Auteur : kitsu34
Origine : Yuyu Hakusho
Couple : Hiei… (snif, snif, trop triste ! Bouhouhou ! Mais les meilleures choses ont une fin !)
Disclaimers : pour une fois, rien qu'une petite dernière fois, ils pourraient pas être à moi ? Mmmh ? Bon, bon, ça va, j'ai compris ! Rien à moi !
Réponse aux rewiews :
Merci à ma Shunelodie : T'inquiète pas, c'est juste Free qu'a été méchant avec moi et puis les profs aussi, et puis le mauvais temps ! Dans la même quinzaine, je n'ai plus eu internet, plein de boulot et une rhinopharyngite ! Alors forcément, j'ai pris du retard question fic !
Merci aussi à Shye Yun : merci de ton indéfectible soutien ! Maintenant c'est à moi de lire et de faire la rewieweuse puisque tu as posté ton chapitre 3 sur Gravitation !
Merci aussi à Yatsumi Kumokami : faut pas hésiter comme ça à laisser des rewiews XD !
Note : Voici l'avant-dernier chapitre des Scènes de la vie quotidienne. J'espère que vous n'allez pas m'étrangler après avoir lu… Attention aux âmes sensibles, deathfic…
C'est parti !
Scènes de la vie quotidienne
Mort
Naomi regardait le va-et-vient permanent des gens dans les couloirs. Il faisait froid et la lumière blanche écorchait les yeux.
Elle frissonna et ramena ses petites jambes sous elle en serrant son lapin bleu contre elle. Elle avait faim et froid. Et peur. Surtout peur.
Où était Maman ? Pourquoi les docteurs l'avaient emmenée sur la table à roulettes. Et où était Papa ? Pourquoi n'était-il pas là pour la rassurer, lui dire qu'elle était sa princesse et que personne ne lui ferait jamais de mal ?
Ses yeux, agressés par la lumière blafarde, se mirent à la piquer de plus en plus fort et soudain elle sentit les larmes salées et amères dévaler rapidement ses joues.
Elle se mit à renifler et à hoqueter en silence, en serrant son lapin en peluche, petite silhouette recroquevillée sur la chaise de plastique blanc, perdue au milieu de la foule des détresses de l'hôpital.
Personne ne s'occupait d'elle et sous la morsure glacée qui serrait de plus en plus son petit cœur douloureux, elle se sentit toute petite, si insignifiante, et ses sanglots redoublèrent jusqu'à ce qu'elle émette des petits cris plaintifs d'animal effrayé.
Elle faisait connaissance avec l'indifférence et l'égoïsme de la souffrance. A cinq ans. Et ça faisait mal. Si mal qu'elle aurait préféré qu'on la gronde, qu'on soit méchant avec elle.
Mais les gens continuaient de passer d'un air perdu et pressé, sans sembler remarquer qu'une petite fille pleurait en serrant un vieux doudou bleu tâché de sang contre elle.
Dans ce service des urgences, les gens étaient trop concernés par leur propre souffrance pour faire attention à sa détresse. Et les docteurs et infirmières étaient tous occupés, harassés par leurs gardes de vingt heures sans sommeil.
Les blessés n'en finissaient plus d'arriver.
Il y en avait qui hurlaient, qui pleuraient, qui suppliaient comme des petits. Et c'étaient ceux-là qui faisaient si peur à Naomi. Parce que les grands, ça ne doit pas pleurer comme les petits, c'est pas normal.
Et Maman ne revenait pas.
Et si Maman était partie sans elle ? Sans lui dire au revoir ? Et où était Papa ? Elle voulait Papa ! Elle voulait Maman !
Elle se mit à pleurer vraiment, à gros sanglots, comme si son cœur voulait sortir de sa poitrine en remontant dans sa gorge.
Et au milieu de ses larmes, de sa vue toute brouillée, aveuglée par la lumière blanche, elle vit deux bottes noires devant elle.
Et il lui sembla que la température augmentait doucement et la réchauffait, chassant ce froid glacial qui lui étreignait le ventre. Comme Maman quand elle la prenait dans ses bras.
Naomi releva la tête avec espoir. Mais ce n'était pas Maman, c'était un garçon avec des cheveux noirs pas bien coiffés du tout et des grands yeux rouges. Il avait l'air sombre, son visage était tourmenté et crispé.
Pourtant Naomi sentait qu'il n'était pas méchant. Il semblait perdu, lui aussi. Décalé. Pas à sa place.
Puis la petite fille repensa à sa maman et les larmes qui s'étaient taries pendant un instant reprirent de plus belle, mais moins âcres, moins amères.
Le garçon hésita un instant et resta à la regarder, indécis. Puis il s'assit sur la chaise à côté d'elle sans dire un mot, enfonçant les mains dans ses poches et tournant la tête de l'autre côté, comme s'il refusait de s'intéresser à elle.
Naomi releva à nouveau la tête et le regarda en pleurant. Elle se sentait mieux. Bien que ce garçon soit étrange et peu rassurant à première vue, elle ne se sentait plus seule. Elle se sentait presque en sécurité, même si elle n'aurait pas su dire pourquoi, et protégée.
Un peu comme avec Papa.
Elle se rapprocha doucement. Le garçon ne tourna pas la tête, mais il sembla à Naomi qu'il lui avait jeté un coup d'œil rouge du coin de la paupière. Cependant, il ne bougea pas, comme s'il n'avait rien remarqué.
Elle continua de se rapprocher et finalement, enhardie par l'absence de réaction, elle se pelotonna contre cet étrange garçon.
Elle se sentit immédiatement bien, à l'abri, comme si plus rien ne pouvait l'atteindre. Comme si ce garçon était un magicien dont les pouvoirs la protégeraient.
Apaisée, au chaud, elle s'endormit.
Hiei jeta un coup d'œil à la petite blottie contre lui et la voyant frissonner dans son sommeil, augmenta doucement sa température corporelle et passa son bras autour d'elle.
Les frissons se calmèrent et l'enfant se rendormit.
Alors commença l'attente, douloureuse, interminable.
Ils restèrent longtemps ainsi, la petite fille serrée contre l'étrange garçon aux grands yeux sanglants.
Puis, Naomi se réveilla et se frotta les yeux en se redressant. Elle chercha quelque chose autour d'elle et ne le trouvant pas, s'adressa à son compagnon.
« -Où est ma Maman ?
-Hn. Sais pas.
-Où elle est ? Le docteur a dit qu'elle allait bientôt revenir…
-Sais pas je te dis. Faut attendre.
-Mais je veux Maman ! Mamaaaannnnn !
-Ferme-la où j'te laisse toute seule !
-T'es méchant !
-C'est ça.
-Pourquoi t'es là, toi ? Ta Maman aussi elle est partie avec les docteurs ?
-Hn. Non. C'est mon cœur qu'est parti avec les docteurs.
-Ton cœur ? »
La petite ouvrait de grands yeux. Son cœur avait été emmené ? Mais alors, c'était un fantôme ?
« -C'est pas possible ! Sinon tu serais mort ! C'est pas parce que je suis petite qu'il faut croire que je suis bête, hein !
-Mais non. Pas mon vrai cœur. Celui que j'aime. Ma raison de vivre.
-Ton amoureux ?
-Hn. Oui.
-T'es amoureux d'un garçon ?
-Et alors ?
-Rien, c'est bizarre, c'est tout. Comment il s'appelle ?
-Kurama. Il était dans le train qui a eu l'accident. Je l'ai retrouvé mais il est gravement blessé et le docteur a dit que sa vie était en danger. Ils l'ont emmené il y a maintenant trois heures pour l'opérer. Je sais qu'il est fort et que je ne devrai pas m'inquiéter comme ça, mais s'il… s'il… Je sais pas ce que je deviendrai sans lui… »
Et la masse lourde et indéfinissable qui s'était installée dans son estomac s'alourdit encore à cette pensée. Il lui sembla manquer d'air et que ses oreilles bourdonnaient l'espace d'un instant.
Ce n'était pas possible.
Hiei ne parvenait pas encore à s'en convaincre. Kurama ne pouvait pas être grièvement blessé. Pas comme ça. Pas à cause de cette stupide machine ningen. C'était si dérisoire.
Il ne savait toujours pas s'il devait rire ou pleurer. A vrai dire, cela n'avait pas vraiment d'importance, puisque cela ne pouvait être la réalité.
N'est-ce pas ?
Il ne se reconnaissait pas. Etait-ce lui qui se voilait ainsi la face ? Lui qui ne reculait devant aucun affrontement ? Il en était réduit à supplier pour que tout cela ne soit qu'un cauchemar, pour qu'il se réveille en sueur dans le lit de Kurama, son kitsuné paisiblement endormi auprès de lui.
Il en était arrivé à quémander un mensonge, à supplier pour qu'on lui déguise la réalité.
Parce que si c'était la réalité, cela voudrait dire que…
Et l'horrible image d'une vie sans Kurama surgit brutalement sous ses yeux.
Une vie sans ses yeux d'émeraudes rieurs et tendres, qu'il aimait tant voir se fermer sous ses baisers et ses caresses. Une vie sans son sourire, ce sourire de lumière qui n'appartenait qu'à lui, qu'il ne partageait avec personne d'autre.
Une vie sans ses baisers, ses mots et ses caresses, une vie sans tendresse et sans amour. Une vie sans tous ces petits riens qui prenaient tout à coup une telle importance et qui n'appartenaient qu'à lui. Kurama.
Sa manie de se dissimuler entièrement sous la couette par frilosité, en ne laissant dépasser que ses cheveux. Sa façon de passer sa main dans ses mèches rouges pour les rejeter en arrière. Son adorable moue quand il le taquinait et sa manière de bouder encore plus adorable.
Il voulait à nouveau entendre ses reproches parce qu'il entrait par la fenêtre et marchait sur le tapis avec ses bottes, le voir faire la vaisselle avec cette mine si sérieuse et si concentrée, l'entendre chanter sous la douche, respirer son parfum dans les draps.
Il aimait tout de lui. Chaque instant. Chaque geste, chaque mot.
Et il voulait aussi envisager l'avenir avec lui. Se dire que la vie allait continuer et qu'il vivrait des événements que le yohko ne partagerait plus lui paraissait insurmontable. Connaître la maturité, la vieillesse et la mort, la souffrance sans lui. Connaître à nouveau la joie et le bonheur peut-être sans lui.
C'était impossible ! Il ne pourrait pas.
Peu à peu, il était devenu son horizon, l'image qui emplissait sa vue et qui l'habitait constamment. Il ne pouvait plus se défaire de lui. C'était trop tard.
Il ne voulait pas le perdre. Pas maintenant. Il venait enfin de comprendre ce que Kurama voulait, ce qu'il lui reprochait et essayait de lui faire comprendre depuis si longtemps.
Kurama n'était pas seulement son amour. Il était sa vie. Il n'existait et ne vivait qu'auprès de lui. Il voulait tout partager avec lui. Même les moments durs ou désagréables. Parce qu'avec lui ce serait possible, ce ne serait plus aussi douloureux. Parce qu'avec lui, tout avait tellement plus de sens, de profondeur, de saveur.
Comment n'avait-il pas compris plus tôt…
Alors, il ne pouvait pas le perdre ! Il ne pouvait pas !
Un gémissement résonna dans le couloir froid de l'hôpital, et Hiei sentit une boule remonter dans sa gorge.
Il écarquilla les yeux et inspira profondément pour résister aux sanglots qui l'étreignaient.
Il avait pas intérêt à crever cet abruti de yohko ! Pas après l'avoir rendu complètement amoureux ! Pas après s'être rendu indispensable !
La boule compressa un peu plus sa gorge et un hoquet lui échappa.
Il sentit une petite main caresser sa joue gentiment.
« -Tu sais, c'est pas mal de pleurer et ça fait du bien. Moi, je pleure souvent quand ça va pas et après ça va mieux et les choses s'arrangent toutes seules… »
Hiei regarda Naomi un instant et la boule remonta brusquement dans sa gorge avant d'exploser d'un seul coup.
Horrifié, il tourna précipitamment la tête sur le côté.
Naomi sentit le corps du garçon se raidir soudainement. Il se détourna avec brutalité, mais la petite fille vit une larme glisser sur le côté de sa joue, rapidement suivie par beaucoup d'autres. Alors elle se serra à nouveau contre lui et se mit elle aussi à pleurer.
Soudain, les portes blanches, battantes, de la salle d'opération au fond du couloir, s'ouvrirent et le docteur Naoki apparut.
Il paraissait épuisé et découragé. Il retira son masque et sa blouse d'un air las et se passa nerveusement la main dans les cheveux. Puis il vit Hiei et Naomi et son visage se figea douloureusement.
Il se mordit la lèvre inférieure et sembla hésiter. Puis il s'avança lentement vers eux.
Hiei avait compris. Il se leva comme un automate, Naomi serrée contre lui, ouvrant de grands yeux effrayés et suppliants.
Naoki les regarda un instant avec une profonde tristesse, puis il secoua la tête.
Et Hiei sentit le froid l'envahir. Lui, le démon du feu qui ne connaissait que la chaleur sentit ses entrailles se refroidir et un frisson glacial parcourir ses veines.
Le docteur se tourna vers les portes qui s'ouvraient à nouveau sur une table à roulettes poussée par une infirmière.
Une table recouverte d'un drap blanc.
Un drap qui dessinait une forme humaine.
Et au fond de lui, Hiei hurla.
Son esprit se déchira et ses fragments se mirent à tourbillonner en lui, comme des feuilles mortes dans le vent d'automne.
Il n'existait plus.
Il cria à nouveau.
Pas même son nom.
Juste le seul mot qui semblait encore avoir un sens.
Non
Et le son dura, se répercuta, comme s'il était amplifié et redoublé.
C'est alors qu'il s'aperçut que ce n'était pas lui qui avait hurlé.
C'était Naomi.
Elle s'était accrochée à la main qui dépassait du drap.
Une main qui portait des bagues et une montre précieuse.
Une main de femme.
La douleur envahit à nouveau Hiei. Une douleur différente, qui lui navrait le cœur. Une compassion immense et honteuse devant le soulagement qui l'accompagnait.
Ce n'est pas lui, ce n'est pas lui, pas lui…Les portes battirent à nouveau. Une autre table passa.
Une silhouette endormie au visage d'albâtre et aux cheveux de feu s'y trouvait.
En tremblant, en retenant son souffle, Hiei esquissa un geste pour se diriger vers son amour retrouvé. Mais les cris de la petite le retinrent.
Il se retourna pour voir deux infirmières emmener Naomi hurlante. Il regarda longuement la table recouverte de blanc et cette main si pâle qui pendait.
Et il sentit son cœur se dilater, se remettre à battre pleinement sous la joie. Et il avait honte, si honte d'être si pleinement heureux devant la silhouette blanche de cette morte anonyme.
Ce n'est pas lui, ce n'est pas lui, pas lui…Son esprit se reconstituait et chantait de bonheur et d'allégresse.
« Promesse tenue »
Hiei sursauta sous le murmure qui glissa dans l'air, presque étouffé par les bruits de pas du docteur qui s'éloignait.
Il ne revint à lui que lorsque celui-ci eut complètement disparu.
« Merci, docteur ningen. »
Et enfin, le cœur battant à tout rompre, il s'approcha de la table et leva une main hésitante vers le visage adoré.
Timidement, il caressa la joue douce et froide. Puis il se pencha sur Kurama et posa un baiser léger comme un souffle sur les lèvres pâles.
« Je t'aime, Kitsu. Excuse-moi de ne pas te l'avoir dit plus tôt. Si tu savais comme j'ai eu peur. Je te le dirai à tout instant, maintenant, tous les jours, dès que tu le voudras. J'ai des siècles à rattraper. Je te le promets.
-T'as… intérêt…à…tenir…ta…promesse…Hiei… »
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Bouhouhou… C'est si triste… Vous avez eu peur, hein ? Vous avez cru que j'allais tuer Kurama, hein ? Mais c'est bien une deathfic ! Par contre, ce n'est peut-être pas l'avant-dernier chapitre des Scènes : je voulais arriver au moins à trente thème et c'est chose faite avec le prochain chapitre qui devrait arriver sous peu. Mais quelque part, j'aimerai bien continuer ces petites scènes... Alors à vous de me le dire : si vous voulez que je continue, dites-le moi avec des rewiews!
Sinon, j'ai pleuré comme une madeleine en écrivant la scène de la table au drap blanc. Excusez-moi si ce chapitre est long et mal construit ou écrit, mais je crois que j'ai surestimé mes capacités et mes forces. Cette scène est fortement inspirée de mon expérience personnelle et a été un véritable calvaire à écrire. Je vous la poste en dépit de ma satisfaction mais ça fait presque deux semaines que j'essaie de la modifier et que je recule devant la tâche.
S'il vous plaît, postez-moi une petite rewiew, même si vous ne savez pas quoi dire, ce chapitre est un peu particulier pour moi...
