Prochain chapitre le 23 Février, bonne lecture ! WARNING lemon à la fin du chapitre

Chapitre 6 : Boys can't buy my Love

Hermione n'avait toujours pas eu de réponse à sa question. Elle avait peut-être le nom de la Mangemort qui s'était échappée, mais pas son identité réelle. Elle n'avait pas céder à la panique comme la plupart de ses camarades lorsque Dumbledore avait fait un discours les informant qu'une dizaine de Mangemorts au total s'étaient échappés d'Azkaban. La personne à l'origine de l'explosion d'une partie de la prison restait encore impossible à identifier, mais des murmures parcouraient déjà la ville et les journaux, sur la possibilité du retour de Tom Jédusor.

Suite à ce discours, Harry et Draco avaient été appelés chez le directeur séparément, mais aucun ne fit de réapparition du reste de la journée. La fin de la semaine approchait, et avec elle, l'adhésion presque complète de Blaise à la cause Ombrage. La professeur avait déjà remarqué le jeune homme plus attentif et intéressé par ses cours, et il avait même été jusqu'à simuler une bagarre avec Draco sur une des notions de Sociologie. Ce dernier n'étant pas au courant, la supercherie n'en était que plus vraie, et tous avaient même eut peur que Blaise soit réellement devenu fan d'Ombrage.

« Ça ne risque pas d'arriver non. Mais si j'en avais parlé à qui que ce soit, vos réactions vous aurez trahis. Vous auriez guetté, et ça lui aurait mis la puce à l'oreille. »

Hermione ne dit rien mais elle n'apprécia pas la décision de Blaise d'agir en solo. Elle ne pouvait pas commencer à les laisser s'éparpiller à gauche et à droite, faire comme bon leur semblait, et elle allait le leur faire comprendre. Dès le samedi Ombrage fit irruption dans la chambre de Blaise et Draco, et les trouva en plein milieu de leur cigarette matinale. Ils furent collés pendant une semaine chaque soir, et Hermione ressentit presque – presque –du regret en entendant Draco protester :

« C'est une blague ? J'ai déjà deux heures de colles avec Granger pendant encore une semaine ! »

« Ce n'est pas mon problème, vous auriez dû réfléchir aux conséquences de vos actes. Vous pensez que des personnes intégrées dans la société fument comme des criminelles ?! »

Ils auraient bien voulu lui dire que oui, ce qui était d'ailleurs le cas, mais ne voulait pas aggraver leur cas. Cette femme vivait la tête dans son cul, ils avaient vite appris à ne pas discuter.

« Non, » céda Blaise, toujours dans son rôle, « je comptais d'ailleurs arrêter mais je ne trouvais pas la force. Merci de m'imposer ce changement qui va me permettre de m'intégrer. »

Draco grinça des dents et lâcha un juron. Ombrage sortit avec les paquets de cigarettes dans les bras, et le blond la suivit jusque dans le couloir. Là, tous étaient sortis de leur chambre, curiosité oblige. Blaise était aussi sorti, et bien que Draco ne le remarque pas, lui vit clairement le visage d'Hermione, qui part son manque d'étonnement se trahissait. C'était elle qui les avait grillé.

« Comment avez-vous su pour les clopes de toute façon ?! » demanda Draco.

« Ça ne vous concerne pas. »

« C'est Granger, » claqua Blaise.

Celle-ci eut un sourire amusée.

Tu peux toujours essayer, mais ne me fais pas te rappeler ta place encore une fois.

Draco se tourna vers son ami, les yeux écarquillés.

« Quoi ? Arrête de dire des conneries comment veux-tu que ce soit elle ? »

« Toi arrête de la défendre. »

Le blond ouvrit la bouche de surprise. Blaise s'était approché très près d'Hermione et Pansy les observa inquiète.

« C'est toi, » siffla-t-il. « Tu n'as pas apprécié mes décisions, alors tu as décidé de me donner une leçon, » il avait murmuré, de sorte que seul eux entendaient ce qu'ils se disaient.

Ombrage tenta de jouer avec son autorité.

« Monsieur Zabini écartez-vous immédiatement de Miss Granger ! »

Il recula à contrecœur, mais garda son regard dardé sur elle. Elle ne cilla pas, mais resta fixé sur lui également, lui faisant passer un message.

« Je ne suis jamais allée dans votre chambre moi, comment aurais-je pu savoir que vous fumiez ? »

Elle marqua un temps d'arrêt et sembla réfléchir.

« A ta place, je chercherai plutôt du côté de celle avec qui vous avez déjà partagé la pièce, où plus … »

La menace était à peine cachée. Si il jouait encore, Pansy en prendrait pour son grade. La brune regardait d'ailleurs Hermione effrayée, la suppliant du regard de se taire. Ombrage avait bien sûr tout entendu, et réagit immédiatement.

« Comment ?! Des filles vont dans les dortoirs des garçons ?! Qui ?! Je veux des noms ! Miss Granger ! »

Blaise baissa la tête en geste de soumission, ce qui plut assez à Hermione pour qu'elle ne secoue la tête avant de répondre à Ombrage.

« Non, personne ne va chez personne Professeur, je n'ai fais que des accusations en l'air. Je n'apprécie pas de me sentir visée, » conclut-elle avec des yeux sombres et un rictus au coin des lèvres.

Elle tourna les talons et retourna dans la chambre. Blaise la scruta de haut en bas. Son intuition avait encore eut raison : elle était dangereuse. Bien plus que ce qu'il avait imaginé. Et il n'aimait pas du tout la prise qu'elle avait sur l'école, sans que personne d'autre que lui ne s'en rende compte. Surtout Draco, qui semblait être beaucoup trop curieux et intéressé par elle pour voir quoique ce soit d'autre. Il retourna dans le dortoir suivit par son ami blond, qui claqua violemment la porte derrière lui.

« Je peux savoir ce qui t'as pris ?! Pourquoi accuser Hermione ?! Elle n'est jamais venue ici ! »

« Elle est la colocataire de Pansy ! Et tu sais comment elle peut être, il suffit d'un bavardage de trop et tout ce qui a été dit et fait dans cette pièce sera exposé dans toute l'école ! »

Draco rit.

« Hermione n'est pas tout l'école, de un, et de deux il faut que tu arrêtes d'être parano avec elle, depuis qu'elle est arrivée tu la cibles ! Tu ne la regardes même pas comme si elle n'était pas importante, mais comme si elle allait se mettre à tirer sur tout le monde ! »

« Non si quelqu'un doit arrêter ici c'est toi, arrête de l'idéaliser ! Cette fille est dangereuse ! Tu ne vois pas comment elle agit depuis son arrivée ?! Elle n'est pas qu'un joli visage et tu le sais très bien ! Elle est un cerveau avant tout, et depuis le début son objectif c'est de prendre l'école ! »

Le blond n'arrivait pas à comprendre ce qui possédait Blaise. Il avait calme et silencieux au sujet de la jeune femme, et soudainement il partait au quart de tour.

« Je ne comprend pas … elle a vécu l'enfer comme nous- »

« On ne sait rien de ce qu'elle a vécu ! Elle n'a rien dit, à personne ! Pourquoi penses-tu que seul Dumbledore à accès à son dossier ?! On a tous lu ceux des uns et des autres mais pas le sien et tu ne te poses aucune question ?! Elle aurait pu se mettre dans la merde toute seul que ça ne m'étonnerait pas, avec son esprit dérangée ! »

« Tu t'entends parler ?! Tu me fais penser à ta mère ! »

Blaise décocha une droite à Draco qui tituba, mais fut saisit par le col et plaqué contre le mur le plus proche.

« Ne me compare pas à cette vipère, » siffla le brun.

Draco lui cracha du sang au visage.

« Alors n'agis pas comme elle. En arrivant ici on s'est promis de laisser nos connards de parents derrière et de tout faire pour devenir meilleur qu'eux. »

Il dégagea Blaise.

« Et ça commence en soutenant les nouveaux arrivants dans cette endroit maudit, alors lâche Hermione. »

Le brun eut un cri de frustration et tapa dans le mur. Draco ne voulait pas comprendre. Si ça avait été Ginny ou Luna, le blond n'aurait pas mis longtemps avant de rejoindre l'avis de Blaise, mais Hermione lui avait retourné le cerveau.

« Bordel Draco, pense avec autre chose que ta bite ! »

Il regretta les mots dès qu'ils eurent franchis la barrière de ses lèvres. Draco se figea et ses poings se serrèrent. Par fierté et parce qu'il savait qu'il n'avait pas entièrement tord, Blaise ne s'excusa pas, mais il ferma les yeux. Il avait merdé.

« Alors c'est ça, en fait … c'est encore et toujours à propos de ça ? »

« Non- »

« Ta gueule, » le ton était froid et sans appel. Le ton du Draco d'avant Poudlard, celui violent, impulsif, autoritaire, et royale. « T'as toujours pas digéré le fait que j'ai baisé Pansy c'est ça ? Si tu m'avais dis avant que tu l'aimais, ça serait passé différemment et tu le sais. Mais tu m'en veux encore. Tu sais quoi ?! »

Draco cracha de nouveau du sang, mais cette fois sur le sol :

« Vas te faire foutre. »

Et il quitta la chambre en claquant la porte. Blaise se laisse tomber le long du mur en face de celle-ci, les mains appuyées sur les yeux. Pansy entra en panique quelques secondes après, et se précipita sur lui en le voyant dans un état si pathétique.

Quelques minutes plus tôt, elle avait suivit Hermione quand cette dernière était retournée dans leur chambre, une question brûlante sur la langue.

« C'est toi qui les a balancé ? »

Hermione s'arrêta.

« Je ne savais pas qu'ils fumaient. »

Et tout en disant ça, elle sortit deux paquets et un briquet de la trappe derrière le radiateur, cachette créée par Pansy. Elle balança son paquet à la brune et ouvrit la fenêtre, une cigarette déjà entre les dents, se plaçant de manière à ce que la caméra ne la voit pas.

La brune la regardait incertaine. Elle sa plaça à ses côtés et prit le briquet tendu par Hermione.

« Tu allais me vendre à Ombrage ? »

« Non. »

« C'est pas l'impression que ça donnait. »

Hermione se tourna vers Pansy et souffla la fumée sur elle.

« Je n'ai aucune raison de te vendre Pansy. Sinon, je l'aurai déjà fait depuis longtemps. »

Elles entendirent la porte des garçons claquer, puis des voix s'élever. Hermione leva les yeux au ciel et continua de fumer, alors que Pansy voulut aller voir ce qu'il se passait. Une main l'en empêcha en attrapant son poignet.

« Il vaut mieux que tu ne t'en mêles pas. »

« Ils ne se sont jamais disputés ! »

« Il y a une première fois à tout, et tu risques d'empirer les choses. »

« Peut-être que je peux aider au contraire ! »

« Tu veux prendre le risque ? »

La jeune femme la faisait douter. Au fond, Pansy savait qu'elle avait raison. Ils avaient toujours été impulsif, et de par leur passé une violence résidait en eux. Mais elle en avait assez d'être mise à l'écart. Alors quand la porte claqua pour la deuxième fois, elle ignora Hermione et se précipita dans la chambre d'à côté. Cette dernière leva les yeux au ciel une nouvelle fois et récupéra la cigarette non fini de Pansy. Un sourire orna ses lèvres.

Tout se passait comme prévu. Elle marquait son territoire, rappelait aux déviants qui tenait les rênes, et les dissipait pour mieux régner.

Tu vois ? Bientôt tu auras accès à tout ce que tu voudras.

En parlant de ça, Hermione se dit qu'il était temps pour elle de mettre en place son plan pour enfin avoir accès à la salle informatique. Elle se couvrit de parfum pour cacher l'odeur de la cigarette et se dirigea vers le bureau d'Ombrage.

Son plan initial consistait à voler en douce les clefs, mais maintenant que la professeur tenait dans sa main, elle pouvait directement aller lui demander.

« Non Miss Granger. La salle informatique est réservée pour des recherches précises. »

« Je pensais juste pouvoir effectuer des recherches plus approfondies sur les notions de votre dernier cours professeur. Elles sont très claires et bien expliquées, ne pensez pas le contraire, mais je pensais qu'en trouvant des exemples, des images sur internet, je pourrais avoir une meilleure idée de quoi faire et comment être ! Je cherche aussi à modifier mon apparence, mais sans référence … »

Ombrage résista encore, mais à fore d'arguments et de compliments, Hermione l'usa jusqu'à obtenir la clé.

« Vous n'avez le droit qu'à une heure, pas plus ! Si dans une heure vous ne vous trouvez pas dans mon bureau avec la clé … ! »

« Compris professeur, merci beaucoup ! »

Elle partit en courant vers la salle informatique et grogna un connasse quand elle sut être assez loin d'Ombrage. Jouer les gentilles filles mielleuses n'allait pas être faisable bien longtemps, et Hermione pensa qu'elle n'avait jamais été aussi patiente de toute sa vie.

En arrivant en salle informatique, elle eut le plaisir de constater qu'elle était seule, et qu'elle ne serait donc pas dérangée.

Malheureusement, Dumbledore avait subtilisé tous ses cahiers contenant ses notes et cartes mentales.

Heureusement, elle avait une bonne mémoire, et se souvenait à peu près des informations qu'elle avait récolté. Elle décida déjà de se renseigner sur les mange-morts qui s'étaient échappés et sur un papier, nota quelques noms : Black Sirius, Lestrange Bellatrix, Crabbe Sr (elle avait tué son frère, un des cinq meurtriers), Barty Crouch Junior (fils du Premier Ministre Britannique, elle comprenait la tension politique maintenant), Greyback Fenrir et Dolohov Antonin, et d'autres noms qu'elle décida de ne pas retenir.

Aucun de ces noms ne sonnaient familier. Elle fit cinq cercles au milieu d'une feuille, et écrivit le nom des quatre personnes qu'elle avait déjà tué : Crabbe, Goyle, et les jumeaux Carrow. Elle fit un point d'interrogation sur le dernier cercle. Elle inscrivit ensuite le nom de Draco Malfoy, auquel elle relia celui de Bellatrix Lestrange, et inscrivit tante/neveu sur le trait. Elle nota le nom des Zabini dans un coin, ainsi que celui de Longbottom qu'elle relia à celui de Lestrange, inscrivant cette fois victimes.

Elle lut une dizaine d'articles de journaux présentant le CV complet de ces Mangemorts, et finit par celui de Bellatrix. Lestrange n'était pas son nom de jeune fille, mais celui de son mari. Elle était née Black, cousine de Sirius, et avait deux jeunes sœurs, une de nom inconnue et l'autre Andromèda. Les Black était une vieille famille de la bourgeoisie Anglaise, et du peu qu'il restait de cette classe sociale dans le pays, Bellatrix était l'une des membres les plus importante des Mangemorts. Peu d'informations apparaissent sur les deux sœurs. Andromèda disparut vite du tableau familiale après avoir épousé un immigré et donné naissance à un enfant. Hermione ne trouva rien sur la deuxième sœur Black, si ce n'est qu'elle s'était mariée au descendant d'une autre famille bourgeoise Anglaise.

Son cerveau tournait à plein régime. Draco était le fils d'une de ses deux femmes. La possibilité qu'il soit le fils d'Andromèda était très forte pour Hermione, considéré que Draco se trouvait dans cet établissement et avait fui sa famille, que la jeune femme savait aisée. Le nom du mari d'Andromède n'était pas donné, et la femme avait gardé son nom de jeune fille. Peut-être Draco avait-il fui pour protéger ses parents ? Épouser quelqu'un de sang 'non-pur' était une chose pour les Mangemorts, mais être un sang-mêlé comme Hermione était pire. Elle garda néanmoins la dernière sœur Black en tête, mais ne put pousser ses recherches. L'heure était déjà passée.

Elle courut dans les couloirs, ignora les Weasley qui la regardèrent passer et s'excusa mille fois devant Ombrage. La professeur lui pardonna sa minute de retard et reprit la clé avec un sourire. Hermione avait le même. Elle avait enfin pu avancer dans son affaire, même si ce n'était que de peu. Elle sentait que la fratrie Black était la réponse à ses questions. Interroger Malfoy était impensable, alors elle devrait la jouer subtile. Pendant leur heure de colle du lundi, elle tenterait de se renseigner le mieux possible.

Cela ne se passa pas comme prévu.

La tensions entre Blaise et Draco avait été à couper au couteau et ce toute la journée. Aucun n'avait fait de réflexion en voyant un hématome bleu-vert sur la pommette du dernier garçon. Le blond ne venait plus au Grand Hall, et c'est à Hermione que Pansy demanda de l'aide. Elle lui apporta donc à manger le midi, et décida de carrément manger avec lui le soir. Elle le trouva sans surprise dans la salle du professeur Vector, et posa sans délicatesse l'assiette devant lui, l'arrachant à ses pensées dans un sursaut.

« Tu vas faire la princesse encore longtemps ? »

Il lui jeta un regard noir. Elle resta de marbre et leva un sourcil.

« Je ne sais pas ce qui s'est passé entre toi et Zabini, mais vous tendez tout le monde avec vos conneries. »

« Ça ne regarde que lui et moi. »

« T'as décidé de jouer les abrutis ou t'en es vraiment un ? Je viens justement de te dire que non. Je ne parle même pas de Pansy qui se retrouve entre vous deux s'en savoir où donner de la tête. »

« Elle sait très bien visiblement, et qu'est-ce que ça peut te faire qu'elle soit déchirée entre nous deux, tu t'en fous des autres non ? » siffla Draco.

Hermione éclata de rire.

« Elle est amoureuse de Blaise et t'es son ancien plan cul, ça t'étonne vraiment ? Et ensuite oui, je m'en fous, mais je suis sa colocataire et c'est moi qu'elle empêche de dormir en me racontant ses malheurs. »

Il grinça des dents. Elle reprit :

« Moi c'est ta réaction qui m'étonne. Tu serais jaloux ? »

Il commença à manger.

« Je ne suis jamais jaloux. »

Elle vit qu'il était sincère. Ils continuèrent de manger en silence jusqu'à ce que Malfoy demande :

« C'est quoi la suite du plan ? Lundi prochain Luna abdique, Ombrage pense avoir réussi son travail et ensuite quoi ? »

Elle déglutit sa nourriture et resta fixer un point inexistant. Draco se mit juste devant elle, faute de réaction, et secoua sa main.

« Allô Granger ici la terre ? »

« Je n'ai pas encore l'entièreté de ce qui suivra. »

« Vraiment ? » il leva un sourcil étonner. « A te voir on pense plutôt que tu sais tout ce qui va se passer pendant les trois prochains mois. »

« Je reste humaine Draco. »

Menteuse, glissa son esprit.

« Menteuse, » souffla le jeune homme presque au même temps.

Elle se figea et tourna son regard vers lui. Il avait un air mélancolique, et ne la regardait pas. Elle ne dit rien et n'osa même pas bouger, attendant avec impatience et appréhension la suite.

« Tu fais comme si tu étais humaine, mais au fond tu sais que tu ne l'es pas. Aucun de nous ne l'est. On prétend, on fait semblant pour rentrer dans le moule et faire plaisir. Mais toi comme moi, on doit bien être les moins humains de cette école. Même Ginny et Cho sont plus humaines que nous. »

Hermione ne put empêcher le sourire qui monta :

« Tu penses réellement que j'ai passé une vie entière dans la rue en gardant les mains propres ? »

Ce fut au tour de Draco d'être désarmé. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Ils restèrent se scruter un moment, et Hermione se leva pour aller jeter ses déchets.

« Tu veux absolument que quelqu'un soit comme toi parce qu'être le seul à fonctionner comme tu le fais t'angoisse et te rend malade. Mais la vérité c'est que tu ne trouveras personne qui fonctionne comme toi. Tu t'accrochais à Blaise, puis à Pansy, c'est sûrement pour ça que tu couchais avec elle d'ailleurs, et maintenant tu veux te raccrocher à moi. »

Elle s'assit sur le bureau du professeur.

« Mais je ne suis pas quelqu'un à qui te raccrocher. Crois-moi, tes pires cauchemars et les pires choses que tu peux imaginer de l'être humain sont doux à côté de moi … »

Elle avait trop parlé. Elle le savait. Elle l'avait su avant de le faire, mais elle s'était quand même laissée emporter. Draco avait le même air idiot. Il essayait de la comprendre, mais n'y arrivait pas.

« Tu me rends dingue, putain. »

Il posa ses coudes sur ses genoux et prit sa tête dans ses mains. Puis il se leva d'un coup et s'approcha d'elle.

« Tu sais c'est quoi ton problème ?! C'est que tu veux tout le temps analyser les autres, savoir comment ils pensent, et le pire c'est que tu crois tout savoir, mais tu te trompes ! »

« Ah oui ? »

« Oui ! Je ne cherche pas à m'accrocher à qui que ce soit, ça irait contre toute l'éducation que mes putains de connards de parents m'ont donné ! Et je n'imagine pas que les autres sont aussi pourris que toi et moi, je sais qu'ils le sont ! On est tous pourris ici ! Et Ombrage me donne la nausée avec ces enseignements à la con ! À nous tous, tu dois penser, mais tu ne te rends pas compte à quel point ce qu'elle dit me donne envie d'arracher ma peau avec mes dents, parce que tu ne sais rien de moi et de ce que j'ai fais et vécu ! Tu ne fais que deviner, et c'est ça qui va te ruiner ! »

Au fur et à mesure de son monologue il s'était rapproché d'elle, ses mains posées de chaque côté de son corps sur le bureau, et son visage si près qu'ils pouvaient sentir le souffle de l'autre. Il s'était perdu dans ses mots. Ses idées s'étaient mélangés et ce qu'il avait dit n'avait plus eu de sens, mais Hermione n'en fichait. Après tout, il avait raison sur un point : ils étaient tous dérangés dans cette putain d'école.

Hermione se força à rester fixer sur ses yeux, mais quand les disques devenues argentées de Malfoy se perdirent à détailler son visage, elle se laissa dériver vers ses lèvres.

Elle sait très bien ce qui serait arrivé si Vector n'avait pas choisi ce moment pour entrer dans la pièce en faisant plus de bruit qu'une scie sauteuse.

« Dumbledore a des problèmes, tous les élèves doivent se réunir au Grand Hall immédiatement, dépêchez-vous ! »

Affolés, ils rejoignirent en courant les autres, ne se séparant pas une seule fois. Arrivés devant le Grand Hall, ils virent tous les élèves à l'extérieur de la salle, maintenus à distance par des militaires.

« Qu'est-ce que c'est que ce délire … »

Ombrage avait un air satisfait collé au visage, ainsi qu'un papier tamponné du sceau du ministère. Les mauvaises nouvelles s'enchaînaient à une vitesse qu'Hermione n'arrivait pas à encaisser. Enfin, ils virent le directeur sortir, escorté par des gardes armées, deux de chaque côtés, un devant et un derrière.

Harry semblait au bord des larmes et du malaise. Il ne cessait d'appeler le directeur qui ne lui accorda pas un regard. Ginny et Ron l'empêchaient de donner une bonne raison aux militaires de le frapper, mais il fallut aussi l'intervention de Dean et Seamus pour le maintenir immobile.

Hermione tenta une approche délicate d'Ombrage.

« Professeur ? »

La femme en rose semblait très joyeuse, et Hermione eut ses bonnes grâces pour parler.

« Que se passe-t-il ? »

« Votre directeur à jouer les irresponsables ! Il dit être au courant que certains élèves étaient en position de cigarettes, et justifie le manque de punition par le fait que les laisser s'accrocher à certains éléments de leur passé peut être bon pour vous ! Ah, et ceci a été retrouvé dans son bureau ! »

Le cœur d'Hermione se stoppa net en voyant la feuille, normalement pendue sur le placard d'Harry, portant les noms de chaque élève bien lisibles, ainsi que L'armée de Dumbledore. Elle entendit Draco jurer et d'autres avoir des bruits étouffés derrière elle, et tenta de rester le plus stoïque possible.

Mais Ombrage n'y croyait plus.

« Vous vous êtes bien fichus de moi, tous. Cette feuille est la preuve que Dumbledore cherche à prendre ma place au ministère et ce depuis mon arrivée ici ! S'il avait réussi, il aurait même sûrement tenté de prendre celle du Premier Ministre Crouch ! »

« C'est ridicule ! Dumbledore n'en a que faire du ministère ! » plaidait Harry.

« Je suis celui qui a demandé aux étudiants de signer cette liste bien avant votre arrivée. Les enseignements que vous leur avez prodigués ont porté leur fruit, puisqu'ils sont tous, sans exception, venus me demander de rayer leur nom de la liste. »

Excepté ceux de Malfoy et Luna, tous les noms étaient en effet rayés. Hermione avait la tête qui tournait. Ce n'était pas Harry qui avait barré les noms, elle en était sûre ! Alors qui ? Et comment ?

Dumbledore était la réponse la plus évidente, mais cela lui paraissait impossible. Comment avait-il été mis au courant pour leur réunion, et son plan ?!

Ombrage sembla réfléchir aux mots de Dumbledore, et merci que cette femme soit stupide, car elle accepta la défense et redevint douce en regardant Hermione.

Tous étaient restés docilement silencieux, laissant le directeur prendre sur lui pour eux tous.

Dumbledore fut évacué, et Ombrage déplia le papier qu'elle tenait en main et sa plaça devant les élèves.

« Je nomme dès à présent directrice de Poudlard, la ministre Dolorès Ombrage, et lui donne carte blanche pour corriger cet établissement, et ramener ses résidents dans le droit chemin.

Ses enseignements ayant déjà fait leur preuve, je la nomme également professeur de Sociologie, et augmente le nombre d'heures de cette matière de trois à six heures par semaine. »

Elle arrêta sa lecture.

« Ce sont les mots du Premier Ministre, » expliqua-t-elle sottement, « par conséquent, quiconque ira contre moi, ira contre lui. Et si cela devait arriver, le ou la petit(e) rebelle se verra envoyer directement à Azkaban. Les Professeurs également. »

McGonagall mit une main devant sa bouche en horreur. Les élèves n'arrivaient pas à croire ce qu'ils entendaient … Ils pensaient que Poudlard était devenue une prison ? Ils n'étaient pas au bout de leur peine. Les heures de Sociologie avaient été doublées, Dumbledore allait être jugé, et Ombrage pouvait faire de l'école ce qu'elle voulait.

Parler de désastre aurait été un bel euphémisme.

La réunion de la D.A du soir-même fut plus qu'animée. À peine franchit la porte de la chambre de Harry et Ron que Hermione plaqua le premier contre un mur :

« Abruti ! Comment Dumbledore a mit la main sur la feuille ?! »

« Hermione ! »

« Granger ça va pas ?! »

« Lâche-le ! »

Blaise jeta un regard à Draco que celui-ci ignora. Il ceintura la jeune femme et la souleva.

« Lâche moi connard ! »

« Ok fleurit comme langage- Putain Hermione ! » elle se débattait si violemment qu'elle avait réussi à lui donner un coup dans les côtes.

« Comment a-t-il eut la putain de feuille ?! »

C'était la première fois depuis son arrivé que le jeune femme se laissait aller ainsi. Elle n'avait plus aucun contrôle ni aucune tactique, mais plus que son instinct primaire.

Harry semblait trop anesthésié par ce qui venait de se passer dans le couloir pour réagir aux attaques de Hermione. Il répondit de manière mécanique :

« Tom Jedusor a tué mes parents quand j'étais bébé. Il n'a pas réussi à me tuer moi, parce que ma mère l'a immolé avant de mourir. Il s'est enfuit mais il n'est pas la seule chose qui a brûlé. Dumbledore était médecin à l'hôpital de Londres, et c'est lui qui s'est occupé de moi quand j'ai été retrouvé. Il m'a si bien soigné qu'à part de l'asthme et une mauvaise vision provoqués par la fumée, je n'ai aucun séquelle. Et cette cicatrice aussi … »

Il releva ses mèches pour montrer l'éclair sur son front qu'Hermione avait déjà vu.

« Ça ne me dit pas comment il a eut la feuille. »

« Il est comme un père pour moi. Alors quand on a commencé à mettre tout ça en place, je me sentais coupable de ne pas lui en avoir parler. »

La jeune femme choqua tout le monde en éclatant de rire.

« J'y crois pas, mais c'est qu'il est vraiment con en plus … tu voulais tant lui en parler et maintenant regarde ! Il va être envoyé devant la justice à cause de tes conneries, et Ombrage va tous nous descendre un par un ! »

« Ça suffit Hermione, c'est déjà assez dur pour lui- » tenta Ginny.

« C'est sa faiblesse, » siffla la jeune femme. « Je n'en ai rien à foutre que ce sois dur pour lui, il s'est mit dedans seul. S'il n'avait pas le cœur si tendre nous n'en serions pas là, et lui non plus. »

Ginny écarquilla les yeux et Cho tenta de retenir ses larmes. Pansy avait une main sur son cœur et les yeux fermés. Elle ne vit pas Blaise s'avancer derrière Hermione et claquer :

« Tu paniques parce que ton contrôle sur nous et l'école et en danger Granger ? »

Elle se tourna vers lui, un grand sourire aux lèvres.

« Blaise, ça m'attriste de voir un garçon si doué être si buté. Je n'en ai rien à foutre de vous, ou de cette école, ce n'était pas assez clair ?! »

Draco sursauta. Elle ne le pensait pas, elle ne pouvait pas. Il croisa encore une fois le regard de Blaise.

« Harry a peut être un cœur tendre mais il est une bien meilleure personne que toi. »

« Ça tombe bien, mon objectif c'est pas de devenir nonne. Je crois que t'as pas bien compris la situation, mais maintenant on va passer à la vitesse supérieur. On va pas attendre gentiment que Draco et Luna décident de se bouger et de se mettre à genoux devant Ombrage. »

« Et tu proposes quoi génie, de la tuer ? »

« Blaise arrête, » demanda Pansy.

Mais Hermione avait encore son sourire et ses prunelles s'étaient éclairées suite aux mots de Blaise. Le jeune homme recula de peur.

« Je serai la seule avec assez de courage pour le faire, donc non. Mais je garde l'idée dans un coin de ma tête. »

« T'es complètement folle ! »

« Blaise bordel arrête ! » cria Draco.

« Je peux pas être le seul à la voir comme le monstre qu'elle est ! Elle parle de tuer Ombrage ! »

« Tu es celui qui en as parlé en premier, » rappela Dean.

« Elle a considéré l'idée ! »

« J'ai considéré l'idée, Seamus et Dean ont considéré l'idée, elle n'est pas la seule, » asséna Ginny.

Son frère la regarda choqué.

« Cette femme est un monstre, et c'est nos propres vies qui risquent d'y passer si on ne l'arrête pas vite. Alors si on se retrouve à cour d'option, moi la descendre ça m'ira, » affirma Seamus. « Ce serait pas la première fois que je me salis les mains. »

« Mes parents ont été assassiné par cinq Mangemorts, et je ne m'arrêterai de tuer que lorsque le dernier sera mort, » dit Hermione.

« Les quatre autres ? » demanda Luna.

« Je m'en suis déjà occupée. »

Malfoy regardait Hermione les poings serrés. Elle était animée par la vengeance, et ce depuis le meurtre de ses parents mais il ne pouvait pas lui en vouloir, il avait tué sans but, lui. Il pensa deviner que c'était ce qu'elle avait sous-entendu dans la salle de classe plus tôt.

Blaise était redescendu en tension mais restait à la limite de l'hystérie. Ce n'était plus Hermione mais bien l'idée de tuer qui le faisait disjoncté. Il se laissa tomber sur un des lits, la main de Pansy sur une épaule.

« Je ne peux pas … pas encore, pas une nouvelle fois j'en ai déjà trop fait … »

Hermione le regardait avec tout le mépris dont elle était capable, cachée derrière ses mèches bouclées. Draco s'agenouilla devant Blaise.

« Personne ne te demandera de la faire. On ne le fera peut-être même pas nous, on ne fait que chercher des solutions. On a juste trouver la dernière avant les autres. »

La réunion se finit la dessus. Hermione partit en claquant la porte, épuisée et terrifiée par tout ce qui venait de se passer. Les autres avaient décidé de rester ensemble.

Grand bien leur en face, ces abrutis. Y en a pas un pour rattraper l'autre.

Elle claqua la porte de sa chambre, ignorant les miaulements mécontents de son chat et partit prendre une douche. Pendant qu'elle se lavait, des centaines de pensées tournaient dans sa tête, et rien ne les arrêtait. Cela la rendait folle. Elle devenait folle. Si c'était possible de l'être encore plus … elle s'imagina être Bellatrix et ce fut à ce moment-là que son esprit craqua et qu'elle frappa le mur de la douche, utilisant la douleur pour se ramener sur terre.

Ses phalanges saignaient et le mur était légèrement fissuré, mais elle n'en avait que faire. En sortant, elle ne fit que nouer une serviette autour d'elle et prendre le nécessaire de soin pour bander sa main dans sa chambre.

Elle faillit lâcher la boîte en voyant Draco sur son lit, son chat sur le ventre. Il la vit arriver et dit en riant :

« Ton chat est très à l'aise avec les étranger- »

Il se coupa net en la voyant dégoulinante d'eau, les cheveux en chignon dont s'échappaient des mèches encore humide, une simple serviette autour de la poitrine.

Il rosit légèrement, et Hermione se sentit flatter. Puis la douleur la ramena dans le présent.

Le jeune homme remarqua aussi sa main blessée puisqu'il se leva d'un bon et la prit :

« Qu'est-ce qui t'es arrivé ?! »

« Rien, » mentit-elle.

Il vit derrière elle le mur de la salle de bain tachée de sang et soupira. Elle protesta quand il subtilisa la boite de premier secours mais se tut quand il commença à bander lui-même sa main. Il l'avait assise pour mieux s'occuper d'elle, et la sensation était familière mais lointaine pour Hermione. Elle se revit tomber de vélo à 6 ans, sa mère près d'elle pour nettoyer son genou, lui répétant qu'elle était courageuse de ne pas pleurer. En réalité Hermione n'avait jamais eu l'envie de pleurer en se faisant mal.

Elle observa le visage de Draco pendant que celui-ci la soignait. Il avait une petite ride entre ses sourcils froncés par la concentration, un début de barbe bien rasé, et surtout, des yeux bicolores qu'elle ne se lassait pas de regarder. Selon la lumière ils apparaissaient soit bleu glace, soit gris, mais actuellement ils jonglaient entre les deux, créant des reflets de miroir brisé. Il était adorable, elle ne pouvait le nier. Et il était beau. Il finit le bandage soigneusement, rangea tout, et conclut en déposant un baiser sur la main de la jeune femme.

Elle resta surprise. Il eut le temps d'aller ranger la boîte et de revenir, et elle n'avait toujours pas réagit.

« Hermione ? »

Il l'avait appelé deux fois déjà avant qu'elle ne tourne la tête vers lui.

« Tu vas bien ? »

Elle cligna des yeux.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Il rit, et tourna la tête en se grattant l'arrière du crâne. Hermione connaissait se comportement : il était gêné.

« Je suis venu te voir. Malgré ce que tu peux dire tu as aussi été secoué par le départ de Dumbledore. »

« C'est Ombrage qui m'inquiète. »

« Justement. Quand tu as parlé des assassins de tes parents … tu cherches à te venger. »

« Bien vu. »

« Ce n'est pas saint. »

« Si tu comptes me convaincre de laisser tomber le dernier assassin de mes parents tu peux partir tous de suite. »

Elle se leva et partit vers son armoire. Il la suivit.

« Ce n'est pas ça mais- Hermione ! »

Il la tourna vers lui et garda une main autour de son bras.

« Ils sont dangereux ! Que tu es réussi à t'en sortir les quatre premières fois est un miracle, tu n'auras peut-être pas cette chance avec le dernier. Ils ont des moyens, beaucoup de moyens, et ils ont le soutien d'une partie du gouvernement, tu n'es en sécurité nul part ! »

« Je prend le risque. »

« Tu ne comprends pas- »

« Je ne suis pas stupide. Je sais de quoi ils sont capables. Tortures, meurtres, violences, ce n'est rien que je ne connais pas déjà ou que je n'ai pas vu. Tu sembles bien renseigner sur eux, comment ça se fait ?! »

Draco la lâcha. S'il savait quelque chose, il ne se trahit pas. Il se contenta de glisser :

« Mes parents sont des gens importants, ils avaient accès à ce genre d'informations. »

Un autre argument permettant à Hermione de dire qui était ces parents en question.

« On doit se serrer les coudes. Si on commence à se séparer c'est finit. Surtout maintenant, » il continua, ses yeux devenus bleus.

Hermione n'arrivait pas à rester concentrer. Cela faisait presque deux ans qu'elle n'avait pas été touché, et le corps de Draco était entièrement tourné vers elle. Elle sentit son cœur s'emballer et mit ça sur le compte de l'excitation d'avoir une nouvelle proie. Ça ne pouvais être que ça, c'était évidant. Elle ignora la petite voix qui lui criait que non et se mit sur la pointe des pieds. Ses deux mains derrière la tête de Draco, elle le rapprocha d'elle et l'embrassa.

Le garçon ne perdit pas de temps et détacha ses cheveux, suivant les boucles qui descendaient dans son dos en y mêlant ses doigts. Hermione fut vite allongée sur son lit, Draco entre ses jambes. Il lui embrassa le cou, les clavicules, et tira sur la serviette de manière à ne découvrir que sa poitrine.

Respectueux et attentif en plus de ça, wouah

Elle tira sur son t-shirt et il rit de son impatience avant de l'enlever lui-même. Le pantalon suivit peu après, et Hermione testa le dos du blond en faisant courir ses ongles dessus, avec plus ou moins de pression. Dans les vapeurs du plaisir elle pensa quand même à vérifier que la porte de la chambre était bien verrouillée, et elle l'était. Elle eut un petit rire : elle n'avait pas fermée la porte, cela voulait dire que Draco avait tout prévu à peine entré dans la pièce.

Le contact peau contre peau les rendait fou. Il dessina ses courbes avec ses mains, restant sur sa taille et la rapprochant de lui le plus possible, tandis qu'elle se perdait dans ses cheveux blonds.

Il se détacha d'elle pour recommencer à l'embrasser. Hermione ne semblait pas aimer lorsque la langue intervenait, puisqu'elle mordit la sienne violemment mais resta sage tant qu'il n'y avait que leurs lèvres.

Il recommença à l'embrasser dans le cou, et quand il resta à un endroit plus longtemps, elle lui enfonça les ongles dans le bras.

« Pas de marque, » dit-elle avec un gémissement.

Sa réponse fut de rire mais il l'écouta et continua de laisser une traînée de baiser brûlant entre ses seins, descendant sur son ventre. Partout où il avait touché sa peau Hermione sentait encore les picotements qu'il lui procurait. Il mordilla la peau de sa hanche et écarta ce qui restait de la serviette. Un regard vers Hermione et il ne s'arrêta pas plus bas avec sa bouche.

« Tout va bien ? »

« Oui mais … »

Il caressa son ventre.

« Oui ? Dis moi Hermione. »

« Non rien, laisse. »

Il fronça les sourcils. Elle ne l'aurai pas interpellé pour rien et n'était pas du genre à tenir sa langue, alors pourquoi maintenant ? Un doute le prit :

« Tu … tu es vierge ? »

Elle écarquilla les yeux et éclata de rire. Il resta la fixer, interloqué.

« Non Draco non, loin de la même c'est juste que … habituellement quand je faisais ce genre de chose c'était avec d'autre chefs de gang d'enfants, pour la paix sur les territoires, former des alliances … tu me suis ? »

Il acquiesça. C'était vrai. Il comprenait ce qu'elle voulait dire : c'était la première fois pour elle qu'elle ferait ça pour son plaisir à elle, et non obtenir quelque chose de l'autre.

« Je comprend, alors parle moi, qu'est-ce qui t'a bloqué ? »

« Tu n'es pas obligé, avec ta bouche, là, je ne te rendrais pas la pareille et ça me gêne, » dit-elle rouge et la tête tournée vers le mur.

Adorable, pensa Draco.

« Comme tu le souhaites princesse. »

« Ne m'appelle pas- Ah ! »

Il avait écouté les désirs de la jeune femme (comme tout bon amant) et était passé directement à ses cuisses, mordillant la peau fine des deux côtés, avant de donner des coups de langues sur les marques.

Il remonta pour sceller de nouveau leurs lèvres ensembles, satisfait des soupirs de satisfactions qu'il arrachait à la jeune femme. Il grogna quand une des mains d'Hermione fit son chemin jusqu'à son membre et le caressa pour le durcir.

« Tu me rends dingue, » murmura-t-il dans son oreille.

« Tu me donnes trop de pouvoir Draco, » elle tourna la tête et reprit ses lèvres.

Leur jeu dura encore quelques minutes, avant qu'enfin il n'entre en elle, leur arrachant à tout deux des soupirs de bien-être.

Hermione n'avait pas connu ça pendant des mois, et Draco au contraire, découvrait une nouvelle partenaire entièrement. Pansy n'y pouvait rien, mais son ancien travail lui collait à la peau, et il le ressentait dans la vulgarité de certaines de ses actions et de ses mots. Avec Hermione, tout était dans le jeu et la découverte de chacun. Pansy voulait toujours lui donner et ne rien recevoir, mais Draco lui, était du genre à donner et peu attendre en retour, complétant parfaitement Hermione qui recevait mais ne donnait que peu.

Après leurs ébats suivit la fameuse cigarette d'après sexe. Elle ouvrit grand la fenêtre, en culotte et avec la chemise de Draco sur le dos, et s'assit sur sa chaise de bureau, tournée vers la pièce. Lui n'avait remis que son caleçon, mais préférait rester dans les draps. Aucun des deux n'aimaient trop être câlin juste après, et ça leur allaient très bien. Il leur fallut deux clopes avant que Hermione ne retourne dans son lit et dans les bras de Draco.

« Pansy ne risque pas de revenir ? »

« Elle peut essayer mais je te rappel que tu as fermé la porte, et je ne compte pas aller la déverrouiller. »

Draco resta caresser la hanche sur laquelle sa main était posée, l'esprit ailleurs.

« Je déteste en parler maintenant, mais Ombrage, on en fait quoi ? Parce qu'arrête moi si je me trompe, mais on a pas vraiment eu de résultat clair tout à l'heure. »

« Non, et tant mieux. Je viens de penser à quelque chose qui va lui faire s'arracher les cheveux. La faire péter un plomb et lui faire dire les pires atrocités de sa vie. »

« A quoi ça va servir si on est les seuls à les entendre ? Elle en dit déjà quinze fois par jours je te rappel. »

Il la sentit sourire dans son cou.

« Ne t'inquiète pas pour ça, toi tu vas juste t'inquiéter d'être convainquant avec Luna. »

« Luna ? »

« Je vous en parlerais demain, mais seulement à vous deux. »

Il nicha son nez dans ses cheveux et inspira longuement .

« Tu es incroyable. »

« T'attache pas trop, on n'est qu'amis avec bénéfices. »

« Ami c'est déjà un bon début, » sourit-il.

Mais dans l'esprit de Draco, ce mot ne sonna pas juste. Elle était dangereuse, Blaise avait raison, mais pas pour les même raisons. Elle était dangereuse parce qu'elle faisait ressentir à Draco des émotions qu'il n'avait jamais ressenti ou voulut ressentir pour personne avant. Il avait été élevé avec les mots durs de son père, et des horreurs dans les yeux. Le cœur n'avait pas sa place dans ce monde là. Et elle lui faisait penser à ce monde, à faire taire son cœur sans cesse. Après tant d'années à recevoir il voulait donner, mais avait-il vraiment choisi la bonne personne ?

Draco s'endormit avec une pensée en tête : merde.

Il tombait amoureux.