Chapitre 8 est là ! Les prochains chapitres seront un peu plus longs et très complets, puisqu'on va arriver dans le tournant final ! Prochain chapitre le 22 Mars !

Chapitre 8 : Say what you say

« Miss Granger ! »

Le cri poussé par McGonagall fut entendu de tout le monde sauf de l'appeléd. À peine Draco s'était penché sous le coup qu'elle l'avait choppé au col pour le plaquer contre le mur le plus proche. Sa force semblait encore peu développée, mais sa rage et sa douleur compensaient et la rendait encore plus dangereuse. Le pauvre Draco n'y comprenait rien, et tenta de dégager la jeune femme :

« Ça va pas ?! C'est quoi ton problème ?! Hermione ! »

« Ne m'appelle pas comme ça enculer ! Ton père le meurtrier, tu comptais le cacher longtemps ça ?! »

Blaise la saisit par la taille et l'éloigna de Draco. Il avait réussi à aussi prendre ses bras mais se ramassa quand même un coup de tête qui cassa son nez déjà fragilisé. De douleur il lâcha Hermione qui voulut se précipiter de nouveau sur Draco mais fut interceptée par Dean et Seamus, qui la ceinturèrent à deux.

« Lâchez-moi ! Vous le défendez mais son père est un putain de meurtrier ! »

Rusard revint à ce moment-là avec le cahier d'Hermione où elle avait annoté toute ses recherches et cheminements de pensée.

« Tout le monde le sait ici ! Tout le monde est au courant ! » répondit Draco au bord de la crise de nerf son père était un sujet qui malgré les années ne cessait de le faire souffrir et d'insinuer en lui une peur glaçante.

« Et moi ?! Moi je n'en savais rien ! » continua Hermione.

« Qu'est-ce que ça aurait pu te faire ?! Putain Hermione ! »

Draco n'avait pas que mal au visage. De voir Hermione réagir ainsi lui brisa le cœur, lui qui s'était tellement attaché à elle et qui pensait le sentiment réciproque. Les larmes qui aveuglaient sa vue mais réussissait à retenir dégringolèrent le long de ses joues quand Hermione lui répondit, la voix brisée :

« Il a tué mes parents ! »

Tous savaient qu'Hermione avait eu la peau de quatre des cinq meurtriers de ses parents, et ce n'était pas non plus un secret qu'elle cherchait à tuer le dernier. Alors la découverte de l'identité de celui-ci mit un froid dans le couloir. Draco resta yeux écarquillés et dans le vide à fixer un point inexistant derrière Hermione, tandis qu'elle-même, épuisée émotionnellement, fini par s'effondrer en pleurs et hoquets de rage.

« Messieurs Thomas et Finnigan, veuillez escorter Miss Granger dans la salle de quarantaine, Monsieur Rusard vous montrera le chemin. Professeur Snape, pouvez-vous les accompagner pour être sûr qu'il n'y aura aucun incident ? Vous êtes le mieux placé en ces cas-là, » demanda Dumbledore.

Snape inclina la tête pour confirmer. Hermione ne se débattait plus tant que ça, juste quelques mouvements pour tenter de se dégager de temps en temps, mais son esprit était ailleurs.

Draco était toujours sous le choc et s'écarta en sursautant en sentant la main de Blaise sur son épaule. Il se recroquevilla pratiquement sur lui-même, se laissant glisser le long du mur pour finir le front sur les genoux et les mains sur les oreilles.

Des flashs de son enfance lui revenait : la violence dont il avait été témoin, qu'il avait subi, qu'il avait fait subir. De son « père », qui souhaitait faire de lui un pantin, de sa mère, silencieuse, aimante, mais pas moins violente et cruelle. Pourtant Narcissa était la seule à pouvoir calmer Lucius dans ses actes de folies, sans risquer sa vie. La mère de Draco avait tant de fois celle de son fils, qu'il ne savait plus compter. Comment une femme pouvait-elle être si aimante, attentive, protectrice envers son fils, et en même temps, le laisser se faire battre par son père ?

Il n'avait jamais compris. N'avait jamais voulu comprendre. Il voulait juste survivre.

À 10 ans, Draco était devenu un diamant. La fierté de Monsieur et Madame Malfoy. Magnifique et brut à l'extérieur. Impénétrable, froid, glaciale même à l'intérieur. Tous ceux qui se heurtaient à lui finissaient en miettes, parfois au sens littérale du terme. Son père et sa mère avaient réussi leur mission : faire de lui une machine au service des Mangemorts. Lui via la violence physique et mentale, à le battre, l'insulter, lui faire associer certains comportements avec une punition sévère. Et elle dans la manipulation mentale douce et insoupçonnable d'une mère, à l'encourager, lui donner des leçons de vie sur le bien et le mal, le conditionner mentalement.

Tous les idéaux de ses parents, leurs façons de penser, de voir les choses … Draco n'avait jamais été en accord avec eux. Ils avaient réussi à faire de lui un être insensible, violent, et cruel, mais il ne l'était pas réellement. Il l'était pour évacuer tout ce que ses parents lui bourraient dans le crâne, il l'était parce qu'il devait l'être, pour sauver sa peau. Mais au fond de lui, ses parents n'avaient jamais réussi à tuer la partie humaine de son âme et de son esprit. Il se haïssait et se frapper la tête contre les murs à chaque familles tuées grâce à lui, il haïssait ce Tom Jédusor qui était venu laver le cerveau de ses parents quand il était enfant, les transformant en monstres comme on n'en faisait plus dans les contes de fées, et surtout il se haïssait de ne rien pouvoir faire.

Pendant 3 ans il fut envoyé de foyers « impurs » en foyers « impurs », jouant les garçons perdus qui à chaque fois, fut accueilli par ces familles qui valaient dix fois mieux que la sienne, pour les poignarder dans le dos dans le sens littérale du terme, ouvrant portes et fenêtres pour laisser un passage à son père et ses collègues. Lucius le forçait à regarder. Pour l'endurcir, disait-il. Draco fut malade devant son premier massacre : il vomit sur la scène de crime, rendant son père furieux, qui faillit le tuer en le battant la nuit même. Pour les autres, il ne réagit pas. Il resta silencieux, le regard rivé sur les corps sans vie des pères, des mères, des enfants … les enfants étaient ceux qui le brisaient le plus … il s'excusait toujours dans une prière silencieuse pendant le retour au Manoir Malfoy.

Il s'était aussi senti responsable pour Blaise. Il était ami à l'école privée avec lui. Sa mère se rapprocha de celle de Blaise, et très vite son cas intéressa. Mais Draco disparu peu après. L'accident de voiture était bien réel. Mais il n'en était pas mort. Il s'était échappé. L'accident les avait tous assommés, mais lui avait retrouvé ses esprits bien vite et s'était faufilé hors de la voiture. Personne à l'horizon et il avait décidé de prendre sa vie en main, avait prit son courage et s'était enfui. Ils n'étaient pas partis très loin de Londres encore, et ses pas l'avaient conduit devant Poudlard. Dumbledore avait vu ce petit garçon sale aux cheveux platines courir à travers le terrain de foot de l'école, et l'avait reconnu en un clin d'œil. Habitué à être très renfermé sur lui-même, il avait fallu des jours entiers à Pomfrey avant de réussir à arracher ne serait-ce que son prénom à Draco.

C'est comme ça que le jeune Malfoy intégra Poudlard, premier élève aux côtés d'Harry Potter à faire partir de cette établissement pour brebis égarées.

« Draco ! Tu n'es plus là-bas tu es ici ! Draco ! »

La voix de Blaise le sortit de sa transe et il tourna son regard emplit de larmes et d'incompréhension vers son meilleur ami, qui n'hésita pas à le prendre dans ses bras. L'odeur familière rassura Draco et il nicha son nez dans le cou métisse. Il serra la main que Pansy glissa dans la sienne.

Quand il fut enfin calmé, il nota que tous les autres élèves avaient été renvoyés dans leur dortoir, et qu'il ne restait que Dumbledore et Snape, qui était revenu. Il se remit sur ses pieds à l'aide de ses amis, et sécha ses larmes, retrouvant son allure de diamant brut.

« Laissez-la sortir de la quarantaine, » demanda/ordonna-t-il.

« Non, » le ton de Dumbledore ne laissait pas place à la discussion mais ça n'impressionna pas Draco plus que ça.

« Laissez-la sortir ! »

« Monsieur Malfoy, si vous ne voulez pas faire perdre des points à votre division je vous suggère de rester à votre place, » claqua Snape.

Draco fronça les sourcils et décida de faire absolument l'inverse de ce que son responsable lui avait conseillé : il se dirigea de lui-même vers la quarantaine.

Il connaissait bien la salle : il avait passait une majeure partie de ses premiers jours à Poudlard en quarantaine à cause de sa violence envers les professeurs, et des nombreuses bagarres qu'il était toujours celui à commencer.

Qu'une salle comme celle-là existe dans un établissement qui ne se voulait pas une prison était pour le moins surprenant. Draco était la raison de cette salle, étant victime de crises de paniques et de crises de nerf pour le moins violent qui le rendait incontrôlable, dangereux pour lui et les autres. Et considéré que plusieurs élèves avaient des troubles mentaux, ça n'était finalement pas si étonnant.

C'était une chambre assez simple, qui ressemblait aux chambres des dortoirs, à la différence que tout était couvert de mousse, empêchant de se blesser, volontairement ou non.

Mais Draco ne fit pas trois pas qu'il fut intercepté par le directeur.

« Lâchez-moi ! »

« Non. Monsieur Malfoy vous le savez très bien vous-même cette salle peut avoir une apparence de cellule d'asile aux premiers abords, mais il me semble me souvenir qu'elle vous a été d'une grande aide par le passé. »

« Hermione ne le mérite pas ! »

« Vous ne savez pas ce que Miss Granger mérite où non. Elle vous a frappé- »

« Elle était en colère ! »

« Vous aussi à l'époque- »

« Ce n'était pas la même chose ! »

« Monsieur Malfoy ! »

Le haussement de voix surprit Draco et l'immobilisa. Blaise et Pansy – qui jusque là restaient regarder avec appréhension – furent renvoyés par Snape.

« Vous donnez trop de crédits à Miss Granger. Je me doute de la relation que vous pouvez avoir développés, mais je vous suggère de prendre quelques pas en arrière et de réfléchir à son comportement et sa personne. »

Draco se dégagea d'un coup.

« Nous ne savons rien d'elle ! Mis à part ce qu'elle veut bien nous dire et ce n'est pas grand chose ! »

Dumbledore haussa un sourcil.

« Que dois-je comprendre ? »

« Son dossier. Je veux lire le dossier d'Hermione. Elle sait tout de nous et nous rien d'elle. Et avec ce qui vient de se passer, le dernier meurtrier de ses parents … étant mon père, j'estime que j'ai le droit de savoir ce qui la pousse à vouloir la mort de mon père à ce point. »

« La vengeance. »

Draco émit un bruit agacé, regardant Dumbledore avec colère, blâmant le professeur de faire exprès de ne pas comprendre. Il ferma les yeux et souffla un grand coup.

« J'ai besoin de comprendre. De comprendre pourquoi elle agit comme elle le fait depuis son arrivée. J'ai compris, son cerveau tourne trois plus vite que les nôtres, mais il n'y a pas que ça. Il y a autre chose. Je veux savoir quoi. »

Dumbledore resta silencieux et Draco joua sa dernière carte.

« Je ne vous ai rien demandé, en 5 ans ici je n'ai fais que me concentrer sur moi-même, me soigner et laisser les étudiants faire leur vie. Alors s'il vous plaît. Ne me forcez pas à m'introduire dans votre bureau pour trouver le dossier moi-même. »

Snape fronça les sourcils et échangea un long regard avec le directeur, toute une discussion que seul eux comprenaient. Snape finit par soupirer et partir, un dernier regard vers Draco.

« Très bien. Suis-moi. »

Le blond écarquilla les yeux. Ce fut si simple ?

Il suivit le directeur jusqu'à son bureau, encore inconscient de ce qu'il découvrirait.

Hermione elle, tournait en rond dans la chambre de confinement tel un lion en cage. Elle avait arraché les pinces qui tenaient ses cheveux et les avait balancé à travers la pièce sans avoir la satisfaction de les voir se briser. Ses paumes étaient pratiquement couvertes de sang à force d'enfoncer ses ongles dans sa peau. Mais elle n'y pouvait rien. Tout ce qui l'avait poussé à frapper Draco plus tôt était maintenant enfermé à l'intérieur d'elle sans aucun moyen de sortir, et ça la rendait folle. Des cris de frustrations montaient sans sa poitrine mais elle les retint en se mordant l'intérieur des joues jusqu'au sang.

Frapper les murs ne lui apporta aucune libération, puisqu'elle ne ressentit aucune douleur. Des grognements lui échappaient quand la tension s'accumulait.

Elle finit par s'asseoir contre le mur, reproduisant la position de Draco dans le couloir. Ses ongles s'enfonçaient douloureusement dans son crâne mais elle en avait besoin : elle se sentait vide, si vide que la douleur était la seule chose qui la faisait se sentir vivante. Elle avait besoin de se sentir vivante, elle avait besoin de la douleur, où elle avait l'impression qu'elle en mourrait.

La scène repassait dans sa tête : les articles qu'elle avait lu, les mots qui étaient ressorti, son nom de famille sur le carnet des Malfoy, et Draco … elle l'avait frappé.

Mon dieu, qu'est-ce que j'ai fais !

Rien que tu n'aurais pas déjà dû faire.

Il ne le méritait pas !

Il est le fils du meurtrier de nos parents ! Bien sûr qu'il le méritait !

Il n'est que leur fils ! On ne sait pas ce qu'il a fait !

Exactement, tu le veux innocent mais l'est-il ?!

Il n'a rien à voir avec le meurtre de nos parents j'en suis certaine !

Comment ?

Je le sens …

Je t'ai connu plus convaincante.

LA FERME !

Le cri qu'elle pensait avoir poussé dans sa tête résonna en réalité dans la salle vide. Elle resta un instant aux aguets, mais fini par se frapper l'arrière du crâne contre le mur mou.

« Je vais devenir folle. »

Tu l'es déjà chérie.

Tant de conflit en elle, tant de peine, de douleur … mais quand elle repensait au bon moment, elle sentait aussi de la joie, du soulagement, le lâcher prise, et enfin, quelque chose qu'elle pensait ne plus ressentir : de l'amour. Et la raison de tout ça était très simple et se résumait en un prénom : Draco. Il était la raison de ce conflit en elle. Parce que sa vengeance était encore dans un coin de sa tête. Lucius Malfoy ne le savait pas mais il avait l'épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Mais Draco … elle n'avait aucune idée des relations qu'il avait avec ses parents, mauvaises de ce qu'elle en avait compris, mais elle n'avait pas assez de détails et d'informations pour réellement se faire une idée proche de la vérité. Et ça la rendait folle aussi, car elle aurait eu besoin d'avoir sa logique et sa réflexion dans ce moment de désespoir … mais elle n'avait même pas ça. Elle voulait sa vengeance, mais elle savait qu'elle risquait de blesser Draco et l'idée la dérangea pour la première fois.

Non vraiment, tu deviens si émotionnelle que ça me gêne pour toi …

Elle sentit la panique monter mais aucun moyen de la calmer. Sa respiration se fit saccadée voir impossible et les larmes l'aveuglèrent. Sa crise de panique mit du temps à passer et elle pensa mourir en sentant sa respiration se bloquer. Elle griffa sa nuque, ses bras, chaque partie de son corps qu'elle pouvait atteindre, arracha des poignets de cheveux, pleura jusqu'à s'étouffer avec ses sanglots.

Elle était arrivée au bout de ce qu'elle pouvait supporter. Ses troubles psychologiques, le meurtre de ses parents, sa responsabilité sur les enfants, les sacrifices personnelles qu'elle avait dû faire pour ces connards qui l'avait vendu aux flics à la première occasion, cette école, Dumbledore, Draco. Draco … elle n'en pouvait plus.

Dès que sa respiration lui revint elle laissa un long cri brisé lui échapper sans même tenter de le retenir, et s'effondra sur le côté, toujours contre le mur, épuisée, la gorge sèche, les larmes encore dégringolant ses joues, et ferma les yeux. Elle ferma ses bras autour de son torse et se laissa tomber le sommeil.

Draco laissa tomber le dossier sur le bureau, les yeux dans le vide, le cœur battant la chamade.

À tendance sociopathe : aucun test n'a encore pu être effectué, mais Hermione Granger a grandi dans la rue, c'est-à-dire sans figure d'autorité à laquelle elle aurait pu se confronter, mais dès son arrivée à Poudlard s'est mise en conflit et opposition avec la plus haute figure de l'établissement, le directeur.

Elle aurait par plusieurs fois été témoin de grandes souffrances physiques et morales venant des membres de son groupe, sans pour autant réagir comme on pourrait s'y attendre. Il semblerait que la notion d'empathie ne fasse pas partie de ce qu'elle connaît et comprend. Son esprit la dirige toujours dans la direction de la solitude, mais lorsqu'elle entre en contact avec d'autres individus, ils lui servent généralement pour ses propres projets et besoins, et la moindre dérivation va avoir tendance à l'agacer. Ses réactions sont encore une fois surprenante si on la considère comme une personne normale, mais moins si on prend en compte la possibilité de sociopathie, puisque chaque obstacle à sa route disparaître. Personnes comprises. Ce qui ne sert pas à Hermione Granger n'a aucune raison de vivre.

Des passages de son enfance refirent surface dans le cerveau de Draco, le ramenant aux temps où il n'était qu'un objet pour ses parents, qui le manipulaient à leur guise, et qui étaient eux-mêmes manipulés par Tom Jédusor.

Il ne pouvait pas croire qu'Hermione était pareille.

« Elle est malade, » rappela Dumbledore en voyant Draco serrer les poings. « Elle ne le fait pas consciemment, elle le fait en pensant agir comme vous et moi. N'y a-t-il pas des moments, des conversations, qui témoigne de son comportement ? »

Draco repensa à la conversation sur Pansy et Blaise qu'ils avaient eu. Il avait été plus que surpris d'entendre la jeune femme s'exprimer ainsi sur les relations humaines. Et toutes les fois où elle avait l'air si concentrée à les observer … elle était calculatrice …

« Elle m'a manipulé pour savoir qui était le dernier meurtrier de ses parents ... » dit-il aveuglé.

« Elle ne savait pas quel lien ton nom avait avec les Mangemorts. Je ne pense pas que cette partie là était de la manipulation. »

Le jeune homme ne voulait cependant rien entendre. Il se leva si violemment que la chaise tomba derrière lui. Il se dirigea à pas rapide vers la sortie mais Dumbledore l'arrêta une fois de plus.

« Ne te laisse pas aveugler par tes découvertes Draco. Elle est malade, » répéta le directeur. « Elle ne contrôle pas ce qu'elle ressent, mais elle contrôle tout ce qu'elle pense et fait. Si elle s'en est prise à toi c'est sûrement parce que sa découverte faisait monter en elle un conflit qu'elle n'avait jamais eu à gérer jusque là. Un conflit entre sa tête et son cœur. »

Draco secoua la tête. Les mots de Dumbledore avaient du sens, il les aurait pris avec sens dans d'autres circonstances. Mais son cœur battait trop fort et sa tête ne pensait pas assez pour le rationner.

« Elle n'a pas de cœur. »

Il sortit du bureau en courant et les appels de Dumbledore ne firent rien pour l'arrêter.

Exactement comme 5 plus tôt il traversa de nouveau la cour et le terrain de Poudlard, mais dans le sens inverse cette fois. Il courra jusqu'à ce que ses poumons le brûlent, sa respiration se bloque et sa trachée le fasse tousser de sécheresse. Il se rendit ensuite au lac. Là où tout avait plus où moins commencer. Là où il avait fait un pas vers Hermione, qui même si elle n'en avait pas fait vers lui, l'avait laissé approcher. Il se rendit compte qu'elle n'avait fait que ça. Le laisser approcher, sans pour autant s'avancer vers lui. Elle avait même reculé. Si légèrement qu'il ne l'avait pas remarqué, mais c'était pourtant tellement évidant maintenant qu'il y repensait.

Le temps de fin Novembre le fit frissonner, mais il n'en tint pas compte. En pull dehors, sans manteau ni écharpe, la buée s'échappait de sa bouche ouverte. Il resta les yeux fixé sur le lac, perdu dans sa tête, jusqu'à ce qu'un cri le ramène sur terre. Il se tourna vers la source du cri, qui se trouva être la salle de quarantaine. Elle avait une fenêtre, qu'on ne pouvait pas ouvrir, mais qui laissait passer les sons facilement, contrairement au reste de la pièce. Ce cri était celui d'Hermione il en était persuadé. Mais pourquoi ?

Peut-être regrettait-elle ? Peut-être était-elle en détresse, elle souffrait, pleurait … ? Il refusa d'y penser. Elle l'avait blessé. Elle pouvait se démerder seule, comme elle l'avait toujours fait. Elle méritait d'être seule.

Tu n'es pas juste …

Sans savoir que c'était pourtant ce cri qui témoignait du premier appel à l'aide qu'Hermione poussa jamais, il décida de noyer ses pensées qui lui retournait l'esprit et se laissa tomber dans le lac. La morsure du froid sur sa peau brûlante lui causa un léger arrêt cardiaque, et clairement son organe vitale n'apprécia pas l'expérience. Mais il resta sous l'eau jusqu'à ce qu'il sente de nouveau cette brûlure dans les poumons, et ce besoin de respirer. Les yeux ouverts, il regarda la lumière du jour cachée derrière ce voile bleu s'éteindre lentement.

Pendant que Draco se rafraîchissait et Hermione pétait les plombs, Dumbledore soupira, maintenant seul dans son bureau. Il aurait dû voir venir. Il avait vu la tragédie arriver. Il savait bien que le père de Draco était le dernier meurtrier des parents de la jeune femme, mais il pensait que si la jeune femme développait une relation avec l'héritier Malfoy, ses états d'âme changeraient, et sa vengeance ne serait plus une priorité. Il avait eut tord et par sa faute, deux adolescents qu'il avait pourtant promis d'aider se retrouvaient à un tournant de leur vie où toutes leurs croyances étaient foutues en l'air et où ils doutaient de toute leur existence.

Et Draco et Hermione ne seront pas les seuls à souffrir, pensa-t-il en lisant la première page du journal le lendemain matin.

Les Mangemort s'étaient tous de nouveau réuni dans le Manoir Malfoy, dont la localisation était inconnu par les autorités, et des photos et vidéos amateurs témoigneraient de la réapparition de Tom Jédusor. Les rumeurs étaient vraies : le chef des Mangemorts était de retour. Scarifié, blessé et humilié, mais donc beaucoup plus dangereux qu'il y a dix ans. Le vieil homme regarda chacun de ses élèves, s'arrêtant en particulier sur Harry qui le fixait déjà.

Tom Jédusor avait fait passer un message avec son retour : il reviendrait pour ce qu'il n'avait pas eu la première fois. Et la première fois, c'est en tentant d'assassiner Harry qu'il avait « perdu la vie ». Cette fois, il s'assurerait que le jeune homme y passerait.

Poudlard allait devoir se préparer pour la guerre.