Chapitre 5 ! Mes partiels sont presque finis, oui ils devaient déjà avoir lieu il y a un moment, mais je suis sur Paris et la France est devenue une grève à elle seule donc ... bref, bonne lecture, et prochain chapitre le 9 Février !

Chapitre 5 : Everything I got I bought it

« Si j'entends encore une fois son rire pénible je vais me pendre, » siffla Malfoy lors du cours de Sociologie.

Cela faisait deux semaines qu'Ombrage était arrivée, et Poudlard était devenu un enfer. Si l'école ne ressemblait pas à une prison grâce à Dumbledore, le directeur se retrouvait maintenant paralysé par la ministre qui apportait autant de modification à l'école que bon lui semblait. Des barrières furent installées à toutes les fenêtres de tous les bâtiments, réellement tous, et qu'elle ne fut pas l'horreur lorsque les élèves découvrir des barreaux à leurs fenêtres de chambre en se réveillant un beau matin.

Malgré les tentatives de Dumbledore pour l'empêcher d'agir en totale liberté, Ombrage trouvait toujours le moyen de se procurer une autorisation du Ministre de l'Éducation, ce pigeon complètement manipulé par l'horrible femme. Les premiers cours de Sociologie avaient été difficile pour les élèves : Ombrage avait ressortit tout leur dossier, sauf celui d'Hermione – le Directeur lui avait interdit l'accès à celui-là – et s'était improvisée psychologue durant la première semaine. Et bien évidemment, la ministre avait réitéré son manque de respect du Grand Hall, puisqu'elle s'adressait à eux comme si ils étaient des enfants qui ne pouvaient pas comprendre une simple phrase, et analysait chaque mouvements qu'ils faisaient. Elle leur annonça également que leur comportement serait noté, une petite note par cours qui compterait dans leur moyenne général et servirait également à déterminer s'ils étaient vraiment apte à être réintégrés dans la société ou non, à la fin de leurs études.

Comme si tu resteras aussi longtemps, avait pensé Hermione en serrant les dents.

Ils ne la voyaient que trois fois par semaine, mais c'était déjà trop.

Cho pleurait à tous ses cours, et mis à part Blaise, Hermione, Draco, Seamus et Dean, tous les autres avaient pleuré au moins une fois également. Elle était monstrueuse, se servait de leurs traumatismes et de leurs peurs contre eux, comme pour les plier à sa volonté et à ce qu'elle voulait faire d'eux.

Hermione s'était trompée : Dumbledore n'était pas celui qui voulait se servir de cette école pour polir son nom, c'était elle !

Ombrage n'avait jamais lu les dossiers à voix haute, mais balançait des piques et des balles perdues de temps en temps, qui atteignaient toujours leurs cibles. Elle tenta plusieurs fois avec Hermione, mais faute d'éléments, passa rapidement à Draco et Blaise, qui restaient toujours de marbre, grandissant donc sa frustration.

Harry multipliait les heures de colles à cause de son insolence, insultant et répondant toujours aux remarques d'Ombrages. Seamus s'en était aussi pris une, après avoir esquissé un mouvement agressif envers elle. Dean l'avait rejoint car il s'était levé pour retenir Seamus Ombrage le vit comme un complice.

Exactement comme quand les autorités vous ont trouvé, avait-elle balancé avant de reprendre son « cours ».

Les classes d'Ombrage étaient aussi insultantes que sa personne. Elle pensait leur apprendre le monde et la vie en dehors de Poudlard, comment se comporter correctement, supprimer certaines émotions qui pouvaient leur attirer problèmes – en soi ce que tout professeur de Sociologie eut fait pas le passé. Elle se contenta de leur répéter à quel point il serait dur, voir impossible pour eux de ne pas retomber dans leur ancienne vie, car ils étaient sois-disant prédisposés génétiquement à se rebeller aux conformités de la société. L'espoir et l'aide que cette matière devait apporter furent pulvérisées lors des enseignements d'Ombrage. Elle voulait leur faire comprendre qu'ils étaient des ratés et qu'ils resteraient toujours des ratés, de vraies causes perdues.

La cerise sur le gâteau fut lorsque Harry revint le samedi soir, la main bandée mais clairement blessée. Ils avaient formé des petites réunions nocturnes, avant le couvre-feu de 22h, dans les chambres, et dès qu'Harry passa la porte, Ginny se précipita sur lui, inquiète. Elle était indirectement la raison pour laquelle Harry était collé, puisqu'il l'avait défendu après une remarque désobligeante d'Ombrage.

« Oh mon dieu Harry ! »

« C'est rien ça va aller. »

« Mais comment tu t'es fait ça ? T'es pas censé sortir de colle avec Ombrage ? » demanda Ron.

Hermione et Draco revenaient eux-mêmes de colles avec Vector, et la jeune femme comprit tout de suite de quoi il en retournait en voyant l'hésitation chez Harry.

« C'est elle qui t'as fait ça, » ce n'était pas une question.

« Quoi ?! »

« Mais elle a pas le droit ?! »

« Il faut en parler à Dumbledore ! » s'exclama Neville.

« Non, » claquèrent Hermione et Harry ensemble.

« Le directeur ne pourra rien faire, quand à Ombrage, c'est la première chose qu'elle attend, qu'on aille se plaindre ! » continua la brune.

« Mais pourquoi ? »

« Pour prouver que même si beaucoup son majeur, nous ne sommes pas assez autonomes pour ne pas dépendre de tutelle ! »

« C'est complètement tordu, elle ne ferait pas ça ! » contra Neville.

« Elle cherche à fermer l'école ! En agissant comme elle le fait, elle espère réveiller chez nous des réactions qui lui prouveront qu'elle a raison, et s'en servira pour nous désigner comme incurables et faire fermer cet établissement qui pose tant problèmes aux Ministères ! Et nous finiront dans établissements spécialisés. »

Un silence suivit la déclaration d'Hermione et tous réfléchirent. Harry se dirigea vers son bureau (la réunion était chez lui et Ron ce soir-là) et arracha une page blanche d'un carnet. Il entreprit ensuite de dessiner un grand cercle dans le haut de la page, et d'écrire les lettres D et A à l'intérieur du cercle.

« Qu'est-ce que tu fous Potter ? » demanda Malfoy.

« Elle va tous nous rendre cinglé si ça continue, alors il faut trouver comment la contrer, » répondit-il sans lever son nez de sa feuille.

« Et tu veux faire ça comment petit génie ?! Je te rappel d'où elle vient ? »

Seamus était tendu et ne remarqua même pas la panique de Dean. Le garçon avait pâli d'un coup après l'annonce d'Hermione, mais ce fut Luna qui nota son changement d'attitude.

« Dean ? Tu te sens bien ? »

Seamus porta immédiatement son attention sur lui et le prit dans ses bras en voyant son ami trembler et pleurer. Il commença à faire comme des mouvements pour le bercer, ignorant les regards sur eux. Hermione guetta pour une remarque homophobe de la part des trois serpents, mais fut soulagée de ne rien entendre.

« Qu'est-ce qui a déclenché ça ? » demanda-t-elle.

Seamus chercha une approbation dans le regard de Dean, et quand il l'eut, répondit :

« Ombrage ressemble à notre ancienne chef de gang. Elle nous a récupéré Dean et moi dans la rue, comme tout les autres enfants qu'elle utilisait pour ses ventes et trafics. Elle est terrifiante. On devait lui obéir au doigt et à l'œil un truc de travers et on se prenait une balle. »

Dean sembla se souvenir de quelque chose de douloureux et gémit de douleur en portant une main à son épaule droite. Seamus le remarqua :

« Dean avait perdu de la came, et elle a tiré à bout portant. Elle l'aurait tué si elle n'avait pas manqué de personnel. La balle a traversé mais ça s'est infecté et il a failli perdre son bras. Elle nous donnait de l'argent en fonction des grammes qu'on vendait. J'ai économisé mon maigre salaire pendant un mois pour pouvoir payer les soins de Dean. »

« Tu t'es affamé pendant un mois, » rappela Dean en le tapant.

« Mais non, » tenta Seamus avec un faible sourire, « tu me donnais toujours un peu ta part tu te souviens ? »

« T'avais besoin de manger. »

« Toi plus que moi Dean. »

Hermione les trouva très proche, et une part d'elle sourit à ce constat. Ils avaient peut-être vécu l'horreur, mais s'ils se bougeaient le cul, ils pourraient commencer à vivre quelque chose de merveilleux ensemble.

« Fini ! » l'intervention d'Harry brisa la bulle, ce qui soulagea tout le monde intérieurement, et concentra l'attention sur ce qui ressemblait à une liste.

« C'est quoi ça ? »

« L'Armée de Dumbledore ! »

« L'Armée de Dumbledore ? » répéta Pansy dégoûtée.

« Carrément, » rit Draco.

« Bon merde hein ! On doit se serrer les coudes ! Y a une intrusion dans l'école, et tant qu'on s'en débarrassera pas on ne pourra pas être tranquille ! »

Blaise, assit au bord d'un des lits, se pencha et posa ses coudes sur ses genoux.

« Et tu proposes quoi ? Chaos illimité jusqu'à ce qu'elle pète un plomb ? Elle me rappel ma mère, ça pourrait marcher. »

Draco lui jeta un coup d'œil inquiet :

« Heu mec, ta mère est cent fois plus classe et belle que ce crapaud. »

« Elles sont aussi cruelles l'une que l'autre, » trancha Blaise.

« Ce serait trop risqué, ça pourrait nous retomber dessus, » reprit Luna, indifférente aux restes.

« Luna a raison, pour la battre, il va falloir jouer à son propre jeu ! » dit Harry.

« Je refuse de ressemblait à une poupée à taille réelle avec un rire qui ressemble à un croassement et une personnalité de merde, » asséna Ginny.

Des rires suivirent, qu'Hermione coupa :

« Il va falloir pourtant. »

« Quoi ?! »

Draco la regardait avec attention, prêt à analyser les prochains mots de la jeune femme.

« On va agir comme si ses enseignements portaient leurs fruits. Comme si on avait réellement besoin de son aide. Lui faire croire qu'elle a toutes les réponses. »

« Puis ? »

« Puis, on va partir en vrille. On va lui relancer toute son éducation à la gueule, et le faire de manière à faire croire que ça vient de comment elle nous a enseigné. On va étudier chaque cours, chaque faille qu'elle laisse et s'y engouffrer. On va la mettre dans son propre cauchemar : l'échec. »

« Elle pensera que ce sera sa faute si on repart en vrille ! »

« Exactement. Pour l'instant, notre échec vient de nous-même, on rejette complètement ses cours, mais si on agis comme si on les absorbaient pour ensuite les ruiner … »

« C'est brillant ! Hermione c'est brillant ! Tu es brillante ! » s'exclama Ron.

Les compliments ne touchèrent pas Hermione mais Ron ne laissa pas paraître sa déception, contrairement à Draco qui se permit un petit rire quand la jeune femme acheva le roux en disant :

« Tout le monde aurait pu y penser, il suffit juste de réfléchir. »

« Bon, » commença Harry. « Vous en êtes ou pas ? »

La liste avait déjà été signée par lui, Ginny, Dean, Seamus, Neville et Luna (qui avait signé à l'envers) et venait d'atteindre Hermione.

Son hésitation ne dura qu'une seconde, mais dans sa tête, cela sembla durer une heure. Ce n'était pas son genre de s'inclure dans ces démonstrations sociales, s'associer avec des gens comme ses égales.

C'est toi qui a le cerveau Hermione, ils ne seront pas tes égales. Harry semble tirer les rênes maintenant parce que c'est lui qui a créé l'Armée de Dumbledore, mais tu sauras vite reprendre le dessus.

Et elle signa. Une fois la liste entièrement signé, Harry prit du scotch et fixa la feuille sur son placard.

« Je propose de faire des réunions ici tous les soirs maintenant. »

« Hey, » la protestation de Ron se noya dans les exclamations d'approbation, et tous allèrent se coucher avec un nouveau plan en tête pour le cours de Sociologie de la troisième semaine d'Ombrage.

Le plan fut mis en action dès leur entrée dans la classe. Ils se mirent tous en ligne sans qu'elle n'ait eu besoin de le demander, et lui dirent tous bonjour de manière chaleureuse et souriante – même Hermione et Draco.

Si Ombrage fut surprise, elle n'en montra rien. Elle secoua la tête et commença son cours. Très vite, elle fut déstabilisée : Harry venait de s'excuser pour toutes les fois ou il était intervenu alors qu'elle ne disait que la vérité, et la remercia même de sa punition du samedi soir.

Elle lui répondit par un sourire fière et un :

« Je vous l'avais dit Monsieur Potter, vous saviez au fond, que vous méritiez d'être puni. »

Ginny et Cho s'excusèrent toutes les deux d'être si médiocre en Sociologie après deux réflexions particulièrement venimeuses de la professeur, qui hocha la tête, un peu comme en transe, avant de se tourner vers Hermione.

La jeune femme prit sur elle et offrit son plus beau sourire à la professeur, qui en fit un orgueilleux et demanda :

« Et vous Miss Granger ? Quel est votre problème ? »

Elle ravala son insulte et répondit :

« De ne pas avoir pris vos enseignements au sérieux plus tôt. C'est vous qui aviez raison, vous êtes dans le vrai. Mais si je peux me permettre, je vous trouve trop laxiste avec certains élèves. Ils ne comprennent pas encore- »

« Oh la ferme fayotte, » claqua Seamus.

La deuxième partie du plan était lancée. Certains élèves échangeaient de personnalité. Hermione deviendrait docile, Seamus non.

« Monsieur Finnigan ! Je ne vous permet pas ! » cria tout de suite Ombrage.

« Oh vous aussi la ferme ! Vous êtes un monstre ! »

« Ouais ! On va pas se laisser laver le cerveau comme vous avez fait aux autres ! » appuya Neville sans bégayer.

« On n'a pas le cerveau lavé, on sait juste l'utiliser pour voir la vérité ! » rétorqua Pansy.

« Oh pitié, la vérité ? T'en veux de la vérité ? Salope ! »

Pansy fit mine de commencer à pleurer et eut un hoquet :

« Je ne serai pas associer à ce que j'étais, le professeur Ombrage a raison ! Peut-être que les gens ne me verront jamais que comme tel, mais je l'accepte, et je ne me cacherai pas derrière l'illusion que je veux donner en changeant de vie ! »

Cette phrase leur donnait à tous des frissons, mais aucun ne put réagir devant Ombrage. Si ce n'est approuver du côté des filles et Harry, et insulter du côté des garçons. Ginny se prit soudainement la tête dans les mains et lâcha un petit cri de douleur.

« Miss Weasley ? Que vous arrive-t-il ? Silence vous autres ! J'aurai de l'ordre ! »

Elle claque son petit marteau rose sur son bureau en vernis rose pour faire taire la salle, ce qui fut efficace. Ginny sortit son nez de derrière ses mèches rousses, et Hermione n'avait jamais vu meilleure actrice pour pleurer.

« Je ne sais plus qui écouter ! Une part de moi veut croire en ce que vous dîtes professeur, mais l'autre résiste ! »

Ombrage s'agenouilla devant Ginny et prit ses mains dans les siennes. La rousse repoussa un haut-le-cœur et essaya de donner l'impression que ses yeux étaient pleins d'espoir. Vu le regard de pitié qu'Ombrage lui donna, cela avait dû fonctionner.

« Que te dis ton cœur ? »

Ginny jeta un regard circulaire sur la salle, et en croisant le regard d'Hermione, elle sut que ce serait le moment qui scellerait la première partie du plan.

Ne foire pas ça ! semblait lui dire la brune.

Elle souffla un grand coup et prit une expression déterminée :

« Apprenez moi. Je veux tout faire pour retourner en société, et je suis prête à connaître chaque enseignement par cœur. Je veux devenir exemplaire, je- »

Elle hésita, se demanda si ça ferait trop, mais tenta le coup malgré tout :

« Je veux devenir comme vous ! »

Ombrage émit un petit couinement de choc et de surprise, et tous se figèrent.

Dans la tête d'Hermione, c'était l'apocalypse.

Ok soit elle mord à l'hameçon, soit elle nous a grillé et s'en ai finit de nous !

La femme se redressa, le regard toujours fixé sur Ginny, et dit :

« Miss Weasley, » son ton plat stressa tous les élèves, « vous ne pouviez pas me faire plus plaisir ! »

Hermione souffla longuement de soulagement et sourit à Draco qui posa une main sur son épaule.

C'est bon, t'as réussi, semblait-il lui dire.

Seamus et Neville durent se souvenir d'agir de manière dégoûté et non choqué, et même Dean entra dans ce jeu en se levant et crachant derrière Ginny :

« Vous êtes une sale manipulatrice ! »

Ombrage ne s'énerva pas comme elle l'aurait fait habituellement. Ginny lui avait fait trop plaisir. Elle se tourna juste vers les garçons et les montra chacun du doigt :

« Messieurs Finnigan, Longbottom et Thomas, deux heures de colles ce soir. »

Et elle repartit faire son cours.

La journée se finit rapidement après l'heure de l'enfer – comme toujours – et à part les trois collés, ils se retrouvèrent tous chez Harry et Ron.

« T'as tellement géré ! » complimenta le brun à la sœur de son colocataire.

Ginny sourit, fière et fit une révérence.

« Merci. »

« Bon, maintenant que ça c'est en place on fait quoi ? » demanda Draco, le regard tourné vers Hermione.

Tu vois, tu as déjà repris les commandes, tu les tiens.

Elle eut un sourire moqueur :

« On attend. Malheureusement ça ne va pas se faire en deux secondes. Elle pense déjà avoir Ginny, Pansy, Harry, Cho et moi-même en poche, Seamus, Dean et Neville sont l'opposition, et vous autres êtes la neutralité. Son objectif va être de vous rallier d'abord, elle s'occupera des autres une fois que tout le reste sera de son côté. C'est exactement comme les guerres de gangs, plus il y en a d'un côté, plus l'opposition s'écrase et se soumet. Elle compte sur ça. »

« On dirait que tu sais de quoi tu parles, » fit remarquer Blaise.

Hermione se figea et glissa un regard vers lui.

« On a tous grandi dans la rue, » plaida-t-elle.

Il ne semblait pas convaincu mais n'insista pas.

« Bon, ça consiste en quoi exactement ? » demanda Draco.

« Ne pas agir comme acquis trop rapidement. On va devoir travailler ça sur deux-trois semaines minimum. Blaise, tu vas céder le premier, dans une semaine, à toi de gérer comment faire pour les deux prochains cours. Draco tu céderas deux cours après Blaise- »

« Soit fin de la semaine de Blaise ? »

« Oui. Et Luna en dernier, ta bipolarité en sera la raison. »

« Alors quoi je vais devoir faire la cruche comme Ginny ? » demanda-t-elle avec dédain. Puis elle se tourna vers la rousse avec un grand sourire : « mais ta prestation était impressionnante j'ai adoré ! »

Ginny la remercia Luna étant sincère sur les deux points, autant garder le positif. Hermione reprit :

« Non, tu vas faire la difficile pendant deux semaines, demander un cours spéciale le samedi avant la troisième semaine, et le lundi, céder. »

« Bon d'accord. »

« Exactement comme ça ! »

Luna rit, mais pas son rire adorable, l'autre, qui donnait des frissons et inquiétait ceux qui l'entouraient.

Les collés les rejoignirent, mais l'angoisse prit place en voyant que les trois avaient la main bandé. Luna se précipita vers Neville, tandis que les deux autres garçons se tenaient par leur main valide, les doigts entrelacés comme s'ils ne voulaient jamais plu se lâcher.

« Mais qu'est-ce que s'est passé ? »

Harry ne comprenait pas :

« Elle ne m'a pas fait ça avant la cinquième colle ! »

« Faut croire qu'elle a plus la patience, » grogna Seamus.

« Je suis désolé les mecs. »

« C'est pas ta faute, tranquille. »

Hermione eut peur qu'ils mettent la faute sur elle, mais ce qui l'inquiéta le plus fut de voir les garçons abandonner et son plan tomber à l'eau. Draco sembla inquiéter par la même chose, et Hermione se dit qu'elle n'était peut être pas la seule, à être comme elle était.

« Vous êtes encore partants ? » demanda le blond.

Dean et Seamus échangèrent un regard, puis Neville, et ils acquiescèrent tous.

« Hors de question de reculer maintenant ! »

« On va lui faire payer. »

« Ça me motive encore plus pour la faire souffrir la sale garce ! »

Malgré la motivation générale, l'équilibre psychologique de Neville fut mis à mal dès le lendemain matin, quand le journal fut distribué à chacun.

Le jeune homme passa par une palette de couleurs différentes : blanc, vert, rouge, puis gris. Il garda le gris si longtemps que Madame Pomfrey s'approcha directement de lui et le fit sortir du Grand Hall. Il tenait à peine debout mais grâce aux efforts combinés de Luna et Pomfrey, elles réussirent à le déplacer.

Hermione fronça les sourcils en regardant le titre principale :

« EVASION A AZKABAN, UNE DIZAINE DE MANGEMORTS CE SERAIENT ECHAPPES ! »

Suivi par une liste de tous les évadés. Ginny pointa du doigt le nom qui avait rendu malade Neville : Bellatrix Lestrange. Hermione avait déjà entendu parler d'elle. La femme était connue pour avoir une cruauté plus que malsaine, et une santé psychologique très fragile. Elle était complètement folle pour faire simple.

« Il l'a déjà rencontré ? »

« Pire, c'est elle qui a fait de Neville un orphelin. Elle a torturé ses parents pour avoir des informations sur des amis à eux. Ils n'ont jamais parlé, et elle les a rendu à l'état de légumes et ont été admis à Sainte Mangouste en psychiatrie. Ils reconnaissent à peine leur fils. C'est la grand-mère de Neville qui s'occupait de lui jusqu'à ce qu'elle meurt. Après il est arrivé ici. »

Hermione grimaça. Cette femme était réellement dérangée. Faire subir ça à des gens innocents. Elle regarda la photo de Bellatrix : des dents noirs, comme ses longs cheveux bouclés. Elle était pourtant belle, dans sa folie. Hermione eut un frisson d'horreur en s'imaginant à la place de la femme. Elle savait pourtant qu'elle aussi était prête à tout faire pour avoir ne serait-ce qu'une information sur le dernier meurtrier de ses parents.

Elle nota du coin de l'œil que Draco flanchait. En tournant son regard vers le garçon elle le vit clairement plus pâle que d'habitude, pas au bord du malaise comme Neville, mais pas franchement bien non plus. Blaise sembla avoir une main dans son dos, et Pansy l'observa, inquiète.

Il lui fallut attendre la fin de la journée pour avoir l'explication : elle demanda à Pansy si Bellatrix faisait aussi parti du passé de Draco. La brune grimaça et sembla hésiter un moment.

« Oui, plus ou moins. Je ne devrais pas te dire ça donc garde-le pour toi, mais elle est la tante de Draco. Sa marraine même à une époque. Du côté de sa mère je crois ? »

Hermione resta paralysée au milieu de la pièce, comme si son corps et son cerveau venait de se déconnecter.

« Hermione ? Hey Hermione ?! »

Elle cligna des yeux et se tourna vers Pansy, le regard vide, arrachant un frisson de peur à sa colocataire.

« Tu me fais peur, t'as une drôle de tête d'un coup. Qu'est-ce qui se passe ? »

Hermione se reprit et tenta un sourire rassurant :

« Rien, ça va, je suis juste fatiguée, avec Ombrage et tout ça … »

Pansy ne sembla pas y croire mais ne chercha pas plus, et éteignit les lumières. Hermione ne s'endormit pas tout de suite, et ne dormit même pratiquement pas. Crookshang près de son bras, elle le caressait distraitement.

Une mangemort faisait partie de la famille de Draco, et de ce qu'elle savait, Draco avait fui ses parents. Mais pourquoi ?