Notes : Hello, cela fait un certain temps que je n'ai plus écrit ou posté de fanfiction. J'espère donc ne pas être trop à côté de la plaque. Surtout que comme d'habitude, à mon grand regret, je me lance sur un nouveau fandom.

Je suis assez obsédée par le personnage d'Anakin depuis que j'ai vu l'animé Clone Wars, lorsqu'ils les passaient à la TV, il y a bien dix ans de ça. Récemment, avec mon copain, on s'est remis à regarder l'animé, et depuis le début de cette année j'ai plongé tête baissée dans ce fandom. J'espère être à la hauteur.

Donc, à la base, je voulais écrire un OS rapide et mignon, plein de fluff. Mais du coup je me suis retrouvée avec une fic qui va faire en tout cas deux chapitres, pas si fluff que ça, tirant plutôt sur du Angst. Concernant la suite, je ne sais pas du tout XD C'est une des premières fois que je publie sans vraiment savoir où je vais. Mais j'avais envie d'essayer, et je me suis dit qu'avec la situation actuelle, certains d'entre vous auraient besoin de fic à lire. Ce que je peux vous dire, c'est que les tags risquent peut-être d'évoluer. Et que je veux un Happy End, parce qu'ils le méritent.

Petit warning au cas où ça peut poser des problèmes à quelqu'un : j'ai gardé la différence d'âge qu'ils ont dans le canon. Ils sont cependant tous les deux majeurs dans cette histoire.

Sinon, faites bien attention à vous, prenez soin de vous et de vos proches !


Waking Up In Vegas

Présent :

La première chose qu'Anakin remarqua en se réveillant était l'affreuse migraine qui avait envahi tout son crâne, le faisant tambouriner comme un tambour fou jusque dans ses oreilles. Lorsqu'il voulut porter sa main gauche à sa tempe, y espérant un apaisement qui ne viendrait pas, il fut surpris de ne pas pouvoir la déplacer. Son cœur commença à s'affoler, n'arrangeant pas son état. Mais un grognement endormi interrompit son esprit dans l'une de ses descentes aux enfers habituelles.

Anakin tourna la tête avec une lenteur presque insupportable, ne bougeant pas un seul de ses autres muscles.

À sa gauche, sur le lit d'une chambre qu'il ne reconnaissait pas comme étant la sienne, se trouvait un autre homme. Son torse se soulevait doucement, assurant Anakin qu'il était bien vivant. En plus de son mal de tête, il n'avait pas besoin d'avoir un mort sur la conscience.

Pas encore un autre

L'homme était plus vieux qu'Anakin et il était incroyablement beau, même dans son sommeil. Ses cheveux et sa barbe étaient magnifiquement cuivrés par le Soleil. Sur son nez, Anakin pouvait distinguer de discrètes taches de rousseur. Il portait un costume, froissé, enserrant délicieusement les muscles de son torse et de ses jambes. Ce qui rendait Anakin un peu honteux de sa simple chemise mal ajustée, et froissée elle aussi.

L'homme tenait la main gauche d'Anakin entre les deux siennes, dans une bonne poigne malgré son sommeil. Ce qui le rassura largement.

Enfin, outre le fait qu'il ne savait pas où il était et qu'il ne connaissait pas l'homme à côté de lui.

Décidément, c'était la dernière fois qu'il buvait de l'alcool. Il avait clairement abusé sur les Mojitos. Et sur le champagne. Et sur la tequila. Et sur tous les alcools du bar de l'hôtel où il séjournait en fait.

Mais ce n'est pas tous les jours qu'il fêtait l'enterrement de vie de jeune fille de sa meilleure amie. Alors il avait bien le droit de se laisser un peu aller, et il n'était plus sous médicaments, raison de plus ! Et puis, bon, il ne lui était rien arrivé de particulièrement grave. Lui et son mystérieux inconnu étaient tous les deux encore habillés. Certes, il ne se souvenait plus de la soirée, mais cela voulait bien dire qu'il ne s'était rien passé de trop osé entre eux. Malheureusement.

Anakin poussa un petit soupir en reposant sa tête sur l'oreiller. Il n'arrivait toujours pas à libérer sa main gauche. Il allait devoir attendre que l'autre homme se réveille ou bouge dans son sommeil. Il était d'ailleurs un peu anxieux du réveil de l'inconnu. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir penser de lui ?

Anakin amena sa main droite devant son visage. Observant amèrement ses doigts mécaniques se replier un à un avec lenteur. Un gant camouflait la prothèse, mais Anakin savait ce qu'il y avait en dessous, ce qu'il y avait au niveau de son coude.

Monstruosité

Anakin laissa retomber son poing sur le lit, les dents serrées. Son avant-bras rebondit légèrement contre les ressorts du matelas. Ce qui fit grogner le mystérieux inconnu, rendant Anakin parfaitement immobile pendant quelques secondes. Le matelas bougea un peu plus alors que l'homme se tournait, libérant le bras gauche d'Anakin. Poussant un nouveau soupir, il fit jouer ses doigts pour y rétablir sa circulation sanguine. Seulement, il ne lui fallut que quelques secondes pour comprendre que quelque chose n'était pas normal.

Une bague cerclait son annulaire gauche.

Il était certain que ce bijou n'était pas là quand il avait suivi Padmé dans le casino.

L'anneau était fin, en or blanc. Ou ce qu'Anakin pensait être de l'or blanc. Il était incrusté de trois petites pierres bleues, qui brillaient doucement au soleil.

L'estomac d'Anakin se tordit dans tous les sens, lui donnant presque envie de vomir. Pris d'une frénésie soudaine, il se redressa sur les genoux et tira la main gauche de son mystérieux inconnu à lui, ignorant ses grognements de moins en moins endormis.

Son annulaire gauche était aussi orné d'une bague, légèrement plus large que celle d'Anakin et incrustée de trois petites pierres rouges.

Oh merde !

Anakin lâcha la main de son mystérieux inconnu, ou plutôt son mari, et l'observa se réveiller, le ventre affreusement tordu.

L'inconnu papillonna des yeux plusieurs fois, découvrant de beaux iris gris-bleus légèrement flous. Il grogna encore une fois avant de se redresser sur le coude et de porter une main à sa tête. Sans doute devrait-il subir le même récital de tambour qu'Anakin.

Puis, il posa les yeux sur lui.

— Hello, fit Anakin avec un sourire tremblant.

L'homme gémit, fermant les yeux en se prenant la tête entre les mains.

Leur mariage commençait bien…

Anakin dut batailler contre lui-même pour garder son sourire. L'homme releva les yeux sur lui. Il l'observa pendant un court instant. Anakin se demanda ce qu'il pouvait bien voir en lui.

Un monstre

— Oh mon Dieu, fit l'homme avec un accent britannique à tomber. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Anakin n'avait pas la réponse à cette question. Ou pas vraiment. Il pensait qu'ils avaient tous les deux trop bu et qu'ils avaient pensé que c'était une bonne idée de se marier. Mais plus les minutes passaient, plus Anakin trouvait que son soi bourré de la veille avait fait un excellent choix ! Son mari était magnifique et élégant. Tout ce dont Anakin avait toujours rêvé et qu'il n'aurait jamais eu dans des circonstances normales.

Parce que tu es un monstre

— Je n'en suis pas sûr, répondit tout de même Anakin.

Son mari le regarda comme s'il était étonné qu'il sache parler. Anakin fit semblant de ne pas en être blessé. L'autre homme s'assit lui aussi sur le lit, frottant son visage de sa main gauche, sans doute pour l'aider à se réveiller correctement. Mais il s'interrompit au milieu de son geste, observant ses doigts, les yeux écarquillés. Son regard passa alors furieusement entre sa main et celle d'Anakin où les petites pierres bleues de son alliance brillaient doucement. Anakin suivit son regard jusqu'à ses propres doigts.

— Euh, ouais, fit-il étrangement, désireux de couper le silence qui devenait vraiment inconfortable.

Son mari poussa un nouveau soupir, se pinçant l'arête du nez de ses doigts.

— Peut-être que ce n'est rien de très important, essaya de rassurer Anakin.

Mais il n'y croyait pas lui-même. Il avait une vague réminiscence que c'était vraiment important. Et les bagues étaient trop belles pour que ce soit juste une farce.

— Je crois bien que oui, fit alors l'autre homme d'une voix profond qui fit agréablement remuer les entrailles d'Anakin.

Il se saisit alors d'un papier disposé sur sa table de nuit, le lut brièvement, poussa un nouveau soupir avant de le montrer à Anakin.

Okay, donc ils étaient bien mariés.

Et son mari s'appelait Obi-Wan Kenobi. Enfin ça, c'était avant leur mariage, maintenant son nom était Skywalker. Cela en coupa presque le souffle à Anakin.

Son mari avait accepté de prendre son nom. Définitivement, le soi bourré d'Anakin avait fait un excellent choix.

— Oh, fit Anakin, un sourire plus détendu sur les lèvres. Bonjour, Obi-Wan.

Une légère rougeur s'étendit sur les joues du plus vieux. Le rendant encore plus beau que précédemment. Décidément, le soi d'Anakin bourré avait vraiment de très bons goûts, peut-être devrait-il boire plus souvent après tout.

— Bonjour, grommela Obi-Wan.

Il ne paraissait vraiment pas dans son assiette, bien moins qu'Anakin en tout cas. Il se massa une nouvelle fois l'arête du nez, dans ce qui devait être un tic. Puis, il sortit du lit, ne portant pas plus d'attention à Anakin, se dirigeant vers ce qui devait être la salle de bain.

Anakin relâcha ses épaules, prenant conscience seulement à ce moment à quel point il était tendu. S'asseyant en tailleur, il essaya de reprendre le contrôle de la situation, comme on le lui avait appris. Seulement, il n'eut pas le temps de faire grand-chose, parce qu'Obi-Wan revint de la salle de bain.

— Tiens, fit-il alors en lui tendant le verre d'eau et le cachet qu'il avait dans les mains.

Anakin les prit sans rechigner, reconnaissant le médicament comme du paracétamol. Il en avait bien besoin, le concert de tambour dans son crâne ne semblait pas vouloir s'arrêter.

Obi-Wan s'assit à côté de lui sur le lit. Anakin ne put que l'observer du coin de l'œil, se demandant ce qui allait se passer maintenant. Le certificat de mariage était véridique, provenant d'une des nombreuses chapelles de Las Vegas.

— Est-ce que tu es majeur ? demanda de but en blanc Obi-Wan une fois qu'Anakin eut avalé son médicament, qu'il faillit d'ailleurs recracher tant la question le surprit.

— Bien sûr ! S'offusqua donc le plus jeune.

— Oui, bien sûr, souffla Obi-Wan en passant une main dans ses cheveux. Sinon tu n'aurais pas pu boire de l'alcool ou entrer dans le casino.

Ha… Oui… Sauf que non.

Padmé et ses amies avaient toutes plus de vingt-et-un ans, donc elles pouvaient boire de l'alcool et jouer au casino en toute légalité. Sauf qu'Anakin n'avait pas vingt-et-un ans. Alors il était venu à Las Vegas avec de faux papiers, parce qu'il ne voulait pas être laissé derrière. Padmé l'avait même encouragé dans ce sens, pour une fois.

— Alors, quel âge as-tu ?

Anakin se tendit, ne voulant pas répondre à cette question. Sachant d'instinct que la réponse n'allait pas plaire à son mari.

— Dix-neuf ans, marmonna-t-il donc tout bas.

— Pardon ?

Anakin poussa un soupir. Il se devait d'être franc, non ? On ne pouvait pas avoir un mariage solide si l'on commençait à mentir à son mari. Il fallait absolument établir de bonnes bases. Alors il prit son courage à deux mains, et malgré son cœur tambourinant dans sa poitrine il dit plus clairement :

— Dix-neuf ans, mais je vais bientôt en avoir vingt !

Les yeux gris-bleus s'écarquillèrent semblant observer quelque chose qu'Anakin ne pouvait pas voir.

— Il nous faut un divorce ! s'exclama-t-il finalement.

— Quoi ? Non ! rétorqua Anakin, se redressant.

— Bien sûr ! Enfonça Obi-Wan, sonnant bien trop comme la voix de la raison. Tu es à peine majeur ! Et j'ai trente-cinq ans !

— Et alors ! s'énerva Anakin. Ce n'est pas important…

— Pas important ! Je ne sais même pas qui tu es ! Si ça se trouve, tu es l'un de ces Toy Boy qui traînent partout dans cette ville.

— Quoi ?! Je ne te permets pas…

Anakin ne put pas finir sa tirade, car le thème principal de Star Trek commença à sortir de l'une des poches de son jeans. Il dut prendre une grosse inspiration, pour effacer les conséquences de sa surprise. Il sortit quelque peu péniblement le téléphone de sa poche grâce à sa main gauche.

— Oh merde, fit-il une fois qu'il eut regardé l'écran. Je dois répondre.

Il décrocha sans attendre de confirmation de son mari.

— Oui Padmé ?

— Ani, fit la voix soulagée de Padmé. Où es-tu ? On t'a cherché partout !

— Ne t'inquiète pas, essaya de rassurer Anakin, il n'avait pas besoin de voir son amie débarquer en plus. Je suis avec… Un ami.

Du coin de l'œil, il put voir l'air peu convaincu d'Obi-Wan.

— Tout va bien.

— Vraiment, fit Padmé, le ton tout aussi peu convaincu.

— Oui, ne t'inquiète pas, je te retrouve bientôt à notre chambre.

— Tu n'en as pas perdu la clé au moins ? Tu n'étais vraiment plus très frais hier soir.

— Bien sûr que je ne l'ai pas perdue ! Pour qui tu me prends Padmé ? Elle est dans mon porte-monnaie.

En disant cela, Anakin changea son téléphone de main, les doigts de sa prothèse se refermant lentement sur le plastique. Alors que, de sa main gauche, il fouilla les poches de son jeans à la recherche de son porte-monnaie. Ses mouvements devinrent bien plus frénétiques lorsqu'il ne le trouva pas.

— Sur la table de nuit, lui souffla doucement Obi-Wan en lui désignant le meuble du doigt.

Anakin lui jeta un coup d'œil, ayant presque oublié sa présence. Il s'efforça de ne pas remarquer que sa prothèse était pile dans la ligne des yeux gris-bleu.

— Ha merci !

— Qui est cet ami avec qui tu es Anakin ? demanda Padmé alors que le jeune homme ouvrait son porte-monnaie pour trouver la carte de sa chambre d'hôtel.

— J'ai la clé ! confirma-t-il à son amie.

— Est-ce que c'est le canon à la barbe rousse ? demanda Padmé, ne prenant pas garde aux mots de son ami.

Padmé savait avec qui il était !

Passé :

— Je crois que je suis amoureux, marmonna Anakin à l'oreille de Padmé.

— Quoi ?! Ani parle plus fort, je n'ai rien compris, lui retourna Padmé, criant pour se faire entendre par-dessus la musique.

Le bar du casino était bondé et les basses encombraient les tympans d'Anakin. Padmé et ses amies avaient assez rapidement délaissé la partie salle de jeux pour écumer le bar, ses différentes offres de boisson, Light Show et danseurs. Padmé avait une coupe de Cosmopolitan dans la main et Anakin avait perdu le compte des Mojitos qu'il avait déjà bu.

— Je crois que je suis amoureux ! répéta donc le jeune homme.

— De qui ? fit Padmé, observant les hommes qui se trouvaient autour d'eux.

— Lui, souffla Anakin en pointant un homme accoudé au bar.

Il était légèrement plus petit qu'Anakin. Il portait un costume qui lui allait à la perfection. Il tenait élégamment un verre de Gin Tonic dans sa main droite, tout en discutant avec les hommes à côté de lui. Un sourire lascif étirait parfois ses lèvres.

— Mmmh, oui, il y a de quoi, confirma Padmé.

— Il faut que j'aille lui parler.

— Tu crois ?

— Oui, où je vais le regretter. Pour toujours !

Anakin hocha vivement la tête.

— Allons au bar, proposa Padmé, adoptant immédiatement le rôle de wingwoman pour son meilleur ami.

Ils se dirigèrent donc tous les deux lentement vers le bar, Anakin offrant son bras à son amie. La foule leur donna un peu de mal, à moins que ce soit la quantité d'alcool qu'ils avaient déjà consommé tous les deux. Quoiqu'il en soit, ils réussirent à atteindre le bar et même à trouver un endroit où s'y accouder pas trop loin de l'homme au costume.

— Deux shots de tequila, commanda Padmé à l'un des barmen, alors qu'Anakin observait l'angle de la mâchoire de l'homme camouflé par sa barbe.

Mais il reporta rapidement son attention sur son amie, lui jetant un regard quelque peu interrogatif.

— Pour te donner du courage, répondit Padmé à sa question muette en lui tendant son shot.

Les deux amis descendirent rapidement leur verre, grimaçant sous la brûlure de l'alcool. Anakin eut l'impression de le sentir descendre le long de son œsophage jusqu'à son estomac. Il s'ébroua comme un chien, afin de faire partir la sensation. Padmé posa une main sur son épaule, le regardant droit dans les yeux. Ce simple échange transmit bien plus de choses à Anakin que si elle les avait dites à haute voix. La fierté, l'amitié, un peu d'inquiétude et surtout son approbation. Anakin n'en avait pas besoin pour faire ce qu'il souhaitait, mais l'avoir voulait dire quelque chose. D'un signe de tête, il accepta ses sentiments, puis se détacha d'elle pour se diriger vers l'homme en costume. L'alcool l'aida à faire les derniers pas, étouffant les voix qui le torturaient habituellement.

Présent :

— Heum… fit Anakin, mal à l'aise. Je te rappelle plus tard, okay ?

Il raccrocha avant que Padmé eût le temps de rétorquer quoi que ce soit et il ne s'en sentit pas particulièrement coupable. Il espérait juste qu'Obi-Wan n'avait pas entendu leur conversation. De sa main droite, il rangea assez péniblement son téléphone dans la poche de son jeans. Son mari suivit des yeux chacun de ses gestes. Anakin serra les dents, faisant tout son possible pour ne pas être mal à l'aise. Est-ce que s'enfuir devant son mari l'aiderait à former des bases solides pour son mariage ? Probablement pas. Est-ce qu'Anakin allait le faire quand même ? Probablement.

— Je reviens, fit alors le jeune homme, le ton raide, en se levant du lit.

Il se dirigea vers la salle de bain, sentant le regard de son mari lui brûler les dos, pile entre les omoplates. Il eut besoin de toute la maîtrise de lui-même pour ne pas courir. Il prit cependant grand soin de fermer la porte à clé derrière lui. Il s'appuya de tout son long sur celle-ci, passant les mains sur son visage avec désespoir.

— Oh merde, fit-il, se sentant au bord des larmes.

Tu l'as mérité. Tu es un monstre et tu le sais. Tu as été fou de vouloir prétendre le contraire. Personne ne voudra jamais de toi.

Anakin se mit à respirer par la bouche avec désespoir, essayant d'amener le plus d'air possible à sa gorge serrée par les larmes.

Tu es pathétique. C'est bien tout ce que tu n'as jamais été.

— Anakin, est-ce que tout va bien ? fit la voix de l'autre côté de la porte.

Anakin laissa échapper un sanglot. Il se mordit la lèvre pour se punir de sa faiblesse.

— Oui, répondit-il la gorge serrée, espérant que le bois de la porte étoufferait la détresse qu'il pouvait entendre dans sa voix.

Il y eut un court silence de l'autre côté de la porte, et Anakin espéra que l'autre homme s'en était allé, le laissant seul. Mais ce ne fut pas le cas :

— Anakin, s'il te plaît, ouvre la porte, fit doucement la voix d'Obi-Wan quelque peu étouffée par la porte.

Anakin aurait dû l'envoyer balader. Parce que clairement il faisait bien ce qu'il voulait, n'en déplaise à son mari. Mari qui ne voulait même pas de lui d'ailleurs. Mais il y avait quelque chose dans la voix d'Obi-Wan, peut-être était-ce sa douceur qui semblait l'envelopper tout entier. Un quelque chose qu'il n'avait plus ressenti depuis la mort de sa mère. Alors, il obtempéra et ouvrit la porte de la salle de bain. Il fit de son mieux pour effacer les larmes qui lui avaient échappé. De l'autre côté de la porte, Obi-Wan lui présenta un petit sourire triste qui sembla réchauffer son cœur.

— Viens, souffla Obi-Wan, le prenant par la main en direction du lit.

Anakin ne put s'empêcher de renifler, essayant de combattre ses larmes, alors qu'il serrait le plus doucement ses doigts de plastique et de métal sur ceux de chaire de son mari. Celui-ci les conduisit jusqu'au lit, les faisant s'asseoir sur l'un de ses bords. Il y avait quelque chose d'absolument doux et confortable dans l'air, étouffant presque Anakin. Depuis combien de temps n'avait-il pas ressenti ça ? Au moins depuis la mort de sa mère et des événements qui l'avait suivie.

Anakin renifla encore une fois, baissant la tête sur ses genoux.

— Tu veux en parler ? proposa Obi-Wan, son pouce caressait le dos de la main de plastique.

Anakin ne pouvait pas le sentir, surtout avec le gant en cuire qui recouvrait sa prothèse, mais il pouvait le voir. Son estomac se tortilla dans tous les sens à cette caresse pour le moins incongrue. Personne n'avait jamais agi ainsi avec sa prothèse. Même pas Padmé. Son amie lui avait apporté tout le soutien du monde, étant parfois la seule once de lumière dans l'abîme de noirceur où il était tombé. Mais elle n'avait jamais pu saisir toute l'implication de la prothèse. Étrange qu'un parfait inconnu, bien qu'il soit son mari, comprenne cela bien mieux.

— Je… Je ne sais pas, souffla Anakin.

Peut-être qu'il devrait, pour partir sur de bonnes bases et tout ça. Mais il ne s'en sentait pas le courage.

— C'est assez récent ? demanda tout de même Obi-Wan.

Son ton était tel qu'on n'aurait pas dit qu'il posait une question, mais qu'il était sûr de lui-même. Anakin ne put donc que hocher la tête, confirmant ses doutes.

Obi-Wan poussa un petit soupir, avant d'entourer les épaules d'Anakin de son bras et de l'amener à poser sa tête contre son épaule. La position n'était pas particulièrement confortable, parce qu'Anakin était plus grand que son mari, alors il devait se plier pour pouvoir poser la tête contre son épaule. Mais ça n'avait pas d'importance. La vague de douceur et de réconfort qui traversa Anakin en valait largement la peine.

Finalement, Obi-Wan le laissa reprendre une position plus confortable. Anakin lui fit un petit sourire, espérant ainsi le remercier pour son attention. C'est là que le jeune homme remarqua la main gauche de son mari massant sa cuisse, les sourcils froncés. Presque comme s'il avait mal. Anakin hésita à demander si tout allait bien. Mais le moment passa comme il était venu, et il ne s'en sentit plus le courage, pas sûr de pouvoir gérer la réponse.

— Ce n'est pas parce que ton corps a été diminué ou abîmé que cela fait de toi quelqu'un de moindre, souffla Obi-Wan, un sourire sur les lèvres.

Ces yeux étaient incroyablement doux. Anakin aurait pu les contempler pour le restant de ses jours. Il aurait probablement pu se contenter d'être dans l'aura de calme et de sérénité d'Obi-Wan pour le restant de ses jours. Et c'est ce qu'il voulait ! Alors, il fallait qu'il montre à son mari qu'il était quelqu'un de bien, quelqu'un qui pouvait lui apporter ! Qu'un divorce n'était pas nécessaire !

Du dégoût, c'est tout ce que tu as à apporter.

Anakin ignora ses pensées et prit son courage à deux mains, posant la question qu'il avait tue précédemment :

— Il t'est arrivé quelque chose ?

Il essaya d'imiter le ton calme et rassurant d'Obi-Wan, mais il ne fut pas sûr d'y réussir.

— Ça fait un moment maintenant, répondit le plus vieux avec assurance. Un peu plus de dix ans, je crois. J'ai servi dans la British Army et j'ai été blessé à la cuisse.

Le cœur d'Anakin sembla lui remonter dans la gorge. Il ignorait exactement pour quelle raison, une espèce de joie mal saine ? Une reconnaissance ? La terreur ? La compassion ? Ou bien tout cela en même temps ?

— J'ai servi dans l'US Air Force, murmura Anakin les yeux écarquillés, ne se rendant pas vraiment compte de ce qu'il disait.

Peu de monde autour de lui savait vraiment ce qui lui était arrivé. En fait, à part Padmé et ses médecins, personne ne savait. Alors, le dire ainsi à un parfait inconnu…

— Quoi ?! Mais tu n'as que dix-neuf ans ! commença à s'insurger Obi-Wan.

— On peut s'engager à dix-sept ans, le coupa Anakin. C'est ce que j'ai fait.

— Quel pays de cinglés ! Tu peux foncer tête baissée vers l'enfer à dix-sept ans, mais tu ne peux pas boire de l'alcool avant vingt-et-un ?

Anakin se contenta de hausser des épaules. Ce n'était pas lui qui faisait les lois dans son pays. Et il ne pensait pas que cela l'aurait vraiment empêché de s'engager dans l'armée. Peut-être que maintenant il regrettait d'être passé sous les drapeaux, mais il savait qu'il n'aurait pas pu s'empêcher de s'engager s'il avait été renvoyé dans le passé pour corriger ses erreurs. Parfois, il fallait vivre un traumatisme pour en tirer l'expérience qui en découlait et une sagesse nouvelle. Même si les écueils étaient bien nombreux en chemin. Anakin avait encore très souvent l'impression d'être complètement embourbé.

— Ce n'est pas important, souffla Obi-Wan.

L'homme tourna une nouvelle fois la tête vers Anakin, lui souriant doucement. Décidément, Anakin avait eu vraiment bon goût. Peut-être qu'il devrait ouvrir une bouteille de champagne pour fêter ça ?!

Passé :

Anakin ne put s'empêcher de rigoler alors qu'il portait la coupe de champagne à ses lèvres. Les bulles lui faisaient une drôle de sensation dans l'estomac, ça le chatouillait. À moins que ce soit le fait de l'homme sur lequel il était à moitié avachi. Après avoir discuté un moment au bar, Anakin avait réussi à convaincre le canon à la barbe rousse, l'amour de sa vie, de s'isoler un peu sur les banquettes contre les murs du casino. Ils avaient commandé une bouteille de champagne, Anakin ne se souvenait plus de la raison. Mais bon, il ne se souvenait plus de grand-chose. C'était agréable. Et l'homme à côté de lui était chaud, beau et il parlait bien. Son sourire était aveuglant, Anakin l'aimait plus que tout. De même que ses yeux clairs, ses cheveux auburns, ses taches de rousseur, son ton perpétuellement amusé, son sarcasme et son intelligence. Anakin aimait tout chez lui !

— On devrait se marier ! lança-t-il alors, son esprit imbibé d'alcool persuadé que c'était la seule issue logique à tous ses sentiments.

— Ha bon ? demanda l'homme à côté de lui.

Anakin n'était pas tellement sûr de se souvenir de son nom. Ken Obi ? Ben ? Barbie ? Wen ? De toute manière, ce n'était pas important, Anakin n'était pas certain de se souvenir de son propre nom !

— Oui oui oui, fit Anakin en secouant la tête et le bras de Ben-Ken.

— Tu crois ? La dernière fois… La dernière fois, elle m'a laissé tout seul.

— Ça n'arrivera pas ! promit Anakin en sautillant sur le fauteuil où il était assis. Jamais… Jamais je te ne laisserai tout seul. Jusqu'à la mort !

— Alors d'accord.

Anakin laissa la joie l'emporter et plaqua Ken-Ben sur le canapé, l'étouffant dans un câlin presque désespéré. Il lui renversa un peu de champagne sur son costume, mais aucun des deux n'y prit garde alors que le plus vieux resserra ses bras sur le dos du plus jeune. Anakin ricana quelque peu stupidement. Il sentit les lèvres de Ken-Ben contre son cou, son nez caressant l'angle de sa mâchoire. Ses ricanements s'accentuèrent.

— Allons-y ! fit-il alors en se reculant.

— Maintenant ?

— Oui oui ! insista Anakin, prenant Ken-Ben par la main pour le tirer du sofa où ils étaient installés.

Présent :

Anakin attendait. Son regard dérivait sur les murs de la chambre d'hôtel, ne s'attardant sur rien en particulier. Obi-Wan avait décidé qu'il voulait se changer et se doucher. Anakin aurait bien voulu faire de même, mais il n'avait pas de change avec lui. Et les affaires de son mari étaient trop petites pour lui. Donc ils avaient convenu de se rendre dans la chambre d'Anakin une fois qu'Obi-Wan sortirait de la douche.

Anakin serra son avant-bras droit de sa main gauche, l'esprit ailleurs. Il avait bien fait attention à recharger la batterie de sa prothèse avant de venir à Las Vegas. Alors il ne devrait pas avoir trop de problèmes à ce niveau-là, en tout cas pas avant un jour ou deux. Par contre, il avait vraiment envie de se changer et de se doucher. Maintenant qu'il était un peu mieux réveillé, il se rendait compte qu'il ne sentait pas vraiment la rose.

Heureusement, Obi-Wan ne tarda pas trop et sortit de la salle de bain. Il s'était changé, portant une nouvelle chemise et un nouveau pantalon de costume, tous les deux parfaitement ajustés. Ses cheveux encore humides étaient rabattus sur l'arrière de son crâne, dévoilant son front et remuant des choses dans l'estomac d'Anakin.

— Tu es magnifique, ne put-il s'empêcher de souffler, les yeux sans doute ridiculement écarquillés.

Une délicieuse rougeur s'empara des joues d'Obi-Wan. Il détourna quelque peu le regard, sans doute gêné.

— Merci, répondit-il tout de même. Tu es pas mal non plus.

Anakin sourit, même si le compliment n'était peut-être qu'une marque de politesse plutôt que réellement sincère.

— Pouvons-nous y aller ? demanda le plus jeune, en se levant.

Il se sentait de plus en plus sale, à tel point que tout son corps le démangeait. Il avait aussi envie de se brosser les dents afin de faire disparaître la sensation pâteuse dans sa bouche.

Obi-Wan hocha la tête.

Les deux hommes quittèrent donc la chambre. Anakin les entraîna dans les couloirs de l'hôtel. À plusieurs reprises, il dut se référer au plan afin d'éviter de se perdre dans l'immensité du bâtiment. Mais après quelques détours, ils arrivèrent enfin devant la chambre qu'il partageait avec Padmé. La pensée de son amie le remplit d'anxiété. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire ? Et comment allait-elle réagir devant Obi-Wan ? Et comment allait-il réagir devant son amie ? Anakin en avait presque la nausée.

Cependant, il se força tout de même à sortir son porte-monnaie, y récupérer la clé de sa chambre et ouvrir la porte. Le bip de la serrure électromagnétique résonna à ses oreilles comme le bruit de la lame d'une guillotine coulissant vers l'inéluctable.

Anakin souffla profondément avant d'ouvrir la porte et de pénétrer dans la chambre, suivit par Obi-Wan qui l'observait en silence. Il n'eut pas le temps de faire trois pas dans la pièce que Padmé accourue à sa rencontre, le prenant dans ses bras.

— Ani ! J'étais morte d'inquiétude ! Où étais-tu passé ?

— Padmé, souffla Anakin en lui rendant son étreinte.

La jeune femme releva la tête vers lui, observant son visage, vérifiant que tout allait bien pour lui. Anakin essaya de sourire pour la rassurer, mais l'effet ne parut pas très concluant. Il ne voulait pas l'inquiéter, rien de grave ne c'était passé. Tout allait bien. Et dans un certain sens, c'était la vérité. Parce que la présence de son mari derrière lui avait quelque chose d'incroyablement réconfortant. Bien plus que ce qu'Anakin aurait bien pu penser avant d'être marié.

Padmé finit par se reculer. Son regard tomba alors automatiquement sur Obi-Wan. Ses yeux bruns reflétèrent toute sa méfiance.

— Oh ! fit Anakin. Padmé, laisse-moi te présenter…

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase, car Obi-Wan s'avança, tendant sa main en direction de la jeune femme en se présentant lui-même :

— Obi-Wan Kenobi.

Padmé accepta sa poignée de main.

— Padmé, fit-elle sobrement.

Anakin était à deux doigts de rectifier son mari qu'il s'appelait maintenant Skywalker et pas Kenobi, mais il décida de se taire.

— Je vais prendre une douche ! déclara alors Anakin, ne se sentant pas de rester entre Padmé et Obi-Wan dont la poignée de main devenait inconfortablement longue et leurs regards bien trop perçants.

Alors oui, il fuyait. Mais il avait aussi vraiment besoin d'une douche.

— Je viens t'aider, fit alors Padmé, le suivant dans la salle de bain.

— Je n'ai pas besoin d'aide, pointa Anakin, mais son amie fit semblant de ne rien entendre.

Elle lui fit même les gros yeux, le pressant vers la salle de bain. Une fois que la porte fut fermée sur eux deux, laissant Obi-Wan seul dans la chambre, elle demanda :

— Tu m'expliques ?

Anakin remua nerveusement. La salle de bain n'était clairement pas faite pour accueillir plus d'une personne. Il se sentait trop proche de Padmé, comme si cela allait l'aider à lire en lui tous ses secrets.

— Après, laisse-moi me doucher, supplia-t-il son amie.

Padmé fronça les sourcils, mais elle sembla quand même accepter le délai.

— Dis-moi au moins à quel point il était bon pour que tu le ramènes ici ?

Anakin n'en avait absolument aucune idée. Il s'était réveillé habillé, donc il avait logiquement pensé que rien ne s'était passé. Mais peut-être que ce n'était pas le cas, peut-être que quelque chose était arrivé et qu'ils s'étaient rhabillés. C'était possible après tout. Mais Anakin ne se souvenait même pas n'avoir qu'embrassé Obi-Wan. Pourtant cela avait du bien arrivé, pendant la cérémonie, non ?

Passé :

— Et je vous déclare unis par les liens du mariage ! déclara l'officier de cérémonie, coiffé d'un casque à la romaine et d'une jupette absolument ridicule selon l'esprit alcoolisé d'Anakin. Vous pouvez vous embrasser.

Ken-Ben, ou plutôt Obi-Wan, n'hésita pas une seule seconde, agrippant Anakin, il le fit se pencher légèrement afin de pouvoir joindre leurs lèvres. Ses lèvres étaient un peu rudes, mais cela ne dérangeait absolument pas Anakin. Sa barbe lui piquait délicieusement le visage. Anakin se laissa faire, accepta la langue de son mari dans sa bouche, gémissant sous son habilité. Il resserra ses mains sur son mari, passant même sa main gauche sous sa veste de costume, essayant désespérément de passer sous la chemise, bien trop rentrée dans le pantalon, afin de toucher la peau d'Obi-Wan. Celui-ci grogna dans la bouche d'Anakin. Sa main droite empoigna les boucles brunes, faisant gémir Anakin de plus belle.

À côté d'eux, l'officier en jupette se racla la gorge.

Anakin et Obi-Wan se séparèrent. Le plus jeune avait le souffle court. Et quand il regarda dans les yeux gris-bleus de son mari, il eut l'impression qu'il allait se faire dévorer sur place. Au fond de lui, il eut beau chercher, il ne trouva rien qui le retenait à se laisser se faire dévorer.

Présent :

Anakin choisit de ne pas répondre à la question de Padmé. À la place, il commença à défaire, péniblement, les boutons de sa chemise. Effectivement, sa prothèse n'était pas assez habile pour faire quelque chose d'aussi délicat, il devait donc se contenter de sa main gauche. Padmé poussa un soupir avant de chasser sa main et d'ouvrir sa chemise elle-même. Anakin se laissa faire, ayant l'habitude, c'était son amie qui l'avait aidé à mettre cette chemise en premier lieu, ce qui semblait être un million d'années auparavant.

Une fois qu'elle eut terminé, Padmé écarta les pans de la chemise en grand, elle observa son torse. Anakin commença à se sentir mal à l'aise, ne comprenant pas ce que faisait son ami.

— Tu n'as pas de suçons, remarque Padmé avec une moue déçue.

— Euh non, bredouilla Anakin en ramenant sa chemise contre lui. Tu peux sortir s'il te plaît, j'aimerais me doucher.

Padmé acquiesça, sortant de la pièce.

Anakin souffla une fois que la porte se referma sur elle. Mais il n'était pas tellement sûr que c'était une bonne idée d'envoyer Padmé dans la chambre, là où se trouvait aussi Obi-Wan. Il avait plutôt intérêt à ne pas trop lambiner.

Il se déshabilla rapidement. Retirer sa prothèse lui prit un temps infini, comme à chaque fois. Une fois que cela fut fait, il se massa ce qui lui restait de bras droit. Ses muscles étaient trop tendus, sans doute le contrecoup d'avoir gardé la prothèse toute une nuit. Anakin essaya de faire refluer la vague de dégoût qui l'envahissait à chaque fois qu'il pensait à son moignon. Il eut tout de même l'impression d'être malade, nauséeux.

Expirant profondément, il entra dans la douche.

Lorsqu'Anakin sortit de la salle de bain, ses cheveux étaient encore humides de sa douche. Il était vêtu d'un simple jeans et d'un simple T-shirt noir. Il trouva Padmé et Obi-Wan chacun assis sur l'un des lits de la chambre. Tous les deux avaient des expressions graves sur le visage.

— Est-ce que quelqu'un est mort ? demanda Anakin en rangeant ses habits sales dans sa valise.

— Non, réagit Padmé, son visage prenant une expression plus naturelle, plus douce. Pourquoi tu dis ça Ani ?

— Parce que vous faites une de ces têtes !

— Ce n'est rien, souffla Obi-Wan en se redressant un peu.

Son visage garda son expression sérieuse. Ce qui rendit Anakin nerveux, le faisant mâchonner sa lèvre inférieure.

— Nous devons parler, enchaîna Obi-Wan.

L'estomac d'Anakin lui tomba dans les talons. Il avait naïvement pensé que son mari abandonnerait cette idée de divorce après les quelques moments passés ensemble dans sa chambre. Parce qu'évidemment, ils allaient parler de cela, c'était inscrit sur les traits raisonnables d'Obi-Wan. Mais Anakin n'avait pas envie d'être raisonnable. Son cœur savait. Et Anakin faisait confiance à son cœur.

— Que se passe-t-il ? demanda Padmé en tournant la tête vers l'homme, visiblement alerté par son ton.

— Hier soir, Anakin et moi avons beaucoup trop bu, tenta d'expliquer Obi-Wan. Et nous nous sommes mariés.

— Quoi ?! Ani, pourquoi tu ne m'as rien dit !

Padmé se leva du lit où elle était assise et se planta devant Anakin. Il n'eut cependant pas le temps de lui répondre quoi que ce soit, parce qu'elle tira à elle son avant-bras gauche. Ses yeux bruns s'écarquillèrent à la vue de la bague à l'annulaire de son ami. Elle caressa les pierres bleues de son pouce. Anakin eut envie de retirer sa main de son étreinte.

— Elle est magnifique, commenta doucement Padmé

Anakin sentit une boule se former dans sa gorge. Il ignorait qui avait choisi la bague qu'il portait, mais son amie avait parfaitement raison. Le bijou était tout simplement magnifique. Et Anakin y était déjà irrémédiablement attachée ainsi qu'au lien qu'elle représentait.

— Pouvons-nous plutôt revenir au sujet important ? interrompit alors Obi-Wan. Nous sommes mariés ! Et je ne pense pas que ce soit une bonne idée, nous ne nous connaissions pas i peine vingt-quatre heures. Je pense que divorcer serait le plus sage.

Padmé releva les yeux vers le visage d'Anakin. À son regard, celui-ci sut qu'elle put lire toute sa peine dans ses iris bleus. Elle lui serra doucement la main. Anakin pressa ses doigts en retour.

— Pourquoi donc ? fit Padmé, en se tournant vers l'autre homme, en lâchant la main d'Anakin.

— Parce que c'est le plus raisonnable, pointa sévèrement Obi-Wan.

— Vous ne pouvez pas le savoir ! répondit Padmé, croisant les bras sous sa poitrine. Pas si rapidement. Peut-être qu'Anakin est l'homme de votre vie et que vous ne le savez juste pas encore. Vous ne passeriez tout de même pas à côté de ça juste pour être raisonnable.

Si Anakin avait pu, il en aurait embrassé Padmé de gratitude. Elle qui était bien plus douée avec les mots que lui avait réussi à formuler ses sentiments.

Obi-Wan soupira, passant la main dans ses cheveux, se donnant un air quelque peu prédateur. Anakin sentit ses genoux faiblir.

— S'il vous plaît, fit l'homme, semblant épuisé. Soyons logiques, Anakin et moi avons plus de quinze ans de différence. Et je ne vis pas aux États-Unis.

— Tu ne vis pas aux États-Unis ! commença à paniquer Anakin. Qu'est-ce que tu fais ici alors ?

Il contourna Padmé afin de se retrouver face à Obi-Wan.

— Bien sûr que non, je vis en Angleterre, pointa le plus âgé. Et je suis à Las Vegas pour affaires.

L'Angleterre. Anakin était sur le point de se sentir malade. Un océan les séparait. Et ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir le traverser pour s'installer de l'autre côté. Seulement, Anakin ne se voyait pas séparé d'Obi-Wan. Certes, il ne connaissait pas l'homme depuis très longtemps. Mais il sentait au fond de lui qu'il le regretterait toute sa vie s'il laissait Obi-Wan les séparer. Il fallait qu'il se batte pour lui montrer qu'il était celui qu'il lui fallait, son âme sœur, l'autre face de la pièce. Et ce peu importe les sacrifices ! S'il lui fallait traverser l'Océan Atlantique, alors il le ferait. Après tout, bien peu de chose le retenait aux États-Unis. En vérité, il n'y avait que Padmé.

— Ce n'est pas important, fit Anakin avec fermeté, les poings serrés le long de son corps. Vivre en Angleterre ne me pose pas de problème.

— Ani !

Padmé avait l'air surprise. Mais Anakin n'arrivait pas à dire si c'était en bien ou en mal. Anakin lui-même ne savait pas dire si partir vivre en Angleterre avec son mari qu'il ne connaissait que depuis un jour était une bonne ou une mauvaise idée. C'était de la folie pure, très certainement. Mais cela ne faisait pas peur à Anakin. Après tout, cela faisait plusieurs mois que sa psy le tançait pour qu'il prenne un nouveau départ, qu'il quitte ce qu'il avait connu avant, avant l'Air Force. Déménager en Angleterre rentrait parfaitement dans cette catégorie.

— Voyons, tenta Obi-Wan, posant une main sur l'épaule d'Anakin. Tu ne vas pas quitter tous tes proches pour partir vivre avec un inconnu ?

— À part Padmé, rien ne me retient ici, pointa fermement Anakin.

— Et quelques heures d'avion pour venir te voir ne me font pas peur Ani ! Mais j'espère tout de même pouvoir compter sur la présence de mon témoin à mon mariage !

— Oui, bien sûr, ne t'inquiète pas Padmé, sourit Anakin.

— Je suis d'ailleurs extrêmement déçue de ne pas avoir été ta témoin pour ton mariage Anakin !

Anakin ne put qu'offrir à son amie un sourire d'excuse.

— Vous ne comprenez pas, soupira Obi-Wan. Le mariage est quelque chose d'important. Anakin, tu ne peux pas décider ainsi sur un coup de tête que tu vas me suivre à Londres !

— Et pourquoi pas ? se renfrogna Anakin.

— De toute façon, vous n'avez pas vraiment le choix, interrompit Padmé. Étrangement, les procédures de divorce prennent bien plus de temps que les mariages. Alors vous pouvez faire une demande de divorce, et en attendant de signer les papiers, vous pouvez commencer à faire connaissance.

Le clin d'œil qu'elle adressa à Anakin lui réchauffa le ventre. Il savait qu'il pouvait compter sur Padmé dans n'importe quelle situation. En voir la preuve concrète lui faisait tellement de bien.

Obi-Wan poussa un nouveau soupir. Il passa sa main droite dans ses cheveux, dans ce qui devait un autre tic qu'Anakin commençait à trouver absolument irrésistible. D'un coup de son poignet gauche, l'homme amena sa montre devant ses yeux.

— Je n'ai pas le temps d'en discuter plus, fit-il alors, paraissant extrêmement las. Je dois me préparer si je ne veux pas rater mon vol pour Londres.

Londres, déjà ! Anakin n'en revenait pas. Il allait partir à Londres !

— Je n'ai pas mon passeport, murmura-t-il les yeux écarquillés.

— Écoute, fit Obi-Wan en s'avançant vers Anakin, allant jusqu'à lui prendre la main. Tu ne peux pas venir en Angleterre avec moi, pas maintenant. Déjà parce que tu n'as aucun papier de préparé, et ensuite parce que tu dois toi-même t'y préparer. Nous allons échanger nos numéros, et nous rediscuterons de tout ceci à tête reposée. D'accord ?

Son sourire était tellement ensorcelant qu'Anakin aurait pu lui accorder n'importe quoi. Alors, c'est ce qu'il fit. Il hocha doucement la tête. Il laissa Obi-Wan entrer son numéro dans le répertoire de son téléphone, pendant qu'il faisait de même avec le sien. Il essaya du mieux qu'il put de ne pas paraître trop excité. Il aurait bien trop eu l'impression d'être possédé par l'âme d'une adolescente découvrant ses premiers émois amoureux, aussi cliché et réducteur que cela puisse bien paraître.

— Promets-moi qu'on se reverra, demanda Anakin en rendant son téléphone à son mari.

Obi-Wan l'observa pendant quelques secondes avant de le tirer par le bras pour le serrer contre lui. Un petit cri étouffé échappa des lèvres d'Anakin sous la surprise. L'autre main d'Obi-Wan trouva avec une facilité déconcertante le chemin jusqu'aux boucles brunes d'Anakin.

— Je te le promets, souffla doucement Obi-Wan. Tu es magnifique Anakin. Si ce n'est pas moi, alors ce sera un autre.

Le baiser qu'il déposa sur son oreille le fit trembler jusqu'au bout de ses orteils.


Voilà, n'hésitez pas à me faire part de vos impressions :)

On se retrouve bientôt pour la suite !

Faites attention à vous.