Notes : Hello, j'espère que vous allez tous le mieux que possible compte tenu de la situation. Je suis de retour avec le troisième et dernier chapitre de cette fic ! J'espère qu'il sera à la hauteur. Il est un peu plus court que les autres et contient un peu plus de fluff, peut-être.
Sinon, faites attention à vous, prenez soin de vous et vos proches. Bonne lecture.
Anakin grogna, se tournant sur le dos. Il se frotta les yeux de sa main gauche. Il ne se souvenait pas s'être endormi. En vérité, il ne se souvenait pas de grand-chose, les limbes du sommeil encore trop entremêlés à son esprit. Alors il se tourna sur son flanc droit, papillonnant des yeux et bâillant peu gracieusement. C'est seulement lorsque la porte-fenêtre entra dans son champ de vision qu'il se rendit compte qu'il ne se trouvait définitivement pas dans sa chambre. Pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas de balcon dans sa maison. C'est à ce moment-là que tout lui revint en tête, le laissant à moitié groggy contre son oreiller.
Il était complètement cinglé d'être venu jusqu'à Londres ! Mais il aurait sans doute regretté de ne pas l'avoir fait. Surtout après s'être littéralement endormi dans l'étreinte d'Obi-Wan. Anakin en avait encore des sensations fantômes. Délicieusement agréables, celles-ci.
Il frissonna de bonheur. Un sourire s'étendit sur ses lèvres.
Mais cela ne dura pas longtemps, juste le temps qu'il commence à s'étirer, chassant la fatigue de son corps. Et qu'il se rende compte que sa prothèse n'était plus attachée à son bras droit. Ce n'était pas lui qui l'avait enlevée. Parce qu'il s'était endormi dans les bras d'Obi-Wan. Ce qui voulait dire que c'était l'autre homme qui l'avait ôtée !
L'estomac d'Anakin sembla vouloir se remplir d'acide, le brûlant douloureusement et remontant le long de son œsophage.
Si Obi-Wan avait ôté sa prothèse, ça voulait dire qu'il avait vu son bras. Ou ce qu'il en restait.
Monstruosité.
Ça voulait dire qu'il avait vu à quel point Anakin était brisé, à quel point il était affreux et laid. Et qu'est-ce qu'un homme aussi séduisant et visiblement riche qu'Obi-Wan irait faire avec la loque qu'était Anakin ? Probablement rien.
Anakin laissa sa tête retomber sur l'oreiller. Ses yeux se fixèrent sur le plafond de la chambre. Peut-être devrait-il sortir de son lit, montrer à son hôte qu'il était réveillé, trouver une excuse pour s'en aller et rentrer chez lui. Et oublier définitivement toute cette histoire. Reprendre le cours de sa vie minable, et tout finirait par bien aller, plus ou moins. Comme si tout était déjà bien allé dans sa vie.
Avant qu'Anakin n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit, la porte de la chambre s'ouvrit, amenant encore plus de lumière dans la pièce.
— Bonjour, fit alors Obi-Wan en entrant dans la chambre, le sourire aux lèvres et les bras chargés d'un plateau.
Anakin se redressa pour faire face à son hôte.
— Bonjour, répondit-il doucement.
Obi-Wan était vêtu d'un jogging gris et d'un simple T-shirt et il était pieds nus. Ce qui retint bien plus l'attention d'Anakin que tout autre chose. Il y avait quelque chose d'incroyablement intime à voir l'autre homme pieds nus. Ce fut aussi à ce moment qu'il se rendit compte que le drap avait glissé sur lui, et qu'il ne portait plus ni son T-shirt ni son pantalon. Non content de lui avoir enlevé sa prothèse la veille, son mari l'avait aussi déshabillé.
Anakin rougit en essayant pitoyablement de remonter le drap sur son torse.
— Tu es réveillé, fit Obi-Wan en s'approchant du lit. J'espère que tu as bien dormi.
— Euh, oui, merci.
— Je t'ai apporté le petit-déjeuner, continua le plus vieux en déposant le plateau sur la table de chevet et en s'asseyant sur le bord du lit.
Anakin se rendit alors compte que le plateau était garni d'œufs brouillés, de saucisses, de toasts, d'un verre de jus d'orange qui avait l'air d'être fraîchement pressé et d'une tasse de thé.
— Merci, fit Anakin, doutant qu'il arriverait à manger tout cela.
Et pour le démentir, son estomac produisit un énorme gargouillement presque douloureux. Le coin de la bouche d'Obi-Wan s'étira en un petit rictus, mais il ne fit aucune remarque. Il se contenta de poser le plateau sur les genoux d'Anakin une fois que celui-ci se fut suffisamment redressé contre la tête de lit. Il se saisit ensuite de la tasse de thé et la porta à ses lèvres après avoir délicatement soufflé dessus pour en refroidir le contenu.
Anakin observa son mari un instant. Il y avait une grâce naturelle dans la manière dont il portait la tasse à ses lèvres. Et Anakin ne put rien faire d'autre que de se laisser séduire. Il baissa la tête sur son repas, sentant ses joues brûler affreusement. Il remarqua alors que les saucisses avaient été prédécoupées afin qu'il lui soit plus simple de se sustenter avec une seule main. Ce n'était pas grand-chose, mais Anakin appréciait l'intention. Elle lui éviterait de demander à son mari de l'aider à découper ses aliments.
Anakin se saisit de la fourchette disposée sur le plateau et commença à manger son petit-déjeuner. Son mari était toujours assis sur le lit, près de lui, presque trop près, il pouvait sentir sa chaleur sur ses hanches à travers son drap. Il essaya de ne pas y prendre garde et de se concentrer sur son repas.
Pendant de longues minutes, un silence confortable régna dans la chambre. Anakin eut l'impression d'avoir l'esprit délicieusement vide. C'était trop rare pour qu'il n'en profite pas, se reposant dans la tranquillité de son esprit. Il avait presque l'impression d'avoir marché dans le désert pendant des heures, déshydraté et qu'on lui proposait enfin de boire un peu d'eau. Et comme un assoiffé, il ne pouvait s'empêcher de se ruer sur la paix qui semblait l'envahir enfin.
Bien évidemment, cela ne dura pas. Parce que ce n'était pas un peu de silence et un premier petit-déjeuner partagé avec son mari qui allaient définitivement maintenir au large de l'esprit d'Anakin les serres de la dépression. Et pour cela, il suffit du thème principal de Star Trek.
Anakin ne put s'empêcher de sursauter aux premières notes, cognant ses genoux contre le plateau-repas. Obi-Wan se contenta de lui jeter un coup d'œil interrogatif derrière sa tasse de thé. Anakin baissa les yeux, ne pouvant soutenir le poids du regard de son mari. Il savait très bien qui l'appelait. Parce qu'il n'avait pas beaucoup d'entrées dans les contacts de son téléphone, et ceux susceptibles de l'appeler étaient au nombre d'un, ou plutôt d'une. Et Anakin n'avait pas la moindre idée de quoi raconter à Padmé. Il était à peu près sûr que « Je suis parti sur un coup de tête à Londres, ne t'inquiète pas tout va bien » la ferait sauter dans le premier avion disponible pour venir à sa rencontre, pour lui demander en personne s'il n'était pas complètement cinglé. Et lui mentir n'était pas une alternative viable non plus. Anakin préférait l'éviter, car Padmé finissait toujours par découvrir la vérité. Toujours !
Anakin voulut alors se lever de son lit pour aller répondre à son téléphone, qui devait encore se trouver dans une des poches de son jeans, ou alors dans son sac. Seulement, le plateau sur ses genoux faillit se renverser sous son impulsion, si ce n'était pour les réflexes d'Obi-Wan qui l'empêchèrent de basculer et de répandre son contenu sur le lit.
— Pardon, souffla Anakin, se sentant particulièrement gauche.
— Ce n'est rien, lui sourit Obi-Wan. Tu veux que j'aille chercher ton téléphone ?
— Euh oui… Merci.
Obi-Wan déposa sa tasse de thé sur le plateau après avoir pris garde que celui-ci soit à nouveau droit. Il se leva tellement gracieusement du lit qu'Anakin eut l'impression qu'il le faisait exprès. Anakin sentit la honte lui brûler l'estomac alors qu'il dut regarder son mari fouiller dans les poches de son jeans troué. Il pouvait encore la sentir sur le bout de sa langue alors qu'il amenait l'appareil contre son oreille, décrochant.
— Anakin ! Fut l'intervention directe de Padmé. J'étais tellement inquiète.
Bien évidemment qu'elle était inquiète, c'était bien le seul sentiment qu'Anakin arrivait à lui inspirer. À tel point qu'on aurait dit qu'il le faisait exprès.
— Pourquoi ne réponds-tu pas à ta porte ? Lui demanda Padmé.
— Je… Je ne suis pas à la maison, choisit-il de répondre sobrement.
Obi-Wan eut un petit reniflement amusé alors qu'il reprenait sa tasse de thé et sa place au bord du lit. Anakin ne put s'empêcher de lever les yeux sur lui, ne sachant pas vraiment quoi penser.
— Oh, fit Padmé. Quand seras-tu de retour ?
— Je ne sais pas, répondit Anakin faisant son possible pour ne pas croiser le regard de son mari.
Il n'avait pas envie de s'imposer chez Obi-Wan, mais il n'avait pas non plus envie de rentrer aux États-Unis.
Il y eut un silence à l'autre bout du fil, et Anakin put pratiquement entendre Padmé froncer les sourcils.
— Anakin, où es-tu ? demanda-t-elle finalement.
L'estomac d'Anakin sembla se contracter sur lui-même, se faisant particulièrement désagréable. Il n'avait pas envie de répondre à cette question, parce qu'il ne voulait vraiment pas savoir comment sa meilleure amie allait réagir. Ça ne pouvait être une bonne réaction. Parce qu'Anakin avait parfaitement conscience qu'il n'avait pas pris une très bonne décision, même si tout s'était plus ou moins bien terminé. Pour l'instant. Seulement, il n'avait pas d'autre choix, Padmé ne le laisserait pas se défiler. Elle ne se ferait pas distraire par n'importe quel sujet badin qu'Anakin pourrait amener dans leur discussion. Alors, il avait meilleur temps de crever l'abcès maintenant, au lieu de se torturer pendant plusieurs minutes, et lui annoncer la vérité. Déglutissant péniblement, à tel point qu'il était sûr que ça devait s'entendre à l'autre bout du fil, il lâcha la vérité, essayant d'emplir sa voix d'une assurance qu'il était loin de ressentir.
— Je suis à Londres.
Anakin serra les dents, se préparant à la réaction de son amie qui ne serait certainement pas en demi-mesure.
Il y eut d'abord un instant de silence, semblant s'étirer jusqu'à l'infini. Puis une exclamation assez choquée :
— Quoi ?!
Anakin dut presque éloigner le téléphone de son oreille afin de ne pas devenir sourd. Il grimaça sous le regard amusé d'Obi-Wan.
— Je suis à Londres, répéta-t-il alors.
— Oui, j'avais bien compris, pointa Padmé, semblant un peu irritée. Mais qu'est-ce que tu fais à Londres ? Et pourquoi tu ne m'as pas prévenue de ton départ ? Tu as un endroit où dormir au moins ?
— Tout va bien Padmé, essaya d'interrompre Anakin.
Son amie se faisait bien trop de soucis. Elle devrait profiter des premiers instants de son mariage, et ne pas se faire un sang d'encre pour son meilleur ami.
— Qu'est-ce que tu es allé faire à Londres ?! répéta Padmé, paraissant bien plus étonnée que posant réellement la question.
Mais Anakin choisit d'y répondre quand même. De toute manière, il savait que son amie ne le lâcherait pas tant qu'elle n'aurait pas toutes les réponses qu'elle souhaitait.
— Je suis allé retrouver Obi-Wan.
Anakin essaya de ne pas poser son regard sur son mari en disant cela. Il baissa ses yeux sur les bordures de sa couette qu'il trouva soudain très intéressants.
— Je suis chez lui, poursuivit-il. Je… C'était un peu une décision sur un coup de tête Padmé, c'est pour ça que je ne t'ai pas prévenue.
En vérité, c'était surtout parce qu'il savait que s'il s'arrêtait ne serait-ce que trente secondes pour réfléchir, il n'aurait pas eu le courage de monter dans l'avion. Et puis, Padmé l'aurait sans doute découragé de faire quelque chose d'aussi irréfléchi. Elle aurait eu raison bien sûr, comme elle avait toujours raison. Mais à présent, Anakin était plutôt satisfait des conséquences de ses actes. Si c'était à refaire, il ne changerait absolument rien. À part peut-être, emporter des somnifères avec lui pour le vol.
Un nouveau silence s'installa à l'autre bout du fil. Anakin en profita pour relever ses yeux sur son mari. Obi-Wan était toujours en train de boire son thé. Il semblait concentré sur le mur en face de lui. Mais quand il sentit le regard d'Anakin sur lui, il tourna la tête vers lui et lui sourit doucement. Anakin lui rendit son sourire en relevant un coin de ses lèvres. Il essaya de toutes ses forces de ne pas se laisser envahir par la chaleur qui émanait de son estomac.
— D'accord Anakin, fit alors Padmé.
Sa voix semblait à la limite de se briser. Comme si elle allait pleurer, qu'elle était particulièrement émue.
— Tout va bien ? demanda Anakin, se redressant contre ses oreillers, alertant par là même Obi-Wan.
— Oui oui, ne t'inquiète pas. Je suppose que si tu es chez Obi-Wan c'est que tout s'est bien passé alors ? Laisse-moi être la marraine de votre futur enfant !
— Très drôle Padmé, fit Anakin en roulant des yeux.
Il essaya de ne pas se sentir gêné par l'insinuation de son amie. Et il essaya de ne pas penser au fait qu'il avait peut-être dormi dans le même lit que son mari bien trop attirant, cela le rendait bien trop chaud de partout.
— Tout se passe bien, résuma Anakin, ne souhaitant pas s'avancer plus sur la situation.
Après tout, Obi-Wan voudrait sans doute qu'ils aient enfin cette discussion sur leur mariage. Anakin n'en avait vraiment pas envie. Mais il savait que c'était bien plus raisonnable de discuter avec son mari, au moins pour trouver un chemin qui leur permettrait de faire vivre leur mariage, et de ne pas le tuer ainsi dans l'œuf. Anakin était presque sûr qu'Obi-Wan ne l'aurait pas laissé dormir chez lui s'il n'avait pas au minimum l'intention de discuter de leur situation. S'il avait voulu tout terminer, il ne l'aurait pas laissé rester.
— Je suis contente pour toi Anakin, souffla alors Padmé, l'émotion à nouveau présente dans sa voix. Je te laisse alors. Rappelle-moi plus tard.
— D'accord, à bientôt Padmé.
Après s'être salué, Anakin raccrocha, posant le téléphone devant lui et l'observant pendant plusieurs instants. Relever maintenant les yeux sur son mari lui semblait bien trop étrange, après avoir parlé de lui avec son amie alors qu'il se trouvait juste à côté. C'en était presque impoli. Mais Anakin finit par prendre son courage à deux mains et relever légèrement son regard, murmurant :
— Désolé, c'était une amie, Padmé.
— Oui, je me souviens d'elle, fit Obi-Wan avec un léger sourire.
— Je… Je crois que j'aimerais aller prendre une douche, avança Anakin afin de couper court à la discussion.
La situation lui paraissait bien trop étrange, et il avait besoin de s'en échapper, rien que pour un instant.
— Bien sûr, lui sourit une nouvelle fois son mari.
Celui-ci se leva du lit. Il posa sa tasse de thé sur la table de nuit à côté d'Anakin et le débarrassa de son plateau. Il ne fit aucun commentaire sur les restes que son invité avait laissé, et Anakin l'en remercia silencieusement.
— Je reviens, fit Obi-Wan en quittant la pièce.
Anakin relâcha un souffle qu'il n'avait pas conscience d'avoir retenu. Il se laissa glisser sur son oreiller, se frottant le visage de sa main. Pourquoi avait-il l'impression qu'il s'était rendu absolument ridicule pendant tout le temps où son mari était à côté de lui ? Pour sa défense, son mari était bien trop magnifique pour son bien. Et Anakin avait dû se concentrer pour ne pas se mettre à le fixer de manière étrange et dérangeante.
— Désolé, fit Obi-Wan en revenant dans la chambre, surprenant Anakin et le faisant pousser un petit cri ridicule.
Anakin réagit par pur instinct, roulant sur le ventre et protégeant sa nuque de sa main. Tout son corps se mit à trembler, et des sons qui ne faisaient plus partie de son quotidien se mirent à résonner dans ses oreilles. Une main s'abattit sur son épaule, le faisant trembler encore plus. Il ne voulait pas à avoir à se retourner, à faire face à ses compagnons et à observer le ciel se déchirer sous la violence des Hommes.
— Anakin, l'appela-t-on.
La voix était bien trop douce, bien trop caressante pour appartenir à l'un des soldats de sa compagnie.
— Anakin, répéta la voix. Respire, tu es à Londres, en sécurité. Respire, tout va bien.
Mais rien n'allait bien, n'est-ce pas ? Anakin avait déjà fait ce rêve des millions de fois ! Il avait entendu tellement de fois la voix de sa mère lui dire que tout allait bien, qu'il n'avait pas à s'inquiéter, qu'elle était là pour le protéger. Et à chaque fois, c'était pareil, Anakin avait ouvert les yeux et la réalité avait été tellement douloureuse. Le transperçant durement. Sa mère était morte, et le désert qu'il avait en face de lui n'était pas celui à proximité de leur maison. Il en avait pleuré parfois. C'était sans doute l'une des seules manières d'échapper, pendant un court instant, à l'Enfer qu'était son quotidien. Parce qu'il n'en était pas à l'abri même dans l'intimité de ses rêves. Même après avoir enfin pu quitter cet Enfer.
— Anakin, souffla une nouvelle fois la voix. Respire, tout va bien, tu es en sécurité.
Anakin sentit une main s'emmêler dans ses cheveux, caressant son crâne. La main sur son épaule se fit, elle aussi, bien plus douce, et vint caresser son bras. Puis, il y eut un autre corps en entier contre son dos, l'embrassant de sa chaleur. Chaleur qui n'avait rien à voir avec l'aridité cruelle du désert. Des murmures échouèrent dans son oreille, l'encourageant, le rassurant, lui donnant la chair de poule. Les caresses dérivèrent sur ses flancs. Un bras enserra son torse. L'étreinte était inhabituellement rassurante, l'ancrant dans la réalité. Réalité qui n'avait rien à voir avec le chaos de la guerre.
L'esprit d'Anakin s'éclaircit enfin. La situation finit par s'imprégner en lui. Il était à moitié nu, dans un lit, chez Obi-Wan, et celui-ci l'avait rejoint dans le lit. Anakin était collé contre son torse. La main de son mari étendue contre sa poitrine.
— C'est bien, souffla Obi-Wan. Respire doucement.
Le murmure fit se dresser les petits cheveux au creux de sa nuque. Un frisson secoua sa colonne vertébrale.
— Tout va bien, continua Obi-Wan. Tu es en sécurité.
Anakin pouvait sentir ses lèvres bien trop proches de sa nuque. Cette réalisation sembla couper toutes les autres fonctions de son cerveau. Le rendant mou dans les bras de son mari. Celui-ci se coula encore plus contre lui, son torse épousant parfaitement son dos. Il pouvait sentir le tissu du T-shirt que portait Obi-Wan se coller contre sa peau en sueur.
— Ce n'est rien, continua doucement le plus vieux.
Son nez se frotta contre la nuque d'Anakin dans une caresse un peu trop électrisante. Anakin dut étouffer un gémissement, probablement pitoyable, dans le matelas. Cela faillit lui faire manquer le soupir que poussa Obi-Wan juste avant que celui-ci ne pose ses lèvres sur son cou, juste derrière son oreille. Anakin resserra les doigts de sa main gauche sur son duvet, essayant une nouvelle fois de se retenir de gémir. Il avait l'impression que toutes les terminaisons nerveuses proches de son cou étaient soudainement surchargées. Lui faisant oublier tout ce qui n'était pas son mari.
Les lèvres d'Obi-Wan parcoururent la peau sensible derrière son oreille. Anakin aurait probablement pu en mourir tant cela était bon. Seulement, Obi-Wan se recula et Anakin frissonna sous la perte de chaleur.
— Anakin, souffla Obi-Wan, demandeur.
L'une de ses mains caressa sa colonne vertébrale, l'encourageant à se retourner. Et c'est ce qu'Anakin fit, se tournant sur le flanc. Obi-Wan lui sourit doucement avant de venir caresser quelques-unes de ses boucles brunes du bout des doigts.
— Est-ce que ça va mieux ? demanda-t-il.
— Oui, murmura Anakin, baissant les yeux sur sa main.
— Je suis vraiment désolé, je ne voulais pas te surprendre ainsi.
— C'est rien, répondit Anakin en faisant en un signe de la tête pour appuyer son propos.
Obi-Wan sembla être sur le point de dire quelque chose, mais il parut se raviser au dernier moment. À la place, il s'installa à côté d'Anakin, passant un bras autour de ses épaules, le pressant contre son propre flanc. Anakin essaya d'ignorer le nœud qui commençait à remplacer l'allégresse dans son ventre.
C'est là qu'il va te dire qu'il ne veut pas de toi. Parce que tu n'es rien qu'un pauvre déchet.
D'ailleurs, le cerveau ralenti d'Anakin choisit ce moment pour lui faire remarquer que la chaîne à laquelle était attachée son alliance n'était plus autour de son cou. Il porta la main à sa poitrine, cherchant désespérément quelque chose qui n'était pas là. Ses yeux se mirent à parcourir la pièce du regard, se demandant où il avait bien pu perdre son alliance.
— Ici, souffla Obi-Wan en lui présentant la chaîne du bout des doigts.
— Merci, fit Anakin, dirigeant sa main pour prendre le bijou.
Seulement, Obi-Wan se saisit de sa main avant qu'il ne puisse l'atteindre. Il serra doucement les doigts d'Anakin entre les siens, le sourire aux lèvres.
— Laisse-moi faire, murmura-t-il.
Anakin ne put que hocher la tête, hypnotisé par les yeux bleu-gris de son mari. Obi-Wan lui sourit encore une fois avant de délicatement ouvrir la chaîne. Il en retira l'alliance d'Anakin. La prenant entre ses doigts, il la passa délicatement à l'annulaire gauche du jeune homme.
Anakin sentit les larmes s'accumuler à la bordure de ses cils. Il battit des paupières pour essayer de les refouler. Mais il abandonna bien vite l'idée lorsqu'Obi-Wan se saisit de son menton et se pencha vers lui.
Anakin ne pouvait pas vraiment dire qu'il se souvenait de leur premier baiser. Il avait tellement bu ce soir-là. Il se rappelait juste que ça avait été incroyablement bon, et que son mari pouvait bien recommencer autant qu'il voulait. Anakin le laisserait faire tout ce qu'il voulait, de sa bouche et de son corps.
Ce baiser-là fut plus lent.
Obi-Wan posa doucement ses lèvres sur les siennes, les testant. Sa main se déplaça, englobant tout un côté de la mâchoire d'Anakin, contrôlant son inclinaison. La bouche d'Obi-Wan commença alors à se faire plus demandeuse, plus pressante et un peu plus rude. Mais Anakin ne s'en plaint pas, donnant plus, acceptant la langue de son mari dans sa bouche, gémissant. Il pouvait sentir les battements de son cœur jusque dans ses oreilles. Les doigts d'Obi-Wan légèrement enfoncé autour de l'os de sa mâchoire le rendaient fébrile. Sa main en tremblait presque lorsqu'il la leva pour s'agripper au T-shirt de son mari. À ce geste, Obi-Wan ramena Anakin contre lui, l'emprisonnant dans son étreinte. Le plus jeune se laissa faire, se sentant étrangement en sécurité et en paix.
Anakin finit par casser le baiser, se sentant sur le point défaillir sous le manque d'oxygène. Il recula légèrement sa tête. Du coin de l'œil, il put voir l'expression affamée sur le visage d'Obi-Wan. Cela suffit pour que son visage devienne brûlant. Honteux, il posa son front sur l'une des épaules de son mari, fermant les yeux et se concentrant sur sa respiration. La main d'Obi-Wan revint se perdre dans ses boucles brunes et Anakin essaya de ne pas en pleurer de plaisir. Un baiser fut pressé sur le haut de sa tête, lui faisant serrer les paupières le plus fort possible.
— Anakin, commença doucement Obi-Wan.
Anakin releva la tête vers lui, ne prêtant pas attention si des larmes avaient coulé sur ses joues ou non. Obi-Wan lui sourit. Un sourire qui fit apparaître quelques petites rides au coin de ses yeux. Il replaça une nouvelle fois quelques mèches de cheveux bruns sur le front d'Anakin.
— Je ne suis habituellement pas le genre de personne à prendre des décisions irréfléchies, poursuivit le plus âgé. Mais je pense que pour cette fois-ci, je vais simplement écouter mon instinct.
Anakin cligna des yeux, n'étant pas vraiment sûr de ce que son mari essayait de dire. Obi-Wan sembla très bien comprendre le trouble qui l'agitait. Il eut un petit rire avant d'expliquer :
— Ce que je veux dire…
Obi-Wan poussa un nouveau soupir. Il s'empara du visage d'Anakin, l'amena près de lui et l'embrassa une nouvelle fois. Le baiser fut court, mais profond, envoyant des frissons jusqu'au bout des orteils d'Anakin. Obi-Wan se recula, mais il garda le visage d'Anakin entre ses mains. Ses yeux bleu-gris ne quittèrent pas ceux bleu océan d'Anakin, s'y noyant alors qu'il demanda :
— Épouse-moi.
FIN
Notes : j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me laisser un commentaire.
Et si vous voulez discuter, vous pouvez me trouver sur Tumblr. Soit 6Starlight6-fanfiction où j'essaie de poster sur l'écriture, soit 6Starlight6 où je rebloge pleins de belles choses.
On se retrouve bientôt pour une prochaine fic ;)
Faites attention à vous.
