Notes : Hello, j'espère que vous allez tous le mieux que possible. Je suis de retour avec le chapitre 2 de cette petite fic. Et je peux déjà vous dire qu'il y aura un chapitre 3, et que je n'ai toujours aucune idée d'où je vais avec cette fic. J'espère que le chapitre 3 sera le dernier. Parce que cette fic était censée être un OS…

Et je ne sais pas qui a dit qu'il y avait du fluff dans cette fic, parce que clairement il y en a pas. Ce chapitre est presque exclusivement Angst.

Petit warning : Il y a quelques pensées suicidaires dans ce chapitre.

Sinon, faites attention à vous, prenez soin de vous et vos proches. Bonne lecture.


Chapitre 2

Anakin s'assit lourdement sur le couvercle des toilettes. Le jus dans le verre qu'il avait à la main tangua dangereusement. Anakin papillonna plusieurs fois des yeux, reniflant peu gracieusement, essayant du mieux qu'il pouvait de garder ses larmes à l'intérieur. Il avait déjà pleuré pendant la cérémonie, et pas uniquement parce que Padmé était magnifique et qu'il était heureux pour elle. Mais cela pouvait être interprété de cette manière. Par contre, s'il se laissait aller maintenant, pendant la réception, les autres invités ne comprendraient pas. En fait, la seule personne qui allait comprendre était Padmé, et c'était bien elle qu'Anakin ne voulait pas inquiéter. Même s'il devait échouer assez phénoménalement.

Combien de semaines étaient déjà passées depuis Las Vegas ? Trois ? Quatre ? Anakin en avait perdu le compte. Comme il avait perdu le compte des jours qu'il avait passé allonger sur son lit, les yeux fixés sur le plafond de sa chambre à se demander quel sens avait sa vie.

Aucun.

La première semaine, il avait parcouru les informations avec une boule de terreur dans le ventre, cherchant à savoir si un crash d'avion s'était produit entre Las Vegas et Londres. Mais il n'avait rien trouvé, le rassurant et le plongeant dans l'abîme de la dépression en même temps.

Bien sûr, il aurait pu appeler lui-même la personne dont il attendait désespérément l'appel. Il avait été plusieurs fois sur le point de le faire. Mais il n'avait jamais pu presser la touche d'appel.

Tu es misérable

Anakin essaya en vain de prendre une grande inspiration. Le nœud dans sa gorge semblait vouloir l'étrangler. Et Anakin aurait presque été tenté de le laisser faire s'il n'était pas dans les toilettes de la réception de mariage de sa meilleure amie. Il se mordit la lèvre inférieure, retenant le sanglot qui menaçait de le submerger.

Anakin sortit des toilettes après s'être passé un peu d'eau sur le visage et avoir vérifié qu'il n'avait pas une tête d'enterrement. Il se dirigea ensuite vers sa place, un coin de la salle peu fréquenté. Certes, en tant que témoin, il aurait dû se trouver au milieu de la foule de danseurs. C'est ce qu'il avait fait durant les premières minutes, mais il était vite allé se trouver un endroit plus calme. Et depuis, personne n'était venu l'embêter. Et cela convenait très bien à Anakin. Enfin…

Personne ne veut de toi ici. Même pas Padmé. Elle fait juste ça par pitié, comme ils le font tous.

Anakin savait que c'était faux. Que Padmé s'inquiétait pour lui, qu'elle tenait à lui. C'était peut-être d'ailleurs pour ça qu'elle l'avait laissé s'isoler tranquillement. Parce qu'elle savait, jusqu'à un certain point, ce que ça lui faisait d'être au milieu d'une foule quand il n'en avait pas envie. Et là, il n'en avait vraiment pas envie.

Dans un coin de son esprit, Anakin s'en voulait de ne pas profiter comme il se devait du mariage de Padmé. Après tout, c'était un événement qui n'arrivait qu'une seule fois dans une vie. Et il était sûr qu'il s'en voudrait. Mais, il ne pouvait pas s'empêcher de penser à son propre mariage. Et à quel point celui-ci l'avait fait s'enfoncer dans les tréfonds des abysses.

Dans un réflexe stupide et acquis bien trop rapidement, Anakin toucha la base de son annulaire gauche de son pouce, frottant l'endroit où c'était trouvé son alliance. Mais la bague n'était plus là. Anakin l'avait ôtée. Au bout de deux semaines, la voir lui était devenu physiquement douloureux, comprimant sa poitrine. Seulement, il n'avait pas vraiment pu s'en séparer. Comme il n'avait pas pu se défaire de tout espoir. Alors il l'avait gardée contre lui, sur une chaînette autour de son cou. C'était probablement stupide, comme beaucoup de choses qu'il faisait. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Certains jours, sentir le métal contre sa peau était la seule chose qui empêchait son esprit de sombrer totalement. Parce que peut-être qu'il n'y avait plus que cette bague pour représenter son mariage, mais au moins cela voulait dire que ce lien existait encore, qu'il n'avait pas été rompu. Mais ça aurait bien pu être comme si cela avait été le cas.

Anakin poussa un soupir, se décollant du mur. Il n'avait plus rien à faire ici. Il jeta un coup d'œil à Padmé. Elle semblait heureuse, s'amusant au milieu de la piste de danse, ne s'occupant pas de lui. C'était sans doute le bon moment pour partir. Elle n'aurait pas dû s'occuper de la loque qui lui servait de meilleur ami, pas en un jour si particulier. Anakin lui faisait sans doute une faveur en partant tôt. Il termina donc son verre de jus de fruits avant de sortir de la salle. Dans le taxi qui le ramena chez lui, il envoya un message à Padmé afin de ne pas l'inquiéter. Il prétexta se sentir fatigué. Ce qui n'était pas complètement un mensonge. Le trajet se passa en silence, et Anakin essaya d'éviter de penser à quoi que ce soit.

La maison d'Anakin était la maison de son enfance, là où il avait grandi avec sa mère. Il n'avait jamais connu son père, et il s'en moquait bien. Sa mère avait été son monde, et il s'en contentait. Sans doute avait-elle dû faire d'importants sacrifices afin d'élever un enfant seule. Mais Anakin l'ignorait. Il préférait chérir ses souvenirs d'enfance comme des moments de joie et de bonheur, sans essayer d'en deviner les implications plus sombres. Peut-être était-ce égoïste de sa part. Mais Anakin s'en moquait. La seule personne qui aurait pu lui faire changer d'avis n'était plus de ce monde.

Anakin entra dans le hall de la petite maison, enlevant sa veste de costume et la laissant traîner sur le sol. La maison était plongée dans le noir, et Anakin ne voyait aucune raison d'allumer. Il connaissait les pièces par cœur, il savait où était sa chambre. Il monta donc à l'étage, se battant avec son nœud papillon. Seulement une fois dans sa chambre il alluma sa lumière. Comme la maison, sa chambre était restée la même depuis son adolescence. Des posters de Star Trek étaient accrochés au mur, à côté de ceux d'avions de chasse et de plan en coupe. Un lit simple était poussé contre un mur, près de la fenêtre, à côté d'un bureau encombré.

Anakin jeta rageusement son nœud papillon en sol. Puis, il s'attaqua aux boutons de sa chemise, ses doigts malhabiles sous son impatience.

Bien qu'il vive maintenant seul dans cette maison, il n'avait absolument rien changé. La chambre de sa mère était toujours au bout du couloir. Son lit était fait. Comme si elle allait rentrer du travail à tout moment. Ce qui n'arriverait plus jamais à présent.

Le bruit du tissu craquant s'éleva de la chemise d'Anakin, alors qu'il perdait patience et la tirait pour l'ôter de son bras droit. Les matériaux froids de sa prothèse pas aussi souple que sa chaire. Une fois qu'il réussit à se débarrasser de sa chemise, il la jeta à terre, se moquant que c'était sa plus belle chemise, celle qui était le plus cher, et qu'il ne pouvait pas se permettre de s'acheter une nouvelle chemise. Pas avec la maigre pension qu'il recevait du gouvernement. Quoiqu'il en soit, Anakin finit de se déshabiller avec empressement, ne prenant pas garde au sort de ses habits. Une fois nu, il enfila son pantalon de pyjama. Puis, il dut prendre de longues minutes pour enlever sa prothèse. Il la posa sur son bureau et la mit charger pour la nuit. Puis il se coula dans son lit, souhaitant ardemment que l'oubli du sommeil lui vienne facilement. Ce qui n'arriva pas, bien entendu, mais il finit quand même par s'endormir.

Le lendemain, comme à son habitude, il passa une grande partie de sa journée dans son lit, incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de fixer son plafond. Il ne se leva que pour se soulager, manger un peu et prendre ses médicaments. Et il aurait sans doute passé toute sa journée ainsi, si l'on n'avait pas sonné à la porte.

Ce n'était pas rare que cela arrive dans une journée, mais en général c'était le facteur. Et il savait très bien de quoi il en retournait alors il n'insistait pas et laissait le colis derrière la porte. Anakin venait le récupérer quand il trouvait enfin la motivation pour se lever. Seulement, aujourd'hui ça ne semblait pas être le cas. Parce que la personne qui sonnait à la porte semblait prête à massacrer la sonnette plutôt que de partir sans réponse.

Anakin grogna, sortant de son lit avec peine. Il se dirigea vers son armoire, en sortit une robe de chambre un peu trop petite pour lui et la passa avec peine, sa manche droite vide. Il eut encore plus de peine à ferme le vêtement avec une seule main et abandonna rapidement. La personne qui sonnait à sa porte aurait à supporter sa silhouette non présentable. Mais aujourd'hui, Anakin s'en moquait.

— J'arrive, j'arrive, grogna Anakin en descendant les escaliers.

Le soleil coulant à flots par les fenêtres du rez-de-chaussée l'aveugla pendant un court instant. Il se protégea un instant de son bras avant d'atteindre la porte et de l'ouvrir sans douceur.

Anakin se trouva alors bête, la moitié du torse à découvert face à deux adolescentes.

La première, celle qui avait son doigt enfoncé dans la sonnette d'Anakin, avait la peau chocolat. Sa chevelure était constituée de fines tresses bleues et blanches. Ses yeux bleus plongèrent immédiatement dans ceux d'Anakin, semblant attendre une réaction de sa part. La deuxième adolescente était de carnation un peu plus claire, ses yeux plus profonds. Elle portait un foulard vert clair autour de la tête, camouflant ses cheveux et s'accordant avec l'affreuse veste de scout qu'elle et sa camarade portaient.

Anakin cligna bêtement des yeux plusieurs fois, un silence inconfortable s'installant. Il finit par se racler la gorge, essayant de ramener entre eux les pans de sa robe de chambre.

— Achetez-nous des cookies ! s'insurgea la fille aux tresses, amenant sous le nez d'Anakin une boîte de cookies.

— Ahsoka ! Fit l'autre fille, essayant de baisser le bras de son amie qui tenait les pâtisseries.

Les deux filles se jetèrent l'une à l'autre des regards incendiaires pendant qu'Anakin essayait de ne pas se sentir plus mal qu'il ne l'était déjà. Heureusement, il n'avait que peu de voisins, sa maison était plutôt isolée du reste de la ville.

— Laisse-moi tranquille Barriss ! s'emporta la fille aux tresses, Ahsoka.

Pendant un court instant, Anakin fut tenté d'intervenir pour calmer les deux filles. Mais Ahsoka ne lui en laissa pas le temps, rétorquant :

— S'il est encore en pyjama à cette heure-ci il peut bien nous acheter des cookies !

— Ahsoka ! s'exclama Barriss, les deux mains devant sa bouche et ses yeux agrandis par l'horreur.

Anakin sentit les flammes de la colère lécher l'intérieur de sa cage thoracique. Ses sourcils se froncèrent. Mais s'énerver plus lui semblait bien trop coûteux en énergie. Énergie qu'il n'avait pas actuellement.

— Je suis vraiment désolée, monsieur, s'excusa Barriss. Ahsoka ne pensait pas ce qu'elle disait.

— Bien sûr que si ! pointa presque sévèrement Ahsoka.

Anakin soupira, regrettant le calme de son lit. Il savait qu'il n'y avait qu'un seul moyen pour faire partir les deux adolescentes.

— Très bien, je vous prends ces cookies, fit-il bien qu'il ne soit pas particulièrement fan de ces pâtisseries et que c'était sans doute bien trop lourd pour l'état actuel de son estomac.

— Yes ! s'exclama Ahsoka, le poing serré devant elle. Je te l'avais bien dit Barriss.

— Merci beaucoup, fit Barriss en ignorant son amie. Ça vous fera cinq dollars, s'il vous plaît.

Elle lui tendit alors la boîte de cookies. Anakin la regarda pendant un instant, hésitant franchement à la prendre, parce qu'il allait devoir libérer sa main gauche pour ça. Main qui tenait les pans de sa robe de chambre en place.

— Hum, commença-t-il. Entrez seulement, je dois aller chercher mon porte-monnaie.

— Cool, fit alors Ahsoka, ne se gênant pas la moins du monde, passant à côté d'Anakin pour aller s'asseoir dans son salon.

— Ahsoka, fit Barriss entre ses dents, visiblement excédée du comportement de son amie.

Elle hésita un instant, portant son regard sur Anakin, avant de suivre son amie dans la maison. Elle commença alors à chuchoter furieusement des reproches à son amie. Anakin n'y prit pas garde. Il ferma la porte et commença à chercher son porte-monnaie. Il lui fallut un bon moment de recherche infructueuse avant de se souvenir qu'il était dans la poche de son pantalon de costume, en haut, dans sa chambre.

— Hum, je reviens, fit-il aux deux adolescentes avant de monter les escaliers jusqu'à sa chambre.

Là, il put enfin lâcher les pans de sa robe de chambre. Il s'accroupit sur le sol, attrapant son pantalon de costume et en sortit son porte-monnaie. Par la même occasion, il en sortit aussi son téléphone portable, dont la LED de notifications clignotait paresseusement. Il avait plusieurs appels manqués de Padmé, ainsi qu'un message. Mais Anakin ne s'en préoccupa pas, Padmé devait penser à elle en ce moment, et non à lui.

Anakin redescendit les escaliers son porte-monnaie en main, son torse à nouveau exposé. Peut-être aurait-il dû mettre un T-shirt, mais il n'en avait pas le temps. Il préférait ne pas laisser les adolescentes seules dans son salon plus longtemps.

— Voilà, voilà, fit-il en descendant les escaliers.

Les deux filles levèrent la tête vers lui à son arrivée dans le salon. Si Barriss baissa son regard au sol, les joues légèrement rouges, Ahsoka, quant à elle, maintint le contact visuel avec Anakin. Il essaya de repousser la gêne que cela lui inspirait au fond de lui-même, sachant que cela ne ferait qu'empirer la situation.

Anakin s'assit sur son canapé, à côté d'Ahsoka, mais à une distance plus que raisonnable. Il posa son porte-monnaie sur ses cuisses et en tira péniblement le montant demandé par les deux scouts.

— Merci beaucoup monsieur, fit Barriss en lui tendant la boîte de cookies, évitant toujours de le regarder.

Anakin hocha la tête, oubliant que l'adolescente ne pouvait pas voir son geste.

— He ! Monsieur ! interpella alors Ahsoka, son regard rivé sur le torse d'Anakin, le faisant finalement rougir d'embarras. Elle est chouette votre bague.

Anakin baissa ses yeux sur son propre torse, semblant découvrir son alliance pendue à sa chaînette pour la première fois.

— Hum, merci, fit-il mal à l'aise en reportant son regard sur Ahsoka.

— Pourquoi vous ne la portez pas au doigt ? Et elle est où la personne qui a l'autre bague ?

— Ahsoka ! siffla Barriss devant le sans-gêne de son amie.

— Bah quoi ? répondit la fille aux tresses.

Les yeux d'Anakin étaient rivés sur le sol. Il lui fallut toute l'énergie qu'il n'avait pas pour combattre ses larmes. Il avait l'impression de s'enfoncer en tourbillonnant dans un puits de noirceur. Et qu'il aurait beau hurler et tendre les bras vers le ciel, personne ne viendrait jamais l'aider à sortir de l'abîme.

Parce que personne ne tient assez à toi pour ça.

Il n'aurait qu'à s'embourber jusqu'à en mourir. Et parfois, au creux de son désespoir, Anakin se demandait pourquoi il attendait, pourquoi il ne s'épargnait pas cette longue attente vers la fin et qu'il terminait tout maintenant.

Parce que tu n'es qu'un lâche ! Même pas capable de mettre un terme à sa propre agonie.

— Je…, essaya de répondre Anakin, clignant des yeux. Il… Il n'est pas là.

— Il est où ? demanda Ahsoka sans perdre une seule seconde.

— Chez lui, à Londres, fut tout ce que put répondre Anakin.

— Et pourquoi tu n'es pas avec lui ?! s'enquit l'adolescente, le regard en feu.

Anakin ne put que bafouiller, s'emmêlant dans ses explications. Il ne fit même pas particulièrement attention au fait qu'Ahsoka avait commencé à le tutoyer et que Barriss ne semblait plus si incline à retenir son amie.

— Des excuses ! pointa Ahsoka. Ce n'est que des excuses ! Tu devrais rejoindre ton mari, il t'attend sûrement.

C'était faux, Anakin le savait. Obi-Wan l'aurait appelé s'il l'attendait vraiment. Et pourtant… C'était aussi vrai.


Anakin essaya d'étouffer ses sanglots du mieux qu'il pouvait. Ses doigts, que ce soit de chair ou de plastique, étaient plantés dans les accoudoirs de son siège. Garder sa respiration calme était devenu un véritable challenge. Définitivement, il se demandait ce qu'il lui avait bien pris de monter à bord de cet avion ! D'autant que la dernière fois qu'il avait pris l'avion, il était délirant au possible avec toute la morphine qu'on lui avait injectée. Il ne se rappelait plus rien de ce vol, sans doute pour le meilleur. Mais maintenant, il n'avait pas accès à de la morphine ou toute autre chose qui pourraient lui faire oublier, juste pour un instant, là où il se trouvait.

Anakin n'avait pas peur de monter à bord d'un avion, avant. Il n'avait pas vraiment pensé que cela était aussi quelque chose qui avait changé. Apparemment, ça l'était.

— Vous êtes sûr que tout va bien, monsieur ? lui demanda pour au moins la centième fois l'une des hôtesses de l'air.

Anakin se contenta de hocher la tête, ne faisant pas confiance à sa voix actuellement. La jeune femme ne parut pas convaincue, comme les fois précédentes, mais elle le laissa tranquille. Anakin essaya vainement de déglutir la boule qu'il avait dans la gorge. Il ignorait comment il allait faire pour gérer les onze heures de vol qu'il lui restait pour arriver à Londres. Qu'est-ce qui lui avait pris de suivre les suggestions d'une adolescente qu'il ne connaissait même pas ! Il devait être complètement cinglé ! Ou alors il avait tellement envie de recevoir le coup fatal, et d'en finir.

Lorsque l'avion passa dans une zone de turbulence, s'agitant de toutes parts, Anakin ne put retenir ses larmes. Il se mit à pleurer en sanglot silencieux, les yeux fouillant le cockpit à la recherche de quelque chose. Mais il ignorait quoi. Ou la raison pour laquelle il avait cette crise de larmes maintenant. Mais ça n'avait plus vraiment d'importance. Il devrait supporter cela jusqu'à ce que l'avion atterrisse. Il n'avait pas de moyen pour en sortir.


Londres ne ressemblait en rien à ce qu'Anakin avait imaginé. Mais il ne s'était pas vraiment imaginé grand-chose. Il avait juste stupidement sauté dans le premier avion pour le Royaume-Uni. Et il avait passé l'entièreté du vol à s'accrocher au peu de dignité qui lui restait. Alors non, il n'avait pas eu le temps d'imaginer à quoi allait ressembler Londres. Et maintenant, ce n'était plus sa priorité. Parce que maintenant, il fallait qu'il trouve quoi faire.

Dans son infinie stupidité, Anakin avait voyagé jusqu'en Europe avec un simple sac à dos. Parce qu'à part quelques changes, et deux trois babioles auxquelles il tenait, il n'y avait rien d'autre dont il ait besoin. Tout le reste n'était que superflu, et il s'en moquait. Par contre, il n'avait pas encore prévenu Padmé de son aventure. Et il ignorait quand serait le bon moment pour le faire. Sans doute qu'il valait mieux qu'il trouve un endroit pour la nuit d'abord. Il n'en pouvait plus après la catastrophe qu'avait été le vol. Mais il n'avait absolument aucune idée où aller. Et surtout, il n'avait que peu d'argent avec lui, donc il lui fallait quelque chose de pas trop cher.

Anakin découvrit très rapidement que pas trop cher et centre de Londres n'allaient définitivement pas ensemble.

Ses options pour se loger pour la nuit étaient réduites à peau de chagrin. Il pouvait essayer de demander l'asile à un inconnu. Mais cela le rendait vraiment inconfortable. Que ce soit simplement par le fait de dormir dans un endroit et avec une personne qu'il ne connaissait pas. Ou soit parce qu'il n'était pas habitué à demander la charité. Certes, il n'avait jamais eu beaucoup, mais il s'en était toujours sorti, que ce soit pendant son enfance ou depuis son retour de l'armée. Bien sûr, il lui restait l'option de dormir dans la rue. Mais Anakin ne s'en sentait pas le courage. Il ne connaissait pas cette ville ni les habitudes qu'avaient les sans-abris dans celle-ci. Et s'il faisait ça, il savait qu'il ne trouverait pas le sommeil. Dormir par terre ne lui posait pas vraiment de problème, il l'avait déjà fait à plusieurs reprises. Et c'était justement à cause de ça qu'il ne pouvait pas le faire. Dormir ainsi dehors lui rappellerait bien trop de souvenirs qu'il préférait oublier. Alors, il était sans doute condamné à errer dans la ville jusqu'au petit matin.

Sauf qu'il y avait une troisième solution.

Mais Anakin ne voulait pas l'utiliser maintenant. Il voulait attendre le lendemain d'être mieux reposé, d'avoir l'esprit plus clair. Sauf que, s'il ne pouvait pas dormir de la nuit, il ne serait pas plus reposé et n'aurait pas l'esprit plus clair, bien au contraire.

Anakin avait l'impression d'être noué de partout alors qu'il sortait son téléphone de sa poche. Sa main gauche tremblait, alors qu'il parcourait ses contacts. Il hésita plusieurs longues secondes avant d'appuyer sur la touche appel. Il fut très fortement tenté de raccrocher pendant les cinq tonalités. Alors qu'il allait véritablement suspendre l'appel, les larmes aux yeux, on décrocha :

— Kenobi

Anakin essaya vainement de déglutir le nœud qui obstruait sa gorge. Essayant de ne pas prêter attention au fait que son mari n'utilisait pas son nom, un mois après leur mariage.

— Hum… Bonjour, fit finalement Anakin.

— Bonjour, répondit la voix de l'autre homme. Qui est à l'appareil ?

Est-ce que répondre "ton mari" n'était pas un petit peu trop cru ? Après tout, peut-être que l'autre homme l'avait complètement oublié. Ce n'était pas impossible. Ou alors il ne voulait tout simplement plus entendre parler de lui. Mais avait-il vraiment d'autres choix que de donner son nom ? Il pouvait toujours raccrocher, mais ça allait à l'encontre de tout ce qu'il avait entrepris ces dernières quarante-huit heures.

— Anakin, répondit-il enfin. Anakin Skywalker.

— Anakin ! fit alors l'autre homme, sa voix se faisant bien plus chaude et enthousiaste.

— Obi-Wan, souffla Anakin sentant son estomac se détendre.

— Ça fait des semaines que j'essaie de t'atteindre ! informa le plus âgé.

— Oh… Je…

— Est-ce que… Anakin, nous devons parler, commença Obi-Wan, le ton beaucoup plus ferme, ramenant le nœud dans l'estomac d'Anakin. Et nous devons parler face à face, c'est trop important. Je peux trouver un vol pour les États-Unis pour la semaine prochaine. Si tu pouvais me dire dans quel État tu habites…

— Obi-Wan, interrompit Anakin. Je suis à Londres.

Il y eut un silence à l'autre bout du fil.

— Tu es à Londres…

— Oui, pour te voir.

— Oh

—Je… Je n'ai pas d'endroit où dormir.

Anakin sentit ses joues brûler, une vague de honte le submergeant. Quelle image devait-il bien inspirer à son mari ?

De la pitié.

— Oh… Tu peux venir chez moi, Anakin.

Son nom dans la bouche de son mari sonnait de plus en plus comme une caresse. Il avait presque envie d'arquer son dos pour montrer à quel point cela lui faisait plaisir, comme un chat.

— Si… Si je ne dérange pas…

— Bien sûr que non, tu ne me déranges pas.

La chaleur dans le ventre d'Anakin faillit le déconcentrer suffisamment pour qu'il ne retienne pas l'adresse d'Obi-Wan et les indications qu'il lui donna pour s'y rendre en transport public. Il apprécia qu'il ne lui propose pas de prendre un taxi. Anakin n'avait aucune idée des prix, mais il avait le sentiment que c'était largement hors de son budget.

— Commence par prendre le Tube jusqu'à…

— Pas le métro ! interrompit Anakin.

— Oh, bien sûr.

Anakin fut soulagé de ne pas avoir à lui expliquer que le métro le rendait claustrophobe. La dernière fois qu'il avait essayé de prendre le métro, il avait fait une crise de panique et Padmé avait dû le porter à moitié jusqu'à la sortie la plus proche. Alors il ne voulait surtout pas retenter l'expérience, dans une ville qu'il ne connaissait pas en plus !

— Tu peux prendre le bus alors, proposa doucement Obi-Wan. Est-ce que cela joue pour toi ?

— Oui oui.

Il écouta les instructions avec une acuité qu'il n'avait plus expérimentée depuis longtemps.

Le trajet en bus se déroula plutôt bien. Mais c'était sans doute dû au fait qu'Anakin était tout simplement émerveillé par les bus rouges à impériale. Il avait l'impression de se trouver dans un film. Il ne pouvait pas s'empêcher de coller son nez contre la fenêtre et d'observer le paysage défiler devant lui. Il dut changer plusieurs fois de bus, mais cela ne le dérangea pas.

Finalement, il arriva à l'adresse d'Obi-Wan après un certain temps dans les transports publics. Il habitait dans l'un des quartiers résidentiels de Londres, en dehors du centre bruyant. L'immeuble était moderne, contrairement à ce à quoi s'attendait Anakin. Et il était luxueux aussi. Très luxueux. Anakin n'était jamais entré dans un immeuble avec un agent de sécurité au rez-de-chaussée. Agent de sécurité qui vint lui ouvrir la porte avec un sourire poli.

— Monsieur, que puis-je faire pour vous ? demanda l'homme sans vraiment le laisser entrer dans l'immeuble.

— Hum… Je suis venu rendre visite à Obi-Wan Kenobi.

— Bien sûr, et vous êtes ? demanda l'agent en ne le quittant pas des yeux.

— Anakin Skywalker

—Bien sûr, monsieur Kenobi vous attend, monsieur, fit alors l'homme en se décalant, permettant enfin à Anakin d'entrer dans l'immeuble.

Il était presque sûr que le hall de l'immeuble était plus luxueux que n'importe quel hall d'hôtel où il avait déjà mis les pieds. Le marbre au sol était tellement propre qu'Anakin pouvait se voir dedans ! Et c'était sans parler de l'énorme chandelier, un étrange mélange entre tradition et modernité, qui illuminait tout le hall et l'ascenseur tout de verre qui montait dans les étages. Devant celui-ci se tenait un pupitre d'accueil, comme dans les hôtels, où était précédemment installé l'agent de sécurité.

— Si vous voulez bien me suivre, fit l'agent alors qu'Anakin était planté sur place, bien trop impressionné par le décor.

— Ha euh, oui, répondit le jeune homme en redirigeant son regard vers l'agent.

Il le guida donc jusqu'à l'ascenseur, l'appelant même pour lui. Anakin observa la cabine glisser silencieusement jusqu'à lui. Il pénétra à l'intérieur, l'agent en fit de même, pressa le bouton d'un étage puis sortit.

— Bonne soirée, monsieur, fit-il avant que les portes se referment.

L'ascenseur monta doucement dans les étages et Anakin commençait presque à se sentir mal. Il n'avait absolument aucune idée où aller une fois qu'il serait dans le couloir. Allait-il devoir rappeler Obi-Wan ? Juste devant sa porte. Il en avait déjà la main moite. Il allait passer pour encore plus pathétique qu'il ne l'était déjà.

L'ascenseur finit par arriver à l'étage désiré, s'arrêtant avec un léger sursaut. L'estomac d'Anakin se serra d'appréhension alors que les portes s'ouvrirent. Contrairement à toute logique, il ne se retrouva pas dans un couloir rempli de portes d'appartement desquelles il ne pourrait pas trouver laquelle était celle d'Obi-Wan. Non, l'ascenseur déboucha directement sur l'entrée d'un appartement, avec ses chaussures, son porte-manteau auquel étaient accrochés des manteaux et quelques décorations qui semblaient assez peu personnelles.

— Anakin ! fit Obi-Wan en s'avançant dans le corridor.

L'homme portait une chemise blanche, bien trop ajustée, dont les boutons au col étaient délicieusement défaits. Ainsi qu'un pantalon de costume bleu nuit, lui aussi bien trop ajusté. Anakin n'aurait pas vraiment été étonné si son mari se fournissait chez un tailleur.

— Désolé de déranger, répondit Anakin un sourire contrit sur les lèvres.

— Tu ne me déranges pas, nia Obi-Wan les coins de sa bouche se relevant en un sourire chaleureux.

Anakin ne put rien faire d'autre que de triturer l'une des bretelles quelque peu abîmées de son sac à dos.

— Entre seulement, l'encouragea Obi-Wan.

Anakin suivit donc son hôte après s'être débarrassé de son blouson de faux cuir râpé et de ses chaussures emplies de trous. Il essaya de ne pas se sentir gêné de ses vêtements usés comparés à ceux définitivement luxueux d'Obi-Wan.

— Tu veux boire quelque chose ? lui demanda l'autre homme alors qu'ils entraient dans le salon.

Là aussi, Anakin pouvait voir des preuves du haut standing de l'appartement, ainsi que de la décoration assez peu personnelle. Celle-ci ressemblait beaucoup à celle de l'entrée. Comme si quelqu'un avait décoré tout l'appartement de la même manière, avec de beaux objets, sans doute assez luxueux, mais qui ne semblaient pas avoir de valeur sentimentale particulière. À moins qu'Anakin se trompe et que la sculpture bizarrement tordue posée sur le buffet du salon ait une valeur sentimentale pour Obi-Wan. Mais au premier abord, Anakin n'en trouvait aucune d'évidente.

Quelques minutes plus tard, Anakin se trouva assis sur le magnifique canapé en cuir blanc d'Obi-Wan, un verre d'eau à la main. Son mari se trouvait à l'autre bout du sofa. Et Anakin n'avait absolument aucune idée quoi faire ou dire. Le silence s'était installé depuis de trop longues secondes. À tel point qu'il commençait à avoir envie de se tortiller sur le canapé. Ses yeux passaient d'un coin de la pièce à l'autre, passant d'une décoration à l'autre, d'un objet luxueux à un autre.

Anakin avait de plus en plus l'impression d'être dans un Disney, d'être la pauvre princesse en détresse mariée par hasard au riche prince un peu superficiel.

Il fallait absolument qu'Anakin prévienne Padmé ! Ça faisait plus de deux jours qu'il avait quitté sa maison. Mais en même temps, Padmé était en lune de miel. Elle devait en profiter, et pas parcourir la moitié de la planète à l'aide de son meilleur ami un peu stupide. Voir très franchement stupide.

Anakin poussa un soupir, laissant tomber ses épaules. Il s'était embarqué dans un de ces casse-tête ! Peut-être qu'il aurait mieux fait de rester aux États-Unis plutôt que de venir jusqu'à Londres pour être aussi mal à l'aise. Peut-être qu'il devait partir, prétexter l'appel d'un ami, retourner à l'aéroport, prendre un billet de retour et rentrer.

Alors qu'il essayait de rassembler sa volonté pour ouvrir sa bouche, Anakin remarqua un objet brillant du coin de l'œil. Il s'agissait de l'alliance d'Obi-Wan, qu'il portait toujours ! Il jouait un peu avec, la faisant tourner sur son doigt, dans une habitude sans doute induite par le stresse ou la nervosité. Le cœur d'Anakin se mit à battre plus fort, dispersant de la chaleur dans tout son corps.

— Tu as gardé l'alliance, souffla-t-il les yeux écarquillés jusqu'à s'en faire mal.

— Bien sûr ! lui répondit Obi-Wan en tournant le regard dans sa direction.

Ses yeux clairs cherchèrent l'annulaire gauche d'Anakin. Celui-ci aurait bien voulu le lui cacher, honteux d'avoir abandonné tout espoir, contrairement à son mari. Mais il savait qu'il finirait par le découvrir. Alors il tira sur la chaînette à son cou, et sortit son alliance de sous son T-shirt. La lumière qu'il put voir briller dans le regard bleu-gris de son mari lui fit presque physiquement mal.

— Elle te gêne ? demanda doucement Obi-Wan.

Anakin le trouva naïf, ou trop gentil. Parce que c'était évident que la bague ne le dérangeait pas, elle était de bien trop bonne facture pour ça. D'ailleurs, il pensait de plus en plus que c'était son mari qui avait payé pour les alliances, au vu du standing de son appartement. Parce que lui n'aurait pas pu se le permettre avec la maigre pension qui lui versait le gouvernement américain. Heureusement que sa mère lui avait légué la maison, sinon il aurait sans doute fini à la rue. Ou chez Padmé. Quoiqu'il en soit, Anakin ne savait pas vraiment quoi répondre à la question d'Obi-Wan. Il ne se voyait pas lui mentir ni lui dire la vérité, parce que dans les deux cas cela ne serait pas correct envers lui. Alors il se contenta juste de hausser les épaules, laissant l'interprétation à l'autre homme.

Obi-Wan se décala sur le canapé, s'approchant d'Anakin. Il lui prit gentiment la main droite, passant son pouce sur le dos en plastique, faisant frissonner Anakin aux implications de ce geste. Est-ce qu'il avait oublié que ce n'était pas une main de chair ? Ou alors il s'en moquait tout simplement ? Aux vues de son manque de réaction lorsque son doigt toucha la matière inerte, Anakin penchait plus pour la deuxième solution. Et cela faisait faire des choses très intéressantes à son ventre.

Anakin relâcha la chaînette qui maintenait son alliance autour de son cou, la laissant retomber sur son T-shirt à la vue de tous.

— Il faut que nous en parlions, reprit alors Obi-Wan, son menton pointant leurs alliances.

— Oui, souffla Anakin.

Peut-être qu'il n'avait pas envie d'en parler, qu'il avait juste envie de se rouler en boule sur le bord du canapé et que personne ne le dérange. Mais il savait que discuter de leur mariage était la bonne chose. Il en avait besoin. Besoin de sortir de l'incertitude dans laquelle il avait été plongé ces dernières semaines.

— Il faut que tu saches que j'ai déjà été marié, commença Obi-Wan. Et cela ne s'est pas bien terminé.

— Pourquoi tu me dis ça ?

— Peut-être qu'être marié à un divorcé te poserait un problème ? répondit Obi-Wan en l'observant du coin de l'œil.

— Je m'en moque ! fit Anakin en posant sa main gauche sur celle de son mari.

— Et si je te disais que j'ai des enfants ? sourit le plus âgé.

— Euh…

Anakin ne se voyait vraiment pas devenir beau-père, à dix-neuf ans.

— Je plaisante, le rassura Obi-Wan en riant légèrement, faisant s'illuminer ses yeux. Je n'ai pas d'enfant, juste une ex-femme.

Anakin hocha la tête, la bouche pincée, essayant d'empêcher à sa nervosité de se manifester.

— Est-ce que tu es intéressé par les hommes ? demanda-t-il, haïssant sa voix pour son léger tremblement.

— Bien sûr, susurra Obi-Wan, un grand sourire aux lèvres.

Anakin remarqua alors à quel point il s'était approché de lui. À quel point il pouvait ressentir la chaleur de l'autre homme tant il était proche ! À quel point ses taches de rousseur se fondaient sur son visage ! À quel point sa barbe était bien entretenue ! À quel point ses yeux étaient gris et bleus à la fois, lumineux et orageux ! Et à quel point Anakin sentait son visage chauffer et sa respiration se faire plus lourde !

Le bout du nez d'Obi-Wan vint frôler celui d'Anakin, dans une caresse aérienne. Anakin entrouvrit légèrement la bouche, s'attendant à bien plus. Mais son mari se recula.

— Et toi ? souffla-t-il alors.

— Hein ? Ha ! Oui oui, répondit Anakin l'esprit embrumé.

Le sourire d'Obi-Wan s'agrandit et Anakin retint de justesse un petit gémissement, sentant ses joues devenir encore plus rouges que précédemment.

— Est-ce que tu l'as fait exprès ? demanda le plus vieux, en retrouvant son sérieux.

— De quoi ? fit Anakin en ayant l'impression d'avoir la tête qui commençait à tourner.

Quand avait-il mangé pour la dernière fois ? Avant de prendre l'avion ? Dans l'avion ? Il ne s'en souvenait plus. En même temps, il n'était pas sûr de pouvoir se souvenir de grand-chose, à part des caresses de son mari et de son sourire.

— De me donner un mauvais numéro de téléphone, explicita Obi-Wan.

Tu es un abruti.

— Non ! Non ! Bien sûr que non !

Bien évidemment, il fallait que cela lui arrive à lui. Être assez stupide pour faire une faute de frappe dans un contexte pareil ! Il n'y avait que lui pour être assez idiot pour ça ! Anakin avait envie de hurler de frustration et d'aller se rouler en boule quelque part.

— Je… Je…, commença-t-il à bredouiller, tentant de trouver une excuse pour ce quiproquo. Je suis désolé.

Ce fut bien tout ce qu'il put trouver, et cela lui semblait bien faible. Parce qu'à cause de lui, ils avaient dû traverser un mois d'incertitudes. Et oui, Anakin en avait souffert. Mais maintenant qu'il savait que cela était de sa faute, il se demandait ce que son mari avait bien pu ressentir pendant cette période. Sans doute avait-il dû le décevoir. Qu'avait-il pu bien penser du jeune homme ne voulant pas casser leur mariage, mais lui donnant un mauvais numéro de téléphone ?

— Pardon, fit Anakin en agrippant la manche de chemise de son mari et appuyant son front contre son épaule. Pardon… Je suis désolé.

Ses larmes menaçaient de couler, et il faisait tout son possible pour que ce ne soit pas le cas. Quelques reniflements lui échappèrent cependant.

— Ce n'est pas grave, plus maintenant, le rassura Obi-Wan en entourant ses épaules de son bras.

Il le serra contre lui et Anakin se laissa aller, glissant dans le canapé pour pouvoir poser confortablement sa tête dans le creux du cou de son mari. Il ferma les yeux, frottant son nez contre le haut du torse d'Obi-Wan. L'odeur qui emplit ses narines à chaque respiration finit de le calmer. Il pouvait sentir les traces d'un parfum, de lessive, de savon et de l'odeur naturelle de la peau d'Obi-Wan. Cela plus les douces caresses sur son épaule le plongèrent dans l'oubli d'un sommeil sans rêves. Son corps ayant besoin de repos après les dernières quarante-huit heures de folie qu'il venait de traverser.


Notes : j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me laisser un commentaire.

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On se retrouve à bientôt pour la suite !

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