Le chapitre est là comme promis ! Pour le suivant on se retrouve normalement le 12 Janvier, mais comme ça tombe au milieu de mes partiels il est possible que je ne puisse mettre à jour que le weekend suivant. En attendant, bonne lecture !
Chapitre 3 : These diamond rings
Cela faisait deux semaines qu'Hermione avait intégré Poudlard, et cela faisait deux semaines qu'elle s'ennuyait comme un rat mort. Elle n'avait pu encore faire aucunes recherches, ce qui l'irritait profondément, en sachant parfaitement qu'elle était épiée par Dumbledore. Elle avait demandé à McGonagall plusieurs fois si elle pouvait utiliser les salles informatiques, avec comme argument de vouloir des nouvelles sur son ancien groupe, mais sa représentante ne semblait pas très à l'aise avec l'idée. Elle avait plus tard surpris une conversation où McGonagall rapportait à Dumbledore ses demandes :
« Albus, je me demande s'il est très sage d'empêcher ainsi Miss Granger d'utiliser la salle numérique. Tout les autres élèves y ont eu accès dès leur première semaine de cours, et il ne lui faudra que peu de temps pour s'en rendre compte et venir protester ! » défendait la directrice.
En deux semaines, Hermione avait appris à adorer McGonagall. Le directeur par contre …
« C'est trop tôt. Je sais de quoi cette enfant est capable et quelles sont ses réelles intentions, elle ne se sert de son ancien groupe que comme une excuse, et vous devriez le savoir Professeur. »
McGonagall sembla hésiter et Hermione, aux mots du directeur, sentit le gouffre de ces dernières années se rouvrir. Tu restes une manipulatrice, ne l'oublie pas, car lui s'en souviendra.
Le directeur épiait ses moindres faits et gestes. Et ce chaque jour. Depuis le fameux test de niveau qu'elle avait effectué avec Seamus et Dean pour les évaluer. Sans surprise, Hermione était en avance, même en ayant vécu dans la rue. Elle s'était procurée chaques livres qu'elle pouvait et en avait lu des centaines. C'était bien la seule chose à faire quand elle ne réglait pas des problèmes de guerres de gangs. Seamus et Dean eux, étaient bien loin … enfin, pas si loin que ça, puisque aussi à la traîne que Ron et Neville dans certaines matières, alors qu'eux avait eu une éducation tout à fait correct. Hermione apprit vite qu'elle était au même niveau que Draco. Blaise et Luna suivaient proche derrière, Ginny et Cho bonnes troisièmes, Harry et Pansy ensuite, et Ron, Neville, Seamus et Dean pour clôturer le tout. Les professeurs voyant cet écart, demandèrent à Hermione et Malfoy d'aider les quatre à la traîne, et à Blaise et Luna d'aider le reste à remonter le peu qu'ils leur manquaient. Car réellement, à part les quatre derniers, tous avaient des moyennes atteignant au moins la moyenne.
Commença donc un tutorat fort pénible pour les aidants aussi bien que pour les aidés, puisque Malfoy mettait un point d'honneur à la compétition et contredisait toutes les explications d'Hermione. S'en suivait engueulades sur engueulades jusqu'à ce qu'un des garçons, Ron généralement, les sépare autant physiquement que mentalement et organise la classe d'aide en deux duo, changés régulièrement pour qu'ils aient différents enseignements.
Au niveau vie sociale, Hermione était toujours proche de Ginny et Luna, mais il arrivait aussi souvent de la croiser avec Harry et Ron, formant un trio un peu chaotique, puisque Ron et Hermione étaient souvent en conflits, sans pour autant se détester et s'insulter, avec le pauvre Harry au milieu.
Hermione avait aussi appris la raison de la présence de Cho – discrète mais agaçant tout ceux de l'école par son caractère pleurnichard – lorsque celle-ci se mit à hurler au milieu de la nuit. Alors qu'Hermione s'était redressée dans son lit, Pansy avait à peine bougé et marmonné un « ça fait ça tout les mois » avant de se rendormir. Le lendemain, la brune au carré lui avait expliqué que Cho avait assassiné son ancien petit ami, Cedric Diggory, sans en avoir aucun souvenir. Elle ne se souvenait tellement de rien et était tellement dans le déni, qu'elle continua de vivre sa vie tranquillement en ignorant le corps du jeune homme pourrissant dans sa chambre, jusqu'à ce que les parents de l'asiatique le découvrent. Elle ne comprenait même pas sa présence dans cette école, ne se souvenait de rien quand on lui montrait le corps et qu'on lui racontait les faits, sauf une fois par mois. D'où le fameux cri.
Hermione avait aussi découvert le journal de l'école. En réalité la maison d'édition qui envoyait les journaux chaque jour à Poudlard, avait accepté de travailler avec Dumbledore, trouvant l'idée de maintenir les jeunes de l'établissement en contact avec ce qui se passait dans le monde extérieur très bonne. Excepté les articles d'une certaine journaliste, Hermione aimait bien cette petite lecture à la table du petit déjeuner. Ça lui donnait même une excuse pour ne pas parler quand elle était de mauvaise humeur ou qu'elle avait mal dormi. Ce jour-ci, une ligne en particulier retint son attention : « Anciens mangemorts, les Goyle ont été relâché après avoir clamé qu'ils n'avait aucune idée d'où pouvait se trouver leur chef, Tom Jedusor, et que celui-ci les maintenait sous menace de mort pour les faire obéir. »
Foutaises. Un des Goyle avait tué ses parents et en avait payé le prix. Et quand elle entra par effraction chez l'homme pour lui trancher la gorge, son salon était tapissé de posters, phrases, articles de journaux sur la secte des Mangemorts. Il n'était clairement pas victime de manipulation. Elle savait reconnaître les gens manipulés par la peur … elle créait ces gens là.
Elle interrompit sa lecture quand le Directeur demanda l'attention de tous. Il avait l'air moins enjoué que les autres jours, plus restreint, presque sur la défensive, et Hermione ne put s'empêcher de sourire.
« Chers élèves, aujourd'hui comme vous le savez, aura lieu l'inspection mensuel de notre établissement par un membre du gouvernement et un journaliste. J'ai reçu le nom de ces deux femmes, et mes enfants, je vais vous demander de faire de cette journée la plus tranquille de votre existence. »
Un silence lourd s'abattit dans le Grand Hall.
« La ministre de l'éducation Dolores Ombrage, et la journaliste Rita Skeeter. »
Pansy émit un sifflement parfaitement exagéré qui résonna dans le silence de la salle.
« 5 ans. L'école aura duré 5 ans. Et nous deux semaines dans ces 5 ans. Pitoyable mais c'est l'histoire de ma vie, » lâcha Seamus pince sans rire.
« La ferme Finnigan, Poudlard ne fermera pas, » claqua Luna, « il n'y a aucune raison de nous mettre dehors, » finit-elle avec une voix douce.
« Ombrage et Skeeter sont les femmes les moins tolérantes et ouvertes d'esprit dont j'ai jamais entendu parler. Si elles étaient des Mangemorts ça ne m'étonnerait même pas, » dit Pansy en haussant les épaules.
« Et tu sais de quoi tu parles en disant qu'elles ne sont pas ouvertes, pas vrai Parkinson, » rétorqua Ron.
« Eh Weasley mâle, tu te calmes, » s'interposa Draco.
« La ferme Ron, t'as pas plus con comme remarque ? » intervint aussi Hermione. Elle aimait bien Pansy de temps en temps.
« SILENCE ! »
Dumbledore était furieux. Encore plus que le jour de l'arrivé d'Hermione.
« C'est à cause de ce genre de comportement qu'elles risquent de nous descendre ! Avec ces deux femmes, le moindre pli de travers et vous êtes morts ! Miss Parkinson a raison, ces femmes ne sont pas tolérantes, sur aucun point, et elles sont en plus racistes et homophobes. Rien qu'aux premiers regards elles vous jugeront, rien que vos apparences leurs donneront une idée de l'établissement, c'est ainsi qu'elles raisonneront. Alors que ça file droit ! Si j'entends que la moindre remarque a été faite aujourd'hui par n'importe lequel de vos professeurs ... »
Il ne finit pas la menace mais tous la sentir planer au dessus d'eux, même Hermione. Ils finirent de déjeuner en silence jusqu'à l'arrivé de Filch, essoufflé, qui annonçait la venue des deux chimères. Les élèves eurent à peine le temps de se mettre par division que les doubles portes s'ouvrirent brutalement, claquèrent sur les murs, et que deux apparitions d'horreurs figèrent élèves comme professeurs.
« Oh mon dieu, » souffla Ginny derrière Hermione.
Elle ne put qu'approuver. La première était grande et élancée, mais une vraie poupée Barbie ! Elle avait des cheveux blonds platines coiffés style années 50, avec une tailleur vert en cuir dont les extrémités (col et manches) étaient couvertes de fourrure noire d'un mauvais goût sans nom. Ajouté à ça son maquillage trop prononcé, ses talons aiguilles et ses petites lunettes rectangulaires, elle ressemblait à un vrai vautour.
La deuxième, elle, ressemblait à un crapaud. Elle était petite et tassée, et semblait être tombée dans la garde robe de Barbie, toute de rose vêtue comme elle l'était. Jusqu'à son petit chapeau, ses souliers, ses ongles et son sac.
« Dumbledore ? Qui est Albus Dumbledore, le responsable de cet … urh établissement ? » appela la blonde.
Dumbledore inspira un grand coup et s'avança jusqu'à elles.
« Ça sera moi. Vous devez être Rita Skeeter, la journaliste ? »
Elle avisa la main du directeur d'un air sceptique avant de sortir un mouchoir, le déplier d'un geste théâtral, et le mettre sur sa main pour serrer celle du directeur.
« C'est bien moi en effet. Célèbre journaliste, n'ayons pas peur des mots. »
Sa voix était au combien insupportable. Dumbledore se tourna vers la deuxième qui ignora superbement sa main et se contenta de le regarder dans les yeux en émettant un son aiguë qui ressemblait à un rire.
« Dolorès Ombrage, Ministre de l'Éducation, » se présenta-t-elle. « De ce que j'ai pu en voir, cette école est … charmante. »
Hypocrite, fut la pensée commune de chaque personne de la pièce. Ça ne sonnait pas du tout comme si elle trouvait l'école charmante.
« Vous connaissez la procédure, » enchaîna-t-elle.
Dumbledore se tourna vers les élèves :
« Vous pouvez aller en classe et continuer votre journée comme les autres, mais il est possible que Miss Dolorès et Miss Skeeter passent voir nos méthodes de travail et d'éducation dans la journée. »
« C'est même fort probable, » corrigea Skeeter.
Les élèves partirent donc en cours de physique. Aucune visite. Heureusement, car Seamus en était à un bécher explosé par cours, et Snape était au bord du meurtre. En plus de Luna qui sortait des fleurs d'on ne sait où pour décorer les mélanges, et les commentaires désagréables de Pansy … non vraiment, heureusement que Skeeter et Ombrage n'étaient pas venues en physique. Ni en cours de sport, ni en littérature. À la pause déjeuner, les élèves virent Flitwick débarquer furieux, suivi pas les deux mégères. Ils apprirent plus tard qu'elles avaient effectué des tests sur les professeurs individuellement et qu'Ombrage avait sorti un mètre pour mesurer Flitwick. Et qu'elles avaient harcelé le professeur Snape, qui apparemment convoiterait un autre poste que celui de professeur de Physique-Chimie, mais que Dumbledore lui refuse.
Le poste en question fut révélé à la fin du déjeuner. Quand les élèves sortirent du Grand Hall pour aller en cours, Ombrage parlait à Dumbledore tandis que Skeeter griffonnait furieusement sur un cahier avec un stylo-plume.
« Vous n'avez pas eu de professeur de Sociologie depuis plusieurs mois maintenant, n'est-ce pas ? » demanda la ministre.
« En effet, pas depuis l'année dernière, le professeur Madeye. »
« Ah oui, Maudy Madeye, c'était un homme particulier non ? »
« Qu'entendez-vous par particulier ? »
« On lui soupçonnait des troubles mentaux sévères. »
« Je sais que vous n'avez que peu d'estime pour moi chère madame, mais je vous interdis de croire que je pourrais mettre une telle personne aux contacts de mes élèves. La matière qu'est la Sociologie est faite pour leur redonner une approche sur la société moderne, dans laquelle nous comptons bien les faire revenir. Elle ne peut donc être enseignée par quelqu'un qui pourrait présenter des troubles similaires aux leurs. Notre but est de les guider et de les aider, et non d'en faire de vrais criminels qui passeront leur vie derrière les barreaux. »
Le peu de respect et de contrôle qu'avait pu avoir Dumbledore avait entièrement disparu dans cette phrase, et Ombrage se contenta d'un petit hum, avant de reprendre :
« Avant le professeur Madeye, il y a donc eu le professeur Remus Lupin, qui a quitté son poste pour cause de maladie, et avant le professeur Gilderoy Lockhart, qui a lui aussi quitté l'établissement pour cause de santé- »
« Si je peux me permettre une intervention, le professeur Lockhart avait falsifié ses examens psychologiques pour être embauché. »
« Où se trouve-t-il maintenant ? »
Dumbledore hésita mais répondit avec sincérité :
« Pendant son séjour dans l'établissement il a grandement perturbé mes élèves, et j'ai pris des mesures radicales quand il a tenté d'abuser une de nos élèves et d'en agresser deux autres. Il se trouve actuellement à l'hôpital Sainte Mangouste, dans l'aile psychiatrique. »
Ombrage eut un sourire mauvais et nota quelques mots sur son carnet rose, avec son stylo rose, en encre rose.
« Et que pouvez-vous me dire sur le premier professeur à avoir enseigner la Sociologie à Poudlard, Quirinus Quirell ? »
Dumbledore resta silencieux.
« Il n'aurait pas fini l'année et aurait disparu deux mois avant l'été sans laisser de traces. Il n'avait aucune famille donc son absence fut signalé par vous, je me trompe ? »
« C'est bien moi qui est signalé l'absence du professeur Quirell. C'était un bon professeur, si ce n'est un peu trouillard et anti-sociale pour la matière qu'il enseignait. Il bégayait souvent et restait discret lors des repas et réunions. Mais il trouvait toujours le meilleur dans ses élèves. C'est à la suite d'une mystérieuse lettre, dont je n'ai aucune connaissance de l'expéditeur, qu'il a commencé à être très nerveux, et à sursauter facilement. Il a fui au milieu de la nuit une semaine plus tard. »
« N'avez-vous pas des alarmes ici ? »
« Ce n'est pas une prison. Les seuls alarmes que vous trouverez sont les alarmes incendie. Nous avons également des caméras de surveillance dans les parties communes, soit les salles de classes, les couloirs des bâtiments principaux, l'extérieur du bâtiment – y comprit le terrain de sport – et le Grand Hall. »
Ombrage ne sembla pas satisfaite pas cette réponse et se renfrogna avant d'écrire furieusement sur son petit carnet. Skeeter à ses côtés écrivait avec la même frénésie en jetant des regards mauvais au Directeur.
Les deux femmes finirent pas se sentir observées et tournèrent des regardes agressifs vers les élèves. Malfoy et Hermione leur rendirent leur regard tandis que les autres se contentèrent de vite filer en classe.
Et l'incident qui suivit était un incident tout à fait banal, qui aurait pu arrivé et est sûrement déjà arriver dans d'autres établissements tout à fait normaux du pays. Mais s'ils avaient su que ça se retournerait contre eux, jamais ils n'auraient réagit comme ils l'avaient fait, professeurs y comprit.
Le cours suivant était le cours de Mathématiques. Le chapitre qu'il venait de commencer était assez complexe, puisqu'il s'agissait d'Arithmancie, proche de la numérologie. Même Hermione et Draco avaient plus de mal à comprendre. Ne vous y trompez pas, ils finissaient toujours par comprendre, mais ça leur prenait plus de temps.
Les Professeurs avaient changés les plans de classes et ils étaient l'un à côté de l'autre, s'aidant mutuellement à voir les rares points encore incompris. Sur la table à côté d'Hermione se trouvait Harry et Neville, qui restaient fixer leurs cahiers et exercices sans même tenter quoique ce soit, et à côté de Malfoy se trouvait Blaise et Luna, qui eux essayaient mais se retrouvaient quand même sans résultats cohérents. Le Professeur Vector était déjà occupé avec les table des cancres de Ron, Seamus et Dean lorsque la porte claqua pour laisser apparaître les deux vipères qu'ils redoutaient le plus. Elles se placèrent dans le fond de la classe, chacune dans un coin, et tout les élèves se retournèrent d'un coup avec des regards paniqués vers leur Professeur qui déglutit.
« Faites comme si elles n'étaient pas là, ça ne change rien à la leçon d'aujourd'hui. »
Ils continuèrent donc le cours. Au bout de 10 minutes, Harry serraient les poings d'énervement et Blaise cassa son crayon sous la rage. La frustration de ne pas comprendre commençait à se faire sentir et les sautes d'humeur qu'elle causait ne passèrent pas inaperçues aux yeux de Skeeter et Ombrage. On aurait même dit qu'elles les guettaient. Et Hermione le comprit bien. Elle fit un signe à Draco et ils décidèrent d'aider leur camarade, faute d'avoir un professeur disponible. Cela partait bien évidemment d'une bonne intention. Mais comme rien ne pouvait se passer comme prévu, Vector nota les chuchotements qui avaient augmenté :
« Granger, Malfoy ! Puis-je connaître la raison de ses bavardages ? »
Les deux responsables échangèrent un regard :
« J'ai vu que Harry et Neville avaient besoin d'aide, » commença Hermione.
« Et de mon côté Blaise et Luna, » continua Draco.
« Vu que vous étiez déjà occupé avec d'autres élèves, on s'est dit que ça vous arrangerait si nous les aidions à votre place ? »
Vector soupira.
« C'est très honorable de votre part, mais je suis le professeur. Et bien que nombreux soit les élèves qui n'aient pas comprit, je reste celui qui doit leur expliquer le cours. Veuillez donc cesser. »
« Mais Professeur- » , commença Harry.
« Pas de mais Monsieur Potter. »
« Le cours est presque fini est avec les exercices que vous allez nous donnez on aura besoin d'avoir compris ce cours ! Si vous ne venez pas nous expliquer comment on est censé faire ? »
Blaise fut approuvé par les autres élèves. Vector fronça les sourcils agacés.
« Assez ! J'ai dit que je serai celui à vous expliquer alors je le ferais. Maintenant, notez que vos interventions nous font perdre du temps. Par conséquent veuillez rester silencieux jusqu'à la fin du cours et attendre les explications en vous exerçant dans le manuel, où bien je devrais vous coller en retenu. Vous aurez tout le temps de comprendre la leçon d'aujourd'hui là-bas. »
Le silence prit place au milieu de la classe, seulement interrompu par le petit rire crispant d'Ombrage.
Déjà, à ce moment-là, ils avaient tous un mauvais pressentiment. Mais quand Neville demanda à aller au toilette, l'apocalypse commença. Il revint en courant, trempé, et il criait si fort qu'ils l'entendirent avant de le voir débarquer dans la classe.
« Professeur il y a un problème ! Un gros tuyau à péter dans les toilettes et elles sont en train d'être inondées ! On en a jusqu'aux chevilles ! »
« Mais les toilettes sont à côté des chambres ! » intervint Pansy en se redressant si violemment que sa chaise en tomba.
Plusieurs élèves commencèrent à se lever avant que Vector ne fasse encore entendre sa voix. Il fit rasseoir tous les élèves, demanda à Luna de surveiller la classe, et partit voir Filch et Dumbledore, emportant un Neville dégoulinant avec lui.
Et les deux vipères seules avec la classe. Ils savaient que le silence devraient régner. Ils se connaissaient à force. Si l'un deux ouvrait la bouche se serait pour dire une vacherie, et le chaos commencerait. Ils décidèrent donc de continuer à travailler. Harry appela Hermione à l'aide au bout de deux minutes. Discrètement, elle l'aida comme elle le put. Draco ne cessait de lui donner des coups de coudes pour qu'elle cesse, mais elle l'ignora.
« Hermione ! » appela Luna.
Elle se redressa et regarda sa camarade blonde.
« Moi aussi j'ai besoin d'aide s'il te plaît ! »
Hermione se figea. Elle ne pouvait pas se lever au milieu de la classe et prendre le risque de se faire surprendre par Vector lorsqu'il reviendrait. Pas avec Skeeter et Ombrage qui surveillait.
Mais elle aurait dû.
Car son trop long temps de réaction causa ce qui suivit. Ron – qui avait vu l'échange du fond de la classe – éleva la voix :
« Eh, t'es pas la seule à avoir besoin d'aide ! »
« Elle m'expliquait l'exercice 2, attend ton tour, » appuya Harry.
« Vous croyez être les seuls à galérer ? Toi au moins t'es à l'exercice 2, nous on a même pas finis le 1 ! » s'exclama Dean appuyé par Seamus.
« Même avec toute l'aide du monde vous seriez incapable de comprendre vu que vous partagez une cellule grise pour deux ! » cracha Pansy, un sourire mauvais aux lèvres.
Hermione et Draco échangèrent un regard catastrophé avec Blaise, et la seconde d'après la classe ne fut plus que cris, raclements de chaises, menaces et objets balancés à travers la pièce. Dieu merci il n'en venait pas aux mains.
Draco, Hermione, Ginny et Cho tentèrent de calmer leurs camarades en vain, et Hermione sentit son cœur se serrer en voyant Ombrage sourire vilement. Skeeter n'était pas en reste. Hermione croyait même l'avoir vu sortir un appareil photo. Tous ça pour donner l'illusion d'une classe sage. Un vrai désastre …
« Assez ! » finit par crier la brune.
« Miss Granger ! » se fit entendre la voix du directeur du bout du couloir.
Il entra dans la pièce suivit par le Professeur Vector mais sans Neville.
« Puis-je savoir pourquoi on vous entend depuis l'autre bout de l'école ? » demanda le directeur furieux.
Hermione ne répondit rien, et contrairement à n'importe quel élève qui aurait été gêné et aurait sûrement voulu balbutier une pauvre excuse, elle garda la bouche fermée et les poings serrés, le regard droit et le visage haut. Dumbledore comprit très vite qu'il n'obtiendrait rien d'elle, mais nota que Draco était aussi debout.
« Et vous Monsieur Malfoy ? Pourquoi êtes-vous debout ? »
Malfoy pinça les lèvres :
« J'ai mes raisons. »
Hermione leva les yeux au ciel.
« Vous ne semblez pas avoir comprit Miss Granger. C'est ce comportement qui vous à amener dans cet établissement à l'origine. »
« Mes intentions sont bonnes, si vous ne les comprenez pas ce n'est pas à moi de les expliquer. »
Tous ignorèrent le son choqué qui échappa à Skeeter mais restèrent fixés sur le directeur.
« Elles sont certes, honorables, mais réalisées de la mauvaise manière. Je retire donc 20 points aux divisions Thor et Némésis, et vous donne 3 semaines de colles à chacun. »
La colle ne concernait que Malfoy et Granger qui serrèrent les dents, peu ravis de savoir que non seulement, ils auraient une heure de colle par jour, six jours sur sept, pendant trois semaines, mais qu'en plus ils devront donc passer dix-huit heures ensembles.
Et comme pour couronner le tout :
« Nous avons vu tout ce que nous voulions voir, notre rapport sera prêt d'ici se soir, mais vous ne connaîtrez les résultats que demain, dans le journal ! »
Hermione n'osa rien dire, mais de savoir que toute l'Angleterre aurait connaissance de ce rapport en même temps qu'eux ne la réjouie pas.
Les deux femmes quittèrent la pièce, et tous restèrent silencieux le temps que le bruit de leurs talons ne se fassent plus entendre dans le couloir. Puis Dumbledore soupira, longuement, et dit :
« Je pense que nous pouvons arrêter là pour aujourd'hui. Vos autres cours sont annulés, retournez dans vos dortoirs. Miss Granger, Monsieur Malfoy, je vous attend devant mon bureau dans une heure. »
Et sur ce, il quitta à son tour la pièce.
« Et maintenant ? » demanda Ginny.
« Maintenant ... » commença Pansy, « Il n'y a plus qu'à espérer que l'École ne fermera pas. »
