Auteur : kitsu34
Origine : Yuyu Hakusho
Couple : Pas la peine de le dire !
Disclaimer : rien à moi !
Réponses aux rewiews : merci à ma Shunelodie, qui attend avec patience( ?) la suite d'Après mille ans de séparation, à Yatsumi Kumokami (alors, tu vois comment gonfler un vélo, maintenant ? XD), à Zephis, à Lysanea qui vient lire même si elle ne connaît pas le manga source, et Shye Yun, qui squatte à présent Gravitation (hop un petit coup de pub en passant ! XD).
Note : ce thème m'a été donné par White Fox From North, il y a déjà longtemps… Cri du cœur : où es-tu Whity ? Reviens ! Regarde, je l'ai traité ton thème (bon d'accord, avec beaucoup de retard… Mais c'est pas une raison pour m'abandonner comme ça ! )
Scènes de la vie quotidienne
Serre
Un rai de lumière blanche et chaude vint le tirer doucement du sommeil. Il ouvrit lentement un œil encore chargé de fatigue et regarda la pièce où il se trouvait.
Il se sentait bien et pourtant quelque chose le perturbait, ne se trouvait pas à sa place.
Il ferma à nouveau les yeux, savourant la chaleur paisible de la chambre encore plongée dans la pénombre. Il était bien, installé dans cette quiétude douillette du lit, qui donne envie de ne jamais se lever.
Machinalement, il roula sur le dos et tendit le bras pour caresser le corps étendu contre lui.
Mais il ne rencontra que le vide.
La place du corps se dessinait, encore tiède, prouvant qu'il s'était levé il y a peu de temps seulement.
Où pouvait-il être ? Il n'y avait pas trace de son énergie dans l'appartement, ni même dans les environs…
Et pourtant, il était encore tôt. L'aube se levait à peine, teintant de rose et de orange les quelques nuages qui se profilaientt à l'horizon d'un ciel clair et dégagé.
Hiei se leva d'un bond, vaguement inquiet, soudain.
Ça ne ressemblait pas à Kurama de déserter le lit avant lui. Sauf pour prendre une douche après l'amour ou pour préparer le petit-déjeuner. Et ce n'était aucun des deux cas de figure habituels.
Il s'habilla en un éclair et se précipita par la fenêtre. Quelque chose lui disait que ce matin était étrange et particulier.
Il se concentra un instant sur son yohko, jagan ouvert, au maximum de sa puissance. Il ne lui fallut que quelques secondes pour le repérer.
Kurama était chez sa mère.
Ou plutôt, il était dans la serre de sa mère.
Hiei respira profondément, sentant le sentiment d'urgence et de panique qui l'étreignait se dissiper aussi soudainement qu'il était venu.
Enfoiré de yohko ! Il aurait pas pu le prévenir au lieu de se tirer en douce, comme ça ? Il avait vraiment eut peur pour lui…
Mais qu'est-ce qu'il fichait là-bas, au fait, à six heures du matin, un dimanche ?
Faisant taire la petite voix au fond de lui, qui lui murmurait que Kurama avait le droit de ne pas tout partager avec lui et qu'il devait respecter son jardin secret, Hiei ouvrit à nouveau son jagan et visualisa son kitsuné.
Il se figea, attendri. C'est vrai, Kurama ressemblait tellement à un ningen la plupart du temps, qu'il en oubliait qu'il était un vrai yohko et qu'il avait certains besoins incompatibles avec une vie de ningen des grandes villes.
Il ne put se résoudre à refermer son jagan. Le spectacle était si beau…
La lumière matinale, blanche et transparente, si claire qu'elle semblait vibrer et magnifier tout ce qu'elle caressait doucement, entrait à plein par les vantaux vitrés et inondait tranquillement la serre.
L'atmosphère, saturée de nuées humides et brillantes de perles transparentes, formait une sorte d'écran ouaté qui voilait et adoucissant les contours.
Au milieu de ce cadre féérique, parmi une profusion de plantes aux couleurs chatoyantes et aux feuilles lustrées et brillantes, Kurama s'était allongé sur le sol, à même la terre brune et odorante, qui dégageait une faible vapeur.
Ses yeux d'émeraudes était fermés et il semblait profondément apaisé, en harmonie avec lui-même et les plantes qui l'entouraient. Comme s'il ne faisait plus qu'un avec la terre.
Sa respiration était si légère qu'il semblait presque ne plus respirer, comme s'il était plongé dans un état immatériel, en dehors de la réalité. Comme hors du temps.
Et pourtant, il vivait. Intensément.
Tout son être était tendu vers la perception d'une réalité qu'il était seul à saisir. Sa force vitale, l'énergie qui émanait de lui était rayonnante, comme elle ne l'avait jamais été.
Il irradiait.
Et les plantes autour de lui semblaient onduler, frémir sous cette énergie bienfaisante et puissante qui les nimbait.
Le yohko et les plantes semblaient vibrer de concert, converser dans une langue qui excluait le reste du monde.
Et plus il regardait la scène, plus Hiei se sentait lui aussi exclu et misérable. Il sentait bien qu'il assistait à une part de la vie de Kurama qu'il ne partagerait jamais. Et cela lui faisait mal. Mal, parce qu'il aurait voulu tout partager avec son kitsuné. Ne plus faire qu'un avec lui.
Un profond soupir lui échappa et il voulut fermer son jagan. Mais au moment où il se retirait, où l'image de Kurama s'affadissait, le yohko ouvrit ses yeux d'émeraude et le regarda droit dans les yeux, saisissant le regard du jagan, comme s'il savait depuis le départ que Hiei était là.
Il eut un sourire très doux et apaisant. Le sourire que l'on a pour calmer un enfant qui fait un caprice. Et un murmure suave vint mourir aux oreilles de Hiei.
« -Idiot. Je partage avec toi tout ce que j'ai, tu le sais. Tu as fait l'effort de venir dans ce monde pour moi, et je te donnerai autant en retour. C'est notre promesse. Et tu l'as acceptée. Viens, tu peux m'accompagner grâce à ton jagan. Ouvre-toi, je vais te guider… »
Hiei se mordit la lèvre inférieure. Depuis quand Kurama avait-il la faculté de lire ses pensées ou bien de savoir capter son regard sur lui de la sorte ? Depuis combien de temps pouvait-il remonter l'énergie du jagan jusqu'à le toucher, lui ? Et comment faisait-il ?
Mais il n'eut pas le temps de se poser davantage de questions, car il sentit l'énergie du yohko se glisser en lui et son jagan se mit à luire avec intensité, s'ouvrant au maximum et le faisant plonger en Kurama.
Brusquement, Hiei se mit à percevoir la réalité à travers les sens et la façon de voir du kitsuné.
Il ressentit la chaleur et l'humidité moite de la serre, puis la douceur et l'odeur de la terre sur laquelle Kurama reposait et finalement il huma avec délices le parfum pénétrant et intense des plantes qui les entouraient.
Il savoura profondément toutes ces sensations et ces odeurs qu'il ne connaissait pas, comme si soudainement tout avait plus de relief, plus de saveur. Comme si il voyait, sentait goûtait et touchait pour la première fois. Comme si le monde naissait pour lui et se révélait tout à coup.
Les parfums entêtants et inconnus, surtout, le ravissaient, l'entraînaient toujours plus avant dans sa perception.
Et il se rendit compte qu'il entendait aussi beaucoup plus de choses, comme des murmures, une sorte de mélodie suave et douce.
Il tendit l'oreille, mais impossible de comprendre d'où venait cette faible musique, si belle, si harmonieuse.
Alors qu'il se concentrait davantage, une voix résonna, comme si elle surgissait de l'intérieur même de son être.
« -Tu entends leur chant, n'est-ce pas ? Elles chantent toujours quand le jour se lève et qu'il fait beau… Comme si elles saluaient le soleil… Et quand je suis là aussi. Elles me connaissent bien, tu sais, nous avons grandi ensemble et elles savent que je les aime… Ecoute-les, il n'y a rien de plus beau, sauf peut-être ta voix quand tu me dis que tu m'aimes… »
Et soudainement, lorsque la voix se tut, le chant se fit plus fort, plus puissant, jusqu'à l'envahir complètement et habiter toute sa perception. Il lui semblait n'avoir jamais eu d'oreilles, avant aujourd'hui.
Plus rien d'autre n'était important, que ces voix harmonieuses et joyeuses qui transmettaient une allégresse inconnue, enivrante, captivante.
Et sous cette explosion de joie, de couleurs, de formes et de sons inconnus et extraordinaires, Hiei sentit son jagan s'éteindre doucement et la fatigue l'assaillir, le coupant de son yohko.
L'énergie de Kurama le quitta lentement et Hiei se laissa sombrer dans le noir sur un dernier murmure.
« -Tu les as entendues, n'est-ce pas ? C'est un moment secret, qui n'appartient qu'aux yohkos, qu'eux seuls peuvent entendre et partager. Les autres races de yohkais sont aveugles et sourdes à cette harmonie et cette communion de la nature quand le soleil se lève. Mais je voulais le partager avec toi. Parce que je t'aime, Hiei, je voulais ne faire qu'un avec toi… »
Il ouvrit un œil, chatouillé par un rai de lumière blanche et chaude. Son regard parcourut la pièce encore plongée dans la pénombre et il s'étira langoureusement, agréablement étreint par la douceur douillette du lit.
Machinalement, il roula sur lui-même et étendit la main à ses côtés, avec un sentiment pénétrant de déjà-vu.
Il se figea quand sa main glissa doucement le long d'une joue douce, en partie recouverte par des cheveux de soie rouge…
Il se redressa brutalement, soudain parfaitement réveillé.
Kurama dormait paisiblement, roulé en boule contre lui.
Dehors, les rose et orange du ciel annonçaient le lever du soleil.
Hiei baissa à nouveau les yeux sur le yohko endormi à côté de lui.
Avait-il rêvé cette étrange communion dans la serre ?
Impossible. Les sensations étaient trop fortes, trop parfaites, trop irréelles pour lui, il n'aurait pas pu les inventer… Et pourtant…
A bien y réfléchir, c'était inconcevable que Kurama possède ce pouvoir extraordinaire de remonter le regard de son jagan, inconcevable qu'il ait pu le faire entrer directement en lui et lui faire partager sa perception et surtout inconcevable qu'ils aient pu partager une osmose aussi parfaite…
Ce devait être un rêve. On ne peut jamais ne faire qu'un. C'est le rêve éternel de l'amour, éternellement trompeur et déçu.
Hiei se recoucha, laissant le yohko se blottir plus étroitement contre lui à la recherche de chaleur. Il embrassa délicatement les paupières douces et fermées avant de baisser les siennes et de se laisser sombrer à nouveau dans le sommeil.
Il ne vit pas les yeux d'émeraudes se rouvrir et le contempler avec ferveur et intensité. Ni les lèvres roses s'étirer en un sourire doux et légèrement moqueur, ironique.
Et il n'entendit pas la voix suave glisser dans l'atmosphère feutrée de la pièce plongée dans la pénombre.
« -Et pourtant, Trésor, nous n'avons fait qu'un… »
Puis il n'y eut plus aucun bruit, sauf celui, léger comme l'aile d'un papillon, d'un baiser qui glisse sur une tempe douce et celui de deux respirations calmes et apaisées qui finissent par ne plus en former qu'une…
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Beurk ! C'est dégoulinant de guimauve ! Enfin, tant pis, vu l'inspiration que j'ai en ce moment, il vaut mieux ne pas faire le difficile…
Une petite rewiew ?
