La merde commence ! Les prochains chapitres vont être assez intense, vous allez probablement me détester un peu avant de me pardonner, mais ça vaudra le coup ne vous en faîtes pas !
Prochain chapitre le 5 Avril ! Bonne lecture et j'espère que ça vous plaira !
Chapitre 9 : I work real hard every day
En quittant l'école ce matin-là, Dumbledore avait un mauvais pressentiment logé au fond de l'estomac, et dont il n'arrivait pas à se débarrasser. Le vieil hommes avait toujours appris à s'écouter, et à faire confiance à son corps dans les moments de danger, de doute ... et il savait parfaitement que son malaise ne le quitterait pas de son séjour. L'envie d'annuler son déplacement et de faire demi-tour fut forte, mais malheureusement, il ne valait mieux pas pour Dumbledore qu'il annule sa visite avec le Premier Ministre, surtout quand c'est ce dernier qui l'avait invité en personne.
Vu les drames des derniers jours, la disparition d'Ombrage, et les Mangemorts libres dans la nature, le Premier Ministre se tenait encore plus sur ses gardes vis-à-vis de Dumbledore, et avait demandé à le voir pendant quelques jours, pour autrement dit, le garder à l'œil.
Après avoir regardé trois fois en arrière, McGonagall - qu'il avait nommé directrice en son absence - lui jeta un regard noir, lui conseillant de s'en aller dans l'instant. Dumbledore eut un petit sourire : l'école serait sauve sous la protection de la Professeur de Littérature, il le savait.
Minerva souffla longuement en regardant la voiture qui transportait le directeur s'éloigner. Poudlard était maintenant sous sa responsabilité, mais pas sous son meilleure jour : depuis l'incident entre Granger et Malfoy, les élèves semblaient s'être divisés en deux groupes bien distincts, qui ne se faisaient heureusement pas la guerre, mais qui avait décidé d'agir comme si les autres n'existaient pas. Il y avait d'un côté ceux qui comprenait la colère d'Hermione envers les Malfoy, incluant Cho, Neville, Harry, Ron et Ginny, et de l'autre, Seamus, Dean, Blaise et Pansy qui ne comprenait pas l'attitude violente de la jeune femme. Luna naviguait entre les deux groupes, n'ayant pas d'avis partagé, où plutôt, étant en désaccord et en accord avec les deux, selon son humeur.
S'il y avait bien quelque chose que tous partageaient, c'était cette humeur triste, presque dépressive qui avait même atteinte les Professeurs. Poudlard était à son plus bas ...
Néanmoins dans cette ambiance maussade, certains semblaient trouver de quoi se réjouir : les crises nocturnes de Ginny étaient beaucoup moins violentes, améliorant son humeur et celle de Ron, et Harry semblait lui aussi étonnement heureux, malgré les circonstances. Le brun semblait pourtant sur ses gardes dès qu'il s'éloignait des zones de vies communes, et Blaise et Dean l'avaient tous les deux déjà vu aller très loin dans la forêt derrière l'école, sans pour autant sortir du périmètre, si on en croyait l'inactivité de son bracelet.
Hermione elle, était toujours en salle de quarantaine, bien évidemment nourrie autant de fois qu'elle le demandait, ce qui n'avait pas été beaucoup, entraînant l'inquiétude de McGonagall. Elle avait déjà essayé de faire sortir la jeune femme, mais celle-ci avait agis comme une sauvage et la Professeur avait dû remettre à plus tard sa libération.
Draco - après être rentré au milieu de la nuit, trempé et malade - avait décidé de s'enfermer dans son dortoir, ne laissant entrer que Blaise. Le jeune homme blond ne venait plus en cours, il ne mangeait plus, et Snape fut celui qui décida d'aller le secouer un bon coup, en vain. Même si maintenant le Malfoy faisait honneur de sa présence, son attitude ne laissait pas deviner un quelconque signe d'activité cérébrale. Il se contentait juste d'être là ...
Ce qu'aucun ne savait, c'était qu'ils devraient bientôt tous s'unir pour faire face à la pire menace de leur vie. Les Mangemorts avaient repris leurs activités et déjà trois familles en deux jours avaient été massacrés. Draco n'en était que plus affligé, et Hermione énervée.
Les choses commencèrent à bouger de manière dangereuse lorsque Harry passa le dîner du jour de départ de Dumbledore à gigoter sur sa chaise et trembler nerveusement. Ginny assise à côté de lui posa une main sur la sienne, et les sourcils froncés d'inquiétude demanda :
« Qu'est-ce qui ne va pas ? »
« Quoi ? Tout va bien- »
« Ne me mens pas, » coupa la rousse doucement mais fermement. Elle lui offrit ensuite un sourire doux. « Je sais que quelque chose ne va pas. »
Harry resta ébahi à regarder la jeune femme, qui fouilla son regard émeraude à la recherche de la réponse à sa question. Harry détourna son regard quelques secondes, la décision qu'il venait de prendre faisant battre son cœur de plus en plus fort dans sa poitrine. La tension de ce qu'il allait dire s'accumula en lui, et il se leva d'un coup, faisant tomber tout les verres de la tablée.
« Eh ! Ça va pas mec ! » se plaignit Dean en se levant à son tour pour s'éponger.
« Qu'est-ce qui ne va pas Harry ? Tu as l'air pâle, » fit remarquer Luna.
Harry sentait désormais tous les regards sur lui, et il souffla un grand coup.
« Les Mangemorts ont prévu d'attaquer Poudlard ! »
Il fallut une bonne minute à tous pour enregistrer, comprendre, puis agir suite à l'information, mais dans l'ensemble, tous eurent le même sentiment : l'incompréhension.
« Monsieur Potter, » dit McGonagall en se levant, « je vous prierai de ne pas effrayer vos camarades en racontant des sottises. De plus- »
« Je ne mens pas ! » cria-t-il, faisant sursauter les plus désintéressés. « C'est la vérité ! Je- » Il ferma de nouveau les yeux et inspira un grand coup : « Je suis en contacte depuis son évasion avec Sirius Black. »
A ces mots, Draco et les Professeurs se redressèrent tous tel une même personne.
« Sirius Black est un individu dangereux, qui, si vous n'étiez pas au courant, et responsable de la mort de vos parents ! Monsieur Potter ! »
Harry eut un rire jaune et foudroya Snape du regard.
« C'est ce que tout le monde pense en effet, et il m'a d'ailleurs raconté vos conflits pendant vos années lycées. Mon père et lui étaient des beaux connards, ça je ne peux pas leur enlever, mais ils étaient aussi des hommes bons ! Et Sirius n'a rien à voir avec la mort de mes parents ! »
« Il était le seul à connaître la ville dans laquelle ils avaient décidé de sa cacher ! »
Pour un homme que Sirius avait dit détester son père, Harry trouva que Snape mettait beaucoup de cœur à défendre leur mort, où était-ce sa haine envers Sirius qui le poussait à vouloir le voir coupable ?
« Non. La rumeur a été répandue qu'il s'agissait de Sirius, mais c'est faux. C'est Peter Pettigrew qui était leur gardien ! C'est lui qui les a dénoncé ! Lui qui a participé au retour de Tom Jédusor ! »
Snape retomba sur sa chaise lourdement, et tous les autres adultes semblèrent se remémorer un souvenir commun, mais qui était jusque-là comblé de trou que Harry venait de remplir.
« Comment es-tu sûr de pouvoir lui faire confiance ? »
« Il n'est pas un Mangemort, il ne porte pas de tatouage comme sa cousine et les autres tarés de cette secte ! En plus ... »
Il sortir de sa poche une vieille lettre abîmée et froissée, et la déplia au regard de tous.
« Mon père et ma mère lui avaient demandé d'être mon parrain. »
Snape fut devant le garçon très rapidement et subtilisa la lettre, décryptant l'écriture attentivement. Harry l'observa avec attention. Sirius lui avait dit que lui et son père, James Potter, avaient toujours été des sales gosses, mais qu'avec Severus Snape, ils avaient été les pires. Harry replongea dans ses souvenirs.
« Le Professeur Snape ? Mais pourquoi ? »
Sirius grimaça derrière la grille de Poudlard. Lui et Harry avaient pris l'habitude de déposer des lettres l'un à l'autre à ce point précis, suite à la première lettre que Sirius avait réussi à envoyer à Harry en la faisant passer pour celle anuelle venant de sa Tante absolument insupportable qui vivait hors du pays. Harry avait cependant exprimé l'envie de le rencontrer en personne, et Sirius n'avait pu refuser à son filleul, malgré le danger évidant.
Depuis que Jedusor les avaient sorti de prison, Bellatrix avait gardé un œil sur son cousin, l'empêchant d'agir à sa guise. Heureusement, il arrivait quand même à échapper à sa vigilance de prédateur.
« Snape ... Severus avait toujours été proche de Lily Evans, ta mère. »
Harry écarquilla les yeux sous le choc :
« Snape connaissait ma mère ? »
« Très bien même, ils étaient amis depuis l'enfance. Avaient toujours tout fais ensemble, été dans les mêmes écoles ... même au Lycée. C'est à partir de là que ça s'est tendu, parce qu'entre eux est arrivé James Potter. »
« Mon ... père ? »
Sirius hocha la tête, un sourire mélancolique au visage.
« Il a tout de suite trouvé Lily à son goût. Ta mère n'était pas une fille facile à approcher, et James s'est souvent pris des râteaux, mais il n'a jamais abandonné l'idée d'être avec elle. et au fur-et-à-mesure, il a commencé à s'en prendre à Snape pour attirer l'attention de Lily, mais aussi parce qu'il n'appréciait pas de voir ce serpent si proche d'elle. L'amitié entre les deux en a été fragilisé, jusqu'à se briser. Puis le Lycée s'est finit, et l'Université a commencé, et nous avons tous été envoyés aux quatre coins du pays. Mais ton père, Rémus, Peter et moi étions inséparables. Et Lily - qui avait enfin accepté de sortir avec James - a suivi. »
« Rémus et Peter ? »
« Nous étions un groupe de quatre, les Maraudeurs. »
Sirius rit au souvenir du jour où ils s'étaient baptisés ainsi.
« Il y avait donc moi, ton père, un petit cerveau du nom de Rémus Lupin, et un maladroit, Peter Pettigrew. Quand j'y pense maintenant, je ne sais plus trop comment Peter est arrivé dans notre groupe. Ils étaient toujours derrière nous, à nous suivre avec envie ... Mais il n'a jamais eu de chance. Mais au moins il n'était pas au niveau de Snape. »
Harry baissa les yeux. Il se sentit mal pour le Professeur de Chimie. Il était certes, associable, et désagréable, mais s'il en croyait son parrain, c'était carrément du harcèlement qu'ils lui avaient fait vivre, et ça ... Harry en prenait un coup, lui qui avait toujours idolâtré son père.
« Mais ... »
Sirius hésita, et Harry le vit lorsqu'il releva son regard.
« Mais quoi ? »
« Après ta naissance, Snape est revenu dans leur vie d'une manière surprenante. James et moi l'avions croisé dans un bar, et peu après lui et Lily avaient une grande discussion à son sujet. Bien sûr, affaire de couple oblige, je n'ai rien su de ce qui s'était dis, mais James était prêt à s'excuser à Snape, et lui et Lily voulaient faire de lui le parrain de- »
Sirius s'arrêta brutalement et écarquilla les yeux, fixant son regard sur Harry qui lui aussi venait d'écarquiller les yeux. L'homme plaqua une main sur sa bouche et s'insulta mentalement en voyant la douleur passer dans le regard du jeune garçon :
« Ma mère attendait un autre enfant ? »
« Laisse tomber Harry ce n'est- »
« Tu était déjà mon parrain et mon père n'aurait jamais accepté de t'enlever ce rôle ! Ça veut dire que ma mère- »
« Elle n'était pas sûre ! Elle nous en avait parlé mais n'était sûre de rien. Tes parents voulaient un deuxième enfant dès le moment où ils ont vu la joie que tu leur avais apporté. Je crois que Lily a toujours voulu réintégrer Snape dans sa vie ... mais ta naissance était encore trop tôt pour le faire ... »
Harry chassa une larme qui coula le long de sa joue, et serra la main qui s'était glissée dans la sienne et qu'il reconnut sans mal être celle de Ginny. Il tourna son regard vers elle et elle lui sourit, remplissant inconsciemment son cœur de milliers d'émotions toutes plus fortes les unes que les autres.
« James avait toujours été quelqu'un de très joyeux, mais malgré tout il ne semblait pas réellement vivant avant de connaître Lily. Elle a animé quelque chose en lui, et c'est pour cette raison qu'il a toujours tout fait pour la garder près de lui. »
Ah les hommes Potter, faibles face au sourire d'une jolie rousse. Harry n'avait pratiquement aucun souvenir de ses parents, si ce n'est la chevelure rousse qu'il adorait attraper lorsqu'il était encore bambin. Ginny lui rappelait ses moment-là qu'il savait avoir été doux et tranquille.
Je dois la garder près de moi, de la même façon que mon père avec ma mère, se dit-il sans hésitation.
Snape se racla la gorge pour chasser l'émotion qui avait prit son cœur en relisant l'écriture de Lily après tant d'années, et confirma les dires de Harry. Sirius était bien son parrain, et la lettre d'au revoir disait clairement à Sirius que les Potter avaient décidé de quitter le pays, n'informant que Peter.
« Monsieur Potter, si ce que vous a dit votre parrain est vrai, alors nous devons nous préparer, » dit McGonagall.
« Avez-vous d'autres informations ? » demanda Flitwick.
Trelawney tremblait à ses côtés, et Madame Pince tentait de la faire se tenir.
« Attendez attendez, » intervint Seamus, « Les Black sont Mangemorts de père en fils, et ce sur 2 générations déjà ! Bellatrix est bien la cousine de Sirius Black ? Elle en est une aussi ! Et son frère aîné de même ! Comment lui faire confiance ?! »
« Ne juge pas un individu à sa famille, » cracha Draco avec une voix pourtant plate.
Après la déclaration de Harry, le jeune homme semblait avoir repris vie. Il savait qu'il y avait une forte possibilité pour que le brun est raison, et si c'était le cas, ses parents seraient très certainement de la partie, mais il ne laissa pas la peur l'immobiliser : il l'avait trop fait.
« Il faut sortir Hermione de quarantaine, » dit-il en se tournant vers la directrice.
« Non. C'est l'endroit le plus sûr de l'école. »
« Il faudrait au moins la prévenir ! Rien ne se passera ce soir ! Les Mangemorts mettent des jours à planifier une attaque, mais si elle est dans le flou total- »
« Ce sera fait Monsieur Malfoy, » coupa McGonagall. « Pour l'instant je pense que vous devriez retourner à vos dortoirs et vous préparez pour la nuit. »
« Comment dormir avec ça au-dessus de la tête, » grommela Pansy en suivant les autres élèves hors de la salle.
« Tu penses vraiment que Voldemort veut perdre son temps avec Poudlard ? » demanda Blaise à Draco.
Celui-ci haussa les épaules, agissant le plus naturellement possible :
« Je ne pense pas, je trouverai ça bizarre qu'il veuille nous attaquer. Nous recruter en revanche c'est plus probable ... »
« Beaucoup d'élèves ici ont survécu à ses précédentes attaques ... »
Il pourrait venir finir le travail, pensa Draco. Cette pensée l'angoissa, d'autant plus qu'Hermione faisait partit de ses survivants.
« Tu devrais partir maintenant, » pressa Pansy. « Si l'attaque à vraiment eut lieu, qu'il y ait tes parents ou non, tout le monde va te reconnaître ! »
« Je ne fuirais pas. »
« Mais- »
« Non ! »
Luna et Neville qui marchaient devant eux se retournèrent à la soudaine exclamation de Draco. Celui-ci fusilla Pansy du regard et accéléra son rythme de marche :
« Je ne fuirais pas. Je l'ai assez fais. Et pour aller où en plus ? »
Il coupa court à toute discussion en claquant la porte, ''forçant'' Blaise à aller dormir avec Pansy.
Seulement cette nuit-là, personne ne dormit réellement ...
A l'extérieur de Poudlard, un homme ligoté fut jeté au sol, et un talon vint appuyer sur la peau de sa joue douloureusement.
« Merci à toi d'avoir été assez stupide pour reprendre contacte avec ce petit bâtard ! » la voix aiguë d'une femme s'éleva dans le silence de la nuit, suivit par des dizaines de rires.
« Salope ! Si toi et ta bande de dégénérés touchez à un cheveux de lui je jure d'arracher chacune de tes dents noires une à une ! »
« La ferme ! » la voix était soudainement devenue grave et sérieuse, puis elle reprit quelques octaves : « Ce serait dommage de réveiller tout ce petit monde ! »
Une main vint se poser sur l'épaule de la femme pour la faire reculer.
« Calme-toi Bella', tu vas nous mettre en danger. »
« Tu n'es pas drôle 'Cissy. »
« Assez, » claqua une autre voix.
La brune des deux femmes grinça des dents et avec un sourire inquiétant vint se placer nez-à-nez (littéralement) devant l'homme qui venait d'essayer de lui donner un ordre.
« Tu n'es pas le chef ici Lucius, je te conseille de rester à ta place. »
Lucius Malfoy recula face à sa belle-sœur, causant à sa femme de lever les yeux au ciel.
« Tu ne l'ai pas non plus Bellatrix, » tenta l'ancien Ministre.
« Il se trouve qu'actuellement, si ! Notre chère Seigneur étant absent, c'est à moi qu'il a confié la tête du groupe. Lui, nous rejoindra plus tard, lorsque je lui aurai dégager le passage. »
Lucius fixa l'école, ignorant le regard fou de la brune.
« Je veux juste retrouver mon fils. »
« Nous le voulons tous les deux, inutile de faire une scène, » asséna Narcissa Malfoy en prenant sa sœur par la main.
« Allons-y, » demanda-t-elle à la brune, qui hocha la tête.
« Miss Lestrange ?! »
« Quoi encore ?! » aboya l'appelée en se retournant.
« Et lui ? » demanda l'un des Mangemorts en désignant Sirius.
Bellatrix eut un sourire carnassier.
« On le laisse là ! Il est à la meilleure place pour regarder l'école brûler ! »
« Bellatrix ! » appela Sirius. « Ne fais pas ça ! Bellatrix s'il te plaît ! Non ! »
La brune l'ignora et reprit sa marche vers l'école, un couteau avec une lame gravée et une forme particulière, coincé dans les pans de sa longue robe noire.
Ils n'essayèrent même pas de se faire discret. A l'aide d'un bulldozer, ils défoncèrent le grillage et une partie de l'entrée du bâtiment principale, faisant trembler tous ses habitants, réveillant en panique étudiants et professeurs :
« Qu'est-ce qui se passe ?! »
« C'est les Mangemorts ! »
« Oh la ferme ! »
« Elle a raison ! Regarde pas la fenêtre ! »
« Oh putain, merde ! »
« Y'a Bellatrix ! »
« Draco tes parents sont là ! »
« Hermione- »
« Gardez votre calme et réunissez-vous par division ! »
« McGonagall ! Vous n'êtes pas sérieuse ?! »
« Vous avez une meilleure idée Snape ? »
« Nous devons les évacuer le plus vite possible et le plus loin possible de ces fous ! »
En voyant que personne ne semblait lui prêter attention, Draco partit en courant en esquivant habillement Snape qui tenta de le retenir, suivit par Blaise et Pansy qui réussirent eux aussi à ne pas se faire attraper, en direction de la salle de quarantaine, qui malheureusement était située dans le bâtiment principale, soit la dernière zone dans laquelle se trouver actuellement.
« Draco ! Tes parents ! » rappela Pansy.
« Je sais ! »
« Qu'est-ce qu'on fait ?! »
« On les ignore ! On va chercher Hermione et on rejoint les autres ! C'est compris ? » déclara Blaise.
Les deux autres acquiescèrent, Draco concentré à moitié sur ce qui se disait, toutes ses pensées étant tournées vers Hermione. Ils durent inévitablement passer devant ce qui avait été l'entrée principale de Poudlard, mais qui n'était maintenant que gravas et poussières. Draco ne ralentit pas contrairement aux deux autres, et accéléra même, avant que les Mangemorts ne s'aventurent dans l'enceinte de l'établissement.
« Y en a déjà trois là ! » entendirent-ils derrière eux.
Blaise et Pansy le rattrapèrent et ensemble ils coururent plus vite qu'ils ne l'avaient jamais fait, parfaitement conscients d'avoir des poursuiveurs à leur trousse. Juste avant de passer le coin, un bruit de tir se fit entendre et tous baissèrent la tête par réflexe.
Draco prit le temps de s'arrêter une fois hors de leur champ de vision, le cœur dans la gorge d'avoir tant courut :
« Personne n'est blessé ? »
Blaise tremblait, probablement surpris et choqué par le coup de feu, mais Pansy n'avait pas l'air trop secouée.
« Je vais bien, » dit-elle, « Blaise n'a pas l'air touché non plus, » elle prit un moment pour regarder son copain et ajouta « Du moins, pas physiquement. »
Pansy avait pendant longtemps été une prostituée dans une maison close en plein milieu du quartier noire de Londres. Elle s'était endormie, réveillée, et avait mangé aux sons des tirs et des échanges de coups de feu juste sous la fenêtre de son balcon.
« Arrête, inconscient ! Ceux-là sont des pures sangs ! » la voix qui s'égosilla à travers le couloir fit monter un long et intense frisson le long de la colonne vertébrale de Draco, et tira Blaise hors de sa transe.
« Bellatrix , » Draco acquiesça et Blaise se redressa. « Ne perdons pas de temps alors. »
Ils savaient qu'ils seraient bientôt rattrapés, et malgré le fait que oui, la salle de quarantaine était l'endroit le plus sûr pour Hermione, les Mangemorts fouilleraient l'école de fond en comble pour être sûr de tous les trouver, et Hermione ne sera plus en sécurité à ce moment-là. Elle détestait peut-être Draco, mais lui non et il ferait tout, quitte à aller contre sa volonté à elle, pour la protéger.
Après ces deux jours où il s'était terré dans son dortoir, Draco avait eu plus que de temps nécessaire pour réfléchir à pourquoi il avait si mal de voir Hermione si haineuse envers lui et sa famille. Et il s'était giflé, au sens propre du terme, lorsqu'il s'était rendu compte qu'il avait développé plus que de simple sentiments amicaux pour la jeune femme.
Maintenant, il devrait passer outre pour garder la tête froide et ramener tout le monde sain et sauf aux Professeurs.
Hermione sursauta lorsqu'elle entendit le fracas, étant tirée violemment d'un sommeil déjà agité. La fenêtre de sa chambre ne lui permettant pas de connaître l'origine du bruit, elle fut extrêmement attentive à tout autre son, fermant même les yeux dans le but de concentrer son oreille. Elle entendit des coups de feu retentirent environ sept minutes après le premier bruit, et son cœur eut des loupés : Poudlard n'était plus en sécurité. Et avec Dumbledore partit, elle craignait le pire. Elle ne se posa même pas la question des responsables, pour elle, il n'y avait qu'une solution : les Mangemorts.
La moitié des élèves avaient perdu leur famille par leur faute, et une grande partie se retrouvait à Poudlard à cause des répercussions qu'avaient eu le massacre de leurs parents. Que les Mangemorts viennent ne l'étonne pas ils cherchaient juste à finir le travail. Se qui la fit tourner comme un lion en cage en revanche, c'est d'être prisonnière ici quand elle pouvait avoir la chance d'elle aussi finir ce qu'elle avait commencé.
Une pensée traversa soudain son esprit, et elle ressentit deux émotions complètement contradictoires : la haine et l'inquiétude. Draco n'était pas une victime de la même façon que les autres étudiants, mais lui avait fui ses parents, et ceux-ci devaient certainement être au courant de la localisation de leur fils. Sa haine envers Lucius Malfoy se réveilla, et en même temps, sa peur que quelque chose de grave arrive à Draco l'empêchait de penser rationnellement.
Tu te laisses émouvoir si facilement maintenant ...
La ferme ! Aide-moi plutôt à trouver une solution pour sortir d'ici !
Ça fait déjà deux jours qu'on essaye, si ça avait été possible, on aurait déjà trouvé, petit génie.
Elle secoua la tête et cogna son front contre la porte. Elle était bien tentée d'appeler et de frapper la porte, mais ne sachant pas si ses prédictions étaient exactes et sachant qu'elle était en danger si elle avait raison, elle préféra rester silencieuse. La dernière chose dont elle avait besoin était de mourir avant d'avoir pu finir sa vengeance.
Elle recula vivement en entendant trois bruit sourds contre sa porte, et ferma de nouveau les yeux pour se concentrer sur les bruits. Elle avait très légèrement sursauté, encore dans les dernières limbes du sommeil, et secoua la tête pour se réveiller : elle allait avoir besoin de toutes ses capacités.
Elle ne savait pas combien ils étaient ni qui ils étaient, mais il y avait des individus de l'autre côté de sa porte, qui semblait avoir courut vite si elle en croyait les respirations rapides et les toux.
« C'est bon, personne n'a rien perdu en route ? »
Pansy ?
« Tu veux perdre quoi, ils ne veulent plus nous tirer dessus et je ne pense pas qu'ils tentent de nous blesser en général si la tante de Draco veille au grain sur les ''sangs purs'', » railla une seconde personne.
Blaise ? Mais ça veut dire que-
« C'est pas le moment vous deux, il faut qu'on trouve comment sortir Hermione d'ici sans les clés ! »
Draco !
Le soulagement prit le pas sur la colère des derniers jours et Hermione laissa son contrôle s'envoler :
« Draco ?! Draco ! »
Il y eut un moment de silence, puis des coups contre sa porte, assez faible pour ne pas les faire résonner, mais assez fort pour qu'elle les entende malgré l'épaisseur.
« Hermione ?! Tout va bien ? »
« Qu'est-ce qui se passe dehors ?! » demanda-t-elle en ignorant la question.
Aucune réponse ne lui parvint immédiatement, et elle sut qu'elle avait eut raison.
« Merde, » siffla-t-elle entre ses dents.
« Ils ont décidé de venir rendre visite, » dit Draco, et même si elle ne pouvait pas le voir, Hermione entendit dans sa voix la gravité de la situation et à quel point il était affecté par celle-ci, bien qu'il ne doive pas le montrer. Il n'avait même pas besoin de préciser qui était ils, elle le savait très bien. « Ils ont défoncé les portes extérieurs et les portes principales du bâtiment. Il faut qu'on te fasse sortir de cette salle et qu'on t'évacue de l'école ! »
« Quoi ?! Non ! »
« Ils veulent ta peau ! »
« Et moi je veux celle de ton père et je l'aurai ! Il est là, tu le sais ? »
Draco ferma les yeux, les poings tremblant :
« Comment peux-tu le savoir ? Tu ne savais même pas ce qui se passait. »
Hermione eut un rire. Son petit rire jaune, ironique, celui qu'elle avait quand elle allait montrer à quelqu'un qui l'avait sous-estimé quelle erreur il avait fait :
« C'est évident, ne va pas me faire croire qu'il ne sait pas que tu es ici. »
« On ne sait même pas pourquoi ils sont là, » décida d'intervenir Blaise.
« Moi je pense savoir, » susurra la brune de l'autre côté de la porte.
« Bien sûr, » râla Blaise.
« Désolée d'être celle qui interromp la discussion, mais peut-être qu'on peut y aller maintenant ? » coupa Pansy.
Les garçons se tournèrent vers elle et vit qu'elle était de nouveau sur ses pieds, des épingles tordues en mains, appuyée contre la grosse poignée de la porte qu'elle enclencha. Devant les yeux ébahis de Blaise et Draco, la porte s'ouvrit, laissant apparaître une Hermione à la mine triste et fatiguée, les yeux cernés, le regard couvert de milles émotions. Draco sentit son cœur se serrer à cette vue, mais se mit une claque mentale : ce n'était pas le bon moment pour ça.
Hermione se remit sur ses pieds dès que la porte fut complètement ouverte, mais au lieu de partir dans le sens désigné par Blaise et Pansy, elle prit le chemin inverse celui par lequel étaient arrivés les trois élèves.
« Hermione ! »
Draco lui saisit le bras et la tira vers lui :
« Qu'est-ce que tu fais ?! C'est une zone de guerre par là ! »
« Donc exactement où je dois aller ! Ton père y sera forcément. »
Elle voulut s'échapper de sa grippe mais il resserra sa prise et la força à se tourner entièrement vers lui, plongeant son regard dans le sien. Hermione eut le souffle coupé en voyant la clarté des yeux de Draco elle ne les avait jamais vu aussi bleu. Un bleu très clair, très doux, et pourtant si agité. Elle y vit toute l'inquiétude, la peur, la fatigue, et l'affection que le jeune homme avait en lui. Et toutes ces émotions étaient dirigées vers elle.
Ne te laisse pas distraire ! Nous avons quelque chose à finir !
Mais tu vas te taire ?!
Les yeux noisettes d'Hermione eux, étaient pleins de détermination et de haine, sans une once d'inquiétude où d'hésitation, ce qui effraya encore plus Draco. Ignorant les empressements de Blaise, il prit le temps de parler à la jeune femme :
« Pourquoi ne laisses-tu pas tomber ? Tu dois déjà savoir que te venger ne les ramèneras pas ... »
« Peu importe. Je sais très bien qu'ils ne reviendront pas. Je ne suis pas une enfant avec des rêves idiots- »
« Alors suis-moi ! Ne vas pas te jeter dans la gueule du loup pour une futilité ! »
« Une futilité ?! » s'indigna-t-elle. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à le convaincre de cette manière, alors elle joua la carte de Sainte Mère-Thérésa : « J'ai passé ma vie à traquer les meurtriers de mes parents, un à un, pour leur ôter la vie de la même manière qu'ils ont ôté celle de mes parents ! Tu penses que je suis la seule parmi les victimes à réclamer vengeance ? Tu penses que d'autres n'ont pas eu la même envie ? Je ne le fais pas que pour moi Draco. »
La douleur prit place dans les traits du jeune homme qui baissa la tête, brisant le contact avec Hermione. Il la maintenait toujours en place, mais ne la confrontait plus du regard, et au contraire semblait la fuir. Hermione avait déjà vu cette expression sur d'autre avant. Sur Ron par exemple quand il regardait sa sœur : cet air qui disait je sais que tu es un monstre, mais je t'aime malgré tout. Mais il n'y avait pas d'amour fraternel entre eux ...
Hermione eut soudain peur, et se figea. Draco parla :
« Tu mens ... tout ça, ce n'est que pour toi ... »
Il releva son regard vers elle et dès qu'elle vit cette lueur dans son regard, son cœur paniqua. Elle ne l'entendit plus que lui, battra de plus en plus fort, résonner dans ses tympans.
Il sait !
Impossible.
Il sait ! Il sait il sait il sait !
Comment ?!
« J'ai lu ton dossier Hermione ... tu n'as toujours rien fais que pour toi, n'essaye pas de me vendre cette excuse ... »
La respiration de la jeune femme se bloqua, et ses yeux s'écarquillèrent. Dumbledore lui avait laissé lire son dossier. Draco savait ... il savait ce qu'elle était mais il ne fuyait pas ...
« Pourquoi ? » elle laissa échapper la question pensée sans s'en rendre compte et étouffa un sanglot.
Pourquoi avait-elle si peur qu'il l'abandonne ? C'était ce qu'elle voulait !
Pourquoi avoir peur de le décevoir, qu'il pense avoir lui aussi été un jouet pour elle ? C'était le cas ! Elle n'avait jamais eu de mal à le dire avant, et même à le montrer ! Que les gens ne connaissent pas son trouble mentale avait toujours fait sa force, mais elle n'avait jamais eut peur que les gens le découvre. Elle n'en avait que faire ...
Mais pas avec Draco. Lui comptait, pour la première fois depuis ses parents. Et qu'il la tienne toujours, qu'il se batte encore contre elle pour la préserver ne serait-ce qu'un peu alors qu'il savait ... Hermione ne put s'empêcher de se sentir touchée.
Il ne releva pas la question et à la place la secoua légèrement :
« Laisse tomber ta vengeance et viens, laisse moi t'éloigner de tout ça. »
Draco comptait, mais elle ne pouvait pas.
« Non, » dit-elle en retenant les larmes avec succès, ne donnant plus que l'impression d'être froide et détachée, malgré son moment de faiblesse évident à peine une minute plus tôt et ses yeux encore brillants.
« Tu n'as pas besoin de faire ça pour être heureuse Hermione, c'est même ça qui t'empêche de l'être. »
« Parce que tu es dans ma tête maintenant ?! » répondit-elle en s'énervant. « C'est vrai que vous les hommes vous savez tellement mieux que nous ce qu'on a dans le crâne ! »
« Tu ne te rends pas compte d'à quel point ça t'obsède ! »
« Oh si je sais crois-moi ! »
« Draco- » essaya Pansy en vain, puisque Hermione augmenta le volume de sa voix pour couvrir la sienne.
« Je suis prête à mourir pour avoir la peau de ton père ! »
Draco écarquilla les yeux sous la révélation, avant de se figer en entendant le bruit caractéristique d'une arme à feu que l'on pose sur un crâne, de voir la tête d'Hermione comme être poussée en avant, ses yeux s'écarquiller sous la peur, et de voir sa tante surgir de derrière elle, un sourire amusée aux lèvres :
« On peut s'arranger chérie, » susurra Bellatrix dans l'oreille d'Hermione, avant de donner un coup de langue sur sa joue.
