Avant-dernier chapitre ! Le 13e chapitre sera un épilogue assez court, mais d'ici là je publierai le prochain et ''dernier'' chapitre de cette fiction le 3 Mai !
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Baby, alright
Le temps semblait s'être arrêté. Hermione ne réagit même pas lorsque Narcissa s'approcha d'eux et s'agenouilla à côté de son fils. Elle réagit cependant lorsque la femme voulut poser une main sur la joue du jeune homme. Elle donna un coup dedans la main, et releva ses yeux sombres et tachés de larmes face à la Mangemort :
« Ne le touchez pas, » elle avait sifflé chaque mot entre ses dents, dangereuse, abattue.
« C'est mon fils, » répondit Narcissa désespérée.
Les larmes coulèrent autant sur les joues de la blonde que sur celle de la brune. Elle partageait la même peine, et après les événements de la soirée, Hermione n'avait pas la force de continuer à se battre. Elle replongea sa tête contre le torse du jeune homme, et laissa Narcissa poser une main sur la joue de son fils. Le cœur de Draco avait cessé de battre depuis un moment déjà, et cette constatation brûlait la jeune femme à vif.
Elle ne voulait rien regarder ni écouter, mais elle ne put s'empêcher d'entendre. Elle entendit comme le bouchon du seringue être expulsé et des doigts qui tapoter sur une aiguille. Elle releva la tête d'un coup, alerte, prête à tuer. Elle ne vit que Narcissa, penchée au-dessus du corps de son fils, la seringue dans la main, l'aiguille déjà dans le cou de Draco. Son cœur commença à la faire partir en avant pour arrêter la mère, mais son instinct la tint en laisse : elle ne savait pas ce que c'était, mais elle sentait que c'était important.
Elle attendit donc que Narcissa est finie pour lui aboyer dessus :
« Qu'est-ce que vous lui avez fait ?! »
La blonde l'attrapa par les épaules et l'approcha d'elle, le regard paniqué, la voix pressée, tout le corps tendu :
« Écoute-moi bien, il va arriver très bientôt pour finir le travail, et si vous êtes dehors vous serez les premiers à qui il s'en prendra ! L'infirmerie est intacte et elle le restera si vous parvenez à gagner contre lui, alors je t'en supplie, sauve Draco ! »
Elle s'apprêtait à protester qu'elle ne prenait d'ordre de personne, mais la situation lui revint en tête.
Draco était mort.
Parce qu'il l'avait sauvé elle. Maintenant, le meurtrier de ses parents et du garçon qui l'avait sauvé était également mort. Elle pouvait tourner la page. Et cela commençait maintenant.
Hermione prit Draco sous les bras et les genoux, et se précipita aussi vite qu'elle le pouvait avec son poids supplémentaire vers le Grand Hall. Elle fut surprise mais soulagée de ne croiser aucun Mangemorts dans son état, elle n'aurait rien pu faire.
Elle rejoignit enfin la salle commune et le choc prit place de voir autant d'ennemis inertes sur le sol, tués par leur propres armes, quelles soit blanche où à feux. Seul une petite poignée devait s'être échappée.
« Miss Granger ! Dieu soit loué vous êtes saine et sauve- »
Le professeur McGonagall cessa immédiatement sa phrase en voyant l'état dans lequel elle était et surtout, le corps dans ses bras.
« Madame Pomfrey ! Poppy ! » appela la professeur en panique.
Hermione semblait sous le choc alors qu'en réalité, elle avait encore un bon contrôle d'elle-même. Pomfrey arriva avec un brancard, et la jeune femme raconta aux deux femmes tout ce qui venait de se passer. L'infirmière partit directement vers l'infirmerie où elle pourrait - Hermione priait pour - sauver Daco. Snape l'accompagna, l'école encore non sûre même pas une heure après les derniers échanges de tirs. Comme un automate, Hermione suivit McGonagall jusqu'à une table où elle fut assise, pendant que sa professeur s'occupait de ses blessures. Et elles étaient nombreuses.
Les yeux de la jeune femme firent d'eux-même leur chemin vers la table de torture approvisionnée par Bellatrix. Bien qu'elle ne soit plus dessus, en revoyant la croix gravée dans le bois, les tâches de sang là où elle avait planté les clous sur son corps et la petite flaque du sang causée par la blessure son bras, elle sentit la douleur et la panique remonter. Elle n'avait jamais été le genre à se laisser abattre, elle avait fait des choses innommables mais n'avait jamais été victime.
De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues, mais ses yeux continuaient à irriter.
Son regard passa ensuite sur le lustre, éclaté au sol en milliers d'éclat, pour s'arrêter sur le corps inerte et à moitié caché de Bellatrix. Ses yeux fous étaient ouverts, témoins de la rapidité et de la surprise de sa mort, et son visage portait des traits doux, et non ceux terrifiant qu'Hermione lui connaissait. Un frisson violant la prit : Bellatrix semblait plus saine d'esprit morte que vivante. Hermione se sentit glacer jusqu'au sang.
« Bien que vous ayez passé nombres d'années dans la rue, vous restez des enfants. Et un enfant ne devrait pas avoir à vivre ça, » dit McGonagall en essuyant délicatement le sang sécher et celui encore frais de la plaie sur son avant-bras.
Toujours comme robotisée, Hermione tourna la tête vers elle, observant la femme. La douceur et l'attention portée était si différent de ce dont elle avait l'habitude. Il y a vingt minutes elle se faisait torturée sur une table, pieds et poings liés, et maintenant, on prenait soin d'elle tant et si bien qu'elle ne ressentit aucune douleur.
« Vous semblez avoir déjà fait ça, » remarqua Hermione.
McGonagall eut un sourire triste.
« Les autres élèves l'ont constaté tout à l'heure alors vous le cachez sera inutile, mais oui. Nous tous, professeurs ici, n'avons pas été étrangers à ce qui s'est passé aujourd'hui. »
La femme commença à bander son bras, minutieusement et délicatement.
« Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais lors de votre premier jour, vous m'aviez demandé pourquoi je faisais ce métier ici. »
Ce n'était pas tout à fait exact, elle lui avait plus montré un air dédaigneux et l'avait pris de haut pour vouloir enseigner à des cas sociaux comme eux. Elle se souvenait de chaque mots échangés :
« Et vous avez quand même accepté de nous enseigner ? En sachant ce que vous risquez ? »
McGonagall s'arrêta au milieu du couloir et se tourna vers Hermione, un sourire compatissant aux lèvres :
« Vous êtes des élèves comme les autres Miss Granger. Ce que vous traversez, ce que vous avez vécu, tout ça n'a aucune importance. Nous sommes ici pour vous. Pas pour le directeur. C'est vous que nous voulons aider, soigner. »
« Certains d'entre nous ne peuvent pas être soignés Professeur. Ginny, Luna, moi, ça dépasse le simple incident. Nous sommes mentalement instables et malades. »
McGonagall élargit son sourire :
« Tout peut être guéri Miss Granger. À un certain degrés bien entendu. »
Si Hermione avait su que des mois plus tard, les paroles de McGonagall se prouveraient vraies ...
Elle fixa de nouveau sa professeure, une nouvelle vision d'elle en tête. A part Ombrage, aucun professeurs n'avaient fini dépassés quand Luna faisait des crises en classe, ou quand certains se réveillaient au milieu de la nuit en criant, disparaissant dans les couloirs de l'école pour se retrouver seul avec leurs pensées. Ils avaient toujours su quoi faire. Mais pas comme des éducateurs spécialisés, non c'était différent. Ils agissaient comme s'ils avaient déjà été à leur place.
« Professeur, » appela Hermione. « Pourquoi est-ce que vous nous enseigner, malgré nos troubles et autres problèmes ? »
La question semblait stupide maintenant, mais elle se devait de la poser. McGonagall elle-même lui avait fait comprendre. La femme finit d'ailleurs de panser son bras, et se redressa, sa longue robe de nuit à motif écossais couverte de sang et de poussière.
« Parce que je veux pouvoir vous tendre la main, comme on m'a tendu la main, » répondit-elle, un sourire maternel aux lèvres, les yeux déterminés et compatissants.
Hermione ferma les yeux et hocha la tête : elle avait compris. Un tissu se posa sur ses épaules et elle ouvrit les yeux pour remarquer que Pansy s'était assise à ses côtés, elle aussi une couverture autour d'elle. La brune ne la regardait pas, mais Hermione apprécia énormément le geste.
« Je suis désolée. Je n'ai peut être pas à m'excuser. Mais je suis désolée que tu es subie ça, simplement parce que tu 'es pas entièrement d'Angleterre. J'ai honte de l'être, quand je vois comment ceux qui le sont également réagissent. »
« Ne le sois pas. Si cette nuit m'a appris plusieurs choses, l'une d'elle est que tu dois être fière de qui tu es. Peu importe ce que les autres en dises, peu importe quelle partie de toi est concernée, tu dois rester fière. »
Elle avait porté la main à son bras meurtri par réflexe. Pansy le vit, et mordilla sa lèvre inférieure.
« Nous n'avons pas souffert de violences physiques parce que les Mangemorts nous considèrent comme les leurs, mais ça me dégoûte. »
Hermione resta silencieuse et observa la salle. Harry avait les poignets marqués par les cordes qui l'avaient maintenu en place, et aidait Luna à se remettre debout. La blonde avait une trace encore rouge sur la joue dû à la gifle donnée par Bellatrix, mais sa cheville semblait aussi être blessée. Les Weasley et Cho s'occupaient de verser à tous le monde du thé et à distribuer de la nourriture. Trelawney avait déjà prit en charge les élèves les plus fragiles comme Neville et Dean - que Seamus refusait de laisser partir - dans le but d'apaiser leur esprit et d'apporter les « premiers soins » psychologiques. Blaise aidait les professeurs à faire une pile avec les corps des Mangemorts dans un coin.
« Draco- »
« Je sais, on t'a tous vu rentrer avec lui dans les bras. »
Hermione se tourna vers Pansy étonnée :
« Et vous êtes encore là ? »
« On ne peut pas aider Draco. C'est au-dessus de nos moyens. Nous devons laisser ceux qui le peuvent agir, et aider là où on a besoin de nous. C'est comme ça qu'il ferait, et c'est comme ça que nous faisons. »
Hermione se remit à fixer le mur en face d'elle. Elle se sentait si faible et fatiguée. Elle combattait ses sentiments, refusant de laisser sa garde baissée même une seconde. Hermione se rendit compte qu'après tout ça, non seulement elle devrait s'ouvrir à Draco, mais aussi à Pansy. La jeune femme avait été très présente, non seulement en étant la colocataire de chambre d'elle, mais aussi de part tous ses moments où elle avait été présente pour la jeune femme de son plein gré.
« Repose-toi, tu le mérites, » Hermione sentit son corps être penchée, et elle se retrouva bientôt la tête sur les genoux de Pansy.
Elle essaya de chuchoter un merci mais seul un long soupir lui échappa. Une main fit son chemin dans ses boucles, et c'est sur cette sensation familière qu'elle s'endormit.
Elle se réveilla en sursaut au son des haut-parleurs qui grésillèrent. Elle sursauta et se redressa, le bassin et l'épaule légèrement douloureux d'avoir été à même la table pendant ... elle ne savait même pas combien de temps. Mais elle savait que Pansy s'était aussi endormie sur elle, bras croisés sur ses côtes et tête posée dessus. Elle eut peur de l'avoir réveillée - ça aussi s'était nouveau - mais la brune semblait déjà consciente depuis longtemps. Pansy l'aida à se remettre en position assise.
« Merci, » murmura Hermione sans la regarder.
Pansy eut un petit rire et répondit :
« Je l'avais entendu la première fois. »
Un autre larsen venant des micros du Grand Hall coupèrent court à toute discussion, et tous portèrent leurs mains à leurs oreilles, tentant d'empêcher le son douloureux de parvenir à leurs tympans.
« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?! »
« J'en sais rien ! »
« Chers élèves et Professeurs ! De ce que je sais, ces dernières heures ont été plutôt intenses, et bien que les pertes soient essentiellement de mon côté, je sais que certains d'entre vous sont blessés. »
La personne à qui appartenait la voix inconnue fut identifiée par Hermione très rapidement lorsqu'elle se souvint des paroles de Narcissa. Quelqu'un confirma ses doutes la seconde d'après :
« Oh merde, » souffla Blaise. « Tom Jédusor- Voldemort ! »
Les élèves eurent différentes exclamations de surprises et de peur, et tous se tournèrent vers les adultes. Ils n'étaient pas serins non plus. Cela se voyait sur leur visage. Ils avaient certes récupérés les armes des Mangemorts et d'après ce qu'avait dis McGonagall à Hermione, savaient s'en servir, mais ils ne savaient pas combien il y en avait dehors.
La voix reprit :
« Je vais donc vous donner une chance. Une chance de survivre. Je ne souhaite pas que vous autres soyez blessés où encore pire, tuez. J'ai seulement un compte à régler. Et je ne souhaite que la vie de cette personne, en échange pour vos vies à vous. Livrez-le moi et je vous épargnerez. »
Comme déjà au courant de qui était concerné, Snape se tourna vers Harry.
« Livrez-moi Harry Potter ! Je vous laisse une demi-heure. Après ce délai, je laisserai mes Mangemorts réinvestirent l'école et je ne donne pas chère de vous. »
« Non ! » cria Ginny.
Elle observa autour d'elle avec peur, prête à mettre au sol qui oserait approcher. Hermione soupira et noua ses cheveux serrés. Pansy eut un rire et jeta sa couverture au sol.
« Pour qui est-ce que tu nous prend ? »
« Toi tu es une sale sans pure ! » défendit Ron.
« Toi aussi aux dernières nouvelles, » rappela Hermione blasée.
« Je ne veux pas livrer Harry à ce monstre. Je sais très bien de quoi il est capable. J'espère juste que vous êtes prêt à tout faire pour ne pas finir troué ? »
« Ils ont sûrement encerclé toute l'école pour être sûr qu'aucun de nous ne s'échappe. »
« C'est probable. Les blessés vont rejoindre Draco dans l'infirmerie, » dit Madame Pomfrey, « j'ai enclenché la porte blindé et j'ai appelé Dumbledore. »
« Ce serait pas mieux d'aider les flics ? » demanda Seamus.
« Cette école est grandement désapprouvée par le gouvernement, je doute que la police nous soit d'une grande aide. »
« Même en leur disant qu'ils peuvent mettre tous les Mangemorts à l'ombre ?! »
« Je te rappel que les Malfoy étaient des politiciens, qui dit qu'il n'y a pas des pourris chez les bleus aussi ? »
Seamus grogna. Luna aidée de Cho, accompagnées de Trelawney se dirigèrent vers l'infirmerie, chaque couloir examiné avec attention pour ne pas faire de mauvaise rencontre.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Ron.
Sa propre sœur lui tendant un couteau répondit à sa question. Hermione se perdit dans la contemplation des corps des Mangemorts. Elle nota quelque chose dépassant de la manche de l'un d'eux et l'approcha. Blaise ramassait la dernière arme sur un des corps quand il la vit approcher.
« Un problème ? » demanda-t-il.
Elle ne répondit pas et leva la manche pour découvrir un tatouage qui leur donna des frisson dans le dos. Un crâne entouré d'un serpent couvrait l'avant-bras de l'homme, et la jeune fille et le garçon échangèrent un regard curieux.
Très vite ils trouvèrent sur chacun des corps un tatouage similaire.
« Ça n'a probablement aucune importance, » dit Hermione.
« C'est grâce à ce tatouage qu'ils se reconnaissent entre eux. C'est un peu tard pour découvrir cette information ... » approuva Blaise.
« J'ai dit non Ginny ! Je ne vais pas tous vous mettre en danger alors que ce n'est que moi qu'il veut ! »
Ils se relevèrent et se tournèrent vers la source du bruit, Pansy maintenant à leur côté. Harry semblait se disputer avec les Weasley, et Hermione se vit dans le garçon brun à ce moment. Surtout lorsqu'il ajouta :
« C'est quelque chose que je dois faire seul ! Il a tué mes parents ! En personne ! Et avant de pouvoir m'atteindre ma mère avait trouvé le moyen de le brûler grièvement ! Il n'a de compte à régler avec aucun d'entre vous, alors restez en dehors de ça. »
« Tu penses réellement t'en sortir seul ? »
Surpris, les trois en conflits et même tout le monde se tourna vers Hermione. Elle avait de nouveau un visage froid, mais contrairement à celui qu'elle arborait avant, ses yeux laissaient transparaître une transparence : celle de la solitude qui l'avait pesé et de la vulnérabilité qu'elle avait ressenti ses dernières heures.
« Tu veux te venger, mais tu y laisseras ta vie avant d'avoir réussi quoique ce soit. »
« C'est riche venant de toi, » mordit Harry en retour, le regard venimeux, « Draco ne vient pas de se prendre une balle justement parce que tu était obsédée par ta vengeance ?! »
Elle encaissa le coup sans rien dire ni laisser paraître, mais ses poings se refermèrent et elle enfonça ses ongles dans ses paumes.
« Tu l'as dit toi-même, à cause de ce que je voulais quelqu'un à qui je tiens à été blessé. Ça devrait te mettre la puce à l'oreille non ? » elle le vit ouvrir la bouche pour protester mais le coupa avant : « Oh je t'en prie, j'avais littéralement frappé Draco et il est quand même intervenu, tu crois vraiment que dire aux Weasley de ne pas s'en mêler sera assez ? Tu es naïf et ça te tueras. »
Il baissa les yeux, ceux-ci s'agitant derrière ses paupières pour trouver quelque chose, n'importe quoi pour se sortir de cette situation.
« James et Lily n'ont pas donné leur vie pour préserver la tienne pour que tu la foutes en l'air maintenant, » intervint Snape.
« Pour une fois, je suis d'accord avec Severus. »
Le professeur de Chimie ne sembla pas plus déphasé que ça lorsque Sirius Black apparut dans le Grand Hall. Harry se jeta sur lui sans hésiter et les hommes échangèrent une longue étreinte. Snape les observa avec dégoût, mais au fond de ses prunelles un certain soulagement était présent.
« Sirius ! »
Tous semblaient partagés entre soulagement d'avoir un individu de plus et être inquiet parce que l'ancien détenu était connu pour être familier avec les Mangemorts, mais surtout :
« Comment vous êtes arrivé là bordel ? » demanda Blaise incrédule.
« Monsieur Zabini, langage, » gronda McGonagall.
Mais même elle gardait main ferme sur son arme et observait avec attention Sirius.
« Je viens en paix, » plaisanta l'adulte en s'éloignant de son filleul les mains levés. « Je suis rentré par une des fenêtre à l'arrière du bâtiment avant que le big boss arrive. Ma chère cousine semble oubliée que la tromperie est de famille. »
Il sortit un couteau papillon de sa botte.
« Je m'en suis servi pour couper les cordages qui me retenaient. Je suis arrivé un peu tard ... désolé pour ça ... »
Il semblait s'en vouloir et observa la salle autour de lui. Les étudiants encore en pyjama mais couvert de pansement, certains avec de tâches de sang et des bandages. Les professeurs dans le même état mais armés. Le bordel qui les entourait, les chaises, tables, contre les murs, renversés. La dizaine de corps alignée dans un coin dont celui de sa cousine.
Il s'approcha les yeux écarquillés et prit son pouls, comme pour confirmer ce qu'il n'arrivait pas à croire.
« Qui ? » il déglutit, et au début, tous une peur qu'ils soient bel et bien un espion, et que la mort de sa cousine l'ait énervé. « Qui l'a tué ? »
Mais sa voix semblait prise par l'émotion, car même si cette femme était un monstre elle restait sa famille. Pourtant ses yeux semblaient soulagés et ses épaules ôtées d'un poids lourd.
« Draco, » répondit Harry, seul à l'aise dans cette situation.
Sirius se tourna choqué :
« Draco ?! Le petit Draco ? Le fils de Narcissa ? »
« Oui, » intervint Blaise. « Pourquoi ? »
« C'est bien ce que je me demande, pourquoi ? »
« Parce que, » coupa Hermione agacée.
Elle prit à Blaise une des armes récoltées sur les Mangemorts et la braqua sur lui. Elle défit le cran de sécurité et même si elle ne tenait l'arme qu'à une main, elle prouvait qu'elle savait s'en servir.
Sirius ne tiqua pas, contrairement à Harry.
« Hermione ! Baisse ton arme ! »
Ignorant le brun royalement elle s'approcha de Sirius jusqueà être la sortie du flingue contre son front et lui ordonna :
« Montre tes avant-bras. »
Il sembla comprendre et le fit sans questionner ni hésiter. Elle ne quitta pas des yeux ceux impressionnés et amusés de l'homme et Blaise vint confirmer que Sirius était couvert de tatouages mais qu'aucun n'était celui des Mangemorts.
Elle baissa son arme et repartit dans l'autre sens.
« J'aime ton style petite- »
« Ne m'appelle pas petite. »
« Ok ok, » rit-il. « J'ai votre confiance maintenant ? »
Personne n'avait osé le dire mais Hermione avait en effet apporté la confirmation qu'ils pouvaient lui faire confiance.
« Ton plan ? » claqua Snape, satisfait que son ancien harceleur et était tenu en joue par une adolescente.
« Il va falloir bouger vite, ça fait déjà un quart d'heure de passer et Jédusor n'est pas un homme patient. Il veut Harry, mais si tous se présentent en face de lui, il ne vous fera rien. »
« Tu veux laisser les enfants en première ligne devant des dizaines de Mangemorts armés en te basant sur la supposition que Voldemort ne leur fera pas de mal ? » s'insurgea Snape.
« Non ! Nous serons devant eux, les enfants resteront derrière, Harry caché parmi eux. Tout doit se finir ce soir, nous n'aurons pas de deuxième chance. Jédusor doit mourir ce soir, et c'est moi qui m'en chargerait. »
Snape eut un rire jaune.
« Toi ? Tu penses que toi tu peux tuer Voldemort ? Encore plus arrogant que tu ne l'étais à l'époque ! »
« On peut arrêter le combat de coq avant qu'il ne commence ? Non mais parce que vous ne servez pas à grand chose là en faite ... »
Les deux hommes se tournèrent outrés vers Pansy qui les observait, mains sur les hanches.
« On y va, vous, nous, tous ensemble et on se bat. On essaye de régler ça pacifiquement si on peut, et si on ne peut pas, on trouve une autre solution. On improvise. »
« Ça ne fonctionnera pas, » râla Sirius.
« On l'a fait toute notre vie, » lâcha Dean ennuyé. « C'est comme une seconde nature pour nous. »
« Et si l'un de vous est blessé ? » demanda McGonagall.
« Blessé ne veut pas dire mort, » rétorqua Ginny.
Tous ça ne plut pas aux professeurs, mais ils manquaient de temps, de ressources, et de choix. De plus, presque tous les étudiants étaient déjà armés et prêt à en découdre. McGonagall soupira.
« Espérons que Dumbledore arrive vite, » chuchota-t-elle.
Et tous s'engouffrèrent dans les couloirs. Ils se dirigèrent à pas de loup vers l'entrée de l'école, non surpris de voir des morceaux des moulures aux murs en travers de leur chemin. Juste avant d'arriver devant l'entrée, ils devaient passer le tournant d'un couloir, qui serait parfait pour les abriter vu les débris qui jonchaient le sol un peu partout autour.
Harry inspira un grand coup et fit connaître sa présence : tous les Mangemorts attendaient juste à l'intérieur dans l'entrée qu'ils avaient défoncé plus tôt. Dès que sa tignasse brune fut visible, il devint la cible de dizaines d'armes braqués sur lui, et les bruits métalliques de celles-ci fit grincer des dents Hermione.
« Où est-il ? » demanda Harry.
« Ici. »
La voix était encore plus terrifiante à travers un micro grésillant qu'en vraie, ce qui ne rassura cependant personne car tous comprirent très vite à qui elle appartenait. Hermione ne voulait pas griller leur stratégie, alors elle récupéra un morceau de fenêtre et s'en servit pour observer ce qui se passait. Les Mangemorts toujours braqués sur Harry s'étaient séparés au milieu, laissant une allée bien visible pour l'arrivée de leur boss.
Ça fait très dramatique ...
Elle ravala tout trait d'humour en voyant surgir des ténèbres Tom Jédusor, responsable indirecte de la mort de ses parents mais aussi de tant d'autres. Hermione eut des sueurs froides en voyant Narcissa le suivre, larmes aux yeux, mais froide et impressionnante.
Elle comprenait mieux maintenant pourquoi Jédusor avait disparu pendant des années après l'incident chez les Potter, bien qu'il ait réussi à maintenir ses activités jusqu'à sa disparition réelle. Son visage était entièrement brûlé, maintenant couvert d'une peau cicatrisée mais très fragile qui laissait apparaître des rides et autres attraits qui firent se sentir mal Harry. Le feu ne l'avait épargné que grâce à un miracle, mais Voldemort n'avait pas eu cette chance.
Il faut dire que Lily Evans-Potter lui avait jeté un linge imbibé de gazole avant de s'approcher de lui avec un briquet allumé, ce qui lui fut fatale mais qui sauva son fils. Jédusor avait dû essayer la chirurgie reconstructive, en vain, puisqu'un énorme bout de nez - pour ne pas dire tout son nez - lui manquait, lui donnant une allure de serpent.
A ses côtés se tenait une femme aux traits asiatiques, ses longs cheveux bruns retenus en un chignon désordonné, habillée d'une longue robe bleue aux manches de soie. Elle avait l'air misérable, bouche couverte de noir non souriante. Elle était magnifique, mais Hermione devina que ce n'était pas la raison qui poussait Jédusor à la garder près de lui. Lui-même était drapé dans une longue cape noire par-dessus son costard-cravate noir également.
« Harry Potter, enfin je te retrouve, » susurra l'homme.
Un vrai serpent. Ginny, qui observait la scène avec elle, eut du mal à réprimer un haut-le-cœur et un frisson. Hermione prit sa main dans la sienne et serra, dans le but de la réconforter. Elle surprit elle-même et la rousse avec ce geste, mais la Weasley sut mieux que de commenter et agrippa aussi la main.
Voldemort remarqua l'arme d'Harry et un rire lui échappa.
« Comme c'est mignon. Bien. Avant de t'emmener, que dirais-tu de faire sortir de leur cachette tes petits amis ? »
Les professeurs se figèrent et les étudiants jurèrent avant de faire signe de se révéler. Il manquait cependant deux d'entre eux : Pansy et Seamus, mais ça, les autres ne le savaient pas. Il manquait également Flitwick, qui était avec eux.
Les trois se trouvaient quelque part dans l'établissement, après avoir récupéré des armes du Grand Hall.
Juste avant qu'ils ne partent tous, McGonagall avait révélé un sorte de coffre fort caché derrière sa chaise de directrice, dans lequel se trouvait différentes armes. Devant les regards choqués et surpris des élèves ET professeurs, elle s'était expliquée :
« Dumbledore. Il craignait que quelque chose comme ça ne se produise, et sachant que tous ici seraient capable de s'en servir, il a fait en sorte de nous donner de quoi défendre l'école si jamais il était absent. Les cours de tirs servaient aussi à ça ... »
« Et ça ? » s'étonna Vector en désignant une arme inconnue de tous.
« Dernière acquisition du directeur après l'arrivé de Monsieur Finnigan. »
« Putain j'adore ce directeur ! »
« Langage, » grogna la femme.
Pansy s'était révélée être une snipeuse de choix, tandis que la pyromanie de Seamus allait être mise à profit. Quand à Flitwick, le professeur de littérature allait faire usage de sa petite taille et semer des grenades un peu partout dans les lignes ennemies, priant de ne pas se faire attraper. Il y avait différente mitraillette et type de flingues que tous avaient ramené en masse avec eux, mais ne gardèrent qu'une simple arme blanche lorsqu'ils se présentèrent devant leurs ennemis, de manière à leur faire croire qu'ils étaient en position de faiblesse.
« Sirius ... » souffla Narcissa en voyant son cousin.
« Et oui, tu ne pensais pas pouvoir me laisser attacher dehors et menacer la vie de mon filleul sans que je ne réagisse ? »
Elle grinça des dents et serra les poings. Jédusor leva la main pour lui dire de se calmer et observa comme fasciné tous se présenter devant lui, et aux côtés d'Harry. Pas devant, ni derrière, non, sur la même ligne que lui. Cette constatation arracha un autre rire sinistre à Voldemort. Hermione, elle, n'avait d'yeux que pour Narcissa, qui elle aussi fixait la jeune fille avec un mélange de peur, d'espoir, et de regret.
« Où est ton abruti de mari Narcissa ? Tu l'as enfin remis dans le zoo où tu es allée le chercher ? »
Narcissa déglutit mais d'une voix répondit à son cousin :
« J'ai tué Lucius. »
Contrairement à ce qu'on aurait pu pensé, affirmer ça tout haut ne fut pas dangereux pour la femme. Voldemort compléta son discours en voyant la surprise sur le visage du Black.
« Lucius était un de mes meilleurs élément, mais il est allé trop loin en touchant à ma chère et tendre. »
« Bellatrix ? » s'étonna Sirius.
Dans le ton de l'homme, Narcissa sut tous de suite que son cousin savait que ce n'était pas réellement Lucius qui avait assassiné Bellatrix, et supplia du regard Sirius de ne rien dire. Hermione y passa aussi, mais elle ne comptait pas avoir la langue pendue : elle avait très bien comprit la situation. Draco était considéré comme un traître, cependant il avait encore une chance de s'en sortir sauf si on apprenait la vérité. Narcissa avait donc monté ce subterfuge pour protéger son fils. Hermione l'admirait au moins pour ça.
« Harry, approche, » demanda Voldemort. « Ils ont décidé de tous te suivre, mais tu peux encore les épargner. Je peux encore les épargner. »
Harry s'avança, sourd aux appels des autres. Quand il fut à mi chemin entre eux et les Mangemorts, il s'arrêta. Cela sembla satisfaire Jédusor, puisqu'il posa un main dans le dos de la femme à la robe bleue et la poussa légèrement en avant.
« Nagini, vas-y. »
La jeune femme s'avança, le regard toujours lourd de tristesse, et tendit sa main devant elle. Hermione eut un sursaut en voyant un très long serpent s'enrouler autour d'elle à partir des jambes, remontant le long de sa taille pour passer dans son dos en enfin s'enrouler autour de son bras. Elle était svelte et fine, mais semblait avoir de la force considéré que le serpent était très large, qu'il devait peser un bon poids, mais qu'elle le portait à bout de bras.
La femme, Nagini, s'approcha d'Harry, gardant la longueur de son bras comme distance de sécurité. Soudainement, sans que personne ne vit ni l'un ni l'autre bouger, elle se retrouva derrière Harry avec son serpent, mais face aux élèves et professeurs, et le reptile avait refermé ses crocs juste au creux du cou du jeune homme. Ginny étouffa un cri et Blaise la retint de partir vers le jeune homme.
Harry suffoqua, mains portées à sa gorge, puis s'effondra, du sang s'écoulant de ses plaies en petites quantités mais sans discontinu. Le serpent vert, long d'environ trois mètres, s'enroula de nouveau autour de sa maîtresse, et Hermione vit qu'il était aussi malheureux que l'était la belle jeune femme.
Jédusor explosa de son rire sinistre et s'approcha, jusqu'à être juste devant le corps d'Harry. Le respect qu'avait cet homme fut prouvé comme inexistant lorsqu'il utilisa son pied nu pour tourner le visage du garçon, satisfait de voir une expression de douleur. Il l'enjamba ensuite, le couvrant partiellement avec sa cape, et vint prendre une des mains de la femme au serpent.
« Je vous présente Nagini. Je l'ai ramené avec moi lors de mon exil en Albanie. La pauvre créature était prisonnière d'un cirque avec son animal de compagnie et je l'ai sauvé de cet enfer. Originaire d'Indonésie, elle aurait grandit avec ce serpent, et peut même lui parler. Nagini, s'il te plaît ... »
La jeune femme baissa les yeux avant de parler dans une langue inconnue de tous, mais très utilisée avec des sons en -s et en -ch, et après son silence, son serpent lui répondit. Jédusor lui-même n'avait pas comprit mais sourit de ses dents sales.
« Incroyable. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils se disent mais je trouve ça fascinant. J'appelle ça du fourchelangue. »
Il se retourna ensuite vers Harry.
« La particularité de Croyance, le serpent » pensa-t-il bon de préciser en se tournant vers les autres, « et que ses plaies sont inguérissables. Enfin, avec l'antidote, comme pour chaque venin. Mais c'est là le jeu ! Le venin n'empoisonne pas le sang, mais les cellules, rendant la fermeture des blessures causées par ses crocs non réalisables. Tu vas donc te vider de ton sang jusqu'à ce que ça te soit fatale, » conclut-il en regardant les yeux verts furieux du jeune homme mourant.
« Non ! Harry ! » Snape, étonnamment, s'interposa sur le chemin de Sirius, aidé de Sprout.
« Black, retiens-toi ! »
« Tu n'en as rien à foutre de lui, laisse-moi passer Severus ! »
« Tu sais très bien que c'est faux, » siffla le professeur entre ses dents et même si ça ne calme pas Sirius ça l'empêcha de se débattre.
Hermione ne fusillait pas du regard la pauvre Nagini contrairement à Ginny, et quand la femme capta son regard, elle y vit toute la tristesse et les malheurs du monde.
« Maafkan aku, » murmura-t-elle, surprenant tout le monde.
Jédusor la regarda confus mais décida de ne pas retenir, tandis qu'Hermione venait de comprendre que Nagini venait de leur parler dans sa langue. Elle ne parlait malheureusement pas Indonésien, mais le ton lui fit penser à un pardon. Elle espérait avoir raison.
Son cœur battait de plus en plus vite. Tous étaient crispés, armes braquées sur Voldemort, cerveaux en ébullition pour chercher comment sauver Harry.
Le premier, non inquiet, rejoignit ses Mangemorts, la main de Nagini toujours dans la sienne. Harry s'était tourné vers les élèves, désespéré et en attente d'aide.
« Narcissa, confirme-moi la mort du garçon. Toi, » dit-il en désignant Hermione. « Tu vas récupérer son corps. »
Narcissa et Hermione s'avancèrent en même temps, les deux armes en main braquées sur l'autre. Elles ne se quittèrent pas du regard, s'agenouillèrent, et posèrent leurs armes en même temps. Narcissa se pencha et prit le pouls d'Harry, mais Hermione l'entendit clairement demander :
« Est-il vivant ? Est-ce que Draco est vivant ? »
Harry ouvrit des yeux affaiblis et vidés de leur lueur de vie vers Hermione, qui sentit son cœur battre dans ses oreilles. Elle ne laissa rien paraître, et se contenta de se pencher quand Narcissa recula, de manière à ce que personne ne la voit lorsqu'elle répondit :
« Oui. »
Narcissa se redressa et Hermione se tint prête à se saisir de son arme, mais à sa grande surprise, la femme dit :
« Il est mort. »
Hermione ferma les yeux de soulagement, ce qui pouvait complètement passer pour du désespoir où de la tristesse. Derrière elle, elle entendit les genoux de Ginny heurter le sol et le cri étouffé de Sirius.
Lorsqu'elle récupéra le jeune homme dans ses bras, Hermione sut d'une certaine façon que tout se déroulait comme il fallait malgré la blessure d'Harry.
C'est bien "Je suis désolée" que Nagini dit à Hermione.
