Bon, voici le chapitre 2 ! Je n'avais pas de période pour publier, dans le sens où je publiais un peu n'importe comment, mais là je me suis mise comme objectif de publier une à deux fois par mois. J'ai aussi organisé cette fanfiction, qui sera donc en 14 chapitres (peut être plus), mais deux chapitres épilogues seront rajoutées aux nombres de chapitres totales. Sur ce bonne lecture !

Chapitre 2 : I pay my own bills

Elle avait l'impression d'être à l'armée. Tout les élèves étaient alignés en face d'elle, réunis par division, visible par la broche que Dumbledore leur avait demandé de porter.

Sans grande surprise elle découvrit que Draco Malfoy, Blaise Zabini et Pansy Parkinson étaient à Némésis. Harry Potter, Ron et Ginny Weasley, Dean Thomas et Seamus Finnigan étaient à Thor avec elle. Luna Lovegood et Cho Chang étaient à Odin. Et Neville Longbottom était le seul élève de Maat.

Hermione les observa tous un par un. Elle avait déjà deviné que Pansy avait dû être enrôlé dans de la prostitution illégale, que les parents de Malfoy étaient des fanatiques (riches) mais sans savoir en quoi exactement et que Blaise et sa mère étaient à eux deux des veuves noirs, puisque la mère les épousait et le fils les tuait, récoltant ainsi pour la famille d'énormes sommes d'argent. Mais elle en avait aussi conclut de par l'attitude de Zabini qu'il n'avait pas vraiment apprécié jouer les bourreaux. Avec les commentaires de Pansy, elle savait aussi que Ginny était schizophrène, deux personnalités seulement, et que Luna était … lunatique. Bipolaire était plus approprié mais vu l'intelligence limitée de Pansy associée à son désir de faire souffrir les autres pour évacuer sa propre douleur, lunatique était un mot qui ressortait bien.

Surtout maintenant que la blonde regardait partout autour d'elle, n'écoutant absolument rien de ce que le directeur disait, pour jouer avec les cheveux de sa camarade brune de division aux traits asiatiques la seconde d'après.

Elle n'avait pas encore trouvé le problème des autres mais elle savait que ça ne lui prendrait pas trop de temps. Elle voyait déjà un choc post-traumatique pour Cho, qui aurait refoulé des souvenirs traumatisant d'un accident, et au vue de la chaîne qu'elle portait au poignet avec inscrit le prénom Cédric, il se peut que ce soit celui de son petit ami. Enfin. Ex petit ami. Harry semblait nerveux. Tout le temps. Ses poings se serraient et se desserraient. Il transpirait beaucoup et semblait avoir de la peine à respirer. Dean et Seamus avaient une apparence de dealer, et Dean était clairement un gay refoulé qui était assez aveugle pour ne pas voir que son meilleur ami Seamus était dingue de lui. Ron tenait la main de sa sœur comme si elle était une petite fille, ce qui agaçait fortement celle-ci, et Hermione remarqua les phalanges du roux fortement abîmés.

Avant d'être trouvé par Dumbledore, ils devaient vivre dans la rue et Ron protégeait sa sœur de tout ceux qui pouvait lui vouloir du mal.

Les cicatrices sur ses avant-bras, surtout celles impressionnantes en forme de spirale sur son épaule gauche, montrait qu'il ne faisait pas que défendre sa sœur, mais qu'il s'était défendu d'elle aussi, souvent. Double personnalité. Violente si elle en croyait les dires de Pansy.

« Miss Granger, avez-vous fini d'étudier vos camarades ? »

« Non professeur, je n'ai toujours pas trouvé pourquoi Neville et là. Les autres, je suis curieuse de savoir comment vous les avez trouvé. »

Des protestations s'élevèrent. Hermione ne faisait pas l'unanimité.

« Silence ! Hermione Granger est à partir de maintenant, une nouvelle élève dans l'établissement. Elle fait partie de la division Thor, et étudiera désormais avec vous. Je ne veux aucune mise à l'écart ! Comme chacun d'entre vous elle à sa particularité, ce qui n'est pas une raison pour la mettre à l'écart. »

« Vous voulez dire que c'est une tarée, » rit Seamus. « Comme nous tous. »

Ron renchérit :

« Vous pouvez le dire hein, c'est ce que tout le monde pense de tout façon ! »

« Compte-toi dedans si ça t'amuses Weasley boy, mais je ne suis pas un échappé d'asile comme ta sœur et toi, » lâcha Draco désinvolte.

Luna claqua :

« La ferme Malfoy ! »

Sa voix était autoritaire et grave, et son visage sérieux, sourcils froncés et yeux plissés. Puis, ses traits se radoucirent et elle continua d'une voix fluette :

« Nous sommes tous ici parce que nous sommes tous un peu fous, n'est-ce pas professeur ? »

A côté de Dumbledore, Hermione n'avait pas pu s'empêcher d'écarquiller grand les yeux devant le changement de comportement de la blonde. Le savoir et le voir étaient deux choses totalement différentes. Le directeur lui, n'avait pas cillé, et sourit à Luna :

« Ce n'est pas tout à fait exacte Miss Lovegood. Certains semblent l'avoir oublié mais vous êtes tous des mineurs qui ont commis un crime qui aurait dû vous envoyer en prison. Au lieu de ça, je vous ai donné une deuxième chance en acceptant de vous recevoir dans cet établissement qui, j'espère, vous permettra de revenir dans la vie active. N'oubliez pas que vous êtes ici pour changer de vie, oublier votre passé tumultueux et tourner la page. »

Hermione rit jaune. Elle regarda le sol quand elle parla, mais ses mots résonnèrent dans le hall :

« Vous pensez vraiment qu'on réussira à oublier ces ordures qui ont transformé notre vie en enfer ? J'avais un avenir voyez-vous. Des projets. Une famille. Rien à foutre de tourner la page tant que ceux qui m'ont privé de tous ça ne seront pas tous morts. Et il m'en reste un à trouver. Et vous ne m'en empêcherez pas. Et quand je le trouverai, je lui trancherai la gorge comme il l'a fait à mes parents, et comme je l'ai fait à ces quatre autres connards d'amis. »

La déclaration d'Hermione jeta un froid. Ron, Harry, Cho, Pansy et Neville ne masquaient pas leur choc. Blaise était plus réservé mais tout aussi inquiet. Ils étaient tous là pour des crimes importants, mais peu étaient là pour meurtre, et ceux qui y étaient comme lui, Ron, Cho, et Draco, n'avaient pas tué de leur propre volonté. Sauf Ginny et Luna, mais leurs troubles de la personnalité justifiait tout. Quand il regardait dans les yeux d'Hermione, il voyait une lueur indescriptible qui l'effrayait. La jeune fille n'en avait rien à faire d'eux. Et vu la remarque qu'elle avait fait à Draco, elle avait elle aussi, les mains tâchées de sang.

Sauf qu'elle semblait l'avoir fait de son plein gré.

Le directeur ne disait rien et se contentait de la fixer. Luna vint se présenter à elle en lui tendant une main que l'autre n'hésita pas à secouer. Les autres firent de même. Ce fut presque au tour de Blaise et Draco, et le brun entendit clairement son ami lui murmurer elle va être intéressante elle, avant de se présenter à son tour. Hermione lui jeta un regard venimeux, ainsi qu'à Pansy qui refusa de se présenter, n'en trouvant pas l'utilité.

Hermione eut comme consigne de s'installer dans son coin de la chambre, pendant que tous allaient dîner dans le Grand Hall. McGonagall viendrait la chercher pour l'y emmener vingt minutes plus tard.

En entrant dans la chambre, Hermione eut la surprise de voir que l'autre vipère ne s'était pas étalée dans la chambre comme elle aurait pu le faire. Son coin était nettement délimité. Il y avait deux lits collés en longueur aux murs, un bureau chacune, et une armoire avec des tiroirs pour une personne chacune. Celui de Pansy était majoritairement vert et noir. Une grand tenture avec un serpent peint dessus pendait au dessus de son lit, couvert par un plaid noir en fourrure. Son bureau ressemblait plus à une coiffeuse qu'à un bureau, avec des feuilles couvertes de formules mathématiques, enterrées sous les vernis à ongle et le maquillage. Hermione n'avait pas beaucoup d'affaire. Le directeur lui avait dit que l'école possédait un espèce de magasin, dans lequel elle pourrait aller se servir quand elle voudrait pour renouveler sa garde robe.

En déchargeant son sac d'un pauvre jean troué et deux pulls délavés, elle grimaça et se promit d'y faire un tour le lendemain. Elle avait réussi à trouver dans la rue un rubik's cube qu'elle posa sur son bureau, avec un vieux cadre, dont la vitre était brisé, dans lequel il y avait le seul souvenir matériels de ses parents qu'elle avait : la photo de leur mariage. C'était la seule chose qui lui permettait de ne pas oublier leur visage.

Elle sortit plusieurs photos d'elle enfant et d'autre membre de sa famille dont elle ne se souvenait plus et les mis dans son placard, vide. Sur le lit, il y avait des draps propres, rouges et ors, différents de ceux verts et argents de Pansy.

Un truc de division sûrement, les couleurs correspondent, se dit-elle en faisant le lit.

Elle vit aussi des serviettes de bain, rouges, classiques, mais ce qui la frappa fut les lettres H et G qui étaient brodées avec du fils doré sur les serviettes. Curieuse, elle ouvrit le placard de Pansy et vit que les siennes étaient vertes, avec deux P brodés en argent dessus. Son cœur se serra et elle sentit une bouffée de bien être la prendre.

Il fait vraiment tout pour qu'on se sente chez nous. Elle ne savait même plus quand elle avait eut quelque chose à elle même. Rien qu'à elle. Dans son gang, tout était à tous le monde. Sauf les sous-vêtements. Sinon, filles et garçons de tout âges mais de même tailles s'échangeaient jeans et t-shirts.

Il y avait aussi un uniforme sur le lit, et elle remarqua que Pansy en avait un aussi. Mais comme on était Dimanche, ils devaient avoir le droit de ne pas le porter en dehors des heures de cours. Elle alla profiter d'une longue douche chaude, vida la moitié du savon et du shampoing sur elle, et profita du miroir en pied installé sur l'intérieur de la porte de son placard pour se regarder. Elle n'avait pas non plus fait ça depuis des années. Son apparence lui importait peu, elle avait d'autre chat à fouetter. Mais là on lui donner l'occasion d'y faire attention.

Et elle apprécia les boucles brunes qui suivaient chaque mouvement de tête, et ses longs cils noirs. L'uniforme lui allait plutôt bien. Un simple pull gris en col V par dessus une chemise blanche, avec le blason de l'école d'un côté de la poitrine, et celui de sa division sur l'autre, et une jupe et un collant noire. Ses cheveux n'avaient pas été coupé depuis un moment, il lui arrivait sous les fesses, et étaient extrêmement secs et abîmés ! Elle prit la paire de ciseaux posé sur son bureau, et coupa les longues mèches jusqu'à ce qu'elles lui arrivent sous la poitrine. Le résultat n'était pas parfait, mais il ferait l'affaire et finalement, le look coupé inégalement lui allait très bien.

Elle remit ses rangers, n'ayant pas d'autre chaussure et passa sa cravate rouge et or autour du cou, sans la nouer. En sortant, elle remarqua que la porte de la chambre de Ginny était presque couverte de serrures, toutes différentes, de haut en bas.

Le professeur McGonagall était une femme d'une cinquantaine d'année, à l'allure sévère, et aux cheveux gris noués serrés en un chignon dont ne dépassait aucune mèche. Elle portait une longue robe victorienne noire en velours avec un corset imprimé tartan vert et bleu magnifique, et ses talons claquèrent sur le sol quand elle prit la direction du Grand Hall suivit d'Hermione.

« Bonsoir Miss Granger, le professeur Dumbledore a déjà dû vous parlez de moi ? »

« Vous êtes ma responsable de division, comme une prof' principale ? »

« En effet c'est plus ou moins correcte. Je serai également votre professeur de Littérature. Sachez que tout les professeurs ont lu vos dossiers Miss Granger, comme ceux de tout les élèves ici. Nous savons ce que vous avez fait. »

Hermione ne cacha pas son étonnement :

« Et vous avez quand même accepté de nous enseigner ? En sachant ce que vous risquez ? »

McGonagall s'arrêta au milieu du couloir et se tourna vers Hermione, un sourire compatissant aux lèvres :

« Vous êtes des élèves comme les autres Miss Granger. Ce que vous traversez, ce que vous avez vécu, tout ça n'a aucune importance. Nous sommes ici pour vous. Pas pour le directeur. C'est vous que nous voulons aider, soigner. »

« Certains d'entre nous ne peuvent pas être soigner Professeur. Ginny, Luna, moi, ça dépasse le simple incident. Nous sommes mentalement instables et malades. »

McGonagall élargit son sourire :

« Tout peu être guéri Miss Granger. À un certain degrés bien entendu. »

Elles arrivèrent dans le Grand Hall où les élèves mangeaient, visiblement séparés par division. Où pas tellement. Les Némésis mangeait entre eux tandis que Thor, Odin et Maat se partageait une table. La table des professeurs était toute en longueur face à l'entrée, avec un siège plus grand au centre pour le directeur. Celui-ci se leva à l'entrée d'Hermione, qui fut poussée par McGonagall vers la table des trois divisons. Elle fut assise à côté de Ginny et en face de Neville, lui même assis à côté de Luna tandis que Ron était à la gauche de sa sœur. Il jeta d'ailleurs un regard méfiant et passe un bras protecteur sur la rousse.

« Arrête je ne suis pas une gamine ! » s'énerva la rousse en repoussant son bras.

« Je le sais très bien ! Je fais juste mon rôle de grand frère ! »

« En étant chiant ?! »

« Non, protecteur ! »

Elle grogna fortement avant de se tourner vers Hermione.

« Excuse-le il est toujours comme ça. »

« C'est lourd, » lâcha Hermione sans tact, peu inquiète de blesser les frangins.

Ginny au contraire éclata de rire :

« C'est vrai ! D'ailleurs je voulais te dire, j'aime beaucoup tes cheveux ! Et j'adore ce que tu as répondu à Malfoy tout à l'heure ! »

Hermione lui lança un regard en biais :

« J'étais sérieuse. Je pourrais lui briser la nuque sans remord en une demi-seconde. »

Ginny sourit :

« Je n'en doute pas. »

Elle était sincère, et pas ironique. Hermione, amusée et intéressée, lui sourit en retour gentiment. Les deux filles continuèrent le repas, apprenant à connaître la personnalité de l'autre, et Ginny l'introduisit aux autres de la table. Elle parla un peu avec tout le monde, contre son gré, car si elle sentait le courant bien passé avec Ginny et Luna, Cho l'insupportait et elle avait envie de donner des claques à Neville. En plus de ces deux là, elle remarqua que Ron était facilement manipulé par Ginny, attentif à ses moindres besoins, et que la faiblesse d'esprit d'Harry pourrait lui être utile. Un sourire malsain prit place sur ses lèvres : il serait tellement facile de les utiliser, manipuler à ses fins, dès qu'elle en aurait besoin.

Elle se sentit observer et leva les yeux vers la table des professeurs pour y découvrir Dumbledore en train de l'observer minutieusement. Il ne cilla pas et ne détourna pas le regard quand Hermione planta ses ambres sur lui. La jeune fille sourit amusée. Il avait deviné ses plans. Mince, ça venait de devenir amusant. Le directeur plissa des yeux légèrement, comme pour lui donner un avertissement.

Vous pouvez toujours essayer professeur, mais je les tiens dans le creux de la main depuis le moment où vous me les avez présenté, rit intérieurement la jeune fille.

Elle vit du coin de l'œil deux disques de métal briller, et tourna la tête, constatant que Malfoy dînait juste en face d'elle, Blaise à ses côtés, Pansy en face. Le jeune blond l'observait lui aussi, mais pour différente raison. Il essayait de lire en elle. De deviner qui elle était. De la comprendre, elle est son fonctionnement. Cela amusa beaucoup la jeune fille qui lui fit un petit sourire satisfait avant de lever un doigt d'honneur en sa direction. Draco lui rendit le même signe, et ils détournèrent le regard l'un de l'autre quand Dumbledore demanda le silence et l'attention des élèves.

« En plus de Miss Granger, Messieurs Thomas et Finnigan sont arrivés Vendredi soir. Demain le weekend se finit et les cours reprennent. Pour les trois nouveaux, le programme des deux mois que vous avez manqué vous sera distribué et des évaluations de nivaux seront effectuées dans la semaine. Je vais maintenant laisser la parole aux professeurs pour qu'ils se présentent aux nouveaux élèves. »

McGonagall se leva et se présenta :

« Minerva McGonagall, professeur de Littérature, responsable de la division Thor. »

« Severus Rogue, professeur de Physique-Chimie, responsable de la division Némésis. » c'était un grand homme avec des cheveux gras noirs, et en un costume entièrement noir dissimulé par une cape noire.

« Filius Flitwick, professeur d'Anglais, responsable de la division Odin. » un petit homme, nain si Hermione ne se trompait pas, portant un costume bleu marine et une cravate noire.

« Pomona Sprout, professeur de Biologie, responsable de la division Maat. » un petit bout de femme habillée d'une robe longue à fleurs, avec un chapeau de paille sur la tête.

« Cuthbert Binns, professeur d'Histoire. » l'homme avait l'air épuisé et tenait à peine debout, et son teint pâle lui donnait des allures de fantôme.

« Rolanda Hooch, professeur de Sport. » une femme d'apparence marquée par des cheveux gris en piques et une étrange pigmentations des yeux.

« Septima Vector, professeur de Mathématiques. » aucun commentaires sur cette femme, mis à part un visage sympathique.

« Sybille Trelawney, professeur de Philosophie, » elle avait des lunettes énormes, rondes, et avec une correction monstrueuse. En plus de son apparence hippie, Hermione n'avait vraiment pas hâte de commencer les cours de Philo. Que quelqu'un lui dise comment penser par elle-même, merci mais non merci.

Dumbledore reprit la parole en demandant cette fois à deux autres femmes de se lever, une à l'allure pincer et l'autre à l'allure de bonne maman.

« L'école dispose d'une bibliothèque accessible de 8h à 18h tous les jours sauf le Dimanche, tenue par Mademoiselle Irma Pince, » la coincée donc. « Il y a certains livres qui ne vous seront autorisés d'accès qu'avec un mot signé par un de vos professeurs. Il y a également une infirmerie, dirigée par Madame Poppy Pomfrey. »

Pomfrey avait un air sévère mais bienveillant qui troubla Hermione plus qu'elle n'aurai voulu, et quand le regard de l'infirmière se posa sur elle, elle visualisa pendant quelques instants une autre femme la regarder avec cet air aimant et protecteur.

Elle fronça les sourcils et ferma les yeux le temps de se reprendre.

Ma mère n'oserait même pas me regarder si elle voyait ce que je suis devenue aujourd'hui.

Le dîner se finit assez rapidement, et Hermine vit très vite monter la nervosité chez certains. Ginny, par exemple semblait légèrement inquiète, mais Ron lui était tremblant. Sa sœur le tapa au front pour lui dire de se calmer et qu'il n'avait aucune raison de paniquer pendant qu'ils rentraient tous au dortoir. Hermione marchait à côté d'eux, Luna et Neville de l'autre côté, et elle tendit l'oreille quand Ron chuchota :

« Je déteste te faire ça tout les soirs. »

Il jetait des coups d'œil méchant à Hermione en constatant qu'elle écoutait, et Ginny le frappa de nouveau :

« Arrête ! Elle va vivre ici et elle sait déjà que je suis schizophrène, on ne va pas lui cacher bien longtemps ce qui se passe la nuit ! »

Hermione n'avait rien demandé mais toutes informations sur les autres élèves l'intéressaient fortement. Ginny lâcha sans délicatesse et malaise apparent :

« Nous étions plusieurs dans ma famille, je suis la plus jeune et j'avais six grands frères. Tu dois avoir entendu parlé des Mangemorts ? »

Hermione tenta de garder un air détaché et enfonça ses ongles dans ses paumes pour rester calme, le tout en acquiesçant.

« L'un deux travaillait avec notre père au Ministère, et savait que nous n'étions pas Anglais pur souche, mais Écossais. Ils sont venus nettoyer chez nous. Du moins, ont essayé. Je me souviens être descendue en panique après avoir entendu le cri d'un des jumeaux, George. Quand je suis arrivée dans leur chambre, Fred était mort, poignardé, et George avait la main plaqué là où se trouvait son oreille gauche avant. Il a eut un autre cri. Ils ont aussi blessé Bill, le plus âgé, cette nuit là. Charlie et Percy étaient sortis donc ils étaient indemne, mais Papa a été gravement blessé. C'est après avoir vu mon frère mort que les autres sont arrivés. »

Elle marqua une pause et Hermione comprit qu'elle parlait de son autre personnalité.

« Elle a tué le hiboux de la famille quelques jours, et Ron l'a vu. On s'est enfui. Il a prit un gros sac, jeté toutes les affaires qu'ils pouvaient dedans, et on est parti. On a rejoint Londres car Ron pensait pouvoir me faire soigner dans un grand hôpital. Mais quand on y est arrivé, ils nous ont dit d'aller voir ailleurs. »

Hermione serra les dents cette fois. La société à la con dans laquelle ils vivaient, elle en était sûre, était aussi responsable de la mort de ses parents que l'étaient les Mangemorts. Si chacun des élèves ici avaient été mis dehors comme ça, elle ferait ravaler au Premier Ministre Britannique ses questions stupides sur le pourquoi les enfants vivaient dans les rues et semaient le chaos.

« Dumbledore nous a trouvé i ans et nous a ramené ici. Sauf que tout les soirs depuis cette fameuse nuit, quand je m'endors, l'autre se réveille. D'après Pomfrey – c'est aussi la psy ici – elle est le moyen que j'ai trouvé pour pallier au traumatisme. D'où sa violence et sa soif de sang. Donc toutes les nuits quelqu'un doit m'attacher à mon lit et Dumbledore vient verrouiller la porte, et crèche devant pour être sûr que l'autre ne sorte pas et ne tue pas quelqu'un. »

D'où toutes ces serrures, pensa-t-elle.

Hermione enregistra les informations données par Ginny, qui non seulement lui donnait plus de données sur le genre d'élève qui se trouvait ici, sur la manière dont Dumbledore les recrutait, mais aussi le genre d'homme qu'était le directeur.

Draco, Pansy et Blaise marchait devant eux, Pansy accrochée au bras de Draco. Elle semblait lui susurrer des mots doux à l'oreille, et Hermione eut une certaine satisfaction méchante en se rendant compte que son arrivée rendait désormais les choses plus compliqué pour ces deux-là. Elle avait bien compris que Pansy ne voulait pas d'elle surtout parce que sa présence l'empêchait de ramener Draco dans sa chambre. Elle devait lui demander si il voulait tenter de passer le couvres-feux mais il dégagea son bras et lui fit comprendre qu'il n'était pas d'humeur. Hermione eut un sourire sadique.

« Ça va Hermione ? Tu souris bizarrement. »

La jeune femme ne se tourna pas vers Harry pour lui répondre :

« J'aimerai mieux être dehors avec les autres mais quitte à être ici autant avoir un peu de distraction. »

Harry jeta un regard devant lui et comprit. Il sourit amusé :

« Ces deux là deviennent vite ennuyant à la longue c'est toujours la même chose, Parkinson le chat, Malfoy la souris, mais Malfoy trouve toujours un moyen pour s'échapper et la blesser. C'était assez drôle au début, mais on finit vite par avoir pitié de Parkinson. »

Hermione pouffa :

« Je n'ai jamais pitié des gens. »

Harry leva un sourcil étonné mais ne commenta pas.

« Ça dure depuis longtemps ? »

Le brun fit mine de réfléchir.

« Ils sont arrivés en même temps que moi, et d'aussi loin que je me souvienne, oui. »

Hermione savait que Pansy faisait parti des premiers arrivés – merci Dumbledore – mais elle pouvait aussi compter Harry et Draco dans le lots désormais. Elle demanda si d'autres étaient arrivés avec eux, mais Harry devint mal à l'aise, et jeta un coup d'œil derrière eux avant de s'excuser et d'accélérer la marche. La brune n'en comprit pas la raison jusqu'à ce qu'une voix bien trop récurrente en une journée se fasse entendre :

« Miss Granger. »

Hermione s'arrêta, imitée par Ron, Ginny, Luna et Neville qui marchaient ensemble avec elle. Elle fut néanmoins la seule à ne pas se tourner vers le directeur tout de suite. Celui-ci eut le temps de chasser les autres élèves avant que la brune ne daigne enfin le regarder.

« Miss Granger, » répéta-t-il, « j'espère que vous avez passé une bonne soirée ? »

« Vous voulez dire une bonne première soirée dans cette prison où vous comptez me faire rester encore longtemps ? Pas trop mal … La nourriture était bonne. »

Le directeur ignora tout jusqu'à la dernière remarque et sourit :

« Vous ne devez plus avoir l'habitude d'être nourrie ainsi. Votre silhouette le prouve. »

Hermione regarda ailleurs. Elle savait très bien qu'elle avait l'air malade avec son teint pâle, ses cernes grises, et son corps squelettique. Elle avait tendance à laisser la nourriture aux autres enfants avant de récupérer les restes. Seul geste qu'elle faisait sans avoir un plan derrière la tête.

« Vous remercierez le chef de ma part, sur ce, bonne nuit. »

Elle voulut s'enfuir mais la voix du directeur la retint de nouveau :

« Pas si vite ! » il attendit de la voir s'arrêter. « Vous pourrez la remercier vous même, puisqu'il s'agit de Madame Pomfrey, et que vous avez rendez-vous avec elle demain après les cours. Une simple visite médicale de courtoisie pour s'assurer que vous n'avez attrapé aucune maladie grave, et pour vous donner un objectif de poids à atteindre. Vous n'avez besoin ni d'elle ni de moi pour savoir que vous êtes gravement en dessous du poids qui devrait être le vôtre pour votre grande taille. »

Sans déconner. Elle faisait 1m75 pour 40kg, bien sûr qu'elle était en sous-poids. Et ça devait avoir été le cas de tous ici avant de rencontrer Dumbledore. Et ils ressemblaient maintenant tous à des ados normaux, avec où sans formes. Luna avait quelque rondeurs qu'Hermione trouvait adorable, tout comme Neville. Ici, personne ne ferait attention à sa morphologie. Elle pouvait être comme elle le voulait, personne n'y prêterait attention.

Si, ce qu'il y a dans ta tête prêtera attention.

Elle grimaça mais acquiesça avant d'enfin se retourner pour rejoindre sa chambre. Juste avant de tourner dans le couloir, elle entendit une dernière fois Dumbledore s'adresser à elle :

« N'essayez pas d'interroger mes élèves Miss Granger. Ici, personne ne sera votre pion. »

Elle déglutit et continua sa route sans arrêt.

Une fois arrivée dans sa chambre, elle hésita à dormir dehors en voyant que le calme ne serait pas pour tous de suite. Pansy était sur son lit, en train d'insulter un chat roux et de lui balancer des trucs dessus. Dès que la brune la vit ses yeux s'éclaircirent :

« Hermione dieu merci ! J'ai laissé la fenêtre ouverte et regarde ce qui est rentré dans la chambre ! »

Hermione ferma la porte derrière elle et regarda la créature, un air blasé au visage.

« C'est un chat. »

Le mot fit frissonner Pansy. Hermione alla ramasser le félin, qui pour un chat de rue avait un beau poil et un peu de graisse. Pansy émit un petit son de gorge :

« Tu vas pas le toucher comme ça ! Il est sale ! On sait pas où il a traîné ! Remet le dehors ! »

Hermione s'approcha de la fenêtre, et Pansy soulagée descendit de son lit. Mais la brune au carrée failli avoir une crise cardiaque en voyant Hermione se contenter de fermer la fenêtre, les volets, et les rideaux, et ce toujours avec l'horrible créature dans les bras. Elle s'apprêtait à protester mais le regard d'Hermione la fit taire.

« Tu voudrais que je demande à Dumbledore de te remettre dehors ? »

Pansy écarquilla les yeux :

« Quoi ? »

« Je ne sais pas dans quel contexte tu es arrivée ici, mais tu devais être comme ce chat, sale, frigorifiée, et blessée. Et pourtant Dumbledore t'a recueilli, il ne t'a pas chassé parce qu'il ne savais pas où tu avais traîné. »

Hermione leva les poils qui se trouvaient au niveau de la cuisse du chat pour montrer une plaie assez importante. La peau avait été complètement arraché, laissant la chair à vif. Pansy ne recommença pas à se plaindre, sous la surprise d'Hermione, mais baissa la tête, comme honteuse.

« Il y a du désinfectant au dessus du lavabo, » se contenta-t-elle de dire.

Hermione se dirigea vers les toilettes de la chambre et y trouva effectivement désinfectant et bandages.

Ce n'est pas pour chat, mais ça devrait suffire.

Elle revint dans la chambre et vit que Pansy avait passé une nuisette en dentelle noire et s'était mise dans son lit. Elle observa Hermione s'installer sur le sien, poser le chat sur ses genoux, et le soigner tout en l'apaisant pour ne pas qu'il s'enfuit. Il lui cracha quand même dessus et tenta de la mordre et la griffer plusieurs fois – il réussit, sur le bras, mais les manches cacheraient la blessure et elle désinfecta la paix tout de suite – puis finit par rester tranquille.

Elle posa ensuite le chat sur le lit et alla ranger tout ce qu'elle avait utilisé et se mettre elle-même en pyjama avec un t-shirt trop grand gris.

Pansy regardait vraiment le chat avec inquiétude, et elle ne put s'empêcher de lui demander :

« T'as une mauvaise expérience des chats ou tu fuis juste toutes créatures vivantes qui n'est pas Malfoy ? »

« Haha très drôle, » dit l'autre en plissant des yeux. Elle redevint sérieuse juste après. « T'as deviné juste, j'ai été une-une prostituée … Mais j'ai passé quelques semaines dans la rue avant, et les chats sauvages de Londres sont terrifiants et sanguinaires ! Je me battais avec pour la nourriture. »

Elle avait dit la dernière phrase dans un souffle, comme honteuse. Hermion haussa les épaules :

« Faut faire ce qu'il faut pour survivre. Je ferai en sorte qu'il te laisse tranquille. Mais je ne le remettrai pas dehors. Ça te va comme compromis ? »

Pansy avait déjà bien commencé à cerner Hermione et fut franchement surprise par cette demande :

« Mais elle sait être gentille aussi ! »

Hermione grogna et Pansy rit :

« Oui ça peut m'aller. Mais tu gardes vraiment cette bête de ton côté ! Et t'en parle pas surtout ! Dumbledore va nous tuer si il apprend qu'on a un chat ! Les animaux sont interdits ! »

« Ils nous laisse pourtant bien dans l'école, un chat est cent fois plus humain que nous ne le sommes. »

Pansy fronça les sourcils et la peine remplit son regard, mais Hermione était trop occupée à caresser le chat endormi pour s'en soucier. Les deux allèrent se coucher, aussi fatiguée l'une que l'autre par cette journée éprouvante, mais pas pour les même raisons.

Le lendemain matin, Hermione et Pansy s'éveillèrent en même temps. Étonnées, elles se regardèrent bizarrement avant de pouffer. Hermione trouva que Pansy n'était pas si mal quand elle n'était pas avec ses deux chiens de garde, et surtout qu'elle était moins conne qu'elle en donnait l'impression. Pansy elle, n'avait pas grand chose à dire sur Hermione. Si, elle l'avait trouvé très inhumaine en arrivant, et elle apparaissait ainsi 99% du temps, mais visiblement il y avait des moments où la jeune fille se rappelait comment être humaine, et Pansy se sentait moins impressionnée et dominée par l'autre brune.

« Déjà réveillée ? » demanda Hermione.

« Je pourrais te retourner la question, » répondit Pansy.

« Quand on dors dans un hangar depuis 10 ans chaque jour, on a tendance à se lever avec le soleil, même quand on le voit pas, » expliqua l'autre en haussant les épaules.

Pansy eut un sourire triste, mais répondit à son tour :

« C'est la même chose dans une maison close, les clients n'arrivent pas que après le travail, ils viennent aussi souvent le matin. »

Hermione resta silencieuse mais prit en compte que Pansy avait décidé de jouer carte sur table. Rien ne pouvait les choquer, vu la vie qu'ils avaient eu, alors autant être honnête, même si certains portaient encore sur eux la honte de leur vie passée. Elles se changèrent et étaient prête depuis déjà un moment quand Filtch, le concierge, tapa sur les grosses portes métalliques des chambres pour leur signaler qu'il était l'heure du petit déjeuner.

« Tant qu'il ne frappe pas sur la porte on a interdiction de sortir. À partir de 22h le soir, une fois que tous les élèves sont dans leur chambre, ils verrouillent les portes, » expliqua Pansy.

Hermione repensa à ce que lui avait dit Ginny la veille.

« C'est à cause de l'autre personnalité de Ginny ? » demanda-t-elle pour être sûr.

« C'est une des raison oui, mais malgré tout je pense qu'ils utilisent cette excuse aussi pour nous garder sous surveillance. Chaque mois il y a la visite d'un ou d'une ministre pour s'assurer de la sécurité de cet endroit. Et que les élèves ne sont plus trop sauvages. T'es arrivée pile au bon moment, y en a justement une dans deux semaines. »

Hermione stocka de nouveau les informations dans un coin de sa tête, avant de s'exaspérer par le cri que poussa sa colocataire en voyant un certain jeune blond sortir de sa chambre. Vu sa gueule il avait passé une sale nuit, et la jeune femme en sourit. Draco la remarqua et lui lança :

« Qu'est-ce que t'as à sourire, toi aussi t'es pas toute seul là-haut ? »

« Non, ça fait juste plaisir de voir ta sale gueule pas réveillée, ce qui signifie que ta nuit était pourrie, alors que la mienne était géniale. »

Elle tourna les talons et se dirigea vers le Grand Hall. Les autres y étaient déjà, mais bien sûr, elle ne pouvait pas avoir un premier petit déjeuner tranquille. Dès qu'elle s'assit aux côtés de Ginny, la rousse se tourna vers elle surprise, et demanda :

« Bonjour, on s'est déjà rencontré ? »

Hermione plissa des yeux.

« Je suis arrivée hier et on a dîner ensemble, donc oui. »

« Aaah tu as dîné avec Ginny tu veux dire ? »

Hermionne haussa un sourcil interrogateur. L'autre lui tendit une main et se présenta :

« Ginerva Weasley, enchantée de faire ta connaissance ! »

Elle avait l'impression de parler à Luna. Luna qui d'ailleurs venait d'insulter Neville pour lui faire un câlin comme si de rien était juste après.

« D'accord donc vous êtes combien en faite ? »

Cho s'étouffa avec son jus mais tout le monde l'ignora.

« Trois ! Il y a donc moi, Ginny que tu as rencontré hier, et celle dont on ne parle jamais, Gin ! »

Ginny, normale, amusante, rieuse, un air intelligent dans les yeux.

Ginerva, fluette, gamine, joyeuse, un air béat collé au visage.

Gin, meurtrière.

Hermione voulait Ginny. Ginerva l'énervait. Et elle ne connaissait pas Gin.

« Ginerva est souvent là ? » demanda-t-elle à Ron sans délicatesse.

Il grimaça et lui lança un regard noir :

« Ginny est l'original, si je peux dire, donc non. Ginerva ne viens dire bonjour que quand Gin a été calme. »

« C'est comme une balance si tu veux, » intervint Seamus. « Ginny et Gin sont les opposées polaires, même si on n'a jamais rencontré l'autre, on sait que c'est le cas. »

« Alors quand Gin n'a pas agit comme la folle qu'elle est, Ginerva arrive pour équilibrer la santé mental général, » termina Dean.

« C'est ça ! » rit Seamus en regardant Dean du coin de l'œil.

Sérieusement, comment l'autre peut être aussi aveugle

Après le petit déjeuner, Dumbledore vint donner son emploi du temps à Hermione et la laissa se débrouiller. Ils étaient tous dans la même classe, même Ginny et Luna qui n'avaient qu'un an de moins.

Les journées n'étaient pas trop remplies, ce qui laisserait le temps à Hermione de continuer ses recherches.

Bon bah, je fais officiellement parti de l'école maintenant, quelle joie, se dit-elle. Elle le sentait déjà arrivée, elle serait en avance sur ses camarades et de loin, et ce même en ayant loupé dix ans de classe.