Auteur : kitsu34

Origine : Yuyu Hakusho

Couple : Hiei x Kurama, bien sûr ! Qui d'autre ?

Disclaimers : rien à moi bien sûr ! Quoi d'autre ?

Réponse aux rewiews :

Désolé ma Shunelodie ! Je n'ai pas tenu mes promesses de poster avant le 19 ! Rhôôô^ ! Méchant Kitsu ! Fainéant et incapable !

Sinon, merci beaucoup, de tout cœur, à Sarah, Katy, Aélys, Yatsumi Kumokami (tu vois, je fais deux textes sur ton idée : j'espère que tu me pardonneras du coup le temps que j'ai mis à la traiter…) et Naria03 (Merci pour les compliments et je ne disparais pas encore : je finirai toutes mes fics avant de passer à d'autres choses)

C'est parti !

Scènes de la vie quotidienne

Grippe

Il faisait froid. Très froid. La clarté douteuse d'une fin d'après-midi d'hiver tombait crument des fenêtres ternies par la saleté. De pauvres fenêtres, si hautes et proches d'un plafond fissuré, qui peinaient à éclairer l'étendue triste de l'amphithéâtre.

Un frisson, long, puissant, parcourut Kurama. Un de ces frissons de fièvre qui semblent venir du plus profond des entrailles.

Il secoua rapidement la tête et écarquilla les yeux à plusieurs reprises, comme quelqu'un que le sommeil a presque entraîné.

Un profond soupir lui échappa et ses épaules se voutèrent avec lassitude. Etrange comme il était fatigué ces derniers jours…

Un nouveau frisson le parcourut, aussi puissant que le premier, mais plus long encore. Décidément, il ne se sentait pas bien. Il jeta un nouveau regard morne au professeur ânonnant un cours sans intérêt qu'il avait d'ailleurs renoncé à suivre depuis un certain temps.

Le yohko resta un instant immobile, l'œil vague posé sur le mur sale et la lumière pauvre venant du dehors. Mais quand le troisième frisson le parcourut, il décida que cela suffisait ainsi et qu'il serait mieux dans son lit.

Aussi discrètement qu'il le put, Kurama ramassa ses affaires et se glissa dehors.

Contrairement à ce qu'il pensait, l'air extérieur ne lui fit pas de bien, au contraire.

Le soleil se couchait et un vent glacé parcourait violemment la rue. Les passants s'empressaient de se mettre à l'abri et hâtaient le pas.

Le yohko sentit les doigts gelés du vent le parcourir sans douceur et son corps se raidit douloureusement sous la froide caresse.

Il se dépêcha lui aussi de se soustraire aux désagréables attouchements et se dirigea à grands pas vers son domicile.

Mais un phénomène étrange se produisit. Au fur et à mesure qu'il tentait de se hâter, ses pas se faisaient moins rapides. Il lui semblait fournir de plus en plus d'efforts pour des résultats de plus en plus minces.

Et à mesure que son allure s'engourdissait, comme son corps, il lui sembla également que le froid gelait jusqu'à ses pensées. Elles se mirent aussi à ralentir, jusqu'à s'arrêter.

Les frissons redoublèrent et bientôt Kurama identifia un petit bruit sec qu'il entendait depuis quelques instants sans savoir d'où il venait. Il claquait des dents.

Enfin, au détour d'une rue, il aperçut la façade de sa résidence. Le soulagement le submergea et il poussa un long soupir douloureux.

Mais soudain, la vision et les forces lui manquèrent en même temps et il n'eut que le temps de murmurer un nom, avant que la lumière ne s'éteigne et que le sol ne vint à sa rencontre.

« -Hi..ei.. »

- - - - -

Les frissons le faisaient trembler violemment, si violemment qu'il lui semblait presque être en train de se battre. Et ils ne s'arrêtaient pas. Les spasmes le saisissaient, le tendaient, le tordaient et le laissaient épuisé, en nage, sans force pour se soustraire à ces tremblements incessants. Il ne parvenait pas à s'empêcher de grelotter. Et il claquait des dents, sans pouvoir rien faire contre.

Il se recroquevilla, se roula en boule sur lui-même, comme il faisait quand il avait froid. Il voulu enrouler sa queue autour de lui et se protéger en se dissimulant sous sa fourrure douce et chaude de renard. Mais il se rappela qu'il était humain maintenant et un gémissement plaintif lui échappa. Le froid se fit plus intense, comme si on écartait une source de chaleur insoupçonnée.

Puis Kurama sentit la chaleur couler contre lui, bienveillante et puissante, et l'envelopper complètement. Les frissons, de façon contradictoire, s'intensifièrent avant de s'espacer puis de disparaître progressivement.

Avec un soupir de bien-être, enfin, le yohko se serra plus étroitement contre la chose chaude et douce qui s'était glissée contre lui.

Les frissons ayant cessé, il se sentit sombrer dans la fatigue sans rêve du corps brisé par la fièvre.

Lentement, Kurama émergea des limbes du sommeil dans lequel il avait sombré. Il mit longtemps à réaliser qu'il était réveillé, parce qu'il se sentait bien. Si bien qu'il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux.

Quelque chose de doux et d'aérien caressait doucement son visage, tantôt ses cheveux, tantôt sa joue et même parfois ses lèvres. C'était une caresse légère, presque imperceptible, comme faite du bout des doigts. Ou du bout des lèvres.

La source de chaleur irradiait toujours contre lui. Et c'était une chaleur parfumée, qui sentait comme la forêt, le bois et les épices.

Une vague idée effleura le yohko sur l'origine et l'identité de cette source de chaleur si douce. Il eut un instant l'envie de soulever sa paupière lourde de sommeil et de bien-être afin de s'assurer de la justesse de son idée. Mais il y renonça. Ce serait sonner le glas de cet instant de félicité…

Alors il poussa un nouveau soupir de bien-être et se lova encore plus étroitement.

Les caresses continuèrent, parfois tendres, parfois plus audacieuses, toujours douces. La chaleur devint plus puissante à mesure que les mains et les lèvres joueuses le parcouraient. Puis une voix chaude, très basse, se mit à parler.

Instinctivement, bien plus qu'il n'entendait réellement, Kurama comprit qu'il s'agissait de mots doux. Il se détendit et se mit à ronronner doucement, produisant ce son si surprenant que les yohkos n'émettent qu'en parfaite sécurité. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était plus senti si bien, si longtemps que le souvenir s'en était d'ailleurs perdu au fond de sa mémoire…

A moins qu'il ne se soit jamais senti si bien…

Il eut encore une fois envie d'ouvrir les yeux, mais c'était si bon de juste l'imaginer. Comme un rêve, disparu dans un instant.

Ça ne pouvait d'ailleurs rien être d'autre. Hiei ne reconnaitrait jamais avoir été tendre et attentionné.

Passionné, exigeant, sensuel ou sexuel, oui.

Mais pas tendre, gentil, doux, presque hésitant.

Il n'agissait ainsi que parce que Kurama était malade et, croyait-il, inconscient.

Le yohko eut une brusque bouffée de tristesse. Son ronronnement apaisé et satisfait s'arrêta. Son corps se tendit de façon incontrôlable tandis que son esprit s'aiguisait et revenait totalement à la conscience.

Et les caresses s'arrêtèrent. La chaleur diminua et le corps à ses côtés se volatilisa.

Kurama se recroquevilla sous ses couvertures avec tristesse. Il se sentit misérable soudain et aurait voulu se tapir au fin fond d'un terrier, la queue et les oreilles basses.

Un frisson le parcourut à nouveau brusquement et lui arracha un gémissement plaintif.

Il se sentit retomber dans le piège ouaté du sommeil, malgré sa peine.

Et soudain la chaleur revint, accompagnée de la caresse légère de lèvres fraîches se posant doucement sur son front humide et brûlant.

« -Dors, abruti de yohko, ou tu guériras pas… »

Ce n'était qu'un murmure presque imperceptible mais Kurama eut un large sourire du fond de son sommeil, bâilla et se lova plus étroitement au milieu de ses couvertures.

Hiei caressa légèrement le front blanc, duquel il repoussa doucement les cheveux rouges, humides de sueur.

Si Kurama avait pu le voir, ainsi penché sur lui, dans la pénombre de la chambre juste éclairée par la lune, il aurait été comblé. Car Hiei l'avait déshabillé et soigneusement couché, puis s'était installé lui-même sous les draps pour le veiller.

Sur la table de nuit, se trouvait une bassine d'eau froide dans laquelle surnageait un linge blanc, que Hiei appliquait soigneusement de temps en temps sur le front et les joues du yohko endormi. A côté de la bassine, il y avait des médicaments, un thermomètre et un bol de bouillon encore fumant…

Mais ce qui aurait fait le plus plaisir à Kurama, s'il avait pu assister à la scène, ç'aurait sans doute été le sourire qui se dessina sur les lèvres de Hiei tandis qu'il caressait toujours le visage du yohko et que celui-ci recommençait à ronronner doucement.

Oui, cela, ça lui aurait fait vraiment plaisir…

S'il avait vu…

- - - - -

Hmm… J'avais envie d'un texte doux et tendre, pour une fois. Et ça fait du bien un peu de douceur, parfois. Et puis, c'était au tour de Kurama d'être malade et j'avais envie de faire un Hiei tout gentil pour son petit yohko grippé… C'est qu'il peut être très gentil et tendre, Hiei, quand on ne le regarde pas XD !