Disclaimer : Les personnages de Vampire Diaries ne m'appartiennent pas, hélas, ils sont la propriété de L.J Smith et des créateurs de la série.
Bonjour à vous, mes chers lecteurs et chères lectrices,
Nous avons commencé, il y a deux semaines environs, profitant de ce confinement, notre session de défi annuel, avec Miss Tagada, qui a ouvert le bal avec un défi très difficile. Son défi. Son O.S étant beaucoup plus long que le mien, elle n'a pas encore fini de le corriger au moment où je vous poste le mien, et j'ai eu son accord pour vous offrir ma version. Attendez 2 jours grand max avant d'aller sur son compte pour lire le sien. Ou vous pouvez aussi tout simplement aller sur sa page Facebook Miss Tagada ou la suivre sur le site.
Quant à moi, je me suis lancé dans mon tout premier Kol / Bonnie, sur l'univers The Vampire Diaries, en solo, pour ce défi. Je vais vous l'avouer, je ne suis pas certaine de l'avoir réussi à 100%. Je vous laisse en juger vous-même, mais j'ai eu énormément de mal. Je le dis tout le temps, mais là c'est vraiment le cas.
Bonne lecture quand même à vous, mes ami(e)s !
Flashback !
9 ans plus tôt !
A neuf ans, on était trop jeune pour savoir ce qu'était réellement l'amour. Tomber amoureux, on n'en connaissait pas vraiment la signification. Mais quand elle accrocha son regard marron plein de malice, elle sentit son cœur battre, cogner dans sa poitrine comme si c'était la première fois. Elle su…
Bonnie ouvrit les yeux d'un seul coup, comme si elle s'était réveillée d'un mauvais rêve. Sauf que ce n'était pas un mauvais rêve, mais plutôt un souvenir qu'elle revivait chaque nuit depuis près de quatre ans. Elle fit taire le réveil en grommelant, puis, elle se leva et quitta son lit pour aller prendre une douche. Les jours se ressemblaient, mais sa capacité à maîtriser le don qu'elle avait reçu le jour de ses treize ans s'étiolait de plus en plus. A vrai dire, elle n'avait jamais réussi à le maîtriser. Pas quand le garçon dont elle était amoureuse ne ressentait pour elle rien d'autre que du mépris et de la haine. Elle savait qu'elle en était en partie responsable, mais que pouvait-elle y faire ? Elle ne pouvait pas lui parler de la vraie raison qui l'avait poussé à se couper des autres. Rebekah était la seule encore présente dans sa vie. En même temps, la jumelle de Kol ne lui avait pas laissé le choix, et Bonnie avait dû tout lui raconter. Depuis ce jour, Rebekah était plus que son amie. Elle était sa confidente et son rempart contre les émotions des autres. Quand elle était à ses côtés, il lui suffisait de se concentrer sur l'amitié pure et sincère qui l'habitait. Le don d'empathie. Ses ancêtres appelaient ça un don, Bonnie ne le voyait pas comme ça, mais plutôt comme une malédiction. Ressentir les émotions du monde qui l'entourait n'avait rien de drôle.
« C'est un don qui se transmet à la plus puissante d'entre nous une fois par siècle, et tu as été choisie. Il faut que tu l'acceptes et que tu t'en serves pour aider les autres. Tel est le chemin qui a été tracé pour toi. »
C'était les mots que sa grand-mère avait prononcés quand son pouvoir s'était manifesté. Un don spécifique, rien que pour elle. Un cadeau. Pfff, un cauchemar, oui… C'était ainsi que Bonnie le voyait. Pendant deux ans, elle ne pouvait percevoir les émotions des autres en les touchant, alors elle portait des gants chaque fois qu'elle sortait. Elle aurait préféré que ça reste de cette façon, mais ses ancêtres en avaient décidé autrement et aujourd'hui, elle n'avait plus besoin de contact physique. La proximité suffisait. Elle aurait préféré être frappé d'onirisme, au moins les hallucinations se soignaient. Sortant de la douche, Bonnie se dépêcha de se sécher et de se changer. Un jean, une tunique noire et une paire de bottines. Elle coiffa ses cheveux et les releva en une haute queue de cheval, avant de se maquiller afin d'effacer les cernes sous ses yeux. Rêver sans cesse sa rencontre avec Kol était épuisant. Dans la cuisine flottait une délicieuse odeur de gaufres et de fruits frais, mais c'était de la caféine dont Bonnie avait besoin en priorité.
« Vite, du café ! »
Elle s'empressa de prendre une tasse et de la remplir du liquide brunâtre, et sans ajouter le moindre morceau de sucre, ni de verser la moindre goutte de lait, elle but une longue gorgée. Heureusement pour elle, il n'était pas trop chaud et elle ne se brûla pas l'œsophage. Elle vida le reste de la tasse d'une traite avant de se resservir.
« Tu rêves encore de ce jour-là, n'est-ce pas ? »
Sheila Bennett n'était pas bien grande. Elle était d'une nature douce mais sévère lorsque les circonstances l'exigeaient. Lorsque sa fille Abby, et son mari Rudy, étaient décédés dans un violent accident de voiture, elle avait pris en charge l'éducation de Bonnie, qui n'avait que huit ans au moment des faits. Le don de Sheila était la télépathie. Elle pouvait lire dans l'esprit de n'importe qui, sauf des membres de sa propre lignée, ce dont Bonnie était reconnaissante. Enseignante en Sciences Occultes à l'université de Whitemore, Sheila était également atteinte d'Héméralopie. Une pathologie qui l'empêchait de voir correctement lorsque la lumière était faible. Elle ne conduisait pas, mais une amie et collègue enseignante lui servait de chauffeur, ce qui rassurait Bonnie. Sa grand-mère était la seule famille qu'il lui restait. Oh, elle était majeure et ne serait pas mise en famille d'accueil si jamais un malheur devait arriver, mais elle ne voulait pas la perdre.
« A ton avis ? » répondit Bonnie, qui alla s'asseoir à table. « Toujours la même chose depuis quatre ans. Mais pourquoi il a fallu que ce soit lui ? »
« Pourquoi est-ce que tu n'en finis pas avec cette querelle ridicule en lui disant la vérité ? » demanda Sheila.
« Mais oui, très bonne idée. Je devrais aller le voir et lui dire 'Hey Kol, la raison pour laquelle je me suis éloignée de toi et de tous les autres c'est parce que je suis une sorcière capable de ressentir les émotions de chaque être humain qui s'approche de moi. Et si on faisait la paix ? Ah au fait, t'es l'homme de ma vie. On s'embrasse ?' » Bonnie lança un regard à sa grand-mère sans esquisser le moindre sourire. « Non mais t'es malade ? »
« Bonnie, il faut que tu sois honnête avec lui et que vous cessiez tous les deux de vous comporter comme deux parfaits étrangers. » lui dit Sheila.
« Et que veux-tu que je lui dise ? Grand-mère, il me hait. » dit Bonnie.
« Très bien, continue de penser une telle ineptie. J'espère juste que tu n'en viendras pas à le regretter plus tard. »
Sheila se leva de table, prit son sac et embrassa sa petite fille avant de partir. Bonnie perdit soudainement l'appétit. Kol la détestait, elle le sentait chaque fois qu'il était dans les parages. S'il était réellement l'homme que ses ancêtres avaient choisi pour elle, il ne sortirait pas avec une nouvelle fille tous les six mois. Mais tu es responsable de ça, idiote… Et c'était vrai. Si elle avait accepté ce stupide don au lieu de le subir, la situation serait peut-être différente. Tant pis, elle y repensera plus tard. Arrivée au lycée, elle gara sa voiture et profita que le parking soit presque désert pour le traverser, rejoindre son casier puis la classe de sa première heure de cours. Elle détestait arriver en même temps que les autres. C'était comme se retrouver au milieu d'un essaim d'abeilles. Les minutes passèrent, et petit à petit, les couloirs du lycée commencèrent à grouiller d'élèves, et aussitôt leurs émotions frappèrent Bonnie. Concentre-toi, respire et reste calme ! Elle se répéta ce mantra plusieurs fois, jusqu'à ce que…
« Tiens, salut la solitaire ! »
Chaque fois qu'il ouvrait la bouche, elle maudissait son cœur de louper un battement avant de se mettre à battre plus vite quand elle portait le regard sur lui. Il était sexy. Des yeux marron remplis de malice, des cheveux bruns coupés courts mais qui semblaient tellement lisses et dans lesquels elle avait envie de plonger ses doigts. Et ce sourire. Un sourire ravageur qui faisait craquer toutes les filles du lycée. Elle, compris.
« Salut le crétin ! » répondit-elle sans le regarder.
Non, elle préféra sortir ses affaires de son sac parce que si elle le regardait, le mur qu'elle avait érigé entre elle et les autres s'effondreraient et elle se retrouverait envahit.
« Crétin ? C'est tout ce que t'as à me dire ? » Il ricana avant de se planter devant son bureau. « Je suis censé le prendre mal ? »
« Prends-le comme tu veux, je m'en fiche. » répondit-elle sans lever les yeux. « Calme-toi et respire par la bouche. »
Son odeur. Voilà une chose qui la rendait folle. Elle était boisée, chaleureuse et un peu trop attrayante. Kol était un filtre d'amour à lui tout seul.
« Tu pourrais au moins me regarder quand je te parle, Bonnie ! »
Posant les mains sur les genoux, elle serra les poings et enfonça les ongles dans la peau pour se focaliser sur la douleur quand elle porta donc, son regard sur lui.
« Voilà, je te regarde. T'es satisfait ? » claqua-t-elle, sans le moindre sourire. « Maintenant si tu me fichais la paix et que tu faisais comme si je n'existais pas ? T'es très fort à ce jeu. »
« Alors là c'est l'hôpital qui se fout de la charité, Mademoiselle je décide de rompre sans donner de raison. » dit-il en croisant les bras, toute trace d'amusement ayant déserté de son visage.
« Rompre ? » répéta-t-elle avant de rire. Elle se leva de sa chaise et imita sa position. Bras croisés. « Pour rompre, il faut avoir été en couple, Kol, et je n'ai pas le moindre souvenir d'être sorti avec toi. Je te signale que je suis avant tout amie avec Rebekah, ok ? Et qu'est-ce que ça peut te foutre ? Tu me détestes. »
Ils furent interrompus par la sonnerie annonçant le début des cours, et les élèves entrèrent dans la salle.
« Si c'est ce que tu penses, ça prouve que t'es plus idiote que je ne pensais. » dit-il avant d'aller à sa place, au fond de la classe.
Elle voulut lui demander ce qu'il entendait par-là, mais la prof entra, en même temps que Rebekah, qui s'approcha de Bonnie en voyant son amie aussi… déroutée.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Rien. Rien ça va ! »
« Asseyez-vous tout le monde ! »
Quand elle se rassit, Bonnie fut frappé par une vague de colère qui lui coupa le souffle. Elle se recroquevilla sur sa chaise, les bras croisés sur son ventre et les poings serrés. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir qui était en colère. Elle en avait une petite idée.
« Bonnie, est-ce que tout va bien ? »
L'inquiétude de l'enseignante, celle de Rebekah qui était assise à la table à sa gauche, ou encore les moqueries des autres, ce fut trop pour Bonnie.
« Non je… je ne me sens pas très bien. » réussit-elle à dire sans suffoquer.
Elle avait besoin de s'isoler. Tout de suite. Se levant, elle prit son sac et sortit de la classe en courant malgré les protestations de l'enseignante. Comment pouvait-elle encore mener une scolarité normale alors qu'elle n'était pas capable de vivre avec son don ? Non, plus jamais elle n'appellerait ça un don. L'empathie n'était pas un don. Ça lui gâchait la vie, et ça l'empêchait de vivre comme une jeune fille normale. Courant jusqu'à sa voiture, elle démarra et rentra chez elle, où elle s'enferma avant de s'écrouler au sol. Comment pouvait-elle aider les autres dans une telle situation ?
Rebekah dû attendre la fin du cours, deux heures plus tard, pour sortir son téléphone et appeler Bonnie. Tout en appelant, encore et encore jusqu'à ce qu'elle décroche, la jeune fille chercha un coin isolé où elle pourrait parler sans risquer d'être entendu.
« Allez Bonnie, décroche je t'en prie ! »
Ce n'est qu'au bout de la cinquième tentative que Bonnie décrocha, et répondit un simple Ouais ?, d'une petite voix.
« Dieu merci tu vas bien ! Où est-ce que tu es ? »
« Je suis rentrée chez moi. Tu peux dire au prof… »
« Ouais, ne t'en fais pas je te couvre, comme toujours. Dis-moi ce qui s'est passé ? »
« Toujours la même chose ! »
« Bonnie, ça ne peut plus durer. Il faut que tu le lui dises. Tu sais bien que c'est le seul moyen. »
« Non, je ne peux pas. »
« Tu ne veux pas, ce n'est pas la même chose. Tu l'aimes, je le sais, alors parle-lui. Dis-lui la vérité. »
« Non ! Il faut que je te laisse ! »
Fin de la conversation. Rebekah soupira, rangea son téléphone et se demanda pourquoi elle continuait de vouloir arranger les choses entre sa meilleure amie et son jumeau. Comment le destin pouvait-il lier deux têtes de mules pareilles ? A la longue, ça devenait épuisant. Elle passerait la voir à la pause déjeuner pour voir de ses propres yeux qu'elle allait bien. En se retournant, elle réprima un cri et ferma les yeux deux secondes.
« Kol, espèce de crétin ! » dit-elle en ravalant l'insulte qui lui brûlait les lèvres. « Depuis quand tu épies mes conversations ? »
« Bonnie va bien ? » demanda-t-il.
« Oui, elle va bien. Elle a… des maux de ventres incontrôlables. Tu veux des détails ? » répondit Rebekah, en souriant.
« Je vais faire comme si tu ne venais pas de me mentir, et te demander qui est ce il dont elle est amoureuse. » claqua Kol.
« Et moi j'aimerais savoir en quoi ça te regarde ? » rétorqua Rebekah. Bien sûr, elle connaissait son frère et savait que son comportement envers Bonnie n'était qu'une simple façade. « Je te signale que t'as une copine. Elle est où, d'ailleurs ? Elle qui est toujours pendue à ton bras. »
« Laisse Natasha en dehors de ça, et dis-moi de qui Bonnie est amoureuse. » dit Kol, qui commençait à perdre patience.
« Ecoute Kol, tu es mon frère, et je t'aime, mais il n'est pas question que je te dise quoi que ce soit de la vie de Bonnie. J'en ai assez de faire le tampon entre vous. Vos querelles constantes commencent sérieusement à me chauffer, alors soit tu arrêtes une bonne fois pour toute de te comporter comme un abruti et tu vas lui parler comme je l'ai fait, sans lui donner le choix, soit tu lui fous la paix et tu retournes faire joujou avec ta petite greluche qui n'est avec toi que parce que t'es un Mikaelson. »
Rebekah ne laissa pas le temps à son frère le temps de répliquer qu'elle passa devant lui pour rejoindre son prochain cours. Ça durait depuis trop longtemps, et elle n'aspirait plus qu'à retrouver un semblant de paix.
Toute la journée, Kol la passa à ruminer ce qu'il avait entendu de la conversation entre sa sœur et Bonnie. Si seulement il connaissait l'identité de ce garçon dont elle semblait être amoureuse, il irait lui refaire le portrait en lui ordonnant bien de rester loin de Bonnie. Il était décidé à changer la donne et à retrouver la Bonnie d'avant, mais avant tout, il devait régler un problème épineux. Une rousse qui le collait depuis la fin des vacances d'hiver. Ne voulant pas risquer de l'humilier de se faire larguer en public, il attira sa petite amie dans une salle de classe vide à la fin des cours. Mais elle se trompa sur ses intentions car elle se colla contre lui et tenta de l'embrasser, mais ses lèvres gluantes d'un gloss répugnant atterrirent sur sa joue quand il détourna la tête pour éviter une telle torture. Qu'est-ce qui m'a pris de sortir avec elle aussi longtemps ? Elle est pire qu'une sangsue !
« Kol, bébé tu ne m'embrasses pas ? » couina-t-elle en se frottant contre lui.
« Arrête, tu deviens ridicule ! » dit-il en la repoussant aussi gentiment que possible. « Ecoute, je t'ai amené ici pour éviter de faire un scandale, ok ? Il faut qu'on parle. »
« Un scandale ? » répéta-t-elle d'un air idiot. « Et de quoi tu veux qu'on parle ? »
Il leva les yeux au ciel en soupirant. Les filles étaient censées avoir un radar lorsqu'un mec voulait rompre avec elle, mais Natasha semblait en être dépourvu. Sauf si elle jouait la comédie. Ouais, elle était très forte à ce jeu.
« Je parle que je veux rompre, Natasha. »
« Quoi ? »
« Mon Dieu, mais elle est sourde ? » Il prit une profonde inspiration, expira par la bouche et répéta d'une voix plus ferme : « Je veux rompre. Nous deux, c'est terminé. »
« N… non, tu ne peux pas me quitter. » dit-elle en clignant des yeux plusieurs fois. « Non ! »
« Désolé, mais ça a duré trop longtemps. C'est fini ! »
« Mais, je t'aime ! » déclara-t-elle.
« Je m'en fiche! » dit-il un peu trop durement.
Oh non, voilà les larmes de crocodiles qui menacèrent de couler. Kol connaissait suffisamment Natasha pour savoir que cette fille était superficielle. Une comédie ambulante.
« Arrête tout de suite, ça ne marchera pas. » la prévint-il.
« Kol… » pleurnicha-t-elle en tentant de s'accrocher à sa veste, mais il la repoussa.
« Arrête cette comédie Natasha, toi et moi on sait très bien que je ne t'ai jamais rien promis, et je t'ai prévenu dès le début qu'il n'était pas question d'amour dans cette relation. »
Piquée à vif, Natasha ravala ses fausses larmes et repris contenance.
« T'es vraiment qu'un pauvre crétin, Kol. Tu ne pouvais pas attendre la fin de l'année pour me plaquer ? Je vais passer pour quoi moi, à trois semaines de la remise des diplômes ? »
« Franchement, je n'en ai rien à faire. » répondit Kol. « On sait bien toi et moi que tu es avec moi uniquement pour la réputation de mon nom. »
« Tu es sûr que c'est la seule raison, Kol ? » demanda-t-elle en arquant les sourcils. « Qu'est-ce que tu peux bien lui trouver, à cette folle ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. » dit-il avec indifférence.
« Oh allez, pas à moi ! Si tu n'en avais rien à faire de Bonnie Bennett alias La Timbrée, tu ne perdrais pas ton temps à lui parler, même pour lui envoyer des vacheries à longueur de journée. Tu la regardes quand tu penses que personne ne fait attention. »
« Ça ne te regarde pas, et rends-toi service, évite de jouer l'éplorée qui s'est fait plaquer en me donnant le mauvais rôle. Tout le monde savait que notre couple n'avait rien de sérieux. » lui conseilla-t-il avant d'aller vers la porte.
« Je peux être très convaincante. » assura-t-elle.
« Tu veux tester ta théorie à trois semaines de la remise des diplômes ? » demanda-t-il. « Suis mon conseil Nat, laisse couler. Tout le monde connait la réputation d'un Mikaelson quand il s'agit des filles. Ça se voit tout de suite quand on est amoureux. D'ici à ce qu'on trouve la bonne, on s'amuse. »
« Ce n'est pas ce que t'as fait avec moi. Je pourrais faire courir la rumeur que tu n'as jamais couché avec aucune des filles avec qui t'es sorti… »
« Tu crois que ce sera un scoop ? » la coupa-t-il, amusé. « Je ne suis pas un coureur de jupon, Natasha. Je ne collectionne pas les filles comme on peut le croire, et cette conversation a assez duré. »
Il s'en alla sans plus dire un mot. Il se sentait … libre. Il ne s'était jamais caché sur le fait qu'il sortait avec des filles uniquement comme ça, sans rien attendre en retour. Il aurait pu coucher avec chacune d'entre elles, mais il n'y en avait qu'une qui l'intéressait, et en agissant ainsi, il voulait attirer son attention et la faire réagir, prêt à l'affrontement fatidique, mais ça avait eu l'effet contraire. Ça n'avait fait que le rendre encore plus furieux. Toutes ces piques qu'il lui envoyait chaque fois qu'il le pouvait n'avait pour but que de la réveiller. Un échec total. Cuisant, et énervant.
Quand le bruit strident de la sonnette avait retenti, Bonnie avait l'intention de faire comme si de rien était, et de ne pas bouger du tapis du salon où elle avait pris place, entourée par tous les grimoires et journaux écrits par ses ancêtres, que se trouvaient dans le salon. Dès qu'elle en avait terminé un, elle faisait appel à sa télékinésie, pouvoir commun à toutes les femmes de sa lignée, et un autre ouvrage atterrissait entre ses mains. Ignorant cette foutue sonnerie, Bonnie retourna à sa lecture, mais des coups frappés à la porte accompagnés de la voix de Rebekah qui hurlait Bonnie ouvre-moi ou je défonce la porte, résigna la sorcière, qui se servit de sa magie pour déverrouiller la porte à distance. Porte qui claqua deux secondes plus tard. Rebekah apparut dans le salon, passablement agacée contre son amie.
« Eh bien, tu en as mis du temps. » fulmina Rebekah. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« A ton avis ? » dit Bonnie, qui tourna une page d'un grimoire.
« Bonnie… » soupira Rebekah, avant de s'asseoir à côté de son amie. « On a épluché chaque page des grimoires de ta famille et on a trouvé aucune solution autre que celle qui existe déjà. Tu dois cesser de faire l'autruche, parler à Kol et ne faire qu'un avec ton don d'empathie. »
« Ok, laisse-moi te poser une question. » Bonnie referma le livre qu'elle était en train de lire et porta son regard sur son amie. « Si tu avais la capacité de ressentir toutes les émotions de chaque être humain passant ou se trouvant à moins d'un mètre de toi, et qu'on te disait que pour une parfaite harmonie il faut que tu puisses trouver ton âme-sœur sur cette terre, et que cette fameuse âme-sœur se trouve être un type qui te déteste, qu'est-ce que tu ferais ? »
« Kol ne te déteste pas ! » souffla Rebekah. « Tu es trop aveugle pour t'en rendre compte. Tu te focalises trop sur ce que tu perçois, ou plutôt sur ce que tu crois percevoir. »
« Rebekah, ce n'est pas toi qui ressens constamment sa mauvaise humeur et sa colère, alors tu arrêtes de parler de ça. Soit tu m'aides à trouver une solution, soit tu me laisses. »
Sa frustration fusionna avec sa magie et les grimoires valsèrent dans toute la pièce, comme si une rafale de vent s'était introduite dans la maison.
« Ok, calme-toi, je vais t'aider. » dit Rebekah, qui prit les mains tremblantes de sa meilleure amie dans les siennes. « Respire, doucement. Voilà ! Excuse-moi, mais je suis fatiguée de vous voir lutter, tous les deux. Je voudrais que ma meilleure amie et mon frère s'entendent comme avant. »
« Non, c'est toi qui as raison. Je dois voir la vérité en face, je dois cesser de me battre contre mon don, et que je le vois comme tel et non comme une punition. » Bonnie souffla et se laissa aller contre le canapé. « Mais je ne peux rien dire à Kol. Je préfère ne pas le mêler à ça. »
« Tu ferais preuve d'une telle abnégation? Tu te priverais du grand amour ? Mais, ça affectera tes capacités à soigner les autres. » dit Rebekah.
« Seulement de moitié, mais je trouverais bien comment m'y prendre. » Bonnie posa sa tête contre l'épaule de son amie, la gorge nouée par ce qu'elle s'apprêtait à dire n'allait pas plaire à Rebekah. « Pour ça, il faut que je m'éloigne quelques temps, et que je reconsidère mon avenir. »
« Partir n'est pas une solution, et tu le sais. »
Etrangement, il n'y avait pas de colère dans la voix de Rebekah, ni dans ses émotions. Il y a eu de la compassion, de la compréhension, et de la tristesse. Elle ne voulait pas que son amie en vienne à s'isoler, mais elle comprenait.
« Ce ne serait pas pour toujours, tu le sais bien. Mais je devrais repousser mon entrée à la fac. »
« La fac sans toi, ce sera nulle. » admit Rebekah.
« Oh, tu t'en sortiras comme un chef. » la rassura Bonnie. « Bekah, promets-moi de ne rien dire à Kol. Je vais convaincre ma grand-mère de ne pas me forcer à retourner au lycée pour les semaines qui restent, et j'attendrais la remise des diplômes avant de partir, mais promets-moi de ne rien lui dire. »
« Je te le promets, même si je pense que ce n'est pas la bonne solution. » dit Rebekah. « A ton tour de me faire une promesse. Ne me laisse pas sans nouvelle, d'accord ? »
« Promis ! »
Elles finirent par se lever de leur siège de fortune pour remettre tous les ouvrages en place. La grand-mère de Bonnie rentra au moment même où elles rangèrent les deux dernières livres.
« Tu as quitté le lycée sans prévenir personne ? »
Bonnie dû se mordre la joue pour ne pas plier sous la colère de sa grand-mère. Connaissant le tempérament de la sorcière, Rebekah se fit toute petite et s'en alla sans regarder derrière elle. Elle avait compris depuis longtemps que c'était peine perdue de tenir tête à Sheila Bennett. Sauf si on était sa petite fille.
« Quel était le problème, cette fois ? » demanda Sheila.
« Je te laisse deviner. » répondit Bonnie, en allant dans la cuisine.
Elle avait bien besoin d'une tisane pour se calmer les nerfs.
« Bonnie, il faut que cela cesse. » dit Sheila, dont la colère avait disparue. « Tu es la seule sorcière de notre lignée à ne pas accepter son don, ça devient vraiment pénible et… »
« Je sais, et tu as raison. Rebekah a raison, je dois cesser de lutter. »
Elle prépara deux tisanes à la camomille et les apporta à table, où elle prit place. Elle attendit que sa grand-mère l'imite avant de poursuivre.
« J'en ai assez de souffrir. Lutter me fait mal, et la seule solution est que je m'éloigne de Mystic Falls le temps que je reprenne le contrôle de ma magie. » dit Bonnie.
« Tu ne peux pas partir à trois semaines de la remise de diplôme. » dit Sheila.
« Je n'ai pas dit que j'allais partir tout de suite, mais d'ici à ce que je sois diplômée, je ne retournais pas au lycée. On ne travaille plus, les examens sont passés, et j'ai besoin de tranquillité. » expliqua Bonnie. « Je n'y arriverais pas dans les conditions actuelles. Les brimades incessantes de Kol, les moqueries des autres plus leurs propres ressentis envers eux et les autres, c'est trop de pression. »
« Tu connais mon avis sur ça. Tu n'aurais jamais dû l'écarter de ta vie, et tout lui dire. Il est encore temps de le faire. » dit Sheila.
« Non grand-mère, ce serait trop dur. Du moins, pour le moment. Je ne suis pas prête, et puis je connais Kol. Il est du genre sceptique. Il ne me croira jamais si je lui dis que je suis une sorcière. »
Elle but une longue gorgée de tisane, qui avait refroidit. Elle grimaça mais sa grand-mère plaça sa main au-dessus de sa tasse.
« A quoi te servent dont tes pouvoirs ? »
« Je t'avoue que je ne sais pas. » souffla Bonnie. « Je suis perdue, grand-mère. Je ressens de la colère et de la haine, venant de Kol, et d'un autre côté, Rebekah me dit de ne pas me fier à ce que je crois percevoir. »
« Ouais, elle a raison ! » acquiesça Sheila.
« Peut-être, mais j'ai besoin de solitude. C'est le seul moyen pour que j'accepte enfin ce don. » persista Bonnie. « J'irais au ranch après la remise des diplômes, mais d'ici-là, je resterais à la maison. »
« Que comptes-tu faire de tes journées ? » demanda Sheila, inquiète pour sa petite fille. »
« Je ne sais pas. » répondit sincèrement Bonnie. « Mais je ne veux pas retourner au lycée. Et je repousserais mon entrée à la fac aussi longtemps que possible. »
Sheila passa la soirée à tenter de raisonner sa petite fille, que se cacher et se couper des autres ne servira à rien, mais Bonnie n'en démordait pas. Elle fut donc obligée dès le lendemain matin d'appeler le principal du lycée et de prévenir que Bonnie se sentait souffrante, et qu'elle ne reviendrait pas dans son établissement avant la remise des diplômes.
Une nouvelle qui ne surprit pas Rebekah quand le principal lui demanda de bien vouloir vider le casier de son amie à la fin de la journée, mais qui irrita Kol. A quinze heures trente, lorsque le campus fut vide, il traversa les couloirs jusqu'au casier de Bonnie, où il trouva sa sœur en train d'en vider les affaires dans un carton.
« Je peux savoir ce qui se passe ? » demanda-t-il, impatient et énervé.
« Non ! » répondit Rebekah, qui détacha de la porte du casier une photo d'elle et Bonnie. « Ouh, j'ai vraiment une sale tête sur cette photo. »
« C'est ta tête de tous les jours. » cingla Kol. « Qu'est-ce qui arrive à Bonnie ? »
Rebekah récupéra un dernier objet dans le casier. Un collier que reconnut Kol, pour l'avoir lui-même offert à Bonnie le jour de ses quatorze ans, mais elle ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche et ferma le casier d'un coup sec, dont le bruit résonna dans le couloir.
« Je te l'ai dit hier, je ne serais plus l'arbitre entre vous deux. Rends-nous service. Cesse de faire le con et va dire à Bonnie que tu l'aimes au lieu de la faire souffrir. »
« Moi, je la fais souffrir ? » s'emporta Kol. « Et je devrais dire quoi, moi ? Elle m'a zappé d'un claquement de doigt sans se demander ce que ça me ferait… »
« Elle souffre plus que tu ne le penses, pauvre idiot. Tu n'as pas cessé pendant quatre ans de lui montrer que du mépris et de la colère. »
« Elle ne m'a pas laissé le choix. » répliqua-t-il.
« On a toujours le choix. » tempêta Rebekah. « Je ne lui ai pas laissé le choix. Je me suis pointé chez elle et je n'en suis pas partie avant d'avoir des réponses, et aujourd'hui elle n'a plus que moi. Et je la protègerais contre la bêtise des autres, même contre celle de mon propre frère s'il le faut alors avant qu'il ne soit trop tard, réagis. »
« Quoi ? » hoqueta-t-il. « Trop tard pour quoi ? »
Mais Rebekah ne répondit pas et s'en alla. Trente minutes plus tard, elle frappa à la porte de Bonnie. Celle-ci lui ouvrit, en tenue de sport.
« C'est quoi, cette tenue ? » demanda Rebekah.
« Oh, j'avais besoin d'être à l'aise dans mes pompes pendant que je fais le ménage. » expliqua Bonnie. « Je me sens bien plus détendue que si j'étais venue au lycée. »
« Je suis ravie pour toi. » sourit Rebekah. « Tiens, le principal m'a demandé de vider ton casier. J'ai rendu les manuels qui s'y trouvaient, mais il manque celui de Chimie. »
« Oh, oui il est dans le salon. » dit Bonnie en récupérant le carton. « Entre, je vais le chercher. Ça ne te dérange pas de le rendre demain ? »
« Du tout ! » dit Rebekah.
Quand elle eut en main le fameux manuel, elle hésita de longues secondes avant de parler à Bonnie de son frère.
« Tu sais, Kol n'avait pas l'air content de ne pas te voir, aujourd'hui. On s'est même disputé. Enfin, comme un frère et une sœur se disputent. »
« Je ne veux pas que vous vous engueuliez à cause de moi. » dit Bonnie.
« Ecoute Bonnie, je vous aime tous les deux de la même façon, et je continuerais de te protéger aussi longtemps qu'il le faudra, mais je n'en peux plus. Je ne sais pas si j'aurais encore la force de vous voir vous déchirer comme vous le faites. »
« Alors ne le fais plus. » dit Bonnie.
Elle prit sa meilleure amie dans ses bras, et sentit sa détresse, sa tristesse et sa peur la transpercer, mais elle grinça des dents pour l'encaisser.
« Tu es ma meilleure amie, Bekah, et je te remercie pour tout ce que tu as fait pour moi jusque-là, mais il est temps que je grandisse et que j'accepte qui je suis. » Elle s'écarta de son amie. « Je dois me reconnecter à ma vraie nature, et contrôler ce foutu don. Je réussirais. »
« Je sais que tu le feras. » acquiesça Rebekah.
Une semaine passa sans que Bonnie ne reçoive aucune visite. A sa propre demande. Elle gardait le contact avec Rebekah, à qui elle lui envoyait des textos pour la rassurer. Elle passait ses journées à se reposer, lire, et faire quelques postures de yoga afin de recentrer sa magie. Quand elle se réfugierait au ranch qui appartenait à sa famille, elle serait bien plus proche de la nature, étant situé en pleine forêt. Le lundi de la deuxième semaine, Bonnie le passa à préparer son départ pour le chalet. Elle fit un inventaire de ses vêtements, et se rendit compte qu'elle allait devoir renouveler certains d'entre eux. Une séance de shopping s'imposait, mais elle n'avait pas assez confiance en elle pour sortir seule. Attrapant son téléphone, elle envoya un texto à Rebekah. Je vais avoir besoin de vêtements. Shopping, demain après les cours. Toi et moi. Partante ? En attendant la réponse, elle descendit dans la cuisine pour grignoter quelque chose. Elle reçut la réponse de Rebekah avant même d'ouvrir le réfrigérateur, et on frappa à la porte avant qu'elle ne puisse le lire. Elle alla donc ouvrir tout en lisant le texto de son amie. Plus que partante. Je passe te prendre après les cours ? Bonnie répondit un rapide Ok, et ouvrit la porte. Le sourire qu'elle arborait se fana devant son visiteur.
« Kol ? »
Si elle s'attendait à le voir…
Une semaine. Une semaine entière sans la voir. Il avait d'abord cru à une grosse blague, un moyen pour elle de le rendre dingue afin de se venger de toutes les crasses qu'il lui avait fait. Mais non. Une semaine était passée et elle ne s'était pas repointé au lycée. Il avait fait bonne figure devant les autres quand on parlait de Bonnie, elle qui ne ratait jamais un cours même en fin d'année quand les professeurs ne donnaient plus de travail, mais au fond de lui, il souffrait de ne pas la voir. Il l'aimait à en crever, mais elle lui avait fait du mal en rompant tout contact avec lui, quatre ans plus tôt. Il avait été con de n'avoir rien fait ce jour-là. C'est pourquoi, une fois la journée finit ce lundi-là, il alla chez Bonnie au lieu de rentrer chez lui. S'ils devaient se disputer, alors ils se disputeraient, mais il allait lui tirer les vers du nez. Quand elle lui ouvrit la porte, il fut frappé par l'expression de son visage. Elle avait le sourire jusqu'à ce qu'elle le voie. Un sourire éblouissant, et qu'il ne l'avait pas vu arborer depuis longtemps. Quand ce sourire s'évanouit, il crut que son cœur se liquéfiait.
« Qu'est-ce que tu veux ? »
La voix de Bonnie était dure et dénuée de chaleur. Bon dieu, qu'était-il arrivé à la Bonnie qu'il avait connu ?
« Te parler ! »
« Désolée, pas intéressée ! »
« Bonnie, s'il te plaît. Laisse-moi entrer ! »
« Tiens, tu me supplies, maintenant. » s'amusa-t-elle. Croisant les bras, elle s'appuya contre l'embrasure de la porte. « Intéressant ! »
« Je n'ai pas envie de jouer. » dit-il.
« Mais je ne joue pas, je te renvoie simplement l'ascenseur. » dit Bonnie.
« Je resterais sur le pas de ta porte jusqu'à demain s'il le faut. » dit Kol. « Tu sais à quel point je peux être têtu. »
Oui, elle le savait ! Autant en finir, se dit-elle. Elle s'écarta pour le laisser entrer, et ferma la porte. Elle n'était pas certaine de pouvoir parler avec lui sans s'énerver, alors elle alla à la cuisine prendre une bouteille d'eau, un paquet de cookies dans le placard à gâteau, et alla dans sa chambre. Kol la suivit, mais quand il vit des valises ouvertes sur le lit, peur et panique s'emparèrent de lui. Comptait-elle quitter la ville ? Non, impossible. Jamais il ne la laisserait faire.
« C'est quoi tout ça ? Tu t'en vas ? » demanda-t-il, inquiet.
« Oui, après la remise des diplômes. » répondit-elle avec nonchalance.
Bien, elle pouvait commencer par trier les vêtements qu'elle ne voulait pas garder. Quitte à embrasser son pouvoir d'empathie, et reprendre confiance en elle, autant faire des changements dans sa façon de s'habiller. Et puis, il n'y avait rien de mal à refaire sa garde-robe de temps en temps.
« Et tu crois que je vais te laisser faire ? » claqua-t-il.
Merde, il était en colère. Elle le sentait, mais elle se concentra sur sa penderie. Elle devrait peut-être faire don des vêtements qu'elle ne voulait plus à une œuvre de charité.
« Comme si t'avais ton mot à dire ! »
Surprise de sa réponse, Bonnie se mordit la lèvre. La colère de Kol avait fait place à la stupéfaction. Elle s'empara d'une tunique rouge, suspendue à un cintre. Elle l'aimait bien, mais elle ne l'avait pas beaucoup porté. C'était décidé, elle en ferait don, mais elle n'eut pas le temps d'esquisser le moindre geste qu'elle se retrouva plaquée contre sa commode. Le regard de Kol la transperça autant que sa colère, qui avait décuplée en quelques secondes. C'était intenable. Bonnie pouvait la sentir courir sur sa peau avant de pénétrer son épiderme pour venir s'incruster en elle. La tunique tomba par terre. Kol la tint fermement par la main, et de son autre main, il lui releva le menton quand elle baissa les yeux pour éviter son regard.
« Il est temps de jouer carte sur table, Bonnie. J'en ai vraiment ras le cul de ton comportement de gamine. »
« La classe, j'adore. Continue de dire des grossièretés, ça m'impressionne. » railla-t-elle en tentant de se dégager de sa prise.
Mais il était trop fort. Pourtant, il ne lui faisait pas mal. A son étonnement, Kol ne serrait pas son poignet au point de lui faire mal.
« Lâche-moi ! »
« Ou sinon quoi ? » demanda-t-il. « Qu'est-ce que tu me caches, Bonnie ? Pourquoi as-tu décidé que je ne serai plus ton ami ? »
« Tu ne peux pas comprendre. » répondit-elle.
S'il ne la lâchait pas dans la minute qui suivait, alors elle ne réussirait plus à se contrôler. Et quand elle perdait le contrôle de ses émotions, sa magie prenait le pas sur le reste, et Kol risquait d'être blessé. Elle avait beau l'avoir rayé de sa vie pour son bien, elle ne se voilait pas la face. Elle était littéralement amoureuse de lui, et jamais elle ne pourrait aimer un autre homme que lui. Il n'y avait que lui, et elle ne voulait pas lui faire de mal. Physiquement.
« Tu veux parier ? » la défia-t-il. « Je veux connaitre la vérité, Bonnie. »
« Qu'est-ce que ça changera, Kol ? Tu me détestes. » répliqua-t-elle en réussissant à se libérer de sa poigne. Elle s'éloigna jusqu'à la fenêtre pour garder une distance entre elle et lui. « Sois honnête avec moi merde, et avoue-le que tu me détestes.
« Oui je te déteste ! » s'énerva-t-il. « Je te déteste parce que tu t'es éloigné de moi sans raison. Je te déteste parce que tu as préféré Rebekah à moi. Je te déteste parce que je t'aime comme un fou et que tu n'as rien vu. Je te déteste parce que tu m'as laissé te traiter comme une… une moins que rien sans jamais me remettre à ma place. Et, le pire de tout, je te déteste parce que tu n'as pas vu que je sortais avec ces filles pour te rendre jalouse et qu'on en finisse avec ces conneries. »
Le tourbillon émotionnel qui faisait trembler Kol atteignit Bonnie de plein fouet et la fit se plier en deux. Tu te focalises trop sur ce que tu perçois, ou plutôt sur ce que tu crois percevoir. Les mots de Rebekah lui revinrent en pleine mémoire. Pendant toutes ces années, elle avait perçu les émotions de Kol et en avait déduit qu'ils étaient réels et fondés. Colère et indifférence. Or, ce qu'elle percevait à l'instant était tout le contraire. Oui, il était en colère, mais c'était parce qu'il était triste. Hein ? Derrière le mur factice qu'il avait construit autour de lui régnait de la peur, de la culpabilité, de la frustration, et de l'amour. Une dose d'amour qui la frappa en plein cœur et la fit tomber à genoux. C'était trop douloureux. Jamais elle ne s'était attendue à ça venant de lui. Il était amoureux d'elle ? Non, elle ne pouvait pas le croire.
« Bonnie ! »
La seconde suivante, Kol était agenouillé à sa hauteur, ses bras encerclés autour d'elle.
« Qu'est-ce qui t'arrive, Bonnie ? Réponds-moi, bébé ! »
Bébé… Des sanglots incontrôlables la secouèrent, et sans qu'elle ne sache pourquoi, elle s'agrippait aux épaules de Kol. C'était trop intense. Elle sentait sa magie remonter à la surface, prête à faire des ravages.
« Bonnie, s'il te plaît regarde-moi et dis-moi ce que je dois faire. » Il réussit à prendre son visage entre ses mains et à attirer son regard sur lui. Elle était terrorisée, et ça le rendait fou. « Dis-moi ce que je dois faire pour t'aider. Je te promets de ne poser aucune question. »
« Je… trop d'émotions… tu… tu ressens trop… trop à la fois. » hoqueta Bonnie. L'inquiétude qu'il avait pour elle n'arrangeait pas son état. « Ca… calme, s'te plaît… »
« Que je me calme, c'est ça ? » Elle hocha la tête. « Ok ! »
Sans la quitter des yeux, il fit le vide en lui, et ne pensa à rien d'autre qu'à Bonnie. Il ne ressentit rien d'autre que l'amour qu'il avait pour elle. Pas de colère. Juste de l'amour. Peu à peu, la main fantomatique qui écrasait le cœur et l'esprit de Bonnie se desserra, et elle put souffler à nouveau. A bout de force, elle ferma les yeux, et s'écroula. Kol la rattrapa avant qu'elle ne touche le sol.
« Bonnie ? »
Tenaillé par la peur, Kol toucha son visage, son front, puis, posa son index et son majeur collés dans son cou pour chercher son pouls. Etant fils, et frère de chirurgiens, il se destinait lui aussi, ainsi que sa sœur, à des études supérieures pour devenir chirurgien, et il avait été formé aux premiers secours. Il souffla de soulagement lorsqu'il constata qu'elle s'était simplement évanouit. Jugeant que le sol n'était pas des plus confortable, Kol se releva tout en prenant Bonnie dans ses bras avant d'aller la déposer délicatement sur son lit. Il était complètement perdu. Pour lui, Bonnie avait fait une crise de panique. La plus grosse qu'il n'avait jamais vu. Mais elle lui avait demandé, entre deux sanglots, de se calmer. Lui. Ça n'avait aucun sens. Mais c'était terminé, les secrets. Bonnie allait tout lui avouer, que ça lui plaise ou non. Sur la table de nuit, le téléphone de la jeune fille se mit à vibrer. Kol le prit et reconnut le numéro de l'hôpital. Il décida de rappeler mais de son propre téléphone. Il appela directement son père, de service depuis la nuit dernière.
« Papa, pourquoi l'hôpital essaye de joindre Bonnie ? »
« Comment le sais-tu ? »
« Je suis avec elle. On a eu une dispute et là, elle est inconscience. Elle a fait une sorte de crise de panique sévère et elle s'est évanouie. »
« Quand allez-vous cesser de vous comporter comme des ennemis ? »
« Aujourd'hui, avec un peu de chance. Alors, que se passe-t-il pour que l'hôpital veuille joindre Bonnie ? »
Kol entendit son père soupirer à l'autre bout du fil, puis, ce qu'il lui annonça lui glaça le sang.
« Sheila Bennett a fait une crise cardiaque. Elle est à l'hôpital depuis peu. »
« Merde ! » Kol passa une main sur son visage en soufflant. « Comment va-t-elle ? »
« On a réussi à la stabiliser, mais elle est dans le coma pour le moment. »
« Manquait plus que ça ! » pensa Kol. « Dès que Bonnie reprend conscience, je lui en parle et je l'emmène à l'hôpital. »
« Bipe-moi quand t'es en route. Je t'attendrais à l'entrée des urgences. »
Kol raccrocha et se prit la tête entre les mains. Il ne manquait vraiment plus que ça. La grand-mère de Bonnie avait fait une crise cardiaque, et était plongée dans le coma. Kol savait que les chances de survies étaient du 50/50. Soit l'état de Sheila s'améliorait, et elle se réveillerait dans les heures, ou les jours qui venaient, soit il empirait, et ça deviendrait très grave. Comment allait-il l'annoncer à Bonnie sans risquer qu'elle ne s'effondre ? Il n'y avait aucune chance que Bonnie reste stoïque. Elle allait déchanter, mais il ne la laisserait pas seule. Plus jamais il ne lui tournerait le dos, même si elle le lui demandait. C'était terminé. Un gémissement lui fit relever la tête, et il vit sa Bonnie ouvrir doucement les yeux.
« Kol ? »
« Je suis là ! » Il l'aida à se redresser, le cœur battant comme jamais auparavant. « Tu m'as fait la peur de ma vie. »
« Je me suis évanouie ? » demanda-t-elle d'une petite voix. Il hocha la tête. « Et merde ! »
« J'attends des explications, mais ce n'est pas le moment. » dit-il, la voix empreinte de douleur. Il ne servait à rien de retarder l'échéance. « Bonnie, il s'est passé quelque chose. L'hôpital a essayé de te joindre pendant que t'étais inconsciente. J'ai appelé mon père pour savoir ce qui se passait… »
Mais Bonne n'attendit pas qu'il poursuive. Elle s'empara de son téléphone que Kol avait reposé sur la table de nuit, et s'apprêta à appeler l'hôpital mais Kol l'arrêta.
« Bonnie… » Avec douceur, il prit ses mains dans les siennes et accrocha son regard apeuré. « Il n'y a pas de meilleure façon de te le dire, alors je vais le dire simplement, ensuite je t'emmène à l'hôpital et je resterais à tes côtés parce que je ne veux pas que tu sois seule, et que j'ai décidé de ne plus rester loin de toi. »
Une larme coula sur la joue de Bonnie. Elle sentait une sincérité pure et claire venant de cet homme qu'elle aimait.
« C'est ta grand-mère. » Elle se crispa et ses mains écrasèrent celles de Kol, mais il s'en ficha et il continua. « Elle a fait une crise cardiaque. Elle est en vie, mais elle est dans le coma. Je sais que tu as mal en ce moment, alors je veux que tu prennes une grande respiration et que tu ne te laisses pas abattre. Je t'emmène à l'hôpital, et mon père te dira tout ce dont tu auras besoin de savoir. D'accord ? »
« D… d'accord ! »
« Tu veux bien me dire ce que tu as ? Il y a moins de dix minutes de trajet entre chez toi et l'hôpital, et je… »
« Ok, je te dirais tout. J'en ai assez de te mentir. »
« Bien ! »
Il l'aida à se lever du lit, et attendit qu'elle ait fait un tour à la salle de bain pour se rafraichir le visage. Quand elle le retrouva devant la porte d'entrée, il avait envie de la prendre dans ses bras et de lui dire que tout allait bien aller, mais il n'était pas dieu. Il n'avait pas toutes les réponses, et il n'était sûrement pas le mieux placé pour dire si oui ou non, Sheila Bennett allait s'en sortir. Il lui tendit la main, sans lui mettre la moindre pression. Il fut soulagé lorsque Bonnie glissa sa main dans la sienne. Une fois dans sa voiture, un 4x4 SUV noir, il attendit qu'elle ait mis sa ceinture pour démarrer. Il ne dit rien, resta concentré sur la route et patienta. Quoi qu'elle ait à lui avouer, jamais il ne se moquerait, ni ne la jugerait.
« Promets-moi que ce que je vais te dire, tu le garderas pour toi. Personne ne doit savoir la vérité sur moi. Rebekah est la seule à être au courant. »
Savoir que sa sœur connaissait le secret de Bonnie lui donna envie de hurler, mais il ravala son amertume.
« Je te le promets. » dit-il, sans quitter les yeux de la route. « Quoi que tu aies à me dire, je te fais le serment de ne jamais en parler à qui que ce soit. »
Bonnie, qui le regardait avec une certaine appréhension, sentit, une fois encore, qu'il était sincère. Il n'y avait aucune malice en lui, et c'était bien la première fois. Peut-être Rebekah avait-elle raison. Peut-être s'était-elle laissé aveugler par ce qu'elle croyait percevoir.
« Je sais que tu ne crois pas à la magie. » dit-elle, sans aller plus loin.
« Ce n'est pas que je n'y crois pas, c'est juste que c'est du chiqué. » répondit-il. « Les magiciens sont des charlatans, Bonnie. »
« Oui, la plupart d'entre eux le sont, mais je ne te parle pas de petits tours de passe-passe, ni de subterfuge. Je te parle de vraie magie. » dit Bonnie.
« Tu veux me faire croire que t'es une magicienne ? »
Bonnie laissa son don d'empathie prendre les rênes, et finit par détecter chez Kol quelque chose à laquelle elle s'attendait. Du scepticisme. Mais pas de moquerie. Kol était quelqu'un qui était très droit avec des croyances très fortes. Si Bonnie lui disait qu'elle était une sorcière, elle devait lui en fournir la preuve. Elle attendit qu'il se gare sur le parking de l'hôpital, qu'il coupe le contact et qu'il la regarde pour lui dire ces quatre mots.
« Je suis une sorcière ! »
Kol arqua les sourcils, mais là encore, aucun amusement n'émanait de lui.
« Tu as besoin de preuve, je le sais, et je t'en donnerais. Quand j'aurais vu ma grand-mère. »
« Dans ce cas, allons-y ! »
Kol descendit le premier du SUV, fut le tour et alla ouvrir la portière à Bonnie. Quand elle descendit, il referma la portière et plaqua doucement Bonnie contre celle-ci.
« Kol ! » souffla-t-elle quand il se colla contre elle.
Il prit visage entre ses mains, et comme elle faisait une tête de moins que lui, elle fut obligée de basculer la sienne en arrière afin de le regarder dans les yeux. La proximité de leur corps, plus le désir que le jeune homme ressentait, la rendait fébrile. Heureusement qu'elle était coincée entre la voiture et lui, autrement elle se serait écroulée.
« Que tu sois une sorcière ou la Fée des Dents, je m'en fiche complètement, Bonnie. Je t'aime, et rien ne changera ça. »
Il l'empêcha de répliquer en l'embrassa sur la bouche. C'était trop pour Bonnie. Elle s'accrocha à ses épaules, sans pouvoir faire autrement que de répondre à son baiser. Son premier baiser. Elle n'aurait jamais imaginé que ça se passerait sur le parking d'un hôpital, mais tant pis. Elle était à bout de souffle lorsque Kol mit fin à ce baiser.
« Enfin ! Je rêve de ta bouche depuis la première fois que je t'ai vue. » avoua-t-il, tout aussi essoufflé qu'elle.
« On n'avait seulement neuf ans. » lui rappela-t-elle.
« Oui, mais tu m'as souri, et j'ai su que je t'aimerais toute ma vie. » dit-il en posant son front contre le sien.
« Ouais, c'est pour ça que t'es sorti avec toutes ces filles. » railla-t-elle, en s'écartant doucement de la voiture.
« Ouais, je l'ai mérité. » dit Kol, qui la prit dans ses bras. « Je suis désolé, je ne voulais pas te faire souffrir, je voulais simplement que tu réagisses. »
Et elle a fait tout sauf réagir. Le voir avec d'autres filles – bon il n'y en avait pas eu tant que ça – lui avait mis le cœur en miette. Elle avait supporté ce supplice sans rien montrer à personne. Pas même à Rebekah, même si celle-ci n'était pas dupe.
« On reparlera de tout ça quand j'aurais vu ma grand-mère ! »
Main dans la main, ils sortirent du parking pour rentrer dans l'enceinte de l'hôpital. Kol, qui avait oublié de prévenir son père qu'il se mettait en route, alla à l'accueil.
« Je voudrais voir le Docteur Mikaelson, s'il vous plaît. Vous pouvez le biper ? » demanda-t-il à l'infirmière
« Vous avez rendez-vous ? » demanda-t-elle, sans lever la tête.
« Je suis son fils, Kol. » répondit-il, quand elle leva finalement les yeux vers lui. Il lui montra Bonnie d'un hochement de tête. « Et ma copine Bonnie vient voir sa grand-mère qui a eu une attaque, alors au lieu de me demander si j'ai rendez-vous, bipez mon père ! »
Il émanait une telle assurance que s'en était déroutant pour Bonnie, qui le ressentait comme si c'était la sienne. L'infirmière haussa les épaules mais décrocha le téléphone et fit venir le père de Kol, qui arriva après quelques minutes à peine. Kol tira Bonnie par la main, qu'il n'avait pas lâcher, et alla jusqu'à son père. C'était un homme grand, charismatique et d'une grande autorité, autant dans sa vie familiale et professionnelle. Mais il n'avait jamais été un mauvais père. Avec sa femme, aussi médecin, ils avaient éduqué leurs enfants dans la rigueur et le respect, mais sans déborder de méchanceté. Avec sept enfants, dont le premier était né pendant leurs études de médecine, il avait bien fallu mettre des règles de vie dès le départ.
« Papa, désolé de ne pas t'avoir prévenu qu'on arrivait. » dit Kol.
« Ce n'est rien. » le rassura son père. « On m'a bipé aux urgences quand on a raccroché. »
« Comment va ma grand-mère ? » demanda Bonnie, qui s'accrochait à la main de Kol.
« Elle est toujours dans le coma, mais son état n'a pas empiré. » expliqua le Docteur Mikaelson. « Je ne peux pas t'affirmer qu'elle va s'en sortir, mais je peux t'assurer qu'on va bien s'occuper d'elle et surveiller la progression de son état. »
« Ou sa régression ! » ne put s'empêcher de dire la jeune fille.
Le père de Kol ne la contredit pas.
« Est-ce que je peux la voir ? » demanda Bonnie.
« Bien sûr. Suivez-moi ! »
Tout le long du trajet jusqu'aux soins intensifs, Bonnie dû serrer les dents. Pour une empathe qui ne maîtrisait pas totalement son don, se « promener » dans un hôpital n'était pas la meilleure façon de le faire. Elle pouvait sentir la peur, le chagrin, l'empressement, et bien d'autres émotions encore, lui mordre la peau. Quand elle entra dans la chambre où sa grand-mère avait été transféré, ce fut comme si un vent glacial avait balayé la pièce. Bonnie le ressentit jusque dans ses os. Sheila Bennett était allongée sur un lit, branchée à des machines, et un cathéter dans le bras relié à une poche qui écoulé dieu seul savait quel médicament.
« Vous l'avez intubé ! » remarqua Bonnie.
« Oui, on n'a pas eu le choix. » répondit le père de Kol.
Bonnie entendit vaguement Kol demander à son père de les laisser, qu'elle s'avança jusqu'au lit de sa grand-mère. Prudemment, elle posa sa main sur celle de sa grand-mère. Le lien magique qui les unissait était là. Fébrile, mais il était là. Etrangement, Bonnie ne ressentait rien d'autre que de l'apaisement venant de sa grand-mère. Elle ne ressentait ni peur, ni douleur.
« Bonnie ? »
La voix de Kol était emplie de douceur et de compassion. Habituellement, la pitié des gens, elle n'en avait rien à faire. Elle détestait ça, même. Mais Kol, c'était une autre histoire. Il s'approcha, se coula dans son dos et la prit dans ses bras. Elle n'aurait jamais cru, après toutes ces années de tensions, qu'elle se sentirait aussi à l'aise avec lui en si peu de temps.
« Elle n'a pas mal. » dit-elle sans lever la main de celle de sa grand-mère. « Je ne ressens pas non plus de peur. »
« De quoi tu parles ? » demanda-t-il dans un chuchotement.
Bonnie regarda par-dessus son épaule, et constata que Kol avait fermé la porte et tiré le rideau de la vitre qui séparait la chambre du couloir.
« Quand on atteint l'âge de treize ans, chaque sorcière de ma famille reçoit un don spécifique. » commença à expliquer Bonnie, qui resta dans les bras de Kol. « Il est censé être lié à notre nature profonde, et nous permettre d'aider les humains tout au long de notre vie. C'est à cause de ce don que j'ai décidé de couper les ponts avec toi. J'ai reçu le don d'empathie. »
« Comme Phoebe, dans Charmed ? » supposa Kol.
« Oui, dans un certain sens. » dit Bonnie, qui esquissa un sourire. « Jusqu'à mes quinze ans, je pouvais savoir ce que l'autre ressentait en touchant sa peau. C'est la raison pour laquelle je portais des gants, mais quand j'ai eu quinze ans, mon don a évolué et je n'ai plus besoin de contact. La proximité suffit. Et c'est terrifiant parce que pendant quatre ans j'ai vécu dans la souffrance. Ta colère n'arrangeait rien. »
« Je suis désolé, chérie. » dit-il en l'embrassant sur la tempe. « Pardonne-moi ! »
« C'est moi la fautive dans l'histoire. Je me suis laissée guider par ma peur et j'en ai oublié le plus essentiel. » dit Bonnie, avant d'ajouter : « Mes amis ! »
« Tu sais, j'ai toujours su que je serai plus que ton ami, et si tu m'avais expliqué la situation il y a quatre ans, en me fournissant les preuves que tu es une sorcière, j'aurais réagi autrement. » dit-il. « Mais je ne veux pas t'accabler, tu as plus important à penser. Comme ta grand-mère ! »
« Tu ne veux pas que je te fasse une démonstration, pour te prouver que je te dis la vérité ? » s'étonna Bonnie. « Je sais que tu ne crois qu'en les faits ! »
Elle le sentit sourire contre sa peau, et surtout, elle sentit son amusement. Bon, autant en finir une bonne fois pour toute et lui laisser toutes les cartes en main. Soit il l'acceptait, soit, il ne voulait rien à voir avec une sorcière, et il sortirait de sa vie. Dans ce cas-là, Bonnie vivrait recluse dans le ranch familial pour ne pas risquer de le voir mener une vie avec une autre qu'elle. Observant la pièce, elle fixa ses yeux sur une chaise qui se trouvait au fond de la chambre.
« Regarde la chaise ! » lui dit-elle, en lui montrant du doigt la chaise en question.
Elle ramena sa main le long de son corps, et se concentra sur l'énergie qui vivait en elle. La télékinésie était un don simple à utiliser. Elle avait appris à s'en servir dès sa manifestation, à l'âge de six ans. Contrôlant la vitesse de déplacement de la chaise, celle-ci, sous l'influence de Bonnie, se déplaça vers l'avant et s'arrêta devant le lit. Pinçant les lèvres, Bonnie retira sa main de celle de sa grand-mère et se retourna dans les bras de Kol pour jauger sa réaction. Elle le sentait étonnée. Non apeurée. Un peu perplexe, mais c'était tout. Par contre, son visage restait de marbre.
« Kol, est-ce que ça va ? » demanda-t-elle, inquiète de sa réponse.
« Ouais, euh… c'est toi qui as fait bouger la chaise. » dit-il.
« Oui ! » acquiesça-elle prudemment.
Comment son visage pouvait-il rester inexpressif alors que ses émotions prouvaient qu'il se posait des questions ? Des tonnes de questions, apparemment.
« Wow, euh, Kol. Tu ressens trop de choses en même temps, et si tu ne te calmes pas je vais faire une crise de nerf. » le prévint-elle alors que ce torrent expressif commençait à lui piquer les sens.
« Désolé, excuse-moi ! » Il secoua la tête et souffla un grand coup. « Wow, euh, tu sais faire ça depuis quand ? »
« Ce pouvoir s'est manifesté quand j'avais six ans. » dit-elle en s'écartant. Elle alla s'asseoir sur la chaise qu'elle avait tiré grâce à sa magie. « Je sais faire des tas de choses en commun avec les autres sorcières de ma lignée, ou d'autres clans… »
« Parce qu'il y en a d'autres ? » s'étonna Kol, qui préféra rester debout.
« Oui, chaque ville ou presque à son propre clan, et d'autre clan décide de s'installer dans plusieurs endroits. » expliqua Bonnie. « C'est une façon pour nous de nous implanter et de venir en aide à la communauté en fonction du métier qu'on aura choisi et, en général c'est un métier qui est lié au don que nous recevons à nos treize ans. »
« Tu… tu veux que ta grand-mère aussi a un don… particulier ? » demanda-t-il.
« Oui, et je crois qu'elle a dû savoir que tu ne me détestais pas vraiment. » finit par comprendre Bonnie, dépitée. Si seulement sa grand-mère lui avait dit de but-en-blanc ce qu'elle savait… « Elle peut lire les pensées. »
« Qu… Quoi ? » dit Kol. « C'est… »
« Impossible ? Tu serais étonné de tout ce dont est capable ma grand-mère. » Bonnie rapprocha sa chaise plus près du lit, prit la main de Sheila, et posa l'autre la partie accessible de son visage. « J'aurais dû t'écouter davantage, grand-mère. J'ai été effrayé par mon don au lieu de l'accueillir sans crainte. Je n'aurais pas dû le voir comme une malédiction. »
De l'autre côté du lit, Kol ravala une boule qui se forma dans sa gorge. Il n'avait pas besoin d'être empathe pour savoir que sa Bonnie se sentait coupable. Il détestait la voir dans cet état. Il aimerait pouvoir l'aider, mais comment ? On frappa à la porte, et une infirmière entra pour s'occuper de vérifier l'écoulement de la perfusion, et de noter les dernières données des machines concernant les constantes de Sheila Bennett avant de ressortir. Kol s'approcha de Bonnie et s'agenouilla à sa hauteur, posant sa main sur sa cuisse. Ce geste les électrisa tous les deux.
« Bonnie, je vais aller chercher à manger et en profiter pour appeler Rebekah. »
« Merci, mais je n'ai pas très faim. » dit-elle en le regardant.
« Je m'en fou, il faut que tu manges. » Il se leva et l'embrassa sur le front. « Je ne te laisse pas le choix. »
Il sortit de la chambre, sans voir le sourire qu'arborait Bonnie. En revanche, ce qu'ils firent en commun quand il quitta la pièce, c'était de pousser un profond soupir. Kol s'était attendu à tout sauf à une telle révélation. La magie, la vraie magie, existait, et il existait aussi des sorcières. C'était insensé, mais Kol n'avait aucune raison de mettre la parole de Bonnie en doute. Il allait lui falloir davantage de faits, mais jamais il ne s'éloignerait d'elle. Sorcière, humain… Quelle importance ? Elle pouvait même se révéler être un vampire qu'il l'aimerait tout autant. En sortant de l'hôpital, il appela sa sœur qui décrocha à la quatrième sonnerie.
« Quoi ? Je suis occupée ! »
« Ouais, avec ton quarterback je sais. Laisse-le tomber et viens à l'hôpital. La grand-mère de Bonnie a eu une crise cardiaque. »
« QUOI ? Et c'est seulement maintenant que tu m'appelles ? »
« Excuse-moi, mais j'avais un peu autre chose à faire comme m'assurer que Bonnie n'allait pas péter les plombs. Je l'ai laissé avec sa grand-mère, je vais lui acheter un truc à manger. Elle est en soins intensifs, dans la chambre 252. Si jamais tu arrives avant que je ne revienne, sache que je sais tout. »
« Tu sais tout ? Je ne te suis pas ! »
« Je sais tout sur Bonnie et sur sa vraie nature que je ne peux pas dire à haute voix parce que je suis sur le parking et que j'ai promis à Bonnie de ne jamais le dire à personne. On en reparlera plus tard ! »
Il monta dans sa voiture, souffla bruyamment et démarra.
Seule aux côtés de sa grand-mère, Bonnie ne sut combien de temps s'était écoulée depuis le départ de Kol. Tout ce temps, elle avait cru qu'il le prendrait mal, qu'il lui rirait au nez et qu'il se moque d'elle et de sa « prétendue magie ». Il s'était passé tout le contraire. Elle avait encore du mal à y croire. Et il l'avait embrassé. Elle se serait évanouit s'il ne l'avait pas fermement maintenu entre lui et la voiture. Mais ça ne changeait rien. Elle avait bien l'intention de partir au ranch de sa famille pour prendre du recul et de reprendre son enseignement avec plus de rigueur. Quand sa grand-mère se réveillera, elle l'emmènerait avec elle. Le grand air dans un endroit familier ne pourra que lui faire du bien. Une pointe d'appréhension naquit en elle. Elle ne saurait en dire la nature.
Toc toc !
La porte était restée entrouverte au départ de Kol. En levant la tête pour voir qui était son visiteur, Bonnie esquissa un sourire devant son amie.
« Bekah, salut ! »
« Salut ! » dit Rebekah, qui entra dans la chambre. Elle posa son sac sur la table au pied du lit, et prit son amie dans ses bras, qui s'était levé de sa chaise. « Comment va-t-elle ? »
« Elle est dans le coma, et il n'y a aucun changement pour l'instant. » répondit Bonnie. « Ton père ne peut pas se prononcer, alors j'attends. »
« Les sorcières Bennett sont des dures à cuir, je suis sûre qu'elle s'en sortira. » dit Rebekah.
Malgré l'optimisme de la jeune fille, Bonnie ne la partageait pas. Sans doute à cause de son côté sorcière, justement. Elle percevait ce qui n'était pas palpable pour les humains. Et son mauvais pressentiment ne s'en irait pas, même avec les meilleurs sentiments du monde.
« Oui, je garde espoir. » dit-elle quand même en faisant bonne figure.
« Tu as tout dit à Kol ? » demanda Rebekah. « C'est ce qu'il m'a dit au téléphone. »
« Oui, il ne m'a pas laissé le choix. » répondit Bonnie. « On s'est un peu disputé, puis il m'a balancé toutes les raisons pour lesquelles il me détestait vraiment, et il était tellement en colère, tellement sincère que ça m'a déclenché une crise de panique. Il s'est calmé et je me suis évanouie. »
Elle expliqua à Rebekah le reste de l'histoire.
« Je suis contente de ne plus avoir à m'en mêler. » soupira Rebekah. « Je vais pouvoir me consacrer à Matt à cent pour cent. »
Bonnie gloussa. Oui, sa meilleure amie avait passé plus de temps avec elle qu'avec son petit copain.
« Je me sens bête. » dit Bonnie.
« Mais non, tu avais peur c'est normal. » la rassura Rebekah. « Ecoute, tu dois te concentrer sur une seule chose. Ta grand-mère, mais ne reste pas seule. Tu ne l'es plus vraiment. Tu m'as moi, et tu as Kol maintenant. Enfin ! »
Oui, enfin !
Bonnie n'était pas la seule à le penser, car Kol était resté en retrait dans le couloir une fois revenu de sa course, et qu'il avait entendu la fin de la conversation. Ils allaient pouvoir mettre toutes les erreurs du passé derrière eux. Il toqua à la porte et sourit à sa Bonnie, et lui montra le sachet sorti tout droit d'une boulangerie à quelques mètres de l'hôpital.
« Je t'ai dit que je n'avais pas faim. »
« Et je t'ai dit que je n'en avais rien à faire. »
« Ok ! » dit Rebekah. « Maintenant que tout est réglé entre vous, je ne veux plus jamais me mettre entre vous, même pour des broutilles alors, je vais retourner voir Matt pour lui parler de la situation… » Elle se tourna vers Bonnie et précisa : « Sur ta grand-mère, pas sur le fait que tu sois une sorcière. » Bonnie se mordit la lèvre pour ne pas rire, et Kol leva les yeux au ciel. « Et je t'appelle plus tard pour avoir des nouvelles, et s'il te plaît, rentre chez toi pour la nuit. »
« Je le ferais ! » assura Bonnie, qui la prit dans ses bras. « Merci d'être venue ! »
« Je serai toujours là pour toi ! »
Kol n'attendit pas que sa sœur s'en aille pour entrer dans la chambre, mais quand ils furent seuls, il montra de nouveau le sachet de viennoiserie à Bonnie.
« Je ne pense pas qu'on ait le droit de manger en soins intensifs. » lui fit-elle remarquer.
« Je connais le règlement. » la rassura Kol. « Allons prendre l'air dans le jardin de l'hôpital. Mon père m'appellera s'il se passe quelque chose, mais fais-moi plaisir et viens. »
Bonnie regarda sa grand-mère, toujours endormie au milieu de fil et de tube, avant d'acquiescer et de suivre Kol hors de la chambre. Le jardin de l'hôpital profitait d'une magnifique exposition à l'air libre. Une route lisse et droite qui permettait aux patients en fauteuils roulants de circuler sans obstacle. Des parterres de fleurs étaient entretenus quotidiennement et diffusaient un doux parfum. Kol fit asseoir Bonnie sur un banc en pierre lisse blanc. Il passa une jambe à travers le banc et s'asseya afin de pouvoir voir sa petite amie. Ils allaient avoir une longue conversation, et pour ça, il devait pouvoir contempler son visage et jauger chacune de ses réactions. Sans dire un mot, il déballa le sac en papier et en sorti un muffin à la banane et aux pépites de chocolats.
« Tiens ! » dit-il en le tendant à Bonnie. « Mange ! »
« Tu crois que me donner un ordre est la solution ? » rétorqua la jeune fille, un sourire en coin.
« Mange, s'il te plaît ! » rectifia-t-il.
Comment résister ? Il avait mis tellement de douceur dans son s'il te plaît, qu'elle n'eut pas le cœur de refuser la pâtisserie qu'il était allé acheter pour elle. Le remerciant d'un sourire, elle prit le muffin, décortiqua un bout et le porta à sa bouche. La douceur mélangée de la banane et du chocolat qui fondit dans sa bouche éveilla sa faim, mais elle la musela et prit son temps.
« Comment tu te sens ? » finit par demander Kol. « J'imagine qu'un hôpital n'est pas un endroit idéal pour toi. »
« Pas vraiment, mais le fait que tu sois à mes côtés m'aide beaucoup, surtout depuis que tu connais la vérité. » répondit Bonnie. « Mais ça ne veut pas dire pour autant que j'ai le contrôle. »
« Tu as toujours l'intention de t'en aller ? »
Rien que le fait de prononcer ces mots lui donnait envie de cogner sur quelque chose. Ou quelqu'un.
« Oui ! » Ce n'était pas exactement la réponse qu'il espérait. « Mais seulement quand je saurais ce qu'il en est pour ma grand-mère. »
« Ça risque de prendre du temps, bébé ! »
Un frisson l'a parcouru à l'entente de ce surnom. Bon sang, ils en étaient déjà à s'échanger des mots doux et des surnoms affectueux ?
« Je sais, mais ça ne change rien. » dit-elle, en croquant dans le muffin.
Peut-être que manger lui ferait éviter cette discussion ?
« Et nous, dans tout ça ? » Eh bah non ! « Bonnie, il n'est pas question que je te laisse partir. »
« Kol… » souffla-t-elle. Comment lui expliquer ? Il n'était pas sorcier, il ne savait pas ce que c'était de vivre avec des pouvoirs. Même si elle maîtrisait tous ces pouvoirs en dehors de l'empathie, ce n'était pas évident à garder secret. Elle devait constamment faire attention quand elle s'en servait en public. « Il faut que tu comprennes une chose… » Elle tourna la tête vers lui. « Si je décide de partir, c'est avant tout pour faire le point sur ma vie, et sur la façon de maîtriser mon don. Je ne peux pas le faire dans une ville. Je vais avoir besoin de solitude, de me connecter à la nature pour ne faire qu'un avec l'essence même de ma magie. Crois-moi, je le fais aussi pour toi. »
« Pour moi ? » s'étrangla Kol. « En quoi t'éloigner de moi est censé m'aider ? »
« Tu as besoin de réfléchir. Notre attirance n'est pas dû au hasard, ni notre rencontre, d'ailleurs. » Bonnie détourna le regard, incapable de soutenir plus longtemps celui intense et perturbant de Kol. « Je ne vais pas te dire que notre rencontre est liée à la magie, tu ne me croirais pas, mais c'est un fait. Les sorcières de ma lignée rencontrent l'âme-sœur avant leur majorité. Quand je t'ai vu la première fois, j'ai senti un lien, une connexion s'établir entre nous. J'ai croisé ton regard et j'ai senti le pouvoir de mes ancêtres s'immiscer en moi pour me dire qui tu étais. Ce n'est pas non plus un hasard que je sois aussi proche de Rebekah. Pour que mon don se stabilise et ne me rende pas folle, je dois avoir l'appui de ma lignée, et trouver un équilibre en amitié et en amour. J'ai trouvé en Rebekah une amitié sincère, pure, et sans limite. C'est la raison pour laquelle elle n'a pas acceptée que je romps les liens avec elle. Quant à mon équilibre amoureux… »
« Il me concerne, moi, c'est ça ? » dit Kol, qui n'avait pas cessé de la regarder.
« Oui ! » acquiesça-t-elle. Elle fixait le vide devant elle, incapable de le regarder lui. Elle avait trop peur de se perdre dans ses prunelles indécentes et attractives. « Tant que tu ne connaissais pas la vérité, mon don m'échappait, et je devais me reposer uniquement sur Rebekah. Au bout d'un moment, ça ne suffisait plus, et c'est pour ça que j'ai quitté la classe en courant l'autre jour. C'était trop dur à supporter. »
« Donc, si je comprends bien, tu avais conscience des risques que tu encourais en te coupant du monde, mais t'as quand même décidé de souffrir en me laissant sur la touche. » dit Kol. « Magnifique ! »
Elle décela parfaitement le sarcasme dans sa voix, mais elle l'avait mérité.
« Kol… »
« T'aurais dû m'en parler. » martela-t-il. « Tu m'as… »
« Ce n'est pas l'endroit idéal pour continuer à en parler, surtout si on doit se disputer. »
Bonnie se leva et commença à marcher, quand Kol l'arrêta en lui prenant le poignet.
« Pardon, je ne voulais pas m'emporter. » dit-il d'une voix plus douce. « Bonnie, regarde-moi, s'il te plaît ! »
Elle refusa.
« Je te demande pardon, bébé, mais je t'aime tellement que l'idée de te laisser partir me rend malade. Je viens à peine de… » Il déglutit, la prit par la taille et l'attira contre lui. « Je sais que j'ai des torts moi aussi, et je m'en veux de m'être comporté comme un con, mais je ne veux pas que tu partes. »
« Est-ce qu'on peut en parler un autre jour ? » dit-elle presque sur un ton suppliant.
« D'accord ! » dit-il en l'embrassant sur la tête.
Il la raccompagna dans la chambre de sa grand-mère, dont l'état n'avait pas bougé. Lorsque les heures de visites furent terminées, Bonnie voulut rester auprès de sa grand-mère, ce que Mikael accepta. Elle n'avait pas l'intention de perturber le travail des infirmiers et des médecins qui s'occupaient de Sheila, elle voulait juste rester là. Kol, lui, dû s'en aller.
Une semaine passa sans que l'état de Sheila Bennett ne change, et au bout de deux jours, Bonnie fut forcé par Kol et Rebekah, de rentrer chez elle se changer et prendre quelques heures de sommeil. A deux contre un, elle avait abdiqué. Elle n'était pas en état de se battre contre sa meilleure amie et son… Son quoi, au fait ? Est-ce qu'ils étaient un couple, Kol et elle ? Un baiser échangé sur le parking de l'hôpital n'était pas une raison suffisante, et ils n'en avaient jamais rediscuté depuis. Bonnie s'inquiétait pour sa grand-mère, parce que son état était stable, et que sa force vitale était présente et vivace dans le lien qui les unissait. Le Docteur Mikaelson avait toujours la même réponse. Il fallait attendre et rester vigilent, mais Bonnie en avait assez d'attendre. Un seul moyen lui venait à l'esprit pour savoir une bonne fois pour toute si sa grand-mère se réveillerait ou pas. Le lundi suivant, elle attendit que Kol et Rebekah ne viennent la voir pour leur demander une faveur.
« J'ai besoin que vous fassiez le guet. » dit Bonnie. « Personne ne doit entrer dans cette chambre pendant au moins cinq minutes. »
« Qu'est-ce que tu vas faire ? » demanda Rebekah.
« Je dois parler à ma grand-mère, et pour ça je ne dois pas être dérangé. » expliqua Bonnie.
« Quand tu dis que tu vas parler à ta grand-mère… » dit Kol, sans savoir comment finir sa phrase.
« Ne cherche pas à comprendre. » lui dit Rebekah. « A quand remonte la dernière visite de l'infirmière ? »
« Il y a vingt minutes environs. J'ai besoin de quinze minutes. » dit Bonnie.
« Fais ce que tu as à faire. » dit Rebekah, qui sorti de la chambre en refermant la porte après baissé les stores de la vitre qui séparait la chambre du couloir.
Prenant une grande inspiration, Bonnie s'asseya en tailleur sur sa chaise qu'elle avait placé au plus près de sa grand-mère.
« Promets-moi de ne pas bouger, ni de m'interrompre. » demanda-t-elle à Kol.
« Je ne bougerais pas. » dit-il avec fermeté, en hochant la tête.
« Ok ! » souffla-t-elle.
Bonnie posa sa main droite sur le front de sa grand-mère après avoir caressé ses boucles noires. Sa main gauche, elle la glissa sur celle de sa grand-mère. Elle ferma les yeux, fit le vide dans sa tête et se concentra. Là. Le lien vital de la sorcière allongée sur le lit d'hôpital, vibrait d'une grande force, mais Bonnie décela une légère faiblesse. C'était ce qu'elle craignait. Suivant le courant de ce lien, elle lia leurs deux énergies jusqu'à faire fusionner leurs esprits…
Elle ouvrit les yeux, et se retrouva devant le ranch de sa famille. Celui où elle avait décidé de se replier pour se reconnecter à la nature. Suivant le flux d'énergie, elle trouva sa grand-mère assise sur une balancelle que le grand-père de Bonnie avait placé avant son décès.
« Je me demandais quand allais-tu te décider à me rejoindre. » dit Sheila, qui tapota l'espace à côté d'elle. « Viens t'asseoir près de moi ! »
Bonnie obtempéra, et le contact de la main de sa grand-mère avec la sienne fut aussi réelle qu'une vraie caresse.
« Pose la question qui te brûle les lèvres ! » lui intima posément Sheila.
« Est-ce que tu vas te réveiller ? » demanda Bonnie.
Sheila esquissa un bref sourire avant de répondre :
« Mon heure est venue ! »
Bonnie ferma les yeux et se blottit contre sa grand-mère, qui l'entoura de ses bras.
« Le décès de tes parents a retardé mon échéance. Il fallait quelqu'un à tes côtés jusqu'à tes dix-huit ans. » dit Sheila. « Aujourd'hui tu es grande pour te prendre en main. »
« Co… comment ? » hoqueta Bonnie. « Je n'y arriverais pas toute seule. Je ne sais même pas quelle est ma voie. »
« Tu le sauras. » affirma Sheila, qui caressa les cheveux de sa petite fille pour tenter de l'apaiser. « Et tu n'es pas seule. Nous serons toujours présentes chaque fois que tu auras besoin de nous. Et tu as Rebekah, et Kol ! Le parfait équilibre pour te soutenir dans ta destinée. »
« Tu es au courant ? » s'étonna Bonnie, en se redressant. « Pour Kol, je veux dire ! »
« Mon corps est endormi, mais mon esprit est toujours en alerte. » Sheila prit le visage de sa petite fille dans ses mains. « Ma chérie, tu y arriveras. Tu es forte, bien plus que tu ne le penses, mais tu dois te faire confiance, et laisser les gens qui t'aiment entrer là. » Elle pointa le cœur de Bonnie. « Ne te ferme pas à l'amour, il sera ton allié le plus précieux. »
« Kol ne veut pas que je parte. » dit Bonnie.
« Il l'acceptera si tu lui expliques que tu n'as pas l'intention de partir à l'autre bout du monde. » Sheila sourit et embrassa sa petite fille sur le front. « Ton don ne te sert pas seulement à ressentir les émotions du monde, Bonnie. Sers t'en pour soigner les autres. »
Le contact s'étiola jusqu'à ce que Bonnie ne retrouve son propre corps. Quand elle ouvrit les yeux, des larmes coulaient le long de ses joues. Dépliant les jambes pour se lever de sa chaise, elle se pencha et embrassa sa grand-mère, toujours endormie dans le lit, sur le front.
« Au revoir, grand-mère ! » murmura-t-elle, en posant son front contre le sien. « Je te promets d'être à la hauteur. »
Bonnie eut la sensation, quand elle se redressa, de sentir une caresse sur sa joue. Un parfum de pêche et de jasmin flottait dans l'air, et elle sut que ses mots avaient été entendu. Un bref sourire étira ses lèvres, quand le monitoring cardiaque émit un bip qui signifia que le cœur de la patiente ne battait plus. Reculant du lit, elle se servit de sa magie pour ouvrir la porte. Le bruit strident du monitoring alerta les infirmières dans le couloir, qui entrèrent en trombe dans la chambre, en criant à tout va de biper un médecin. Un interne prit en main le massage cardiaque jusqu'à ce que le père de Kol n'arrive et ne prenne le relais en hurlant des ordres. Kol, qui s'était écarté, se rapprocha de Bonnie, qui enfoui son visage contre son torse. Elle savait. Les médecins auraient beau s'acharner, il ne servait à rien de continuer. Les palettes furent sorties, et le corps de la grand-mère de Bonnie se cambra sous le choc plusieurs fois. Sans succès. Son âme avait quitté son enveloppe charnelle au dernier battement de cœur. Elle n'entendit même pas le Docteur Mikaelson prononcer l'heure du décès. Quand Kol la ramena chez elle quelques heures plus tard, elle passa des heures à pleurer contre lui. Elle évacua toute sa colère et sa peine jusqu'à ce qu'elle ne finisse par s'endormir. Kol ne la quitta pas. Il ne la laissa pas seule un seul instant. Quand Bonnie, le lendemain, paniqua en pensant à l'enterrement qu'elle devait préparer, Kol et Rebekah la rassurèrent et, une fois calmée, ils lui demandèrent s'il y avait quelque chose de particulier à faire.
« N… non. Elle doit juste être enterré à côté de ma mère mais, mais je ne sais pas si j'aurais la force de… »
« On va s'en occuper. » la rassura Rebekah.
Et trois jours plus tard, grâce à l'efficacité d'Esther Mikaelson, qui avait tout organisé d'un gant de fer, la cérémonie funéraire eut lieu au cimetière de Mystic Falls. Juste à côté de la tombe où reposait Abby, la mère de Bonnie, ainsi que son père, Rudy. Bonnie n'avait plus que pour parent encore en vie une cousine. Pendant que le prêtre fit son discours, Bonnie crispa les poings sur ses genoux. Il était difficile pour être de rester stoïque face au chagrin des personnes présentes. Assis à sa droite, Kol s'en rendit compte et prit sa main dans la sienne. Elle eut un léger soulagement bienvenu, quand le prête appela Bonnie pour l'éloge funèbre. Elle se leva pour le rejoindre et fit face ensuite à la foule. Portant une robe noire à manches courtes qui lui arrivait aux genoux, un gilet noir et une paire d'escarpins de la même couleur, elle capta le regard de Kol et y trouva la force nécessaire pour parler. Elle pouvait clairement y lire les mots d'encouragements Tu vas y arriver !
« Ma grand-mère avait un sacré caractère. Quand je faisais une bêtise, il lui suffisait de me lancer un regard pour que je comprenne que je n'avais pas bien agis, et je ne refaisais plus la même bêtise. J'ai assisté à un de ses cours à l'université, une fois, et je me suis rendu compte de la chance que j'avais de l'avoir dans ma vie. C'était une prof extra, et ses élèves l'adoraient. J'en vois certains parmi vous, et je veux que vous sachiez qu'elle était très fière de tout le travail que vous fournissiez. J'aurais aimé avoir la chance d'être une de ses étudiantes. Elle a été ma seule famille à la mort de mes parents, et elle m'a enseigné la valeur de la vie, du respect, et de l'importance de faire le bien autour de moi. Je n'ai pas été à la hauteur ces derniers temps, et je m'en veux parce que j'ai encore énormément de choses à apprendre, et que je vais devoir les apprendre par moi-même. »
Plus aucun mot ne réussit à sortir de sa bouche. Elle prenait sur elle pour ne pas craquer et s'effondrer devant tout le monde, aussi, le prêtre posa une main réconfortante sur l'épaule de Bonnie et prononça le reste de la cérémonie. Bonnie accepta les accolades de chacun venu lui présenter leurs condoléances chacun leur tour. A ses côtés, Kol et Rebekah, qui ne la quittaient pas d'une semelle. La réception – Bonnie détestait ce mot – eut lieu dans le grand manoir de la famille Mikaelson, au grand soulagement de la jeune sorcière qui ne souhaitait pas que des étrangers envahissent la maison de son enfance. Chaque personne présente avait apporté un plat comme il était coutume de le faire, mais Bonnie ne pouvait rien avaler. Elle ne voulait qu'une chose : s'échapper. Elle avait besoin de se retrouver seule, mais comment s'éclipser sans attirer l'attention ? Les gens n'arrêtaient pas de l'aborder, de la toucher pour lui dire combien ils étaient désolés pour elle, ou encore pour partager avec elle des anecdotes au sujet de sa grand-mère. C'était trop, à tel point que des démangeaisons commençaient à se faire sentir. Repliant les bras autour d'elle, elle se gratta discrètement, mais les picotements persistèrent.
« Bébé ? »
La voix de Kol, et la chaleur de ses bras l'aidèrent et elle cessa de se gratter.
« Dis-moi ce que je peux faire. » dit-il.
« J'ai besoin d'être seule. » dit-elle.
La gardant contre lui, dans ses bras et la protégeant de la foule, il la conduisit jusqu'aux grands escaliers, quand ils tombèrent sur Esther, la mère de Kol. Elle était magnifique, pour une femme de quarante-sept ans. Sa robe noire et son chignon strict ne faisaient qu'accentuer son assurance et sa beauté.
« J'emmène Bonnie dans ma chambre. » dit Kol à sa mère.
« Entendu, je vais faire en sorte qu'on ne vous dérange pas. » dit Esther. « De toute façon, je vais faire partir tout le monde. Ton père et moi devons retourner à l'hôpital. »
« Merci pour tout, Esther ! » dit Bonnie. « Je… je vous rembourser… »
« Termine cette phrase et nous aurons un problème toutes les deux. » Esther prit le visage de Bonnie entre ses mains et l'embrassa sur le front avant de planter son regard dans le sien. « Tu fais partie de la famille Bonnie, et chez les Mikaelson on prend soin des nôtres. »
Bonnie eut envie de pleurer, mais dès qu'Esther tourna le dos, Kol entraîna la jeune fille dans les escaliers et, une fois dans la chambre du jeune homme, elle ferma les yeux et prit de profondes respirations.
« Respire doucement. » lui dit Kol en lui frottant tendrement les bras. « Je suis là ! »
« Merci, je me sens mieux. » souffla-t-elle en se laissant aller contre lui. « Je suis épuisée. »
Son ventre se mit à gargouiller. Kol rit tout bas.
« Je n'ai pas envie de redescendre. » dit Bonnie, gênée.
« Je vais y aller. » dit Kol. « Fais comme chez toi ! »
Elle se retrouva seule. Elle n'avait jamais mis les pieds dans la chambre de Kol, même enfant, quand elle venait au Manoir pour passer du temps avec Rebekah. Elle n'allait pas laisser passer une telle occasion. Elle enleva ses escarpins qui lui tuaient les pieds, les posa dans un coin de la chambre et commença son exploration. Elle était assez grande, avec un lit deux places contre le mur à sa droite. Elle laissa courir ses doigts sur la housse de couette de couleur bordeaux, elle poursuivit son exploration. Les murs de la chambre étaient tapissés d'un beau bleu marine. Face au lit se trouvait le dressing. A sa gauche, un espace de travail bureau / ordinateur / imprimante, plus une bibliothèque bien fourni. Bonnie s'approcha, et ce qu'elle vit, posé sur le bureau… Et bien elle n'en croyait pas ses yeux. Des classeurs et des paquets de cartes… Pokémons…
« Oh Mon Dieu ! »
C'était trop ! Elle n'aurait jamais cru ça de lui. Elle s'empara des paquets de cartes qui n'avaient pas encore été ouvert, quand la porte de la chambre s'ouvrit. Bonnie cacha les paquets derrière son dos, et fit face à Kol en se mordant la joue pour ne pas rire. Mais c'était tellement tentant.
« Je t'ai apporté un peu de tout ! » dit Kol en posant le plateau garni sur sa table de nuit.
« M… Merci ! » dit-elle avant de glousser malgré elle.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il en la voyant près de son bureau. « Oh oh ! »
Elle vit son regard aller du bureau à elle tout en pâlissant à vue d'œil.
« Tu… tu explores ma chambre, à ce que je vois. » dit-il, mal à l'aise. « Pourvu qu'elle n'ait rien vu. »
« Oui, jolie chambre. » dit-elle avant de se servir de sa télékinésie. « Et j'ai découvert quelque chose de particulièrement… étonnant. »
D'un geste de la main, les paquets de cartes se mirent à flotter devant elle.
« Bonnie, ce n'est pas… »
« A toi ? » le coupa-t-elle, un sourire en coin. « Je t'en prie, chéri, t'as l'air d'oublier que je peux savoir quand on me ment, alors évite-toi cette peine. »
Il fit l'impasse – pour l'instant – sur le fait qu'elle l'ait appelé chéri, et ferma la distance entre eux pour récupérer les paquets, mais Bonnie se servit de sa magie pour les mettre hors de portée.
« Bonnie… » gronda-t-il.
Retenant un fou rire, elle reposa les paquets sur le bureau.
« Jusqu'où va ta… passion pour les Pokémon ? » demanda-t-elle, en gloussant de nouveau. « Elle se limite aux cartes ? Tu fais des combats imaginaires ? »
Subrepticement, elle le vit regarder en direction de son dressing en une microseconde. Tentant le tout pour le tout, elle se mit à courir jusqu'au dressing mais Kol l'en empêcha en l'attrapant par la taille.
« Non, je t'interdis d'aller voir. »
« Mais euh, laisse-moi voir. » rigola-t-elle. « Je veux voir si tu caches des peluches Pikachu. Dis-moi que t'as aussi des caleçons… »
Elle éclata de rire. Bon sang, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas ris de cette manière, mais elle était bien décidée à découvrir les secrets inavouables de Kol.
« Pour que tu te moques de moi ? Nan ! » dit-il, en l'amenant jusqu'à son lit où il réussit à la faire asseoir.
« Et si je te promets de ne pas me moquer ? » Il pu clairement voir dans ses yeux qu'elle n'était pas prête à lâcher le morceau. « Je trouve ça mignon. »
« Je préfère qu'on parle d'autre chose. » dit-il en se relevant. « Comme de te nourrir. »
Bonnie laissa tomber – pour le moment – et se hissa jusqu'au milieu du lit. Kol la rejoignit avec le plateau, qu'il déposa entre eux. Il avait rapporté des mini-pizzas / quiches, ainsi qu'un bol de fraises.
« Si tu veux j'ai des sodas dans mon frigo. » dit-il en désignant un mini-frigo de l'autre côté du lit.
« Merci ! » Elle prit une mini-quiche et la croqua en une seule bouchée. « Ne va pas croire que le sujet Pokémon est clos. »
« Oh mais je n'ai plus rien à dire. » dit Kol.
« Tu sais que je peux t'obliger à faire tout ce dont j'ai envie, hum ? »
Il voulut répliquer, mais laissa tomber en secouant la tête.
« Ok, je te laisserais fouiner seulement si tu me jures que tu n'en parleras à personne. » lui dit-il avec sérieux.
« Tu veux dire que même ta jumelle n'est pas au courant ? » s'étonna Bonnie.
« Oui elle le sait, mais tout le monde dans ma famille a une passion un peu bizarre, et moi c'est Pokémon. » admit Kol. « Mais personne d'autre ne doit savoir, et j'aimerais que cette discussion n'ait jamais eu lieu. »
« D'accord, je te promets que je n'en parlerais à personne. »
Elle ravala son fou rire en croquant dans une fraise des plus juteuses. Ce petit interlude lui avait rendu le sourire, et son appétit était revenu. Elle mangea tranquillement, sous le regard bienveillant de Kol. Quand le plateau fut vide, il le prit et le posa sur sa table de nuit avant de s'asseoir en tailleur sur son lit après s'être débarrassé de ses chaussures.
« Tu te sens comment ? » demanda-t-il. « C'est un peu bête comme question étant donné que tu viens d'enterrer ta grand-mère. »
« Ça va. » répondit-elle en lui prenant la main. « Grâce à Rebekah et à toi. Et puis, grand-mère est toujours là. Je ressens sa présence à chaque instant. »
« Tu veux dire qu'elle… genre qu'elle nous espionne ? » demanda Kol, pas très rassuré et qui jetait des regards autour de lui.
« Ça m'étonnerait qu'elle espionne sa petite-fille quand elle est avec son… euh… »
Elle ne termina pas sa phrase. Elle avait failli dire petit ami. Était-ce ce qu'ils étaient devenus ? Ils n'avaient pas vraiment eu de discussion à ce sujet. Le baiser échangé sur le parking de l'hôpital plus d'une semaine auparavant avait été le seul. Kol ne lui avait pas mis de pression, mais il ne l'avait pas quitté d'une semelle quand il n'était pas au lycée.
« C'est si dur que ça de le dire ? »
« De dire quoi ? » demanda Bonnie.
« Que je sois ton petit ami. » clarifia-t-il. « Pour moi il n'y a pas de doute à avoir là-dessus. Je t'aime, et maintenant que je sais la vérité je ne vais pas te lâcher. C'est aussi simple que ça. »
« Pas si simple que tu ne le crois. » dit Bonnie. « Toutes ces années, j'ai eu peur de mon empathie, je n'ai pas pu le développer comme je le devais, et pour se faire je dois tout reprendre à zéro. Je ne suis pas un génie, il ne suffit pas de frotter trois fois ma lampe pour que j'exauce des vœux. Je dois partir et… »
« Non, ça je ne le permettrais pas. » claqua Kol. « Tu ne me quitteras pas. »
« Je ne parle pas de te quitter, ni même de quitter l'état ou le pays. » dit-elle en changeant de position. Elle se mit sur les genoux, face à Kol et lui prit les mains. « Ecoute, je n'ai pas l'intention de t'écarter de ma vie, tu fais partie intégrante de moi, et tu es un des piliers qui me maintient debout, mais je dois quitter Mystic Falls. »
« Bon… hum… »
Elle s'était attendue à ce qu'il rechigne une nouvelle fois, alors elle ne lui en laissa pas le temps et l'embrassa. Il était temps qu'elle cesse de le tourmenter avec son départ.
« Je ne serai qu'à une heure en voiture. » murmura-t-elle contre ses lèvres.
« Une heure ? » répéta-t-il.
« Une heure ! » acquiesça-t-elle.
« D'accord, mais à la seule condition que je vienne avec toi. Tu sais, pour mémoriser la route. » dit-il en prenant sa joue en coupe.
« Ok ! »
« Est-ce que c'est trop tôt, si je te disais que j'ai méga envie de toi ? »
« Tu peux le dire, mais tu vas devoir attendre un peu. » Elle laissa échapper un gémissement quand il lui mordilla la lèvre. « Kol ! »
« Hum ? » fit-il sans cesser de l'embrasser.
Elle eut du mal à rassembler ses pensées, surtout quand il glissa sa langue dans sa bouche.
« Kol, les… les autres filles… hum… »
« Tu veux vraiment qu'on parle de mes ex, maintenant ? » arqua-t-il en la regardant.
« Je… tu as dit que tu voulais que je réagisse… »
Oui, il lui avait dit tout ce qu'il avait sur le cœur le jour où il avait appris son secret. Il lui avait dit qu'il était sorti avec ces filles pour la rendre jalouse, en espérant qu'elle lui dise ses quatre vérités sur son comportement mesquin.
« Bébé, je n'ai couché avec aucune d'entre elles. » lui avoua-t-il. « Ce n'était que des flirts sans importance. »
Sincérité. Honte. Il avait honte de lui pour être sorti avec ces filles uniquement pour la rendre jalouse.
« Tu es à moi, Bonnie. » dit-il en l'allongeant sur le matelas. Il se plaça sur elle, glissant une jambe entre les siennes, qui fit remonter sa robe sur ses cuisses. « J'attendrais que tu sois prête. »
Il l'embrassa, et pour la première fois, Bonnie se laissa complètement aller. Elle oublia son chagrin, ses doutes, et tout ce qui lui pourrissait la vie depuis plus de cinq ans. Elle accueillit le désir, l'amour, la passion que ressentait Kol, et laissa toutes ces émotions fusionner avec les siennes. Elle avait autant de désir et de passion que lui, et son amour était identique à celui de Kol, qui tressaillit et se redressa.
« Qu'est-ce que c'était ? » demanda-t-il, essoufflé. « J'ai senti… comme une décharge de désir. Un désir qui n'est pas le mien. Oh et puis je m'en fou ! »
Il replongea sur les lèvres de Bonnie, qui lui rendit baiser pour baiser. Caresse pour caresse.
« Reste dormir ici, ce soir. » quémanda-t-il à son oreille. « Avec moi ! »
« Ok ! »
Après tout, elle n'avait pas envie de rester toute seule chez elle. Plus tard, quand les invités venus à l'enterrement puis à la réception, eurent quittés le Manoir, Kol et Bonnie descendirent au moment où Esther et Mikael s'apprêtaient à repartir à l'hôpital.
« Bonnie, tu peux rester aussi longtemps que tu le souhaites, si tu ne veux pas rentrer chez toi. » lui dit Esther.
« Merci ! »
« Kol, ta sœur est partie avec Matt, elle rentrera tard sans doute. » lui dit son père.
« Ouais, comme toujours. » railla Kol.
Les bipeurs des deux médecins retentirent, et Kol les pressa de vite partir faire leur travail. Seuls, Kol se tourna vers Bonnie et l'embrassa.
« Hum, maintenant que j'ai goûté tes lèvres, je ne peux plus m'en passer. » susurra-t-il en la prenant dans ses bras.
« Quel dommage, tu vas devoir apprendre quand je serai parti. » le taquina-t-elle.
« Combien de temps penses-tu que ça va durer ? » demanda-t-il, avec plus de sérieux.
« Je ne sais pas, mais ce qui est sûr c'est que je n'irais pas à la fac cette année. » dit-elle en soupirant. « On peut retourner dans ta chambre ? Je suis épuisée. »
Sans la prévenir, il la souleva dans ses bras, comme une mariée, la faisant rire. Il allait devenir accro à son rire, comme il l'était déjà de tout un tas de choses chez elle.
« Et si je nous commandais une pizza ? » demanda-t-il un peu plus tard, débarrassé de son costume noir et de sa chemise blanche qu'il avait porté pour la cérémonie funéraire, remplacé par un simple jogging et un t-shirt.
« Pepperoni avec une tonne de champignons et de fromage. » acquiesça Bonnie.
Elle profita d'être seule, quand Kol quitta la chambre à l'arrivée du livreur, pour se faufiler dans le dressing tant mystérieux. Elle repéra sans mal l'interrupteur, et quand la lumière lui donna la visibilité nécessaire, elle explora chaque tiroir et chaque étagère. C'est ainsi qu'elle tomba sur une section entière dédiée au marchandising, comme on disait, autour de Pokémon. Un véritable sanctuaire. Une étagère contenant les coffrets DVD de la série et des films, des petites peluches de divers Pokémon, des t-shirts, des casquettes, et ce qu'elle espérait tant trouver, des boxers. Elle prit le premier d'une pile quand…
« Bonnie, sors de mon dressing tout de suite ! »
Le boxer en main, elle se hâta jusqu'à la chambre et déplia le vêtement avec des têtes de Pikachu.
« C'est trop chou, il est à ta taille. » pouffa-t-elle devant la mine déconfite du jeune homme. « Tu le mets pour aller au lycée ? »
« Non ! » répliqua-t-il, avant d'ajouter malgré lui : « Je dors avec. »
Autant tout lui avouer. Et Bonnie éclata de rire. Elle eut du mal à retrouver son calme, même lorsque Kol lui arracha le boxer des mains pour aller le ranger.
« Tu me paieras ça ! » marmonna-t-il en passant près d'elle.
Il avait posé le carton de pizza sur son bureau, qu'il avait débarrassé.
« Pardon ! » dit Bonnie, retrouvant son sérieux. « Mais j'ai beau de connaitre depuis près de dix ans, je n'aurais jamais imaginé ça de toi. »
« Tout le monde à une passion un peu bizarre, tu viens de découvrir la mienne. » dit-il en ouvrant le carton de pizza. « Et puis je préfère collectionner des trucs sur Pokémon, plutôt que les têtes de morts, comme le fait Klaus. »
« Ça c'est flippant, pas étrange. » dit Bonnie.
Pour le dérider, et pour se faire pardonner d'avoir ris de sa passion, elle prit son visage entre ses mains fines et l'embrassa.
« Je te promets que je ne me moquerais plus. »
« Hum mouais ! » fit-il, pas convaincu.
Dormir dans les bras de Kol s'avéra plus apaisant qu'elle ne l'aurait cru. Elle était allée fouiner – avec l'accord de sa propriétaire – dans le dressing de Rebekah pour prendre un pyjama, qui se trouvait être une très belle nuisette en dentelle bleue marine, longue jusqu'aux genoux. Kol avait failli tourner de l'œil en voyant apparaître la jeune sorcière dans cette tenue. Pas de cauchemars, et pour la première fois depuis de nombreuses années, elle ne revit pas sa rencontre avec Kol. Une nuit de sommeil sans le moindre rêve, et qui lui fit un bien fou. Elle ne pleura pas non plus à son réveil. Le manque de sa grand-mère était là, mais elle était une sorcière. La mort n'était qu'une étape, et Sheila Bennett, ainsi que ses ancêtres étaient présentes auprès de Bonnie, et elle pourra s'appuyer sur sa lignée chaque fois que ce sera utile. Et en apprenant, grâce aux nombreux grimoires de sa famille, à concentrer son énergie et son esprit, elle pourrait communiquer avec elles. Son manque de maîtrise et sa peur de son empathie l'avaient empêché de poursuivre sa formation, et des étapes cruciales de son entraînement avaient été mise en suspens. C'était à elle, seule, de reprendre son entraînement. Elle était déterminée. Bien qu'elle eût décidé de ne plus remettre les pieds au lycée, grâce à Kol et à Rebekah, elle réussit à se rendre à la remise des diplômes et à passer cette étape sans ressentir le besoin de s'enfuir. Séparés par quelques rangées, elle s'était concentrée sur l'énergie de ses deux amis – enfin, de sa meilleure amie, et de son petit ami – et sans savoir comment, elle avait formé une bulle protectrice autour d'elle qui empêchait l'excitation déroutante des étudiantes de lui faire perdre les pédales. Ce fut le Maire de la ville qui remis les diplômes, et il ne manqua pas de présenter ses condoléances à Bonnie, le plus discrètement possible. Elle l'avait remercié et était descendue de l'estrade avec un grand soulagement. Les trois frères et la sœur aînés de Kol et Rebekah avaient fait le déplacement depuis des villes différentes, où ils travaillaient, ou dans le cas de Klaus, terminait son internat.
« Bienvenue dans la famille, Bonnie ! » lui dit-il en l'étreignant contre lui. « Si tu veux mon avis, il était temps que vous vous mettiez ensemble. »
« Hey, bas les pattes ! »
Bonnie ne put s'empêcher de rire quand Kol s'interposa et enroula ses bras autour d'elle.
« Elle est à moi ! » gronda-t-il à son frère.
« Kol, je ne suis pas un objet, on en a déjà parlé. » lui rappela Bonnie.
« Il n'a jamais été très partageur. » se moqua Klaus.
« Ok les garçons, on se calme. » intervint posément Mikael. « Bonnie, tu es la bienvenue pour notre dîner en famille. »
« Oh, euh… » Elle fut sur le point de refuser, quand l'espoir qui émanait de Kol la frappa. Comment dire non ? « Avec plaisir ! »
Un élan de gratitude et d'amour la traversa. Le dîner fut le plus agréable auquel elle eut assisté depuis longtemps. Entre anecdote sur les jumeaux qui firent rire Bonnie, jusqu'à l'évocation de l'étrange passion de Kol que Bonnie avait découvert il y a peu.
« Il a du mal à sortir de l'enfance. » plaisanta Klaus.
« T'étais obligé de parler de ça, ce soir ? » rétorqua Kol.
« Quoi ? Bonnie n'est pas au courant ? » s'alarma faussement Klaus.
« Tu parles du sanctuaire Pokémon dans son dressing ? » souleva Bonnie, un sourire en coin. « Oui, je suis au courant. »
« S'il vous plaît ! » geignit Kol en enfouissant son visage dans ses mains.
« On te fournira le lien d'un site si un jour tu veux lui faire un cadeau. » poursuivit Klaus, à Bonnie.
« Klaus ! » aboya Kol. « Arrête ! »
« Tu sais Klaus, je préfère que mon mec collectionne des objets Pokémon plutôt que des têtes de morts. » répliqua Bonnie.
« Outch ! » toussota Finn.
« Dis-nous Bonnie, tu as une passion aussi étrange que les nôtres ? » la chercha Klaus.
« Non, je ne suis pas aussi tordue. Sans vouloir offenser tes parents. » sourit Bonnie.
« On ne l'est pas. » assura Esther, avec le sourire.
Après un dîner copieux, et un dessert que Bonnie savoura, Kol la ramena chez elle.
« Merci de m'avoir raccompagné. » lui dit-elle après avoir déverrouillée la porte.
« J'aurais préféré te séquestrer dans ma chambre, mais on ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut. » dit-il, passant ses bras autour de ses hanches. « Tu pars demain ? T'es décidé ? »
« Oui ! Il le faut ! » Elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser.
Et il l'y accompagna le lendemain en début d'après-midi, la suivant dans son 4x4 pendant une heure jusqu'à un ranch situé en plein cœur de la forêt. Un ranch qui s'étalait sur plusieurs hectares.
« Sympa, comme endroit ! » dit Kol en descendant de sa voiture. « Tu ne risques pas de manquer de solitude. »
« Les sorcières aiment la solitude. » lui avoua Bonnie.
« Ne t'y habitues pas trop, parce que tu m'auras sur le dos chaque fois que ce sera possible. »
Pendant une demi-heure, ils déchargèrent les deux voitures. Bonnie avait pratiquement vidé la maison de son enfance. Tous les grimoires et les objets concernant la sorcellerie avaient été emballés dans des cartons et emmenés au ranch. Une fois que les voitures furent délestées des cartons et des valises, Bonnie montra à Kol ce lieu qui appartenait à sa famille depuis des générations.
« Je n'ai pas envie de te quitter. » dit Kol, au moment de repartir.
« Tu m'as promis. » lui rappela-t-elle.
Elle non plus ne voulait pas qu'il parte, mais ils n'avaient pas le choix. Elle avait besoin de cette retraite dans ce sanctuaire qu'était le ranch.
« Je sais ! » Il lui vola un baiser. « Est-ce que je pourrais venir te voir ? »
« Je t'appellerais. » Elle enroula ses bras autour de son cou. « Kol, essaies de ne pas m'appeler ou de m'envoyer des messages toute la journée. Profite de l'été pour souffler et préparer ton entrée à la fac. Passe du temps avec tes frères le temps qu'ils sont là. »
« Ouais, t'as raison. Surtout que mes parents partent une semaine assister à un conglomérat médical… »
« On ne dit pas un colloque ? » dit Bonnie.
« On s'en fou. » rit-il. « Je vais passer du temps avec mes frères, mais tu vas me promettre de m'appeler au moins le matin à ton réveil, et le soir avant de te coucher. »
« Tu es si autoritaire. »
« Faudra t'y faire. »
Il l'embrassa longuement, taquina sa langue et cajola cette bouche dont il avait rêvé depuis des années.
« Promets de m'appeler… » répéta-t-il contre ses lèvres. « Matin et soir ! »
« Et si je me lève à l'aube ? » demanda-t-elle alors qu'il la plaquait contre la portière de son SUV.
« Je mettrais la sonnerie au maximum. »
Il fit taire son rire en glissant sa langue dans sa bouche. Il l'embrassa jusqu'à ce qu'elle ne sache plus comment elle s'appelait.
« Je t'aime, Bonnie ! »
« Je t'aime aussi ! »
C'était la première fois qu'elle le disait à voix haute. Qu'elle le lui disait. Et le baiser fulgurant qu'il lui donna était bien la preuve de la joie qu'il ressentait de l'entendre enfin dire ces trois petits mots.
Les jours passèrent, et Bonnie tint sa promesse faite à Kol. Elle l'appela chaque matin dès les premières lueurs de l'aube, et chaque soir avant de se coucher. Ils restaient au téléphone plus d'une heure à parler, parler, et parler. Bonnie avait déballé tous les cartons et rangeait les grimoires de magie dans les bibliothèques encore vides du ranch, après avoir fait un brin de ménage. Peut-être que les livres resteraient ici. Peut-être que Bonnie resterait vivre au ranch. Ce qui était sûr, c'est qu'elle y resterait aussi longtemps qu'elle en ressentirait la nécessité. Elle avait aussi fait un grand nettoyage dans l'immense jardin. Heureusement qu'il y avait toutes sortes d'outils à disposition. Son de la chaîne hifi au maximum, elle passa de nombreux après-midi à désherber le jardin. Au bout de deux semaines, elle commença à planter des graines de plantes qui lui serviront pour des potions qu'elle étudierait dans les nombreux grimoires. Pavot, gingembre, sauge… Elle en profita aussi pour se construire un potager. Tomates, courgettes, choux, carottes… Ce travail lui rappela tous les étés qu'elle passait dans ce ranch même, avec ses parents avant leur décès. Ils avaient l'habitude de jardiner tous ensemble et de récolter les fruits de leur travail. Le soir, Bonnie se prélassait dans un bon bain avant de se glisser dans son grand lit, prête et reposée pour sa discussion téléphonique avec Kol. Il lui manquait tellement qu'au bout d'une semaine plus tard, elle lui envoya un message pour lui demander de la rejoindre pour passer quelques jours avec elle.
Kol avait passé un mois entier avec ses frères à faire des randonnées comme quand ils étaient plus jeunes. Ils l'aidèrent même à préparer son entrée à la fac. Contrairement au reste de la fratrie, sa jumelle et lui avaient décidés de rester à Mystic Falls et d'étudier à la fac de Whitemore. Rebekah, parce que son petit ami Matt s'y était inscrit, et Kol pour rester avec Bonnie. Aujourd'hui, plus que jamais, il était déterminé à rester avec elle. Même si elle décidait de ne plus mettre les pieds dans un établissement scolaire, il resterait avec elle. Il la soutiendrait dans ses choix. Grand dieu, il la soutiendrait même si elle se prenait de passion pour la taxidermie. Cette pensée le fit rire. Seul dans sa chambre après le départ de ses frères et de sa sœur Freya, qui étaient retournés dans leur ville respective pour reprendre leur travail, il était calé dans son lit en train de mater le film Pokémon, du moins l'un des nombreux films autour de l'animé, quand il reçut un message de Bonnie.
« Putain, oui ! »
Il répondit rapidement, éteignit la télé et son lecteur DVD avant d'aller dans son dressing préparer un, non, deux sacs, de vêtements. De quelques jours il espérait pouvoir le prolonger d'une semaine, voire deux. Il n'entrerait pas à la fac avant fin septembre, il avait du temps devant lui. Les inscriptions étaient finies depuis longtemps, et il en avait assez de passer tout son temps seul depuis que ses frères étaient repartis. Rebekah, elle, était en train de roucouler avec son quarterback. Une fois ses sacs prêts, Kol ferma le Manoir, envoya un texto à sa sœur et à ses parents pour les prévenir qu'il partait quelques jours pour être avec Bonnie. Bien qu'il fût impatient de la revoir, il resta prudent au volant de son 4X4. Une heure plus tard, il gara sa voiture sur le chemin de terre devant le ranch. L'impatience le gagnait. Il entra dans le ranch dont la porte était ouverte, et emplit d'une musique qu'il connaissait bien pour avoir vu le film plus de fois qu'il ne l'aurait voulu, posa ses sacs dans un coin et se mit en quête de Bonnie, qu'il trouva dans le jardin en train de jardiner. Sur le point d'annoncer sa présence, il se tut quand il entendit les paroles de la chanson qui se jouait sur la chaine hifi, sortir de la bouche de Bonnie.
Somewhere over the rainbow way up high
There's a land that I heard of once in a lullaby
Somewhere over the rainbow skies are blue
And the dreams that you dare to dream really do come true*
Elle avait toujours eu une belle voix, et ça faisait longtemps qu'il ne l'avait pas entendu chanter. Il se racla la gorge, ce qui interrompit Bonnie dans sa session de chant. Elle se redressa, et quand elle vit Kol, le sourire le plus lumineux qu'il ait vu depuis longtemps se dessina sur son beau visage au teint halé.
« Salut ! »
FIN…
*Over The Rainbow, de Judy Garland, tiré du film Le Magicien d'Oz
Et voilà les amis, j'espère que cet O.S vous a plu, et que j'ai réussi mon défi. Je sais, vous vous dites que j'aurais pu continuer, mais je vous avoue que l'idée de vous laisser sur cette fin me plaît plus que je ne l'aurais pensé ^^ A vous de vous imaginer ce que pourrait être la suite de leur histoire [mais n'allez pas l'écrire vous même hein ^^]
Aurélie !
Teneur du défi :
Univers : Libre
Rating : Libre
Concept : Elle a un pouvoir/une malédiction qui l'empêche de vivre normalement. Lui est le frère de sa meilleure (et seule) amie dont elle est amoureuse depuis l'enfance.
Conditions : Coup de foudre en flash-back. Evénement qui les pousse à se rapprocher alors qu'il la déteste. 3 joutes verbales minimum. Un des personnages à une passion étrange… Lui doit être très carré. Il est en couple avec une autre au début de l'histoire. La meilleure amie est au courant de son pouvoir/malédiction. Inclure une chanson. L'histoire doit commencer au lycée ou à la fac.
Phrases à placer :
Je ne suis pas un génie !
« -Je t'aime ! » « -Je m'en fiche ! »
Mots à placer :
- Conglomérat
- Abnégation
- Ineptie
- Héméralopie ou Blépharoplastie
- Taxidermie
- Onirisme
