Auteur : kitsu34

Origine : Yuyu Hakusho

Couple : Kurama… et… Vous verrez bien !

Disclaimers : rien à moi…

Réponses aux rewiews : un grand merci à Zéphis (comment vas-tu, miss ?) Yatsumi Kumokami, koorimé (bonnes vacances ?), White Fox From North (kisous Whity XD ) Petite Poussine et Petite Poussine XD (Merci, miss, ça fait plaisir XD ) LorDxxCain, Otite la Frite, Tiloup67 et ma Shunelodie(kisous xxx XD)

Note : Du retard ? Boarf, si peu…Z'êtes exigeants ! On peut plus glandouiller en paix, maintenant ?XD

Plus sérieusement, désolé ! Et en plus je ne pense pas que cela va s'arranger…

C'est parti !

Scènes de la vie quotidienne

Bouche à bouche

C'était l'effervescence et la bousculade autour de la piscine. Les gens se pressaient les uns contre les autres et se haussaient sur la pointe des pieds pour mieux voir. Certains se retournaient, une main sur la bouche d'un air horrifié. D'autres échangeaient des regards navrés. Des murmures consternés circulaient…

Le personnel de l'hôtel courait en tout sens, ne sachant pas exactement quoi faire. A vrai dire, c'était la panique.

Personne n'avait immédiatement saisi lorsque c'était arrivé.

Quatre garçons semblaient s'amuser dans la piscine, lorsque le plus petit des quatre, un jeune garçon qui semblait ne pas avoir beaucoup plus de douze ans, était tombé à l'eau.

Au cri qu'il avait poussé et à la réaction des trois autres, les gens avaient compris qu'il ne savait pas nager.

L'un de ses compagnons, un garçon brun avait plongé pour le récupérer. Et il l'avait ramené sur le bord de la piscine. Mais hélas, inconscient.

Aussitôt le jeune homme brun lui avait fait du bouche à bouche, mais le petit ne revenait pas à lui et ne respirait toujours pas.

Et les minutes passaient. Angoissantes. Et longues.

Un des deux autres garçons avait commencé à aider le jeune secouriste en effectuant des poussées vigoureuses sur la cage thoracique du noyé. Un grand rouquin à l'air ahuri.

Ils s'affairaient beaucoup tous les deux, appelant leur ami, l'encourageant à revenir, à ne pas laisser tomber.

Mais leurs efforts demeuraient vains. Et dans peu de temps, il serait trop tard…

Debout, à côté des deux autres, les bras ballants, le regard vide, le quatrième jeune homme se tenait immobile. Aussi inerte qu'une statue. Et aussi rigide.

Il semblait ne pas réussir à croire la scène qui se déroulait sous ses yeux. Malgré la panique qui régnait, le bruit, les va-et-vient des gens, son visage demeurait aussi inexpressif que celui d'une poupée.

Ses longs cheveux d'un rouge profond et étonnant dansaient devant ses yeux sans qu'il les rejette en arrière. Ses yeux verts magnifiques ne cillaient pas. Sa bouche entrouverte de stupeur et de choc ne se fermait pas. Comme celle d'un automate cassé.

L'un des employés de l'hôtel arriva en courant, deux pompiers derrière lui.

L'un d'eux écarta brutalement les deux garçons qui tentaient de ranimer leur ami. Le deuxième s'agenouilla auprès du noyé et l'examina rapidement. Puis il lança un bref regard à son collègue et ils commencèrent tous deux les gestes de premier secours.

Ils s'acharnèrent longtemps eux aussi. Mais petit à petit leurs gestes se firent plus lents, plus résignés. Et finalement ils se redressèrent, l'air douloureux, et jetèrent un regard navré aux trois compagnons du jeune garçon.

Une dame poussa un léger cri. Une autre se plaqua les mains sur la bouche d'un air ébahi. Puis des sanglots et des murmures s'élevèrent dans la foule qui commença à se disperser lentement, comme écrasée par le choc.

Mais aucun des trois garçons ne bougea. Ils semblaient anéantis. Le jeune homme aux cheveux bruns se passa une main tremblante dans les cheveux, l'air égaré. Le grand rouquin, hagard, clignait sans cesse des yeux en contemplant la silhouette inerte que les pompiers plaçaient sur une civière.

Mais c'était le troisième qui attirait les regards apitoyés. Le jeune homme aux cheveux très rouges et aux yeux verts atones, miroitant de larmes.

Lentement son visage se décolorait, comme si le sang le quittait pour refluer vers le cœur. Ses lèvres pâles tremblaient comme si elles n'avaient plus la force d'articuler le nom qu'il s'obstinait à répéter comme la litanie sans fin d'une prière inutile.

Lorsque les pompiers glissèrent le corps dans une housse et commencèrent à la fermer, il vacilla et se courba comme le roseau sous le vent. Sans ses deux amis qui le soutinrent, il serait tombé à terre.

Mais tandis que les deux autres tentaient de l'entraîner loin de la civière, il se dégagea avec une force insoupçonnée et se précipita sur le corps, si vite qu'aucun des deux pompiers ne réussit à l'intercepter au passage.

Il plaqua désespérément sa bouche tremblante sur celle, froide et exsangue, du noyé et l'étreignit presque avec violence. Les pompiers se regardèrent avec embarras.

Puis l'un d'entre eux s'approcha doucement et saisit le jeune homme par les épaules. Mais il ne parvint pas à le détacher de la civière. Il se passa la main dans les cheveux d'un air navré et tenta de raisonner le jeune désespéré.

« -Allons, s'il vous plaît, laissez nous l'emmener. Je suis vraiment désolé et je compatis de tout mon cœur à votre peine, mais c'est trop tard… Il est mort… Nous avons tout tenté… Il faut nous laisser l'emmener à présent… Vous vous faites du mal… Laissez-le, s'il vous plaît. Soyez raisonnable, il est mort.

-NON ! Non ! Il n'est pas mort ! Il ne peut pas être mort ! Pas de cette façon ridicule ! Pas lui…

-Kurama… Ils ont raison… Laisse-le maintenant. Nous ne pouvons plus rien pour lui et tu te fais du mal… Tu as bien vu. Kuwabara et moi on a tout essayé, puis les pompiers… C'était trop tard…

-Il n'est pas trop tard ! Vous avez juste arrêté trop tôt, c'est tout. Mais je vais le sauver, moi ! Je ne l'abandonnerai jamais. Jamais ! Hiei… Inari… Hiei, comme je regrette… Si j'avais su… Je ne voulais pas… Hiei… Hiei…»

Kurama s'effondra sur le corps, à mesure que sa résistance s'effritait et cédait sous les sanglots. Bientôt ceux-ci furent si forts, qu'on ne comprit plus une seule de ses paroles.

Les quatre autres le regardèrent en silence, respectueux de son désespoir. Ils savaient que cela ne servait à rien de le raisonner. Toujours silencieux, ils s'écartèrent un peu du couple et se mirent à chuchoter. Les pompiers demandant vraisemblablement des détails sur ce qui venait de se passer.

Kurama ne les entendit même pas.

Il ne parvenait toujours pas à saisir l'affreuse réalité. Cela lui semblait tellement inconcevable que ce soit Hiei, étendu là, froid et inerte. Son Hiei… Et par sa faute…

Juste parce qu'il avait fait un caprice, ne se préoccupant pas de démêler la cause du refus de Hiei. Juste à cause de son foutu égoïsme encore une fois… Encore une fois, il avait tué celui qu'il aimait…

Son esprit se brisa soudain sur cette idée et vola en menus morceaux. Comme le verre qui éclate à terre.

Dans un dernier geste désespéré pourtant, malgré les secousses des pleurs, il reprit les gestes de secours, basculant la tête vers l'arrière, insufflant l'air dans les poumons et martelant la poitrine du noyé de pressions régulières.

Soudain, alors que sa bouche humide de pleurs se posait sur celle de Hiei, il lui sembla déceler un changement de température. Infime. Mais réel.

L'espoir effréné et fou le saisit. Il reprit ses gestes avec plus d'urgence et de ferveur, appuyant avec violence sur la poitrine qui se réchauffait sous ses doigts.

A nouveau, les lèvres tremblantes du yohko se posèrent sur la bouche ouverte de Hiei. Non, il ne rêvait pas ! La chaleur continuait de croître ! Hiei revenait à la vie !

Il se mit à rire au milieu de ses larmes. Un rire effrayant. Presque démentiel.

Les quatre autres se tournèrent vers lui, inquiets.

Mais Kurama ne se soucia pas d'eux, il continua d'insuffler l'air dans les poumons de Hiei, plongé dans un tourbillon d'émotions trop violentes pour être exprimées, en-dehors de tout ce qui n'était pas Hiei.

Et soudain, le miracle eut lieu.

Une langue chaude vint glisser doucement contre la sienne tandis que deux bras l'encerclaient pour le serrer contre le corps chaud et vivant qu'il tentait désespérément de ranimer.

Affolé, ébloui, presque assommé, Kurama se redressa pour contempler avec émerveillement deux grands yeux rouges s'ouvrir et Hiei se redresser.

Les deux pompiers poussèrent ensemble un cri de surprise totale et se regardèrent.

Yusuke et Kuwabara se précipitèrent immédiatement vers Hiei et Kurama en criant de joie.

Eperdu de bonheur, le yohko serra avec force son petit démon de feu contre lui. Il savoura avec béatitude la chaleur, forte à présent, de son corps et l'odeur qui émanait de lui.

Mais au moment où Yusuke et Kuwabara les rejoignaient bruyamment, Kurama entendit un murmure glisser dans ses cheveux.

« -Ne me refais jamais un coup pareil, Kitsu. Tu sais à présent ce que ça fait, de penser que son amour est mort… Alors ne recommence jamais, même pour rire. Tu sais pourtant que j'ai déjà failli te perdre… Enfin, j'avoue quand même que le réveil était agréable. »

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Fini. Eh oui, les caprices de Kurama sont dangereux… Alors d'après vous, il a joué la comédie, Hiei, ou non ? XD

En tout cas, tout est bien qui finit bien, bien sûr…