Bien le bonjour ou bonsoir !
Après l'énorme travail que m'a demandé 'Bujo' (deux ans et demi sans rien écrire d'autre... belle expérience mais assez longue xD), je reviens pour une recueil d'OS que je compte faire également avec votre participation !
J'avais déjà lancé cette idée avec 'Juste un petit jeu' (le titre de recueil le plus littéral que j'ai choisi jusqu'ici xD) mais où il suffisait de me donner un couple et une chanson, de là je devais écrire un OS. J'ai ADORE faire ce recueil parce que ça avait le don de stimuler mon esprit et mon imagination ^^ Alors pour me remettre sur le droit chemin et me ré-habituer à écrire des OS, je me suis dit : pourquoi pas ? Mais alors corsons un peu plus tout cela !
Alors j'ai modifié un peu les règles, pas grand chose mais ça fait son effet quand même x)
VOICI DONC LES RÈGLES DU JEU :
Il y a trois étapes :
1. Choisir un 'couple' (c'est entre parenthèse parce que c'est juste choisir deux personnages, pas obligatoirement un ship x) vous avez le choix parmi TOUS les personnages du MCU (hors série parce que j'ai pas vu les séries -honte à moi-) donc si vous choisissez... Groot et Shuri, bah libre à vous xD)
2. Choisir un thème qui sera SOIT une chanson SOIT un mot (Pour continuer avec les exemples, soit 'baby shark', soit 'patinoire' x) je multiplie les exemples qui me mettraient dans la merde ou c'est moi ? XD)
3. BONUS (pas obligatoire, vous faites à votre guise évidemment) Choisir parmi ces options (elles ne sont PAS cumulables, sinon ça fait beaucoup x) ) : un mot que je devrais replacer / une phrase que je devrais replacer / imposer si les personnages choisis seront en couple ou amis / choisir après ou avant quel film l'OS se déroule / choisir le pays dans lequel se déroulera l'OS
Voilà donc les étapes pour ce jeu, j'espère que je les ai bien expliquées et que tout est clair et limpide x) Alors surtout n'hésitez pas à venir participer dans les commentaires ! Et pour illustrer ce petit jeu, j'ai demandé à une de mes lectrices assidues de bien vouloir participer pour le premier OS et donc voilà ce que ça donne :3
J'espère que ce concept vous plaira et que vous prendrez plaisir à venir titiller mon imagination ! Je m'excuse par la même occasion pour les fautes que j'ai laissées dans le texte.
Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de MARVEL, ceci vaut pour tous les OS qui seront postés dans ce recueil !
BONNE LECTURE !
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Participante : nagron
Couple : Pietro / Clint
Thème : Paternité
Bonus : 'Mais, Pietro, je n'aime pas les enfants'
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Surprise, surprise
« -Mais, Pietro, je n'aime pas les enfants. »
Pietro reçut une douche froide. Non, pas une douche froide, LA douche froide de sa vie.
Cela faisait près de deux mois qu'il fréquentait Clint sans que ça n'ait dépassé les rendez-vous au restaurant ou au cinéma. Ils s'étaient rencontrés de façon tellement banale que c'en était même pas intéressant à raconter. Pietro avait bousculé l'archer dans le club de sport dans lequel ils étaient tous les deux inscrits.
Quand le blond avait déménagé à New-York, il avait tenté de se raccrocher à certains passe temps qu'il avait avant et l'athlétisme en faisait parti. Il venait de s'inscrire et le coach qui le suivait avait voulu voir ses performances. Ce n'était pas pour se vanter mais Pietro était vraiment bon. Il courait depuis qu'il avait l'âge de tenir sur ses jambes et n'avait fait qu'évoluer depuis lors. Courir était sa véritable passion et il avait même remporté quelques championnats quand il était adolescent.
Il venait de terminer ses tours de piste en un temps record quand les archers firent leur apparition pour prendre possession du terrain extérieur. Pietro n'y avait même pas prêté attention, pris dans les discours encourageants du coach qui n'avait jamais vu un temps pareil.
Ils se dirigeaient vers l'accueil pour valider son inscription quand Pietro heurta l'épaule de Clint qui se relevait d'avoir refait son lacet défait. Le blond s'était confondu en excuse alors que le brun ne faisait que sourire en lui disant que ce n'était pas grave, que ça arrivait et qu'il ne l'avait vraiment pas vu venir celle-là.
Ils s'étaient souvent recroisés à partir de ce moment-là, les entrainements des deux disciplines se suivaient et parfois se chevauchaient. C'était d'ailleurs quand ils s'étaient entrainés en même temps que le brun lui proposa d'aller boire un verre. Pietro avait accepté presque immédiatement et prévint sa sœur jumelle qu'il aurait du retard.
Pendant un mois, ils se tournèrent autour en passant du temps ensemble, en trouvant des prétextes pour se croiser, ou se bousculer sans le faire exprès. Un soir, Clint lui avait demandé s'il voulait aller diner avec lui au restaurant. Pietro avait souri en voyant l'air un peu mal à l'aise du brun. Il trouvait cela mignon que malgré l'âge de Clint, il soit toujours aussi timide en invitant quelqu'un. Le blond avait haussé les épaules : pourquoi pas ? Le brun parut ravi. Ils s'étaient embrassés pour la première fois au pas de la porte de Pietro ce soir-là. Le blond avait bien vu que Clint aurait voulu entrer mais il ne s'était pas senti prêt pour dépasser ce stade.
« -Je… Je pensais que c'était évident en fait... »
Pietro revint sur Terre en entendant Clint, il avait les traits graves comme s'il ne comprenait même pas pourquoi Pietro lui avait demandé une chose pareille.
Pourtant le blond avait trouvé cette question importante, pour lui et pour son avenir. Est-ce que tu voudrais des enfants ? Cela pouvait paraître rapide pour une relation qui était aussi jeune mais le blond avait besoin d'éclaircir ce point le plus tôt possible. Pour lui, avoir des enfants étaient d'une vitalité absolue et il ne se voyait pas finir sa vie sans être entouré de sa descendance.
« -Comment ça peut être évident ? »
Clint fronça les sourcils.
« -J'ai presque deux fois ton âge, Pietro. Si j'aimais les enfants ou si j'en avais, tu les aurais au moins croisés une fois depuis qu'on se connaît. »
« -L'âge ne veut rien dire et ça fait, quoi… seulement six mois que je te connais ? Il y a un millier de raisons pour lesquelles j'aurais pu ne pas voir tes enfants. »
« -Comme quoi ? »
« -Tu pourrais… ne les voir que le week-end, il n'y a pas d'entraînements le week-end alors pas étonnant que j'aurais pu les rater. »
Clint devait convenir que cet argument était valable et il n'en fronça que plus les sourcils. Il déposa sa fourchette à côté de son assiette. Il sentait que cette conversation allait être plus sérieuse que prévue. Il n'avait vraiment pas pensé une seule seconde que Pietro puisse lui poser ce genre de question.
« -Écoutes… Je ne vois même pas où est le problème. Je veux dire, que j'aime les enfants ou pas, on peut pas en avoir. Ça change quoi ? »
« -Il y a tellement de façons différentes d'avoir des enfants même pour un couple d'hommes : l'adoption, la fécondation in vitro, même un accid- »
« -J'ai compris, Pietro. Pourquoi tu t'emballes tout à coup ? C'est pas comme si t'avais déjà des marmots ! »
Le terme qu'utilisa Clint ne plut pas du tout à Pietro qui se renfrogna tout de suite. Son silence n'en fut que plus éloquent.
« -Ne me dis pas que… que tu es déjà père ? »
Il y avait une sorte de dégoût dans la voix de l'archer et Pietro ne put même pas s'empêcher de lui lancer un regard noir.
« -Bon Dieu ! Pietro ! Combien de temps tu pensais pouvoir me le cacher ? »
« -Jusqu'à cette conversation, justement. »
« -Et puis quoi !? T'allais décider de la suite de notre relation ? Tu vas pas me quitter parce que j'aime pas les enfants ! »
« -Tu préfères que je les abandonne ? »
« -Les ? Parce que t'en as plusieurs ? Mais putain Pietro ! »
« -Je voulais être sûr que je puisse te faire confiance avant de te les présenter. Que tu les accepterais. »
« -Mais comment t'as fait ? T'es jeune, comment t'as pu te faire avoir plusieurs fois ? Ils sont combien d'ailleurs ? »
Pietro serrait sa serviette de plus en plus fort. Il avait envie de se défouler, de décharger sa rage sur n'importe quoi. Il détestait l'air méprisant que Clint utilisait.
« -Je ne me suis fait avoir, comme tu le dis si bien, qu'une seule fois. Pas de chance, c'était des triplés. »
« -Des triplés ? »
Clint s'étrangla presque en le disant, tellement cette information le surprenait.
« -Tu ne l'as pas vu venir celle-là. »
L'archer eut un moment de surprise avant de se reprendre.
« -Tu aurais dû me le dire dès notre premier rendez-vous. »
« -Ça aurait changé quoi ? Tu aurais réfléchi à deux fois avant de m'embrasser ? Avant de me réinviter ? Avant de te demander comment tu pourrais me jeter sans passer pour le connard de l'histoire ? »
Le brun ne sut rien répondre à cela. Il regardait simplement Pietro comme si c'était la première fois qu'il le voyait.
« -C'est bien ce que je me disais. Ne t'inquiètes pas, c'est fini. Tu m'as donné à peu près… un million de bonnes raisons de mettre un terme à tout ça. »
Pietro se leva, mit son manteau après avoir balancé l'argent de son repas sur la table et partit sous le regard consterné de Clint. A vrai dire, le blond n'en avait plus rien à faire de l'avis des autres depuis un bon moment. Il avait appris à vivre avec le regard interrogateur des autres, avec les jugements qui vont avec. Mais il ne savait même pas pourquoi le regard de Clint comptait vraiment pour lui.
Il avait encore l'estomac en vrac et le coeur meurtri quand il passa la porte de chez lui.
« -PAPA ! »
Une petite tête brune lui sauta dans les bras dès la porte refermée. Pietro embrassa son fils sur la joue et le reposa sur la terre ferme juste après.
« -Dis donc toi, tu ne devrais pas déjà être au lit ? »
Le petit garçon haussa les épaules, faisant une moue qui aurait pu faire fondre le coeur d'Hannibal Lecter. Ou le coeur de pierre de Clint.
« -Tawa a dit qu'on pouvait regarder un disney jusqu'à la fin. »
Pietro sourit en coin en lui disant d'aller finir son film du coup. Les deux autres devaient être trop captivés par le dessin animé pour faire attention à la réapparition de leur père.
Il se dirigea vers la cuisine où Wanda s'était installée, entourée d'une montagne de livres et de feuilles. Tawa était le diminutif de 'tata Wanda'. Elle détestait que Pietro l'appelle tata alors il ne faisait que ça devant les triplés. Quand ils avaient appris à parler, ils avaient fait un mix des deux mots et c'était resté.
La jumelle leva la tête en sentant que son frère entrait dans la pièce.
« -Désolée, ils étaient ingérables ce soir et j'ai un test demain. J'ai rien trouvé d'autre pour les épuiser. »
Le blond sourit en coin en s'asseyant en face de Wanda.
« -T'inquiètes pas. Ca arrive pas tous les jours de toute manière. »
« -Tu rentres tôt ce soir... »
Pietro haussa les épaules. Accepter que la personne qu'on commençait à aimer le rejette juste parce qu'il était père était plus dur à gérer que ce qu'il pensait.
« -C'est qu'un con de toute manière. »
« -Il a appris pour les triplés ? »
Nouvel haussement d'épaules. Ce n'était pas la première relation dans laquelle Pietro se lançait depuis la naissance de ses enfants. Il en avait bien le droit après tout. Il avait eu les triplés assez jeune, il venait à peine d'être majeur quand sa petite amie du moment avait accouché. Elle avait été claire dès le départ : elle ne voulait pas gâcher sa vie avec des enfants. Sa résolution s'était renforcée quand elle avait appris qu'il n'y avait pas qu'un enfant en jeu. Seulement quand Pietro avait vu la bouille de ces trois anges, il n'avait pas pu se résoudre à signer le papier qui stipulait qu'il les abandonnait. Toutes ses économies pour l'université y étaient passées mais il considérait que ce n'était qu'un petit sacrifice par rapport à ce qu'il avait eu par après.
Les triplés allaient fêter leur huit ans dans presque deux mois et il n'avait pas regretté un seul jour de les avoir gardés.
« -J'ai pas envie d'en parler ce soir. »
« -Je suis désolée. Je pensais vraiment que ça allait bien se passer cette fois... »
« -T'y es pour rien. »
Pietro tenta de lui faire un sourire rassurant mais c'eut l'exploit de l'inquiéter encore plus.
« -Bon, je vais te laisser étudier et moi, pendant ce temps, je vais regarder le Disney que les trois monstres ont choisi. »
Après tout, les seuls moments où il se sentait réellement en paix avec lui-même, c'était entouré de ses enfants.
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Ca faisait un mois que Pietro était parti en trombe du restaurant sous le regard médusé de Clint, ça faisait un mois qu'il l'évitait également. Quand il avait le malheur de croiser le brun, il tournait la tête et faisait semblant de ne pas l'avoir vu.
Il avait l'impression d'avoir des réactions totalement puériles mais c'était la seule façon qu'il avait de réellement montrer à Clint qu'il avait vraiment été affecté par les paroles qu'il avait prononcées. Il avait tenté de ne pas faire attention à son coeur quand il le voyait mais Pietro ne pouvait pas nier que ce foutu coeur se serrait dès que le brun s'approchait.
Il avait fallu deux semaines à Clint pour l'appeler une première fois sans que le blond ne décroche. Ce premier appel fut suivi d'une bonne dizaine tout aussi ignorés que le premier. Des sms avaient suivi sans que le coureur ne prenne la peine de les lire.
Wanda s'inquiétait de voir son frère s'enfermer autant dans ce mutisme. Même si Clint avait agi comme un con lors de cette soirée, son envie de recontacter Pietro voulait bien dire qu'il voulait poursuivre cette conversation, qu'il voulait revoir le blond. Elle connaissait son jumeau : une fois qu'on s'en prenait à ses enfants, il lui fallait beaucoup de temps avant de pardonner.
Charlotte, Jonathan et Nicolas voyaient bien que quelque chose avait changé chez leur père mais n'osaient pas le faire remarquer. Ils avaient compris qu'il voyait quelqu'un mais, s'ils ne voyaient plus leur père sortir, c'était certainement pour une bonne raison.
Ils ne supportaient simplement pas que leur père soit malheureux, ce qu'il semblait malheureusement être pour le moment. Alors ils avaient multiplié les petites attentions pour lui, comme lui faire un gâteau, lui faire un câlin collectif dès que possible et surtout sourire en mangeant les pâtes carbonara de leur père. C'était le seul plat qu'il ratait systématiquement les transformant en pâtes carbonisées plutôt que carbonara.
Pietro voyait bien qu'ils faisaient des efforts pour lui faire changer les idées, c'était d'ailleurs pour cela qu'il testait une nouvelle fois ses pâtes carbo, il savait qu'ils ne diraient pas non. Tout cela le touchait toujours autant mais cette histoire n'était pas comme les autres.
Qu'il veuille se convaincre du contraire ou pas, Pietro devait se rendre à l'évidence : Clint n'était pas qu'une relation sans importance qui pouvait bien fuir en apprenant sa paternité. Clint était plus important parce que pour la première fois depuis longtemps Pietro commençait à ressentir de vrais sentiments pour lui.
Sa réaction lui restait d'autant plus en travers de la gorge.
Pietro jeta son sac dans son casier. Il venait de passer une journée horrible au boulot et il avait besoin d'évacuer en courant de toutes les forces qu'il avait encore. Il se dirigeait vers la piste extérieure, croisant Clint qu'il évita soigneusement, lorsque son portable sonna.
Le blond décrocha par réflexe et resta figé en entendant le nom de celle qui appelait : la directrice de l'école des triplés. Elle appelait pour lui dire que deux de ses enfants étaient dans son bureau et qu'elle aimerait le voir sur le champ, avant de raccrocher.
Sans détails de plus, Pietro paniqua directement. Ses enfants n'étaient pas des bagarreurs et étaient bons en classe, comment avaient-ils pu se retrouver dans le bureau de la proviseure ?
Il fit le chemin inverse en courant, ne prenant pas la peine de s'arrêter reprendre ses affaires dans son casier. C'était pour des urgences pareilles qu'il ne quittait pas son téléphone d'une semelle. Merde, il était à bout de nerf de ne pas savoir ce qu'il s'était exactement passé.
En plus, le bus ne passait pas avant une demie heure ! Fais chier. Il regrettait de ne pas avoir acheté de voiture. Il habitait à côté du métro et n'avait même pas pensé qu'une voiture serait utile. Il commença à se ronger les ongles en essayant de trouver une solution à toute vitesse mais la seule qui lui venait était de courir jusque là, quitte à être en sueur dans le bureau de la directrice.
Pas le temps de penser à autre chose, il se mit à courir. Il appellerait un taxi s'il en voyait un dans la rue. Il avait fait 500mètres quand une voiture ralentit pour être à sa hauteur. La vitre se baissa et Pietro leva les yeux au ciel en voyant qui se trouvait au volant.
« -Tu n'étais pas censé t'entrainer ? »
« -Lâche moi Clint, c'est pas le moment. »
« -Montes. Je t'emmène. »
« -Tu ne sais même pas où je vais. »
« -Peu importe. Si tu lâches ton entrainement, c'est que ça doit être important. »
Pietro hésita et secoua la tête.
« -Ca concerne mes enfants. »
Clint soupira fortement.
« -Montes. »
« -Pourquoi ? T'es devenu le meilleur ami des enfants tout à coup ? »
« -Tu veux les retrouver le plus vite possible ou tu préfères courir jusque là ? »
Et merde. Le blond s'arrêta de courir et monta dans la voiture de Clint en lui donnant le nom de l'établissement scolaire où il fallait se rendre.
Il continua à se ronger frénétiquement les ongles dans un réflexe stupide. Clint n'osa pas poser une seule question. Il avait bien compris que cette histoire avait profondément blessé le jumeau. Il n'avait pas envie d'aggraver les choses encore plus.
Ils arrivèrent à l'école assez rapidement et Pietro remercia rapidement Clint pour le trajet. Il sortit en trombe de la voiture sans attendre une réponse de l'archer et se précipita vers le bureau de la principale.
Ce qu'il redoutait était arrivé : Jonathan avait un coquard à l'oeil, la lèvre ouverte et certains vêtements arrachés. Nicolas n'avait pas l'air d'avoir quelque chose, heureusement. Le garçon à côté d'eux avait l'air aussi amoché que Jon'.
La directrice avait expliqué que Nicolas avait bousculé violemment Georges, le garçon que Pietro n'avait pas reconnu, qui s'était relevé dans l'optique de le faire regretter à Nikky. C'est là que Jonathan entrait en jeu : il s'était interposé et tout avait dégénéré. Les trois garçons concernés étaient punis et renvoyés de l'école pour le reste de la semaine.
Pietro avait promis que ça ne se reproduirait plus et était sorti avec ses deux fils. Eux, s'attendaient à l'engueulade du siècle mais leur père ne fit que s'arrêter à la sortie de l'école et les regarda tous les deux.
« -Je suis extrêmement déçu de votre comportement. La violence n'est JAMAIS la solution. »
« -Mais il a dit que- »
« -Il a dit que quoi ? Peu importe la raison, ça ne méritait pas un coup de poing ! Maintenant, on va rentrer à la maison et vous irez tous les deux réfléchir à vos actes dans vos chambres. »
« -Je peux vous raccompagner ? »
Le père de famille releva instantanément le regard. Clint s'était avancé vers eux, il n'avait même pas fait mine de partir. Il s'était juste garé et avait attendu que Pietro revienne.
« -Ca ira, le métro n'est pas loin. »
« -Tu veux lui faire prendre le métro dans cet état ? »
Clint avait désigné les vêtements déchirés de Jonathan du menton. Pietro serra le poing, il était énervé contre lui-même de ne pas trouver de réparties valables pour empêcher de remonter dans cette voiture.
C'est exactement pour ça qu'il se retrouva une nouvelle fois à côté de Clint, les deux garçons attachés derrière.
« -Qu'est-ce qu'il s'est passé les garçons ? »
Pietro voulut étrangler l'archer pour avoir posé la question.
« -On s'est battu. »
« -Ah bon ? Pourquoi ? »
« -Georges a dit des choses horribles, alors Nikky l'a poussé. Puis il a voulu le frapper mais je me suis mis devant avant. »
« -Il a dit quoi, ce Georges ? »
« -Que notre mère nous détestait. Qu'elle nous avait abandonnés dans une poubelle parce qu'avoir des triplés c'était la pire chose qui pouvait arriver à quelqu'un. Qu'on était horrible et que c'était même pas possible de nous aimer. »
« -Il a dit que Charly pouvait pas être notre sœur parce qu'elle nous ressemblait pas. Et qu'il allait prouver qu'elle avait été adoptée pour faire nos intéressants en disant qu'on est des triplés. »
Pietro eut le coeur brisé en entendant ça. Il savait que ses enfants étaient très sensibles sur ce genre de sujet. Ils avaient bien compris que c'était possible d'être triplés sans qu'ils ne se ressemblent traits pour traits mais le blond n'avait pas encore eu le courage de leur dire pour leur mère. Il savait que ça allait leur briser le coeur et c'était la dernière chose qu'il voulait.
Comment expliquer à des enfants que leur mère n'avait pas voulu d'eux parce qu'elle ne voulait pas gâcher sa vie ? Pietro n'avait que 18 ans à l'époque mais il avait déjà trouvé cette affirmation horrible. D'autant plus quand il se souvenait qu'elle lui avait bien dit que, si le délais n'était pas passé, elle aurait avorté. Jamais il n'avait pu prendre la moindre décision là dedans, même les parents de son ex avaient tenté de faire pression sur lui pour qu'il les abandonne. Ils ne voulaient pas prendre le risque de revoir ces enfants apparaître dans leur vie.
Pietro et Wanda étaient orphelins, ils savaient donc exactement ce que c'était. Il avait pu bénéficier de l'aide de sa jumelle mais encore plus de leurs parents adoptifs qui s'étaient montrés plus que compréhensifs dans les démarches de Pietro.
Alors quand il les avait vus pour la première fois, sa conviction s'était renforcée : il ne les abandonnerait pas. Il avait hésité pourtant, il devait bien le reconnaître et c'était le fait d'en avoir parler avec sa famille qui lui avait permis de ne pas rester sur cette pensée. Quand les triplés étaient arrivés dans la maison familiale, ses parents adoptifs avaient souri en lui disant qu'ils savaient qu'il ne pourrait pas signer ces papiers. En moins d'une semaine, ils avaient tout acheté pour les accueillir décemment.
Il n'avait plus voulu entendre parler de son ex et avait coupé tous les ponts avec elle avant même qu'elle n'ait l'occasion de le faire.
Il ne l'avouerait jamais devant les garçons mais il aurait agi exactement pareil si quelqu'un avait dit du mal de Wanda.
« -Apparemment ce Georges est un gros con. »
« -CLINT ! »
Le concerné souriait en coin en voyant Pietro sortir de ses gonds.
« -T'as un autre qualificatif pour lui ? »
Il savait que le blond n'en avait pas et il en jouait ! Le fourbe !
« -C'est pas une raison pour dire des gros mots. »
« -Hé derrière, qui m'approuve ? »
Pietro se retint de se faire un face palm en voyant les deux garçons acquiescer avec vigueur. Heureusement, ils tournèrent enfin dans sa rue. Au moins, Clint ne pourrait pas allonger la liste de gros mots que Pietro tentait de bannir du langage des triplés. Ils s'arrêtèrent et Jonathan et Nicolas descendirent de la voiture tandis que le brun attrapa le bras de Pietro.
« -Je peux… te parler ? »
« -Non. Malgré ce que tu penses, tu n'es pas mieux que ce fameux Georges. »
Il sortit de la voiture, seulement Clint fit de même.
« -Je t'en supplie, juste cinq minutes. C'est important. »
Pietro serra les poings. Mes enfants aussi, c'était important. Mais au fond de lui Pietro n'avait pas envie d'aggraver leur situation. Il soupira et fit un geste aux garçons pour leur dire de rentrer directement. Ils bénéficiaient de cinq minutes de répit avant de recevoir la punition qu'ils méritaient.
Le blond se retourna vers Clint, imitant la non envie totale de continuer cette conversation.
« -Je voulais… Je… Pourquoi tu ne réponds pas à mes appels ? »
« -Je croyais que c'était assez clair. C'est fini. Nous. Toi et moi. Tout ça. »
« -J'ai été surpris, ok ? Tu peux pas mettre un terme à notre relation parce que j'ai été surpris par… par cette révélation ! »
« -Je n'ai pas rompu parce que tu as été surpris mais parce que tu t'es montré plus que méprisant. Comme si j'étais un irresponsable et un incapable qui n'avait été bon qu'à mettre en cloque une meuf de son bahut. »
Clint eut un mouvement imperceptible de recul. Pietro ne le connaissait que trop bien, c'était le mouvement de réflexe quand on se prenait la vérité en pleine face.
« -Ce genre de réaction et de regard, j'y ai droit tous les jours depuis la naissance des triplés. Encore plus quand ils étaient bébés. Tu ne sais même pas ce que c'est que de devoir courir dans toutes les pharmacies de la ville avec trois enfants en bas âge parce qu'ils ont chopé tous les trois la crève en même temps et que personne n'est à la maison pour les garder. Tu ne sais pas ce que c'est que de voir les regards méprisants de tous ces gens qui pensent pouvoir faire mieux ou qui me prennent pour un dégénéré. »
Pietro bouillait de rage. Il n'avait pas oublié la moindre des paroles désobligeantes qu'on lui avait dites depuis qu'il était père. Quand ce n'était pas les banals 'il a gâché sa vie en faisant ça', c'étaient les magistraux 'si c'était mon fils, il n'aurait même plus le droit de rentrer chez moi' ou les 'les pauvres parents, trois boulets d'un coup'. Parfois, des gens lui souhaitaient un bon courage mais peu n'avait pas un sourire moqueur ou ironique sur le visage.
« -A force, je n'y prête même plus attention parce que pas un seul jour je n'ai regretté ma décision mais je ne sais pas faire comme si de rien n'était quand tout ça vient de personnes en qui j'ai confiance. »
Quand ça vient de personnes que j'aime.
Clint ne bougeait pas, il avait le regard baissé comme s'il ne savait même plus où regarder. Pietro secoua la tête.
« -Peu importe, ça ne te concerne plus maintenant. »
Sans un mot, il s'éloigna de Clint et de sa voiture et s'engouffra chez lui. Il avait d'autres choses sur lesquelles se concentrer pour l'instant, le pincement au coeur qu'il avait ne devait pas être au centre de son attention.
.
« -Ca devient ridicule Pietro. »
Le concerné leva les yeux au ciel.
« -Pourquoi ça le serait ? »
Wanda lui envoya un regard noir en lui balançant son bouquin de psychologie à la figure. Son jumeau l'évita de peu.
« -Parce que t'es encore plus ingérable ! Sors de ma chambre au lieu de me faire chier ! »
« -Je suis juste venu te demander si tout allait bien ! »
« -Tout allait bien quand t'allais courir et que tu ne tournais pas dans cette maison comme un lion en cage. »
« -Je ne tourne pas en rond, j'ai des choses à faire ! J'ai une fête à préparer ! »
« -Alors qu'est-ce que tu fous dans ma chambre ? »
Pietro ouvrit la bouche et la referma aussitôt en se rendant compte qu'il n'avait strictement aucune réponse à cette question. Wanda lui fit un doigt d'honneur avant de se retourner vers son ordinateur, mettant fin à cette conversation de façon immédiate.
Le blond soupira et posa le livre de psycho, qu'il avait ramassé, sur le lit de sa sœur.
Il retourna dans la cuisine. Dans une heure, tous les amis des triplés allaient débarquer chez lui pour fêter leurs huit ans. Il attendait simplement que les gâteaux cuisent quand il avait eu l'idée d'aller voir Wanda.
Elle avait raison, au fond. Ca faisait un mois qu'il n'avait plus mis les pieds dans le centre sportif où il s'était inscrit. Juste le temps de récupérer toutes les affaires qu'il avait laissées là la dernière fois et il s'était fait porter malade depuis. Clint n'avait pas changé en un mois et ça lui avait tellement brisé le coeur qu'il avait décidé qu'il ne voulait même plus le voir.
Il n'avait jamais été aussi malheureux. L'archer avait été le seul qui avait réussi à le toucher en plein coeur en si peu de temps. Dans aucune de ses autres relations, il n'avait ressenti tout cela en si peu de temps et si fort.
Pietro s'était dit que c'était parce qu'il continuait à le voir. Mais même ce mois d'absence n'avait rien changé. C'était si frustrant.
Il soupira, avec le temps tout sera plus facile. En attendant, il devait se concentrer sur l'anniversaire de ses petits monstres. Ils continuaient à décorer le salon et le jardin en attendant leurs camarades mais ils ne tenaient pas plus que si on leur avait dit qu'ils allaient partir pour Disneyland.
Une fois que les premiers amis des triplés étaient arrivés, tout s'accéléra assez vite. Les coups de sonnette s'enchaînaient, les bonjours, les bons anniversaires, les cadeaux,… Wanda était descendue de sa chambre pour lui donner un coup de main avec les invités pendant qu'il s'occupait des gâteaux qui avaient failli cramer.
L'après-midi se déroulait tranquillement, dans les rires et les cris d'enfants de huit ans.
Cela faisait bien deux heures que tout le monde était arrivé quand on sonna à la porte une nouvelle fois. Wanda, plongée dans son bouquin, lui fit un geste pour lui signifier qu'il pouvait toujours rêver pour qu'elle se lève.
Pietro soupira et se dirigea finalement vers la porte. Son coeur faillit s'arrêter quand il vit qui était en face de lui : Clint avec un énorme bouquet de fleurs.
« -Attends avant de refermer la porte. »
« -Donnes moi une seule bonne raison pour que je ne le fasse pas. »
« -J'ai des cadeaux pour les triplés. »
Le blond leva un sourcil dans un moment de surprise ce qui permit à Clint de se faufiler directement à l'intérieur de la maison. Au moins, comme ça, il ne pouvait plus se faire refermer la porte à la figure. Il tendit le bouquet à Pietro qui le lui prit, toujours méfiant.
« -Je… J'ai été un con et je suis désolé. Je… je voulais m'excuser pour tout ça. »
« -Excuses acceptées. Tu peux partir maintenant. »
Pietro avait repris ses esprits et s'était dirigé vers la cuisine sans même attendre de savoir si Clint partait ou pas. Il déposa le bouquet sur le plan de travail et soupira.
Il avait besoin de souffler, rien que cinq minutes. Essayer de faire le point sur ce qu'il avait dans la tête, sur tous les sentiments qui se bousculaient en même temps en lui. S'il y avait bien quelque chose qu'il ne pouvait pas nier, c'était le fait que Clint faisait des efforts pour se faire pardonner. Il faisait toujours le premier pas et faisait tout pour renouer le dialogue. Sauf que Pietro n'avait pas envie de s'écraser, il n'avait pas envie de faire passer les triplés en second plan. Si Clint voulait revenir dans sa vie, il faudrait qu'il adopte (pas littéralement) les triplés. C'était ça ou rien. Pietro était clair avec lui-même depuis qu'il avait décidé d'accepter d'avoir potentiellement une nouvelle relation.
« -Pourquoi tu me fuis toujours ? »
Pietro ne releva même pas la tête, il se doutait bien que le brun ne bougerait pas d'ici avant d'avoir une réponse concrète.
« -J'essaye d'avoir une conversation avec toi, de t'expliquer, de… de vraiment parler mais- »
« -Mais quoi ? J'évite une conversation qui n'aura quand même qu'une seule issue ? C'est plutôt à moi de te demander pourquoi tu t'accroches encore ! »
« -Parce que je t'aime ! »
Cette phrase eut l'effet d'une bombe atomique sur son coeur. Il eut envie de lui sauter au cou, de l'embrasser sur le champ mais une partie de lui était en colère contre Clint. En colère parce qu'il avait l'impression d'être manipulé. Comme si Clint voulait tellement le récupérer qu'il lui balançait ça comme ça.
« -Je ne ferais pas passer mes enfants au second plan. »
« -Je sais ! »
Clint soupira, presque de désespoir. Il se passa une main sur le visage comme pour tenter de se donner du courage pour le reste de la conversation.
« -Quand tu m'as demandé si je voulais des enfants, je t'ai dit que je les détestais parce que tous les exemples d'enfants que j'ai eu sont tout simplement insupportables… J'ai pas arrêté de me forger une opinion négative des enfants, surtout parce que, même très jeune, j'ai su que je n'en voulais pas. Je n'ai jamais ressenti ce besoin d'avoir des enfants et j'ai eu besoin de trouver des arguments pour contrer ceux de mon frère qui, lui, en voulait plus que tout. »
Pietro vit que Clint se tortillait les doigts dans un geste de stress certainement.
« -Alors quand tu m'as demandé ça… j'ai pas réfléchi et j'ai réagi comme je le faisais avec mon frère. Et quand j'ai su que tu étais déjà père, j'ai pété un plomb qui n'était pas justifié. J'ai essayé de t'appeler, de te parler pour t'expliquer tout ça mais tu n'avais aucune envie de m'adresser la parole et j'ai bien vite compris que je t'avais profondément blessé. »
Dire tout ça n'était pas aussi facile pour Clint qu'il ne l'avait pensé au départ.
« -Quand tu es revenu avec tes garçons la dernière fois, je me suis rendu compte qu'ils étaient déjà grands, en fait. Je… Je me suis forcé à leur demander ce qu'il s'était passé parce que j'avais encore cette appréhension. Quand ils m'ont dit pourquoi ils s'étaient battus, je n'ai pas pu faire autrement que de les trouver géniaux. J'aurais fait exactement pareil si quelqu'un avait mal parlé de mon frère. Depuis, j'ai pas arrêté de réfléchir et de revoir tout ce que je pensais depuis le début. »
Le brun regarda Pietro dans les yeux.
« -Je ne peux pas te promettre à mille pourcent que je vais aimer les enfants du jour au lendemain mais j'ai vraiment envie de connaître les tiens. Parce que je sais jusqu'où tu es prêt pour les protéger et parce que j'ai vu à quel point ils étaient géniaux. »
Comment ne pas fondre devant les paroles de Clint ? Pietro aurait voulu ne pas lui montrer directement ce qu'il ressentait mais son sourire en avait décidé autrement. Ses joues avaient également rosies un peu.
« -Alors… est-ce que… tu veux bien me redonner une chance ? »
« -Je… je pense que je peux bien faire cet effort-là, après tous ceux que tu as fait pour moi... »
Dire que Clint aurait sauté au plafond de joie aurait été un euphémisme pour décrire la joie qu'il ressentit à cet instant. Tout ce qu'il voulait, c'était avoir une autre chance avec Pietro. Il n'arrivait pas à se le retirer de la tête et même s'il avait été énervé aux premiers abords par la révélation que le blond lui avait faite, Clint n'avait pas réussi à lui en vouloir bien longtemps. Encore moins quand il avait compris que le problème c'était lui et pas Pietro. Il n'avait pas pu nier l'évidence encore longtemps : il en était amoureux.
Tout s'était bousculé assez vite dans sa tête, il avait raté toutes ses cibles pendant une semaine entière à force de ressasser le problème encore et encore. Le problème, c'était qu'il n'avait fait aucun effort pour comprendre, pour essayer même de connaître ces enfants. Quand il les eut dans sa voiture, il avait voulu sauter sur l'occasion et il ne s'était retrouvé qu'avec des minis lui. Ils avaient réagi comme il le faisait quand il était enfant. Comment ne pas s'attacher après ça ?
L'archer voulut se rapprocher de Pietro pour l'embrasser mais avant même qu'il puisse faire un mouvement il dût arrêter le pas qu'il faisait.
« -PAPAAAA. »
Une tête blonde déboula dans la cuisine et se dirigea directement vers Pietro. Celui-ci la regarda en lui demandant ce qu'il se passait.
« -On peut avoir les gâteaux, s'il-te-plait ? On commence à avoir faim. »
« -Je les apporte. Mais d'abord, qu'est-ce qu'il faut dire quand on a un invité ? »
La petite fille se retourna et haussa un sourcil, elle n'avait même pas remarqué Clint. Il y eut un moment de flottement avant qu'elle ne lui fasse un énorme sourire en tendant sa main.
« -Bonjour monsieur ! »
Clint sourit en coin et serra la main de la blonde en retour.
« -Salut… Charly, c'est ça ? »
« -Charlotte. Oui. »
Charlotte avait une force de volonté qui dépassait l'entendement pour une enfant de cet âge mais cela plut directement à Clint.
« -J'ai un cadeau pour toi, et pour tes frères. »
Les yeux de la fillette s'illuminèrent d'un millier d'étincelles. Une seconde plus tard, elle s'approchait tranquillement du brun et lui fit signe de se mettre à sa hauteur. Clint se baissa et l'entendit chuchoter à son oreille :
« -Si tu dis rien à Nat' et Nikky, tu peux tout me donner. »
Elle lui envoya un regard plein de malice pour lui faire passer le message. L'archer sourit en coin.
« -Ce ne serait pas correct. »
Elle haussa les épaules.
« -Ce n'était pas correct qu'ils prennent toute la place dans le ventre de maman. Alors c'est pas grand-chose en compensation. »
« -Charly, arrêtes de racketter ce pauvre Clint. Il offre ses cadeaux à qui il veut. »
« -J'exprime ma pensée pour qu'il comprenne bien la situation. »
La blonde haussa de nouveau les épaules, regarda Clint, lui fit un clin d'oeil complice et sortit de la cuisine.
Pietro leva les yeux au ciel en souriant en coin.
Le brun aida le père de famille à transporter les trois gâteaux jusqu'au jardin où tous les enfants arrivèrent en courant et en chantant 'Joyeux anniversaire' à tue tête. Il salua en même temps Wanda qui se replongea dans son bouquin à la minute même où elle finit sa part de gâteau.
Même si Clint ne portait toujours pas la cause des enfants dans son coeur, il prenait sur lui pour tenter de montrer à Pietro toute sa bonne volonté, même s'il n'avait plus rien à prouver pour ce dernier.
Le reste de l'après-midi passa comme une lettre à la poste et tout le monde repartit assez vite. Les triplés, complètement épuisés, s'étaient couchés quelques minutes après le départ du dernier invité. Wanda avait prétexté un test dans deux jours pour s'enfermer dans sa chambre.
Seuls restaient Pietro et Clint qui avaient élu domicile sur les transats de la terrasse. Ils regardaient le ciel dans un silence apaisant.
« -Comment tu as su ? »
Clint haussa un sourcil en se tournant vers Pietro.
« -Su quoi ? »
« -Pour leur anniversaire… pour les cadeaux... »
« -Ta sœur. »
« -Wanda ? »
Le brun acquiesça.
« -Comme tu ne répondais toujours pas après l'épisode de l'école, j'en ai eu marre et je suis venu frapper à ta porte. Sauf que ce n'était pas toi qui avait ouvert mais ta sœur. Elle m'a fait un tel regard noir que j'ai cru que j'allais mourir sur place. »
Pietro pouffa de rire en imaginant la scène.
« -Elle m'a dit qu'elle n'avait pas à se mêler de tes affaires, que ça te regardait mais que j'étais quand même une grosse andouille. Enfin, ça n'a pas été sa réplique exacte mais j'ai cru comprendre que toi et les gros mots vous n'étiez pas potes. »
« -Bah, pour une fois… J'ai vraiment envie de savoir ce qu'elle a dit. »
« -Que j'étais le dernier des connards finis qui peuplaient cette planète. Je te passe le reste du discours, tu lui demanderas. »
« -Compte sur moi. »
Clint sourit en coin.
« -Peu importe. J'ai eu le temps de lui expliquer la situation et elle, au moins, m'a écouté. Elle m'a dit que le meilleur moment pour 'attaquer', c'était l'anniversaire des triplés la semaine suivante. »
Pietro reconnaissait bien là sa jumelle. Elle savait très bien qu'il ne l'aurait jamais écouté s'il était seul avec Clint dans un autre contexte que celui-là. Elle lui avait conseillé de se servir de ses enfants pour l'atteindre plus facilement. Elle était tellement fourbe !
« -Mais je dois la remercier, sans ça, je ne sais vraiment pas comment j'aurais fait pour réussir à te parler. En plus, elle m'a filé la liste de cadeau des triplés. »
« -Ca leur a fait plaisir. »
« -J'espère bien. Passer un après-midi dans les magasins de jouets entouré d'enfants insupportables qui criaient à la mort parce qu'ils ne pouvaient pas avoir la dernière barbie était l'expérience la plus traumatisante de ma vie. Et pourtant j'ai fait la guerre ! »
Pietro rit plus franchement en entendant cela.
« -Désolé. »
« -Non, ça en valait la peine… J'ai pu te parler, avoir une seconde chance et même voir le bonheur intense sur le visage de tes enfants. Que demander de plus ? »
« -Vraiment ? Tu ne veux rien de plus ? »
Clint haussa les épaules en faisant comme s'il n'avait aucune idée en tête.
« -Rien pour l'instant. On a encore toute la vie devant nous après tout, non ? »
« -Oui. »
Le blond était bien, là, tout de suite. Il n'avait pas l'impression de se forcer en quoi que ce soit et pour la première fois depuis des années, il avait une relation dans laquelle il n'avait pas la sensation de se cacher. Il se sentait tout à fait libre, libre de dire et de faire ce qu'il voulait : en premier lieu présenter ses enfants.
Il était tellement absorbé dans ses pensées qu'il ne vit pas que Clint se leva et s'approcha de Pietro pour l'embrasser furtivement sans prévenir. Un sourire vint se plaquer directement sur le visage rouge écrevisse de Pietro.
« -Tu ne l'avais pas vu venir celle-là ? »
Pietro rit en secouant la tête. Leur relation ne serait peut-être pas parfaite, il y aurait certainement des ajustements à faire mais au moins ils étaient sur la bonne voie.
Ils iraient de surprise en surprise, toujours à deux, à se soutenir l'un l'autre et à soutenir les triplés. Parce qu'aucune personne sensée ne pouvait les faire passer au second plan.
