L'avant-dernier chapitre avant la fin de l'Histoire est là ! Plus qu'un chapitre et l'épilogue et cette fiction sera terminée !

En attendant bonne lecture et prochain chapitre le 19 Avril !

Warning ! Torture et sang

Chapitre 10 : I'm a motherfucking woman

Hermione, Pansy et Blaise avaient les mains attachées dans le dos, mais contrairement aux deux Némésis, Hermione n'était pas tenue au bras par un Mangemort, mais celui-ci faisait exprès de la faire trébucher pour ensuite la brusquer. Draco lui, était complètement libre de ses mouvement - plus ou moins - mais prisonnier de la prise de sa tante sur son bras. Bien que Bellatrix n'ait cessé de lui parler depuis qu'elle les avait trouvé, Draco n'écoutait pas un mot de ce qu'elle disait. Il était bien trop concentré sur ce qui se passait devant lui, ses yeux maintenant acier fixés sur Hermione.

Néanmoins, il prit la peine de se concentrer sur une phrase :

« Tes parents ont tous les deux fais le déplacement ! Si tu savais comme ils ont hâte de te revoir mon petit Draco ! Notre Seigneur à de grands plans pour toi, et maintenant que nous t'avons récupéré ! »

Le jeune homme eut un long frisson qu'il réussit à dissimuler à sa tante, mais pas à Blaise qui marchait à ses côtés. Hermione avait légèrement tourné la tête quand Bellatrix avait confirmé ce qu'elle pensait : le père de Draco était bien là. Et elle n'allait pas laisser passer l'occasion de le tuer. Draco le sentit également, et son regard se fit insistant sur la jeune femme. Comme s'il essayait de lui faire passer un message qu'elle ne voulait pas recevoir.

Contrairement à ce qu'il pensait, Bellatrix était certes, une femme d'action et non d'observation, mais son séjour en prison lui avait appris à devenir les deux. Elle ne manqua rien de l'intensité du regard de son neveu, et d'à qui il était destiné. Et dire que cela ne lui plut pas fut un euphémisme. Le sourire de Bellatrix s'agrandit dangereusement, tandis que sa colère montait elle aussi, mais dissimulée derrière ses yeux noirs.

Ils passèrent dans le sens inverse à celui prit avant par le trio d'argent, mais continuèrent vers le Grand Hall, et non vers les dortoirs. En entrant, ils eurent l'impression qu'une bombe avait explosé dans la salle : toute la vaisselle déjà en place pour le lendemain avait été jetée par terre, éclatée en dizaines de morceaux, les lampes avaient elles aussi souffert, mais le pire restaient les chaises et tables qui avaient toutes été écartées contre les murs. Là, à même le sol et maintenu les uns contre les autres par les Mangemorts qui pointaient leurs armes sur eux, étudiants et professeurs se serraient les uns contre les autres. Cho pleurait déjà, tandis que les autres étaient clairement effrayés mais avec un meilleur contrôle de leurs émotions. Ron et Harry d'un accord commun s'étaient positionnés devant Ginny, Luna tentait de ne pas trembler et de garder le pistolet braqué sur elle et non Neville qui failli s'évanouir en voyant Bellatrix entrer dans la pièce. A son grand malheur, la femme sembla le repérer, puisqu'elle trottina vers lui comme une enfant et s'agenouilla à son niveau, ignorant Luna :

« Un Longbottom ! Alors, comment vont papa et maman ? Tu peux les voir souvent ? Fais attention, c'est généralement à ton âge que les parents perdent la tête ! »

Son rire froid et vicieux résonna dans le Hall vide, tandis que Luna lui cracha au visage. Même Draco écarquilla les yeux de surprise, avant qu'il ne fronce les sourcils de colère, quand Bellatrix, furieuse, claqua Luna si fort que la jeune fille en fut propulsée par terre.

« Sale petite garce ! Tu as la chance d'être une sang pure sinon tu serais déjà morte ! »

Hermione grinça des dents. Encore cette histoire de sang.

Pansy et Blaise furent jetés avec les autres au milieu de la pièce, tandis qu'Hermione fut gardée à l'écart, non loin de Draco. Ils n'étaient pas seuls, ça serait trop beau, mais étaient entourés, Hermione plus particulièrement, d'une dizaine de Mangemorts. Draco était surpris de voir autant d'armes à feu. Il n'y en avait pas beaucoup, deux ou trois sans plus, mais l'arme des Mangemorts étant normalement une arme blanche, il se demanda si Jedusor était responsable pour ce léger changement. Il l'était probablement.

Bellatrix se déplaça ensuite en face de Harry, qui la regardait les sourcils froncés.

« Le petit bâtard des Potter, tu nous as causé de sacré problème. »

Harry resta silencieux, mais il n'en pensait pas moins. Son cœur ne s'était pas encore affolé pour l'instant, mais il eut un petit raté quand la main de Ginny trouva son chemin vers la sienne et la serra. La Mangemort ne remarqua pas ce léger mouvement, heureusement, mais ça ne l'empêcha pas d'aboyer des ordres à deux centimètres de son oreille :

« Allez chercher des cordes et attachez-moi ces deux-là quelque part où ils pourront rester droit, et immobile, » elle appuya sur le dernier mot en tournant son regard vers Hermione.

La jeune fille ne lui donna pas la satisfaction d'avoir l'air effrayée. Au contraire, elle semblait complètement désintéressée par la situation, et regardait autour d'elle les visages des différentes Mangemorts. Certains avaient des masques qui rendait une identification difficile, mais elle ne sembla pas trouver ce qu'elle cherchait.

Elle fut soudain secouée lorsqu'on la jeta violemment contre une des tables qui avait été déplacée pour elle et Harry. Conformément aux ordres de Bellatrix, Harry fut arraché aux Weasley qui protestèrent un moment avant de se taire face aux menaces des armes. Lui et Hermione furent couchés sur les tables, et malgré le fait qu'ils se débattaient, ils ne pouvaient rien faire face à la force de quatre adultes. Hermione ferma les yeux sous le sentiment désagréable de se sentir incapable de bouger et à la merci de qui voulait. Ses bras et jambes étaient attachés de manière à ce qu'elle soit comme une étoile. Seul son torse et sa tête pouvaient encore se mouvoir, mais malgré ses efforts, elle se blessait plus qu'elle ne réussissait à défaire ses liens. Harry n'était pas non plus près à se laisser faire sans résister, mais tous deux virent très vite qu'ils ressaieraient leurs liens plus qu'autre chose, et décidèrent de se poser, pour l'instant.

« Ton père et ta mère ont réussi à te protéger de lui, mais à quel prix ? »

Harry copia Luna et cracha, sans toucher Bellatrix pour autant, mais le geste était là. Bellatrix cessa de sourire et agrippa d'une poigne forte une touffe de la chevelure du brun, puis tira son crâne en arrière jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite par l'angle que prit le cou du garçon.

« Tu as de la chance que notre Seigneur te veule pour lui tout seul, j'aurai arraché la peau de ce joli visage moi-même sinon. Sais-tu comment nous avons su que tu te trouvais là ? Tu penses que les liens du sang sont moins forts que les autres ? Visiblement tu te trompes. »

Harry comprit qu'elle parlait de Sirius, et il se mit à crier comme un fou :

« Sirius ! Non ! Qu'est-ce que tu lui as fait sale sorcière ! »

Un Mangemort vint donner un linge à Bellatrix qu'elle fourra dans la bouche d'Harry pour le faire taire. Ginny eut un bruit de protestation mais personne ne lui prêta attention. Bellatrix retrouva un sourire carnassier et se tourna vers son neveu. Ce dernier pâlit d'un coup quand les portes s'ouvrirent de nouveau pour laisser apparaître sa mère et son père. Les deux s'arrêtèrent à quelques mètres de lui : son père un bras croisé dans le dos, à côté de la porte, tandis que sa mère se précipita vers lui. Par réflexe mais aussi parce qu'au moins sa mère lui avait manqué, Draco encore secoué écarta les bras et la laissa s'écraser contre lui et l'entraîner dans une étreinte maternelle étouffante, mais non forcée. Sa mère avait certes aussi manipulée son fils à sa façon, mais il avait toujours vu de la bienveillance et des regrets derrières ses yeux bleus. Alors il referma ses bras autour du corps de sa mère, qui, il en était sûr, avait maigri. Où alors c'était son corps plus grand et fort qui lui donna cette impression. Mais il ne se mentit pas : sa mère avait maigri, c'était un fait.

Il ferma les yeux et inspira le parfum de sa mère, du jasmin, et il eut de nouveau l'impression d'être au Manoir, mais à cette époque encore douce où son père était encore qualifiable d'humain.

« Je rêve, » rit Hermione ironiquement en laissa retomber sa tête, dégoûtée par le spectacle des Malfoy.

Bellatrix l'observa longuement, tandis que Lucius n'y fit pas attention. Celui-ci ne semblait pas décidé à bouger, et ne jeta même pas un regard à Hermione qui elle resta le fixer jusqu'à qu'il soit près de sa femme et son fils. Draco se détacha de sa mère et se recula, très peu enclin à laisser son géniteur entrer son espace vitale. Narcissa comprit que la répulsion ne venait pas d'elle, et le regret vint saisir son cœur une nouvelle fois.

« Nous sommes si heureux de voir que tu es sain et sauf, » tenta-t-elle.

Mais Draco et Lucius se jetaient des dagues par regards interposés. Draco rétorqua :

« Tu l'es, lui non. »

« Draco-, » commença Narcissa.

« Comment oses-tu ?! » coupa Lucius.

Les sœurs Black échangèrent un regard et soupirèrent de concert. Lucius voulut s'avancer de nouveau mais sans le voir bouger, Draco se saisit du pistolet qui pendait à la ceinture du Mangemort qui était derrière lui, l'assomma avec la crosse et pointa l'arme sur son père. Il fut très vite mis en joue par les autres, mais Narcissa leur ordonna de baisser leur arme.

« Tu recules, » la voix de Draco claqua comme un ordre indiscutable, mais Lucius resta figé sur place.

Draco savait parfaitement tenir une arme, et ses mains ne tremblaient absolument, inquiétant la secte. Ce n'était certainement pas ses parents qui lui avaient appris ça, alors qui ? Le jeune homme sembla lire dans leur esprit et expliqua :

« Cette école n'est pas seulement faite pour nous apprendre à redevenir des êtes humains digne de ce nom. Nous apprenons à canaliser notre colère grâce à différentes activités physiques. La mienne était le tir. Je me suis assuré pendant ses années d'entraînements de pouvoir te descendre sans avoir besoin de t'approcher si jamais nos chemins devaient se recroiser. »

Bellatrix ne semblait inquiète par cette situation, mais au contraire plutôt excitée :

« Vas-y Draco, fais-le ! »

« Bella, » gronda Narcissa, sans grande conviction cependant.

Elle saisit son mari par le bras et le fit reculer de force. Draco baissa son arme mais garda sa position, ne réagissant pas quand sa mère se rapprocha de lui. Il jeta un coup d'œil vers Hermione, qui elle non plus, n'avait pas détaché son regard de la scène. Il croisa ses yeux noisettes qui n'exprimaient plus que de la colère, clairement dirigée vers l'inaction de Draco. Bellatrix capta encore une fois ce regard, et décida qu'elle aussi avait envie de jouer.

« Passons, » dit-elle. « Je ne peux peut-être pas toucher au bâtard, mais j'ai toujours la sang sale à disposition. »

Elle sauta sur la table et domina Hermione de toute sa hauteur, le bas du tissus noir de sa robe frottant contre le bras tendu de la jeune fille. Draco s'était figé, quelque chose que Narcissa nota, et elle eut la surprise de voir son fils nerveusement repositionné ses doigts autour de son arme quand Bellatrix décida de se mettre à califourchon sur Hermione. De là ou il était, il ne voyait que le dos de Bellatrix, mais il l'entendait parfaitement bien.

« Ton visage m'agace. Je t'ai vu agir, toute fière, sûre de toi, incassable ... Je ne suis pas d'accord. Je pense que tu es cassable. Et tu sais quoi ? Je vais te le prouver. »

Bellatrix planta son couteau dans le bois de la table juste à côté de l'oreille d'Hermione qui ne sursauta pas, et resta regarder droit dans les yeux sa futur bourreau.

« Crois-moi tu n'auras bientôt plus ses yeux-là. »

Draco s'agitait de plus en plus et alerta quelques Mangemorts, forçant sa mère à poser une main sur les siennes, toujours crispées sur l'arme, pour l'obliger à se détendre. Narcissa était une mère. Elle n'avait certes pas vu son fils depuis des années, mais les mères ont des sixièmes sens pour ces choses-là. Et Narcissa comprit que la jeune fille allongée sur la table était importante pour Draco. A quel point, ça elle ne le savait pas, mais visiblement assez pour lui donner envie de caler du plomb dans sa propre tante. Non pas que Bellatrix soit la tante rêvée ...

Cette dernière avait sorti une petite besace, et l'ouvrit pour révéler des dizaines d'aiguilles, plus ou moins longues et grosses.

« Es-tu familière à la religion ... Quel est ton nom sale gamine ?! »

Pour la troisième fois en l'espace d'une demi-heure, Bellatrix se fit cracher au visage. Et pour la deuxième fois, le crachat atteint sa cible. La brune perdit patience et planta sans hésiter une des aiguilles dans le bras droit d'Hermione, lui arrachant une exclamation de surprise et de douleur. Bellatrix haussa les sourcils tout en essuyant son visage.

« C'est tout ? Tu me déçois. Mais ne t'inquiète pas, je ne fais que commencer. Je réussirai à t'arracher des cris de douleurs. »

« Essaye toujours salope, » rit Hermione.

Draco - pendant sa panique - eut néanmoins un moment où il se retint de lever les yeux au ciel sous l'insolence de la jeune femme.

Elle est pas croyable, même dans ce genre de situation elle trouve le moyen de jouer les grandes gueules ...

Bellatrix ne se départit pas de son sourire et se saisit de deux autres aiguilles, qu'elle planta cette fois entre les côtes d'Hermione. Elle faisait attention à ne pas trop les enfoncé pour ne causer que de la douleur et non un saignement trop important. Elle repartit sur son sujet de départ :

« Dans la Bible, Jésus aurait été crucifié, ses mains, pieds et autres endroits du corps percés par des clous. Je n'ai malheureusement que des aiguilles sous la main, mais j'ai très envie de reproduire la scène. »

Bellatrix descendit d'Hermione mais resta sur la table, et récupéra son couteau. La lame et la poignée étaient toutes deux très particulière : la lame était en forme de pointe de flèche, entièrement gravée d'arabesques et de pétales, qui formaient un contraste intéressant entre la douceur des motifs, et l'utilisation de l'objet. La poignée elle, laissait apparaître que la dague - c'était plus une dague qu'un couteau - était faite pour être tenue entre l'index et le majeur, et non à pleine main. Elle se mit en position de lancée, et sans qu'Hermione ne la voit faire, elle planta l'arme à deux centimètres de sa tête, de nouveau. Bellatrix s'appliqua ensuite à gravé dans le bois de la table la forme d'une croix toute autour de la jeune femme qui resta les yeux fixés sur le plafond pendant toute la durée de l'opération.

Dire qu'elle n'avait pas peur de ce qu'allait lui faire Bellatrix aurait été mentir. Elle était terrifiée. Mais jamais elle ne le montrerait. Pas quand en plus Draco était de nouveau entouré par sa famille et scrutait ses moindres faits et gestes.

Une fois finie, Bellatrix reprit sa place à califourchon sur Hermione et avec son sourire carnassier et un air concentré, sortit une à une toute les aiguilles dont elle allait avoir besoin.

Hermione déglutit, et inspira un grand coup.

La seconde d'après, une troisième aiguille s'enfonçait dans la paume de sa main, doucement et lentement, et la jeune femme jura sentir chaque niveau de peau qui fut transpercés jusqu'à atteindre le bois de la table de l'autre côté. Ses yeux se fermèrent et tout son visage se contracta dans une expression de douleur qu'elle réussit néanmoins à ne pas exprimer vocalement. Elle ne lui donnerait pas ce plaisir.

Cependant, au bout de la cinquième, elle ne put empêcher un gémissement de lui échapper. Il faut dire qu'entre chaque aiguille, Bellatrix avait décidé de faire une entaille plus où moins profonde et longue sur la peau pâle de la jeune fille, la teignant bientôt de rose et de rouge.

La douleur devenait insupportable, et des larmes perlaient au coin des yeux d'Hermione. Elle tentait de diriger ses pensées ailleurs, mais c'était impossible pour elle de se concentrer plus de deux secondes !

Ce fut le supplice lorsque Bellatrix qui avait certes épargné ses pieds, décida à la place, de planter les aiguilles dans ses tibias, retournant contre l'os jusqu'à ce qu'elle s'en lasse les armes de tortures, qui firent résonner dans tout le corps de la jeune fille, au plus profond d'elle, les pires frissons de sa vie. Elle se sentait lentement mais sûrement avoir la nausée.

Une fois finit, Bellatrix se tourna vers Narcissa avec un air boudeur d'enfant.

« Cissyyyyy, elle n'est pas amusante ! »

Narcissa aurait habituellement conseillé à sa sœur de monter un peu le niveau, mais la femme se retrouva dans l'incapacité de dire quoique ce soit. Pas quand sa main qui tenait celles de son fils les avaient senti trembler de plus en plus fort au fur et à mesure que Bellatrix avait torturé Hermione. Bellatrix fronça les sourcils en voyant sa sœur bouche ouverte mais silencieuse. Elle vit la prise qu'avait Narcissa sur les mains de son fils, puis le regard de celui-ci toujours fixé sur la jeune fille, et elle en eut assez.

« Oh pitié Draco, tu peux faire mieux que ça ! Une sang sale franchement ! »

Hermione sursauta et ouvrit de nouveau ses yeux, laissant échapper les larmes qui s'y étaient logés. Draco tourna son regard vers sa tante, et Bellatrix n'avait jamais vu autant de haine chez son neveu. Elle sourit de nouveau.

« C'est son joli minois qui te trompes, cher neveu ? Je vais faire en sorte que tu n'oublies jamais la différence entre elle, et toi. Du moins, jusqu'à ce qu'elle meurt, après ça ne sera plus nécessaire. »

Bellatrix saisit sa dague à pleine main et attrapa le menton d'Hermione entre ses doigts :

« Maintenant tu vas crier. »

Et malgré la promesse que la jeune femme s'était faite de ne pas lui céder, quand le bout de la lame s'enfonça dans son bras pour tracer la première lettre du mot maudit pensé par Bellatrix, Hermione ne put contenir sa douleur plus longtemps et laissa un hurlement être expulser hors de ses poumons. Ceux qui suivirent furent encore pire.

Pendant cinq minute, ce ne fut plus que le seul son qui perturbait le silence du Grand Hall. Les autres élèves et professeurs étaient horrifiés et se sentaient impuissants. Les professeurs écoutèrent leur élève se faire torturer sans pouvoir agir et certains durent être tenus par les autres pour ne pas agir sous impulsion. Ginny étouffa à son tour un sanglot, imité par son frère et Harry qui juste à côté de son amie, pouvait voir - s'il se tordait suffisamment le cou - ce que la Mangemort lui faisait subir.

L'avant-bras d'Hermione était en sang, et ce n'est pas le tissus rugueux qu'utilisait Bellatrix pour dégager sa vue sur ce qu'elle faisait qui aida à ne pas irriter la plaie et la peau autour. Hermione hurla jusqu'à ce que sa voix se bloque dans sa gorge et qu'elle soit prise d'une toux qui secoua son corps de spasme, ne perturbant pas le moins du monde Bellatrix, causant à la lame de s'enfoncer plus profondément dans sa peau fine. A ce moment-là, Hermione pensa s'évanouir tant la douleur était forte. Elle cessa de hurler, le corps endolori et semblable à une boule de coton, avant de se rendre compte que Bellatrix avait cessé. Elle tourna sa tête douloureuse dans la direction de son bras pour y voir gravé : sang sale. Une goutte de sang glissa le long de son bras au même moment qu'une larme coula jusqu'au bout de son nez.

Malgré son état, le jeune fille nota que quand elle se débattait sous la douleur, elle avait réussi à défaire les liens qui retenait ses pieds.

Fière de son travail, la Mangemort se redressa et essuya son couteau sur un pan de sa robe. Un bruit métallique la fit se figer, mais elle ne se retourna pas tout de suite. A la place, elle profita de l'état second d'Hermione pour détacher ses liens, sûre qu'elle ne tenterait rien dans l'immédiat, et d'un coup sauta hors de la table, emportant avec elle la jeune fille qu'elle fit rouler sur elle-même pour la faire quitter la table. La jeune fille faillit s'effondrer lorsque ses pieds retrouvèrent violemment le sol, mais Bellatrix avait une prise assurée sur elle, et elle la redressa pour caler son dos contre sa poitrine, tirant avec une poigne ferme sur ses cheveux, tandis que l'autre main gardait fermement sa dague contre sa gorge.

Hermione encore endormie par la douleur, réussit à se tenir un minium sur ses pieds. Ses yeux réussirent à se concentrer de nouveau sur ce qui l'entourait, et sa respiration eut un accro quand elle vit Draco, arme pointée sur elle, le regard dur et froid, la main assurée. Narcissa à ses côtés semblaient désemparée, tandis que Lucius secouait juste sa tête, déçu.

« Et maintenant tu menaces ta tante à cause d'une simplette, » commenta-t-il.

« La ferme ! » la voix de Narcissa surpris son mari. « Lucius, tu la fermes ! »

L'homme outré resta fixé sa femme les yeux et la bouche écarquillés, avant de quitter la salle dramatiquement, ses longs cheveux blonds et la cape de son manteau flottant derrière lui, mais Hermione ne lui prêta aucune attention, car pour la première fois depuis longtemps c'était le fils Malfoy qui la retenait. Bellatrix rit jaune contre son oreille.

« J'en étais sûre, pas besoin de me retourner pour voir que tu me menaçais. »

Alors c'est contre elle ?

Qui d'autre ...

Moi ?

Pff, il donnerait sa vie pour toi.

Je croyais que tu ne l'aimais pas !

C'est le cas, mais pourquoi nier l'évident, c'est trop tard maintenant ...

Hermione écarquilla les yeux, essayant maintenant de se libérer de la prise de la Mangemort sur elle.

« Tu ne veux pas faire ça Draco, » tenta sa tante. « Tu ne veux pas perdre ta tante contre une sang sale sans intérêt ?! »

« Ne juge pas sans connaître. C'est bien toi qui m'a appris cette règle, pas vrai ? Elle a fait plus pour moi que tu ne l'as jamais fais. »

Bellatrix éclata de rire et Hermione ferma les yeux sous la nouvelle douleur. Le rire de la femme avait été si hystérique et aiguë qu'elle était sûre avoir perdu un tympan.

« Elle t'a manipulé chéri. »

Draco et Hermione se figèrent tous deux. Bellatrix ricana et continua :

« Tu crois que je n'ai pas pris le temps de lire vos dossiers avant ? Je n'aurai pas reconnu Longbottom autrement ! C'était hilarant de lire celui de cette jeune demoiselle, tu veux savoir pourquoi ? »

Draco agita nerveusement ses doigts autour de son arme :

« Elle est exactement comme je l'étais au même âge, elle ne vaut pas mieux que moi~ »

« LA FERME ! »

Hermione sursauta suite aux cris de Draco. Elle découvrait le jeune homme sous un nouveau jour. Bien sûr il n'avait jamais caché ce qu'il ressentait pour elle, mais que ça aille si loin. Il avait déjà chercher à épargner sa vie, et maintenant se battait pour un honneur qu'elle avait abandonné depuis des années ? Elle était perplexe.

Elle prit note de la disparition de Lucius, retenant l'information dans un coin de sa tête, et mit poursuite de l'homme en deuxième sur sa liste de choses à faire immédiate, juste après se libérer de la tante folle de mon ex plan cul.

Ton prince est certes charmant, mais son père s'est barré.

La ferme. Je me débarrasse de la folle et je vais m'occuper de lui.

J'ai hâte de voir ça ...

« Pose ton arme ou elle y passe Draco. »

Le blond sentit la nervosité monter en lui, et son cœur accélérer avec. Il devait se calmer, sinon quand le moment viendrait, il ne saurait pas tirer. Il observa son entourage, mais ne trouvant rien pour l'aider, jeta sa tête en arrière et inspira un grand coup. Pansy et Blaise le regardaient avec choc mais pas de surprise, et Snape avec fierté. Son parrain le surprendrait toujours. A défaut d'être celui d'un autre Potter, Snape était au moins le sien.

Reste concentré Draco, tu dérives là !

C'est le regard toujours fixé vers le plafond qu'il le vit. Bellatrix se tenait juste en dessous de l'énorme lustre du Grand Hall. Il allait prendre un risque calculé, et Hermione le tuerait sûrement pour ça aprés coup, mais il était prêt à prendre le risque. Il eut un sourire en coin moqueur dirigé vers sa tante, et leva son arme pour tirer sur la corde qui retenait le lustre.

Bellatrix leva la tête, interloquée, mais ne voyant rien éclata de nouveau de rire. Draco observa la corde se défaire fil par fil, tandis que sa tante s'écria :

« Je ne savais pas que tes qualités de tireurs étaient si mauvaises ! »

« Elles sont excellentes chère Tante. »

Le lustre lâcha à ce moment-là et Bellatrix écarquilla yeux et bouche sous la surprise. Elle se reprit bien vite et propulsa Hermione en avant pour se jeter en arrière. Draco courut et réussit à rattraper Hermione avant qu'elle ne s'effondre au sol, et en même temps pointa son arme sur sa tante, et tira. Narcissa étouffa un hurlement d'horreur derrière ses mains et se précipita aux côtés de sa sœur pour vérifier son état.

Partout, le chaos éclata : les étudiants profitèrent du faite que les Mangemorts étaient concentrés sur Draco pour mettre à profit les leçons de self-défense et les mettre par terre, mais ceux avec les armes à feux bien que peu nombreux, réussirent à se cacher. D'autres tires se firent entendre, et Luna et Ron furent touchés. Ginny alla détacher Harry en évitant les balles le plus possible, et les professeurs prirent leur courage à deux mains pour faire office de boucliers aux élèves le temps qu'ils soient tous à l'abri.

Draco tira sur les deux Mangemorts qui étaient derrière lui, et lui et Hermione furent à couvert derrière les débris du lustre.

« Hermione, » appela-t-il en l'asseyant contre lui. Ses yeux étaient encore légèrement brumeux et ses sourcils froncés.

Il s'appliqua à retirer chaque aiguille le plus délicatement possible, tout en gardant un œil sur la situation et une oreille tendue vers la respiration de la jeune fille.

« Arrête, arrête, s'il te plaît, » supplia Hermione lorsqu'il eut fini ses côtes.

Il avait enlevé toutes les aiguilles logés dans le bas de son corps, et Hermione se chargea de celle de ses bras, mais laissa celle de ses mains.

« Draco, » elle monta son regard vers lui, semblant enfin réaliser qui était à ses côtés.

Les yeux redevenus bleus l'observèrent attentivement, guettant le moindre changement. Qui arriva rapidement. Comme si elle se souvenait soudainement de qui elle était, Hermione se redressa un coup et secoua la tête pour retrouver le contrôle de son corps et de ses pensées. Son visage reprit ses traits durs et non plus ceux détendus et déformés par la douleur de plus tôt.

« Où est-il ? »

« Qui ? »

« Ton père ! »

La mine de Draco se décomposa :

« Tu as failli y passer y a pas cinq minutes ! Tu ne peux pas être bloqué sur ça ! »

« Draco ! »

Le cri de Narcissa attrapa l'attention des deux étudiants. La femme était penchée sur le corps de sa sœur, les larmes dévalant ses joues. Draco écarquilla les yeux, la réalisation le frappant comme un mur de brique. La femme se tourna vers son fils, les yeux vides.

« Elle le méritait, » dit sa mère, « tu avais raison c'était inévitable, mais pourquoi ?! »

Hermione ne se laissant pas émouvoir et siffla entre ses dents.

« C'est ça la différence entre toi et moi : tu agis sans réfléchir et ne mesures la portée de tes actes qu'après. Moi ? Je réfléchis avant d'agir mais je n'en ai rien à carrer des conséquences. »

Et elle profita de la faiblesse émotionnelle de Draco pour lui voler son arme des mains, et tapa un sprint en dehors du Grand Hall. Le blond réagit pourtant très vite :

« Hermione ! »

Il ignora sa mère et suivit la jeune fille, pratiquement sur ses talons. Il ignora aussi la brûlure qu'il ressentait au cœur à l'idée d'avoir tué sa tante, mais encore sous le choc sa vue se bruma de larme.

Il entendit un bruit de tir, et son cœur cessa de battre.

Non !

Il courut à travers les couloirs, suivant les traces de sang que seul Hermione avait pu laisser. Elles débouchèrent sur le terrain de basket, où il vit son père, les deux mains sur sa cannes, à deux mètres d'Hermione, qui était en position de tir. Son père avait un bout de sa manche déchiré, et Draco en déduisit qu'Hermione avait raté son tir. Du sang dégoulinait de ses mains crispées sur l'arme, et il nota que les aiguilles qui y étaient encore semblaient avoir bougé à cause de la pression sur ses paumes. L'adrénaline devait l'empêcher de ressentir quoique ce soit.

« Hermione arrête ! Je t'en prie recule-toi ! Tu ne sais pas de quoi il est capable ! »

Elle jura et jeta l'arme au sol, avant de sortir de sa poche arrière le couteau de Bellatrix. Les deux Malfoy écarquillèrent les yeux.

Quand et comment a-t-elle eut le temps de le récupérer ? se demanda Draco.

Il n'attendit pas d'avoir la réponse et courut vers elle dans le but de la taclée et de l'empêcher de sois, faire du mal à son père - bien que l'envie était tentante - sois que son père lui en face.

Hermione regardait droit dans les yeux le dernier meurtrier de ses parents, et bien qu'elle eut raté son tir, elle sentit encore l'adrénaline monter d'un cran, étouffant toutes ses douleurs physiques. Elle allait le tuer. Elle allait venger ses parents et pourrait enfin vivre en paix. Où non. Elle s'en fichait pas mal si Lucius la tuait en retour. Tant que le Malfoy mourrait, elle pourrait partir en paix.

« Les Granger, i ans ! Ça te dit quelque chose ?! »

Draco derrière elle s'était arrêtée, mais il n'était qu'à une longueur de bras de la toucher. Elle ne le vit pas, trop concentré sur son père. Lucius fronça les sourcils, avant que le choc ne peigne son visage :

« Ils n'avaient pas de fille ! Je savais que c'était un mensonge ! Les Granger étaient censés être trois, mais aucune trace de toi n'a été trouvé ! »

« J'ai tué les quatre autres responsables de la mort de mes parents ! Tu es le dernier ! Je vais te tuer, et j'en aurai fini avec votre secte de malade ! »

Lucius se reprit et éclata de rire.

« J'aimerai bien voir ça, » dit-il en attrapant la tête de serpent qui ornait le haut de sa cane, pour révéler un vieux pistolet tout à fait en état de marche.

Il ne perdit pas de temps et tira, ignorant encore les conséquences de son geste.

Draco connaissait bien son père. Il connaissait aussi cette cane. Il savait qu'il l'utiliserait. Et il était prêt, lorsqu'il le vit mettre en joue Hermione, à se propulser vers elle pour la pousser. Il pensait avoir le temps de se jeter à terre à ses côtés mais la douleur qui le prit juste au dessus de la poitrine, près de son épaule droite, lui prouva le contraire. Il étouffa un grognement et s'effondra, pour ensuite faire un bruit étouffé quand son dos rencontra le sol violemment et expulsa l'air de ses poumons.

« Draco ! »

Le cri déchirant de Narcissa fut la première chose qu'Hermione réussit à entendre après le retour de son ouïe. Un peu de sang coulait de son front suite à sa chute causée par Draco, mais sa vision n'était pas floue et elle n'avait pas le tournis, ce qui était plutôt bon signe. Après le cri de Narcissa, son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle oublia l'existence de Lucius, se tournant et se redressant vers Draco.

« Connard ! » continua la mère de ce dernier. « Qu'as-tu fais à mon fils !? »

« Draco ? » appela Hermione.

Le jeune homme avait les yeux entre-ouverts mais les sourcils froncés et le visage déformé par la douleur et l'effort de rester conscient. Malgré l'obscurité autour d'eux, Hermione identifia très vite la raison de son état, et elle plaqua une main devant sa bouche en voyant la tâche rouge grandissante qui maculait le t-shirt de Draco.

« Oh non non non non ! Draco ! Regarde-moi ! Hey, je suis juste là ! »

« Hermione, » son souffle était sifflant et la jeune femme sentit son cœur littéralement s'effondrer dans sa poitrine.

Elle ne comprenait pas. Elle était paniquée, inquiète, elle avait peur comme jamais au paravent et tout ça pour lui. Elle le voyait, blessé et probablement mourant, à cause d'elle, et pour la première fois de sa vie, elle se sentit le devoir de rester à ses côtés. Elle ne le considéra pas comme un dommage collatérale dont elle n'avait pas besoin. Elle ne tourna pas la page froidement et continua sa mission.

J'emmerde la mission !

Espèce de folle ! Il va encore s'échapper !

J'en ai rien à foutre ! Qu'il disparaisse ! Qu'il fuit encore ! Que tous fuient ! Aucun n'a d'importance aucun !

Sale-

Toi aussi disparais ! Dégage ! Laisse-moi !

Hermione poussa un cri qui ne lui ressemblait pas et s'effondra le front sur la poitrine de Draco, ses mains appuyant désespérément sur la blessure pour arrêter l'hémorragie.

« Ça va aller, » chuchota le jeune homme.

« Ta gueule ! » pleura la brune en retour. « Tu te tais et tu vis ! »

« Hermione, » appela-t-il une nouvelle fois.

« Quoi bordel ?! »

Il eut un petit rire qui se transforma en toux de sang, paniquant Hermione encore plus.

« Reste, » demanda Draco.

Hermione éclata en sanglot, ne se souciant même plus de ses plans, de ses pensées, de rien, rien d'autre que lui n'avait de place dans son esprit et son cœur à ce moment précis. Elle poussa toutes autres choses et ne se concentra plus que sur lui. Même lorsqu'elle entendit Lucius pressé Narcissa :

« Vite, il faut partir ! »

« Lâche-moi sale monstre ! Je n'irai nul part ! Draco ! Draco ! »

« Narcissa il faut partir ! Peu importe Draco ! »

La femme qui se débattait jusque là se figea soudainement dans les bras de Lucius, qui pensa avoir triomphé. Mais elle se saisit soudain de son bras et en une prise le retourna et le jeta au sol, et tel son fils, son mari tomba lourdement sur le dos. L'expression de Narcissa était figée, malgré les larmes qui coulait le long de son visage.

Elle fit le tour de son mari encore sonné, et se baissa pour récupérer sa cane.

« Narcissa ! Moi qui pensais échapper à la folie en t'épousant toi plutôt que ta sœur ! »

La grande gueule de Lucius se ferma dès qu'il croisa le regard effectivement dément de sa femme.

« J'ai déjà perdu ma sœur ce soir, » dit-elle en retirant une nouvelle fois la tête de serpent de la cane, « je ne perdrai pas en plus mon fils. »

Lucius déglutit en voyant sa propre arme pointée sur lui.

« Mais tu perdrais ton mari ? »

« Quel mari ? »

Et elle tira.

Hermione ne sursauta même pas. Elle n'entendit même pas le tir.

Elle n'entendait que la respiration de Draco, de plus en plus sifflante et faible.

« Reste, » répéta le jeune homme.

Elle avait prit une de ses mains avec les siennes, faisant fi du sang qui les tâchait.

« Je ne vais nul part, je suis désolée, je suis désolée, je ne vais nul part. Alors toi aussi reste ! »

Draco réussit à étirer ses lèvres dans un sourire faible, mais ses yeux se fermèrent entièrement la seconde d'après, causant à Hermione une vraie crise d'hystérie.

Elle ne pouvait pas le perde. Non seulement il était le seul qui savait ce qu'elle était réellement, mais qui avait vu au delà de ça pour voir qui elle voulait être. Mais plus important encore, il était celui qui avait donné une raison à Hermione d'arrêter sa course démente, sa longue descente en enfer. Il avait cru en elle, et elle l'avait laissé se faire tuer à sa place. Il ne pouvait pas la quitter. Elle avait besoin de lui.

Parce qu'au fond, elle le comprit maintenant, elle l'aimait.

« Draco non, Draco ouvre les yeux. Reste avec moi ! Reste ! Toi aussi reste ! Draco ! »