Auteur : kitsu34
Origine : Yuyu Hakusho
Genre : yaoi !
Couple : Hiei x Kurama
Disclaimers : Rien à moi !
Remerciements : Merci à Zephis, Naria03, Kistunie6, Yatsumi Kumokami, Sati-san, Helly. Merci à vous tous, même si cela fait maintenant trèèès longtemps que je n'ai plus posté.
Scènes de la vie quotidienne
Après-midi pluvieux
Il faisait moite et lourd cet après-midi là. Le couvert de nuages était bas, si bas qu'il donnait l'impression de devoir se déchirer à tout instant sur la pointe des buildings qu'il effleurait. Les vêtements collaient désagréablement à la peau, gênant les mouvements. Les insectes bourdonnaient en permanence, se heurtant aux fenêtres et se collant aux moustiquaires ouvertes, dans l'espoir illusoire d'un bref courant d'air inexistant.
Les humains se terraient chez eux, avachis sur les planchers, en quête de fraicheur, s'éventant avec ce qui leur tombait sous la main. Les sons se faisaient sourds, couverts par les ronronnements omniprésents des climatisations poussées au maximum.
Le ciel s'abaissa encore, ensevelissant les têtes des immeubles dans une mer de nuages gris d'ardoise, plombés, aux flancs lourds d'averses contenues.
L'atmosphère se chargeait d'humidité, d'exaspération et d'attente.
Assis sur le rebord de la fenêtre, Hiei huma longuement l'air annonciateur d'orage. Il aimait avidement ce déferlement âpre des éléments qui lui rappelait tant son monde d'origine. Sous le déchirement brutal de la foudre, le monde des humains prenait une autre dimension, primale, qui lui plaisait et faisait ressortir ses appétits yohkais.
Une longue zébrure orangée trancha soudainement le ciel et un grondement sourd, encore lointain, retentit.
Dans la semi pénombre de la pièce, la foudre fit surgir l'espace d'une seconde une silhouette sombre, habillée de noir, ramassée sur elle-même, assise sur le rebord de la fenêtre. La lumière blanche sculpta en une fraction de seconde un visage doré aux traits purs, presque enfantins, mais au sourire surprenant, dessiné par une bouche suave et cruelle. C'était un sourire de chasseur, d'attente jouissive de la proie. Un sourire de fauve.
Le plafond sombre de nuages d'ardoise s'abaissa encore, menaçant de s'effondrer sur la ville et la chaleur moite qui régnait depuis le début de l'après-midi se mit soudain à frissonner, parcourue de brusques bouffées froides.
Un large cercle d'eau, comme une larme s'écrasant au sol, vint frapper le bas de l'immeuble des Roses. Puis un autre et encore un autre.
Une nouvelle zébrure d'or déchira le ciel de la ville et un claquement sec et vibrant retentit immédiatement faisant tinter la fenêtre contre laquelle s'appuyait Hiei.
Les yeux de sang se fermèrent à demi et le sourire carnassier s'accentua tandis qu'une langue rose pointait entre les lèvres étirées et passait lentement sur la lèvre supérieure.
La pluie se mit à tomber à rythme soutenu, noyant les rues de la ville.
Il allait être complètement trempé, songea Hiei, les épaules secouées d'un rire silencieux. Cela lui apprendrait à ne pas écouter quand il lui conseillait de prendre un parapluie, après tout.
Le démon leva la tête sur une nouvelle zébrure blanche accompagnée d'un grondement puissant et long. La lumière lui déchira la rétine tandis que le bruit retentissait jusque dans les murs. Le froid de l'eau avait balayé la moiteur lourde à présent. La fraîcheur pénétrait partout, le vent se levait et balayait les rues.
Le déferlement des éléments. Il adorait cela.
La brutalité. La violence. La sauvagerie. La passion.
Une clé crissa dans la serrure.
Le sourire de fauve se figea et disparut. Le regard rouge s'étrécit en plongeant dans l'obscurité de l'appartement. Se levant à demi, le corps du démon se tendit. Il attendit.
La porte s'ouvrit et une silhouette plus sombre encore que la pénombre régnant se dessina dans l'encadrement. Elle pénétra dans l'appartement et claqua la porte d'un geste rageur.
Hiei ne bougea pas. Toujours à demi levé, les muscles bandés, il semblait un prédateur aux aguets. La silhouette se tourna vers la fenêtre et s'immobilisa, elle aussi. Le sourire de fauve réapparut.
L'immobilité des deux silhouettes sombres, l'une se découpant sur le ciel d'ardoise, l'autre sur le rectangle noir de la porte dura longtemps. Comme deux animaux qui s'observent, cherchant la faille avant d'attaquer.
Mais ce fut l'orage qui détermina le moment de l'attaque. L'éclair claqua, révélant les visages.
La lumière blanche, violente, fit jaillir brutalement Hiei, ramassé sur lui-même, prêt à bondir, sur l'appui de fenêtre, sourire aux lèvres. En face, révélée d'un seul coup, le démon vit sa proie. Une proie alléchante. Une proie trempée jusqu'au os par l'averse, ainsi qu'il l'avait prévu. Et une proie résolue, semble-t-il, à lutter. Adossé à la porte, en position de défense comme s'il avait senti les intentions du démon qui lui faisait face, Kurama était complètement trempé. Ses vêtements lui collaient à la peau, révélant son corps, particulièrement sa chemise blanche. Par transparence, Hiei pouvait même apercevoir la peau par endroit et le bouton d'un mamelon. Ses cheveux mouillés venaient épouser ses joues et ses épaules en volutes sombres. Des perles liquides coulaient lentement sur son cou et venaient se perdre au creux de sa gorge. Même ses yeux avaient un éclat particulier, plus obscurs que d'ordinaire, ourlés par des cils gorgés d'eau troublants.
Il était extraordinairement excitant. Le sourire de fauve se fit triomphant.
Le grondement puissant de l'orage sembla sortir de la gorge de Hiei au moment où celui-ci s'élança sur Kurama.
L'orage qui déferla sur Tokyo cet après-midi-là fut puissant et long. Il se poursuivit durant toute la soirée et connut de brusques réveils et retours de flamme. Parmi les éclairs et les grondements du tonnerre, il y eut même comme un phénomène d'écho qui rappelait un bruit de coups donnés contre un mur. Le vent, qui se déchaina, hurla comme un fou. Au plus fort de la tempête, on entendit comme des spasmes, des râles, des halètements, puis lorsqu'elle se calma, des gémissements, des murmures et des chuchotements. La pluie tomba avec une violence inaccoutumée et laissa la terre gorgée d'eau et fatiguée par la force de l'averse.
Puis enfin, ce fut le silence et la plénitude comblée de la nuit, après le déferlement des éléments.
oOoOo
Kurama tira le linge mouillé hors de la machine à laver avec peine, puis se redressa, en rejetant une mèche de cheveux rebelle en arrière. Il poussa un soupir d'exaspération. Qu'il faisait lourd aujourd'hui !
Il empoigna la corbeille de linge mouillé et se dirigea vers la terrasse pour l'étendre.
Une lueur, en traversant le salon, attira son regard. Bouche bée, il se figea, fasciné par le spectacle inattendu et surprenant qui se déroulait sous ses yeux.
Hiei, son Hiei, scotché à un écran d'ordinateur comme le dernier des geeks ! Il avait beau le voir désormais, il ne se faisait pas au spectacle. Depuis combien de temps était-il là à regarder la machine ?
Voyons, il lui avait appris à se servir de l'ordinateur avant de partir à la fac, hier matin et cette nuit il s'était levé en douce pour y retourner. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y trouver d'intéressant à ce point pour un yohkai comme lui ?
« -Hiei ?
-Mmmh ?
-Hiei ! Je te parle ! Décroche de cette machine au moins deux secondes, tu veux !
-Hn ! Quoi ! J'suis sur un truc intéressant !
-Tu réponds ça à chaque fois depuis deux jours ! J'aurais jamais dû t'apprendre à te servir d'internet ! Viens m'aider à étendre le linge, s'il te plaît.
-Par ce temps ? Ca sèchera jamais. »
Kurama jeta un coup d'œil par la fenêtre du salon. Le plafond de nuages était bas, si bas qu'il donnait l'impression de devoir se déchirer à tout instant sur la pointe des buildings qu'il effleurait. Il poussa un long soupir découragé. Hiei avait raison, ça ne sécherait jamais. Le yohko posa son panier de linge humide sur la loggia. Le linge devrait attendre que l'orage passe. Il s'éventa avec la main. Bon sang, que l'air était moite. Les vêtements collaient désagréablement à la peau, gênant les mouvements. Il se passa la main sur le front trempé de transpiration, rejetant les petites mèches de cheveux humides, collées à la peau.
Un petit rire retentit derrière lui. Il se retourna. Hiei était posé d'une drôle de manière sur sa chaise, un peu en suspension, comme s'il s'apprêtait à bondir. Il avait un sourire étrange aux lèvres. Un sourire que Kurama ne lui avait jamais vu, qui lui rappelait quelque chose…
« -Tu sais, on trouve des choses intéressantes sur internet... Des histoires écrites par des fans, par exemple. Tu devrais t'y intéresser, toi aussi.
-Ah oui ?
-Oui. On y pioche des idées... Des idées pour les après-midis pluvieux notamment. »
Il y était ! Il se rappelait ce que ce sourire évoquait ! C'était un sourire de fauve…
oOoOo
Voilà, un petit texte de saison et un petit entraînement pour moi après une très longue absence.
