Chapitre 7 ! Nous sommes à la moitié de l'histoire, puisque j'ai prévu environ 13-14 chapitres en tout, et ça va s'accélérer un peu.
WARNING ce chapitre contient des mentions de suicides, de violences psychologiques et des descriptions qui peuvent heurter !
J'espère que ce chapitre vous plaira, le prochain le 8 Mars !
Chapitre 7 : I do what I want
Hermione avait décide de passer en mode solo. Elle laisserait les autres de côté, et s'occuperait d'Ombrage seulement aidée de Malfoy et Luna. Avec ce dernier, leur petite affaire s'était déjà reproduite trois fois, et la jeune femme sentait que malgré les apparences, Draco lui tombait dans le bec de plus en plus facilement. Elle ne savait pas comment réagir par rapport à cela, alors elle garda son rôle de désintéressée et mit ce qui se passait entre eux sur le compte d'un besoin affectif mutuel. Le fait est que les gens comme elle n'en avait pas réellement besoin … et Draco ne savait toujours pas la vraie histoire d'Hermione, ainsi que ce qui se passait dans sa tête, et elle avait le sentiment que quand il le découvrirait, elle perdrait sa confiance.
Elle ne savait pas dire pourquoi, bien que son instinct la dirige du côté familiale …
Elle secoua la tête et se reprit. Elle était en cours, il ne fallait pas qu'elle dérive ainsi, ou elle attirerait l'attention.
Depuis le début de la semaine, Luna semblait de moins en moins joyeuse contrairement aux autres jours, et était beaucoup plus désagréable, même avec le pauvre Neville, qui commençait à se sentir dépasser par la situation. Elle mangeait de moins en moins également, et semblait avoir prit des teintes grises. Ses séances chez Madame Pomfrey n'aidaient plus de la même manière, et les professeurs se mirent à tous garder un œil sur elle – même Snape.
Ombrage quand à elle ne remarqua rien, sans grande surprise, et fut tout aussi atroce avec elle que le reste du temps. Seulement, Luna n'encaissait plus, et elle quitta la salle plusieurs fois en pleurant, poings et dents serrés, une insulte au bord des lèvres. Ce soir là, elle ne reparut pas au dîner, et Cho alla la chercher dans leur dortoir, inquiète.
Draco et Hermione échangèrent un regard : quelque chose n'allait pas. Le cri qui suivit confirma l'inquiétude de la jeune femme, et elle fut dans les premiers à se précipiter vers les dortoirs, suivit du blond et de Ginny. Elle faillit glisser en prenant le virage qui amenait aux chambres, mais Draco la rattrapa à temps. Ginny étouffa un cri et Hermione en comprit la raison en constatant que sa presque-chute été dû à du sang. Il coulait de la chambre ouverte de Cho et Luna, et la première était visiblement évanouie à moitié dans le couloir. Ginny se précipita pour la porter et l'écarter, et Hermione suivit la traînée de sang jusque dans la salle de bain, pour trouver Luna assise à même le sol, le dos contre la paroi de douche, les poignets en sang, un bout de verre à la main. Le sol autour d'elle était couvert de morceaux de miroir brisé. La blonde était très pâle, sa poitrine se soulevait à peine, mais un léger sourire ornait ses lèvres.
« Luna ! »
Le cri de Neville ramena Hermione sur terre. Elle laissa de la place au garçon pour qu'il passe, et il se précipita sur elle, saisissant directement ses poignets dans le but d'arrêter le flot de sang.
« Appelez un professeur vite ! »
Ombrage arriva au moment même, suivit de tous les autres enseignants, et demanda :
« Je peux savoir ce qui se passe ici ?! »
« Ce qui se passe, » siffla Draco, « c'est qu'une élève est en train de mourir à cause de vous ! »
La femme eut un hoquet de stupeur tandis que McGonagall courut chercher Pomfrey et Snape dégagea les élèves de son passage. Il ne dit rien à Neville, mais fit directement avaler quelque chose à Luna.
« Cela sert à favoriser la coagulation, avec un peu de chance il n'est pas trop tard. »
Neville pleurait sans pour autant sangloter, et Hermione avait sans en avoir conscience, porté une main à son cœur en voyant Luna. Ombrage était devenue verte en voyant l'élève, et les paroles de Draco n'arrangeaient rien.
« Vous pensiez nous aider mais vous n'avez fait que nous plonger dans le désespoir ! Certains d'entre nous aurait pu s'en sortir ! »
« Monsieur Malfoy, » intervint Snape, « veuillez cesser ses accusations, nous ne savons rien de la raison qui a poussé Miss Lovegood a commettre un tel acte- »
« Alors expliquez cette lettre ! »
Pansy eut un haut le cœur et Hermione posa une main sur son épaule. Snape arracha la lettre sanglante des mains de Draco et la lut. L'air sévère quitta son visage pour laisser place à une expression indéchiffrable.
« Qu'est-ce ? Que dit-elle ? » demanda Ombrage.
« Il vaut peut être mieux que vous ne la lisiez pas en présence des élèves, Madame la directrice. »
Elle hésitait entre acquiescer et répondre, mais se résolut à se rendre à son bureau. Flitwick chassa les élèves et les força à retourner dans leur chambre respective. Dans l'agitation, Blaise et Draco se mirent d'accord d'un regard et avant que les filles n'aient pu réagir, Pansy fut emmenée dans la chambre des garçons et Draco s'incrusta dans celle des filles. Il se laissa glisser le long de la porte et Hermione leva les yeux au ciel en voyant qu'il avait lui aussi changé de couleur, mais lui plus dans des teintes grisonnantes. Elle vida son gobelet de sa brosse à dent et le remplit d'eau pour lui et se mit à ses côtés sur le sol.
Tous exceptés Ron et elle avaient réagi plutôt violemment. Pour Ron, elle pensait à son temps avec Ginny dans la rue où il avait dû tout faire pour protéger sa sœur. Pour elle, c'était à peu près la même chose.
« Il n'était pas rare de se réveiller un matin et devoir retenir un enfant de sauter dans le vide, ou en découvrant qu'un des notre avait fait une overdose, où comme Luna, s'était suicidé, » dit-elle.
« Et comment as-tu réagi la première fois ? »
« J'ai vu mes parents se faire assassiner Draco. Les cadavres ne m'ont jamais rien fait … »
Il l'observa curieusement, et elle se rendit compte qu'il y avait de la confiance et un certain confort dans son regard nuageux.
Merde.
Tu viens de te confier grosse maline … Tu es trop à l'aise avec lui.
Elle ignora sa tête et détourna le regard. Elle devait garder ses distances. Draco allait devoir apprendre qu'il ne pouvait pas tout le temps attendre quelque chose d'elle ! Elle était légèrement injuste, le jeune homme – deux des trois fois qui avaient suivi leur première fois – était déjà venu seulement pour qu'ils passent la soirée ensemble à parler et à fumer.
Mais elle n'avait toujours pas résolu le mystère de la mère de Draco. Avec le changement de directeur elle n'avait pas eu le temps de repasser par la salle informatique, et souhaitait se débarrasser d'Ombrage avant de continuer ses recherches.
À sa grande surprise, Draco se mit torse nu mais s'écrasa directement sur son lit et ferma les yeux. Hermione se mit debout et resta le regarder de toute sa hauteur, les bras croisés, un sourcil levé, et il finit par ouvrir un œil. Il mit un moment avant de remarquer que quelque chose n'allait pas, et grogna dans l'oreiller :
« Quoi ? »
« Tu prends toute la place, » rétorqua-t-elle de mauvaise foi. Il ne prenait absolument aucune place.
« T'abuses. »
Elle soupira et alla se changer. À son retour, le blond dormait comme un enfant et elle ne put s'empêcher d'être attendrie par cette vision. Elle devenait vraiment trop tendre à cause de ses conneries. Elle s'endormit, tournée dans sa direction, le bras du garçon autour de sa taille.
Le lendemain matin, elle eut la surprise de ne voir aucun policier, aucun ambulancier, personne du corps médicale professionnel, comme si rien n'était arrivé. De même dans le journal, aucun article ne mentionnait l'incident de la veille. Neville était absent et elle apprit par Ginny qu'il avait passé toute la nuit au chevet de Luna. La petite blonde n'avait pas été transférée à St Mangouste mais avait été soignée par Madame Pomfrey directement dans l'infirmerie. La vieille femme manquait aussi à l'appel dans le Grand Hall d'ailleurs.
« Ombrage n'a pas fait de discours ni d'annonce. Elle est entrée, a mangé, et est repartie comme si de rien n'était, » dit Cho.
« Elle n'est pas faite pour son job, mais elle a dû mal à le comprendre, » renchérit Harry.
« Luna avait laissé une lettre, Neville m'a dit que les professeurs ne souhaitaient pas qu'elle soit diffusée entre les élèves, mais il a entendu Pomfrey en parler avec Dumbledore au téléphone : Luna aurait écrit que ce sont les cours d'Ombrage et ce qu'elle nous met dans le crâne qui l'aurait poussé à … enfin voilà, » informa Ginny.
Hermione garda l'information dans un coin de sa tête. C'était horrible pour Luna, mais si cela avait perturbé Ombrage, ça arrangeait bien Hermione. Un regard vers Draco et l'inquiétude la reprit. Il avait une mine épuisée et n'était pas le seul dans la salle. Elle avait déjà lu que dans certains lycées quand un élève se suicidait, il y avait comme un effet de masse, et il était assez commun que d'autres suicides suivent. Et le matin même, Hermione s'était réveillée dans un lit vide.
Draco ne transpirait vraiment pas la joie de vivre. Les inquiétudes d'Hermione se confirmèrent lorsqu'il explosa en plein cours de littérature. Elle ne savais pas ce que Blaise lui avait dit, mais il avait éclaté la tête de son ami sur la table avant de sauter par la fenêtre et de s'enfuir. Il n'y avait pas d'étage à l'école, il ne risquait donc pas de se blesser, mais le geste inquiéta et McGonagall se précipita hors de la salle pour poursuivre le jeune homme. Blaise avait le nez en sang, et Pansy avait les larmes aux yeux à côté de lui. Neville n'était toujours pas en classe, et Hermione se dit que le chaos venait de s'installer entre eux. Elle entendit Blaise dire à Pansy que Draco lui avait fait part de ses propres états d'âmes, et qu'il n'avait jamais connu son ami si pessimiste.
Ombrage arriva peu après, au grand dam de McGonagall qui suivait derrière.
« Puis-je savoir ce qui s'est passé dans cette classe ? »
Blaise semblait ne pas vouloir répondre, mais Ron joua les connards :
« Malfoy a éclaté Blaise sur une table. »
« La ferme Weasmoche ! »
« Répète sale con ! »
« Silence ! »
Tous se figèrent de nouveau.
« Monsieur Malfoy a été retrouvé en train d'essayer de s'échapper de l'enceinte de l'école, il avait avec lui une paire de ciseaux et a menacé de se blesser si on ne le laissait pas partir. Mais avec toute la nictoine qu'il a mit dans son corps et son manque de nourriture, il s'est évanoui avant d'avoir pu passer à l'acte. »
Le cœur d'Hermione rata un battement. Elle ne comprit pas pourquoi l'état du jeune homme lui importait autant, et elle n'apprécia pas l'inquiétude qui l'envahit, ainsi que l'envie prenante de quitter la salle et de s'assurer elle-même de son état.
« C'est votre faute, » siffla-t-elle sans se retenir.
Elle sentit les larmes monter et ne les retint pas. C'était certes humiliant, mais il fallait qu'elle soit convaincante. Ombrage se tourna vers elle choquée. Elle n'arrivait pas à croire aux mots de son élève favorite.
« Je vous demande pardon ? »
« Elle a raison, » l'intervention de Blaise prit de court les deux femmes. Hermione le laissa continuer sans rien dire, « Juste avant de me frapper nous parlions de vos cours. Vous lui avez retourné le cerveau, il ne sait même plus qui il est et ce qu'il doit faire ! Vous avez détruit tout ce en quoi il croyait, tout ce qu'il avait construit en lui, vous avez expulsé tout ça et vous l'avez poussé à perdre le contrôle ! Il allait mieux, tellement mieux depuis que Dumbledore l'avait recueilli, mais vous avez tous gâché ! »
McGonagall fit sortir Blaise mais c'était trop tard, les mots avaient été dit. Et le visage d'Ombrage témoignait de son désarroi. Elle n'avait pas été celle qui avait découvert les élèves et ça se voyait. Hermione eut la satisfaction de la voir bancale et chanceler.
Et comme si un Dieu l'avait entendu prier pour achever la directrice, Neville arriva en courant, le visage ruiné de larmes, et Ginny mit une main devant sa bouche, craignant le pire.
« C'est Luna, elle- » il s'étouffa avec sa salive. « Elle a fait une rechute, et elle- », il éclata en sanglot.
Sans avoir besoin de finir, tous avaient compris : Luna était morte. Cho et Ginny se mirent à pleurer, Harry serra les poings, mais tous les élèves sans exception ainsi que la professeur tournèrent leur regard vers Ombrage. Ils restèrent fixés sur elle jusqu'à ce qu'elle s'en rende compte. Un hoquet de peur la prit.
« Pourquoi est-ce que vous me regardez tous comme ça ?! Je n'ai rien, ce n'est pas ma faute ! »
Personne ne répondit, et elle finit par quitter la salle en vitesse avec un petit cri. Les cours furent annulés et les élèves renvoyés dans leur chambre. Mais Hermione n'en avait pas fini. Ombrage était en train d'être brisée, et la femme avait un esprit faible, et facilement manipulable malgré les apparences. Ils y étaient presque, elle le sentait. Alors elle décida de porter le coup de grâce, quitte à payer de sa personne.
« Où tu vas ? On a interdiction de sortir avant le dîner ! » demanda Pansy en la voyant sortir de la chambre.
« Je vais mettre fin à tous ça. »
« Quoi ? Eh- Hermione ! »
Elle continua son chemin jusqu'au bureau de la directrice, un sac rempli sur l'épaule. Elle savait qu'à cette heure là Ombrage devait se trouver à l'infirmerie, à remplir les papiers pour le corps de Luna.
Mais la blonde ne quitterait pas l'école, Hermione s'en assurerait.
Elle se déplaça à pas feutrés dans les couloirs, contrôlant sa respiration et ses mouvements, réussit à passer devant le bureau de Flitwick sans que celui-ci ne la voit ou ne l'entende, vérifia que le bureau d'Ombrage était bien vide, et elle bloqua ensuite la porte derrière elle avec la chaise.
Elle souffla longuement et se tourna pour découvrir la chose la plus horrible qu'elle n'avait jamais vu : le bureau de Dumbledore n'était plus que l'intérieur d'une maison de poupée. Du sol au plafond en passant par les murs et les meubles, tout était rose : magenta, rose claire, rose foncé, fuchsia, cerise, framboise, etc …
Le papier peint des murs était décoré par des petits nœuds, et Ombrage avait accroché une bonne vingtaine d'assiettes peintes avec des chatons et des arabesques dorés. Cinq crayons à papier étaient disposés parallèlement les uns aux autres sur le bureau, et du papier rose pâle attendait d'être utilisé au milieu du meuble. Malgré le changement de fournitures, le système de rangement de Dumbledore pour les dossiers des étudiants avait été laissé intacte.
Hermione eut un haut-le-cœur en voyant une photo du Premier Ministre sur le bureau, comme des fonctionnaires mettent celle de leur famille sur les leurs. Elle commença par donner un coup dans le cadre pour le faire tomber et le briser. Puis, elle commença sa mise en scène.
Quand Ombrage retourna à son bureau une demi-heure plus tard et le trouva fermé, elle était déjà bien secouée. Voir le corps de la jeune Lovegood l'avait perturbé, et dès son entrée à l'infirmerie, Draco avait dû être sédaté car il avait tenté de se jeter sur elle. Cela l'avait bien marqué aussi. Elle tenta de se rappeler sa mission et pourquoi elle faisait tous ça, mais ces derniers jours avaient été plus que ce qu'elle ne savait supporter. Elle avait appris avec le Premier Ministre que Dumbledore serait relâché, les preuves contre lui ayant été jugées trop légères et surtout, enfantines. L'ego de la femme en rose en fut blessé, mais elle garda la tête droite. Elle attrapa Snape qui passait par là avec Trelawney et McGonagall et lui demanda de l'aider avec sa porte.
Le professeur de Chimie leva un sourcil sous son ton autoritaire et surtout malpolie et défonça la porte sans plus de cérémonie.
« Voici. »
Le cri qui sortit des poumons d'Ombrage fut entendu dans toute l'école. Il fut si strident que les vitres vibrèrent et les professeurs se bouchèrent les oreilles. La directrice prit ensuite la fuite, laissant vu au tableau sanglant qui prenait place dans son bureau et devant lequel son cerveau avait craqué.
Hermione gisait sur le bureau, sur son dos, sa tête ballante donnant l'impression qu'elle regardait directement dans les yeux la personne qui se tenait dans l'encadrement de la porte. Tout autour d'elle les murs et le sol avaient été tâchés d'une traînée de sang qui menait à son corps, et elle avait écrit Vous êtes à blâmer, le r coulant, signe qu'elle s'était effondrée avant de le finir. Le portrait du premier ministre éclaté sur le sol, les feuilles volantes éparpillés partout dans la pièce. L'étudiante avait laissé un couteau tombé sur le sol, et ses poignets étaient striés de rouge, exactement comme ceux de Luna la veille.
Trelawney s'évanouit et McGonagall chancela avant d'être rattrapée par Snape.
« Prenez vous en main, ce n'est peut-être pas ce à quoi ça ressemble. »
Il s'approcha de la jeune femme et se mit à hauteur du regard. Elle n'avait pas les yeux vides et voilés caractéristiques de ceux d'un mort.
« Miss Granger, » appela-t-il en prenant son pouls. Il soupira mais un petit rire lui échappa.
« Severus ! » s'indigna Minerva.
Mais Hermione se redressa d'un coup, arrachant un cri ou se mêlait peur et surprise à la professeur. La brune toussa et se tourna de manière à être assise sur le bureau face à Minerva, qui la regarda les yeux écarquillés.
« C'est bon, vous croyez qu'on en est enfin débarrassé ? »
Trelwaney se réveilla à ce moment-là, et quand Hermione lui fit un signe de la main, un énième cri fut poussée et elle s'évanouit de nouveau.
« Miss Granger ! Êtes-vous dérangez ?! »
« Vous osez poser la question après avoir lu mon dossier ? »
« Ça n'a rien à voir ! »
« Vous avez raison, c'est pire. Mais voyez le bon côté, Dumbledore va être forcé de revenir si nous n'avons plus de chef d'établissement. »
« C'est professeur Dumbledore, Miss Granger, » intervint une voix.
McGonagall sursauta et émit un petit bruit de surprise en voyant le directeur derrière elle.
« Déjà rentré ? » demanda Snape comme si tout ça était normal.
« Oui, Miss Ombrage ne vous en avait sûrement pas informé, mais j'ai été relâché dans la matinée. Il n'était donc pas nécessaire d'en arriver à de telle mesure Miss Granger. »
La jeune fille haussa les épaules, un sourire aux lèvres, les yeux sombres.
« C'était amusant. »
McGonagall eut encore une surprise en voyant Luna et Draco se frayer un chemin dans le bureau pour aller donner des serviettes mouillés à Hermione, et des sceaux et serpillières à la main.
« Ne vous inquiétez pas professeurs, nous allons tout nettoyer. »
« Même si c'était l'idée d'Hermione, » rajouta Draco.
« Mais- » McGonagall suivait chaque mouvement de Luna, incapable de comprendre ce qui se déroulait devant ses yeux.
« Laissez Minerva, si ça leur fait plaisir, cela évitera à notre chère Rusard une crise cardiaque. »
« Mais enfin professeur ! Miss Lovegood et Monsieur Malfoy- »
« Je sais, je sais tout Minerva. »
Il entraîna les professeurs à sa suite, aidant Snape à porter Trelawney.
« Je crois que nous devons des remerciements à nos élèves, bien qu'ils vous aient causé quelques frayeurs. »
« Quelques ?! » s'insurgea Minerva. « Nous pensions avoir une élève décédée et un élève dépressif ! Le reste du corps enseignant aurait pu en pâtir ! »
« Mais tout est bien qui finit bien, je vais d'ailleurs accorder 50 points chacun, pour les divisions Némésis, Thor et Odin ! »
McGonagall soupira et secoua la tête. Un petit sourire lui vint malgré tout : tout était rentré dans l'ordre. Ou presque !
« Les autres étudiants ! »
« Seront prévenus ce soir lors du dîner ! »
Hermione, Luna et Draco finissaient le ménage quand la blonde en eut assez d'aider et partit sans un mot. Aucun ne réagit, habitués depuis longtemps.
« C'était génial, elle n'a même pas fait attention mais elle m'ait rentrée dedans en courant, et l'expression de son visage était inoubliable ! »
Hermione eut un petit rire.
« Tous les enregistrements que j'ai réalisé de la dernière semaine on était envoyé au Premier Ministre via l'ordinateur de cette sorcière, ainsi que certains documents très intéressants qu'elle avait commencé à rédiger. Elle parlait de trahir le Ministre, des projets qu'elle avait pour celle école, et j'ai même trouvé de quoi garder Skeeter loin de l'idée de mettre son nez dans nos affaires. »
Draco s'arrêta et la prit par surprise en venant l'embrasser.
« Draco, » elle le repoussa, « qu'est-ce que tu fais ? »
Il cacha ses yeux derrière ses cheveux et lui montra son dos. Elle entendit un juron et il dit :
« Rien, j'en avais envie. Tu es incroyable, c'est tout. »
Il quitta ensuite le bureau non sans reprendre avec lui le matériel de nettoyage. Elle fronça les sourcils et souffla : elle s'était trop ouverte à lui, l'avait trop laissé entrer, et maintenant il était trop attaché. Sauf qu'elle ne voulait pas autant le repousser qu'elle le pensait … elle commençait à comprendre le problème d'avoir son cœur et sa tête parler pour lui dire deux choses complètement différentes. Sauf qu'elle ne pensait pas que son cœur puisse lui parler un jour.
Il le fait tout le temps et tu le sais, à chaque fois que tu essayes de te convaincre que tu es humaine.
Je le suis !
Tu vois ?
Elle se reprit et alla se changer. Elle atteignit sa chambre sans s'en rendre compte. Ses débats internes commençaient à lui pomper son énergie et à contrarier ses plans. Elle fut soulagée de voir que ses calculs eux n'en pâtissaient pas : la chambre était vide.
À cette heure là, tous étaient dans le Grand Hall, et Dumbledore devait commencer son discours. Elle rejoignit le Grand Hall au moment où Luna et Draco firent leur entrée, surprenant tous les étudiants et le reste des professeurs.
« Luna ! »
Neville sauta de son banc et la prit dans ses bras sans lui laisser le temps de comprendre ce qui se passait. La jeune fille resserra ses bras autour de lui aussi, son rire claire résonnant dans toute la salle. Blaise se leva et alla aussi prendre Draco dans ses bras, suivit par Pansy, tandis qu'Hermione fut applaudi par Ginny, qui entraîna toute la salle.
« Non, non ! » demanda la brune.
« Tu rigoles ?! Tu le mérites ! » dit Harry.
« T'as chassé la sorcière ! » félicita Ron.
« Mais comment ? » demanda Neville. « J'aurai juré que tes poignets étaient réellement coupés ! »
« On l'a joué à la Scream, » répondit Draco avec un clin d'œil à Hermione qui eut un sourire en coin. « Désolé mec d'ailleurs, mais ça devait être crédible, » s'excusa-t-il à Blaise.
« T'inquiète abruti, » Blaise lui colla une droite, surprenant toute la salle mais prit le blond ses bras de nouveau.
« S'il vous plaît, un peu de calme ! » Dumbledore avait la mine légère mais les yeux sévères.
Le silence se fit mais tous restèrent où ils se trouvaient. Le directeur reprit la parole :
« La Ministre Ombrage a certes, quitté l'établissement, mais aucune nouvelle d'elle n'a encore été donnée, ce qui signifie que notre école sera visitée et que vous serez interrogés par les autorités. »
« Mais nous n'avons rien à voir là dedans ! » rétorqua Dean.
« Je vous entend Monsieur Thomas, mais eux ne le verront pas de cet angle. Elle est un agent du gouvernement qui doit rendre des rapports chaque soir. Elle attirera l'attention sur l'école vu son importance. »
« Et si jamais des informations compromettantes sur elle aurait été envoyées au Premier Ministre, » intervint Hermione, « pensez-vous qu'ils viendraient quand même foutre le nez dans nos affaires ? »
Le directeur resta la fixer, et pendant un temps, elle et lui retrouvèrent la défiance dans le regard de l'autre, ainsi que le bras de fer mentale de début d'année.
« Dans ce cas, » finit par dire Dumbledore, « je suppose qu'ils n'auraient aucune raison pour venir nous déranger, en effet. »
Les élèves poussèrent des acclamations de joie et de triomphe qui résonnèrent encore longtemps dans les couloirs. Le dîner fut beaucoup plus animé qu'habituellement, les tables ayant été toutes réunies en une grande tablée où se mêlaient élèves et professeurs. Hermione se retrouva entre Ron et Luna, juste en face de Draco, lui entre McGonagall et Blaise. Le blond lui fit un sourire avant d'attaquer le repas.
Hermione s'isola mentalement : maintenant que le cas d'Ombrage était réglé, elle allait pouvoir s'occuper du mystère des Malfoy, mais quelque chose en elle lui criait de ne pas poursuivre ses recherches, qu'elle n'aimerait pas ce qu'elle découvrirait. Elle avait plus ou moins eut le temps de penser à l'identité de la mère de Draco, et de plus en plus Androméda ne figurait plus sur la liste.
Cependant, le week-end commençait et elle ne perdrait pas une seconde. Elle saurait enfin qui était le dernier meurtrier de ses parents et surtout, qui étaient les parents de Draco.
Juste avant de retourner dans les dortoirs, Dumbledore eut un dernier mot :
« Les Mangemorts évadés d'Azkaban n'ont malheureusement pas encore été retrouvés. Certains d'entre vous ont déjà par le passé eut des relations particulières avec eux, et si jamais vous ressentez le besoin de faire part de vos peurs, ma porte sera toujours ouverte, et ce 24h/24 ! »
Draco et Harry semblaient les plus concernés, mais Hermione sentit que les autres élèves trouveraient aussi leur chemin jusqu'au bureau du directeur au milieu de la nuit. Elle leva les yeux au ciel et partit sans attendre les autres.
Au petit déjeuner, le journal apporta des nouvelles qui donnèrent des sueurs froides à Hermione. Bellatrix aurait réussi à rejoindre son ancienne demeure familiale ainsi que sa sœur et le mari de cette dernière, qui auraient réinvesti l'établissement avec plusieurs Mangemorts après la disparition de Tom Jedusor, mais surtout la perte de leur fils. Les rouages s'activaient à toute vitesse dans l'esprit d'Hermione. Elle ignora Ginny et Harry qui lui parlaient, et sortit en courant du Grand Hall. Elle n'avait pas la clé de la salle informatique, mais elle n'en avait pas besoin elle en avait assez de jouer avec les règles de Dumbledore, elle avait toujours fait ses propres règles et ça ne changerait pas aujourd'hui. Sans hésiter elle décrocha ses cheveux et se servit d'une des épingles pour crocheter la serrure. La porte ne lui résista pas et bientôt, deux ordinateurs furent allumés.
Hermione chercha tous ce qu'elle put : Malfoy, Draco Malfoy, Andromèda Malfoy … jusqu'à tomber sur un article parlant du Drame des Malfoy : Narcissa et Lucius Malfoy, tous deux Ministres compétents et appréciés, ont eu un accident lors d'un voyage d'affaire dans le pays, accompagné de leur fils, Draco Malfoy. La voiture qui les transportait aurait été percutée par un véhicule conduit par deux civils encore inconnus, mais qui seraient en opposition avec les projets de loi de la riche famille. Leur jeune fils âgé de 13 ans, n'aurait pas survécu à la collision et serait mort sur le coup. Les Malfoy eux, s'en sont sortis sans blessures graves, mais le cœur brisé de la perte de leur unique enfant.
Narcissa, la mère de Draco n'était pas Andromèda, mais bien la deuxième sœur inconnue de Bellatrix, Narcissa ! En regardant à quand datait l'article, Hermione constata que cela collait avec la période à laquelle Draco était entré à Poudlard. Visiblement, Draco avait lui-même trouvé une raison et un bon timing pour fuir ses parents. Mais alors pourquoi le faire passer pour mort ? Draco devait savoir des choses que ses parents ne voulaient sûrement pas voir ébruiter, ou ils avaient voulu le protéger. Elle ne voyait que ses deux possibilités.
Hermione s'activa sur les ordinateurs, ouvrant chaque article qu'elle pouvait. Dans le journal, il était bien dis que les Mangemorts et Bellatrix avaient eu contact avec les Malfoy, alors pourquoi ne trouvait-elle rien ?! Elle s'arrêta soudain en voyant le nom de la mère réapparaître, suivit d'une photo de son mari en prison. Elle cliqua sur le lien et sa respiration se bloqua :
Lucius Malfoy a été arrêté par la police Britannique hier dans la soirée, après que son appartenance à cette secte criminelle et raciste, les Mangemorts, fut prouvée. La demeure de l'homme et de sa femme furent fouillés de fond en comble, et même si aucune trace de Narcissa Mlafoy ne fut retrouvée, des dizaines de documents et d'armes reposaient dans la cave des deux Ministres. Un carnet en particulier, où était inscrit des centaines de noms de familles, certains rayés, d'autres non, a attiré l'attention des autorités. Après avoir comparé les noms avec les différentes affaires de meurtres liés aux Mangemorts ses dix dernières années, le chef de la police a confirmé que tout les noms rayés étaient les noms de familles entières massacrés et détruites par les Malfoy et leurs camarades. Après interrogation, Lucius a avoué avoir fait parti de la secte depuis sa création, mais il est encore trop tôt pour savoir s'il fait bien parti des piliers de la secte.
Parmi les noms du carnet, celui des Weasley n'était qu'en partie rayé, et on se souvient tous du drame qui toucha cette famille il y a des années de ça, après le mort de Fred Weasley et la disparition de son jeune frère et sa jeune sœur, Ronald et Ginny Weasley, quelques jours plus tard.
Bien qu'ayant plaidé coupable pour presque tous les meurtres, Lucius Malfoy refuse d'indiquer où se trouve sa femme, et ne cesse de plaider son innocence, je cite « Je suis celui qui a participé aux meurtres et aux massacres, elle n'a fait que rayer les noms sur la liste, elle n'a jamais eut une arme dans les mains ! » Mais Narcissa Malfoy est-elle aussi innocente que son époux le prêtant ? Et surtout est-ce que leur fils, Draco Malfoy, tué dans un accident de la route il y a quelque mois, avait connaissance de ce carnet, et faisait-il lui aussi parti de la secte ?
Ci-dessous, des photocopies des pages du carnet des Malfoy.
Hermione ne mit que quelques secondes à trouver son nom. Rayé.
Son cœur se mit à battre plus vite, elle sentit sa tête tournée et la nausée la prendre, et elle dû se tenir à la table pour ne pas s'effondrer.
Elle avait enfin trouvé le dernier meurtrier de ses parents. Le cinquième coupable, celui dont elle voulait la peau. Et sa tête pour une fois, s'était bien accordée avec son cœur : elle n'aimait pas du tout sa découverte.
Lucius Malfoy, le père de Draco Malfoy, le garçon qui avait réussi à l'approcher, avait tué ses parents. Et pour se faire justice et achever sa vengeance, elle devrait le tuer. Elle se revit soudain à 7 ans, enfermée dans ce placard froid et étroit, voir ses parents se faire assassiner sauvagement, et elle ne fut plus que vengeance, comme elle l'avait été pendant dix ans dans les rues de Londres. Elle retrouva ce sentiment qui l'avait sauvé toutes ces années, et qui l'avait porté et fait d'elle qui elle était. Comme un poison elle le laissa se rependre en elle et noyer tout le reste : son amitié avec Pansy, Ginny, Luna, Ron, Harry mais surtout, cette relation entre deux ponts qu'elle avait eut avec Draco. Tous ça disparu et ne laissa plus place qu'à une chose : la haine.
Elle laissa tout en plan et sachant où trouver celui qu'elle cherchait, elle se dirigea d'un pas décidé vers le Grand Hall. La douleur dans sa poitrine lui donnait envie de gémir, crier, pleurer, mais elle garda tout en elle, à l'exception d'une larme, unique, qui laissa une traînée brûlante sur sa joue.
Tous avaient fini leur petit déjeuner et sortaient du Grand Hall quand Hermione les rejoignit. Ginny fronça les sourcils en la voyant si sombre et pleine de colère, mais ne put rien dire et faire quand la brune passa à ses côtés sans lui accorder un regard.
« Hermione ? »
En entendant ce nom Draco leva la tête de sa conversation avec Pansy, pour trouver la jeune femme plantée en face de lui. Il ne lui sourit pas comme il aurait voulu le faire, écraser par l'aura de violence qu'elle dégageait.
« Hermione ? »
« Ton père, » grinça-t-elle. « SALOPARD ! »
Et elle le frappa.
