Voici ! Le dernier chapitre de cette fanfiction ... Il reste l'épilogue que je prévois de publier cette semaine, et spoiler alerte, il y aura un saut de 15 ans. Merci à ceux qui ont suivi, commenté, et surtout laissé des Kudos. J'espère que vous avez aimé lire cette histoire autant que j'ai aimé l'écrire. Si certains de vous me suivent en général je vais poster moins souvent, faire une petite pause le temps des partiels, mais je reviendrai avec d'autres idées ;)

Chapitre 12 : I don't need a man to be holding me to tight

Tout s'enchaîna très vite. Le cercle des étudiants et professeurs se referma très vite autour de Hermione et Harry, et la jeune femme ne perdit pas une seconde :

« Aucunes réactions, aucune. »

Ginny se figea à ses côtés, yeux fixés sur Harry :

« Il n'est pas mort, je ne sais pas pourquoi mais ses blessures ne sont pas aussi graves que décrites par Jédusor. Le poison du serpent n'empêche pas les plaies de se refermes, au contraire, il semble accélérer la guérison. »

« Comment c'est possible ? » sanglota la rousse.

Assez fort pour que les Mangemorts l'entendent, mais assez désespéré pour qu'ils ne trouvent rien d'étrange dans l'exclamation.

« Je ne sais pas. Mais je sais que c'est grâce à Nagini. »

« Et ? Elle n'est pas notre priorité, » rappela Blaise.

« Elle est la mienne, » trancha la jeune femme.

Hermione passa le corps d'Harry qui fit de son mieux pour rester immobile malgré la douleur à Sirius qui se dépêcha d'aller le mettre en sécurité. Voldemort sembla seulement remarquer que quelque chose semblait étrange, puisque même Harry parti, tous restaient encore en cercle, accroupis au sol.

Hermione capta le reflet d'un viseur d'un fusil de snipe du coin de l'œil sur le toit du gymnase et fit un discret clin d'œil à Pansy, qu'elle savait en train d'observer depuis le début.

En une seconde Voldemort sortit son arme, impatient et surtout suspicieux, mais un chaos qui se déclencha dans les dernières lignes de Mangemorts happa son attention.

« Brûlez-tous sales sorcières ! »

Dean eut un petit rire nerveux en reconnaissant le voix de Seamus. La fameuse arme dans laquelle le directeur avait investi après l'arrivé du jeune homme était un lance-flamme. Oui oui, un lance-flamme. En effet parfait pour Seamus, qui avait des problèmes de pyromanie qu'il avait pourtant réussi à dissimuler et gérer depuis son arrivé.

« Je vais le rejoindre avant qu'il ne s'attire plus de problèmes, il ne pourra pas les retenir longtemps et il aura besoin de protection après ! » informa Dean.

« Je vais vous accompagner Monsieur Thomas, » dit McGonagall.

Les deux réussirent à se faufiler discrètement dans la direction opposée aux Mangemorts de manière à trouver une fenêtre assez loin pour faire le tour sans se faire repérer et aller soutenir Seamus. Hermione finit de charger son pistolet et attrapa le fusil de chasse que lui tendit Blaise. Elle se remit sur pieds et avec le jeune homme, ouvrir le feu sur les Mangemorts de dos. Voldemort fut touché au bras par les premiers coups, mais très vite utilisa ses adeptes pour se protéger. Bien que Blaise n'est pas semblé intéressé par la protection de Nagini, il tira sur une Mangemort qui essaya de l'emporter en lieu sûr. Ils évitèrent de les toucher dans des endroits mortelles.

Fusil de chasse oblige, ils ne purent tirer en rafale et furent à sec rapidement, alors Hermione décida de passer au corps à corps. L'entrée avait été assez vidée de la masse qui l'envahissait plus tôt, mais en même temps certains Mangemorts tentaient d'échapper aux flammes extérieurs. Ils avaient réussi à les prendre par surprise des deux côtés maintenant ils refermaient le piège et leurs ennemis se retrouvaient pris en sandwich, serrés les uns contre les autres.

Hermione esquiva, encaissa et rendit coups sur coups, jusqu'à atteindre Nagini, terrifiée et recroquevillée près d'une fenêtre. Croyance siffla dangereusement quand la jeune fille approcha, et Nagini tourna des yeux paniqués vers elle.

« Je ne veux pas te faire de mal ! »

Elle dût esquiver les assauts d'un Mangemort, lui fit une clé de bras et l'assomma contre le sol. Nagini mit sa main devant sa bouche pour étouffer un cri.

« Je sais je sais, » souffla Hermione en prenant le temps d'attacher ses cheveux. « Mais je veux t'aider, comme tu m'as aider ! »

Nagini agit comme si elle ne comprenait pas.

« Je sais ce que tu as fait pour Harry, ton serpent ne l'a pas vraiment empoisonné, pas vrai ? »

Hermione avait lentement déposé l'arme au sol et levé les mains, maintenant un œil sur les ennemis pour ne pas faire une cible facile. Elle parlait vite, pressée, et inquiète. Après Draco, Nagini était la première personne pour qui Hermione faisait un geste altruiste. On ne guérit pas du jour au lendemain c'est bien connu, et on ne peut surtout pas changer ce qui est inscrit profondément dans notre code génétique, mais la jeune femme agissait purement instinctivement depuis la nuit dernière, et elle se battrait becs et ongles pour sauver la pauvre Indonésienne.

« Tu sais que tu travailles pour de mauvaises personnes, tu l'as vu toi même ! Je t'en prie viens ! Je sais qu'il t'a sauvé de ce cirque et que tu penses lui devoir beaucoup, mais tu ne penses pas en avoir assez fait ?! »

Des fenêtres, des bouts de murs, tout explosaient autour d'elles sous l'impactes des balles. Blaise avait décidé d'aider Hermione et faisait de son mieux pour lui laisser le temps de convaincre la femme en s'occupant des adversaires, mais il finit lui aussi dépassé.

« Pansy ! »

Il espéra son cri assez portant, et eut la confirmation que oui, quand son oreille siffla douloureusement et qu'il fut tâché du sang de l'homme contre qui il se battait quelques secondes avant. Il cligna des yeux et essuya son visage, marmonnant un « Dégueulasse », avant de faire signe à Pansy que tout allait bien.

La brune semblait s'être réveillée, puisque tout autour de Jédusor, les corps tombèrent lourdement, le laissant de plus en plus sans protection humaine. Pansy était douée, très douée, et Ginny sentit un long frisson lui saisir le dos en voyant toutes cette barbaries. Elle, n'était pas celle qu'il fallait pour ce genre de situation.

Son cœur battait fort et sa respiration était difficile, mais assise contre le mur ses genoux contre son torse, yeux fermés, elle sut ce qu'elle devait faire. Elle se retrouva soudain prisonnière de son propre esprit, et sembla se trouver dans une pièce, les deux autres personnes qui faisaient sa personne assise sur des chaises autour d'une table, l'observer avec attention. Ginny se tourna vers Gin.

Viens, s'il te plaît viens, mais ne fait pas de mal à mes amis.

Alors maintenant tu veux que je sois là ? Tu as passé une grande partie de notre vie à m'ignorer pourtant ...

GIN ! Plus tard ! Mais s'il te plaît ! Aide-moi ! Je te jure d'enfin me poser et te parler !

Très bien Ginny, mais Ginerva aussi à son lot à te dire.

La troisième sembla moins sauvage, arborant un sourire triste et non carnassier, et Ginny hocha la tête vers elle.

Je ne l'oublierai pas !

Lorsque Ginny ouvrit les yeux, Ron était penchée au dessus d'elle, inquiet, attentif au besoin en armes de leurs amis mais aussi au changement qui s'opéra en sa sœur.

« Ginny, ça va ?! »

La rousse eut un sourire froid et Ron vit cette lueur apparaître dans son regard, et il savait ce que cela voulait dire.

« Gin, » souffla-t-il.

« Salut, ça faisait longtemps Ronald. Bon c'est pas tout ça mais elle m'a pas appelé pour que je te raconte ma vie. File-moi ça. »

Gin récupéra un des pistolet et sans que Ron ne put rien faire, alla rejoindre les professeurs à l'offensive. Elle fut efficace : comme Pansy, chaque balle qu'elle tira trouva cible. Mais au grand étonnement de tout le monde, comme Pansy également, elle se concentra sur la neutralisation et non l'élimination.

Aucun Mangemorts ne devaient mourir ce soir. Hogwarts avait une réputation, et bien que chaque individu de cette école avait déjà vu bien pire que des corps, ils en valaient de leur propre fierté et honneur de ne tuer personne. Leur cause serait plaider plus facilement.

Nagini resta fixer la main d'Hermione comme dans une transe. Croyance s'approcha et la jeune fille résista à l'envie de reprendre sa main : la peur que le serpent la morde était très présente. Heureusement, le serpent sembla agir comme un chien, et c'est quand il s'enroula autour de son poignet que Nagini, encore hésitante et le regard à la recherche de Jédusor, prit sa main. Hermione la remit sur pied et la fit se baisser immédiatement.

« Pétasse ! Rend-nous la fille et son serpent ! »

« Elle n'appartient à personne d'autre qu'elle-même ! »

Hermione lui donna un coup de pied dans le ventre et un coup de genou dans le nez, prenant bien soin de dégager son arme loin de lui.

« Je vais te mettre en lieu sûr, et tu ne bougeras pas avant que tout soit calme, d'accord ? »

Nagini ne pouvait pas parler leur langue mais elle semblait la comprendre. Un grand soulagement, car Hermione doutait fortement que quiconque parle Indonésien ici. Elle pensa avoir un problème en moins quand elle se rendit compte que si, il y aurait encore un problème : Harry avait disparu. Elle avait voulu emmener Nagini près du jeune homme avait l'espoir de pouvoir encore accélérer sa guérison, mais quand elle arriva derrière Sirius, le brun avait disparu.

« Black ! » aboya-t-elle.

« Quoi ?! » il se tourna surprit mais la panique prit place sur son visage, et il pâlit d'un coup. « Où est Harry ?! »

« C'est moi qui devrais te demander ça ! Tu devais le surveiller ! »

Sirius ne tiqua même pas sur le tutoiement, sachant que la jeune fille n'en avait pas grand chose à faire. Il ne vit aucune trace de sang qui pourrait indiquer par où le jeune homme était parti et son cœur rata de nombreux battements.

Il ne pouvait pas le perdre, pas après tout ça. Il passa une main dans ses cheveux sales et serra, frustré et furieux.

Hermione souffla longuement, son cerveau en ébullition pour trouver une solution. Solution que lui amena Nagini sur un plateau d'argent. La femme expliqua dans un anglais bancale que son serpent pouvait sentir son venin, et qu'il pourrait retrouver la trace d'Harry.

« Vraiment ?! Oh mon Dieu- »

« C'est pas le moment Black plus tard les embrassades ! Ginny- »

Hermione tourna légèrement la tête sur le côté en voyant la rousse, et son instinct lui cria au danger. La rousse avait une allure beaucoup plus sauvage qu'habituellement mais Hermione sut d'un regard qu'elle allait l'apprécier. Elle se souvint de tout ce qui avait raconté Ginny sur son TDI, et sur les deux autres personnalités avec qui elle vivait.

« Gin, » déduit-elle.

« Ravie de te rencontrer ... Hermione, c'est ça ? »

« Oui. »

« Tu voulais ? »

Ginny se mit à couvert pour recharger son arme et le fit en moins de temps qu'il n'en fallait à Hermione, ce qui était donc très vite et impressionnant. Qu'une personnalité aussi violente et adepte des armes existe en même temps que la douceur et gentillesse de Ginny impressionna la brune.

« Harry a disparu mais Nagini peut le retrouver, dis aux autres où on est parti et surtout, faites en sorte de les faire dégager de notre école ! »

Snape entendit chaque mot de la jeune femme et se tourna vers elle, un regard sarcastique et un rictus au coin des lèvres :

« Votre école ? Il était temps Miss Granger. »

Hermione eut un sourire coincé et se contenta de suivre Nagini de prêt, arme prête à tirer. Dans cette partie du bâtiment ils ne devraient pas craindre grand chose, la seule voie d'accès étant celle qu'ils empruntaient actuellement. La femme les conduisit à travers les couloirs de l'établissement, la traîne de sa longue robe bleue en main, Croyance telle une boussole perché sur son épaule, la tête en avant. Ça aurait pu être comique si la situation n'était pas aussi tendue. Sirius n'arrêtait pas de s'insulter à voix basse, et Hermione finit par lui dire de la fermer.

Vraiment, même en sachant qui était l'homme, une part d'elle restait méfiante ses instincts avaient repris le dessus.

Nagini s'arrêta brusquement en face d'une fenêtre, après à peine cinq minutes de marche. Sirius passa sa tête à travers, et Hermione se tourna vers la femme :

« Ici ? Tu es sûre ? »

Nagini acquiesça. Si on regardait par la fenêtre, on pouvait voir au loin les flammes causées par Seamus ainsi que les silhouettes qui s'agitaient et se battaient. Passer par là donnait un avantage considérable à qui voulait encore prendre les Mangemorts par surprise et par derrière.

« Mais qu'est-ce qu'il aurait pu vouloir faire en passant par cette fenêtre, » se demanda Sirius à haute voix.

« Pas fuir en tout cas, ce n'est clairement pas la bonne sortie pour, et il est blessé, » répondit Hermione.

« Harry ne fuirait pas ! »

« Il est blessé, » rappela la jeune fille une seconde fois. « Personne ne lui en voudrait s'il avait rejoint l'infirmerie, mais le fait est qu'il ne l'a pas fais ... »

Nagini caressa Croyance, et Hermione se perdit dans la contemplation du serpent pendant que ses cellules grises s'agitaient.

Entre Pansy, Flitwick qui avait installé des mines à courants électriques assez fort pour assommer un éléphant, et Seamus, le nombre de Mangemorts blessés ne faisaient qu'augmenter, malgré leur tentative de neutraliser les étudiants et les professeurs. Hermione tourna de nouveau sa tête vers le chaos extérieur, pour y voir la forme de Voldemort s'échapper discrètement. Son souffle se coupa quand elle aperçut derrière lui une forme plus frêle et petite, des lunettes sur le nez.

Sa vengeance !

« Il veut tuer Voldemort, » souffla-t-elle.

Nagini sembla avoir comprit puisqu'elle écarquilla les yeux et la bouche sous la surprise, tandis que Sirius la regardait comme si elle était devenue folle.

« Quoi ?! Il ne ferait pas ça, il n'est pas inconscient ! »

« Tu n'étais pas là plus tôt, mais son objectif était clairement de tuer celui qui avait pris la vie de ses parents, quitte à partir avec lui. »

« Il n'irait pas jusque là. »

« As-tu déjà voulu te venger Sirius Black ? »

« Des centaines de fois pour des centaines de personnes et raisons différentes. »

« L'as-tu fais ? »

Sirius serra les poings.

« N-non. »

« Alors tu me suis et tu m'écoutes, je sais comment il pense actuellement, et sa survie et bien le cadet de ses préoccupations. »

Hermione n'attendit pas de réponse pour sauter par la fenêtre - heureusement qu'ils étaient au rez-de-chaussé et qu'il n'y avait pas d'étage à l'établissement :

« Nagini ! Retourne auprès de Ginny- Gin ! La rousse, elle te protégera ! »

Sans se retourner pour voir si Sirius la suivait, elle se précipita derrière la foule de Mangemorts. Narcissa regardait dans la direction où Voldemort et Harry étaient partis, une main sur le cœur et la mine horrifiée. Elle revint à elle quand elle vit passer Hermione devant elle. Malgré la vitesse à laquelle la jeune fille courrait, la mère de Draco réussit à attraper son bras pour l'arrêter.

« Non ! Il vous tuera tous les deux ! »

« Lâchez-moi ! »

« Je ne sais pas qui tu es ni comment tu t'appelles, mais Draco a besoin de toi et tu as besoin de lui ! Je l'ai vu ! Une mère voit ses choses-là, même si elle n'a pas vu son fils grandir ! Alors je t'en prie ne gâche pas ta vie inutilement ! Je ne peux plus veiller sur mon garçon, mais toi tu peux encore ! »

Hermione, comme sous transe, avait cessé de se débattre et écoutait chaque mot qui sortait de la bouche de la Malfoy. Elle ne réagit pas quand quelqu'un passa en courant à ses côtés, et ne pensa pas à le faire en voyant le manque de mouvement également présent du côté de Narcissa. Hermione se souvenait parfaitement qu'à peine deux heures plus tôt, elle et la femme partageaient leur tristesse au-dessus du corps inerte de Draco. Puis, Narcissa avait agi et le jeune homme semblait être revenu à lui puisque Pomfrey n'avait pas annoncé de mauvaises nouvelles.

« Je suis une ''sang sale'', votre sœur l'a gravé sur mon bras. Et vous voulez me confier Draco ? »

« Ton sang n'a aucune importance, il n'en a jamais eu et il n'en aura jamais. Surtout pas pour lui. »

« Pourquoi ? » demanda Hermione, incapable de penser à dire quoique ce soit d'autre.

Narcissa ne répondit pas. Elle resta silencieuse, mais ses yeux et le sourire qui orna ses lèvres parla pour elle : elle n'était pas quelqu'un de mauvais. Hermione n'avait aucune idée de comment les Malfoy s'étaient retrouvés mêlés aux Mangemorts, mais quelque chose lui disait que si elle avait pu l'éviter, Narcissa l'aurait fais.

Un coup de feu les fit sursauter et creva la bulle dans laquelle les deux femmes s'étaient logées. Hermione et Narcissa plongèrent leurs yeux dans le regard de l'autre une dernière fois, et c'est à contre cœur mais avec la promesse silencieuse de ne pas agir qu'Hermione se dégagea de la prise de la mère de Draco pour enfin - elle l'espérait - retrouver Harry.

Ils se trouvaient sur le terrain de basket, et une scène trop fraîche et familière se joua dans l'esprit de la jeune femme. Ses pieds s'arrêtèrent d'un coup, et elle tomba à genoux sous le choc, la respiration laborieuse et sifflante. Elle se revoyait, pleurant au dessus du corps inerte de Draco, Lucius Malfoy arme encore pointée sur elle, à quelques mètres d'eux.

Il lui fallut plusieurs inspirations et clignements d'yeux avant qu'elle ne retrouve pied à terre, et que la vraie scène se dessine devant elle : ce n'était pas elle mais bien Harry, qui était penché au dessus du corps tressautant de Sirius, Voldemort, un sourire sinistre au visage, le regard amusé. Sous la lumière de la lune, Hermione le trouva encore plus sinistre et effrayant, et le cri qui déchira le silence qui suivit le coup de feu ne fit qu'empirer ces sentiments. Harry hurla. Il hurla jusqu'à ce que sa voix se brise et qu'il tousse à s'en étouffer, mains couvertes du sang de son parrain.

Hermione s'appuya au mur. Elle était paralysée. Pour la deuxième fois cette nuit, elle ne put rien faire, et ne sut quoi faire. Cette scène s'était déjà produite, quelques heures plus tôt, et son empreinte était trop récente dans l'esprit de la jeune femme pour qu'elle n'en soit pas affectée. Elle savait ce qui s'était passé. Ça avait du sens. L'homme qui était passé en courant à côté d'elle et Narcissa était Sirius. Et comme Draco avait protégé Hermione, Sirius avait protégé Harry en s'interposant entre lui et l'objet de sa vengeance.

Voldemort sembla soudain remarquer sa présence, mais Hermione ne put se résoudre à s'inquiéter. Des larmes coulaient le long de ses joues, silencieusement, et elle pensa rester là jusqu'à ce qu'on l'oblige à bouger ... du moins jusqu'à ce que Voldemort décide de pointer son arme sur elle.

Là, ce fut comme si un shot d'adrénaline avait été injecté directement dans son cœur. Elle ne pouvait pas mourir. Elle ne devait pas mourir.

Une longue robe noire cacha sa vision, et une voix calme mais sans appelle fit son chemin entre les cris et sanglots du jeune Potter.

« Vous devriez vous concentrer sur ce que vous désirez maître. »

Narcissa

Hermione relâcha enfin une respiration qu'elle n'avait pas eu conscience de retenir.

« Me dirais-tu quoi faire, Narcissa ? »

« Bien sûr que non maître, mais vu tous ce que vous avez traversé, je pensais que vous seriez plus rapide à mettre cette mauvaise blague derrière vous, » répondit la blonde calmement en désignant Harry avec dédain.

Hermione serra les dents et ferma les yeux. Son poing serré autour du tissus de son haut là ou se trouvait son cœur qui battait la chamade, elle savait qu'elle n'était pas assez cachée pour s'éclipser, mais en même temps trop pour réellement agir.

Voldemort, heureusement, sembla enclin à écouter son nouveau bras droit et décida de reporter son attention sur Harry, un regard néanmoins suspect dirigé vers Narcissa. Sentant la fragilité de son argument, la femme ajouta :

« Lorsque le jeune Potter sera enfin mort, vous aurez tout le temps du monde pour vous occuper du reste de l'école. »

Cela sembla satisfaire le vil homme, puisqu'il sourit, un grand sourire où il exposa ses dents, et Hermione frissonna d'horreur. Elle ne comprenait pas pourquoi la femme agissait ainsi, elle qui avait assuré à Jédusor que le jeune homme était mort. Comment elle était-elle encore vivante après cette trahison ?

Harry n'avait rien suivi de la scène et sembla ne pas s'en soucier, lui aussi, comme Hermione plus tôt, prêt à mourir parce qu'il pensait avoir tout perdu.

Pense à Ginny, je t'en supplie pense à Ginny.

Mais Harry resta sanglotant sur le torse de Sirius. Il ne fit qu'envoyer à regard noir à Voldemort lorsqu'il le vit approcher.

« Vous êtes un monstre ! » cracha-t-il.

« Dis moi quelque chose que je ne sais pas déjà, » susurra l'homme.

Hermione se figea. Elle ne pouvait rien faire sans risquer sa vie ... Quand Voldemort leva son arme pour poser le canon directement contre le front d'Harry, elle ferma les yeux et baissa la tête, poings serrés, ongles enfoncés dans ses paumes, son éternel signe de détresse. Elle ne pouvait pas regarder, elle ne voulait pas.

« Au revoir, Harry Potter. »

Pour la deuxième fois en quinze minutes, un coup de feu résonna dans le calme de la nuit. Hermione sursauta et sa respiration cessa, ses yeux s'ouvrant en grand, incapable de réaliser ce qui venait de se passer.

Non ...

Elle avait échoué à sauver quelqu'un d'autre.

Elle plaqua une main devant sa bouche, espérant se faire ignorer. Elle entendit soudain un autre bruit venir au loin, un bruit qu'elle avait toujours détesté entendre et qu'elle se jurait ne jamais apprécié, et pourtant ... Pourtant sa respiration retrouva un semblant de normalité et son cœur accéléra quand les sirènes de la police se firent entendre derrière les rares cris et bruits de combats qui persistaient encore.

Ce bruit, elle l'accueillait maintenant avec joie et soulagement. Elle se força à lever la tête pour faire face au massacre, mais surtout, espérer voir la peur peindre le visage de serpent de Jédusor en entendant les sirènes.

Une exclamation de surprise quitta sa gorge quand elle vit Harry toujours agenouillé près de Sirius, et Voldemort effondré au sol. La longue robe noire de Narcissa bougea légèrement quand la femme fit retomber son bras, et Hermione se retrouva nez à nez avec une arme encore fumante du coup qui venait d'être tiré.

« Je ne laisserai personne d'autre prendre la vie d'un enfant. Surtout pas si cette vie est protégée par la vie de sa mère. »

Harry, incrédule, se tourna vers elle, choc partout sur le visage, yeux et bouche grands ouverts. Hermione aussi, de derrière, la fixait sans cligner des yeux, ignorant les larmes qui aveuglèrent ses yeux secs au bout d'un moment. Rien ne fut dis. Aucuns ne pouvaient penser à rien. Les sirènes de polices continuaient bien que les véhicules soient arrêtés, et Hermione se rendit compte du silence qui s'était soudainement abattu sur l'école.

« Posez votre arme ! »

La jeune femme sursauta quand des mains attrapèrent ses épaules et elle se mit à se débattre furieusement.

« Calme-toi, calme-toi petite ! C'est fini ! C'est bon ! »

Elle se tourna et se retrouva devant un policier, suivit de deux autres qui tenaient Narcisssa en joue. La femme obéit et posa son arme, laissant les deux agents faire leur travail. Hermione se laissa être remise sur pied par le troisième homme, mais lui fit comprendre qu'elle n'était pas une petite chose fragile et sans défense quand elle déchargea l'arme de son chargeur sur le sol, pour rendre au policier une arme vidée et sécurisée. Le regard médusé de l'homme fut suffisant pour la satisfaire.

« On a besoin de soins ici ! » cria une femme en uniforme qui courut vers Harry et Sirius. Il fallut quatre agents pour éloigner le jeune homme, tandis que Sirius était porté sur un lit d'hôpital.

Les policiers furent tous choqués de voir le fameux Tom Jédusor, leader des Mangemorts, inerte sur le sol.

Hermione ne voulait pas rester plus longtemps. Elle se dirigea vers l'entrée de l'école, ignorant les policiers qui mettaient en place barrières et cordons de sécurité. Elle sentit un regard peser sur elle et se tourna pour voir Narcissa l'observer depuis la fenêtre de la voiture dans laquelle on l'avait mise. Un dernier échange silencieux entre les deux femmes, qu'Hermione conclut par un signe de tête.

La première chose qu'elle vit en entrant dans l'entrée de l'école fut la vague de soigneur qui prenaient en charge les blessés. Elle souffla intérieurement de soulagement en voyant que tous étaient des Mangemorts, et qu'il n'y avait qu'un mort : l'homme que Pansy avait dû éliminer pour sauver Blaise plus tôt. Mais aucunes traces des élèves et professeurs. Son cœur accéléra et elle partit en courant vers le Grand Hall, s'arrêtant enfin dans la salle pour y découvrir tout le monde, sain et sauf en partie.

Pansy aidait Ginny - ou Gin - à soigner Ron qui semblait avoir été en prise avec un des ennemis si elle en croyait les traces de mains qu'arborait son cou, les professeurs aident Seamus et Dean à marcher, l'un la jambe en sang, l'autre visiblement à moitié assommé. Flitwick gisait dans un coin, inconscient mais pas en danger de mort immédiat. Des ambulanciers s'affairaient aussi autour d'eux, et Hermione se figea en voyant Luna et Draco évacués de l'infirmerie vers l'extérieur. Elle ne voulait pas le laisser partir ! Elle devait rester près de lui !

Sans réfléchir elle trottina vers le jeune blond, ignora le regard de travers que lui lancèrent ceux qui poussaient le lit et se mit à ses côtés, marchant à la même vitesse. Ils arrivèrent à l'extérieur et Hermione ne fut pas surprit quand un homme l'empêcha de monter dans le camion avec Draco.

« Seul la famille est autorisée, désolé. »

« Je suis sa famille. »

« Vraiment ? »

Elle était brune aux yeux marrons et lui blond aux yeux bleus, c'était la pire excuse qu'elle avait pu trouver, et elle n'attendait pas que l'homme comprenne la subtilité de l'expression utilisée, ne les désignant non pas comme des membres d'une famille de sang. Elle serra les poings et retrouva sa flamme sauvage de la rue :

« J'ai passé la soirée à me battre contre des adultes qui voulait ma peau pour ce que je suis, alors j'ai pas la patience de gérer des abrutis qui me feront chier pour ce que je ne suis pas non plus, compris ? Je monte avec lui. »

Et elle le poussa sans ménagement, taisant d'un regard les soigneurs déjà dans le camion et ferma les portes derrière elle.

Il fallut trois jours à Draco pour se réveiller. Dès son arrivé à l'hôpital il avait été conduit en réanimation, son cœur battant trop faiblement et menaçant de lâcher. Hermione avait accepté d'être pris en charge également, ne pouvant combler l'attente autrement. Elle avait levé les yeux au ciel quand le médecin censé s'occuper d'elle avait eut un haut le cœur en voyant l'état de son bras, et quand la jeune femme lui expliqua la raison des nombreux trous partout sur son corps. L'infirmière avait été plus efficace que lui et Hermione avait quitté la salle en conseillant au médecin d'échanger son métier avec l'infirmière, ce qui avait fait beaucoup rire cette dernière, flattée.

Depuis, Hermione n'avait pas quitté le chevet de Draco.

Dumbledore avait enfin fait ouvrir les yeux au Premier Ministre suite à l'incident, et Poudlard fut enfin reconnu comme un réel établissement et non une farce qui cachait un « coup d'état » du directeur. Franchement ... le Premier Ministre n'avait jamais été aussi ridicule que lorsque McGonagall avait vidé son sac quant à son opinion sur lui devant les journaux et caméras britanniques. Il était évident qu'il ne gagnerait pas les prochaines élections ... La Reine avait été peinée d'apprendre ce qui s'était passé et avait versé une grosse somme d'argent pour la reconstruction et même l'agrandissement de Pouldard, serrant avec fierté la main de Dumbledore.

Le directeur avait cependant mis le holà, et avait posé comme condition non négociable que les élèves actuelles de Poudlard devraient être diplômés avant que l'école n'accueille de nouveaux élèves. Un dortoir avait été mis à disposition des enfants récupérés dans la rue en attendant. Ginny et Luna avaient été prises en charge par des psychiatres, en vain, puisque les deux jeunes femmes (plus Gin et Ginerva) refusaient de parler à quelqu'un d'autre que Pomfrey.

L'entièreté de Poudlard s'était plus ou moins installée dans une aile de l'hôpital de Londres, n'ayant nul part ailleurs ou aller.

Les Mangemorts retrouvés blessés avaient tous été conduits devant la justice et condamnés à perpétuité. Narcissa elle, pour avoir ''rendue justice et service'' en tuant Jédusor en avait pris pour seulement 30 ans.

Quand Hermione n'était pas aux côtés de Draco, elle déambulait dans les couloirs avec Nagini. Croyance avait heureusement été déclaré comme non dangereux tant que loin de la jeune femme, mais il se trouvait dans une animalerie spécialisé pour animaux exotiques, dans l'attente que l'Indonésienne puisse le récupérer et vivre avec lui de nouveau dans l'enceinte sûre de l'école. Bien que la femme soit plus vieille qu'elle, Hermione la prit sous son aile. Elle lui apprit à lire, parler et écrire anglais, partant du principe que pour l'instant, la femme resterait en Angleterre.

C'est avec tout ce manque d'information que Draco Malfoy ouvra enfin les yeux, trois jours après l'attaque. La première chose qui le frappa était la luminosité beaucoup trop présente de la pièce. La deuxième était son état : torse douloureux, respiration aidée par un masque, les capteurs sur sa poitrine reliés à une machine qui faisait résonner les battements lents de son cœur, et une perfusion dans la main, mal de crâne exceptionnel même avec toutes les cuits qu'il s'était prise avec Blaise. Et enfin, il la remarqua elle, assise en boule dans le fauteuil près de son lit, tête sur le dossier, un bras pendant, l'autre prisonnier entre son torse et ses cuisses qu'elle avait remonté contre elle-même, un plaid enroulé autour de son corps.

Ses boucles brunes tombaient devant son visage, mais Draco n'eut pas besoin de le voir pour la reconnaître.

Elle était là. Elle était là pour lui il n'en doutait pas. Il se souvenait très bien de tous les événements qui l'avait conduit à cette chambre d'hôpital, et la partie stupide de son cerveau lui fit remarquer que si c'était le meilleur moyen d'enfin avoir l'attention de la brune, il aurait dû le faire plus tôt.

Il toussa quand il essaya de l'appeler, sa gorge sèche très irritante. Il réessaya et réussit à produire un son étouffé qui ressemblait au prénom de la jeune fille, et qui fut assez pour la faire sursauter dans son sommeil. Elle cligna ses yeux fatigués, s'étira longuement, faisant tomber le plaid, et se tourna vers Draco pour son observation matinale.

Hermione ne s'attendait pas à tomber face aux yeux saphirs du jeune homme figés sur elle, des dizaines d'émotions résonnant en eux. Elle se remit correctement sur sa chaise en un saut, et Draco eut bien conscience de l'accélération de son cœur en voyant la jeune femme si belle - et il n'avait pas besoin de la machine pour ça.

« Draco, » elle souffla son prénom, comme effrayée de l'appeler, de le faire repartir.

Il tenta un sourire mais ne sut pas si elle pouvait le voir derrière son masque. Il se força de nouveau à parler mais sa toux se fit plus violente. Alarmée, Hermione pressa un bouton rouge sur le mur et une médecin arriva en courant. Elle aida Draco à se redresser, enleva doucement le masque mais le remplaça immédiatement par des petits tuyaux dans ses parois nasales, sa respiration étant encore laborieuse, ce qui ne lui plu pas forcément plus. Il fut enfin autorisé à boire, modérément, et la médecin quitta la salle avec la promesse de revenir avec de la nourriture.

Hermione resta l'observer boire, soudainement incapable de savoir quoi faire. Elle serra de nouveau ses poings, ongles enfoncés dans les paumes, ignorant ses bandages. Elle savait que Draco avait remarqué certaine de ses mauvaises habitudes quand ils partageaient encore un lit, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il remarque celle-là, surtout maintenant. Elle était debout mais juste à côté du lit, et il n'eut donc aucun mal à prendre une de ses mains dans la sienne.

« Arrête, » sa voix était encore rauque, ses cordes vocales silencieuses pendant trois jours fonctionnant de nouveau. « J'ai toujours détesté de voir faire ça. »

Il tira sur sa main pour la forcer à s'asseoir sur le lit, et sans rencontrer de résistance, ouvrit son poings pour découvrir les marques en formes de croissant de lune sur ses paumes. Il passa son pouce sur le bandage, comme pour les faire disparaître. Hermione n'avait toujours rien dis. Elle voulait, mais elle ne faisait pas confiance à sa voix. Elle avait l'impression que si elle l'utilisait, elle se mettrait à pleurer immédiatement. Draco le remarqua. Ses yeux marrons étaient humides et il passa ensuite son pouce sur sa joue, comme pour essuyer une larme qui n'avait pas encore coulé.

« Tu m'as sauvé la vie, » dit-il avec un sourire.

Hermione se leva d'un coup et recula. Elle explosa, larmes coulant sans arrêt :

« Abruti ! C'est toi qui m'a sauvé la vie ! Qu'est-ce qui t'as pris ! Qu'est-ce qui t'as pris de te mettre juste devant ! De me pousser ! Tu étais mort Draco ! »

Le jeune homme n'était pas réellement surpris de la crise d'Hermione et savait qu'elle était même plutôt saine, mais le dernier point lui fit froncer les sourcils. Il avait ? Mais ? Il était pourtant bien vivant, maintenant.

« Ton cœur avait cessé de battre ! Ton pouls était introuvable ! Tu ne respirais plus ! Tu ne bougeais plus ! Plus rien ! Tu étais ... tu étais une poupée dans mes bras ! U-un pantin ! »

Il voulut se sentir coupable, mais vraiment, il n'y arriva pas. C'était sa vie qu'il avait sauvé en la poussant de la trajectoire de son père, et il ne le regrettait pas. Incapable d'exprimer tout ça, Draco le lui fit comprendre en refermant la bouche et en essayant de retrouver une expression neutre, voir même froide sur son visage.

« Si ta mère ne t'avais pas injecté ... je ne sais même pas ce qu'elle t'a injecté ! Mais elle t'a sauvé ! »

Le choc le saisit de nouveau.

« Alors ne me parle pas de moi ! Moi je n'ai rien fais ! Je n'ai rien pu- ... je n'ai rien su faire ... »

La fin de sa phrase avait été entrecoupée de sanglots incontrôlés et Draco grimaça quand il bougea son torse pour réussir à attraper de nouveau la jeune femme partie plus loin. Elle se laissa faire, se laissa asseoir, et le laissa la prendre dans ses bras. Elle posa sa tête sur le côté le moins douloureux et fit attention au poids de son corps, mais laissa tout la tension, la peur, et la colère des derniers jours s'évacuer.

« Tu ne sais p-pas, à quel p-point, je suis soulag-gée que tu soit réveillée. Qu'est-ce que j'aurai fais sinon ... »

Draco ne répondit pas. Elle l'avait laissé sans voix. Il avait fermé les yeux avec encore le souvenir d'une jeune femme fermée et aux barrières impénétrables, mais il semblerait que lui est réussi à enfin faire tomber ses murs.

« Je suis désolé. Mais en même temps, je ne peux pas m'empêcher d'être heureux de te voir dans cet état pour moi. Ça me prouve que je suis enfin aussi important pour toi, que tu l'es pour moi. »

Elle se recula et lui lança son regard le plus noir, qui il y a une semaine lui aurait donné des sueurs froides. Mais pas aujourd'hui.

« Sale con arrogant et prétentieux. »

« Je suis un Malfoy, » rit-il en haussant les épaules avant de grimacer.

Hermione eut un sourire en coin qui disait Ça c'est le Karma, mais ne put y répondre puisque la porte s'ouvrit brusquement sur leurs amis et professeurs. Le reste de la journée fut épuisante pour Draco qui prit des nouvelles de tous et tout le monde. Il fut réellement désolé d'apprendre la mort du parrain d'Harry, qu'il ne connaissait qu'à travers les insultes de Bellatrix - Sirius restait son grand cousin malgré tout - et le brun lui fit un sourire reconnaissant. Des larmes de joie et de paix coulèrent sur ses joues quand on lui apprit la mort de Jédusor et de son père, et Hermione fut la seule à voir de la fierté et l'inquiétude briller dans son regard devenu argenté en apprenant que les deux avaient péri de la main de sa mère.

Après trois autres jours de repos, il fut autorisé à se déplacer dans l'hôpital, tant qu'il ne se mettait pas à courir, et Hermione sut que c'était le bon moment pour lui présenter Nagini. Les deux s'entendirent bien, ce qui la rassura.

« Bon, et maintenant ? » demanda Draco un soir, lui dans son lit d'hôpital, Hermione à moitié sur lui et sur la couette, son propre plaid sur elle.

« Maintenant ? » répéta-t-elle curieuse.

« Maintenant quoi ? Depuis mon réveil on n'a pas vraiment eut l'occasion d'avoir une vraie discussion. »

« Sur ? »

« Nous. »

Il la sentit se figer contre lui, mais resserra sa prise autour de sa taille. Il ne la laisserait pas fuir.

« Hermione, avant que tout ça n'arrive, tu m'as frappé. Tu m'as frappé à cause de mon père. J'ai découvert que tu étais à tendance sociopathe et maintenant ... maintenant je ne sais plus quoi penser. »

Hermione bougea mais ne montrant aucun signe de fuite, Draco la laissa se manœuvrer de manière à ce qu'elle soit assise face à lui. Il se redressa légèrement également, et attendit.

« Je ne sais plus non plus ... » admit-elle à mi-voix. « Draco, à part l'amour de mes parents, je n'ai jamais rien connu d'autre. Ma vie dans la rue n'a été que de la survie, alors je ne sais faire que manipuler, utiliser pour ne pas me salir les mains, et jeter quand je n'en ai plus besoin. Je ne me suis jamais laissée connaître autre chose ... Quand on a commencé à coucher ensemble, pour moi ce n'était que charnel. Je n'avais pas de sentiments qui parasitaient mes pensées comme ils faisaient avec les tiennes. »

Draco n'aimait pas les mots employés par Hermione mais resta silencieux, conscient maintenant que c'était ainsi qu'elle voyait et comprenait les choses.

« Je me suis sentie trahie quand j'ai enfin trouvé le dernier meurtrier de mes parents. Est-ce qu'à certains moments j'ai utilisé ce qu'on avait pour te poser des questions et répondre aux miennes ? Oui. Est-ce que je t'aurai chassé si au final la piste de ta famille avait été fausse ? ... Probablement pas ... Parce que sans m'en rendre compte je m'étais attachée à toi. J'ai utilisé ma haine contre ton père pour la projeter sur toi. Je ne voulais pas m'intégrer, me mêler à votre ridicule petite famille ... alors quand j'ai senti le contrôle m'échapper, j'ai fais ce que je fais de mieux, mais surtout ce que mon instinct me crie de faire : j'attaque, je blesse, et je me débarrasse de ce dont je n'ai plus besoin de la pire façon possible. Je voulais de te haïr pour te chasser de ma tête. »

Le cœur de Draco se serra en même temps que sa main qui ne tenait pas Hermione par la taille. La jeune femme avait le regard rivé sur les draps, fuyant celui du jeune homme.

« Sauf que cette fois, j'en avais encore besoin ... et je n'ai jamais réussi à te haïr. »

Il plissa les yeux, encore plus attentif.

« Être en quarantaine m'a donné beaucoup trop de temps pour réfléchir, et à chaque fois c'est toi qui revenait, un problème que je retournai en long en large et en travers sans parvenir à trouver de solutions. Pour la première fois de ma vie je m'en voulais d'avoir utiliser quelqu'un comme je l'avais fais ... »

Hermione était née ainsi, elle n'y pouvait rien. Alors Draco ne pouvait qu'imaginer son état quand tout ce qu'elle était et pensait être avaient été remis en question.

« C'était niais ça, » commenta-t-il pour faire retomber la pression, avec cependant un sourire compréhensif aux lèvres.

Elle fronça les sourcils et le frappa sur le torse, avant d'afficher une mine inquiète et désolée quand il gémit de douleur.

« Oh mon dieu pardon ! »

Elle le regarda enfin droit dans les yeux, et elle fut happée par son regard. Elle savait que les yeux de Draco avaient cette magnifique particularité qui les faisant changer de couleur selon l'humeur du jeune homme, mais elle n'avait jamais vu le phénomène en lui-même. Sa respiration se bloqua quand le regard bleu-grisé changea doucement et harmonieusement vers un bleu mer calme et aimant. L'intensité de son regard l'impressionna, et elle se sentit petite.

Elle céda à ce que son cœur lui criait, et se pencha pour enfin, embrasser Draco.

Ils attendaient ça depuis le réveil du jeune homme, et enfin, ils retrouvaient cette sensation familière. Mais elle fut également différente, comme si leur discussion avait changé quelque chose, et quelque part, c'était le cas. Draco l'embrassa comme si il ne pouvait plus parler et lui transmis tout ce que son cœur avait porté, tandis qu'Hermione répondait avec autant de ferveurs, montrant pour la première fois ses sentiments de manière si personnelle.

Ils restèrent sages - pour l'instant - les mains d'Hermione venant prendre le visage de Draco délicatement, et celles du jeune homme entourer la taille de la brune qui s'était rapprochée, ne faisant que s'embrasser.

Ils se séparèrent néanmoins à bout de souffle, Hermione les joues un peu rose, peu habituée à ce que Draco mette autant d'émotion dans un baiser.

« Je ne savais pas que les gens comme toi pouvaient réellement aimer quelqu'un, » dit Draco dans un souffle.

« Je le découvre avec toi, » répondit Hermione. « Mais si l'idée te dérange, tu peux toujours te dire que je t'utilise pour satisfaire mon envie de t'avoir tout à moi. »

Le rire clair de Draco résonna dans la pièce, et ils se remirent dans une position plus confortable pour dormir.

Maintenant que tout était dis, qu'Hermione avait enfin accepter de s'ouvrir, ils pourraient enfin avancer. Avancer et se venger de ce que la vie leur avait lancé dans la gueule de la plus belle manière qui soit : en changeant complètement la destination qu'elle leur avait imposé. Ils ne se laisseraient plus être dirigés par autres qu'eux désormais. Ils étudieraient, obtiendraient leur diplôme, et réintégreraient la société avec pouvoir et opportunité.

C'était leur promesse.

Pour les précisions sur l'étal de Ginny, j'ai regardé le film Split juste avant d'écrire ce chapitre, et j'aurai dû le faire avant de commencer cette fiction, ce qui aurait été mieux pour que je puisse dresser un portrait de Ginny comme je l'aurai voulu à l'origine.